‹ Dictionnaire de médecine; ou, Répertoire général des sciences médicales considérées sous les rapports théorique et pratiqueChapitre 35 sur 62 · V4 OR V · texte numérisé non relu

V4 OR V

des fii.'nillcs naturelles do plantes les plus intéressantes du règne végétal , et l'une de celles dont les caractères sont le plus nettement tranchés. En effet , c'est à ce groupe qu'appartient cette foule de végétaux qui couvrent nos campagnes, où elles sont l'objet principal de notre agriculture. Tels sont le blé, le seigle , l'orge, l'avoine, le maïs, le riz, le panis, etc. Quoique les végétaux qui forment la famille des Graminées ne soient que des plantes faibles, et pour la plupart annuelles, ce n'est pas moins en elles que l'homme trouve, dans presque toutes les contrées civilisées du globe, la base de son alimentation. Dans l'Europe, l'Afrique septentrionale, l'Asie mineure, c'est le froment qui sert spécialement à la nourriture de l'homme ; tandis que, dans l'Inde , une partie de l'Afrique et de l'Amérique, son usage est remplacé par celui du riz ou du maïs.

Le pain n'est pas le seul produit intéressant que l'homme doive à la famille des Graminées. Le sucre de canne , dont l'usage est si répandu dans les arts et l'économie domestique, est extrait de la tige d'une belle plante de cette famille ( xaccharurn q/flcinariun ), qui, dans les Indes orientales et occidentales, forme une des branches les plus importantes de la culture et du commerce. On trouve également une matière sucrée dans plusieurs autres graminées, telles que le sorghum saccharatuin, le maïs , etc., mais en trop faible proportion pour pouvoir en être extraite avec avantage. Ce n'est pas seulement à l'existence de ce principe sucré qu'est dû l'alcohol que l'on retire en abondance des graines céréales. En effet, l'analyse chimique n'a pu y faire découvrir que des quantités très-faibles de sucre, et hors de proportion avec celles de l'alcohol obtenu. Il parait presque démontré, surtout depuis les belles expériences de M. Théodore de Saussure sur la transformation directe de l'amidon en sucre, que les autres principes immédiats, et surtout l'amidon contenu dans ces grainçs, subissent une transformation particulière pendant la fermentation , et produisent aussi de l'alcohol.

La famille des Graminées offre peu d'intérêt , quand on la considère sous le point de vue de ses propriétés médicales. En effet, elle ne fournit aucun médicament énergique. Ses fruits, dépouillés de leur enveloppe , servent à faire des boissons , qui , par la quantité d'amidon qu'elles renferment, sont adoucissan:es. Telles sont les tisanes faites avec l'orge mondé, l'orge

perlé, leç^ruau, le li/, , etc. La racine de quel(|ues trllicuin qui croissent dans les lieux incultes, au})rés des vieilles murailles , est employée sous le nom de chiendent ; elle contient toujours une cerl.'iine quantité denitre, et s'adrainistreen décoction comme un diurétique adoucissant. La racine de canne de Provence a une saveur sucrée et légèrement aromatique : on la regarde comme dinpliorétique.

Enfin, si l'on en excepte l'ivraie, qui fait aussi partie de cette famille, et dont les fruits possèdent une vertu délétère, toutes les graminées se font remarquer par leur utilité, soit ])Our la nourriture de l'homme et d'un grand nombre d'animaux , soit dans les artset l'économie rurale et domestique, (a. richard.)

GRANULA.T10N , s. f. , granulalio. On désigne sous ce nom un genre particulier de lésion organique, signalé par Bayle , qui consiste dans le développement accidentel de petils corps globuleux d'une demi-ligne à une ou deux lignes de diamètre, demi-transparens, lulsans, durs, analogues au cartilage, quelquefois marquetés de lignes ou de points noirs, et présentant à leur centre, dans un petit nombre de cas, un point opaque d'apparence tuberculeuse ; les granulations diffèrent des petits tubercules ou tubercules miliaires , en ce que ces derniers sont opaques, tandis que la transparence est un des caractères des autres. Les granulations existent ordinairement en grand nombre dans le même organe : c'est le plus souvent dans les poumons qu'on les rencontre. On donne encore le nom de granulations à de petites inégalités granuleuses qui se forment, soit à la surface libre, soit à la surface adhérente des membranes séreuses affectées d'inflammation aiguë ou chronique. Cette altération, qui n'a que le nom de commun avec celle qui nous occupe, sera décrite au mot phlegmasie.

Lee caixses qui donnent lieu à cette lésion ne s,ont pas con-nues : une disposilion générale de l'économie paraît dans quelques cas en favoriser la production dans un grand nombre de parties à la fois. J'ai eu occasion de la rencontrer simultanément dans les poumons, à ia surface et dans le parenchyme du foie, de la rate, des reins, et dans la portion diaphragmatique du .péritoine ; chez le même sujet, le cerveau contenait trente ou quarante petits corps globuleux, semblables pour le volume, la couleur et la consistance au crystallia humain ; deux corps semblables existaient dans le cervelet, et un dans la moelle épi-

nière : ce fait parait prouver qu'il peut y avoir une diathèse granuleuse ^ comme il existe des diathèses cancéreuse , tuberculeuse , etc.

Bayle pensait que ces granulations étaient de nature cartilagineuse. M. Laennec est d'un avis différent et l'appuie principalement sur ce que ces granulations ne deviennent jamais osseuses. Je partage, à cet égard, l'opinion de M. Laennec; mais je ne la partage plus lorstju'il soutient que les granulations ne sont autre chose que des tubercules commençans. J'ai rencontré plusieurs fois, comme lui , un point opaque au centre des granulations ; mais je ferai remarquer, i" que ce point opaque n'existe que chez peu de sujets, et le plus souvent alors dans quelques granulations seulement; a** qu'en admettant que ce point fût tuberculeux , cela ne démontrerait pas l'identité des deux lésions : la plupart des tumeurs énucléables du foie sont formées par un réseau cancéreux infiltré de matière tuberculeuse ; et cependant M. Laennec lui - même est loin de regarder l'une de ces lésions comme l'origine ou la conséquence de l'autre. 3° M. Laennec ajoute encore que souvent autour des tubercules on trouve le parenchyme pulmonaire, endurci, grisâtre, demitransparent, imperméable, et il considère cet endurcissement gris, comme une lésion semblable à celle qui constitue les granulations. Mais il existe ici une grande différence : le tissu pulmonaire est encore facile à reconnaître dans l'endurcissement gris ; dans les granulations on ne trouve rien qui lui ressemble. Le premier est une simple altération du tissu; les secondes semblent être le résultat d'une production accidentelle. Enfin il n'est nullement démontré que cet endurcissement soit le premier degré de la dégénérescence tuberculeuse : on n'y rencontre pas toujours des points opaques; et ces points opaques ou tubercules commençant existent souvent en proportion égale dans la portion crépitante des poumons. Il me semble encore que la disposition des granulations qui , en quelque nombre qu'elles existent dans un organe, n'y sont jamais confluentes, mais toujours manifestement séparées les unes des autres, établit une différence remarquable entre elles et les tubercules. J'ajouterai enfin, que comme l'anatomie pathologique montre dans divers organes , et spécialement dans les poumons, des grains tuberculeux aussi petits, plus petits même que les granulations, et auxquelles on a donné le nom de tubercules miliaires , il n'est pas nécessaire de supposer

que les tubercules d'une certaine grosseur aient commencé sous la forme de granulations.

Les granulations sont-elles susceptibles d'occasioner l'ulcération des organes dans lesquels elles se sont développées ? Bayle admettait cette ulcération, d'après quelques ouvertures de cadavres, dans lesquels il avait trouvé à la fois des granulations et de peti'es excavations remplies de pus, sans aucune trace de tubercules. Mais d'abord on ne doit déduire aucune conséquence générale d'un petit nombre de faits; et de plus on trouve souvent à la fois dans un même poumon des granulations et des tubercules , et tous les tubercules peuvent être ramollis à l'époque où la mort à lieu.

On n'a aucun moyen direct de traitement à opposer à cette lésion organique ; on ne peut que cliercher à ralentir ses progrès et à adoucir par des moyens palliatifs les symptômes auxquels elle donne lieu.

Granulations des poumons ( phlhisie granuleuse de Bayle ). — Elles peuvent exister seules ou concurremment avec des tubercules ; presque toujours elles occupent les deux poumons à la fois; le plus souvent elles sont disséminées indistinctement dans toute leur étendue , c|uelquefois elles sont groupées en plus grand nombre au sommet ou au bord antérieur; rarement elles sont assez nombreuses pour déterminer la mort , sans qu'il y ait une autre lésion dans les poumons. Chez le plus grand nombre des sujets il existe simultanément des tubercules et des granulations, et les symptômes produits par ceux- là étant beaucoup plus prononcés que ceux qui dépendent de celles- ci , il est fort difficile de distinguer ces derniers.

Les granulations des poumons ne sont pas rares, mais elles sont beaucoup moins fréquentes que les tubercules. Sur neuf cents phtliisiques qu'il a ouverts, Bayle a trouvé des tubercules chez six cent vingt-quatre sujets, et des granulations chez cent quatre-vingt-trois.

Les désordres produits dans la respiration par les granulations pulmonaires me paraissent être dus à la gêne mécanique que cause leur présence. Si, comme je suis porté à le croire, elles ne sont pas susceptibles de se ramollir et de s'ulcérer, elles *ne doivent avoir d'autre action que celle qu'exercerait tout autre corps étranger; et cette action est subordonnée à leur volume et surtout à leur nombre. Lorsqu'elles sont peu nombreuses ,

rien ne peut faire soupçonner leur présence ; il en est autrement lorsque leur quantité est si considérable que les poumons en sont, pour ainsi àire, farcis. Les symptômes qu'elles présentent alors, sont : une toux sèche et opiniâtre, une expectoration de cracliats muqueux et transparens, mêlés à beaucoup d'air; une gêne obscure, quelquefois une anxiété inexprimable dans la poitrine, et dans tous les cas une oppression très-marquée. Ces symptômes , auxquels il faut ajouter des hémoptysies plus ou moins fréquentes, ont persisté chez quelques sujets pendant une, dejix ou trois années sans entraîner ni amaigrissement sensible, ni mouvement fébrile; chez d'autres le dépérissement a eu lieu, mais avec beaucoup de lenteur. Le dévoiemcnt et les sueurs nocturnes n'ont guère été observées que chez ceux qui avaient, en même temps cjue des granulations, des ulcères dans les intestins ou dans le larynx, ou quelques excavations purulentes dans les poumons. Ceux chez lesquels la maladie était exempte de toute complication ont succombé dans un état de suffocation ou avec une hémoptysie très -abondante , à une époque où ils avaient encore en grande partie leur embonpoint et même leur fraîcheur. Chez le plus grand nombre, la poitrine conserve jusqu'à la mort sa largeur naturelle et ne se rétrécit pas, comme cela a lieu chez les sujets affectés de phthisie tuberculeuse. A l'ouverture des cadavres, on trouve le plus souvent les poumons libres de ces adhérences qui accompagnent presque constamment les tubercules pulmonaires.

Le diagnostic des granulations pulmonaires est généralement fort difficile. Lorsque les granulations sont en petit nombre, ou lorsqu'étant très-nombreuses elles existent concurremment avec une autre lésion plus fréquente et plus grave des poumons, avec des tubercules, par exemple, il est impossible, et il paraît au reste de peu d'utilité, d'en constater la présence pendant la vie. Il en est autrement lorsque les poumons en contiennent un trèsgrand nombre, et qu'ils n'offrent d'ailleurs aucune autre lésion; dans la plupart des cas alors, il est possible de reconnaître ou tout au moins de soupçonner l'existence des granulations.

D'après les faits publiés par Bayle, et d'après ceux que j'ai eu occasion d'observer moi-même, je crois qu'on peut présenter comme un des signes les plus propres à établir le diagnostic de rette lésion organique, une disproportion remarquable entre l'intensité des symptômes locaux et généraux : les premiers, tels

que la toux, la dyspnée, l'expectoration de cracliats écumeux , les hétnoptysles , les douleurs , sont très-prononcés ; tandis que les seconds sont à peine marqués, même après un temps trèsconsidérable. Dans la phtliisie tuberculeuse, au contraire, la diminution de l'embonpoint et des forces commence avec les premiers symptômes dont la poitrine est le siège, et quelquefois même les précède. Quelques-uns des sujets qui succombent à la maladie que Bayle avait improprement appelée phthisie granuleuse, meurent dans un état d'embonpoint qui contraste singulièrement avec la maigreur des plithisiques. Enfin , dans les cas où les poumons ne contiennent que des granulations , l'absence de pectoriloquie , de respiration trachéale, et de gargouillement fournira au médecin des signes négatifs d'une assez grande importance pour mériter d'être signales.

Le traitement des granulations pulmonaires présente deux indications principales : celle de ralentir le développement de cette lésion organique, et celle de combattre les symptômes prédomlnans. On ne connaît que fort imparfaitement les moyens propres à remplir la première indication : Bayle a proposé dans ce but un régime doux, la diète blanche, le lait, les bouillons de veau, de poulet, de grenr)uilles ; l'établissement d'un exutoire, d'un cautère ou d'un vésicatoire , sur quelque point éloigné de la poitrine ; l'usage des narcotiques, tels que l'extrait de jusquiame, de ciguë, mais plus spécialement de belladone, et quelques préparations opiacées, pour modérer la toux, qui est un des symptômes les plus pénibles de cette maladie. Je conseillerais d'y joindre le repos le plus complet possible des organes de la respiration et de la voix , l'emploi de vêtemens de flanelle appliqués immédiatement sur la peau, dans le but de préserver les malades des affections catarrhales, dont l'influence funeste sur la marche des lésions organiques des poumons ne peut guère être mise en doute.

Quant aux symptômes qui peuvent réclamer quelques moyens particuliers de traitement, les principaux sont la toux, la dyspnée et les héraoptysies. La première doit être combattue par les narcotiques précédemment indiqués ; l'acide prussique, dont quelques médecins ont fait une sorte de spécifique contre la toux , m'a paru avoir si peu d'effet, qu'après l'avoir essayé dans un assez grand nombre de cas, j'ai été conduit à y renoncer entièrement. La dyspnée doit être traitée par des moyens divers,

35o GRA

selon que le sujet est fort ou faible, selon que l'expectoration se fait avec pltis ou moins de difficulté : on a recours dans le premier cas à la saignée ; dans le second à l'application d'un large vésicatoire sur le thorax ; dans le troisième aux préparations scillitiques, au kermès, à la décoction de polygala. Dans le cas à'hcmoptjsie , on prescrit généralement la saignée et le concours des autres moyens indiqués à ce mot ( Voyez hémopttsik). Les balsamiques ont été quelquefois utiles pour modérer le catarrhe sjmptoinatique qui accompagne ordinairement les granulations pulmonaires.

Quant aux granulations des autres organes, elles ont été trop rarement observées, et leurs symptômes sont trop obscurs pour qu'on puisse en présenter l'histoire : elles appartiennent à l'anatomie pathologique plutôt qu'à la pathologie. (chomel.)

GRANULATION, s. f . ; petit grain. On désigne particulièrement sous le nom de granulations encéphaliques ou cérébrales, des petits corps situés dans le voisinage des membranes du cerveau, et autrement nommés glandes de Pacchioni. Voyez méninge, (a. b. )

GRANULEUX,adj., qui appartient aux granulations :pbtbisie granuleuse.

GRAS (corps). Avant les travaux importans de M. Chevreul, on regardait les graisses, les huiles et le beurre comme des principes immédiats; on ignorait que l'on pût retirer de ces matières au moins deux substances particulières. Le chimiste que nous venons de citer ne s'est pas borné à démontrer que ces prétendus principes immédiats étaient constamment composas de stéarine , d'oléine, de phocénine, etc., il a encore fait voir que, par la réaction des matières grasses et des huiles sur les alcalis, il se produisait des hydracides gras , que l'on doit également ranger parmi les principes immédiats; ces hydracides sont les acides stéarique, margarique, oléique, butyrique, caprique, caproïque, phocénique et hircique. Voici du reste la distribution la plus méthodique des corps gras. On les divise en deux classes : la première comprend ceux qui sont des principes immédiats ; la seconde renferme les matières composées au moins de deux de ces principes. PREMIÈRE CLASSE. Principes immédiats gras. Première section. — On range dans cette section les corps gras acides; elle offre deux genres : a ceux qui ne se volatilisent pas quand on les met dans l'eau bouillante , tels sont les acides stéarique , marga-

GRA 35i

tique et oléiqite;b ceux qui peuvent se distiller avec l'eau, comme les acides f>/iocénïque, butyrique , caprique et hircique. Deuxième section. — On trouve dans cette section les corps gras qui ne sont pas acides, et que l'on peut partager en quatre genres : a ceux qui ne sont ni altérables par les alcalis, ni susceptibles de se combiner avec eux, tels sont la cholestérine et Véthal; h ceux qui peuvent être convertis par les alcalis en acides gras fixes et en une substance grasse nOn acide, comme, par exemple, la ce7/«e; c ceux que les alcalis transforment en glycérine ( voyez ce mot ), et en acides gras fixes : tels sont la stéarine de mouton et d'homme^ et Voléine [voyez élaïne ); d ceux enfin que les alcalis convertissent en glycérine, en acides gras fixes et en acides gras volatils, comme la phocénine, la butyrine et 17z//a«e (Chevreul ).

SECONDE CLASSE. Suhstauces grasses composées de plusieurs principes immédiats. — Cette classe comprend les graisses , le beurre et les huiles. (orfila.)

GRAS DES CADAVRES. Les cadavres enfouis dans des terrains humides, surtout lorsqu'ils sont chargés de graisse, se décomposent de telle manière qu'ils ne présentent au bout d'un certain temps que des os, quelques débris de tissus membraneux altérés, et une matière désignée depuis long-temps sous le nom de gras des cadavres. Si, au lieu d'entourer les corps de terre humide, on les met dans l'eau, ou dans le liquide des fosses d'aisance, il se produit aussi du gras ^ mais en quantité beaucoup moins considérable. D'abord jaunâtre, mou, pulpeux et d'une odeur fétide, le gras des cadavres finit par se dessécher, et devient pulvérulent et d'un blanc mat. Nous devons à M. Chevreul une analyse intéressante de cette production, considérée à juste titre, par Fourcroy, comme une matière savonneuse, mais qu'il avait rapprochée à tort de la céline et de la cholestérine. [Foyez adipocire.) Le gras des cadavres retiré du cimetière des Innocens a fourni à M. Chevreul de l'acide roargarique et de l'acide oléique, de l'ammoniaque, un peu de potasse et de chaux, une matière colorante jaune, une matière azotée, un acide libre qu'il croit être de l'acide lactique, et deux sels à base de potasse et de chaux qui semblent formés par l'acide lactique. La combinaison des acides margarique et oléique avec l'ammoniaque constitue un véritable savon, qui, d'après M. Chevreul, paraît être le résultat de l'action de la graisse du muscle sur l'ammoniaque provenant de la décomposition de la fibrine.

de l'.ilbumine , etc. Le gras des cadavres est employé à la fabrication des chandelles : on l'obtient en faisant macérer sous l'eau les cadavres des vieux chevaux. (orfila.)

GRASSEYEMENT, s. m., balbuties, os balburn ; action de grasseyer ou de parler gras.

Le grasseyement constitue moins un vice réel de la prononciation qu'un mode d'articulation insolite ou particulier a certaines personnes, et dans lequel elles prononcent quelques consonnes avec difficulté, ou d'une manière qui n'est pas conforme à la destination de ces consonnes. C'est, en effet, ainsi que l'on grasseyé, lorsqu'on prononce la lettre R de la gorge, en sorte qu'on la fait précéder d'un C ou d'un G , ou bien encore lorsqu'on substitue au D le son du T, et au double LL celui de VY. — Parmi les personnes qui grasseyent, on en rencontre qui nonseulement ne peuvent pas prononcer les R, mais qui ont encore la même difficulté au sujet des L. Au rapport de Zuinger, c'était le cas du célèbre botaniste Gaspard Bauhin ( Brouzet, Essai sur l'éducation médecinale des enfans ).

Le langage de ceux qui grasseyent est doux ; et, si le grasseyement est peu marqué , et qu'il n'ait surtout l'ien d'affecté , il est même assez agréable. Les anciens et les modernes se réunissent pour trouver qu'il ne messied pas généralement aux femmes, et que souvent même il est gracieux dans leur bouche : feminas verba balba décent — decet os balbmn, dit Horace.

Le grasseyement peut-il paraître naturel à certaines personnes chez lesquelles il tiendrait dès lors à quelques dispositions spéciales des agens de l'articulation ? Nous ne le pensons pas , et nous nous fondons d'abord sur ce qu'on ne connaît aucune lésion ou configuration d'organes qui lepuisse nécessairement déterminer^ et ensuite sur ce c[ue ce mode de prononciation trouve une explication facile dans l'habitude et l'imitation.

Le grasseyement dérive assez naturellement de la première difficulté de prononcer, qui est comme particulière à l'enfance ; mais l'exemple concourt puissamment encore à l'établir et à le confirmer pour les autres âges. On sait ,' en effet, à ce sujet, qu'on l'observe le plus souvent chez les différentes personnes d'une même famille, parmi un grand nombre d'habitans d'une même ville, comme on le voit en particulier dans la classe du peuple de Paris, et même enfin dans certaines contrées, la Provence y par exemple.

Il est probable que , si ceux qui s'appliquent à former la prononciation des enfans prenaient de bonne heure le soin de les fairearticuler avec exactitude, l'on préviendrait ou l'on détruirait le grasseyement ; mais l'indifférence que l'on porte communément à l'égard d'une si légère imperfection dans le langage, qu'elle ne choque personne, et qu'elle peut même paraître un avantage, motive suffisamment sans doute et le défaut de soins des parens pour la prévenir, et le défaut d'efforts de ceux qui en sont atteints pour la détruire : de là le nombre assez grand des personnes qui grasseyent. (rulliek.)

GRATELLE , s. f. ; nom donné par quelques auteurs à la gale sècheou petite gale. F'ojez galk.

GRATIOLE, s. f . , gratiola offlcinalis, L. C'est une petite plante vivace qui croît dans les lieux humides , sur le bord des étangs et des ruisseaux , et que les botanistes ont ^rangée dans la famille des Scrophulariées et dans la Diandrie monogynie. Sa tige est couchée, rampante à sa base, redressée dans sa partie supérieure qui est glabre, marquée d'un sillon longitudinal , interrompue à chaque paire de feuilles. Celles-ci sont opposées, sessiles, demi- embrassantes, ovales, lancéolées, denticulées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires, dressées , solitaires. Le calice , ([ui se compose de cinq sépales lancéolés, aigus, est accompagné de deux petites bractées étroites , plus longues que le calice. La corolle est irrégulièrement bilabiée; elle donne attaclie intérieurement à quatre étamines , dont deux sont rudimentaires stériles, sous la forme de filamens courts. Le fruit est une capsule ovoïde à deux loges polyspermes.

Toutes les parties de la gratiole ont une saveur amère et acre. M. Vauquelin, à qui l'on doit l'analyse de celle plante, y a trouvé, outre de la gomme , quelques sels et un acide végétal , une matière résinoïde d'une extrême amertume, soluble dans l'alcohol , très-peu soluble dans l'eau quand elle est pure, mais s'y dissolvant facilement par son mélange avec les autres matériaux de cette plante. Cette matière résinoïde paraît être le principe actif de la gratiole.

La gratiole est un médicament énergique, mais dangereux. On fait usage de ses tiges fraîches et de ses feuilles ; leur décoction, le suc qu'on en exprime, ou l'extrait qu'on en prépare , administrés à l'intérieur, irritent le canal alimentaire, et

provoquent d'abondantes évacuations alvines. Aussi est-ro surtout comme médicament purgatif que les anciens faisaient très-souvent usage de la gratiole, principalement dans les hydropisies dites passives. Mais cette maladie n'est pas la seule conti'e laquelle on ait recommandé l'usage de la gratiole. Si r on consulte les auteurs anciens , on les voit la vanter contre une foule d'autres maladies de nature fort différente, telles que les fièvres intermittentes , la goutte , le rhumatisme , les ulcères scorbutiques et vénériens, etc. ; c'est au praticien à juger si ce médicament, essentiellement irritant, peut convenir dans ces différens cas.

La gratiole et ses préparations, lorsqu'on les administre à une dose un peu élevée, déterminent l'inflammation des organes avec lesquels on les a mises en contact. Aussi M. le professeur Orfda les a-t-il rangées parmi les poisons irritans. D'après un grand nombre d'expériences, ce professeur pense que la mort occasionée par ces poisons peut être le résultat de leur injection dans l'estomac, dans l'intestin rectum, dans les veines , ou de leur application sur le tissu cellulaire de l'intérieur de la cuisse ; que cette substance n'agit pas par absorption, mais en déteiminant l'inflammation des parties qu'elle touche. ( Voyez poisons. ) On ne saurait donc être trop circonspect sur l'emploi d'un médicament aussi dangereux. Malheureusement la gî-aliole est une de ces plantes qui , à cause même de son énergie, est fréquemment employée par les charlatans. . (a, richard.)

GRxlVATIF, adj., gravatùms , de gravis , lourd, pesant. On caractérise ainsi la douleur qui est accompagnée d'un sentiment de pesanteur dans la partie qui en est le siège. Voyez

Page 1