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ble, qui pénètre toute l’économie d’un état de calme, d’une sorte de délassement , et quelquefois des atteintes de sommeil. Les battements du cœur sont ralentis , la peau est nettoyée , gonflée , imbibée , trempée. La quantité d’eau absorbée peut égaler plusieurs livres. Après une heure ordinairement, une sorte d’inquiétude décide à en sortir. A la suite de ce bain , il y a relâchement et calme général, les fonctions sont plus faciles. La répétition abusive de ces bains diminue la vigueur musculaire, donne à la peau de la mollesse, facilitela transpiration ordinaire ou la sueur, sousles efforts les plus légei’S. La transpiration qui succède au bain modérément chaud est due à trois causes : 1° A la pléthore de l’économie, qui dépend de la présence d’une quantité plus grande d’eau dans le sang; 2° à la dilatation que les liquides ont éprouvée sous l’action du calorique dont l’action a pénétré dans une certaine proportion ; 3° à l’état plus relâché de la peau. Le calme est dû à l’action éminemment émolliente de l’eau, mêlée au sang; la facilité première des mouvements à la souplesse acquise par la peau; enfin, l’affaiblissement qui suit l’abus des bains , à l’action moins excitante du sang, et à la diminution de la rigidité musculaire. Les produits des sécrétions mêlés de plus de liquides doivent se verser avec facilité.
Dans les cas donc où existent l’irritation inflammatoire , l’état spasmodique , la difficulté à l’absorption , la sécheresse de la peau , son état de malpropreté , l’état de concentration et d’animalisation trop prononcées des produits sécrétés, ou même des qualités irritantes dans le sang, le bain à cette température convient comme moyen thérapeutique et comme moyen hygiénique. Dans les cas où le bain froid , dont les effets seront examinés plus loin, est dangereux, impraticable , ou n’est pas au contraire positivement prescrit, le bain tiède convient généralement. Pour les enfants très-jeunes et les vieillards , l’eau tiède est préférable à l’eau froide. 11 faut aussi prescrire le bain tiède à un certain nombre de femmes délicates, chez lesquelles l’impression du froid produit des effets très-violents.
Les personnes, au contraire, qui ont une grande turgescence des liquides, comme les individus disposés aux hémorrhagies internes, à l’apoplexie, à l’hémoptysie , etc ; celles qui sont sous l’action ou la menace d’une maladie du cœur, doivent s’en abstenir ; il doit être de peu de durée chez les gens faibles. Les femmes enceintes qui craignent l’avortement ne doivent pas en faire usage. Il est utile aux autres , mais sans abus. On doit prendre le bain d’eau tiède à jeun; le changement qu’il apporte dans l’économie peut suffire à produire une indigestion , si cet acte est en pleine activtté.
On doit ne pas s’y laisser refroidir; l’eau doit toujours être homogène ; l’épaule et le cou ne doivent pas être à découvert. Quand on en sort, il faut s’essuyer rapidement et avec du linge sec, si ce n’est chaud.
Passons aux effets des bains très-chauds chez un individu placé dans les conditions précédemment indiquées. Au moment de l’immersion , il y a une sensation de chaleur piquante et incommode.
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fies resserrements spasmodiques de la peau, auxquels succèdent la rougeur de cette membrane, son gonflement, conséquemment, tous les caractères de l’excitation et presque de l’irritation : la peau se gonfle, il s’établit à l’intérieur une turgescence générale , les ouvertures des cavités sont rouges , les yeux sont injectés , le cœur bat avec rapidité et violence; surexcitée par un sang plus chaud, plus dilaté , la respiration est oppressée , courte; la sueur coule abondamment de la face et du front. En se pratiquant une saignée, M. Londe, auteur d’une excellente hygiène , a pu supporter le bain jusqu’à 38° 1/2; mais il est tombé en défaillance en sortant de ce bain , lors du refroidissement et du retrait de sang diminué par la saignée, la sueur et le froid.
Ce bain est conséquemment dangereux dans les cas indiqués précédemment où la turgescence est à craindre. Il est débilitant pour l’ensemble de l’économie ; et si quelque inflammation a produit des lésions matérielles quelque peu profondes, ses effetsseront de les augmenter dans le lieu où elles existent. Il pourra activer les affections chroniques; ce n’est jamais qu’un moyen thérapeutique. Là où une abondante sueur peut être utile, on le peut employer; il est surtout mis en usage pour combattre les inflammations chroniques de la peau , les affections rhumatismales, les engorgements blancs.
L’effet de Yétuve humide se rapproche de celui du bain tiède et du bain chaud , suivant le degré d’élévation de la température. Elle a l’avantage d’agir plus progressivement, et moins énergiquement , bien que le thermomètre s’y élève à des degrés supérieurs à ceux auxquels on peut supporter communément le bain d’eau chaude. Il est rare que le bain d’eau chaude puisse être enduré au delà de 35 à 40 degrés : c’est de 40° à 50 degrés que les mêmes personnes subissent la température de l’étuve humide.
La sueur est un des effets les plus marqués : l’étuve humide est préférable, pour les mêmes cas, aux bains d’eau chaude pure où l’on ne désire pas produire l’absorption. L’usage de placer la tête en dehors est utile et presque de rigueur. On voit qu’elle peut donner la chaleur du bain tiède seulement, et à volonté celle du bain très- chaud.
L’étuve sèche détermine la sueur plus dificilement; la température, pour produire les mêmes effets , doit être élevée beaucoup plus haut; chez les individus mous, lymphatiques, froids, dans les engorgements chroniques qu’il est utile d’exciter, cette action est efficace et préférable , elle est plus irritante localement.
C’est une action semblable que produisent les bains de poussière et de sable, mais avec bien plus d'énergie sous une même température. On est, au reste , maître de mesurer la température au degré que l'on désire produire.
Lors du refroidissement , tous ces effets de chaleur, s’ils n’ont pas occasionné quelque irritation locale durable , qui entretienne un mouvement inflammatoire , sont seulement suivis de débilité, c’est-à-dire de moins de puissance contractile de la part des muscles, et d’énergie d’action de la
part des autres parties , quoiqu’il y ait une sorte d’agilité et de légèreté qui souvent n’est pas sans bien-être. Quelques personnes ont de la tendance pour le sommeil.
Plaçons nous à l’extrême de cette température , c’est-à-dire à zéro ou à quelques degrés au-dessus, le bain froid produira chez l’adulte, supposé dans les conditions qui nous ont servi de base de comparaison, d’abord : la sensation du refroidissement , spasme et retrait de la peau , pâleur de cette membrane, décoloration des ouvertures , des muqueuses , refoulement des liquides à l’intérieur, suspension de l’exhalation, affaissement des veines superficielles, frémissement convulsif, respiration irrégulière, un peu précipitée. Le pouls d’abord plus fréquent se ralentit ensuite, et devient moins sensible ; le besoin d’uriner se fait sentir.
A ce premier effet il en succède un second opposé, qui se manifeste surtout si l’on sort de l’eau, pour passer dans une température plus douce , mais qui a lieu en restant dans l’eau, plus vite, si l’on s’y livre au mouvement, plus lentement , si l’on ne se meut pas. Le sang revient à la peau , la chaleur ressentie est moins vive , la transpiration augmente , la respiration a repris sa liberté, le pouls augmente de fréquence et de force : ces phénomènes sont ce qu’on appelle une réaction.
Un bain froid prolongé peut produire le claquement des mâchoires, l’engourdissement des membres, le grippement et le cavementdes traits, une diminution notable dans le volume des doigts, de la douleur à l’épigastre, la constriction de la poitrine. Les phénomènes de réaction sont plus longs à venir. Le bain très-froid, mais rapide, produit la réaction presque immédiatement et plus vive. Il faut que le bain froid soit continué longtemps et souvent répété pour donner lieu à des lésions graves vers les organes intérieurs chez un individu disposé comme cela a été supposé.
A la suite de ce bain l’on est habituellement plus dispos, plus fort, plus énergique. Le bain frais débilite moins que le bain tiède ; mais il détermine une réaction moins prononcée que le bain trèsfroid , et ne manque pas toutefois aussi d’en déterminer une légère. Pour supporter sans accident le bain très-froid, long-temps continué, il faut une constitution bien équilibrée et vigoureuse. Les enfants , les vieillards , les femmes et les gens affaiblis , peuvent être atteints d’affections graves à la suite de l’usage de ces bains , parmi lesquelles les maladies de poitrine et les rhumatismes sont les plus fréquents.
L’immersion passagère dans l’eau froide a fréquemment diminué d’une manière très-remarquable la susceptibilité nerveuse, qui rend souvent si insupportable et si douloureuse l’existence de quelques personnes, chez lesquelles la pâleur , la maigreur et des indispositions variées , caractérisent un état maladif que l’on nomme vapeurs , et qui cède à l’appel répété de la circulation capillaire vers la peau et à l’activité nouvelle imprimée à toute la vie nutritive. Dans certaines maladies, l’immersion rapide a ramené une réaction inespérée. Le bain frais est utile en été, et surtout
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dans les climats chauds. Il laisse à sa suite une sensation de fraîcheur qui dure quelques heures, et peut prévenir les effets de la turgescence hémorrhagique ou congestive, à laquelle l’influence continuelle de la chaleur peut quelquefois prédisposer. L’effet du bain froid est souvent d’arrêter les écoulements de sang. Conséquemment il est utile quand ceux-ci sont nuisibles , et réciproquement nuisible quand ceux-ci sont utiles. Il est inutile d’insister sur les accidents qui résultent de l’action du froid sur les règles. Si la sueur n’est pas déterminée par mie action lente et profonde, il faut s’abstenir des bains froids pendant sa durée, il faut attendre qu’elle soit tombée , surtout si l’action du bain froid doit être continue.
La succession de l 'immersion ou de l’affusion froide à l’impression de la chaleur communiquée par le bain de vapeur, suivant les usages russes, etc., combine les deux effets ; l’expansion des liquides et des solides est brusquement diminuée, sans qu’il y ait eu de grandes déperditions; la circulation profonde est tout entière mise en mouvement sous ces influences opposées. L’action du froid redonne à la myotilité une sorte d’énergie qui , si elle n’est pas précisément fortifiante, procure aux muscles une facilité d’agir et de soutenir un effort plus complet que le bain de vapeur simple; un sentiment de bien-être, de légèreté, d’activité, en est le résultat. On en sort acclimaté aux rigueurs de l'hiver , et précautionné contre les ardeurs de l’été.
Dans l’action de l’étuve humide non suivie de celle du bain froid , et en général dans les bains d’où l’on est sorti avec la sensation de chaleur , la peau conserve une sorte de susceptibilité aux influences atmosphériques. Le bain froid aguerrit contre l’hiver, mais il ride et durcit la peau. Dans la distribution de la température, on doit constamment éviter de chauffer la tête , et porter au contraire la chaleur sur les pieds.
Les bains partiels produisent sur la région soumise à leur action des effets en rapport avec les résultats dont ils sont suivis, quand le même moyen est appliqué à tout le corps. Tel est le bain de siège. On fait fréquemment usage de l’action que détermine un bain local sur une partie pour produire une notable modification dans quelque autre région que celle sur laquelle agit le bain partiel, par des liens physiologiques dont l’anatomie trouve, en certaines circonstances, difficilement l’explication.
Le bain de pieds chaud débarrasse la tête , la poitrine, aide la menstruation. Le bain de pieds froid agit dans un sens tout-à-fait contraire. La réaction s’établit, rarement, lorsqu’un accident est produit. L’emploi d’un maniluve froid arrête fréquemment l’hémorrhagie nasale et l’hémoptysie.
A l’action de la température, sont joints des auxiliaires empruntés à des effets mécaniques et à des actions chimico-vitales.
La pression de l’eau et sa percussion , lorsque le milieu où l’on prend le bain est agité, n’est pas sans quelque effet analogue à ceux de la friction et du massage. Ges diverses pratiques sem-
blent particulièrement agir sur la circulation capillaire , et sur la contractilité des muscles. U y a au reste, dans tous ces moyens pratiques, une sorte de volupté que recherchent surtout les riches oisifs. Les vieillards rhumatisants, gagnent quelque souplesse par leur usage.
Les auxiliaires chimiques sont les sels généralement astringents, qui par conséquent augmentent l’action déjà astringente du froid, quand les bains sont pris à cette température. L’eau de mer est dans cette catégorie : quand on s’y baigne en y nageant, on a tous les effets réunis d’un bain tonique.
Parmi les eaux minérales , celles qui sont alcalines sont fréquemment absorbées; il en peut résulter de grands changemens dans les sécrétions, et une action plus énergique des reins. Ces eaux dissolvent quelquefois certains produitsintérieurs; le sang en peut être modifié. Certains catarrhes en ont été heureusement soulagés. La goutte sous l’influence de leur action a retardé et cessé ses accès.
La propriété particulière du soufre a permis ! d’en faire usage, en employant la combinaison où il se trouve dans les eaux minérales, pour combattre surtout les maladies de la peau. On sait que c’est contre les engorgements blancs qu’ont été mises en usage les eaux iodurées. Toutes les eaux minérales , et même l’eau de la mer , se peuvent prendre chaudes, c’est-à-dire thermales.
Des promenades délicieuses , des sites pittoresques , des réunions brillantes , le ciel pur de l’été, ! l’éloignement de l’air et des tracasseries des villes, ajoutent singulièrement aux bienfaits et àla vertu des eaux minérales , pour les gens à peu près bien portants. (Y. Eaux minérales.)
Quant aux bains médicamenteux, ils sont trèsvariés; la peau, par sa puissance d’absorption, peut suppléer utilement au tube digestif malade ou fatigué; on a donc eu recours aux bains pour administrer certains médicaments solubles par cette voie. Le quinquina, le mercure, ont été opposés aux maladies dans lesquelles l’expérience prouve qu’ils ont une réelle action.
Quant aux bains nutritifs, de lait, de gélatine , |
d’huile, ils sont surtout émolliens. On a cependant j soutenu quelques malades auxquels les voies digestives refusaient leurs fonctions , par une Ion- i gue immersion dans du bouillon , etc. Quelques autres ont été tonifiés par du vin , du marc de raisin. Le fumier même a guéri un tétanique.
Les moyens irritants , comme la moutarde, ont surtout été utilisés dans les bains de pieds. Le bain de pieds a quelquefois aussi une action d’une grande énergie : plusieurs bains de pieds répétés , chacun de cinq minutes, jusqu’à la cheville, interrompus pendant un quart d’heure , donnés trèschauds et très-sinapisés, ont fréquemment produit des effets révulsifs surprenants sur la tête et la poitrine ; les bains alcalins réussissent quelque- J fois à diminuer la difficulté de rejeter les crachats trop épais.
Les bains sont des moyens thérapeutiques puissants. Ils sont aussi des agents hygiéniques d’une utilité presque continue; leur usage doit donc être
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généralisé; mais leur action doit être étudiée pour que l’emploi en soit toujours favorable. Ce moyen serait sans utilité et même nuisible, employé inopportunément. Un vœu qu’il est naturel d’exprimer, c’est que l’usage en soit accessible, sous toutes les formes, aux pauvres comme aux riches. Il ne serait pas mal d’être Romains sur ce point : ce n’est pas trop exiger de notre siècle. Pour les bains de mains et de pieds, Y. Manuluve et pédiluve. Sanson-Alphonse.
bains ( baux minérales de J. Bains est une petite ville du département des Vosges, à 4 lieues d’Épinal, située dans un vallon agréable ; sa population est de deux mille habitants. Ses sources thermales sont assez nombreuses , on en compte jusqu’à dix; leur température varie entre 32 et 50 degrés centigrades; les eaux sont incolores, et ont une légère odeur sulfureuse qu’elles perdent par le refroidissement; leur saveur est fade et légèrement salée. Elles contiennent peu de principes minéralisateurs; ces principes sont du muriate de soude, de chaux et de magnésie, du sulfate de chaux, et quelques traces de silice. Ces eaux ont de l’analogie avec celles de Plombières, quoiqu’elles soient considérées comme moins actives. On les emploie en boisson, douches, bains liquides et de vapeur ; on leur attribue aussi des propriétés laxatives. C’est principalement dans les maladies de poitrine, les affections du bas-ventre et surtout celles du foie, que ces eaux sont prescrites; on les ordonne aussi dans la convalescence des maladies longues et graves, dans les fièvres intermittentes , dans les rhumatismes aigus et chroniques, dans les affections des reins et delà vessie, dans les flueurs blanches, et dans les affections de l’uterus; on prend les eaux en boisson à la plus haute température que l’on puisse supporter, et ce degré varie suivant les individus. Souvent on les coupe avec quelque tisane , ou bien on les associe aux eaux de Bussang et de Contrexeville. Quelques personnes prolongent les bains pendant deux et trois heures et en retirent de bons effets. La saison des eaux commence le 15 juin et finit le 15 septembre. J. B
balanite (chir.) , s. f., ( du grec balanos gland ). On désigne ainsi l’inflammation du gland et de la face interne du prépuce, car il est rare que ces deux parties ne soient pas malades ensemble.
La balanite s’observe à tout âge , mais elle est plus fréquente chez les jeunes gens qu’y prédisposent le phymosis , ou même la largeur trop grande du prépuce. Les causes de cette maladie sont : le séjour prolongé de la matière sébacée de la couronne du gland , surtout quand elle est mêlée à 1 urine, et c’est ce qui arrive souvent quand le gland ne peut être découvert naturellement; le séjour des matières âcres, irritantes venues du dehors, comme , par exemple , celles provenant des flueurs blanches ou du sang menstruel, quand on néglige les soins de propreté après le coït , les froissements répétés de la verge par l’acte du coït ou par la masturbation. Il n’est pas rare delà voir se développer chez des sujets très-soigneux de leur personne; alors elle peut dépendre d’un coït T. i.
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avec une femme malade , sans toutefois que cela puisse être rapporté à la syphilis , mais seulement à une sécrétion vicieuse et surabondante du vagin ou de la matrice. Enfin chez quelques individus sujets aux éruptions vésiculeuses, on voit la balanite exister en même temps ou alterner avec ces éruptions.
La balanite s’annonce par de la chaleur, un sentiment de picotement et de cuisson à l’extrémité de la verge; celle-ci est tuméfiée, et la pression exercée sur la couronne du gland, même à travers le prépuce, est douloureuse. Bientôt il se fait un écoulement de matière muqueuse purulente jaunâtre, ce qui a fait donner à la maladie le nom trivial de chaudepisse bâtarde ; le gland mis à découvert est enduit de pus, il est rouge, et, si l’inflammation dure depuis quelque temps , on y voit de légères excoriations; quelquefois l’inflammation est tellement intense qu’elle produit un engorgement passager des aines.
La balanite est une maladie le plus ordinairement de courte durée , qui se guérit facilement ; rarement elle passe à l’état chronique, ou elle l’est dès le début , à moins qu’elle ne tienne à quelque vice de la constitution. Il existe aussiune espèce de balanite sans inflammation franche , et c’est la plus fâcheuse : elle consiste dans une altération de sécrétion des follicules du gland ; une espèce de sérosité épaisse baigne cet organe, et pour peu que le sujet s’échauffe , et à plus forte raison s’il fait quelque excès, il survient une violente inflammation avec douleur et écoulement purulent, puis les accidents se calment pour éclater de nouveau au premier écart de régime.
Dans cette espèce de balanite, et toutes les fois que la maladie dure longtemps, la membrane muqueuse s’épaissit, il se forme des adhérences entre le gland et le prépuce, celui-ci présente parfois une dureté considérable.
La balanite est une maladie toujours facile à reconnaître ; on pourrait la confondre avec la blennorrhagie si l'on ne faisait pas attention que le pus s’écoule entre le gland et le prépuce , et lorsqu’une très-petite quantité semble sortir du canal de l’urèthre, c’est qu’il y a été introduit momentanément et n’en est pas sécrété. Peut-être pourrait-on au premier abord prendre les légères excoriations du gland pour des ulcérations vénériennes ; mais cette erreur cesserait promptement par un examen attentif. Il est souvent moins facile de dire de quelle cause dépend la maladie. Quanta la nature syphilitique , que l’on a toujours une grande tendance à supposer, on ne peut y croire que lorsqu il y a en même temps d’autres symptômes. Il y a bien une considération qui pourrait faire penserque la balanite est vénérienne, c’est lorsqu’on voit souvent des végétations chez les personnes sujettes à cette maladie; mais cela ne prouve rien d’une manière absolue, car on voit des végétations survenir sans aucun symptôme syphilitique antécédent, et même chez de jeunes garçons qui n’ont jamais eu commerce avec les femmes.
Le traitement de la balanite est des plus simples ; il consiste dans l’emploi des bains locaux de la verge dans une décoction de racines de gui-
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mauve et de têtes de pavots répétés plusieurs fois le jour, des injections de même nature entre le gland et le prépuce quand il a phymosis ; l’application sur les mêmes parties de charpie imbibée de cette décoction; quelques bains généraux, l’abstinence de tout excitant, et parfois l’usage d’une boisson tempérante ou même d’un léger purgatif. Quand l’écoulement diminue , que l’irritation tend à passer à l’état chronique , on remplace la guimauve par l’extrait de Saturne en bains et en applications locales. Quand la maladie se prolonge, on peut cautériser légèrement à plusieurs reprises le prépuce avec du nitrate d’argent. Enfin dans quelques cas rares , il n’y a d’autres moyens de débarrasser les malades que de pratiquer la circoncision. Souvent fine suffit pas de fendre le prépuce, car chez les gens qui ont habituellement le gland couvert, la maladie persiste si on ne l’enlève en entier.
AUG. CüLLERIER.
balaruc (Eaux minérales de). Balaruc est un bourg du département de l’Hérault, à quatre lieues de Montpellier, et près de Cette. Il est situé dans une plaine ; ses eaux sont thermales et acidules-salines ; leur température est de 60 degrés centigrades : cependant quelques observateurs ne l’ont trouvée que de 42 degrés. Celte différence est attribuée au voisinage d’un étang , qui , lorsque ses eaux sont abondantes , les mêle à celles de la source, et il en résulte non-seulement un abaissement dans leur température , mais encore dans leur composition. Cette eau est limpide, d’un goût salé et un peu amer: elle est onctueuse au toucher , seulement à sa source , car lorsqu’on la laisse refroidir il se forme à sa surface une pellicule qui est produite par la matière organique qu’elle contient. L’analyse de l’eau de Baiaruc a fait reconnaître que les principes minéralisateurs qui entraient dans sa composition étaient du gaz acide carbonique et du gaz azote, du chlorure de soude, de magnésie et de chaux, du carbonate de chaux, de magnésie et de fer, du sulfate de chaux. Ces proportions varient suivant les sources, qui sont au nombre de quatre.
On emploie les eaux de Balaruc en boisson , en bains, en douches et en bains de vapeurs; elles ont une assez grande réputation, qu’elles doivent au voisinage de Montpellier, qui pendant longtemps attira les malades des divers points de la France et de l’Italie. La proportion dans laquelle on ordonne de boire les eaux est vraiment extraordinaire. Ainsi on prescrit au malade quatre litres et demi d’eau , qu’il doit prendre en trois temps séparés parla distance d’une demi-heure. Il est présumable que le médecin des eaux doit se relâcher souvent de cette prescription; car on doit trouver peu de malades qui puissent la supporter, et encore dans ces cas , l’effet doit être plus fâcheux qu’utile. Il en est de même des bains , que l’on dit n’être efficaces que lorsqu’on les prend à la température de la source ; mais cette température ne peut être supportée que par peu de personnes , qui ne peuvent même y rester que six à huit minutes : aussi le nombre des bains pour un traitement ne doit»
il être que de six ou huit, et en quinze ou vingt jours on a jugé l’effet des eaux.
Les eaux de Balaruc , qui sont très-excitantes , surtout en raison de la manière dont on les administre, produisent ordinairement un effet purgatif assez marqué ; ellas sont toniques et apéritives. On les emploie dans les affections spasmodiques, dans les paralysies, dans les maladies chroniques des organes digestifs, et dans les engorgements des autres organes du ventre , dans les flueurs blanches, les chloroses, les scrofules, les rhumatismes chroniques et les maladies de la peau. L’usage de ces eaux doit être surveillé avec un grand soin , car la disposition aux inflammations, une grande irritabilité ou une propension à l’état apoplectique , doivent en faire cesser l’usage. La manière dont on les administre , tout en augmentant leur énergie, empêche souvent que l’on puisse en continuer l’emploi; il faut, dans tous les cas, en référer aux conseils d’un médecin éclairé.
J.-P. Beaude.
balauste ( Mat. mêd.), s.f. Balaustia, fleurs desséchées et non épanouies du grenadier. (V. ce mot. ) Cette substance est astringente et fait partie de certains cosmétiques à l’usage des femmes. .T. B
baï.esrte (Blanc de). Y. Adipocire.
balayeurs (maladies des) (path.). Les balayeurs sont ceux qui dans les grandes villes sont chargés par l’administration, ou par les fermiers du nettoiement, du balayage de diverses parties des rues, places, ruisseaux, qui peuvent être salies par de la boue plus ou moins épaisse, boue qui est en général formée par les débris de substances végétales et animales. Les boues et les eaux des ruisseaux , selon les rues , les établissements qui y sont exploités, la nature de la population, l’abondance ou l’absence de l’eau , sont quelquefois peu odorantes; d’autres fois elles répandent des odeurs infectes qui sont nuisibles non-seulement à la salubrité, mais encore à la santé des personnes chargées du balayage de ces rues, dont quelquesunes ne devraient point s’attendre à exercer un métier qui les exposé en général à toutes les intempéries des saisons.
La profession de balayeur n’est pas connue dans les petites villes, où chacun est chargé de nettoyer devant son logement; il en a été de même à Paris pendant un certain temps , et les recherches que nous avons faites sur les premiers usages, démontrent que depuis 1184 jusqu’à 1506, chacun était obligé non-seulement de balayer devant sa maison, mais encore de faire porter â ses frais hors de la ville les boues et les immondices, de façon que les habitants d’une rue étaient forcés de louer un tombereau en commun pour le service de nettoiement.
Plus tardla propreté des halles etmarchés ayant été négligée de manière à causer une insalubrité telle que « les voisins ne pouvaient supporter l’infection, ni les marchands y étaler leurs denrées pour les vendre, » les habitants de la place Maubert furent les premiers qui portèrent leurs plaintes à ce sujet; par suite de ces plaintes le prévôt de Paris, en 1734, fit un règlement par lequel il ordonna que
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cette place serait nettoyée, et il imposa une taxe sur chaque propriétaire et locataire des maisons qui étaient dans le marché , et sur les marchands qui y apportaient leurs denrées; un tarif fut fait, et le prévôt ayant fait choix des personnes , il leur abandonna la perception des droits payés , à la charge par eux de nettoyer la place et de l’entretenir en bon état. ( Livre vert ancien du Châtelet.)
On a aussi des détails sur les balayeurs-placiers dans les diverses halles et marchés en 1595, 1597, 1620 et 1641 ; on voit par les règlements généraux des 3 déc. 1638 , 30 avril 1663 et 8 juillet 1688 , qu’alors celui qui avait le titre de placier-balayeur pouvait être considéré comme un entrepreneur du nettoiement, puisqu’il est dit que « les devoirs des placiers consistaient à faire balayer les places où se tiennent les marchés , à faire enlever les boues et les immondices pour les faire porter dans les voiries hors la ville. » Ceci expliquerait le don de l’office de placier-balayeur de la halle aux herbes, grains, fruits et boissons, fait par Henri IV à Guillaume Laujenic, qui avait été un de ses soldats.
Le nombre des balayeurs, qui fut d’abord peu considérable, dut s’augmenter successivement à Paris, surfont à de certaines époques où le nombre des balayeurs fut surélevé dans le but de sauver de la misère des gens qui étaient sans travail. Jusqu’à l’année 1830, les balayeurs furent au compte de l’administration; mais après cette époque ils appartinrent à des entreprises particulières. Le nombre de ces ouvriers fut immense, parce que les rues furent plus nombreuses ( 1,800 rues, ruelles et passages), et qu’on tint davantage à la propreté. Aujourd’hui, 1862, le service se fait par des cantonniers payés par la ville.
Les auteurs se sont peu occupés des balayeurs et des maladies qui les affligent. Cependant Pâtissier rapporte, d’après Bâillon, l’observation d’un balayeur qui , par suite de sa profession , fut atteint d’une ophthalmie chronique ; le même auteur dit que Desbois, de Rochefort, a soigné à l’hôpital de la Charité un balayeur qui fut frappé d’asphyxie en déboulant un tas de neige près d’un égoùt ; cet homme fut rappelé à la vie, mais, trois semaines après son accident, il éprouva une maladie qui se termina par la gangrène des viscères du bas-ventre et par la mort. Les philanthropes qui se sont occupés des maladies des ouvriers ne disant presque rien, nous avons dû avoir recours aux personnes qui dirigeaient les ouvriers balayeurs, et ce sont surtout MM. Moutillard et Vincent qui nous aidèrent dans nos recherches. Voici quel était l’état de ce service à Paris en 1838, époque de la rédaction de cet article.
Les balayeurs, après les chiffonniers, sont considérés comme une des classes les plus pauvres et les plus sales de la société. Quand on commença à établir le balayage des rues, ces ouvriers gagnaient 90 centimes par jour; mais on leur fournissait les outils; puis ils reçurent un franc, sans outils. Ils commencent de grand matin à boire de l’eau-de-vie, et après leur travail ils s’en vont à la barrière pour boire, dépensant ordinairement 60 centimes par jour pour leur boisson ; de leur paie il ne leur reste donc que 40 centimes
pour se loger, se nourrir et s’habiller ; ainsi la boisson d’un côté, la mauvaise nourriture de l’autre , les rendent toujours faibles, et sont des causes prédisposantes aux affections auxquelles ces ouvriers sont sujets.
Les gaz qui s’exhalent, pendant le balayage, de certains endroits, et surtout des ruisseaux en été, frappent quelquefois les balayeurs d’une affection qu’ils appellent mal de nerfs, et que nous nous sommes assurés être une espèce d’épilepsie idiopathique nerveuse; cette maladie éclate le plus souvent par des mouvements convulsifs; le malade tombe; le front se crispe; les sourcils s’abaissent et se rapprochent; les yeux tantôt deviennent convulsifs , tantôt paraissent sortir des orbites; la langue quelquefois sort de la bouche.
D’autres fois ces ouvriers ne sont frappés que d’u*n commencement d’accès et l’affection se borne à une espèce de vertige, à un étourdissement, mais toujours avec perte de sentiment et avec uneroideur extrême des membres supérieurs et inférieurs. Cette espèce d’épilepsie ne dépendant d’aucun vice de conformation , ni d’une lésion organique du cerveau , il suffit d’un traitement antispasmodique ordinaire pour obtenir la guérison ; mais ces ouvriers ne changeant pas leur régime et se trouvant toujours exposés aux mêmes causes pendant le balayage, il s’ensuit une rechute inévitable. Pour éviter cette rechute et prévenir de nouveaux accès, toutes les fois qu’il s’agit de balayer un endroit malsain et que l’inspecteur croit que les ouvriers pourraient se trouver en danger, nous lui conseillons de les forcer à inspirer de temps en temps la vapeur qui se dégage denouets formés avec du linge dans lequel on a mis du chlorure de chaux, ou bien encore, d’inspirer de l’ammoniaque faible; ce dernier moyen est très-économique , et les praticiens l’emploient souvent pour prévenir les accès d’épilepsie. Ce n’est pas sans raison que nous nous sommes servis de l’expression forcer; car il y a des ouvriers , et les balayeurs sont de ce nombre , qui se laisseraient mourir plutôt que de prendre la plus minime précaution pendant leur travail, soit manque d’instruction , soit par préjugé, soit encore par un entêtement naturel. Il est impossible de leur faire apprécier les services immenses qu’ont rendus aux arts insalubres l’hygiène et la thérapeutique. Si par exemple vous conseillez à un vidangeur de ne pas boire trop de vin avant de comméncer la vidange et d’inspirer un peu de chlore pendant son travail, il vous répondra qu’on ne doit jamais descendre dans une fosse sans avoir bu un litre de vin, et que le chlore est très-nuisible; tandis que l’hydrogène sulfuré qui se dégage des matières fécales est plus supportable et pour lui moins nuisible.
Plusieurs inspecteurs du balayage nous ont assuré qu’il n’est pas rare de voir des balayeurs de rues être frappés d’apoplexie, mais heureusement cette espèce d’apoplexie n’est pas toujours mortelle.
Comme dans l’hiver ces ouvriers sont obligés de travailler toute la journée, le brouillard et l’humidité déterminent chez eux des ophthalmies catar-
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rhales aiguës, qui se terminent ordinairement par une inflammation chronique de la conjonctive ou des paupières. En outre, quand dans cette même saison ils sont obligés de casser les glaces, ils sont sujets à des affections traumatiques des yeux; il y en a même qui, en 1829, ont perdu la vue: dans cette même année, un grand nombre de ces ouvriers fut affecté d’engelures, et de gonflements des pieds et des jambes. Pendant l’hiver, leurs mains sont pleines d’ampoules et d’écorchures. Quand ils s’enivrent, ils restent trois ou quatre jours sans travailler, et cela augmente nécessairement leur faiblesse et leur misère.
Malgré leur mauvaise conduite et les travaux pénibles auxquels ces ouvriers se livrent, ils viventlong-temps; on en a même connu qui étaient depuis vingt ans dans le service.
Il y a autant d’hommes que de femmes qui balaient les rues. Quant aux femmes, il n’y a que le rebut des classes ouvrières ; on a vu des filles publiques qui, à la fin de leur carrière , se sont adonnées au balayage des rues.
L’état de balayeur est considéré comme un état de paresseux , non pas en lui-même , car il est des plus pénibles, mais parce que ceux qui s’y livrent n’ont pas su gagner leur vie avec leur métier ordinaire. On doit cependant faire exception pour ce qui a été observé en 1829 : dans cette année on vit des graveurs , des copistes et des orfèvres, se présenter pour faire partie des ateliers chargés de balayer les rues. Il n’y a que ceux que le malheur a mis dans cetétat qui sont sobres; parmi les autres, selon le dire des inspecteurs du balayage, il en est qui sont méchants, insolents et crapuleux. Aujourd’hui que le balayage se fait sous la surveillance des agents de la ville, et sous la direction des ingénieurs municipaux , par des cantonniers, une grande partie des inconvénients que nous avons signalés ont cessé d’exister. A. Chevallier et S. Furnabi.
balbutiement ( path .) ( balbuties , hœsitatio lingaœ), est un vice de la parole qui consiste à prononcer les mots avec hésitation , interruption et peu distinctement, mais à voix basse, avec calme et sans précipitation ni secousses convulsives, comme dans le bégaiement.
Cette espèce d’hésitation est presque toujours symptomatique d’autres affections , tandis que le bégaiement et le bredouillement ne le sont jamais. Le balbutiement enfantin , celui que l’on remarque chez presque tous les idiots, chez les apoplectiques, chez les personnes dans l’état d’ivresse ou de narcotisme, enfin , chez tous ceux qui ont une lésion quelconque de l’encéphale, nous permettent de regarder la torpeur et l’inertie relative du cerveau, comme la cause la plus fréquente de celte affection.
Les impressions reçues lentement sont communiquées de même. L’imperfection des idées entraîne l’imperfection de la parole ; ceux dont l’intelligence est bornée doivent nécessairement hésiter pour rendre leurs pensées qui manquent de suite et de liaison. Ce qui milite encore en faveur de cette opinion, c’est que les personnes qui ordinairement parlent très- facilement et avec beaucoup d’esprit, balbutient toujours et sont
quelquefois dans l’impossibilité de dire un seul mot , si le respect , la timidité , la surprise ou la peur, viennent arrêter momentanément l’activité de leur cerveau. D’après ce que nous venons de dire , il est facile de voir que pour combattre le balbutiement, on devra traiter les affections dont il est la conséquence; nous ajouterons que le balbutiement enfantin se guérit avec le temps , et disparaît entièrement lorsque l’intelligence s’est accrue et que l’appareil vocal est plus développé. (Y .Bégaiement , bredouillement .)
Colombat, de l’Isère.
Docteur en médecine , fondateur du Gymnase orthophonique pour le traitement du bégaiement.
bandages ( chir .), s. m. On donne ce nom à des appareils ordinairement composés de bandes et de compresses auxquelles on joint souvent quelques pièces comme des attelles, des plaques métalliques, etc., qui sont destinées soit à contenir et rapprocher des parties divisées, soità les maintenir dans leur position normale lorsqu’elles en sont sorties momentanément. L’application des bandages est, comme on le voit, entièrement du ressort de la chirurgie , et cette application exige une habitude et une habileté qu’il ne serait pas facile de faire acquérir aux personnes qui sont étrangères à l’art de guérir. Il existe aussi des moyens mécaniques, des appareils composés de ressorts, de courroies, de vis qui ont reçu le nom de bandages; ces bandages s’emploient soit pour la contention d’une fracture : tel est le bandage inventé par M. Boyer pour la fracture de la cuisse ; soit pour remédier à une infirmité : tels sont les bandages herniaires et quelques appareils pour remédier à la déviation d’un membre ou de la taille ; mais ces derniers bandages reçoivent plus ordinairementle nom d’appareils.
Le bandage le plus simple , le bandage de corps, consiste en une serviette pliée ordinairement en trois dans sa longueur et qui est destinée à envelopper le tronc : ce bandage s’applique soit autour de la poitrine, soit autour du ventre, suivant le lieu où il est nécessaire de maintenir quelques pièces de pansement; le milieu de la serviette doit correspondre à la partie postérieure du tronc, et les deux extrémités sont ramenées en avant et fixées l’une à l’autre au moyen de quelques épingles. Il est important que ce bandage ne soit pas trop fortement serré , car il pourrait gêner la respiration , ou causer par sa compression quelques douleurs au malade. Lorsqu'on le place sur la poitrine, comme la serviette tend toujours à descendre, il est important de la fixer au moyen d’une bande ployée en deux et qui, passant sur chaque épaule, se fixe au bandage en avant et en arrière en forme de bretelles et sert ainsi à le maintenir : cette bande se nomme scapulaire. Le bandage de corps s’emploie dans la fracture des côtes, dans les plaies de la poitrine et du ventre, ou toutes les fois qu’il est nécessaire de maintenir quelques compresses ou cataplasmes sur ces diverses parties.
Le bandage en T est aussi d’une grande simplicité et souvent fort utile: il est employé pour main-
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tenir des objets de pansement soit à l’anus, soit au périnée; il est beaucoup moins gênant que les serviettes que l’on applique dans le même but, et qui sont fort incommodes en raisonde leurvolume, surtout chez les hommes. La barre supérieure du T est formée par une bande assez longue pour envelopper le ventre au-dessus des hanches et être nouée; la barre inférieure ou verticale est formée par une bande pliée en deux et fixée à l’endroit de ce pli au milieu de la ligne supérieure , de manière à imiter un T dont le jambage vertical serait double : lorsque l’on a noué la bande supérieure autour du ventre et appliqué les pièces de pansement au périnée ou à l’anus, on ramène les deux extrémités de la bande qui pend en arrière de chaque côté, vers les plis de l’aine en passant sous les cuisses, et on les fixe en devant à la bande qui faitle tour du corps. Ce bandage, qui est trèscommode, est comme on le voit d’une composition et d’une application facile ; il est quelquefois employé pour des plaies de tête, et l’on met souvent plusieurs bandes verticales , qui font des T doubles ou triples; mais il est quelquefois sujet à se déplacer.
Dans les plaies de tête on emploie plusieurs bandages; les plus usités sont : le grand couvre-chef, qui s’applique d’une manière analogue à celle qui sert à mettre les mouchoirs dont on se couvre la tête; mais ce bandage ne doit point faire de plis irréguliers; il estassez solide, mais difficile à appliquer pour ne point être gênant. Le bandage de Galien, que l’on applique dans les mêmes cas, est très-simple ; il consiste en une pièce de toile assez large pour aller des sourcils à la nuque , assez longue pour que les extrémités puissent se croiser sous le menton en passant sur le sommet de la tête: on la fend de chaque côté de manière à en faire trois chefs égaux , en laissant au milieu une largeur de deux travers de doigt pour tenir ces pièces unies; puis on le pose sur la tête, en repliant sur la partie du milieu la portion antérieure et postérieure du bandage. Les deux chefs du milieu sont fixés sous le menton , les deux chefs du derrière de la tête sont ramenés sur le front, et ceux du devant sur le derrière de la tête où ils sont fixés avec des épingles.
La fronde du menton est un bandage extrêmement solide et qui est employé pour maintenir des pièces de pansement sur le menton ; il se fait ainsi : on prend une bande de toile longue de trois quarts d’aune et large de cinq pouces , on plie ce linge en deuxsuivant sa largeur et on le fend par les deux extrémités jusqu’à deux travers de doigt du milieu; pour l’appliquer on pose le milieu sur le menton , puis on ramène les deux chefs supérieurs derrière la tête, où ils s’entre - croisent pour venir se nouer sur le front ; les chefs de la portion de la bande repliés sous le menton sont ramenés sur le sommet de la tête , oùils sont également noués.
Les bandages pour les yeux sont faciles à appliquer. Une bande ou une pièce de linge placée obliquement sur l’œil , et ramenée par les deux extrémités à un bonnet ou à une bande qui fait le tour de la tête où on les fixe, forme un bandage
assez convenable pour maintenir quelques compresses ou des cataplasmes sur un œil malade.
Les bandages roulés autour des membres sont d’une application plus difficile. Lorsque l’on se borne à les appliquer sur une des parties du bras de l’avant-bras, de la cuisse, de la jambe, leur application est assez aisée; seulement il faut avoir soin de ne pas trop serrer la bande, de commencer toujours par la partie inférieure et de recouvrir toujours au deux tiers chaque tour de bande par le tour supérieur. L’application dé ces bandages est moins facile à la cuisse et à la jambe qu’au bras et à l'avant-bras, à cause de l’inégalité de volume qui existe dans la continuité du membre inférieur. Lorsque l’on veut appliquer ces bandages sur une | assez grande étendue d’un membre, il faut alors commencer le bandage parla main si c’est pour le i bras ou l’avant-bras , ou par le pied si c’est pour la jambe ou la cuisse; cette précaution a pour but d’empêcher l’engorgement et la stase du sangveineux dans la portion du membre qui se trouverait comprise entre le bandage et son extrémité; ces derniers bandages demandent une assez grande habitude pour être appliqués convenablement, et il est important de ne confier ce soin qu’au médecin.
Les autres bandages n’étant point de nature à être employés parles personnes étrangères à l’art, nous ne les décrirons pas ici ; il en sera seulement question lorsque l’on parlera des maladies pour lesquelles on les emploie Quant aux bandages destinés à contenir les hernies, voyez ce qu’il en est dit au mot Hernie.
J.-P. Beaude.
bande ( chir.), s. f. On donne ordinairement ce nom aune pièce de toile étroite et longue ; les bandes varient en largeur et en longueur suivant les lieux auxquels on les destine. Lorsqu’on les destine à être appliquées autour du tronc, elles peuvent être larges de deux pouces et demi à trois pouces et longues de dix à dix-huit mètres; pour les membres, leur largeur n’est ordinairement que de 5 à 6 centimètres, et leur longueur varie suivant l’étendue du membre où l’on veut les appliquer. Une bande pour couvrir le pied , la jambe et la cuisse, peut avoir de 12 à 15 mètres, pour la main et le bras, 7 à 8 mètres : elles peuvent varier en longueur suivant le volume du membre et les pièces de pansement qu’il faut contenir; pour les doigts, elles n’ont que 15 à 20 millimètres de large.
Les bandes doivent être faites avec du linge ni trop vieux ni trop neuf, il faut même qu’il soit un peu gros; le linge trop fin, tel que la batiste, ne saurait convenir; les draps qui sont faits avec la toile nommée ordinairement cretonne présentent les meilleurs matériaux pour faire les bandes. Ils ont de plus l’avantage d’éviter les coutures nombreuses qui doivent toujours être proscrites dans ces pièces de pansement. Les lés destinés à faire les bandes ne doivent pas être déchirés, mais coupés avec soin ; il est utile aussi d’en retrancher les ourlets et les lisières qui gênent l’application de la bande et causent de la douleur par leur épais- 1 seur. Il n’est pas indispensable que les bandes soient
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faites de linge et de fil ; les bandes de coton peuvent être employées, quoiqu’elles aient le grave inconvénientde présenter moinsde solidité queles premières, mai s elles peuvent être faites avec un tissu neuf. J . B .
bandelettes ( chir .), s. f. On donne ce nom aux bandes étroites destinées à panser les doigts ; cependant on en fait plutôt usage pour désigner des bandes étroites enduites d’un emplâtre agglutinatif destiné à réunir des plaies. Dans ce cas, on les nomme bandelettes agglutinatives, et l’emplâtre de diachylum,ou celui d’André de Lacroix, sont ceux dont on fait le plus souvent usage. Dans les pansementson se sert aussi de bandelettes enduites de cérat pour couvrir le bord des plaies; elles sont découpées sur un côté pour favoriser leur application. J. B.
BAEB6TAN (Eaux minérales de) . C’est un village du département du Gers, à 32 kilom. de Condom, qui possède des eaux et des boues minérales. Ces eaux, dont la température est de 30 à 3 6 degrés centigrades, sont hydro-sulfureuses, et ont quelque réputatiou dans le pays. Les boues ont dans le fond des bassins 35 degrés centigrades de température; elles sont sulfureuses comme les eaux, et contiennent du fer dans une proportion assez faible. 11 se trouve aussi à Barbotan des eaux ferrugineuses froides qui ne sont employées qu’en boisson. On fait usage des bains et des boues dans les affections goutteuses et rhumatismales,dans les paralysies, les maladies de la peau, les affectionsdesorganesurinaires,danslesmaladieschroniques du ventre, etc.; elles sont contre-indiquées dans tous les cas que nous avons déjà signalés en parlant des autres eaux sulfureuses. La saison où elles sont administrées dure depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre. On ne fait usage des boues que dans les jours chauds de l’été. J. B.
barbe (V. Système pileux.)
bardane ( bot.), s. î.,arctium lappa. L. Herbe aux teigneux, glouteron. Syngénésie polygamie égale L. Famille des synanthérées, tribu des cynarocéphales (flosculeuses) Juss. Les botanistes modernes qui semblent prendre plaisir à multiplier les espèces, en ont fait jusqu’à trois des variétés de la bardane, qui croissent aux environs de Paris. ( Lappa major, minor, et tomentosa.) Tout le monde a dû remarquer cette plante bisannuelle qui croît dans les lieux stériles au milieu des décombres, et dont la fleur globuleuse rouge estformée d’écailles imbriquées et terminées par une épine crochue : placées sur les vêtements, ces fleurs y adhèrent avec facilité. On emploie en médecine la racine de cette plante dans les maladies de la peau, la goutte et les rhumatismes; on en fait bouillir deux onces dans un litre d’eau. La tisane ainsi obtenue doit être bue tiède. Elle possède des propriétés sudorifiques et diurétiques dues en partie au nitrate de potasse que contient la plante. Les racines de bardane peuvent servir d’aliment comme celles des scorsonères auxquelles elles ressemblent pour la couleur de l’écorce; on peut employer de même les jeunes pousses, lorsqu’elles commencent à sortir de terre ; leur goût est analogue à celui de l’artichaut. J. B.
baréges (Eaux minérales de). Baréges, qui n’a
d’autre importance que par ses sources qui attire d‘ annuellement les étran gers, est un village du dépar tementdes Hautes-Pyrénées; il est situé dans la val lée du Bastan; sa distance de Paris est de 210 lieues sa hauteur au-dessus du niveau de la mer de 128S mètres. Sa situation est agreste et sauvage : placé à l’extrémité d’un ravin formé par un torrent , le Bastan, Baréges est menacé sans cesse par des avalanches, par les inondations ou par l’ensablemeni du torrent qui mine le terrain, détache les rochers et provoque des éboulements qui tôt ou tard finiront par engloutir le village et les sources. Ces diverses conditions, jointes àl’ouverture de la gorge du ravin qui est tourné vers le sud-ouest contribuent à rendre le climat et le séjour de Baréges fort désagréable, et il serait très-peu fréquenté si ce n’était la haute efficacité de ses eaux, qui sont les plus actives des Pyrénées : aussi n’est-ce que pendant deux ou trois mois de l’année, de juillet à septembre, que dure la saison des eaux et que le lieu même est habitable pour des malades.
L’établissemeut de Baréges n’est pas très-ancien; il n’a pas la gloire de ces thermes romains dont les ruines monumentales, les inscriptions et les débris d’autels votifs nous révèlent l’antiquité. Baréges était une petite source seulement connue des gens du pays , lorsqu’en 1744 le duc du Maine, accompagné de madame de Maintenon, fut envoyé aux Pyrénées pour prendre les eaux de Bagnères.Leduc du Maine était disposé à une affection scrofuleuse et avait un pied-bot; après un certain temps de l’usage des eaux, comme on ne voyait aucun changement dans la santé du prince, on se disposait à quitter Bagnères , lorsque les gens du pays indiquèrent une petite source peu éloignée, et située dans un lieu très-sauvage au milieu des montagnes : l’on fut à cette source, et en peu de temps l'état du duc du Maine devint très-satisfaisant. Depuis cette époque, Baréges n’a cessé d’être fréquenté par un grand nombre de malades , malgré la rudesse de son climat et le peu de luxe de son établissement, qui cependant a été notablement amélioré depuis peu de temps. On y vient de tous les points de l’Europe et même de l’Amérique. Le gouvernement y a fondé un hôpital militaire qui peut recevoir quatre à cinq cents malades.
Les sources de Baréges sortent du terrain primitif, qui est un calcaire saccharoïde feuilleté qui laisse échapper l’eau par les crevasses dont il est fendillé; quelques-unes de cqs sources sont recueillies sur le terrain d’alluvion , qui recouvre ce terrain primitif et qui est formé par les débris que roule le Bastan. La température des eaux varie suivant les sources entre 24 et 37 degrés P«. L’eau est claire , limpide , d’une odeur sulfureuse ; onctueuse au toucher et même savonneuse , elle contient, suivant le professeur Anglada, de l’hydrosulfate de soude, du carbonate de soude, du sulfate, et de l’hydrochlorate de soude; plus en petite proportion du carbonate et du sulfate de chaux, et du carbonate de magnésie , tandis que les premiers sels entrent dans la composition de ces eaux en proportions assez notables. Il faut encore ajouter aux matières que nous venons d’indiquer , la glai-
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rine que l’on trouve dans toutes les eaux sulfureuses des Pyrénées, et qui existe en si grande quantité dans les eaux de Baréges , que M. Lonchamps, qui afaitune étude toute spéciale de cette substance , lui a donné le nom de barégine. La silice s’y trouve aussi à la dose d’un grain par litre d’eau.
Les sources sont au nombre de six , et varient , ainsi que nous l’avons dit , par leur température. La source de l'Entrée a 33 degrés R. Celle du Fond 30°. Celle de Polard 31°. La Chapelle 24°. La Douche 35°. La tempérée 25°. Elles alimentent dixsept baignoires , deux douches et deux piscines. La quantité d’eau que produisent les sources en 24 heures est de 180,000 litres ; 6 à 700 étrangers et 4 à 500 militaires forment le nombre des personnes qui viennent prendre les eaux dans une année.
Les eaux deBaréges ont été employées dans une foule d’affections; on les prend en bains, en douches eten boisson. Administrées à l’intérieur, elles produisent une stimulation assez marquée , l’accélération du pouls , de la sueur , quelquefois elles provoquent même l’insomnie; chez beaucoup de personnes leur emploi est signalé par de légères purgations : le célèbre Bordeu a signalé cette propriété, et il considérait ces eaux comme étant re-
lâchantes. A l’extérieur les eaux de Baréges agissent comme presque toutes les eaux sulfureuses et alcalines ; cependant on doit dire que l’efficacité de celles- ci est mieux constatée , ce qui tient certainement à l’énergie plus grande qu’elles possèdent. Depuis les travaux des trois Bordeu, il existe un assez grand nombre de documents recueillis sur l'effet de ces eaux, et il est peu de maladies chroniques dans lesquelles on n’ait essayé leur action ; mais c’est principalement dans les affections chroniques des viscères du bas-ventre , dans les paralysies, dans les rhumatismes, la goutte, la syphilis invétérée, ou dans l’épuisement produit par un long traitement de cette affection, que ces eaux conviennent spécialement; on les emploie également dans les convalescences qui sont le résultat de fièvres longues ou de maladies graves , après la guérison de blessures profondes qui ont exigé uu traitement douloureux et prolongé qui a épuisé le malade. Elles déterminent aussi la guérison des blessures anciennes , des vieux ulcères qui ont résisté à tout autre traitement; elles guérissent la rétraction des muscles, des tendons, des ligaments, les maladies des articulations; on en fait un grand usage , et avec succès, dans les affections scrofuleuses, dans les maladies de la peau déjà anciennes, dans les affections des reins, de la vessie et surtout dans la maladie calculeuse. Quelques femmes en ont retiré de bons effets dans les engorgements chroniques du col et du corps de l’utérus,
cans la suppression des flueurs blanches; cependant
eiles ne doivent prendre ces eaux que sous la surveillance d’un guide éclairé, et les médecins des eaux sont toujours ceux que l’on consultera avec le plus de fruit ; car la grande activité des eaux de Baréges les a quelquefois rendues d’un usage dangereux. La saison commence le premier juin et finit Je premier octobre, j. p, Beaode.
baryte ( chim . et mat. méd.) , s. f. Protoxide de baryum; du grec barus, pesant, à cause de sa pesanteur spécifique qui est très-considérable). Cet oxyde est solide , gris , caustique, rougissant fortement la teinture de curcuma, comme les autres alcalis; il se dissout dans cinquante parties d’eau froide avec dégagement de chaleur, et se combine alors avec une portion du liquide en formant un hydrate. Ses propriétés se rapprochent en général de celles de la chaux, mais il en diffère surtout par sa plus grande solubilité dans l’eau, où il peut cristalliser, par la faculté qu’il possède d’absorber l’oxigène à la chaleur rouge naissant en formant un deutoxide, et surtout par l’extrême insolubilité de sa combinaison avec l’acide sulfurique. Le précipité de sulfate de baryte est sensible en effet dans plus de 3,000 parties d’eau, et il ne se dissout pas non plus dans l’acide nitrique. La baryte se rencontre dans la nature à l’état de carbonate et de sulfate ; pour la préparer, on traite par l’acide nitrique le carbonate naturel, ou bien le sulfure de baryum obtenu en chauffant au rouge blanc un mélange de charbon et de sulfate de baryte. Quand on s’est ainsi procuré du nitrate de baryte, on décompose celui-ci à l’aide de la chaleur, et il reste de la baryte pure.
Il parait qu’à la dose de vingt grains la baryte et la plupart de ses sels sont vénéneux, même ceux que l’eau ne dissout pas ; cependant le sulfate , et surtout celui qui se trouve dans la nature, est bien moins dangereux , puisque M. Orfila eu a souvent fait prendre à des chiens jusqu’à deux onces sans qu’ils aient éprouvé la moindre incommodité. Il résulte de cette dernière observation, que le meilleur contre-poison à administrer dans le cas d'empoisonnement par des préparations de baryte serait un sulfate soluble comme celui de potasse, de soude, de magnésie, etc.; il y aurait alors dans l’estomac double décomposition et formation de sulfate de baryte.
En médecine, le chlorhydrate (hydrochlorate) de baryte a été employé contre les engorgements des glandes, le rachitisme, le carreau, et en général contre les*affections scrofuleuses. M. Baudelocque, qui a préconisé ce médicament, fait frictionner les glandes engorgées avec une pommade composée d’un gros d’hydrochlorate de baryte et d’une once d’axonge, en même temps qu’il fait prendre à l’intérieur une ou deux cuillerées à bouche d’une solution aqueuse d’un grain par once du même sel. Peut-être pourrait-on substituer avec avantage à cette préparation l’hydriodate de baryte, sel également soluble qui agirait à la fois et par l’acide et par la base. Quoi qu’il en soit, on n’est pas encore bien d’accord sur l’efficacité des préparations de baryte. J. P. Beaude.
baryum (chim.), s. m. C’est le radical de la baryte. Y. ce mot.
basilaire ( anat .), adj. (de basilaris , qui appartient à la base). On a donné ce nom à diverses parties qui étaient considérées comme servant de base à d’autres ; on a nommé l’angle inférieur de l’occipital apophyse basilaire , parce qu’il formait la partie inférieure et comme la base de la tête ; une
artère voisine a reçu le nom d’artère basilaire. (V. Occipital .) J. B.
basilic (bot.), s. m., ocimum basilicum, L. didynamie gymnospermie L.; famille des labiées Jus. Plante annuelle, originaire des Indes et de Perse ; ses fleurs blanches forment de longs épis; elle est cultivée dans les jardins, et quoique son odeur pénétrante et sa saveur aromatique annoncent des propriétés assez énergiques , elle est aujourd’hui peu usitée en médecine. On employait autrefois son infusion comme stimulant dans certains catarrhes. Desséchée et réduite en poudre, elle est au nombre des plantes qui peuvent suppléer le tabac. On a donné aussi le nom de basilic sauvage au chénopodiurn vulgare, plante assez commune , qui jouit des mêmes propriétés que la précédente et qui est aussi peu usitée que celle-ci. J. B.
basilicum ou basilicon (pharm.'), s. m. (du grec basilikos , royal). C’est le nom que l’on a donné à un onguent, parce qu’on le cr oyait doué de trèsgrandes vertus. L’onguent basilicum est composé de cire jaune, de cire grasse, de poix, de chaque une livre et demie, et d’huile neuf onces. Cet onguent s’emploie pour exciter la suppuration. Il est peu en usage aujourd’hui. J. B.
bassin ( anat ), s. m. (en latinpeftus), grande cavité osseuse irrégulière, ouverte en haut et en bas, et qui termine le tronc inférieurement; elle loge en partie la vessie, la matrice , le rectum ainsi que d’autres organes, et livre passage à l’enfant lors de l’accouchement. Quatre os entrent dans sa composition,, l’un en arrière porte le nom de sacrum; il est recourbé et présente une forme pyramidale; sa base qui regarde en haut soutient la colonne vertébrale; son sommet tourné en bas est contigu au coccyx , autre petit os du bassin situé au-dessus de l’anus. Le sacrum est enchâssé comme un coin entre les deux os des îles ou os iliaques ; ces
derniers, plus larges, sont situés par côté et forment
la saillie des hanches. Dans l’enfance chacun d eux est formé de trois pièces qui se soudent plus tard, et dont on conserve néanmoins les noms et les divisions chez le sujet adulte. L’une de ces pièces, qui porte le nom de pubis, est située en avant et à la partie inférieure du ventre; les deux pubis réunis forment alors cette saillie osseuse en forme d’arcade au-dessous de laquelle se trouvent les parties génitales externes. La seconde portion de l’os iliaque, ilium , forme spécialement le contour et la saillie delà hanche; enfin la troisième pièce, l’ischion, est cette saillie osseuse qui supporte le corps de chaque côté, lorsqu’on est assis. Au point de réunion de ces trois pièces se trouve une cavité dite cotyloïde , de forme à peu près hémisphérique, regardant à la fois en dehors, en avant et en bas ; son diamètre est de deux pouces; elle loge la tête du fémur ou extrémité supérieure de l’os de la cuisse. La surface extérieure du bassin est recouverte en arrière par trois paires de muscles appelés fessiers, qui forment la saillie de même nom. En avant, où elle est plus étroite, cette surface présente la jonction des deux pubis, et
de chaque côté une face inclinée percée d’un trou dit sous-pubien, et recouverte par les muscles adducteurs de la cuisse. Considéré dans son intérieur et lorsqu’on a enlevé les parois de l’abdomen, le bassin nous offre en haut une portion évasée et limitée latéralement par la saillie des hanches; plus bas et au niveau du pubis une autre partie rétrécie nommé petit bassin ou excavation pelvienne. Cette excavation, que doit franchir l’enfant, communique en haut avec la partie évasée du bassin, en présentant un pourtour ou orifice supérieur nommé détroit supérieur, entrée de l’excavation du bassin , et s'ouvre en bas par un autre orifice très-irrégulier, formé par l’écartement des pubis et le coccyx en arrière, correspondant aux parties génitales de la femme ; ce second orifice s’appelle détroit inférieur. Pendant le travail del’accouchement, l’enfant, contenu d’abord dans la partie évasée du bassin, traverse le détroit supérieur, s’engage dans le petit bassin, et parait enfin au jour en franchissant le détroit inférieur : il parcourt ainsi une sorte de canal osseux à axe d’abord vertical, mais dirigé ensuite un peu en avant. Ces définitions sont importantes à connaître pour comprendre le mécanisme de l’accouchement. Pour que celui-ci soit possible, il faut que la tête de l’enfant , qui est la partie la plus volumineuse du corps, présente des diamètres moindres que ceux du canal osseux qu’il doit parcourir; c’est aussi ce qui a lieu le plus ordinairement; mais d’autres fois , chez certaines femmes rachitiques, ou bien par suite de tumeurs osseuses, les diamètres du canal sont rétrécis, et l’accouchement ne peut s’effectuer sans recourir à des opérations souvent sanglantes et dangereuses. De là vient l’importance que les médecins ont attachée à bien connaître les diamètres des détroits supérieur et inférieur. Sans entrer ici dans des détails qui nous entraîneraient trop loin, nous dirons que dans les cas ordinaires, le plusgrand diamètre de la tête de l’enfant, lorsqu’il s’engage, étant de quatre pouces un quart, le plus grand diamètre des détroits supérieur etinférieur au moment de l’accouchement sont de quatre pouces et demi pour le premier détroit, et de cinq pour le second. Lorsque cesdiamètres chez la femme n’atteignent pas trois pouces, il faut souvent recourir à une opération. Les médecins sont plus d’une fois consultés pour décider si une jeune personne peut devenir mère sans danger. Pour résoudre cette questionnes hommes de l’art examinent si le sujet présente des traces de rachitisme, ils s’informent à quelle époque les déformations osseuses, si elles existent, ont eu lieu ; ils doivent se rappeler que beaucoup, la plupart même desjeunes filles seulement bossues sans déformation des membres, ont le bassin bien conformé. Cet examen ne suffit pas, et ils ont recours à la mensuration directe; un compas d’épaisseur, nommé pelvimètre leur donne la distance , 1° du point le plus saillant de la jonction des pubis à la première saillie que présente le sacrum en arriére et en haut; 2° de la partie la plus évasée d’une hanche à l’autre. Chez une femme bien conformée, le premier espace doit être de sept pouces environ; le second doit en avoir dix. Lorsque le toucher