MARJOLIN
HÉMATOSE, f. s. hœmatosis , sanguifîcntio ; sanguification, formation du sang, action par laquelle le chyle est converti en sang. Le chyle absorbé par les lymphatiques dans la cavité intestinale, mêlé à la lymphe dans le canal thorachique et versé avec ce fluide dans la veine sous-clavière gauche, où il se mêle au sang veineux , est bientôt porté avec lui dans le poumon. Là , au moyen de ces trois élémens, s'opère l'hématose , opération très-compliquée, et l'une des conséquences les plus importantes du phénomène de la respiration. D'après cela , nous ne croyons pas devoir isoler l'examen du mécanisme de l'hématose de celui de la fonction dont il est un effet , et nous renvoyons tout détail sur cette matière à la théorie des phénomènes de la respiration. Voyez les mots chyle, respiration, sanguification. (COUTANCEAU. )
HÉMATURIE , S. f. , hœmaturia ^ mictus cruentus , sanguineus; pissement de sang, de uifi», sang, et ov^ia, uriner. On donne ce nom à l'émission de sang pur ou mêlé à l'urine par l'urètre, opérée comme l'excrétion de l'urine par la contraction de la vessie. Quelques auteurs ont compris sous la dénomination d'hématurie l'hémorrhagie qui prend sa source dans l'urètre ;
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m.iis les derniers termes de notre définition doivent l'en faire distinguer. Sauvages a encore appliqué ira proprement cette expression nosologique à des cas où l'urine ne contient pas de sang, mais présente seulement quelques apparences qui pourraient faire croire à la présence de ce fluide; tels sont Xhœmaturia laterilia et Vhœmaturia nigra , c'est-à-dire l'excrétion d'urine briquetée ou noire.
L'abondance de sang exhalé dans les voies urinaires , la liquidité permanente ou la co.jcrétion de ce liquide, les diverses causes qui donnent lieu à l'iiémorrliagie, les maladies organiques dont elle dépend ou qui l'accompagnent, la sensibilité plus • ou moins vive des organes sécréteurs ou excréteurs de l'urine, font varier singulièrement les caractères sous lesquels se présente l'hématurie. Tantôt le sang, rejeté au dehors avec ou sans douleur par la conlraclion de la vessie, est pur et vermeil, et assez abondant, même dès les premiers instans de son apparition, ou il est mêlé à une plus ou moins grande quantité d'urine qui présente une couleur obscure ou noirâtre. Tantôt le sang est peu abondant; l'urine dans laquelle il se délaie prend une couleur plus ou moins foncée, semblable à celle de l'eau teinte par le sang qui s'y mêle après une saignée de pied. Quelquefois le sang est rendu goutte à goutte a»vec un sentiment d'ardeur et de doideur; il semble que la vessie, douée d'une extrême sensibilité, cherche à se débarrasser d'un fluide auquel elle n'est point accoutumée , aussitôt qu'elle en éprouve le contact ; il existe des envies fréquentes d'uriner, quoique le liquide contenu dans ce réservoir soit en très-petite quantité. D'autres fois les efforts pour l'expidser sont sans résultats; il y a rétention de sang et d'urine, avec tous les symptômes qui accompagnent ordinairement la rétention urinaire. Le sang coagulé ne peut sortir de la vessie, ou, obstruant l'ouverture urétrale, s'oppose à l'évacuation de celui qui est resté fluide et de l'urine. Dans ce cas, lorsqu'au moyen de la sonde on a déplacé l'obstacle et donné issue à l'urine, celle qui sort par la suite reste sanguinolente pendant plusieurs jours, quoique l'hémorrh^gie ait pu cesser, parce que l'urine entraîne avec elle une portion des caillots contenus dans la vessie. Dans certains cas, le sang coagulé sort sous la forme d'une masse grumeleuse de couleur noire ou brune, qui donne la même teinte à l'urine évacuée. On a vu aussi des portions fibrineuses , allongées, tubuleuses, de dimensions diverses,
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s'échapper avec ou sans effort par l'urètre, et être prises pour des vers, lorsqu'on ne les soumettait pas à un examen assez réfléchi. Elles se forment dans l'urelère, qu'elles obstruent quelquefois complètement ; d'autres fois l'urine les creuse et passe au tra.vers. Dans les climats chauds, où la sueur est excessive pendant le jour, la sécrétion de l'urine diminue quelquefois; ce liquide devient épais, sanguinolent; souvent même les derniers jets sont du sang pur; il y a dans la réfîion de la vessie des douleurs vives, qui se propagent jusqu'à l'extrémité du gland; les malades sont tourmentés ])ar des envies fréquentes d'uriner; les dernières contractions de la vessie s'accompagnent des sensations les plus cuisantes; la dysurie s'ensuit quelquefois. Tels sont les traits principaux sous lesquels s'est présentée l'hématurie opiniâtre décrite par M. Renoult [Journal général , t. XVII ), et observée chez les soldats de l'armée française en Egypte, plus particulièrement chez les cavaliers. Cette maladie n'épargna pas même les chevaux.
Outre le phénomène principal (l'évacuation de sang fluide ou concrète) et les symplômes qui en dépendent immédiatement, l'hématurie est quelquefois accompagnée d'autres phénomènes qui appartiennent presque toujours aux maladies auxquelles elle est liée. Souvent elle est précédée, accompagnée ou suivie des symptômes de l'inflammation aiguë ou chronique des reins ou de la vessie, ou d'une congestion sanguine vers ces organes. Mais quelquefois l'hémorrhagie se manifeste subitement et avec abondance, sans qu'il y ait de douleur dans les organes ûrinaires. Quelquefois aussi la douleur, la chaleur, etc. , se font ressentir dans une des parties de l'appareil autre que celle dont provient le sang, et les symplômes généraux et sympathiques ne doivent pas être rapportée a l'hémorrhagie elle-même. Elle peut être également accompagnée de l'excrétion de matières visqueuses, puriformes, fétides, qui se précipitent dans l'urine. Rarement l'hématurie est assez abondante pour être suivie des accidens que déterminent les hémorrhagies excessives; plus rarement encore elle est une cause directe de la mort. Fabrice de Hilden en rapporte un exemple: l'hématurie, qui durait depuis trois semaines, se reproduisit un jour avec une telle force, qu'elle occasiona une défaillance suivie de la mort.
On a distingué l'hématurie en rénale, urétérique et vésicale, suivant que le sang provient des reins, des uretères ou de la ves-
sic. Cette distinction est exacte; mais il est souvent difficile de l'établir. Comme tou-s les autres flux sanguins, l'hémorrhagie des voies urinaires est idiopathique ou symptomatlque. Dans le premier cas, la cause irritante agit immédiatement sur les tissus d'où le sang sort par exhalation; dans le second, l'hématurie est liée à des maladies qui déterminent, par leurs progrès mêmes ou sous l'influence de causes accidentelles, la solution de continuité, l'érosion des vaisseaux sanguins, ou qui produisent dans les tissus une altération de texture telle que le sang s'en exhale spontanément ou par l'action d'une cause légère. On a aussi regardé comme symptomatiques les hématuries qui se déclarerai dans le cours des maladies graves, dans lesquelles l'économie tout entière est atteinte par suite de l'affection d'organes importans. L'histoire de l'hématurie est difficile à tracer d'une manière complète, à cause de la rareté de cette maladie, ainsi que de la difficulté d'apprécier la partie des voies urinaires qui en est le siège, et de distinguer bien exactement les cas où elle est idiopathique de ceux où elle n'est que symptomatique. Aussi la description générale que les auteurs en ont donnée est-elle plutôt théorique que basée sur des observations nombreuses et positives ? De plus , ils ont entièrement confondu les traits qui appartiennent à l'hématurie symptomatique, et ceux qui peuvent se rapporter à l'hématurie primitive essentielle. C'est ainsi qu'on a dit que les femmes étaient moins exposées que les hommes à cette hémorrhagie , ce qui dépend probablement de ce qu'elles sont moins sujettes aux maladies des voies urinaires; qu'elle est plus fréquente chez les adultes et les vieillards que chez les jeunes gens, ce qui peut tenir à la même cause; qu'on l'observe plus souvent chez les personnes d'un tempérament sanguin ou affectées d'un état pléthorique; chez celles qui ont un genre de vie ou une profession sédentaires, qui sont adonnées aux excès de liqueurs alcohol-Iques, aux plaisirs vénériens; chez les individus hémorrhoïdaires; chez les femmes arrivées à l'âge critique.
Les maladies dont l'hématurie peut dépendre sont , l'inflammation des reins et de la vessie, l'ulcération, les plaies de ces organes, les fongus de la vessie, les affections calculeuses surtout; c'est en effet à la présence de calculs dans les reins, l'uretère ou la vessie, que l'on doit attribuer le plus souvent l'hémorrhagie de ces organes; les symptômes de ces diverses affections l'accompagnent presque toujours.
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Les causes qui déterminent l'exhalation du sang, soit qu'il n'existe qu'une prédisposition générale, soit que les voies urinaires soient le siège des maladies que je viens d'énumérer précédemment, sont : les chutes, les contusions snr les lombes, à l'hvpogastre ou sur le périnée, une équiîation longue et violente , les secousses d'une voiture , les divers efforts pour porter un fardeau, pour lutter, pour opérer l'accouchement, le vomissement; l'usage de substances irritantes, telles que les cantharides, des purgatifs drastiques, l'aloës, qui déterminent plus souvent encore l'inflammation des voies urinaires qu'une simple hémorrliagie ; enfin la sup})ression d'un flux sanguin habituel, des flux hémorrhoïdal, menstruel; suppression qui quelquefois est aussi-bien la suite que la cause de l'hématurie.
L'hématurie idlopathique est extrêmement rare. Cullen dit ne l'avoir jamais rencontrée. Frank en a observé peu d'exemples dans le cours d'une pratique très-étendue; et peut-être faut-il encore restreindre ce nombre; car il est difficile de dire si, dans tous les cas où l'hémorrhagie n'était accompagnée d'aucun symptôme d>es maladies dont elle peut dépendre, elle était réellement primitive. Souvent on rencontre dans les reins et la vessie des calculs et des désorganisations qui n'oîit donné aucun signe de leur existence , ou qui n'en ont manifesté que très- Ion»- temps après leur développement. Les hématuries qui reviennent périodiquement, qui remplacent le flux hémorrhoïdal ou le flux menstruel , paraissent la plupart devoir être rangées parmi celles qui ne sont liées à aucune lésion organique, quoique cette lésion puisse être la cause prédisposante de l'écoulement périodique qui se fait par les voies urinaires supérieures. Choppart rapporte l'observation d'un femme chez laquelle une hématurie succédait aux menstrues peu régulières, et continuait alternativement pendant trois ou quatre mois, après lesquels les règles reparaissaient. Cet état dura dix-huit ans. Cette femme se plaignait de violens maux de tête , de pesanteur dans les membres, lorsque l'hématurie ne revenait pas aux époques accoutumées. Après sa mort, on ne trouva aucune altération dans les voies urinaires. On cite quelques cas analogues d'hématurie qui a remplacé le flux hémorrhoïdal. Lorsque l'hématurie est déterminée par une contusion des régions lombaire ou hypogastrique, on peut croire qu'elle est quelquefois idiopathique. Cependant celte cause produit plus souvent
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encore la népLrite et la cystite. L'iiémorrhagie est assez comrniinément accompagnée des symptômes de l'une de ces phlegmasies. On peut donc presque toujours douter alors si l'exlialation du sang ne dépend pas d'une inflammation. L'hématurie des pays chauds paraît également liée à un état inflammatoire des organes urinaires. Dans quelques cas où l'ouverture des cadavres a eu lieu, M. Renoult, que nous avons cité plus haut , dit avoir remarqué l'inflammation des membranes de la vessie. Ces faits montrent l'analogie qui existe entre les conditions organiques de l'irritation hémorrhagiquc et de l'irritation inflammatoire.
L'hématurie se montre quelquefois, quoique très- rarement , dans le cours de maladies qui ont leur siège dans d'autres organes que ceux des voies urinaires. Lorsqu'elle juge favorablement la maladie, on lui donne le nom de critique. On cite quelques cas où une émission abondante de sang par l'urètr? , c'est-à-dire une vive irritation des reins et de la vessie avec déplétion sanguine, a fait disparaître une affection inflammatoire de quelques autres organes; ce qu'on n'avait point obtenu p.ir des saignées. Mais l'hématurie est le plus souvent un phénomène fâcheux dans les maladies qui s'accompagnent de symptômes adynaraiques. Sydenham , et quelques auteurs après lui, ont signalé le danger de l'hématurie dans la variole , la scarlatine et la rougeole. Diemerbroek l'a également observée comme un signe du plus funeste présage dans la peste de Nimègue, dont il nous a laissé une description. Cette hémorrhagie, que les auteurs désignent sous le nom de symplomatique , parce qu'elle est liée à un état général de l'économie, doit être rapprochée de l'hématurie critique. Si l'on adopte le langage des anciens, on dira alors qu'elle constitue une crise fâcheuse.
D'après tout ce qui précède , Userait difficile d'indiquer d'une manière générale la marche, la durée et la terminaison de l'hématurie, à cause des circonstances nombreuses qui les modifient. L'anatomie pathologique relative à celte hémorrhagie ne montre que les lésions organiques dont elle dépendait. On j)ar]e delà dilatation variqueuse du col vésical comme cause d'hémorrhagie : c'est ce qu'on a nommé hèmorrhoïde de la vessie. Il règne encore beaucoup de vague et d'incertitude à ce sujet. Comment ce gonflement variqueux determiuerait-il un écoulement de sang, à moins qu'il n'y ait eu rupture? L'a- t-on observée? La mort
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étant très-rarement la suite de riiéinaturie idiopathique, on n'a guère i)u constater l'état des organes urinalres. Mais si l'on en juge par ce qui a lieu dans les -autres liéraorrhagies , l'examen de ces organes ne jetterait probablement aucune lumière sur l'altération qui produit l'exlialation du sang. v
J'arrive au diagnostic de l'hématurie, qui est le point le plus important de son histoire. Il s'agit d'abord de distinguer si l'urine contient réellement du sang. Cette question ne peut être incertaine que lorsque ce dernier liquide est en petite quantité. En effet, dans ce cas, l'urine ne présente pas un aspect bien différent de celui qu'elle a dans quelques maladies ou que lui donne l'usage de certaines substances, telles que les figues d'Inde, la garance, la betterave rouge. L'urine peut être trouble, foncée, d'un rouge brun, chargée d'un sédiment rosé, sans contenir aucune particule de sang. L'urine colorée par le sang est obscure et opaque en sortant des voies urinaires. Le dépôt qui s'y forme est épais , d'un rouge tirant sur le noir , et ne se dissout pas par l'action delà chaleur. Quand le sang n'est pas coagulé, l'urine est ordinairement trouble, et colore en rouge le linge qu'où y plonge; l'ébullition fait coaguler le sang qui y est en suspension. Ces c?ractères ne se rencontrent pas lorsque la coloration est due à d'autres principes que le sang. 2° Le sang provient-il des voies urinaires supérieures, c'est-à-dire des reins, des uretères ou de la vessie? L'hémorrhagie de l'urètre , celle de l'utérus et du vagin chez la femme, peuvent, au premier examen, en imposer pour une hématurie. L'urétrorrhagie s'en distingue en général assez facilement. Le sang sort par le canal sans aucun mélange d'urine; il coule, pendant un certain temps, sans interruption, et sans être précédé de l'effort ordinaire pour uriner. Quelquefois cependant ces caractères n'existent pas. Le sang, qu'un obstacle dans l'urètre a empêché de s'écouler au dehors, reflue dans la vessie, et est rendu avec l'urine par les contractions de cet organe. Les circonstances antécédentes et les symptômes particuliers à une affection de l'urètre peuvent seuls alors lever les doutes. L'urine peut être colorée par le sang des menstrues ou des lochies. Il ne faut qu'être prévenu de cette circonstance ])our se garantir de l'erreur. 3° L'hématurie estelle idiopathique ou symptomatique? En parlant de la première, j'ai montré la difficulté de la reconnaître avec certitude; ce sera particulièrement par voie d'exclusion qu'on y parviendra.
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Si l'hémorrhagie n'est précédée ni accompagnée d'aucun des signes qui caractérisent les maladies des voies urinaires dont elle peut dépendre , on peut croire qu'elle est idiopatbique. Ce jugement, du reste, ne devra être porté qu'avec réserve, puisqu'il peut exister quelque lésion organique commençante, ou même assez avancée, qui ne se manifeste au dehors par aucun symptôme. C'est l'histoire de chacune de ces affections qu'il faut consulter pour établir un diagnostic précis. ( Voyez wkphrite, CYSTITE, CALCULS, GRAVELLE, EONGus , ctc. ) 4" L'hématurie a-t-elle sa source dans les reins, les uretères ou la vessie? Le diagnostic des affections dont l'hémorrhagie est le plus souvent syraptomatique est le meilleur moyen de connaître son origine. Ainsi une plaie des reins, de la vessie, les symptômes de la néphrite calculeuse, ceux d'un fongus, d'un calcul de la vessie , fournissent les indices les moins équivoques du siège de l'hématurie. On a dit que , dans le cas où !e sang provient des reins, et que ces organes ne contiennent pas de calculs , les douleurs sont beaucoup moindres; gue 1.'* lombes sont le siège d'un sentiment de tension. '' pv-iimtciii , accompagné quelquefois de fièvre, de lassitu'^ . ; Je sang amie en abondance avec l'urine, pur et -M' •■ ■ i '; ■ . :" uiincipe. L hématurie urétérique est extrême- :>eutgu.'Me et ;■? produite que par un
calr-r 1 k - Wfi'tè es, ou par une blessure de
' : ; . (^ ..; t ^ j ^, dans le premier cas , les symp-
v6 ,. ..,:,., duse , et il est difficile de décider si
ié. L'hématurie vésicale, prétend-on, est iidépeudante d'une affection de la vessie ; cet or- ^àu^ ■.:-X une sensibilité insolite à la présence de l'urine, quoique le liquide soit en petite quantité; on ressent à l'hypogastre une sensation de chaleur, de douleur; il y a dysurie, ténesme, etc.; le sang coule er. plus ou moins grande quantité avec l'urine , avec laquelle il n'est pas aussi intimement uni que dans l'hématurie rénale. Mais tous ces signes diagnostiques sont le plus souvent illusoires. L'hématurie peut avoir lieu sans qu'il se manifeste de symptômes locaux. D'autres fois les reins et la vessie sont simultanément le siège de phénomènes particuliers , quoiqu'un seul organe soit affecté; onfKi les symptômes peuvent se rapporter aux reins ou à la vessie, tandis que l'organe qui ne semble pas affecté est le siège de l'hémorrhagie. Ces assertions sjnt confirmées par plusieurs observaVons : cela dépend des X. ''7
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rapports sympathiques et fonctionnels des reins et de la vessie, et d'une foule de circonstances que l'on peut facilement pressentir.
Le traitement de l'hématurie consiste le plus souvent à combattre la maladie dont elle est un symptôme. Toutefois, dans ce cas comme dans celui où l'hémorrhagie est primitive , il est des moyens que réclame l'écoulement de sang lui-même. Lorsqu'il est peu abondant , qu'il n'est accompagné d'aucun symptôme d'irritation des reins et de la vessie , qu'il supplée à des évacuations sanguines supprimées , on doit se borner à la prescription du repos, en gardant la position horizontale, d'un régime alimentaire léger, de lavemens émoUiens et de boissons adoucissantes. Il faudra recourir aux bains , aux fomentations émollientes sur les lombes, l'hypogastre et le périnée , à l'application de sangsues ou de ventouses scarifiées sur ces régions , et même aux saignées générales, si l'excrétion de l'urine et du sang ne se fait pas librement, et s'il existe des signes d'une vive irritation des reins ou de la vessie. Le traitement de la néphrite, et de la cystite est presque en entier applicable à l'hématurie qu'accompagnent si fréquemment ces phlegmasies. Les saignées locales de l'anus ou de la vulve sont indiquées lorsque l'hématurie coïncide avec la suppression des menstrues ou du flux hémorrhoïdal. Si l'écoulement sanguin a produit pj^r sôû abondance un état de prostration marqué , ou s'il s'est manifecté dans le cours d'une affection grave, s'il présente, en un mot, les caractères du gen''^ d'hémorrhagies qu'on a Appeléespassives, les moyens antiphlogis^ tiques ne peuvent plus être mis en usage. Indépendamment des remèdes internes qu'exigent l'état général de l'économie et l'affection particulière de quelques organes, on fera des applications d'eau très-froide ou de glace pilée, sur le ventre, les lombes, au périnée et à la partie supérieure interne des cuisses. On prescrira des lavemens froids avec l'eau et le vinaigre , des injections froides et légèrement astringentes dans la vessie. Mais les cas où il est nécessaire d'employer ces moyens extrêmes sont très-rares , l'hémorrhagie des voies urinaires s'arrétant ordinairement d'elle-même après une grande effusion de sang.
Le sang, en s'accumulant dans la vessie et en s'y coagulant, peut déterminer une irritation intense de cet organe qu'il ne faut pas seulement combattre par les moyens antiphlogistiques. Il s'agit de soustraire la causràe cette irritation. Pour cela on introduit
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dans la vessie une sonde d'un gros calibre, par laquelle les caillots pourront être entraînés avec le sang fluide et l'urine. S'ils ne sortent pas par cet instrument, on cherchera à les diviser et à les délayer en injectant de l'eau tiède dans la vessie. Une boisson abondante et éraolliente concourra encore avantageusement à la dissolution et à l'expulsion de ces caillots. Ces moyens sont-ils sans résultats, on adaptera à l'extrémité de l'algalie la canule d'une seringue , et l'on pompera avec force et à plusieurs fois les caillots ramollis, ainsi que le liquide contenu dans la vessie. Si un caillot placé dans le col de la vessie, ou engagé dans l'urètre, s'oppose à l'excrétion de l'urine, et donne lieu à des accideixs, on le repoussera à l'aide d'une sonde introduite avec ménagement. Userait convenable de chercher auparavant à le dissoudre par des injections répétées d'eau tiède.
Il est presque inutile de dire que , pour prévenir les retours de l'hématurie, on devra éviter toutes ko causes que nous avons indiquées comme pouvant la prod'' ■>. Il faudra s'astreindre à l'usage d'alimens doux et de boissoïis peu excitantes, entretenir la liberté du ventre par f*' . vf.Lt'-is, c -^'battre la pléthore par des saignées génér- '. ; t ^ev tous les exercices
violens. aige delorme )