‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 114 sur 316 · BAD · texte numérisé non relu

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Baden est une petite ville à 4 lieues de Vienne, très-renommée pour ses eaux minérales. La température de ses sources est de 27 à 48 degrés cèntigrades. Ces sources sont nombreuses et abondantes. Les eaux sont un peu laiteuses ; leur odeur est hépatique , leur saveur est salée , acidulé et désagréable ; elles contiennent du muriate de magnésie , du sulfate de soude , de magnésie et de chaux ; du carbonate de magnésie et de chaux , de la silice , de l’hydrogène sulfuré et de l’acide carbonique.

La ville de Bade contenait autrefois neuf bains, qui étaient le bain du Duc, celui de Notre-Dame, de S‘.-Jean, les deux bains des Juifs, celui des Gueux, de Sainte-Croix et de Sower; on y distingue maintenantes bains de Marie-Thérèse, et l’établissement debienfaisance fondé par les dames nobles.

Ces eaux, qui sontsulfureuses, sont employées en bains et en boisson ; en bains elles déterminent des sueurs abondantes et souvent une éruption qui a reçu le nom de psydracia thermalis. On prend les eaux de Bade dans les douleurs rhumatismales anciennes, dans les paralysies; surtout celles qui ont été déterminées par l’action des préparations de plomb , dans les catarrhes chroniques , dans les affections scrofuleuses , et dans les anciennes maladies de la peau. Comme ces eaux sont très-actives, on doit se garder d’en faire usage chez les sujets trop irritables, pléthoriques ou disposés à quelque inllammation.

J. P. Beaude.

Inspecteur des établissements d'eaux minérales.

badiane , [mat. méd.), s. f. (Anis étoilé , anisum ttellatum; Anis de Chine, Anisum sinense). On désigne ainsi les fruits de Ylllicium anisatum. Polyandrie polygynie L. , famille des maguoliacées.

L’arbre auquel Linné a donné ce nom est très-répandu dans l’Inde , surtout en Chine , au Japon, aux îles Philippines, et dans la Tartarie. 11 est en grande vénération parmi les peuples de ces contrées, qui entourent leurs idoles de ses rameaux et brûlent son bois au pied de leurs autels. Toutes les parties de ce grand et bel arbre , et surtout ses fruits, dont les Orientaux font un trèsfréquent usage comme masticatoire , laissent exhaler une odeur aromatique d'anis qui plaît infiniment et qui est très-recherchée des liquoristes pour la fabrication de la liqueur appelée badiane des Indes, et pour celle de l’anisette de Bordeaux, du ratafia de Boulogne , etc. Ces fruits sont composés de capsules brunâtres , épaisses , dures , ligneuses, renfermant chacune une espèce de noyau oblong , lisse , fragile , dont l’amande est blanchâ- ! tre et huileuse. Réunies en manière de rayons en un centre commun , ces capsules affectent la forme d’une étoile qui, d’ordinaire, est très-régulière dans ses proportions.

La badiane ou anis étoilé jouit d’une force excitante , qui est tout-à-fait analogue à celle de notre anis. Comme lui, cette substance donne à la matière médicale un très - bon stomachique , pourvu que l’estomac ne soit ni échauffé , ni irrité. C’est également un utile carminatif pour les cas où le tube digestif pèche par défaut de toni-

cité. Son action , concentrée sur le cerveau , la rend propre à faciliter les travaux intellectuels, à récréer les esprits , etc. On indique l’infusion théïforme de badiane , comme un excellent moyen de se préserver des rhumes , des toux et autres affections catarrhales, qu’occasionnent si souvent les temps de pluie ou de brouillard , et en général, les saisons froides et humides.

F. E. Plisson.

badigeonneurs (Maladies des) (path.). Les badigeonneurs sont les ouvriers qui travaillent à la corde nouée , soit pour le blanchissage des façades des maisons, soit pour les réparations des voûtes des églises, ou pour exécuter des travaux de récrépissement sur la hauteur des bâtiments et des édifices. Les badigeonneurs , à cause de la manière dangereuse et pénible avec laquelle ils sont obligés d’exercer leur métier , sont sujets à des affections très- graves, que nous croyons convenable de signaler ici, quoique les auteurs n’aient rien dit à ce sujet. Voici le résultat de nos recherches. Ces ouvriers, pendant leur travail, restant souvent à cheval sur une corde , la compression continuelle que cette corde exerce sur le périnée et sur les testicules produit, dans le commencement du travail, l’engorgement de ces parties, le rétrécissement du canal del’urèthre et une grande dilatation des bourses; après quelques mois de travail, les ouvriers se plaignent d’un poids considérable des testicules et de la difficulté d’uriner.

Une des maladies les plus graves auxquelles les badigeonneurs sont sujets sont les hernies inguinales, et surtout les deux espèces nommées lubonocèle, et oschéocèle; cette dernière , qui s’appelle aussi scrotale, parce qu’elle descend jusqu’au fond des bourses, est la plus fréquente à cause de la position dans laquelle se trouvent ces ouvriers pendant le travail; ainsi les efforts qu’ils font se communiquant, vers leurs points d’appui, aux aines et aux parties inférieures du bas-ventre, fatiguent les anneaux inguinaux ; les intestins grêles et les épiploons qui correspondent à ces ouvertures se trouvant toujours refoulés en bas, à cause de la masse des autres viscères abdominaux qui pèsent continuellement sur les premiers , produisent les deux espèces de hernie que nous venons d’indiquer.

Aussitôt que la hernie se manifeste, il faut en faire la réduction (voir Hernie ) ; et prévenir ainsi l’étranglement qui ne tarde pas à arriver , si ces ouvriers continuent à se livrer au travail; après la réduction de la hernie, nous ne saurions trop leur recommander l’usage des bandages convenables; c’est le seul moyen d’éviter les suites fâcheuses de cette affection et d’être moins gênés pendant le travail.

On rencontre souvent, chez les badigeonneurs, une dilatation très- considérable des vaisseaux lymphatiques , et cette dilatation est quelquefois si grande qu’elle peut faire croire à l’existence d’une hernie inguinale épiplocèle ; mais il suffit de faire tousser le malade et d’appliquer la main surl’anneau inguinal, pour s’assurer qu’aucune impulsion n’est transmise de l’intérieur à l'extérieur.

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Pour prévenir l’engorgement des testicules , la dilatation extraordinaire des bourses , et le rétrécissement du canal de l’urèthre, il faudrait faire usage d’un coussinet qui , s’appliquant parfaitement sur ces parties, pût les garantir de la compression immédiate de la corde nouée ; pour diminuer la gêne que cause le poids considérable des testicules , il est nécessaire de porter un suspensoir , et si l’engorgement de ces organes n’est pas trop ancien, il faut appliquer sur les parties un cataplasme chaud , de mie de pain , arrosé de sous- acétate de plomb , que l’on renouvellera deux fois par jour. Enfin, les badigeonneurs sont exposés à des chutes d’un lieu très-élevé.

Nous ne finirons pas cet article sans signaler un genre de perfectionnement qui , dans ces derniers temps, a été apporté au badigeonnage. L’influence que les machines exercent depuis quelque temps sur le bien-être , l’aisance et la santé des ouvriers est une chose incontestable. Des grands entrepreneurs , ayant leurs ateliers entre la barrière Pigale et celle des Martyrs, viennent de confectionner un échafaud mobile suppléant à la corde à nœuds et pouvant se manœuvrer avec une facilité telle que l’ouvrier qui est dessus peut, seul, se diriger à droite, à gauche, du bas en haut et du haut en bas du bâtiment, sans perte de temps et sans danger. Ces échafauds se placent de manière à ne point gêner la voie publique; pour les fixer on n’a besoin de faire aucun trou dans les façades , d’y planter ni clous, ni chevillettes. Les planchers volants de ces machines se composent de feuilles de parquet qui, s’adaptant par un ajustage , ne laissent échapper ni gravois, ni poussière ; le service des boutiques n’est point interrompu et les marchandises n’éprouvent aucune avarie. Une machine facile à mouvoir permet de monter cet échafaud à une hauteur quelconque ; un homme seul peut la faire fonctionner à volonté. On peut louer cette machine à un prix très-modéré, et il est à désirer que les entrepreneurs fassent usage de ce nouveau système d’échafaudage et abandonnent l’ancienne méthode, qui compromet la sûreté publique, ainsi quel’existence et la santé des ouvriers.

A. Chevalier et S. Furnari.

bagnères de bigorre (Eaux minérales de). Bagnères est une ville du département des Hautes- Pyrénées située à l’entrée de la vallée de l’Adour, à 178 lieues de Paris, au sud-est de Tarbes et près de Baréges. Les Romains avaient fait construire des thermes dans ce lieu qu’ils nommaient Viens Aquensis. Bagnères est située sur le revers des montagnes, à une hauteur de près de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, la température y est douce et le site des plus pittoresques, la végétation est riche et vigoureuse. Dans la plaine les eaux sourdent à travers une couche sablonneuse en plusieurs endroits, et il suffit partout de percer verticalement le sol pour obtenir une source minérale ; c’est ce qui a fait penser qu’il existait sous le terrain une large nappe d’eau minérale analogue à celles que nous perçons pour obtenir nos puits artésiens.

Il existe à Bagneres un très-grand nombre de sources qui donnent des eaux de diverses natures, suivant qu’elles sortent directement du tuf ou terrain primitif, ou qu’elles sortent des couches de gravier dont nous avons parlé. On a constaté à Bagnères trois espèces d’eaux minérales : les unes sont salines, les autres ferrugineuses et les dernières sulfureuses, comme toutes celles qui sourdent des terrains granitiques des Pyrénées. Les sources salines sont les plus nombreuses, et elles contiennent surtout des sels de magnésie et de chaux. Voici la composition de celles des thermes de Marie-Thérèse, qui sont l’un des plus beaux établissements qui aient été faits dans ces derniers temps. La température de ces sources varie entre 33 et 39 degrés centigrades; elles contiennent du muriate de magnésie et de soude, du sulfate de magnésie, de chaux et de soude, du carbonate de chaux et de magnésie, une matière résineuse et extractive, de la silice et de l’acide carbonique. Les eaux ferrugineuses contiennent les mêmes principes, plus du carbonate de fer et une matière végéto-animale. Il n’existe que deux sources sulfureuses à Bagnères : ce sont celles de Labas sère et de Parade. La source de Labassère est située àenv. 1 5 à 1 G kil. de Bagnères, dans un endroit trèspittoresque; l’eau est froide. Le 6 septembre 1853 elle m’a donné 12 degrés cent., la température de l’air étant de 15 degrés. Elle est claire, limpide, d’une saveur et d’une odeur très-sulfureuses ; au sulfhydromètre elle m’a indiqué 16 degrés par litre. Cette eau est portée dans la saison tous les jours pour y être bue ; elle est chauffée dans un appareil particulier par l’action de la chaleur des eaux thermales de l’établissement. L’eau de Labassère transportée se conserve très-bien.

Les eaux de Bagnères varient dans leurs propriétés suivant leur nature; les eaux simplement salines sont le? plus employées : prises en boisson, elles donnent lieu à une légère purgation après un usage de trois à quatre jours. Les eaux purgatives sont celles de la source de Lasserre et de la Reine ; ces eaux sont aussi employées eu bains et en douches. Les eaux de la source de Saint-, situées à peu de distance de la ville, dans une situation très-pittoresque, sont surtout employées dans les affections nerveuses.

Rappeler les propriétés deseaux de Bagnères, c’est indiquer la plupart des cas dans lesquels on emploie les eaux thermales ; ainsi on les recommande dans presque toutes les maladies chroniques, dans les affections anciennes et les engorgements des viscères du ventre, dans les dérangements des fonctions digestives, dans les maladies des voies urinaires, dans les pâles couleurs, l’aménorrhée, les rhumatismes et les paralysies. On leur a cru aussi une action marquée pour guérir l’impuissance, mais nous ne leur croyons pas à cet égard une vertu spéciale ; elles agissent comme pourrait le faire tout stimulant extérieur et intérieur pour éveiller une faculté qui n’est ordinairement anéantie avant les autres que par les excès auxquels on s’est livré : le repos et le régime des eaux sont dans ces circonstances les moyens qui ont souvent le plus d’action.

On recommande de boire les eaux à la source, car elles sont un peu gazeuses; deux à six verres à jeun sont les doses entre lesquelles on varie; souvent on ajoute quelques gros de sulfate de

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soude et de magnésie pour rendre l’action des eaux plus purgative ; mais on ne devra faire usage de ces moyens qu’avec l’avis du médecin des eaux; il en est de même pour la nature des eaux qu’il faut prendre et pour les sources auxquelles il faut boire ou se baigner; ces choses ne sont pas indifférentes, surtout lorsque les sources présentent, comme à Bagnères, une composition et des propriétés différentes. La saison commence le 15 mai et finit le 15 octobre.

Bagnères de Luchon (eaux minérales de). Bagnères de Luchon est une petite ville du département de la Haute-Garonne; sa population est d’environ 1,500 habitants. Elle est située dans la vallée de Luchon. Les débris d’inscriptions romaines que l’on a trouvés dans ces lieux attestent que les Romains y avaient des thermes. Aujourd’hui huit sources servent à alimenter l’établissement thermal de Bagnères et les établissements particuliers. La température de ces sources varie depuis 22 degrés centigrades jusqu’à 58 degrés, presque toutes sourdent d’un terrain granitique ; quelques-unes sortent du terrain de transport qui recouvre les anciennes piscines des Romains, et sur lequel on a bâti le nouvel établissement thermal ; ces eaux sont sulfureuses , et les matières qui entrent dans leur composition sont : de l’hydro-sulfate de soude, du carbonate de soude , du sulfate et de l’hydrochlorate de la même base, mais en très-faible proportion; de l’acide carbonique et un peu de silice.

Les eaux de Luchon présentent un phénomène remarquable que nous croyons devoir d’autant plus indiquer qu’il n’a pas encore été expliqué. Les bains sont ordinairement composés de l’eau de plusieurs sources. Lorsque l’on en compose un avec l’eau de la source de la Grotte Supérieure et de la Reine, d’une part, et de l’autre avec celles des sources froide et Hanche, ce bain, qui est toujours transparent et limpide dans les circonstances ordinaires , devient trouble et de couleur laiteuse si le temps est orageux ; il redevient limpide si on ajoute de l’eau de la Grotte Supérieure. Les physiciens et les chimistes ont essayé de donner quelques explications de ce phénomène, mais aucune jusqu’à ce jour n’a paru satisfaisante.

Ces eaux se prennent en boisson et en bains; on laisse ordinairement refroidir l’eau des sources dont la température est trop élevée avant de la boire , ou on la coupe avec l’eau d’une autre source plus froide; quelquefois on y mêle des tisanes, du lait ou du petit-lait. M.Léon Marchant, qui a écrit sur les eaux minérales des Pyrénées, dit cependant avoir vu un buveur boire un verre de l’eau de la source de la Grotte, dont la température est de près de 58 degrés centigrades, sans qu’il en fût incommodé. La dose d’eaux minérales que prennent les buveurs dans une journée est de deux à trois verres. Les bains doivent être pris au nombre de trente à quarante pour que l’on puisse espérer une guérison. La saison des eaux , c’està-dire l’époque où il est le plus convenable de les prendre, est depuis la fin de mai jusqu’au 15 ou 20 octobre. Passé cette époque, les eaux perdent sou-

vent de leur activité à cause des pluies qui viennent s’y mêler, et d’ailleurs leur action médicatrice n’est plus aussi convenablement favorisée par l’action de la température et par toutes les conditions de climat que l’on trouve l’été dans ces pays de montagnes, qui l’hiver prennent un aspect si différent et qui ont un effet si opposé pour la santé.

L’action des eaux de Bagnères de Luchon est très -énergique. Tous les sujets ne doivent pas s’exposer à les prendre avant d’avoir consulté un médecin éclairé ; elles stimulent fortement l’estomac, la peau et les voies urinaires, elles déterminent des sueurs abondantes, des éruptions ; elles occasionnent souvent la constipation et une stimulation spéciale des organes génitaux chez les deux sexes. Les personnes apoplectiques, irritables et disposées aux inflammations doivent s’en abstenir.Elles conviennent surtout dans les anciennes maladies de la peau, dans les affections goutteuses et rhumatismales chroniques , dans les engorgements lymphatiques, les scrofules , les suppressions du flux menstruel ou hémorrhoïdal; dans les affections syphilitiques rebelles, les vieux ulcères, les engorgements du tissu cellulaire sous-cutané, l’éléphantiasis, la lèpre.

J. P. Beaude.

bagnoles (Eaux minérales de). Bagnoles est un bourg du département de l’Orne, à 50 lieues de Paris et 7 lieues d’Alençon; sa situation est des plus pittoresques; la source, dont la température est de 26 degrés centigrades, sort d’une montagne; elle est reçue dans un bassin d’ou elle est dirigée par des conduits pour le service de l’établissement thermal. L’eau de Bagnoles est chaude , claire ; sa saveur est acidulé et légèrement sulfurée. Mais les principes sulfureux y sont en très-petite proportion et n’ont été seulement qu’indiqués par l’analyse. Elle est onctueuse et douce au toucher; à sa sortie de la source, il s’en dégage un mélange gazeux composé d’acide carbonique et d’azote. Cette eau contient du muriate de soude ou , sel marin en très -forte proportion, du sulfate de chaux, du muriate de chaux et du muriate de magnésie ; mais ces derniers sels en très-faibles parties.

Les eaux de Bagnoles sont toniques; elles sont employées avec succès par les personnes qui ont les fonctions de l’estomac dérangées par suite de maladies, d’excès de travail ou d’une autre nature; elles sont utiles dans les suppressions de règles et dans la chlorose ; on a aussi remarqué qu’elles avaient quelques succès dans les rhumatismes et la paralysie. Indépendamment de la source dont nous venons de parler , Bagnoles possède une source ferrugineuse et acidulé froide.

Bagnoles (Eaux minérales de ). Bagnoles, departement de la Lozère, est un village à trois lieues de Mende et à 150 de Paris, Les sources, dont la température est de 45 degrés centigrades, sortent par plusieurs filets d’une roche de nature schisteuse. Les thermes de Bagnoles paraissent remonter à une assez haute antiquité , car le bassin qui

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reçoit les eaux et l’aqueduc qui les conduit à l’établissement de bains, sont de construction romaine. Cet établissement est formé de trois salles où sont des piscines publiques ; il y a seulement huit baignoires particulières, plus des douches et des étuves.

Les sources sont abondantes et fournissent en 24 heures 172 mètres cubes; l’eau est chaude, de couleur opaline, elle répand une odeur sulfureuse que l’on dit ne se développer que quelque temps après sa sortie de la source; car à la source même cette odeur ne se fait point remarquer ; elles sont onctueuses au toucher et d’une saveur désagréable; cette saveur disparaît en partie par le refroidissement. Soumises à l’analyse, ces eaux ont donné pour résultat du gaz hydrogène sulfuré, du sulfate de chaux, du muriate de magnésie, un peu de fer et une assez grande quantité de matières animalisées que l’on croit combinées avec du carbonate de soude , et qui se déposent dans l’aqueduc voûté , dont nous avons parlé, sous forme de concrétions diversement colorées. Il existe quelque incertitude sur la composition intime de ces eaux, et il serait peut-être important qu’elles fussent de nouveau soumises à l’analyse.

Les eaux de Bagnoles sont employées en boisson , bains , douches , et bains de vapeur Les eaux que l’on prend en boisson sont un filet détourné de la source principale , qui est conduit â une fontaine particulière; les cas dans lesquels on les prescrits sont ceux de rhumatisme chronique , de paralysie, d’affections catarrhales anciennes , d’engorgements lymphatiques et d’affections scrofuleuses.

La saison des eaux commence le 1er juillet et se termine au 1er septembre; la température de Bagnoles est généralement froide, et c’est sans doute une des causes du peu de temps que dure la saison des eaux.

baguenaudier ( bot .), s. m .,{colutea arborescens ) L., diadelphie décandrie Lin., famille des légumineuses Jus. Arbrisseau de dix à douze pieds de haut, qui croît naturellement dans les buissons des provinces méridionales; il est assez commun dans les jardins des environs de Paris , où on le cultive comme plante d’agrément. Tout le monde connaît sa fleur jaune à laquelle succède une gousse en forme de vessie; lorsque Ton presse celle-ci entre les doigts , l’air qui s’y trouve contenu rompt l’enveloppe et s’en échappe avec bruit. On s’est souvent servi des feuilles ou plutôt , suivant le langage des botanistes, des folioles de cet arbrisseau, pour les mélanger avec le séné qui coûte plus cher; cette fraude s’explique en ce sens que les feuilles du baguenaudier jouissent des mêmes propriétés purgatives que le séné , et renferment le même principe actif, la cathartine , seulement en quantité moindre. Aussi Boerhaave avait-il appelé cette plante séné d’Europe.

On peut préparer un bon apozème purgatif à prendre par verrées dans le courant de la journée, en faisant infuser à chaud deux onces de feuilles du baguenaudier dans un litre d’eau. 11 sera con-

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venable d’y ajouter quelques fleurs de camomille, plus une quantité suffisante de sucre ou de miel.

BAILLEMENT ( physiol .) , s. m., de balare, bêler; inspiration longue , graduelle, indépendante jusqu’à un certain point de la volonté , s’accompagnant d’un écartement considérable des mâchoires, et suivie enfin d’une expiration plus ou moins bruyante. Ce phénomène a lieu toutes les fois que , par un trouble de la circulation ou de la respiration, le sang vient à s’accumuler dans les poumons, de manière à ne pouvoir être suffisamment revivifié par l’air inspiré naturellement; ce même phénomène se trouve aussi lié au besoin instinctif qui nous porte à avoir des pandiculations après le repos ou après une diminution de mouvement. Par le bâillement, l’air se trouve porté jusque dans les dernières ramifications des bronches, et remédie aussi au trouble delà circulation et au léger sentiment de malaise qui en résultait. Comment se fait-il qu’à l’occasion d’un embarras de la respiration, les muscles de la mâchoire et du diaphragme se contractent presque à l’insu de la volonté? on n’en sait rien. Il se passe là un phénomène nerveux inexplicable, comme tout ce qui tient aux sympathies.

Le bâillement reconnaît pour cause prochaine le trouble nerveux qu’éprouve la respiration, par suite de l’ennui ou de passions tristes qui serrent le cœur, comme on le dit; par la faim et par diverses affections nerveuses. Les femmes qui ont des attaques de nerfs bâillent souvent au commencement et â la fin de l’accès. Les modifications qu’éprouve la respiration, en passant du sommeil à la veille et réciproquement, excitent le bâillement quand on s’éveille ou qu’on est sur le point de s’endormir. Les animaux bâillent dans le vide de la machine pneumatique à cause de la soustraction de l’air; enfin on sait que l’imitation et le souvenir peuvent aussi provoquer le bâillement, surtout chez les femmes et les enfants. La fatigue et le frisson de la fié vre produisent le même effet. Pour s’empêcher de bâiller, il faut, d’après Galien, retenir quelque temps sa respiration ; selon Haller il faut faire une grande inspiration. On ne connaît guère de cas où le bâillement ait constitué une véritable maladie; cependant, par suite du grand écartement des mâchoires, il a occasionné quelquefois la luxation de l’os maxillaire inférieur; certaines personnes ne peuvent même bâiller sans se luxer aussitôt la mâchoire; elles restent alors la bouche ouverte jusqu’à ce que l’on remette l’os maxillaire à sa place. Ce sortes d’accidents ont sans doute donné lieu à ce vieux proverbe : bâiller à se démettre les mâchoires.

bain ( hyg . et thérap.), s. m. L’immersion de quelque durée constitue le bain; ce mot est ici employé dans son acception la plus générale. Prendre un bain, c’est se plonger, pendant un temps plus long que ce qu’on appelle l’instant, dans un milieu quelconque. Pour apprécier convena- ! blement l’utilité du bain , il faut tenir compte de

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chacun de ses effets. La variété des effets du bain dépend :

1» Des conditions physiques du milieu;

2° Des conditions chimiques de ce même milieu;

3° Du mode d’administration du bain ;

4° Des dispositions de l’individu auquel le bain est administré.

Conditions physiques du milieu. Elles consistent dans l’état de cohésion et dans la température de la matière du bain.

Etat de cohésion : La matière composante d’un bain peut être à l’état de gaz ou de vapeur, à l’état liquide, et à l’état solide, réduit en poussière ou fragments ; on fait usage de bains sous ces diverses formes. L’énumération en sera donnée plus loin.

Température : La température du milieu dans lequel on administre communément le bain est très - variable. Les extrêmes de cette échelle sont la glace fondante et 60 degrés centigrades. Deux circonstances font varier le degré de chaleur que l’on peut supporter dans le bain. La première est l’état de cohésion; la seconde est la facilité avec laquelle la substance, qui forme le milieu, abandonne le calorique. Ayant spécialement ici égard à la première, l’on peut concevoir comment un même degré de chaleur étant acquis par la matière dans laquelle on prend le bain, le corps de l’individu sera pénétré d’une plus grande somme de ce principe à la fois , si cette matière est liquide ou solide , soit à l’état de fragments, soit à celui de poussière, que si cette matière est gazeuse, aériforme, aussi peu dense que l’air. Il y a, dans le premier cas, contact d’une bien plus grande quantité de molécules de la matière du bain qui exhalent leur chaleur; la personne reçoit donc à la fois bien plus de rayons calorifiques , puisqu’ils lui viennent d’un plus grand nombre de points, et quoique cette chaleur lui soit communiquée au même degré. C’est ainsi qu’un brasier de charbons ardents n’est pas à une température pins élevée qu’un seul charbon, et chauffe cependant bien plus rapidement et plus complètement.

L’état de vapeur, lorsque celle-ci n’est pas éloignée du point où elle est près de reprendre l’état liquide, est moins supportable encore que le gaz sec, une même densité étant donnée, parce qu’une certaine partie de cette vapeur tend à se convertir en liquide et abandonne, conséquemment , une quantité considérable de chaleur. Quant à la seconde circonstance ci - dessus indiquée comme pouvant avoir de l’influence sur la somme de chaleur communiquée en un temps et dans un espace donnés, c’est-à-dire la propriété qu ont certains corps d’abandonner ou de conduire plus ou moins facilement le calorique, on sait que les physiciens ont rangé les différents corps de la nature suivant une échelle de succession qui établit, sous le rapport de cette propriété, une différence très-remarquable entre les points extrêmes

L’usage , conduit plutôt par l’expérience que par les considérations théoriques, a renfermé les limites de température du bain donné dans une matière solide, en poussière ou en fragments, entre 0 ou la température de la glace fondante

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et celle de 45 degrés centigrades. Les mêmes règles s’observent pour les bains liquides.

Quant à la vapeur, elle ne s’administre que dans un milieu composé; elle y est mélangée, avec l’air au moins, et l’on n’a pas l’habitude d’élever la température du mélange au-dessus de 45 degrés ; elle ne s’emploie pas non plus, ordinairement, que ce milieu ne soit à 30 degrés.

Les gaz permettent une latitude beaucoup plus grande. Le thermomètre s’élève quelquefois jusqu’à 60°. Il est rare qu’à dessein on ait recours à un bain gazeux au-dessous de 25 à 30 degres. Plus loin il sera établi la température à laquelle on administre chaque bain en raison de sa nature et des autres circonstances auxquelles il importe de faire attention , c’est-à-dire des conditions chimiques proprement dites.

Conditions chimiques des divers milieux dans lesquels on prend les hains. Les conditions chimiques sont très -variables; sur elles repose la nature différente de chaque milieu. Elles offrent à considérer la hase de ce milieu proprement dite , et les substances mélangées accessoirement, comme dans les aliments on ajoute les assaisonnements.

Nature ou composition de la hase du milieu. L’aib est sans contredit la substance dans laquelle nous sommes le plus communément plongés. Le bain d’air est le plus commun. C’est par exception que nous nous y soustrayons ; et cependant l’usage n’a pas consacré le nom de bain à cette immersion continuelle dans l’air pur et à la température atmosphérique. Il faut, ou une température très-élevée, dans un lieu circonscrit, ou une addition spéciale, pour que le nom de bain lui soit donné; telle est celle de l’eau en vapeur et de diverses autres substances, comme le soufre, le cinabre, etc. On fait, dans l’usage ordinaire, habituellement abstraction du bain d’air non mélangé. Dans le cas où l’on ne se conformerait pas rigoureusement à cet usage , on pourrait définir le bain, une immersion dans tout ce qui n’est pas l’atmosphère.

Bain d’air : Les bains d’air chaud se prennent dans les étuves chauffées à 45 degrés , et ce sont les bains russes; la température y est même quelquefois portée au-delà de ce degré , suivant les habitudes ou les dispositions individuelles. Les substances le plus communément ajoutées à l’air sont la vapeur d’eau, celle de soufre, de cinabre, déjà indiquée, celle de genièvre, des huiles essentielles variées , enfin des substances aromatiques dégageant leur arôme par l’action de la chaleur. La quantité de soufre et de cinabre, etc., employée pour un bain à vapeur, dans les cas ordinaires, est habituellement une demionce.

L’eau est après l’air la base la plus ordinaire des milieux dans lesquels nous prenons des bains. Prendre un bain dans le sens vulgaire, mais restreint, de cette expression, c’est se plonger dans l’eau. On prend le bain d’EAü à diverses températures. Il est réputé froid, de zéro, température de la glace fondante, à 10 ou 12 degrés au-dessus, thermomètre centigrade. Il est réputé tiède, de 112,15 degrés à 25 degrés. Il est chaud de 25 à 35

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degrés. On le supporte peu au-dessus. La sensibilité relative des individus, sur laquelle nous reviendrons plus loin, ne donne pas à ces limites une règle bien fixe. Tel trouve froid, et avec raison, le bain qui lui donne la sensation du refroidissement, quand un autre trouvera ce même bain tiède; il en est ainsi du bain tiède et chaud, comme il sera dit plus bas.

Substances accessoires. On ajoute au bain d’eau beaucoup de substances additionnelles. La nature en prend elle-même soin. En filtrant à travers les couches des diverses substances minérales qui forment la croûte du globe terrestre, l’eau des sources se charge de principes solubles. L’eau de la mer est combinée avec plusieurs sels et autres substances étrangères ; un sel surtout, le muriate de soude, s’y rencontre en proportion considérable. Ces eaux mélangées ont été, indépendamment de leurs rapports ou de leurs dissemblances de composition, rangées en deux ordres. Celles dont la température est audessous, ou ne s’élève pas au-dessus de la température moyenne de l’atmosphère, sont appelées tout simplement eaux froides. Celles qui sont au-dessus de cette même température ont reçu le nom d 'eaux thermales.

La composition des eaux naturelles minérales a donné lieu à des divisions plus nombreuses. On en a établi cinq genres : 1° Eaux salines, 2° eaux gazeuses ou acidulés, 3° eaux ferrugineuses, 4° eaux sulfureuses, 5° eaux iodées.

L’analyse chimique ayant fait connaître les substances combinées à l’eau dans les eaux minérales naturelles, on les a imitées. L’art a même singulièrement multiplié des eaux mélangées ou chargées de principes additionnels. (V. Eaux minérales.)

La médecine a varié la composition des bains en raison des médicaments qu’elle s’est proposé d’y introduire. On adonné des bains tout à fait artificiels : tels sont les bains de mauve, d’eau de lin, de quinquina, de gélatine, de deuto-chlorure de mercure, d’espèces aromatiques, d’eau de Cologne, etc.

Bain de quinquina. Faites bouillir, pendant une demi-heure, deux portions de quinquina rouge dans cinq parties d’eau commune; passez avec forte expression, et versez-le décocté dans quantité d’eau ordinairement employée pour un bain, 200 à 250 litres.

Bain émollient. Faites bouillir 3 à 4 livres d’espèces émollientes dans 10 livres d’eau pendant un quart d’heure ; exprimez et versez dans une quantité suffisante d’eau, etc.

Bain aromatique. Dans 6 à 8 livres d’eau bouillante, faites infuser pendant une heure 2 à 3 livres d’espèces aromatiques; passez avec expression, et versez dans quantité suffisante d’eau chaude. On peut ajouter à ce bain de 100 à 200 gr. d’essence de savon.

Bain gélatineux. Faites dissoudre 1 à 2 livres de colle de Flandre dans 6 à 8 livres d’eau chaude, passez à travers un linge, si cela est nécessaire, et versez le solide dans quantité suffisante d’eau chaude.

Bain antisyphilitique. Dans une livre d’eau, faites dissoudre 1 0 gr. de deuto-chlorure de mercure et 10 gram. de sel ammoniac; versez ce soluté dans une baignoire de bois contenant la quantité d’eau nécessaire.

Bain sulfureux. Mettez une solution de foie de soufre ( polysulfure de potassium), à 32 degrés de I’aéromètre de Baumé, 300 gr. dans l’eau suffisante pour un bain. On prépare les bains sulfureux dits bains blancs avec une solution de 120 gr. de sulfure de sodium cristallisé.

Bain ioduré. Prenez : iode 8 gr., iodure de potassium 16 gr., eau 600 gr. Faites dissoudre et mêlez avec l’eau pour un bain dans une baignoire de bois.

Toutes les proportions indiquées sont relatives à un bain dans lequel on plongerait la presque totalité du corps ; on emploiera des proportions relatives si le bain n’était qu’un bain de siège.

Les bains de pieds les plus usités sont les suivants :

Bain de pieds sinapisé. Dans une quantité d’eau chaude suffisante pour recouvrir les malléoles mettez de 60 à 120 gram. de farine de moutarde.

Bain de pieds alcalin. Dans une quantité suffisante d’eau chaude, délayez une poignée ou deux de cendres végétales provenant de bois non flotté, ou 15 à 30 gram. de sous-carbonate de potasse.

Bain de pieds révulsif. Dans une quanté suffisante d’eau chaude, versez de 30 à 45 gram. d’acide hydrochlorique.

Mêmes proportions pour les bains de mains.

L’eau se trouve encore mêlée en grande quantité à certains bains de substances molles, comme les bains de boues d’eaux minérales : telles sont celles de Saint-Amand. D’autres liquides naturels ou artificiels, d’autres substances molles sont encore employés : tels sont, parmi les liquides, le lait et Yhuile , et parmi les substances molles, le marc de raisin pris chaud, encore à la température que lui a communiquée la fermentation ; celui de marc d'olives, celui de tripes , qui n’est qu’un bain gélatineux fort chargé; celui de sang, celui de fumier, etc.

Enfin viennent les bains de substances solides : tel est le bain de neige et le bain de sable ; l’un et l’autre pris aux extrêmes de la température qu’on est dans l’habitude d’employer.

Mode d'administration. L’intention éclairée du praticien a eu moins de part encore aux différences multipliées suivant lesquelles sont administrés les bains que la coutume guidée par le sensualisme. L’antiquité, et ce que nous appelons encore l’incivilisation , ont plus souvent mieux fait sous ce rapport que l’Europe moderne et instruite. Égyptiens, Grecs, Romains de l’antiquité, Orientaux, Juifs, Persans, Turcs modernes, peuples soumis à l’islamisme, Indous, Chinois, observent des coutumes que nous jugerons plus loin, mais qui sont assurément beaucoup plus progressives que celles en usage parmi nous, et indiquent que les bains constituent une habitude beaucoup plus journalière chez eux que dans nos contrées. Ces diverses pratiques se touchent en quelques points, et se distinguent dans d'autres. Les différences reposent : 1° Sur les diverses températures auxquelles se prennent les bains, et particulièrement sur l'ordre nécessaire que ces peuples ont adopté pour passer du bain d’une température à une autre ; 2° sur des pratiques accessoires.

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Les Romains ont porté le mxe des bains à un haut degré ; ils imitèrent les Grecs, sur lesquels ils renchérirent. De vastes édifices dont il , reste partout des vestiges étaient consacrés à l’usage des bains devenus une première nécessité. Au centre de ceux de ces édifices qui réunissaient ï’ensemble des conditions que le luxe y avait introduites, on rencontrait un vaste bassin : c’était le réservoir général (aquarium). Autour de ce bassin régnait une galerie ; on s’y promenait. Près de ce réservoir, une salle particulière (vasarium), renfermait trois grands vases d’airain ( milliaria ), recevant , par les canaux, les eaux du premier grand bassin, .et contenant, l’un de l’eau froide, le second de l’eau tiède , l’autre de l’eau chaude. Ces trois sortes d’eaux, différentes par leur température , s’écoulaient séparément, chacune vers une salle particulière de bain; les salles servant aux bains chauds étaient : 1° La salle où affluait l’eau chaude ( calidæ lavationis ); 2° L’étuve sèche ( calidarium laconicum, imitation des Lacédémoniens) ; 3° L’étuve humide ( tepidarium ). La salle des trois vases et celles des bains chauds étaient toujours construites sur un four (hypocaustum) voûté, d’où s’échappaient de nombreux tuyaux aboutissant aux étuves sèches et humides, et que des hommes ( fornacatores) alimentaient incessamment avec du bois et des plantes sèches.

Les étuves étaient circulaires et voûtées , ouvertes par en haut ; un grand bouclier d’airain , baissé ou remonté à volonté, laissait ou empêchait d’entrer le jour et l’air. Des bancs circulaires, rangés en amphithéâtre, recevaient les baigneurs. On pouvait laisser échapper ou retenir à volonté la vapeur dans l’étuve humide.

Dans la salle des bains chauds proprement dits, un premier bassin ( latrum ), où l’on pouvait tenir plusieurs personnes, servaitàse laver. Au-dessous de ce bain , il y en avait un autre plus grand ; un banc servait à s’y asseoir ; on se baignait dans ce second réservoir pendant un temps plus long. De cette salle, on se rendait aux étuves, et de cellesci , soit qu’on eût pris ou non le bain tiède , dans une salle où l’on respirait un air frais f frigidarium). En sortant de cette salle fraîche on s’essuyait la sueur et on venait se baigner ordinairement dans un bassin d’eau froide (piscina) assez spacieux pour pouvoir y nager. Près de ce même grand bassin était construit un plus petitréservoir (baptisterium) , où l’on se lavait d’abord à l’eau fraîche pour s’habituer à la température froide. Les Romains riches ajoutaient à cela d’autres pratiques, des onctions exercées par des hommes habitués ( unctuarii ) , et l’on rentrait dans le vestiaire ( apodyterium) . Néron fit descendre la neige et remonter la mer dans ses bains. Pour deux centimes , à Rome , on prenait des bains où tout était surveillé par les édiles, qui, au temps de la république, savaient y maintenir la décence la plus stricte.

Quelque chose de beaucoup plus grossier existe chez les Finlandais et les Russes ; ils ont une étuve sèche : c’est une salle en bois , chauffée par un brasier au milieu : on verse de l’eau sur des I

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cailloux rougis au feu ; elle devient étuve humide , et la chaleur y monte ordinairement à 50 degrés. Sur la fin du bain , on se fait fouetter avec des verges de bouleau ; on est essuyé, puis lavé à l’eau tiède et à l’eau froide dont on reçoit plusieurs seaux sur la tête ; quelques-uns, dit-on, se plongent soit dans un étang, soit dans la neige.

Les Turcs se servent de l’étuve sèche , des onctions odoriférantes; ils font aussi usage de bains tièdes. C’est particulièrement dans les pratiques du massage que les bains indiens se distinguent des autres bains orientaux. On y prend aussi plus de précaution pour passer insensiblement d’une température plus chaude à celle de l’étuve humide, dans lesquelles les Indiens, mollement étendus, se font masser, épiler, frotter, se lavant eux-mêmes successivement à l’eau tiède, froide, et se parfumant. Nous venons de faire mention de massage, de l’épilation; les Romains ajoutaient encore à cette pratique^ râclement de la peau avec un couteau (. strigil ). Ajoutons à l’énumération de ces pratiques la plus essentielle et la plus commune chez nous, la natation.

Le bain d’eau courante est celui que l’on prend le plus habituellement dans nos contrées; la coutume du bain de mer s’établit de plus en plus chez les riches. Les bains d’eaux minérales semblent prendre rang dans nos habitudes. Le bain d’eau tiède dans une baignoire devient une nécessité. L’étuve sèche et humide est d’une pratique assez commune ; on a d’abord réuni plusieurs personnes dans une même salle, où l’on répandait ensuite la vapeur humide; puis on a substitué à cette coutume malsaine celle des boîtes dans lesquelles la tête est sèche au dehors. On donne aujourd’hui les bains de vapeur sèche et humide dans des cabinets particuliers où l’on pratique le massage et les affusions froides.

Le bain de vapeur se donne maintenant partout; dans le lit même, sous les couvertures; il suffit de faire pénétrer par un tuyau la vapeur dégagée par le plus simple moyen , la lampe à l’esprit de vin , par exemple. Toute espèce de bains se porte dans Paris à domicile ; l’on peut conséquemment se coucher immédiatement sur un lit sec , dans du linge chaud. Si le défaut de moyens pécuniaires ne permet pas d’employer les appareils récemment inventés , on peut y suppléer facilement: il suffit, à l’aide de plusieurs couvertures, ou avec une chemise de taffetas ciré ou de toile imperméable , d’entourer le corps et de l’exposer à un courant de vapeur toujours si facile à produire ; il ne faut que de l’eau bouillante, dont la vapeur soit conduite dans la capacité qui renferme le corps , la tête étant en dehors

Pour les vapeurs sulfureuses et autres , il est indispensable qu’un capuchon bien serré autour de la tête la prenne bien et laisse la respiration libre. Une boîte de bois, hermétiquement fermée, peut suffire à renfermer le corps; il faut seulement qu’une ouverture pratiquée en coulisse à la partie inférieure permette d’introduire une plaque métallique rouge ou un petit réchaud, sur laquelle on embrase le soufre, ou qu’un orifice introduise la vapeur. Le même appareil peut servir pour le cinabre, le I chlore et la vapeur d’eau. Chacun peut inventer

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des appareils de ce genre , qui n’ont besoin que d’être clos et de laisser la tête libre.

Tous les bains peuvent être pris partiellement; on ne saurait sans danger comprendre la tête dans ceux de soufre, de cinabre, de chlore, etc.

Il nous reste encore pour pouvoir, avec connaissance de cause , établir des préceptes relatifs à l’emploi des bains , à tenir compte des dispositions variées dans lesquelles peuvent être les individus qui prennent les bains. Nous apprécierons ensuite les effets de ces pratiques sur l’économie humaine dans toutes ces circonstances ; de là découleront les corollaires qui établissent les préceptes qui règlent l’emploi des bains , sous toutes leurs formes. N’oublions pas ici, qu’un auxiliaire qui , quelquefois devient agent principal , est mis en usage par les riches pour augmenter les effets de certains bains aux sources naturelles d’eaux minérales ; tels sont les exercices, la promenade, le séjour au sein de campagnes bien situées, loin de l’atmosphère et des coutumes de la ville. Heureusement un tel luxe n’est pas indispensable. Déjà l’art, porté à son dernier degré, a doté Paris de bains où tous les raffinements de l’Orient et toutes les ressources de la nature imitée, viennent se confondre : c’est ce qu’on trouve à Tivoli, aux Néothermes et dans d’autres établissements.

Dispositions individuelles. L’économie animale se présente sous des états si divers à l’action des agents qui l’entourent, que le même modificateur produit des effets fort opposés , suivant qu’il est mis en usage dans une disposition donnée, ou dans une condition physiologique qui en diffère. Ainsi, l’âge adulte, l’enfance, la vieillesse, le sexe , la constitution modifiée par l’habitude et par l’accident , le tempérament, la santé et la maladie, seront impressionnés à des degrés trèsvariés , sous des formes très-dissemblables , par la même influence. Ce qui est vrai en général l’est pour le bain; et c’est sur l’appréciation de ces circonstances qu’est fondée l’application rationnelle de ce moyen d’action.

Admettons un adulte, d’une constitution suffisamment résistante, d’un tempérament équilibré , sans habitude particulière , homme ou femme, actuellement dispos, la femme hors de l’époque des règles , l’un et l’autre, à trois heures au moins de l’époque de leur repas. Ce type servira de point de comparaison pour déterminer les effets produits par les diverses espèces de bains : il sera ensuite facile de faire l’application des données acquises aux autres conditions de l’organisme. Nous étudierons d’abord l’action commune des diverses espèces de bains qui se donnent à la température chaude; c’est-à-dire les effets du calorique aux différents degrés dont on a fait usage. Commençons par le bain d’eau simple , puis viendra l’étude du bain d’étuve humide et sèche , et enfin des bains dans la cendre ou les corps solides , en poussière ou en fragments.

Effets du bain d'eau simple tiède. A un degré de température modérée, de 25° à 30°, l’immersion de tout le corps , à l’exception de la tête , est suivie de la sensation d’une chaleur douce et agréa-

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