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et quelques autres enfin à l'acide pliospliorique. Il y a aussi une divergence d'opinions relativement à l'acide urique. Quelques médecins cliimistes , et particulièrement Prout , auquel on doit un Traité fort estimé sur la gravelle et les calculs , le croient à l'état de combinaison; cet auteur remarque que l'acide urique est trop peu soluble dans l'eau pour que la moindre fraction puisse être dissoute même dans une excrétion d'urine très-copieuse. Berzélius ne reconnaît que — '— de cet acide à l'état libre dans l'urine. On voit que la dissidence des chimistes sur ce point tient à peu de chose. M. Baruel, auquel nous devons une grande partie des faits de chimie que contient cet article, nous a observé qu'il était impossible que l'acide urique, qui est le plus faible des acides de l'urine, fût combiné, tandis que l'acide acétique, le phosphorique, etc., resteraient libres. Nous devons dire qu'on trouve encore dans l'urine les sulfates de potasse et de soude, les phosphates de sonde et d'ammoniaque, les hydrochlorates de potasse, de soude et d'ammoniaque, et enfin une petite quantité de matières animales qui proviennent du mucus fourni par la membrane interne de la vessie. Chez les individus affectés de la gravelle, les principes de l'urine présentent tantôt des différences de nature, tantôt des différences de proportions; mais il reste encore à savoir à quelle anomalie de la nutrition , ou seulement à quelle modification de la sensibilité des reins sont dus ces changemens du liquide excrété. Les phénomènes vitaux des organes sécréteurs sont' ils plus actifs, ou le sont-ils moins, ou bien enfin est-ce ici une perversion de la sensibilité, et sous ce rapport la gravelle ne devrait- elle pas être placée près du diabètes? L'examen de ces diverses hypothèses pourrait nous entraîner dans des considérations qui seraient déplacées dans cet ouvrage, nous les abandonnons donc pour passer de suite à l'histoire de la gravelle. Les concrétions qui constituent cette maladie sont on de l'acide urique pur , ou du phosphate de magnésie et d'ammoniaque , ou enfin de l'oxalate de chaux. L'ordre dans lequel nous venons d'indiquer les différentes espèces de graviers est celui de leur fréquence. Ainsi ceux qui sont formés d'acide urique sont les plus communs. Ces graviers sont d'une couleur rouge, tirant plus ou moins sur le jaune; en contact avec la potasse, en excès, ils se dissolvent en totalité, et il y a formation d'un urale décomposabic par la plupart des acides Avec l'acide nitrique, ils prennent une couleur rouge d'œiiiet;
il y a une double décomposition , et suivant quelques - uns , développement d'acide érythrique oupurpurique. Soumis à un feu vif, les graviers d'acide urique sont entièrement consumés. Cette absence de résidu est un signe qui suffit souvent aux praticiens exercés pour reconnaître l'espèce de gruvelle dont il est question. Les cristaux qui résultent de l'union de l'acide phosphorique avec la magnésie et l'ammoniaque, sont d'un blanc assez pur quand, par le lavage, ils ont été débarrassés de toute matière animale. Jetés sur des charbons ardens, ils noircissent et répandent une odeur ammoniacale ; mais ce dernier caractère appartient à toutes les espèces de graviers. La potasse et la soude qui ont plus d'affinité pour l'acide phosphorique que la magnésie et l'ammoniaque, opèrent aussi le dégagement de cette dernière , si on les triture avec ces graviers binaires.
Les sédimeus urinaires cristallisés d'oxalate de chaux sont les plus rares; ils présentent une couleur sombre, brune ou noirâtre. Par la chaleur vive du chalumeau, on parvient à enlever l'acide oxalique, et il ne reste plus alors qu'une poudre blanchâtre, qui n'est que la chaux, base de l'oxalate détruit; on la reconnaît facilement à ses propriétés alcalines. Si le feu est moins >if il y a form; tion d'un carbonate insoluble.
Les graviers , de quelque nature qu'ils soient , se présentent dans l'urine sous toutes les formes, mais le plus ordinairement sous celle de petits cristaux anguleux qui S3 déposent au fond du vase où est contenu ce liquide. Quelquefois ils sont évacués avec l'urine; c'est-à-dire qu'alors ils se sont formés dans les reins ou la vessie ; d'autrefois leur formation n'a lieu qu'après l'excrétion de l'urine, et leur précipitation devient de plus en plus abondante avec le refroidissement graduel de ce liquide. Dans ce dernier cas, la graveLle n'est réellement point du domaine de la pathologie ; les individus qu'elle atteint éprouvent peu ou point de douleurs, et leur santé n'est nullement altérée ; mais les malades chez lesquels les graviers sont rendus tout formés avec les urines offrent souvent, au contraire, une série de symptômes très-graves. Ils se plaignent de fatigue, de pesanteur dans la région des reins ; quelquefois ces douleurs sont des plus pénibles et pourraient être comparées à celles d'un déchirement profond. Le ventre, dans ce cas, devient douloureux dans toute son étendue , et les seuls mouvemens du malade sont suivis d'une exacerbation des symptômes; enfin k
fièvre ne tarde pas à se développer. Dans la gravelle, comma dans la plupart des autres maladies des voies urinaires, l'affection syrapatliique de l'estomac est presque constante ; il y a flatulence , éructation, quelquefois même nausées et vomissemens. Cette série de symptômes intenses peut faire diagnostiquer, si elle se prolonge, la phlegmasie d'une des portions des voies urinaires, des uretères ou des reins; et cette affection est souvent liée, en effet, à la gravelle. Foyez néphrite calculeuse.
La gravelle est une maladie qui , pour l'ordinaire , a une longue durée ; cette ténacité doit être attribuée autant à l'impuissance de l'art qu'à la négligence que souvent les malades apportent dans l'usage des moyens thérapeutiques qui leur sont indiqués. Ils voudraient tout employer quand les doideurs se renouvellent , et renoncent aux soins les plus faciles dès qu'ils ont obtenu de l'allégement. Ces derniers mots font connaître un caractère de la gravelle , c'est une sorte d'intermittence. On dit , en effet , une attaque de gravelle, comme on dit une attaque de goutte. Ces attaques sont très - fréquemment déterminées par des écarts de régime, par une alimentation trop succulente ou trop excitante; elles ont d'ailleurs quelquefois lieu spontanément dans les premiers jours du printemps ou à la fin de l'automne. Mais nous verrons, en particulier, parmi les causes de la gravelle, celles qui amènent le retour des attaques.
Causes. — Les dispositions constitutionnelles qui favorisent! e développement de la gravelle, dépendent de l'âge, du sexe, etc.
L'âge mûr et la vieillesse sont les époques de la vie durant lesquelles l'économie semble le plus disposée à cette maladie. L'activité moindre du corps et le goût plus décidé pour une alimentation succulente et pour les boissons alcolioliques, sont les seules données qui puissent motiver cette particularité. Peut-être faut-il yjoindrel'excrétionmoins fréquente des urines. liCsliommes sont plus sujets à la gravelle que les femmes. La disposition anatomique si différente des voies excrétoires de l'urine chez les deux sexes, a souvent servi à expliquer la plus grande fréquence de toutes les maladies urinaires chez ceux - là. Cette disposition est ici moins importante ; elle peut néanmoins faire paraître la gravelle plus fréquente en la rendant plus douloureuse , mais il faut surtout considérer la différence des habitudes, du régime , etc.
Les contrées humides et tempérées sont celles où lu maladie
f jui nous occupe se volt le plus communément. Le docteur Marceî, d'iiprès le docteur Scott, affirme que, sous les tropiques, les affections calculeuses sont presque inconnues. Lçs pays d'élection de la gravelle sont, suivant la plupart des auteurs, la Hollande et la France , puis l'Anifleterre et l'AUemagne. La gravelle est, dit-on, aussi plus fréquente parmi les liabitans des ports de mer, et ceux de la rive des grands fleuves. Un auteur anglais ( Copland Hutcbison ) a prouvé dernièrement, par des recherches attentives, que l'opinion établie que les navigateurs sont souvent atteints de cette maladie, avait été exagérée.
Il est à remarquer encore que la gravelle attaque plus particulièrement les individus dont les occupations demandent une grande sédentarité , ou ceux qu'un vice de conformation ou certaines maladies tiennent immobiles. On a souvent cherché à expliquer de quelle manière cette immobilité du corps favorisait le développement des calculs urinaires , et tout ce que l'on en a dit se rapporte aux lois de la physique. C'est toujours une sorte de précipitation. Le docteur Marcet, en remarquant avec juslesse que la uature des alimens et des boissons ne peut, dans tous les cas, expliquer le développement des maladies calculeuses; et, en second lieu,« qu'elles attaquent particulièrement les personnes livrées à l'étude, ou qui ont pris l'habitude d'une vie sédentaire » , ajoute qu'on est naturellement conduit à lier ces causes à l'état morbide de la peau qu'elles déterminent , quand on réfléchit aux grands changemens qui s'opèrent dans l'urine , suivant les différentes modifications du système dermoïde extérieur.
La liaison qui exisie si évidemment entre les organes de la sécrétion urinaire et ceux de la digestion a fait mettre d'abord certaines substances alimentaires au premier rang des capses de la gravelle. Mais il était difficile de ne pas se laisser aller à regarder comme telles celles de ces sul^stances qui paraissent avoir quelque analogie de nature avec les graviers des uiines. C'est ainsi que beaucoup de malades, entraînés par la ressemblance qui existe entre le rauriate de soude et les concrétions urinaires, se persuadent que leurs souffrances sont dues aux viandes, aux poissons salés, dont cependant ils disent avoir fait un usage très-modéré. La vérité est qu'aucun rapport ne doit être établi entre le sel marin et l'acide urique qui forme les cristaux urinaires que l'on rencontre le plus fréquemment,