‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 147 sur 316 · CE R · texte numérisé non relu

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une nullité plus ou moins complète; d’où l’assoupissement avec ou sans rêvasserie , la stupeur, l’affaissement et le collapsus musculaire, qui appartient à toutes les agonies., et, bien différent de la paralysie, remplaçant le délire et l’agitation.

Si au lieu d’occuper les deux hémisphères la méningite n’en occupe qu’un seul , la céphalalgie, pendant le cours de la première période , est localisée à ce même côté , et pour peu que la surface enflammée ait une certaine étendue, le délire a lieu; tandis que si l’inflammation est circonscrite à un petit espace , les symptômes se rapportent davantage à ceux qui sont propres aux lésions locales de la substance du cerveau : c’est àîa suite des contusions du crâne que l’on observe le plus souvent ces méningites circonscrites.

Lorsque 5a méningite a son siège à la base du cerveau ou dans les ventricules ( Hydrocéphale aigwëj.sessyraptômes différent notammentde ceux que nous venons d’étudier. Très-commune chez les enfants en bas âge, assez rare chez l’adulte, l’inflammation de la base s’annonce encore par de la céphalalgie pendant lè cours de la première et une partie de la seconde période : c’est cette douleur, chez les enfants, qui leur fait porter presque continuellement les mains à la tête , et qui leur fait pousser des cris aigus pendant qu’ils sont assoupis. Le vomissement se rencontre beaucoup plus souvent que dans la méningite des hémisphères; un état de somnolence presque continuel et progressif, interrompu , chez les enfants seulement, par des accès de convulsions survenant brusquement, des deux côtés du corps, à la face et aux membres , remplace le délire et succède à la céphalalgie; les différents spasmes delà bouche , du globe de l’œil , des paupières , des bras , ne s’observent guère chez l’adulte; chez lui, c’est l’assoupissement qui domine; quant à la dilatation des pupilles, elle existe chez l’adulte comme chez l’enfant. Enfin, à mesure que l’épanchement qui résulte de l’inflammation des méninges de la base fait des progrès , le côma devient de plus en plusprofond, l’insensibilité plus grande; c’estdonc encore, comme dans l’encéphalite , à prévenir les effets matériels de l’inflammation qu’il faut s’attacher, le salut du malade dépendant entièrement de la promptitude avec laquelle ou se sera opposé à ces mêmes effets. Abordons actuellement le traitement.

Tant que les symptômes cérébraux n’indiquent encore qu’une simple congestion, que la céphalalgie, par sa coïncidence avec la fièvre ou avec un trouble léger des fonctions sensoriales et intellectuelles , est le seul signe qui fait soupçonner l’existence de la céphalite ou de la méningite , le traitement de l’une et de l’autre de ces inflammations,étant alors le mêm e, consiste dans l’emploi de la saignée ou dans l’application de sangsues au cou, aux tempes, derrière les oreilles, à la nuque, à l’intérieur des narines; application que i on pourra faire suivre de l'usage des ventouses. On se réglera , pour la quantité de sang à tirer, d’après l’intensité des symptômes cérébraux et de la fièvre comme d’après l’âge et la force du

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malade. On devra surtout, dans l’emploi de ces moyens , tenir compte des résultats favorables ou défavorables que l’on en obtiendra. Concurremment avec les émissions sanguines, on aura recours aux réfrigérants sur la tête et aux pédiluves chauds et irritants ; puis , par des bains frais secondés des affusions froides (Y . Affusions) , on s’opposera aux redoublements de la fièvre et à l’augmentation des accidents cérébraux. Pour boisson, on choisira les décoctions de chiendent, d’orge, l’hydromel, le petit-lait, etc.; et s’il existe de la constipation , on donnera de préférence des tisanes laxatives , comme l’eau de veau, le bouillon aux heibcs , la limonade avec addition de deux à quatre gros de sel d’Epsom, ou d’une à deux onces de sirop tarlareux, par pinte; ou bien on les remplacera par les décoctions de pruneaux de casse, de tamarin, si les premières s’accomodaient mal avec la susceptibilité de l’estomac. Lorsque l’inflammation du cerveau et des méninges se développe pendant des épidémies bilieuses ou saburrales , un ou deux grains d’émétique dans une pinte des tisanes ci-dessus mentionnées, une bouteille d’eau deSedlitz débarrassent les voies ! digestives des matières muqueuses et bilieuses qui y sont accumulées , et rendent l’action des émissions sanguines plus efficace. S’il existe une complication de vers , ce qui s’observe surtout chez les enfants, il suffit de l’administration d’une demi-once ou d’une once d’huile de ricin, pour expulser ces entozoaires , et réduire la maladie cérébrale à son état de simplicité; enfin, s’il y a coïncidence de première dentition , il peut devenir utile , pour peu que les gencives soient dou- | loureuses , de dégorger ces parties au moyen de quelques scarifications. Tel est le traitement qu’il convient d’employer pendant tout le cours de la ■ première période. Cependant, si, malgré cette médication , la maladie faisait des progrès, il faudrait recourir de nouveau aux soustractions sanguines, répéter les saignées générales et locales, appliquer des vésicatoires aux membres inférieurs, promener des sinapismes sur les pieds, les mollets, j les genoux , les cuisses; recourir d’une manière î suivie aux affusions, c’est-à-dire les administrer trois et quatre fois par jour, et avec toutes les précautions que comporte ce genre de traitement, pratiquer des frictions avec l’onguent mercuriel vers les angles des mâchoires et la base du crâne ; enjfin recouvrir la tête d’un vésicatoire, ou si l’état de ! l’estomac et des intestins ne s’y oppose pas , tente * une forte révulsion sur le tube digestif au moyen I des purgatifs drastiques. Mais si l’art se montre ! encore une fois impuissant pour arrêter les pro- ! grès du mal , il ne faut guère alors espérer en triompher, car l’encéphalite et la méningite sont 1 presque constamment au-dessus des ressources I du médecin , lorsquelles sont parvenues à leur troisième période, c’est-à-dire au degré où là flaccidité des muscles et l’insensibilité de la peau font place aux contractions et aux convulsions, où le collapsus et l’assoupissement succèdent au délire et à l’agitation générale. Nous pourrions terminer cet article par quelques exemples de guérison delà méningite, que nous emprunterons

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