‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 149 sur 316 · CE B · texte numérisé non relu

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rouge à l’époque de la maturité; la pulpe est molle, demi- transparente, elle environne un noyau généralement rond, muni d’une arête la-

; l’amende qu’il renferme est blanche, résistante,

| légèrement amère, surtout lorsque la pellicule n’en a pas été séparée.

I Ce fruit doit son nom à la petite ville de Cerasunte, de la province de Pont en Asie; il fut importé à Rome par Lucullus , vainqueur de Mithridate.

| Les Romains, dignes appréciateurs de tous les genres de conquêtes , en connurent bientôt huit espèces; une rouge, une noire, une tellement molle qu’on pouvait à peine la transporter, une autre ferme et résistante qui se rapprochait de notre bigarreau, une assez petite et d’une saveur amère analogue à la merise , une dernière , enfin , qu’on appelait cerise naine. Si l’on en croit Pline , cette variété , lorsqu’on en faisait un usage immodéré , causait des vertiges et enivrait à l’égal du vin. Nous sommes , sous ce rapport , beaucoup plus riches que les Romains, car on ne compte maintenant pas moins de cinquante à soixante , tant espèces que variétés. Les progrès j presque journaliers que fait l’horticulture permettent de croire que ce nombre augmentera encore. | On divise les cerises en deux classes principales ; la première comprend celles dont la forme 1 est en cœur, exemple : merises, guignes, bigarreaux ; la deuxième , celles dont la forme est ! ronde , et plus généralement connues sous le ! nom de griottes , elle comprend : la cerise franche ou commune, celle hâtive, celle tardive, celle de Montmorency ordinaire et gros-Gobet, la cerise de Hollande, de Goulard, le chery-Duke, le may-Duke ou royale hâtive des environs de Paris, et les griotiers marasquins, du nord, etc., etc.

' La cerise est sans contredit un des meilleurs fruits connus, tant par les ressources qu’elle offre à l’alimentation , qu’à cause de ses propriétés diététiques : c’est sous ce dernier rapport qu’il nous importe de considérer ce fruit, devenu pour ainsi dire, indigène en Fiance. Mais les cerises, et notamment celles dites griottes, bien que générale ment laxatives et rafraîchissantes, sont cependant plus nourrissantes que les autres espèces du même genre ; cette différence est vraisemblablement due à la proportion généralement plus considérable de principe sucré ; on met souvent à profit cette propriété en prescrivant leur usage , lorsque, après des maladies graves, on veut substanter les convalescents et néanmoins tenir , comme on dit vulgairement , le ventre libre.

Le suc exprimé de cerises, étendu d’eau et désigné dans le régime diététique sous le nom d’eau de cerises, forme également une boisson qui, dans certains cas, remplace avec avantage la limonade.

| On prépare en outre, en plaçant des cerises écrasées dans des circonstances favorables au développement de la fermentation et activant celleci par l’addition d’une matière sucrée, du miel par exemple, une boisson alcoolique, ou vin assez estimé et dont l’usage est très-apprécié dans

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les pays chauds. Cette boisson fournit par la distillation une liqueur ou ratafia connu sous le nom de marasquin ; elle est , dans ce dernier cas , préparée de préférence avec l’espèce de cerise dite marasca, très-commune aux. environs de Trieste et de Zara. Cette circonstance et les soins qu’on y apporte à sa fabrication ont mis ces pays en possession de fournir au commerce la plus grande partie du marasquin qui se débite en Europe.

On conserve les cerises de diverses manières : mais le moyen le plus simple consiste à en opérer la presque complète dessiccation en les plaçant d’abord sur des claies , puis les exposant soit à l’étuve, soit sur un four : cette opération, en rap prochant les principes, fait acquérir au fruit une saveur douce-aigrelette très- agréable ; elles prennent dans cet état le nom de cerisettes et sont vendues dans le commerce en petits bouquets ou paquets. Elles s’associent parfaitement avec les pruneaux et relèvent leur saveur fade et quelquefois nauséeuse.

Un autre mode de conservation , beaucoup plus commun, consiste à plonger les cerises, préalablement privées de leur pédoncule ou queue, dans un sirop de sucre bouiliant, puis à rapprocher convenablement sur le feu pour convertir en confiture ou en marmelade ; cette conserve , très-agréable et très -saine, est d’une heureuse indication lorsqu’il s’agit d’entretenir dans un état normal, les fonctions des voies digestives chez les enfants et chez les vieillards , dans la saison principalement où l’alimentation s’effectue , en grande partie , sans le concours des végétaux et notamment des fruits.

On prépare en outre, avec le suc des cerises, un sirop rafraîchissant moins acidulé que celui de groseilles et qui peut conséquemment , dans beaucoup de cas , le remplacer avec avantage.

Nous ne ferons mention que pour mémoire delà conservation des cerises au moyen de l’eaude-vie, attendu d’abord que cette préparation n’offre aucune ressource à ia thérapeutique , et qu’ensuite les propriétés du fruit y sont complètement dénaturées.

Les pédoncules ou queues de cerises séchées et infusées dans l’eau forment une boisson ou tisane apéritive et tempérante, que l’on administre avec assez de succès contre les inflammations des voies urinaires.

Les autres espèces de cerises , celles qui forment, comme on l’a vu plus haut, la première classe ( merises , guignes et bigarreaux), sont en général beaucoup moins agréables et moins saines que les griottes; elles peuvent, lorsqu’on en fait un usage immodéré , donner lieu à certains troubles dans les voies digestives : c’est ainsi que l’on remarque chez les enfants, qui en général en sont assez friands, la manifestation de vers intestinaux et souvent même l’indigestion avec de graves symptômes.

La merise , bien qu’en général peu recherchée en France, et rarement présentée sur nos tables attendu surtout sa saveur amère , n’en est pas moins l’objet d’un commerce fort intéressant pour plusieurs contrées de la Suisse et de la Savoie.

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Très-commune dans les forêts, elle formait autrefois la nourriture presque exclusive des bûcher ons et des charbonniers qui les exploitent ; iis préparaient , avec ce fruit sec bouilli dans l’eau , du beurre et du pain , une sorte de soupe que leur extrême frugalité pouvait leur rendre supportable, mais qui exigeait néanmoins le concours d’estomacs robustes pour être convertie en matière assimilable. Maintenant ils en effectuent la récolte pour la vendre aux fabricants de kirsch-wasser; les plus intelligents fabriquent eux-mêmes cette liqueur alcoolique; mais les procédés qu’ils emploient laissent néanmoins beaucoup à désirer ; non-seulement ils opèrent dans des vases non étamés et souvent fort malpropres, mais ils négligent en outre d’enlever une partie des noyaux , précaution fort importante cependant pour éviter la présence , dans la liqueur, d’une proportion trop considérable d’acide prussique (hydrocyaniquej. Ces circonstances rendent son usage quelquefois fort dangereux. Couverchee.

CÉK.INOBÏ ( chim .), s. m. C’est le nom d’un métal découvert en 1804 par Berzélius.

céroène ( pharm .), s. m. On dit aussi cirouëne ou cirouëne ; du grec céros et oinos, vin : ou donne ce nom à divers topiques et emplâtres irritants, résolutifs, etc., et dont la composition varie : le plus connu a été inventé par les religieuses miramiones ; sa composition est la suivante : résine de pin, une livre; cire jaune, six onces; suif, deux onces; poix et terre boîaire, de chaque, cinq onces ; oliban et minium en poudre , une once ; ce topique, qu’on regarde comme fondant et résolutif, ne doit mériter qu’une médiocre confiance.

certificat ( méd.lég .), s. m. Ce n’est pas seulement sous le rapport de la thérapeutique que le médecin joue parmi nous un rôle dont on ne peut nier l’importance. En possession d’un art qui touche à presque toutes les sciences , il est un grand nombre de situations où son intervention nous devient nécessaire. Il suffit pour s’en convaincre de consulter les nombreux ouvrages de médecine légale, qui traitent cette matière : on y voit que le médecin est en quelque sorte un homme public; qu’en dehors de l'exercice habituel de sa profession, il est revêtu d’un ministère d’autant plus important que sa décision influe de la manière la plus positive sur le jugement des tribunaux appelés à prononcer sur la vie ou sur la fortune des citoyens. Nous ne traiterons pas ici ces questions ; elles trouveront leur place quand, nous parlerons des rapporîs médico-légaux. Nous n’examinerons en ce moment que ce qui concerne les certificats, objet moins grave, mais qui cependant, dans certains cas, ne laisse pas que d’avoir une importance réelle. En effet, nous retrouvons ces certificats à chaque instant de la vie, et au milieu de l’accomplissement de ces nombreux devoirs que la société nous impose. La loi elle-même les prescrit pour une foule de cas, et si elle s e lait quelquefois, nous n en sommes pas moins forcés de recourii aux médecins afin da

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pouvoir, au moyen de leurs certificats , jouir des bénéfices qu’elle nous accorde.

Cependant les certificats ne sont entourés d’aucune des solennités exigées pour les rapports en justice; ils ne sont pas faits sous la foi du serment; la présence du magistrat n’est pas nécessaire; ils sont entièrement laissés à la conscience du médecin qui les délivre ; aussi sont-ils, pour la plupart du temps , beaucoup plus officieux qu’authentiques, et délivrés bien plus encore dans l’intérêt seul des personnes qui les réclament que dans l’intérêt général de la société. Mais ils n’en exigent pas moins, de celui qui les délivre, !a môme véracité, la même bonne foi, que s’il s’agissait d’un rapport; et nos lois criminelles ontprononcé des peines sévères contreles malversations dont ils peuvent être l’objet, ainsi que nous le verrons à la fin de cet. article.

Les certificats doivent tous, sans exception, être rédigés avec clarté, avec précision ; ne laisser aucun doute sur le faitqu’ils sont destinés à constater, et sur l’âge, le sexe, la demeure et la profession des personnes qu’ils concernent. Un certificat incomplet et obscur peut être la source de nombreuses difficultés , car il arrive souvent qu’on ne s’en sert que bien des années après qu’il a été délivré : un certificat de vaccine, par exemple. Or, si le médecin qui a rédigé le certificat n’existe plus et que la cause pour laquelle il a été fait ait ellemême disparu, toute rectification devient impossible ; on ne saurait donc trop appeler à cet égard l'altention des médecins et des personnes qui leur demandent des certificats. Ajoutons qu’il est nécessaire qu’ils soient faits sur papier timbré, et que la signature du médecin soit légalisée par les autorités compétentes.

Les certificats se délivrent principalement pour justifier des infirmités graves qui exemptent de la tutelle (art. 43ï du Cod. civ.); pour constater qu’un juré est, par suite de maladie, dans l’impossibilité de se rendre aux assises (art. 397, Cod. d’inst. crim.) ; ou qu’un témoin ne peut, pour les mêmes causes , comparaître sur la citation qui lui a été donnée (art. 83, Cod. d’inst. crim.); pour la radiation , des contrôles de la garde nationale, des personnes atteintes d’une infirmité qui les met hors d’état de faire le service (art. 29 loi du 22 mars 1831) ; pour la constatation d’infirmités qui rendent impropre au service militaire ( loi du 21 avril 1832.). Ils se donnent aussi dans une foule de circonstances où il est nécessaire de faire constater, d’une manière régulière, une maladie ou une infirmité soit chronique, soit passagère : ainsi, il est nécessaire de se pourvoir d’un certificat de médecin, pour éviter de présenter aux mairies les enfants nouveau-nés auxquels ce transport pourrait occasionner des accidents graves ; pour s’exempter d’un service momentané de la garde nationale , une garde , par exemple ; pour constater l’étal de santé d’un enfant qu’on veut faire entrer dans un collège ou autre établissement d’instruction publique : pour obtenir une retraite avant l’âge et le temps de service fixés par les règlements, etc., etc.

Comme on le voit; ces actes se multiplient sui-

vanl nos intérêts, nos besoins , et il n’csl personne qui n’y ait eu plus d’une fois recours. Mais plus ils sont facilement admis, plus ils ont de crédit auprès des autorités qui les réclament, plus les peines sont sévères quand ils sont entachés de faux, et qu’ils ont été délivrés ou par complaisance ou par suite de concussion. Nous renvoyons à cet égard aux art. 159, 160, 162 du Code pénal , 86 du Code d’instruction criminelle , et aux lois sur le recrutement.

Les peines prononcées en pareils cas sont fort sévères, et impriment à jamais une juste flétrissure sur l’homme de l’art quia oublié à ce point la hauteur de son ministère. Nous aurons encore occasion de dire quelques mots des certificats, en parlant des rapports de médecine légale.

Ad. Tkébuchex,

Avocat, Ancien Chef du bureau de la police médicale à la

Préfecture de police, membre de l’Académie de médecine.

cérumen ( physiol . ), s. m. On donne ce nom à une humeur épaisse, jaunâtre, analogue à la cire et qui est sécrétée dans le conduit de l’oreille ( Conduit auditif externe ). Cette humeur qui est composée, d’après Vauquelin, de mucus, d’une qjatière résineuse semblable à celle qui est dans la bile, d’une matière colorante jaune, do soude et de phosphate de chaux, est sécrétée par des follicules de la peau qui tapissent le conduit auditif et qui existent à toutes les ouvertures naturelles du corps où elles sécrètent des humeurs qui varient de nature pour chaque partie. Le cérumen lubréfie l’intérieur du conduit auditif, en entretient la souplesse et en défend l’entrée contre les insectes et les corps étrangers qui viennent de l’extérieur; son accumulation détermine souvent une surdité qui cède à l’extraction de celte matière au moyen d’une petite curette : il faut avant avoir soin de la ramollir en instillant dans l’oreille, avant l’opération , quelques gouttes d’huile d’amandes douces (V. Oreille, maladie de lJ). J. B.

cérusiers (Maladies des), ( path . et hyg. pub.) Le plomb, pouvant s’introduire dans notre corps par l’absorption cutanée, par la voie de la respiration et par les voies digestives, produit des affections très-graves , qui ont fixé l’attention de plusieurs praticiens , et qu’un de nous , dans ces derniers temps, a traité d’une manière spéciale.

Le procédé de la fabrication de la céruse ayant été introduit en France , en 1791 , par Chaillot de Paris , cette industrie fut bientôt naturalisée par les soins de manufacturiers habiles, MM. Frizou, Rideau, Lescure, Bréchet, etc., et l’un de nos plus habiles chimistes ayant donné des conseils et fait connaître de nouveaux procédés de préparation , la céruse fabriquée en France fut bientôt reconnue égale et même supérieure en qualité à celle qui nous était apportée de l’étranger; mais en même temps que nos richesses industrielles s’augmentaient, la maladie connue sous le nom de colique de plomb se déclara dans les ateliers où l’on fabriquait la céruse; et l’apparition de cette maladie, qui devenait plus fréquente, puisque les manufactures augmentaient , fut signalée à l’administration. La quantité des malades étant

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considérable, on s’en effraya, d’autant plus que les peintres en bâtiments , les potiers de terre, qui font usage des oxydes de plomb, et les fabricants de minium , étaient presque seuls atteints de la colique métallique avant l’introduction de la fabrication de la céruse en France.

Les ouvriers qui tombaient malades par suite de leur travail dans les manufactures de céruse, se faisant soigner dans les hôpitaux, l’administration des hôpitaux et hospices civils fit connaître au préfet de police, le 26 août 1822 : 1° Qu’un ouvrier cérusier avait succombé à l’hôpital Beaujon , au milieu d’un délire furieux et frénétique , accompagné de douleurs très-vives; 2° Que le même hôpital recevait un grand nombre d’ouvriers atteints de la colique de plomb ; 3° Que les ouvriers malades se plaignaient que dans les manufactures où ils travaillaient on ne prenait aucune mesure pour les préserver des suites funestes de leur travail.

Dans la même année, l’aaministration des hospices fit connaître au préfet l’entrée journalière, à l’hôpital de la Charité , de malades atteints de coliques de plomb et l’établissement de nouvelles fabriques de céruse ; elle réclamait des moyens préservatifs contre la maladie.

Le préfet fit visiter les fabriques; divers rapports lui furent adressés sur ce sujet et transmis au ministre de l’intérieur. Enfin une ordonnance du roi fut rendue le 5 novembre 1823 , et inscrite au Bulletin des Lois sous le numéro 636 : cette ordonnance interdisait la vente de la céruse en pains dans toute l’étendue du royaume; elle établissait dans les considérants , que la santé des ouvriers était gravement compromise par la mise en pains de cette substance et par son emballage sous la même forme.

L’exportation de la céruse en pains et troehiques , fut aussi défendue par une autre ordonnance portant la même date.

L’ordonnance du 5 novembre fut mal interprétée et, comme elle établissait que la céruse ne pourrait être préparée et vendue qu’en poudre, il en résulta de nouveaux dangers; en effet ce procédé qui eût été convenable pour les fabriques dans lesquelles on obtient du carbonate de plomb par double décomposition, n’étant pas applicable aux fabriques dans lesquelles on se sert du procédé hollandais , il fallait pour remplir le but de l’ordonnance, que les céruses obtenues en masses, ou pains, fussent de nouveau réduites en poudre, ce qui exigeait une double manipulation, et augmentait les cas de maladie.

Des réclamations des fabricants du département du Nord , et celles des préfets des Ardennes, du Loiret et de la Seine, furent prises en considération; elles donnèrent lieu au retrait de l’ordonnance du 5 novembre, et le 10 août 1835 , une nouvelle ordonnance abrogea les deux premières, comme ayant prescrit des usages et des procédés qui n’étaient pas utiles et convenables dans toutes les manufactures. L’ordonnance du 10 août portait qu’une instruction sur les meilleurs procédés, et contenant des détails sur les procédés les plus convenables pour éviter les accidents qui accompagnent la fabrication de la céruse, serait

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publiée par les soins du ministre de l’intérieur.

Le ministre des affaires étrangères, sur l’invitation du ministre de l’intérieur, écrivit aux consuls généraux de France, en Angleterre et en Hollande , de prendre dans ces pays des renseignements précis sur les moyens employés pour préserver de la colique de plomb les ouvriers qui travaillent dans les fabriques de céruse, et sur la méthode en usage dans les hôpitaux pour le traitement de cette maladie; nous ne connaissons pas encore le résultat de ces enquêtes ; voici ce que nous ont appris les recherches que nous avons faites sur les maladies de ces ouvriers.

L’affection la plus fréquente chez les ouvriers qui fabriquent la céruse est la colique deplomt, colique saturnine ou métallique; les phénomènes particuliers à cette maladie sont : la constipation, la dureté du pouls , et le trouble des facultés intellectuelles; la constipation souvent précède l’invasion de la maladie ; les malades éprouvent un sentiment de pesanteur à l’épigastre ; et quelquefois il n’y a pas de fièvre dans le commencement; les ouvriers ont un air abattu, la face ridée , pâle et jaune, les yeux creux ; ils deviennent tristes, ne mangent plus; les lèvres sont tremblantes et froides, le tour du nez et de la bouche acquiert une teinte jaunâtre; les membres supérieurs et inférieurs sont engourdis. Dans la seconde période, les intestins sont très-douloureux , et comme s’ils étaient tordus ou serrés avec une corde ; il se manifeste des vomissements et des convulsions trèsfortes du diaphragme et des muscles abdominaux; ces vomissements quelquefois sont si forts que l’on doit craindre l’iléus. (Colique de miserere.)

La terminaison de cette maladie est très-variée; lorsque les précautions convenables sont prises, la maladie offre peu de dangers, surtout si l’ouvrier cesse de travailler à la céruse ; la maladie peut devenir plus grave après une troisième ou quatrième attaque, et occasionner des douleurs aiguës dans les membres et par suite la paralysie et une incapacité de travail. Une première ou une seconde maladie , lorsqu’elles sont bien traitées, ne laissent aucune suite dangereuse ; il y a des ouvriers, selon M. Renauldin, qui ont la colique saturnine jusqu’à six fois ; dans ce cas , elle devient assez souvent mortelle , si surtout elle réagit sur le cerveau, en produisant des accès épileptiformes, qui emportent rapidement les malades malgré les soins les plus actifs; d’autres fois, les nombreuses récidives de la maladie portent leur action délétère sur les membres tant supérieurs qu’inférieurs , lesquels deviennent engourdis ou frappés d’une paralysie soit complète, soit incomplète , fort difficile à guérir et le plus souvent incurable.

M.Tanquerel Desplanches nous a donné les détails suivants sur le même sujet. La colique de plomb , simple par elle-même, ne fait courir aucun danger aux ouvriers, et leur prompte guérison est assurée, si on a recours au traitement convenable ; mais les émanations saturnines produisent quelquefois, en même temps que la colique , des phénomènes nerveux , qui , malgré l’emploi d’un traitement approprié entraînent la perte des ma-

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îades. Ces accidents sont du délire , des convulsions accompagnées de douleurs plus ou moins intenses , des attaques d’épilepsie ou tétaniques , une espèce de suffocation; enfin la paralysie. En faisant l’addition de 3,569 malades attaqués de coliques de plomb, sur lesquels on trouve des détails dans Desbois, Burette, Gardanne etMérat, on voit que la mort n’en a frappé que 95; la mortalité a donc été d’un peu moins d'un sur trente, et cette mortalité est due aux complications ou aux accidents nerveux qui se sont développés chez des individus attaqués de la colique de plomb.

Les ouvriers qui fabriquent la céruse peuvent travailler depuis l’âge de sept ans , jusqu’à l’âge de soixante ans ; on serait porté à croire que la durée de leur vie devrait être très- courte , mais les auteurs ne sont pas d’accord à ce sujet ; il y en a qui croient que leur vieillesse est anticipée (Tanquerel Desplanches) et d’autres qui pensent que ces ouvriers meurent prématurément (Renauldin) ; enfin M. Slelle de Strasbourg a vu de ces ouvriers qui avaient 75 ans.

Les différentes opérations qui paraissent particulièrement donner lieu à la colique saturnine, sont : 1® la séparation des couches du plomb oxidé e«t carbonaté, de celui qui ne l’est pas; 2® la refonte du petit plomb ; 3° la mise en poudre de la céruse; 4® l’introduction et le tassement de la céruse dans des barils; 5® le blutage de la céruse.

Les précautions que l’on doit prendre pour préserver les ouvriers de la colique de plomb sont les suivantes: Dans les manufactures, on doit varier le travail des ouvriers, afin que le même ouvrier ne reste pas trop longtemps chargé d’une opération dangereuse. On a établi dans quelques fabriques, pour la fonte du petit plomb, une cheminée d’aérage très-élevée et un ventilateur assez actif pour expulser à l'instant même, de la fonderie , les émanations nuisibles qui pourraient y exister ou s’y développer. Dans d’autres fabriques, on a enfermé les blutoirs et les moulins dans des bâtis en bois, formant des cloisons qui séparent cette partie de l’atelier des autres parties de la fabrique. On a exigé lors de l’embarillage que le tonneau, lorsqu’on le remuait, fût recouvert d’une peau de mouton , afin d’empêcher la poussière de se répandre.

M. d’Arcet avait demandé qu’on supprimât le battage du plomb retiré des couches pour séparer les écailles du métal; il voulait qu’on séparât la partie oxydée et carbonatée, en faisant passer les feuilles entre un cylindre cannelé, qui détacherait cette partie : ce cylindre entouré d’un bâtis en bois laisserait peu échapper de poussière de céruse.

Nous ne parlons pas des différents procédés pour préparer la céruse , convaincus que nous sommes que la cessation des maladies qui affecten l les ouvriers qui la fabriquent, ne tient pas aux changements dans les procédés, mais aux précautions que l’on doit prendre pendant le travail, et que nous allons indiquer : 1® éviter le contact des vapeurs des sels de plomb ; 2® éviter de respirer l’air chargé des poussières de ces sels ; 3® se laver les mains avant les repas (V. Batteurs d'étain ) ; 4® faire prendre souvent aux ouvriers du lait, dû

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beurre, des purgatifs, et quelques boissons aqueuses aiguisées légèrement d’acide sulfurique , ou d’hydrogène sulfuré; l’eau de Barége, et i'eau d’Enghien rempliraient le même but; 5® recommander aux ouvriers la sobriété, et l’usage modéré des liqueurs spiritueuses.

On a remarqué que la température et les saisons avaient de l’influence sur le développement de la colique de plomb. En 1833, on a reçu à l’hôpital de la Charité, en janvier, 15 individus attaqués de la colique de plomb; en juillet de la mêmp année, 45 individus atteints de colique de plomb furent reçus dans le même hôpital ; 23 de ces malades travaillaient dans des fabriques de blanc de plomb. A Lille, on a reconnu qu’à l’époque des fortes chaleurs et lors des grands froids , la maladie sévissait davantage; à Strasbourg, qu’en hiver et par un temps humide les coliques étaient plus fréquentes. Un symptôme précurseur, auquel on doit attacher une grande attention, et qui a été reconnu dans ces derniers temps, consiste dans l’existence d’un liseré violacé ou bleuâtre existant au bord libre des gencives; dès que l’on a reconnu ce symptôme, il faut faire cesser le travail et soumettre le malade à l’usage des boissons sulfureuses.

Traitement. Le traitement empirique dit de la Charité est celui qui a eu le plus de vogue; viennent ensuite la méthode antiphlogistique , le traitement par l’alun, le traitement par l’acide sulfurique étendu d’eau, prescrit par le docteur Gendrin, et qui est réclamé par M. Foucat , pharmacien à Haubourdin; le traitement de M. Ranque; le traitement de M. Rayer, par les laxatifs et les purgatifs; le traitement fondé sur les lois de l’affinité chimique ; le traitement par l’huile de croton tiglium; enfin le traitement par l’hydrogène sulfuré et les hydrosulfates.

Ces traitements peuvent tous offrir de grands avantages, mais ii faut les appliquer aux tempéraments des malades, à la nature et à la période de la maladie; ainsi les purgatifs drastiques , qui seraient très-indiqués dans l’état chronique de cette maladie, et quand les intestins se trouvent dans un état d’inertie, ont donné des résultats fâcheux pendant la période inflammatoire, qu’on doit combattre avec les décoctions et les cataplasmes émollients, les saignées et les boissons huileuses et mucilagineuses.

Le traitement auquel nous donnons la préférence est l’hydrogène sulfuré et les hydrosulfates : ce traitement est simple et très-économique ; les malades qui s’y soumettent sont moins exposés à la récidive, et leur guérison est plus prompte. Outre les guérisons nombreuses que nous avons obtenues par ce moyen, une observation , que nous devons au hasard, nous a forcé à préférer ce traitement aux autres.

L’année dernière , en faisant des recherches sur les maladies des vidangeurs et sur l’hygiène des fosses d’aisances, nous avons connu un ouvrier qui, ayant travaillé longtemps dans une fabrique de plomb laminé, était toujours sujet à la colique de plomb, et, par suite, était devenu presque phthisique. L’établissement où il travaillait ayant fait de mauvaises affaires, cet ouvrier ne sachant que faire , entra chez le sieur Roux , entrepreneur de vidanges, pour y travailler comme simple ou-

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vrier; bientôt les digestions commencèrent à se faire facilement; et depuis un nombre d’années qu’il est vidangeur, toutes les affections qui existaient chez lui disparurent.

S. Furxari , A. Chevallier ,

Oocteur en médecine , membre Membre du Conseil de salubrité,

de l'académie de medecine Proiesseur à l'école de pbar-

2 j Palerme. macie.

cerveau et cervelet ( anat .), s. m. Portions supérieures de l’encéphale. Le cerveau est l’une des masses centrales ; dans les animaux qui comme l'homme se tiennent debout, le cerveau est situé en haut; il est au contraire en avant dans ceux de ces êtres qui marchent horizontalement. C’est à cette partie de la matière qui forme le corps que sont attribuées les perceptions , les fonctions de l’entendement, les penchants et les déterminations de la volonté. Il est l’organe essentiel et caractéristique de l’humanité. L’organisme humain est ordonné pour l’entretenir et s’assujettir à ses actes. L’homme par son cerveau est pourvu des moyens de vivre et d’agir. Cet organe perd de cette prédominance relative , dans les animaux inférieurs à l’homme, coïncide avec la simplification de l’organisation ; on voie des parties du cerveau, chez certains mollusques. Les insectes n’ont plus de cerveau, quoiqu’il y ail encore là des perceptions , des instincts et des déterminations. Le cervelet est en arrière du cerveau ; la. protubérance est recouverte par ces deux organes et les unit avec la moelle qui se prolonge dans le canal vertébral. Les portions de cet ensemble du système nerveux constituent, dans la tête, l’encéphale; et la partie qui se continue dans le canal des vertèbres est ce qu’on appelle la moelle ou le prolongement rachidien. L’ensemble est nommé axe cérébro-spinal ou céphalo-rachidien. À ces parties centrales viennent aboutir et disparaître des cordons nerveux ; les uns sont des conducteurs du sentiment ; ils sont des moyens de communication dirigés de la périphérie vers le centre. D’autres excitent les organes de la nutrition et des sécrétions. C’est sur les parties latérales de la moelle que l’on voit s’isoler tous les rayons nerveux ; ceux qui se séparent de l’encéphale sont, à l’exception d’un seul, continus avec la protubérance et ses prolongements. Ils occupent le centre de la région inférieure et postérieure de la masse encéphalique. Dans le rachis, la réunion des cordons nerveux , avec une certaine portion de substance pulpeuse, parait constituer le cordon de substance nerveuse qui l’occupe en grande par tie ; cette première partie de l’axe nerveux central est la moelle.

Le cerveau, qui constitue la portion la plus considérable de l’encéphale , a la forme d'un ovoïde comprimé sur ses côtés. Sa partie supérieure est divisée par une scissure profonde en deux moitiés égales qu’on nomme hémisphère ; sa face inférieure présente aussi, de chaque côté de la ligne médiane, trois saillies ou lobes, savoir: deux antérieurs, deux moyens et deux postérieurs. On observe en outre à la surface du cerveau des éminences aryondies sur leurs bords, flexueuses et séparées

entre elles par des enfoncements correspondants; ces saillies, que tout le monde a pu observer sur des cerveaux d’animaux, portent le nom de circonvolutions et jouent un rôle assez important dans le système phrénologique de Gall. A l’intérieur, le cerveau présente des espèces de cavités sous le nom de ventricules; ces cavités, à cause du rapprochement de leurs parois, n’existent pas à proprement parler, elles ne sont que possibles; les deux plus considérables d’en're elles, les ventricules latéraux, sont séparées par une cloison assez mince; des porlions de forme variable auxquelles on a donné le nom de voûte à trois piliers, de couches optiques, de corps striés, etc.; concourent à leur servir de parois. Tout près des couches optiques se trouve un petit corps grisâtre , du volume d’un petit pois chiche, uni au cerveau seulement par deux prolongements grêles, et que les anatomistes appellent glande pinéale; ce corps n’a d’importance que parce que Descartes y avait placé la siège de l’âme. On doit remarquer que les divers ventricules communiquent non-seulement entre eux, mais avec divers points de la surface extérieure de l’encéphale.

Le cervelet n’a que le quart du volume du cerveau , et se trouve aussi divisé en deux hémisphères ou lobes par une rainure particulière.

La protubérance annulaire est un petit corps de forme quadrilatère, situé au milieu de la base du crâne entre le cervelet et le cerveau , à chacun desquels il est uni au moyen de deux prolongements. La moelle épinière ou prolongement rachidien est la suite de la protubérance , elle complète le système cérébro-spinal, et se présente sous la forme d’un long cordon à peu près cylindrique, situé dans le canal vertébral et en partie dans le crâne où son extrémité supérieure présente un renflement particulier connu sous le nom de bulbe rachidien; son extrémité inférieure qui s’étend jusqu’au niveau de la première ou deuxième vertèbre des lombes , se termine par un faisceau nerveux , vulgairement appelé queue de cheval. Trois membranes , la dure-mère , l’arachnoïde et la pie-mère enveloppent et protègent l’ensemble de ces différents organes.

Composition. Deux substances remarquables par la différence do leur couleur entrent dans la composition de l’encéphale. L’une offre une teinte d’un blanc mat; l’autre est d’un gris mêlé de jaunâtre, dont les nuances sont plus ou moins tirant vers le noir. La première de ces substances est désignée sous le nom de substance blanche , médullaire, fibreuse. On appelle la seconde substance grise, corticale, globuleuse. L’aspect de la substance blanche donne l’idée d’une sorte de fasciculation dans sa texture. En la soumettant à la coction prolongée , on y fait apparaître des lignes ou saillies extérieures, qui représentent des fibres et des lames. Cet aspect fibreux tiendrait-il à ce que les lames seraient examinées par le profil? Elle est centrale quant à sa position dans le cerveau et le cervelet, elle est extérieure au contraire dans les pédoncules, la protubérance et la moelle; elle est plus consistante que la substance grise et elle forme un tout continu avec les nerfs.

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Gall a remarqué que ses faisceaux semblent naître ou recevoir des renforts de la substance grise. Il la voit s’épanouir dans le cerveau et dans le cervelet, et se réfléchir par des fibres convergentes qui prennent origine des couches de la substance grise pour constituer les commissures transversales ou faisceaux de communication des hémisphères entre eux.

La substance grise a l’aspect globuleux quand on l’examine au microscope ; il est vrai de dire que les deux substanees cérébrales offrent l’une et l’autre des globules, mais ils sont disposés en ligne dans la substance blanche , et comme disséminés d’une manière éparse dans la substance grise , laquelle est répandue en plusieurs masses isolées dans l’encéphale. Cette substance cendrée existe en lames dans les couches optiques, les corps striés, les tubercules mammillaires. On la retrouve encore dans la protubérance et la moelle.

La composition chimique du cerveau est surtout de l’albumine et de l’eau , et du phosphore comme élément plus spécial.

La substance nerveuse de l’axe cérébro-spinal est partout en contact avec une lame membraneuse, qui ne paraît être qu’une trame destinée à soutenir une ramification très-fine de vaisseaux qui, lorsqu’ils sont injectés, semblent pleuvoir à la surface de la matière nerveuse. Cette membrane est la pie-mère ; elle prend une consistance remarquable sur la moelle. Superficiellement à celle-ci existe une autre membrane , qui consiste en une couche mince diaphane perspirable. Elle est appliquée immédiatement sur la pie-mère dans les points saillants de l’encéphale ; elle est au contr re séparée de celle-ci au niveau des enfoncements, comme entre les circonvolutions dans lesquelles elle ne s’enfonce pas, mais sur lesquelles elle s’étend, en franchissant, comme un pont , les sillons ou les fentes et le fond des scissures dont le pie-mère tapisse les profondeurs. Cette membrane nommée arachnoïde, bouche la grande fente cérébrale qui fait communiquer les ventricules à la surface du cerveau. Un autre feuillet de cette membrane se réfléchit au niveau des vertèbres lombaires, sur la surface interne d’une membrane fibreuse plus extérieure, adhérente aux os, nommée dure-mère. Ces deux feuillets, appliqués l’un à l’autre dans toute l’é tendue de l’encéphale , se correspondent par des surfaces lisses, que baigne une vapeur séreuse et qui permettent à l’axe cérébro-spinal de légers mouvements dans la cavité crâno-rachidienne.

Les diverses parties dont est formé l’encephale se présentent dans le rapport de poids suivant.

La moelle est égale à la vingtième partie du cerveau; le cervelet, y compris la protubérance et le bulbe rachidien , est le septième du cerveau. Le cerveau pèse de deux à trois livres.

Tels sont les principaux traits relatifs aux masses nerveuses qui constituent dans l’homme adulte l’axe cérébro-spinal. Ces masses , parties constituantes de la substance matérielle du corps, sont entretenues dans leur exercice et leur volume par l’abord du sang artériel; il en revient une quantité proportionnelle de sang veineux :

la quantité de sang abondant à l’encéphale est très- considérable. De nombreuses artères l’introduisent par la base de ces viscères : c’est par la superficie que les veines reçoivent le sang veineux. Les artères se partagent en un nombre prodigieux de capillaires; ce n’est qu’à un étal de division extrême que la substance cérébrale reçoit le sang. Il y a des lymphatiques, du tissu cellulaire dans la substance nerveuse. Les nerfs des sens naissent surtout des parties contenues dans le crâne. Le nerf olfactif forme en particulier un renflement très-petit près de son lieu d’isolement. On a suivi les nerfs qui se séparent du cerveau, à l’exception du premier jusque dans la protubérance et la moelle. La moelle donne naissance à tous les autres nerfs du corps.

Les rapports anatomiques établis parla voie des nerfs entre l’encéphale et le reste de l’économie portent assez naturellement à penser que celle partie exerce une grande influence sur l’ensemble de l’organisme. De la disposition fibrilaire on pouvait conclure que quelque chose était transmis par ses lignes fibreuses, soit une substance émise , soit un mouvement , une oscillation , un choc; mais que l’esprit humain a dû être étonné de sa propre découverte, quand il n’a pas pu se refuser à admettre que ce qui était transmis par les voies nerveuses était l’excitation de la faculté de sentir, ou les déterminations de la volonté! Un sentiment si profond sépare dans notre esprit la sensibilité, la pensée, l’âme, la volonté de ce que nous concevons sous le nom de matière I

Cependant il existe une dépendance étroite entre ces deux sujets si disparates de nos réflexions , et celte dépendance est établie dans la substance cérébrale, par l’état d’équilibre, d’arrangement, d’organisation enfin qui la caractérise.

En général la substance blanche, prolongement des nerfs , a été considérée comme conductrice; et la substance grise, comme active. On y place la pensée, la conscience et les penchants, l’âme intellectuelle, morale et instinctive. Oo a distribué à chaque partie du cerveau et du cervelet son rôle intellectuel et moral; les circonvolutions ont été chiffrées, dénommées, cadastrées, par une analogie dont les règles sont empruntées aux lois physiologiques des autres parties de l’économie et généralement d’autant plus volumineuses que leurs fonctions sont plus actives. On a donc essayé de déterminer par le volume de circonvolution, la puissance de la faculté dont on l’avait considérée comme le signe. Ici s’élève une grande question qui devra être traitée à l’article phrénologie.

Les émotions morales agissent aussi avec non moins de puissance sur les fonctions nutritives, circulation, digestion, que sur les mouvements soumis à la volonté ; ainsi est établie une nouvelle corrélation entre des actes moraux, et des actes purement physiques et matériels.

L’encéphale n’a pas la même activité à toutes les époques de la vie; aussi son développement n’est-il que progressif. C’est la moelle parmi les diverses portions qui forment l’encépbale dont tes

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