URINE
GRELE, adj., gracilis. On donne ce nom , en anatomie, à diverses parties qui sont longues et minces; tels sont les muscles grêle antérieur, grêle interne de la cuisse, plantaire grêle [Voyez
DROIT ANTÉRIEUR, DROIT INTERNE DE LA CUISSE et PLANTAIRE);
l'intestin grêle, qui comprend le duodénum, le jéjunum et l'iléon.
Voyez INTESTIN.
GR,ELE, s. f. On donne ce nom à une petite tumeur, dure, arrondie, indolente, blanchâtre, quelquefois demi-transparente, qui se développe sur le bord libre des paupières, plus souvent peut-être à la supérieure qu'à l'inférieure. Le volume de cette tumeur varie de celui d'un grain de mil à celui d'un pois. Elle est ordinairement formée par un petit kyste fibreux , dont les parois sont blanchâtres, épaisses, et plus ou moins adhérentes au muscle orbiculaire ou au cartilage tarse. On trouve à l'intérieur une substance blanche, plus ou moins épaisse, quel-
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quefois d'apparence cartilagineuse ou même osseuse. Dans ce dernier cas, on a donné à la maladie le nom de calcul ou gravelle des paupières. La grêle ne cause point de douleurs ; si on se décide à l'enlever, c'est à cause de la légère difformité et de la gêne qu'elle occasione dans lesmouvemens des paupières, quand elle a acquis un certain volume. Pour en faire l'extraction, ou saisit la tumeur avec des pinces, et on la détache facilement avec le bistouri, après avoir incisé transversalement la peau. Quand la giéle est soutenue par un pédicule, comme j'en ai vu plusieurs cas, on l'enlève très -aisément avec des ciseaux courbes sur leur plat. (j. cloquet. )
GRENADE, s. f., granaUun. On appelle ainsi le fruit du grenadier. Voyez ce mot. (a. r.)
GR.ENADIEPx, s m.^punica granatum. L., famille des Myrtricées, Icosandriemonogynie. C'est un arbre de quinze à vingt pieds d'élévation, dont le tronc, couvert de petites épines ou rameaux avortés, se divise en un grand nombre de branches et porte des feuilles opposées courtement pétiolées, elliptiques, luisantes, glabres; des fleurs d'un beau rouge terminent les rameaux ; leur calice est coloré, infundibuliforme, adhérent par sa base avec l'ovaire infère, à cinq divisions aiguës, épaisses, coriaces; la corolle est formée de cinq pétales arrondis , obtus, un peu plissés; les étamines sont fort nombreuses. Le fruit est une capsule pomiforme , de la grosseur du poing, couronnée par le tube et les dents (lu calice; son péricarpe, d'un jaune rougeâtre, est dur, coriace, partagé intérieurement en un grand nombre de loges par des cloisons membraneuses. Les graines sont nombreuses , irrégulièrement ])olyèdres; leur tégument propre est très - épais et charnu , d'une saveur aigrelette très-agréable.
Les côtes septentrionales de l'Afrique , baignées par la Méditerranée, paraissent avoir été la véritable patrie du grenadier. Les Romains l'introduisirent en Italie, à l'époque des guerres de Carthage, et de là il s'est répandu dans tout le midi de l'Europe, où on le cultive assez abondamment. Il craint le froid, et sous le climat de Paris il ne peut être cultivé en pleine terre ; il n'y forme qu'un arbrisseau rabougri dont les fruits ne mûrissent jamais, tandis qu'en Provence il constitue des arbres de moyenne grandeur, se couvrant chaque année de fruits qui parviennent à une maturité parfaite. Toutes .'es parties du grenadier sont inodores , mais d'une saveur astrin-
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gente très-prononcée; dans les fleurs et le péricarpe cette saveur est due an tannin et -à l'acide gallique, tandis que c'est l'acide malique qui donne à l'enveloppe pulpeuse des grains une saveur aigrelette très-agréable. Les parties du grenadier dont on fait usage sont , i° les fleurs non épanouies; a*^ le péricarpe et les graines ; 3^* l'écorce de la racine.
Les fleurs non épanouies portent le nom de balaustes; on les apporte desséchées du midi de la France. On doit les choisir d'un rouge vif, et rejeter celles qui sont noirâtres. Leur saveur est extrêmement astringente. Aussi s'accorde-t-on généralement à les considérer comme un médicament essentiellement tonique et astringent. On emploie la décoction de balaustes soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Convenablement édulcorée, elle forme une tisane dont on fait quelquefois usage dans îa diarrhée chronique, lorsque les symptômes d'irritation ont toutà-fait disparu, et que l'on juge nécessaire de recourir aux toniques. On l'administre aussi dans le même cas , sous la forme de lavemens. Quelques auteurs en ont recommandé l'usage dans la leucorrhée avec faiblesse générale ou locale. Elle sert aussi à préparer des lotions et des injections astringentes que l'on emploie dans les blennorrhées chroniques et sans douleurs.
Ce que nous venons de dire des fleurs s'applique également au péricarpe du grenadier , connu dans les pharmacies sous le nom de malicotium. Il est très -astringent et peut être employé comme les balaustes, mais surtout pour l'usage externe. Dans les pays où les grenadiers croissent en abondance, on se sert de cette partie du fruit pour le tannage des cuirs.
Les graines que contiennent les grenades sont la seule partie que l'on mange. Elles sont rougeâtres, pulpeuses extérieurement, d'une saveur acidulé. On les mange dans les contrées méridionales , où elles sont fort utiles pour étancher la soif et rafraîchir la bouche pendant les grandes chaleurs de l'été. On peut aussi préparer, avec leur suc étendu dans l'eau, des boissons rafraîchissantes , utiles dans les irritations légères des organes digestifs , et en général dans tous les cas où l'usage des acidulés est indiqué.
Quelques essais tentés dans l'Iude ont appelé de nouveau l'attention des praticiens sur l'écorce de la racine du grenadier. On lui a reconnu une propriété antheiraintique assez marquée,
et quelques observateurs assurent avoi^' par ce moyen expulsé plusieurs fois le tœnia ; mais en France on n'a encore fait que peu d'essais avec cette substance, qui mérite l'attention des praticiens. On peut l'administrer en poudre à la dose d'un à deux gros , que l'on répète deux à trois fois dans la journée; ou bien on prépare une décoction de demi- once de cette racine dans une livre d'eau , convenablement édulcorée avec le sirop d'armoise. ( A. RICHARD. ]
GRENOUILLE, s. f. , rana esculenta , Linnseus. On donne ce nom à un reptile batracien de la famille des Anoures, que sa ressemblance avec le crapaud a souvent fait confondre dans la même disgrâce que ce hideux animal, et qui, bien plutôt utile que n uisible à l'homme, mérite de fixer l'attention du médecin et de seconder les efforts du thérapeutiste. Nous ne nous arrêterons point à décrire ici en détail la grenouille que chacun a vue et que l'on reconnaît , au premier coup d'œil , à ses pattes de derrière très-longues, très -fortes, et parfaitement palmées; à sa peau lisse, humide, froide , parsemée de petits tubercules sur le dos et les flancs , granulée simplement sous le ventre et les cuisses; à sa teinte générale d'un beau vert tacheté de noir; aux trois raies jaunes qui s'étendent le long de son dos; aux trois bandes noires qui régnent transversalement sur ses bras, ses cuisses, ses jambes et ses tarses ; à sa tête triangulaire ; à son nez un peu pointu ; à sa bouche très-fendue ; à ses yeux saillans ; à la couleur d'un beau jaune doré que présente leur iris; à ses flancs comprimés; à sa taille qui ne s'étend pas au delà de trois ou quatre pouces. Tout le monde sait aussi que cet élégant animal égaie , durant l'été , «îe ses sauts vifs et légers les rives de nos ruisseaux, ou sillonne, en nageant, la surface des canaux tranquilles et celle des étangs, car ses pattes palmées et ses muscles puissans lui donnent la double faculté de s'élancer dans l'air à des distances considérables ou de se maintenir en équilibre à la surface du liquide élément. Il n'est personne qui n'ait vu les sauts énormes qu'il fait à l'approche d'un danger réel ou imaginaire , car il est trèstimide. Personne n'ignore non plus, qu'à, la suite des pluies chaudes delà belle saison , il se répand par légions dans les campagnes, et que pendant les froids rigoureux de l'hiver, il s'enlonce dans la vase des eaux profondes , dans les trous des fontaines, et même quelquefois dans la terre, pour y passer la ])ériode des frimas dans un état d'engourdissement et de tor-
peur comparable à la mort. Mais ce que nous devons noter
spécialement ici , c'est que généralement la grenouille est pour
nous un aliment aussi sain qu'agréable, et qu'elle fournit des mets
à la table du riche même, au moins dans certains pays, car,
dans quelques autres , comme en Angleterre, on a ce reptile en
horreur.
En France , on fait une grande consommation de grenouilles , surtout en automne , époque à laquelle leur chair est plus délicate et plus grasse ; on en trouve à peu près constamment dans nos marchés , et ceux des grandes villes d'Italie en sont couverts pendant la plus grande partie de l'année. Il ne semble pas , au reste , que les anciens aient fait quelque usage de ce genre d'aliment , car Galien n'en dit rien dans ses ouvrages de diététique , et les médecins du moyen âge, à l'exemple d'Aëtius et de Jean Rodriguez de Casteliobranco , lui ont même attribué des propriétés délétères. Aujourd'hui , on ne craint point de le faire paraître sur des tables fort bien servies d'ailleurs, elles grenouilles font même la base d'un certain nombre de préparations culinaires estimées des gourmands, qui, chez nous, ne font cas que du train de derrière de l'animal, tandis qu'en Allemagne on en mange toutes les parties, la peau et les intestins exceptés. C'est ce dont on pourra s'instruire plus à fond en lisant les Traités de gastronomie , auxquels, dans la crainte où nous sommes de ne donner qu'une idée tronquée de mets aussi recherchés que savamment apprêtés , nous renvoyons le lecteur curieux de connaître toutes les finesses de l'art. Mais heureusement pour nous , car cela nous ramène dans notre domaine, les cuisiniers ne sont point les seuls qui aient su mettre à profit la chair des grenouilles pour le bien-être de l'homme. Les médecins ont depuis long-tem.ps su tirer parti de ces reptiles dans le traitement des maladies. On prépare avec eux des bouillons rafraîchissans, humectans , analeptiques et antiscorbutiques , que l'on ordonne dans les phlegmasies aiguës de la poitrine, dans la phthisie pulmonaire, dans les entérites, dans les affections carcinomateuses, dans les maladies cutanées, et de l'usage desquels je puis affirmer m'être bien trouvé dans plus d'un cas.. Mais si ces bouillons, et il n'y a pointa en douter, sont réellement de quelque avantage, il faut convenir, d'un autre côté, que les grenouilles ont été, pour un grand nombre de médecins, l'occaslon de débiter une foule de sottis3s , d'avancer les assertions
les plus absurdes, défaire circuler les tlu-ories les plus ridicules. Comment, par exemple, voir sans rougir de honte un certain Timothée faire appliquer , soir et matin , des grenouilles fendues en deux sur les reins des hydropiques , pour attirer au-dehors la sérosité épanchée dans leur abdomen? Comment croire, d'après Dioscoride, que la chair de grenojiille, cuite avec du sel et de l'huile , soit Tantidote du venin des serpens ; ou , d'après Arnould , que le cœur de cet animal, pris chaque matin en guise de pillule, ait pu guérir une iistule de l'épigastre qui avait résisté à beaucoup d'autres remèdes ? Qui ne serait pas étonné en apprenant encore qu'on a recommandé contre l'épilepsie \efoie de grenouille calciné au four sur une feuille de chou entre deux plats, et avalé dans de Veau de pivoine ! mais, sans noiis arrêtei" davantage à l'énumération de ces dégoûtans arcanes, nous n'oublierons point de rappeler, en finissant, que, comme émoUient et adoucissant, le frai de grenouille peut être employé avec quelque chance de succès dans les inflammations extérieures , et qu'il s'est montré utile contre l'érythème et les ophtlialmies aiguës , par exemple.
Ou trouvait aussi anciennement , dans les officines des pharmaciens, une huile de grenouille dont l'usage est totalement abandonné aujourd'hui. On connaît également, enfin, un emplâtre de grenouille , dont on doit la composition au chirurgien Jean de Vigo. (h. cloquet.)
GRENOUILLETTE , s. f. Ranula. — On donne ce nom à une tumeur située au-dessous de la langue, formée par l'un des conduits de Warlhon, obstrué près de son orifice par un obstacle quelconque , et distendu dans le reste de son étendue par la salive qui s'y amasse. Il importe peu de savoir ce qui a valu à la maladie une telle dénomination, si c'est une ressemblance entre la forme de la tumeur et celle des goitres aériens d'une grenouille, ou quelque anologie entre le coassement de ce batracien et Ja prononciation altéjée du malade ; mais il n'en est pas de même de sa nature , puisque le traitement le plus rationnel et le plus certain repose entièrement sur sa connaissance exacte, et ce n'est que depuis la découverte des conduits excréteurs des glandes sous -maxillaires qu'on a pu l'acquérir. Toute» les opinions émises avant ce temps sont plus ou moins erronées, depuis celle de Celse, qui regardait la grenoulilette comme un abcès d'une espèce particulière, jusqu'à celle de Fabrice d'Aquapcndcntc X. -xf,
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qui la rangeait au nombre des tumeurs enkystées , ajoutant qu'elle était de la nature du mélicérls. Dionls croyait qu'elle tenait de la nature des loupes. Munnicks est le premier qui mit à profit la découverte de 'Warthon , pour rectifier les idées reçues sur la nature de la maladie qui nous occupe. Il dit qu'elle \ient d'une salive trop acre et trop épaisse, laquelle, ne pouvant sortir par les canaux salivaires inférieurs, s'amasse sous la langue et y produit une tumeur. Un teste aivssi précis, dit M. Sabatier, n'a pas empêciié Heister d'embrasser l'opinion deFabrice d'Aquapendente , et ce n'est que dans ces derniers temps que celle de Munnicks a prévalu; encore Lafaye et Louis y ont-ils mis une sorte de restriction , en disant que la grenouillette a son siège dans le canal excréteur des glandes maxillaires , et dans celui des sublinguales , comme si ces glandes avaient un canal excréteur particulier.
La gienouillelte est une maladie assez commune, mais ses causes sont peu connues : elle est plus fréquente dans l'enfance qu'aux autres âges. On l'a vue succéder à la lésion du conduit excréteur, lors de la section du frein de la langue; à la formation d'un calcul dans ce conduit , au développement d'une tumeur qui le comprimait. Il est probable qu'elle tient le plus souvent à un état d'inflammation chronique du canal excréteur. Louis a combattu l'opinion long- temps accréditée, qui la faisait dépendre de l'épaississement de la salive, se fondant sur ce que ce liquide ne s'épaissit que par son séjour. Il rejette encore, comme insuffisante pour produire la grenouillette , l'atonie du conduit excréteur , et la regarde comme l'effet d'une disposition viciée des solides , d'où résulte l'obHtération du conduit.
La grenouillette se présente sous la forme d'une tumeur aplatie, arrondie ou oblongue, molle, compressible, légèrement transparente, placée sous la partie antérieure de la langue, à côté de son frein, offi-ant, dans quelques cas, un sillon médian qui la partage en deux ; d'autres fois , deux petits points semblables à des aphtbes. La grenouillette est alors double ; cette tumeur, peu volumineuse, et indolente au début, gêne peu les mouvcmens de la langue ; mais, avec le temps, elle s'accroît, rend plus difficiles les raouvemens de cet organe, et Tarticulation des sons. Au bout de quelques mois , elle remplit quelquefois presque entièrement la cavité de la bouche , refoule et masque la langue ; et enfin si le malade reste plus long-temps
srns rédamer les secours de la chirurgie, cette affection, si légère lorstju'elle est combattue à temps, peut être suivie de beaucoup de désordres. On a vu, en effet, de ces tumeurs pousser les dents devant elles et les chasser de leurs alvéoles , causer même la carie de la mâchoire inférieure, faire saillie sous le menton, où elles ont été prises quelquefois pour des abcès, anéantir entièrement la faculté de parler, et bien plus encore, menacer la vie du malade par la gène que la respiration en éprouvait. Diemerbroeck cite même un cas de suffocation par la rupture d'une semblable tumeur du côté de l'arrière- bouche.
Le liquide contenu dans la tumeur, lorsqu'elle est récente, est visqueux , limpide, semblable à du blanc d'œuf; lorsqu'elle est plus ancienne, il devient trouble, et on y trouve des concrétions sablonneuses plus ou moins dures. Une de ces concrétions, analysée par Fourcroy , était composée de phosphate de chaux et de mucilage animal. Le fluide contenu dans la grenouillette est mêlé quelquefois à du pus, lorsque l'intérieur de la poche membraneuse a été enflammé. Sa quantité est en rapport avec le volume de la tumeur, et on l'a vu s'élever à plus d'une livre. 11 est important de remarquer que les parois de la grenouillette augmentent d'épaisseur, de dureté, et qu'elles deviennent même cartilagineuses dans quelques portions de leur étendue , lorsque la maladie date de plusieurs années.
On rencontre quelquefois des grenouillettes de la grosseur d'une petite noix , qui acquièrent ce volume dans l'espace de quelques heures; elles sont tout-à-fait transparentes; on ne peut guère les attribuer qu'à l'inflammation de l'orifice du canal excréteur de la glande sous-maxillaire; ces grenouillettes, que l'on pourrait nommer aiguës, peuvent guérir spontanément. J'en ai vu un exemple. Louis donne une observation dont les détails se rapportent à cette variété.
Traitement. — Le but que l'on doit se proposer dans le traitement de la grenouillette doit être de rétablir le cours de la salive par ses couloirs naturels, ou de lui procurer une issue artificielle , permanente sur un des points de la surface de la tumeur et dans l'intérieur de la bouche.
Lorsque la grenouillette est récente, qu'elle s'est dévelopi)ée très-promptement, qu'elle paraît dépendre d'une inflammation de l'orifi ce du canal de Warthon, on doit essayer les gargarismes éraolliens. Si l'orifice du conduit est rétréci, et qu'on puisse
l'apercevoir, comme dans le cas rapporté par Louis , où tet orifice correspondait au centre d'une espèce d'aplillie, il conviendrait de suivre son exemple, c'est-à-dire d'introduire un stylet de plomb dans cet orifice, et d'achever de le dilater en y plaçant une petite bougie de même métal. Nous conviendrons qu'il est très-rare que l'on ait occasion d'employer ce mode de traitement, et que le plus souvent il faut avoir recours à d'autres métliodes. Ces méthodes peuvent se réduire aux suivantes : la ponction ou l'incision simple du kyste ; — l'incision de ce kyste et la cautérisation de sa surface interne avec un caustique liquide; — l'introduction d'un séton dans la tumeur; — -la destruction d'une portion de la surface sous-linguale de la tumeur avec le cautère actuel ; — l'excision d'une portion du kyste; — enfin , l'introduction dans l'ouverture résultant d'une incision ou d'une excision faite à la tumeur, d'une espèce de canule terminée à chacune de ses extrémités par une petite plaque elliptique , et destinée à empêcher l'ouverture de se fermer. C'est à M. Dupuytren que l'on doit ce procédé.
La ponction ou une incision pratiquée à la grenouillette ne procure ordinairement qu'une disparition momentanée de l.a tumeur; la plaie ne tarde pas à se cicatriser, et la maladie récidive : cependant celte méthode compte quelques succès.
L'incision de la tumeur sur toute sa longueur et la cautérisation de la surface interne, soit avec un caustique liquide, tel que les acides sulfuriques, muriatique , le beurre d'antimome, etc., soit avec un caustique solide, et notamment avec la pierre infernale, offre plus de chances de réussite. Ce mode de traitement, employé par Stalpart Vanderwicl, Dionis , Heister, Acrel , Camper , etc., a l'inconvénient d'être long, douloureux, et il expose les malades à une inflammation violente des parties voisines de la tumeur.
La cautérisation avec le feu rouge a moins d'inconvéniens; elle nous paraît particulièrement convenir dans les grenouillettes d'un volume médiocre , dont les parois n'ont pas une trop grande épaisseur. Il importe d'obtenir une perte de substance assez considérable ; on porte le fer rouge sur la tumeur à travers une plaque de fer fenestrée , ou bien on se contente de protéger les parties voisines avec du carton mouillé. On compte parmi les partisans de cette méthode Hippocrate, Paré, Fabrice de Hilden, Tulpius, Petit, Louis, Desault, etc.
L'excîsion d'une portion de la surface supérieure du kyste mérite cependant la préférence quand la grenouIUctte est trtsvoluniineuse. On peut la soulever, pour l'exciser plus facilement avec des pinces érignes, ou bien pratiquer une incision demicirculaire, el réséquer le lambeau à sa base avec des ciseaux courbes sur le plat. Celse , P'abrice de Hilden, Petit, Desault , Lassus, Richter, Sabatier, ont donné de justes éloges à cette méthode.
L'ablation corapTète de la tumeur ])araît avoir été pratiquée quelquefois; on la trouve recommandée par Mercuriali , Diemmerbroeck, Boisset, lorsque la tumeur est très -grosse, que ses parois sont endurcies, que l'os maxillaire a été altéré par son contact. Celte opération peut être longue, douloureuse; elle doit aussi exposer à blesser les artères ranines. L'excision partielle doit lui être préférée.
Marcliettis ayant eu à traiter une grenouillette tellement volumineuse qu'elle comprenait les carotides, la trachée-artère, et qu'elle empêchait le malade d'avaler et de respirer , l'incisa et la vida plusieurs fois sans succès 11 se décida enfin à faire une incision au cou, à passer un séton jusque dans la bouche et à couper les vaisseaux nutriciers de la tumeur. Cependant la guérison n'eut lieu que quand le kyste eut été consumé par le fer
rouge. ( ÎIARJOLIN. j
GRIPPE , s. f. On a désigné sous cette dénomination vulgaire plusieurs maladies catarrhales qui ont régné épidcminuement, notamment l'angine et le catarrhe pulmonaire.
GRIPPE, adj., rétractas, se dit de la face quand ses traits sont retirés et comme raccourcis. Y o^ez Altération de la face, à l'article HABITUDE DU CORPS.
GROS, S. m., drachma ; mesure usitée dans les formides, qui équivaut à la huitième partie de l'once, ou à trois scrupules, et à soixante-douze grains. Le gros vaut à peu près quatre grammes des nouvelles mesures décimales.
GROSEILLE, s. f. ; fruit du groseiller. Voyez ce mot.
GROSEILLER, s. m., ribes; genre de plante de la Pentandrie digynie, lequel est devenu le type d'une nouvelle famille des RiBÉsiÉES dans la série des ordres naturels. L'espèce la ])lus intéressante de ce genre est le groseiller rouge , ribes ruhruin, L., petit arbuste de deux à trois pieds d'élévation, déj)ourvu d'épines. Ses feuilles sont alternes pétiolécs , dilatées
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et comme ciliées à leur base. Pour la forme elles ressemblent beaucoup à celles de la vigne , mais sont beaucoup plus petites, c'est-à-dire qu'elles sont partagées en trois ou cinq lobes digités grossièrement , et irrégulièrement dentées sur leurs bords. Les fleurs sont d'un jaune verdâtre et pédicellées; elles forment de petites grappes pendantes. Les fruits sont des baies globuleuses pisiformes , ombiliquées à leur sommet, ordinairement rouges, mais quelquefois blanches. Cet arbuste, qui est originaire des Alpes, est aujourd'hui abondamment cultivé dans tous nos jardins.
Les groseilles , lorsqu'elles sont bien mûres , sont des fruits très - agréables à cause de leur saveur acidulé et sucrée. Leur acidité est due à la présence des acides malique et citrique qu'elles contiennent. Elles sont, en outre, composées d'albumine végétale, de sucre, et, dans la variété à fruits rouges, d'un principe colorant violet qui ne doit sa couleur rouge qu'à son union avec les acides. On prépare avec le suc que l'on en exprime, étendu d'eau et convenablement édulcoré, une boisson très-agréable, rafraîchissante et tempérante, utile dans les phlegmasies aiguës du canal digestif, de la peau, etc. On prépare aussi avec le suc de groseilles un sirop et une gelée. Le sirop étendu d'eau forme aussi une boisson que l'on doit quelquefois préférer au suc exprimé des fruits , parce que la boisson faite avec ce dernier peut déterminer des coliques. Quanta la gelée , c'est une des préparations les plus agréables , mais dont on fait une bien plus grande consommation comme aliment que comme médicament. Son usage est très -souvent utile aux convalescens. ( a. KiCHARn. )
GROSSESSE, s. {.,graviJUas; état de la femme qui a conçu, et porte dans son sein le produit de la conception. La grossesse commence à l'instant delà conception, et se termine par l'accouchement. Sa durée totale est de deux cent soixante et dix jours, ou neuf mois solaires. Cependant des observations bien constatées montrent que sa durée peut naturellement être moindre de neuf mois, ou se prolonger au delà de ce terme; mais les limites précises de ces variations n'ont pas encore pu être déterminées. Ces variations ont donné naissance à des queslions de médecine légale très-importantes, /^o/ez grossesse ( médecine légale).
On a distingué la groisesse en vraie et en fausse. La vraie