‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 31 sur 62 · GON · texte numérisé non relu

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GOMMES- RÉSflNES. Gummi-resinœ. Ce sont des produits végétaux qui se composent essentiellement de gomme et de résine et de quelques autres substances. Elles s'écoulent soit spontanément, soit plus fréquemment des incisions que l'on pratique aux tiges ou au collet de la racine de certains végétaux herbacés qui croissent dans les contrées chaudes du globe. Les gommes-résines sont renfermées dans les vaisseaux ou tubes propres de la plante; elles s'en écoulent sous la forme d'un liquide laiteux opaque , qui se durcit bientôt à l'air. Elles sont formées, ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure, d'une résine dissoute dans une huile essentielle , et tenue en suspension dans un liquide aqueux et gommeux. On trouve de plus dans certaines gommes-résines de l'extractif , du tannin , etc. ; mais généralement en petite quantité. Les gommes-résines ont le plus souvent une odeur forte , une saveur acre et peu agréable. L'eau et l'alcohol rectifié ne les dissolvent qu'incomplètement , tandis que l'alcohol faible, le vin et le vinaigre , les dissolvent presque en totalité. Il en est de même du jaune d'œuf , ([ui est souvent employé comme un des dissolvans des gommes -résines. Lorsqu'on yerse de l'eau dans une solution alcoholique de gomme-résine, la liqueur se trouble sur-le champ ; elle prend une teinte opaline, parce que la résine s'en sépare, et lui donne un aspect laiteux.

Plusieurs gommes -résines sont employées en médecine. Nous citerons ici les principales, qui sont : la gomme ammoniaque, l'assa-fœtida, le bdellium , l'euphorbe, le galbanum , la gutte , la myrrhe , l'oliban ou encens , l'opopanax , le sagapénum , la scammonée. Autrefois , on comptait encore l'aloès parmi les gommes-résines, mais l'analyse que MM. Bouillon- Lagrange , Vogel et Braconnot ont donnée de cette substance , a prouvé qu'elle différait dans sa composition des gommes - résines proprement dites. Voyez aloès et le nom des différentes gommes-résines que nous avons énumérées. ( a. richard. )

GOMPHOSE, s. f. , gomphosis , yôy.<paFiç, de yôf^(poç y clou , cheville. On nomme ainsi, depuis Galien, le mode d'implantation des dents dans les alvéoles : c'est un des genres de la synarthrose ou articulation immobile. ( a. e. )

GONAGRE, s. f. gonagra, de yo'vy, genou, et de «yç<«, proie; qui attaque les genoux. On donnait ce nom à la goutte lors- «pi'olle avait son siéf^e dons l'articulation du genou : pou usité.

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GUNeLEMENT, &. m./turnefactio; augmentation morbide du volume d'une partie. Fojez tuméfaction, tumeur.

GONOCELE, s. f., gonocele , de yô-ns, semence, et de k-^Xvj, tumeur. Voyez spermatocèle, qui est plus usité.

GONORRHEE, s. i. gonorrhea , de yai/j; ou yavas, semence, et de ft'û), couler; écoulement de sperme. Les flux morbides par les parties génitales ont probablement existé de tout temps; et parmi ceux qui ont d'abord fixé l'attention des observateurs , il en était, nous ne pouvons en douter, qui se montraient évidemment contagieux , tandis que d'autres ne présentaient pas ce caractère. Quoi qu'il en soit, les anciens les croyaient tous fournis par le liquide spermatîque : c'est ainsi que Moïse, le premier qui en ait fait mention, a désigné sous un nom qu'on a rendu \i7ivflaxus seminis les écoulemens auxquels étaient particulièrement sujets les Hébreux. La sypliilis, qui se manifesta vers la fm du quinzième siècle, vint encore ajouter une nouvelle cause d'écoulement à celles déjà existantes; mats ce ne fut que plus de quarante ans après que ces maladies furent mises au nombre des symptômes de la nouvelle contagion, sous le titre àe gonorrhées ■vénériennes. On les supposait alors , ainsi que tous les autres flux de l'urètre, entretenus par une semence dégénérée, ce qui leur avait fait conserver la dénomination grecque de ycvoj)po\ct. Mais les lumières fournies par l'anatomle pathologique, et des observations recueillies dans une disposition d'esprit plus dégagée de préjugés, ont rectifié les idées fausses dont les médecins étaient imbus relativement à cette affection, et on l'a reconnue pour un catarrhe de la membrane muqueuse qui revêt le canal de l'urètre.

D'après cette opinion , le nom de blennorrhagie lui a été donné par le docteur Swediaur. Celui de catarrhe urétral syphilitique serait, à mon avis, mieux approprié à la nature bien connue du mal; mais le premier prévaut aujourd'hui, et me semble, par cela seul , devoir être conservé. ( Voyez ce mot. ) Il résulte donc de ce qui précède , qu'on ne peut attacher au mot gonorrhée d'autre sens que celui qui convient à un écoulement de sperme, considéré, soit dans l'état physiologique, soit dans l'état morbide. Mais cette acception n'étant pas consacrée , nous ne devons pas présenter ici les développemens relatifs à ce phénomène. Voyez aux articles génération, masturbation et pollution, tout ce qu'il convient de connaître sous ces différens rapports.

(l. v. lagneau. )

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GORGE, s. f. ; signifie , dans son acception la plus ordinaire, le gosier, le pharynx. (a- b.)

GOPiGERETjS. m.,canaUs, ductor canicularis ; inslrument de chirurgie, qu'on emploie dans les opérations de la fistule à l'anus et de la lithotomie. Je vais m'occuper d'abord du gorgeret qui sert à la première de ces opérations; je considérerai ensuite celui que l'on met en usage dans la seconde.

La fistule à l'anus ne réclame l'usage du gorgeret que lorsqu'on emploie la méthode de l'incision ou celle de la ligature pour la guérison de celte maladie. Si on a recours à l'incision , le gorgeret qu'on introduit dans le rectum protège les parois de cet intestin contre les atteintes du bistouri; et fixe en même temps l'extrémité de la sonde qui dirige ce dernier. Si on emploie , au contraire , la ligature , cet instrument facilite la recherche du fil de plomb et les manœuvres nécessaires pour le conduire au dehors par l'anus.

Marchettis semble être le premier qui ait parlé du gorgeret dont on se sert pour mettre à l'abri de l'instrument tranchant la paroi du rectum opposée à la fistule. Mazino, Raw , Runge, Heister, Turner, Aylon, Douglas, Retter, ont décrit, préconisé et modifié cet instrument. Marchettis et ses successeurs faisaient construire le gorgeret en acier ou en argent ; une de ses faces était concave , et l'autre un peu convexe ; ils recommandaient de garnir la première de ses faces avec de la laine et du coton , pour empêcher que la pointe du bistouri ne fût émoussée. Desault et M. Percy, qui ont naturalisé le gorgeret en France , ont pensé qu'il serait beaucoup plus simple de le faire confectionner en bois ; ce qui le rend bien moins coûteux , beaucoup plus léger, et d'un frottement plus doux. Le gorgeiiet de Marchettis, corrigé par Runge, n'étant plus en usage, je ne m'occuperai ici que du gorgeret de bois.

Cet instrument se compose d'un corps et d'un manche. Le corps, qui a quatre pouces de longueur et deux lignes d'épaisseur, est concave sur l'une de ses faces, convexe et légèrement aplati sur l'autre ; la gouttière , qui se termine par un cul-desac, a deux lignes de profondeur; ses bords sont renversés en dedans, afin de mieux retenir la sonde et le bistouri, et de n'exercer aucune pression douloureuse sur le rectum ; le sommet, large de cinq lignes, est mousse, arrondi; la base, qui est ouverte, offre un pouce de largeur, ce qui donne au

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i;or.,ciet une forme conique. Le manche a troii pouces de long, et forme un angle fortement prononcé avec le corps, afin d'éloigner la main qui le dirige de celle qui doit inciser. Introduit dans le rectum, ce gorgerel sert de point d'ajipui à la sonde et au bistouri qui peut couper tout le trajet fisluleux sans craindre de léser la paroi opposée du rectum. Pour fixer invariablement l'extrémité de la sonde, on a proposé de garnir la gouttière du gorgeret avec une plaque de liège. La manière de se servir de cet instrument a été décrite ailleurs. ?^oyez fistule STERCORALE.

Dans l'opération de la fistule à l'anus par la ligature , on a proposé différens moyens pour amener au dehors le fil de plomb avec lequel on pratique la section lente du trajet fistuleux. Desault, reconnut bientôt l'insuffisance de ces moyens, et imagina, pour les remplacer, un gorgeret -repoussoir. Ce gorgeret en cuivie, concave d'un côté, convexe de l'autre, terminé par un cul-de-sac dans lequel se trouve un petit trou destiné à recevoir le fil de plomb, est creusé intérieurement d'une gouttière dans laquelle glisse une lige de métal, qui, poussée inférieurement, fixe ou arrête le fil. On éprouve quelquefois de la difficulté à engager le fil dans le trou du gorgeret; M. Péan a donné à ce trou la forme T, afin que le fil y pénétrât sans peine. — Le mécanisme de l'ingénieuse palette de Cabanis pour l'opération de la fistule lacrymale a été adapté, dans ces derniers temps, au gorgeret de Desault. Ces deux modifications sont avantageuses sans doute, mais elles ne diminuent pas la complication de l'instrument. M. hefiihre [Dissertation inaugurale ;Vai'\s, i 8 i 3), qui a voulu le rendre inutile , a proposé de lui substituer un gorgeret droit fait en bois d'ébène , long de huit pouces ; da plus lai-ge de ses extrémités est destinée à servir de manche ; son autre extrémité, terminée par une espèce de tête plate et arrondie, porte sur une de ses deux faces une gouttière. Le fond de cette gouttière est percé d'un trou qui traverse toute l'épaisseur de l'instrument, et dans lequel le fil de plomb doit être engagé en arrière et sur les côtés de la gouttière. L'instrument se trouve creusé, au niveau du trou, d'une rainure qui embrasse circulairement la face convexe, et qui est destinée à recevoir un tour du fil de plomb.

Le gorgeret qu'on emploie dans l'opération de la taille sert à conduire les teneltes dans la vessie. Il a été imaginé par Gio-

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vanni de Romani, mcdecin de Crémone, et non pas par iaÎJiice deHilden, comme l'a cru Sabatier. Cet instrument en acier, épais d'une ligne, est composé d'un corps et d'un manche. Son corps représente une gouttière longue de cinq pouces, qui va en diminuant de largeur, depuis un bout jusqu'à l'autre. A son commencement, qui est la partie la plus large, cette gouttière a environ huit lignes de diamètre sur trois et demie de profondeur; elle va ensuite , en diminuant insensiblement de largeur et de profondeur, se terminer par une coupe ronde. La cavité de cette espèce de canal est cintrée et polie, ainsi que ses ailes ou parois, afin de ne causer aucune irritation aux parties. L'entrée de la gouttière est taillée en talus dans l'étendue d'un travers de doigt. Sa partie la plus étroite, c'est-à-dire son extrémité antérieure , est garnie d'une crête qui a seize lignes de longueur dans le canal, et près de deux lignes de hauteur en sortant de ce même canal, où elle forme une languette de quatre lignes de long sur deux et demie de large , recourbée de dehors en dedans, plate sur les côtés, et arrondie par le bout. Le manche ou l'extrémité postérieure est plus ou moins incliné de droite à gauche, et de forme variable ; il se trouve communément en croix dans les anciens gorgerets ; celui de Ledran est en cœur; une ouverture ronde ou un peu ovale se fait remarquer sur le manche des gorgerets que l'on confectionne maintenant à Paris. Il faut que cet instrument soit d'une longueur et d'une largeur suffisantes pour entrer dans la vessie, et pour qu'on puisse conduire les tenettes sur lui d'une main sûre : aussi ^es couteliers en construisent-ils de trois dimensions, ce qui l'approprie aux différences d'âge et de grandeur.

Plusieurs praticiens ,' parmi lesquels je me bornerai à citer Ledran, Foubert, Thomas, Lecat , Bromfield, Andouillet, ont corrigé, modifié cet instrument; mais comme ces corrections^ plus ou moins heureuses, n'ont pas survécu à leurs auteurs, je ne m'en occuperai pas ici.

Il n'en sera pas de même d'Hawkins, auteur d'un gorgeret- Hthotome, c{ui a balancé pendant quelque temps la supénorité reconnue du lithotome caché du frère Côme. Ce chiTurgicn anglais , voulant tout à la fois éviter la lésion du rectum , et simplifier l'opération de la lithotomie. en diminuant le nombre des instrumens qu'elle exige, a le premier conçu le projet d'inciser le col de la vessie et la prostate au moyen du gorgorct

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ordinaire qu'il a rendu trancliant du côté droit. Le gorgeret d'Hawkins, convexe d'un côté et concave de l'autre, a cinq pouces et demi de long sur un pouce de large dans l'endroit où il se réunit avec le manche; de là il va en se rétrécissant toujours jusqu'à la pointe, où il n'a plus que le tiers de son diamètre primitif; il se termine par un stylet saillant au delà de cette extrémité que couronne un bouton olivaire et droit, tranchant dans presque toute la longueur du côté droit, mousse et obtus de l'autre, il surmonte un manche aplati, courbé à angle droit avec le corps, et présentant une direction oblique très-différente de la sienne. Hawkins a fait construire des gorgerets dont les dimensions varient. Les Anglais ont adopté presque exclusivement cet instrument. Hansmann l'a introduit en Allemagne ; on s'en sert en Italie et dans tout le nord de l'Europe. Louis l'a fait connaître en France; il a été corrigé successivement par Bell, Cline, Cruikshank, Bliche , Michaelis, Desaull , Astley-Cooper, etc., etc. Desault s'est presque approprié ce gorgeret , par les nombreuses modifications qu'il lui a fait subir. On sait qu'il en a fait le sujet de sa thèse de réception au collège de chirurgie. Dans le gorgeret d'Havrkins, corrigé par Desault, la concavité donnée à la lame par le chirurgien anglais ne conserve plus qu'une légère courbure nécessaire à l'introduction des tenettes. La largeur de l'extrémité, tranchante dans sa partie antérieure , est beaucoup plus considérable que dans l'instrument primitif. Le manche, au lieu de s'incliner latéralement , est placé dans la même direction que la lame. A la place du stylet trop allongé se trouve une vive arrête dont la forme et la grandeur doivent être analogues à la cannelure du cathéter. Le tranchant est borné au tiers antérieur du bord droit , qui s'arrondit et devient mousse dans sa partie postérieure; enfin la vive arrête, au lieu de partager également la partie antérieure de la lame , est placée beaucoup plus à gauche , pour laisser plus de largeur à la partie droite , et lui donner par là plus de facilité pour l'incision des parties molles qu'elle traverse. Desault avait des gorgerets de trois grandeurs , pour les différens âges. Ce gorgeret n'a jamais été adopté chez l'étranger, et n'a compté de partisans en France que pendant l'existence de son auteur.

Beaucoup de praticiens pensent que les changemens qu'on a fait subir à l'instrument d'Ha^ykins , loin de l'avoir perfec-

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tienne, Fout, au contraire, privé de ses avantages : en effet, en conservant la forme que lui avait donnée son auteur ( le bord interne ai-rondi , et le bord tranchant tourné en haut ") , on ménage l'intestin rectum et les gros vaisseaux du périnée ; on pourrait, au contraire, les intéresser, si l'on faisait usage du gorgeret corrigé par Desault. Au reste , tous les gorgeretslithotomes offent des inconvéniens : ces instrumens coupant en entrant, et poussant devant eux les parties qui doivent être divisées , il est rare qu'ils fassent une incision assez grande à la prolatc et an col de la vessie : aussi, pour peu que la pierre soit volumineuse, on éprouve d'assez grandes difficultés pour l'extraire. M. Roux, qui se sert habituellement du gorgeret d'Astley - Cooper , emploie l'instrument de frère Côrae lorsqu'il pense que la vessie de la personne qu'il va opérer contient un gos calcul. ( murât. )

GOSIER, s. m., guttur , /auces ; nom vulgaire de l'arrièrebouche ou du pharynx.

GOSIER ( isthme du ). On appelle ainsi l'entrée du pharynx , ou l'ouverture qui le fait communiquer avec la bouche, (a. b. )

GOUDRON, s. m. Pissa. Produit résineux très- impur que l'on retire de différentes espèces de pins , et en particulier des Pinus maritima et Pinus sjh'cstris. Lorsqu'on a épuisé le tronc de ces arbres pou»r en retirer la térébenthine, on les casse en fragmens que l'on arrange dans une sorte de fosse conique creusée en terre; on élève ces fragmens au-dessus du sol, de manière à former un cône semblable à celui que l'on construit pour faire le charbon. On le recouvre de gazon et on y met le feu. La combustion se faisant très-lentement , les principes résineux contenus dans le bois s'écoulent vers le fond de la fosse, où ils sont reçus dans un canal qui les conduit dans un récipient placé à l'extérieur. Cette résine contient de l'huile essentielle à moitié brûlée, de l'acide pyroligneux et beaucoup d'impuretés ; c'est le goudron. Il a la consistance d'un sirop épais, d'un brun noirâtre , d'une odeur forte et peu agréable. Il est très- tenace, et laisse surnager une huile empyreumatique noirâtre.

Le goudron est très-employé dans la marine. En médecine, il sert uniquement à la préparation de l'eau de ^ouàTon(aqua picea,) qui se fait en mettant une partie de goudron macérer, pendant huit jours , dans trente-deux parties d'eau de pluie. Ce mélange doit être fréquemment agité avec une spatule de bois. On dé-

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caiitc et on le filtre à travers un jiapier non collé avant de le placer dans des bouteilles bien bouchées, où on le conserve pour 1 usage. Celte préparation a une odeur qui rappelle celle du goudron. Sa saveur est amère , un peu acre et acidulé ; sa couleur brunâtre. On l'administre à la dose de deux à trois livres à prendre dans la journée. Quelquefois on la coupe avec moitié lait , d'autrefois on l'édulcore afin de la rendre moins désagréable à prendre. Les individus qui font usage de cette boisson éprouvent en général plus d'appétit. La perspiration cutanée et la sécrétion des reins sont fréquemment augmentées. Chez quelques sujets , elle cause des nausées , des vomissemens ou des déjections alvines abondantes. C'est surtout contre les maladies chroniques de la peau, le catarrhe vésical également chronique , et le rhumatisme , que l'on a le plus recommandé cette liqueur. Elle produit quelquefois de fort bons effets ; mais néanmoins on l'emploie assez rarement. Son usage a aussi été quelquefois utile dans l'asthme, le scorbut, etc. Enfin quelques médecins n'ont pas craint de préconiser ce remède comme extrêmement efficace dans la phthisie pulmonaire. Mais il est évident que les prétendues phthisies guéries par ce moyen n'étaient que des catarrhes pulmonaires clironiques. Or on sait que les substances résineuses et balsamiques sont généralement utiles dans l'inflammation chronique des membranes muqueuses, (a. richard.)

GOLRME, s. f. Cette expression désigne, en médecine vétérinaire, une affection qu'on prétend être particulière aux chevaux , et sur la nature et l'histoire de laquelle on n'est pas encore bien fixé ; ses caractères sont l'écoulement de mucosités par les narines, le gonflement des glandes de la ganache, et des tumeurs dans diverses parties. — On emploie aussi quelquefois en médecine le mot gourme, quoiqu'il soit plus spécialement réservé au langage du vulgaire. Le*, affections qu'il sert à exprimer ne sont pas toutes de même nature , mais ont cela de commun qu'elles ont leur siège à la face , particulièrement aux joues et à la région parotidienne ; elles })araissent se rapporter à ce que l'on a désigné sous les noms, non moins vulgaires, d'éruption de dents, de croûtes de lait , et sous ceux à'achores , de teigne muqueuse et de strophulus. foyez ces derniers mots.

GOUET , s. m.; nom par lequel on désigne vulgairement les espèces du genre arum. Foyez ce mot. (a. r.)

G ou To".

GOUT, s, m. giislus. Sens ou sensation du goût, action de

goûter, ou ce que les pliysiologistes nomment encore gusùiliori.

C'est celle de nos sensations externes spéciales qui nous fait juger

des saveurs,

§ I. Les saveurs , par l'étude desquelles nous devons commencer, sont, comme on sait, une des qualités sensibles de certains corps que l'on nom.me sapides ou savoureux , et que l'on distingue ainsi de ceux qui sont dépourvus de cette qualité et que l'on appelle , pour cette raison , insipides.

La saveur n'étant dans les corps qu'une manière d'être relative, une qualité percei)tible, n'existe réellement dès lors que par le rapport établi entre le corps sapide et l'organe destiné à en recevoir l'impression. Aussi l'idée, en quelque sorte composée, que nous en avons résulte -t- elle à la fois de ce qui tient au goût et de la qualité sapide inhérente au corps que nous goûtons. Toutefois ces deux élémens de la sensation sont très -distincts l'un de l'autre, et l'on ne peut, sans ei'reur, confondre le goût avec la saveur. Il importe donc, à ce sujet , que le langage physiologique, plus sévère que la langue vulgaire, ne consacre pas les expressions usitées d'aliment de haut-goût ^ de mets de bon et de mauvais goût , de vin d'un goût détestable ^ etc. -^ etc.: qui toutes, en effet, n'indiquent réellement que le jugement porté sur divers états de la qualité sapide des corps dont on parle.

L'on s'est beaucoup occupé de rechercher quelle était la cause immédiate de la sapidité. Les anciens chimistes la plaçaient dans un principe particulier uni aux corps et dont il était distinct. Mais l'existence de ce prétendu principe, qui devrait être si différent de lui-même, et que rien ne constate, d'ailleurs, est depuis long-temps abandonnée ; et les saveurs , inséparables de corps, paraissent résider indistinctement dans toutes leurs molécules. Cette idée admise, les uns ont voulu que la saveur dépendît de la forme particulière des molécules des corps , qui , rondes , angulaixes ou pointues, auraient, de la sorte, différemment agi sur l'oigane du goût : douces dans le premier cas, elles seraient plus ou moins vives et piquantes dans le second. Mais l'on conçoit difficilement que les molécules intégrantes des corps puissent offrir autant de variétés de formes qu'il existe de nuances dans les saveurs j,l"on sait encore que les saveurs les plus différentes existent souvent dans des cristaux semblablement configurés, et que dans ceux-

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ci, enfin, l'état de solution qui détruit évidemment toute influence de la forme, n'apporte cependant aucun changement dans la saveur. Aussi, abandonnant cette explication mécanique, d'autres ont-ils placé la sapidité dans une sorte d'action chimique des corps ou du moins de tendance marquée de leurs molécules à la combinaison. Les partisans de cette idée, et notamment Macquer qui l'a développée avec talent, à l'article causticité de son Dictionnaire de Chimie, s'appuient de ce que les corps sapides n'exercent, comme les agens chimiques, leur action qu'autant qu'ils sont dissous ; que, dans plusieurs, et particulièrement les réactifs , la sapidité s'y proportionne à la force de combinaison, comme on le voit, en effet, suivant qu'ils sont étendus ou concentrés, libres ou enchaînés dans des combinaisons qui les neutralisent ; que les mêmes saveurs appartiennent généralement aux corps doués de propriétés chimiques analogues, comme les sulfates et les nitrates, par exemple; que l'on voit, enfin , dans l'action du vinaigre et des corps acerbes , sur la langue et la bouche, un état de blancheur ou d'astriction qui y indique comme un premier degré de combinaison. Mais, si cette théorie des saveurs, sans doute ingénieuse, offre quelquç chose de séduisant, on ne saurait toutefois l'adopter, car elle tend à confondre les sapeurs avec les qualités irritantes et caustiques des corps , lesquelles n'ont aucune action spéciale sur le goût. L'on rencontre, d'ailleurs , des corps éminemment sapides , tels que ceux qui sont doux ou sucrés , qui sont loin d'être remarquables par leur force de combinaison. Ainsi donc l'examen de ces diverses hypotlièses permet de conclure que l'on ignore encore la vraie cause de la sapidité.

Les saveurs sont diversifiées à l'infini et leur nombre est immense. On voit, en effet, du côté des corps, qu'une foule sont sapides par eux-mêmes, ouïe peuvent devenir par les combinaisons dans lesquelles ils entrent, et, du côté du goût ou de l'organe destiné à recevoir l'impression de ces corps , l'on sait que mille circonstances font varier son état et changent ainsi l'idée que nous avons des saveurs ; non-seulement les âges , les sexes , les tempéramens et les habitudes , mais encore la multitude des circonstances qui nous modifient chaque jour du soir au matin, comme la faim et la soif, la réplétion de l'estomac , le sommeil et la veille, etc. etc., confirment la vérité de cette remarque.

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C'est probablement cette extrême diversité des saveurs qui a motivé les efforts qu'on a faits pour les grouper en différentes classes. Galien, Boerhaave, Haller et Linnseus ont établi chacun leur division. ]S'ous croyons sans utilité d'en reproduire la longue cnumération. Nous noterons cependant, comme digne de remarque, i° que, parmi les saveurs, quelquesu-nes qui appartiennent aux corps organisés animaux et végétaux, ainsi qu'aux minéraux , ont paru dès lors comme générales ou universelles : telles sont plus particulièrement les saveurs acide , amère , salée et sucrée, que l'on retrouve en effet dans les différens règnes de la nature; 2° que certaines saveurs , telles que X acide , le doux , le salé, Xdcre , etc., sont comme primitives ou radicales, tandis que d'autres paraissent comme mélangées ou secondaires, ainsi qu'on le remarque en particulier pour Vacerhe ; formé de l'acre uni à Vacide, \e putride, que constitue l'union àa fade avec le nauséeux , etc.; 3° que la plupart des saveurs sont, d'après l'ingénieuse idée de Linnœus , pour ainsi dire opposées entre elles, deux à deux, comme on le voit en effet entre Vdcre et le doux , le gras et le styptique , Vacide et Y amer , le muqueux et le salé , le sec et V aqueux; 4° que les saveurs enfin, envisagées quant au sentiment qu'elles déterminent chez le plus grand nombre des hommes, se distinguent naturellement en agréables , en désagréables et en indifférentes , ou qui ne sont précisément ni bonnes ni mauvaises. Mais qui ne sait, même à l'égard de cette distinction qui paraît d'abord si bien fondée, que l'âge, l'habitude, la satiété, la faim, les choses que nous venons de goûter, etc., la rendent encore insuffisante, et nous font trouver bon dans un moment l'aliment même qui dans l'autre nous déplaît ?

§ IL L'appareil de la gustation se compose principalement de la langue. Cette partie s'en montre en effet, dans l'homme, et la plupart des animaux, l'organe essentiel. Sa position à l'origine des voies alimentaires, sa mollesse, sa continuelle humectation , la délicatesse de son tégument propre, les mouvemens dont elle jouit , les nerfs nombreux qui s'y disti'ibuent (lingual, grand hypoglosse et glosso-pharyngien), et les villosités ou papilles qui garnissent ses bords et sa pointe, justifient sans doute le rang qui lui est accordé. Mais, indépendamment de la langue , toute la cavité de la bouche et même l'arrière -bouclie contribuent encore au goût. On sait que le

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