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premiers vestiges apparaissent dans l'organisme humain. Après l’apparition successive de la moelle et des corps restiformes, on voit deux lamelles annoncer le cervelet. Au quatrième mois il forme une sorte de couronne autour des tubercules quadri-jumeaux. Les hémisphères cérébelleux et les fibres transversales et inférieures de la protubérance se forment en même temps. Quant au cerveau , il est postérieur sous le rapport de la formation aux autres parties de l’encéphale. Les hémisphères ont été rencontrés vers le deuxième mois de la vie utérine, formant une membrane trèsténue. Les lamelles du cervelet s’annoncent au sixième mois et les circonvolutions du cerveau à sept mois ; ce n’est qu’à cette époque qu’il recouvre le cervelet complètement.
Au moment de la naissance, l’enfant dont la tête est relativement si volumineuse est bien loin encore de l’entier développement de ses facultés. Les substances cérébrales et les circonvolutions elles -mêmes sont loin d’être aussi nettement tranchées qu’elles doivent le devenir.
L’imperfection simultanée des actes intellectuels, moraux et instinctifs, et des conditions matérielles sous lesquelles se présentent les diverses parties de l’encéphale, temporaire dans le fœtus humain, se montre d’une manière permanente dans les animaux auxquels il est refusé d’atteindre aux perfectionnements propres à l’esprit humain.
L’homme, sous le rapport du développement des hémisphères, du cervelet et du cerveau, occupe le premier rang; les quadrumanes et les dauphins viennent ensuite. Déjà chez les carnassiers le cervelet n’est plus recouvert par les lobules postérieurs du cerveau, qui manquent en Dartie. Les circonvolutions sont proportionnelement aussi considérables mais non aussi nombreuses. Ce sont les rongeurs qui présentent parmi les mammifères le cerveau le plus simple. On voit chez les oiseaux disparaître les hémisphères latéraux du cervelet ainsi que les fibres transversales de la protubérance ; il n’y a ni lobules ni circonvolutions aux hémisphères cérébraux. On voit dans les reptiles et les poissons l’encéphale tendre à l’uniformité, à l’allongement, au rapprochement avec la conformation de la moelle, comme on l’a vu dans le fœtus humain. Quelques parties, les tubercules quadrijumeaux, par exemple, augmentent au contraire en raison directe de la diminution des hémisphères cérébraux et cérébelleux. On n’admet plus de cerveau dans les insectes. Ce sont des renflements successifs unis par des nerfs, comme si les organes réunis dans l’encéphale humain fussent dissociés et reportés à chaque partie qu’ils doivent animer. La substance nerveuse devient indistincte dans les derniers animaux. Ainsi progressivement décroît et disparaît la disposition compliquée de l'encéphale humain, en même temps que les facultés qui le distinguent et lui assignent une prédominance si exceptionnelle.
D’autres conditions viennent reveler encore cette sorte de dépendance de la matière et de l’esprit. La compression du cerveau par la main
lorsqu'une blessure a ouvert le crâne produit un sommeil, une suppression irrésistible des facultés, l’oubli de penser, de vouloir; ainsi agissent, l’apoplexie qui comprime par l’épanchement du sang qui la constitue, le fragment enfoncé d’une fracture, une balle, etc. L’inflammation des membranes du cerveau, celle du cerveau lui- même allèrent, pervertissent et abolissent les actes moraux, intellectuels, instinctifs.
Comme les autres organes, le cerveau se nourrit par l’abord du sang; comme les autres il s’enflamme, s’altère, se durcit, se ramollit, est le siège de dépôts de pus, de tubercules, de cancer, de matières osseuses , cartilagineuses , etc. ; et ces altérations donnent lieu à des troubles divers dans les facultés psychologiques.
Elles s’altèrent encore sans qu’aucune lésion matérielle l’indique, pour nos sens du moins, et à l’état de connaissances où nous en sommes. La folie, l’hystérie, l’épilepsie, l’hypocondrie, sont des maladies de l’encéphale; on ne rencontre pas constamment de lésions anatomiques sur les personnes qui y succombent.
Le sang altéré par l’alcool contenu dans les boissons prises en trop grande quantité dans les excès de table , prive le cerveau de l’action normale de ses facultés. Dans l’espèce humaine, qui ne saurait supporter son prodigieux accroissement sans les liens sociaux, la plus essentielle des facultés est la puissance morale , aussi tout y estil ordonné pour cette existence spirituelle. A la disposition inconnue, inconcevable, insaisissable d’une partie de notre organisme est dévolue l’attribution de manifester cette puissance. Comme peur les autres organes , quelques exercices dirigés d’après certaines lois permettant de donner à l’organe de notre pensée une énergie plus prononcée , une portée plus étendue , une action plus soutenue. Ici le physiologiste intervient, le médecin s’asseoit parmi les législateurs . après avoir éclairé le philosophe ; l’éducation morale repose sur des lois presque physiques, la gymnastique de l’esprit reconnaît des préceptes et des expériences analogues à ceux qui modifient le reste du corps ; l’esprit s’est matérialisé dans son instrument ; dans le cerveau siège la force de l'homme social. On est loin d’avoir atteint le but dans cette voie de progrès ; mais on y marche , et il appartient au physiologiste de tracer ce plan , lui que ses investigations ont porté à éclairer la route.
Sanson-Alphonse ,
Professeur agrégé à la Faculté de médecine.
cerveau (maladie du). Siège de la sensibilité et de l’intelligence, l’organe encéphalique ne pouvait manquer d’être exposé à une foule d’affections; parmi celles-ci, les unes ont été ou seront le sujet d’articles à part , et nous renvoyons pour elles le lecteur aux mots apoplexie, ealenture, céphalalgie, cérébrale (fièvre), convulsion, folie, hydrocéphale, paralysie, plaies du cerveau , etc.
D’autres vont nous occuper ici, et nous examinerons successivement , 1° le ramollissement cérébral, 2° les abcès, les diverses tumeurs et les corps étrangers , 3° l’atrophie , 4° l’hypertrophie, 5° enfin
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la commotion , la contusion el la compression du cerveau.
Le ramollissement cérébral a été considéré à tort comme une encéphalite ou inflammation du cerveau, puisqu’il n’est pas toujours le résultat üei’inilammalion; M. Cruvellhierl’a nommé apoplexie séreuse. Quoi qu’il en soit, on désigne ainsi la perte de la consistance normale des centres nerveux, réduits souvent en pulpe molle. La partie ramollie peut être décolorée, et la substance grise du cerveau devenir blanche, ou bien il peut y avoir con gestion de sang et coloration en rouge; enfin quel quefois il existe un infiltration de pus. Ce ramollissement, dont les causes sont peu connues, est le plus souvent partiel; il est rarement général; sou siège le plus fréquent est dans le voisinage des ventricules. Une foule de symptômes variés peuvent être la suite de cette affection ; ainsi ou a observé la paralysie du côté opposé au siège du mal, la céphalalgie, des convulsions, des accès épileptiques , le délire , etc.; mais le signe le plus certain, celuique les médecins nomment pathognomonique , est la contracture des membres : on voit alors, par exemple, l’avant -bras fléchi sur le bras, et on ne peut l’étendre sans occasionner de vives douleurs. Dans quelques circonstances, il y a perte subite de connaissance, comme dans l’apoplexie; ainsi le début de la maladie peut être brusque ou lent. On a remarqué, dans un cas de ramollissement du cervelet , que le malade avait un penchant invincible à se porter en avant.
La maladie qui nous occupe est grave et presque toujours mortelle ; son traitement est le même que.celui de l’apoplexie : c’est aux révulsifs et aux saignées qu’il faut avoir recours , surtout s’il y avait congestion.
Plusieurs altérations du cerveau sont caractérisées par la présence de nouvelles molécules chimiques étrangères à la pulpe nerveuse, leur accumulation forme ce qu’on appelle des produits accidentels ; des corps étrangers peuvent aussi venir du dehors. Ou rencontre souvent 1° du pus; celui-ci peut être infiltré ou former un abcès, être en contact immédiat avec la substance cérébrale ou bien être contenu dans une poche appelée kyste: ce pus est tantôt formé localement, d’autres fois son apparition est consécutive à de grandes opérations ou à une métrite ; dans ces cas, il paraît qu’il y a eu résorption purulente et transport du pus dans divers organes. 2° Des tubercules; ils sont surtout fréquents chez les enfants, et beaucoup de ceux qui succombent à une fièvre cérébrale en présentent après la mort. Ces productions accidentelles s’observent principalement au-dessous et quelquefois au-dessus des ventricules; leur présence ne se trahit dans quelques cas que par une céphalalgie continuelle ou intermittente. Les enfants scrofuleux, ceux qui toussent depuis long- temps, et qui sont en même temps en proie à des maux de tête continuels , s’exaspérant avec des convulsions de temps en temps, ont très- probablement des tubercules dans le cerveau : cette affection détermine la mort tôt ou tard avec divers symptômes que nous décrirons plus bas. (V. Tubercules, Hydrocéphale.)
Des tum.urs cancéreuses; ces tumeurs, considérées dans les centres nerveux , n'offrent rien de spécial ; elles sont caractérisés par des douleurs lancinantes particulières, semblables à celles que produiraient plusieurs aiguilles que l’on enfoncerait rapidement dans le crâne; elles occupent ordinairement une assez grande éteudue, et coïncident souvent avec de semblables productions développées dans d’autres organes. On a vu aussi le cerveau être le siège de diverses tumeurs fibreuses, graisseuses, cartilagineuses et osseuses. 4° Des entozoaires ; on a surtout rencontré des acéphalocystes et des cysticerques : ceshydalides sont néanmoins rares dans le cerveau de l’homme, elles sont plus fréquentes chez le mouton, où la présence du cœnure cérébral détermine souvent la maladie appelée par les vétérinaires tournis. 5° Des corps étrangers venus du dehors; ils varient nécessairement pour le volume, la forme, la nature, etc. ; ils compliquent toujours d’une manière extrêmement grave les plaies de tête.
Tous ces produits accidentels et ces corps étrangers s’accompagnent de symptômes presque semblables. Lorsque leur apparition est rapide et que leur volume est suffisant pour comprimer notamment le cerveau, il se manifeste une paralysie dans toute la moitié du corps opposée au côté du cerveau où se trouve le mal; il peut y avoir en même temps perte de l’intelligence, des mouvements convulsifs, et la mort peut survenir rapidement. D’autres fois le cerveau s’enflamme autour de la tumeur , et le malade succombe â une phlcgmasie de cet organe. Lorsque la tumeur est d’un petit volume et qu’elle s’est formée lentement, elle s’enveloppe quelquefois d’un kyste, et les symptômes de la compression du cerveau sont moins marqués; souvent alors elle n’occasionne que quelques maux de tête ; d’autres fois elle s’accompagne de diverses lésions très-variées de l’intelligence , du mouvement et de la sensibilité : nous citerons parmi celles-ci l’épilepsie , la folie, des convulsions, la perte ou l’affaiblissement de divers sens , de vives douleurs de tête , etc. ; enfin , dans d’autres circonstances, sa présence détermine un épanchement de sérosité, ou une inflammation du cerveau , qui entraîne promptement la mort du malade. Ces diverses tumeurs, lorsqu’elles ont acquis un certain volume, sont donc des maladies graves, et il n’y a guère que celles qui sont formées par un liquide tel que le pus, dont on puisse espérer une résorption assez rapide pour que le malade ne succombe pas. Pour plus de détail , relativement aux Corps étrangers , nous renvoyons aux mots Plaies, Crâne (fracture du), et Trépan; pour certains épanchements rapides de sérosité , voyez Hydrocéphale.
L’atrophie d’une portion du cerveau a été plus d’une fois constatée sur le cadavre; elle est presque toujours congéniale, et le crâne cesse souvent alors d’avoir une forme symétrique. A un haut degré, elle coïncide avec un état d’idiotisme et d’imbécillité ; à un degré moindre, le sujet a une intelligence bornée, et, suivant la partie du cerveau lésée, il peui être plus ou moins privé de la mémoire, de la faculté d’entendre, do voir, etc. :
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cette affection , dont les causes sont inconnues , est constamment incurable.
L’hypertrophie , qui est l’augmentation do volume, et 1 endurcissement du cerveau ont été aussi constatés dans quelques points de cet organe : cette lésion a coïncidé, dans plusieurs cas, avec un état d’idiotisme, probablement à cause de la compression et de l’altération de la pulpe cérébrale. Chez quelques hommes remarquables, au contraire, par leur intelligence, on a constaté que les circonvolutions cérébrales étaient très-développées, et que le cerveau pesait beaucoup plus que chez les hommes ordinaires.
i.a compression, la contusion et la commotion cérébrale. — Lorsqu’un individu faitune chute sur la -tête, ou qu’il reçoit un coup sur cette partie, qu’il y ait ou non fracture des os du crâne , il se manifeste souvent des symptômes particuliers qu’il est important de connaître : ainsi il peut y avoir compression du cerveau, soit par une portion d’os enfoncé, soit à cause de la rupture d’un vaisseau qui a déterminé par suite un épanchement de sang à la surface du cerveau; les signes de cet accident sont alors : la paralysie de toute la moitié du corps opposée au côté de la tête qui a été blessé, et, si la compression est considérable, la perte de connaissance, une respiration bruyante, et un pouls petit et concentré, souvent très-lent. On reconnaît la paralysie à ce que la bouche du malade est attirée du côté de la blessure, et à ce que les membres paralysés, étant soulevés, retombent comme des masses inertes, enfin à ce que le malade ne cherche pas à les retirer instinctivement lorsqu’on vient à les pincer. Le plus souvent , lorsque le médecin, au moyen du trépan ou autrement, n’enlève pas le corps qui comprime le cerveau, les accidents augmentent et le malade meurt.
Lorsqu’un corps d’un petit volume frappe la tête en un point, souvent il n’y a pas fracture, le cerveau peut n’éprouver qu’une contusion : si celle-ci est très- étendue, comme après une chute d’un lieu élevé, la mort est immédiate; mais, quand le malade n’a reçu qu’un violent coup de bâton, par exemple , il peut se faire qu’il n’y ait d’abord aucun accident, ou seulement un peu de douleur au point frappé; alors, trois à quatre jours après, les accidents d’une inflammation cérébrale se déclarent , et le malade succombe très souvent. En général, les coups sur la tête sont dangereux, et beaucoup d’individus ont payé de leur vie le mépris des avis de médecins qui , dans ce cas, leur conseillaient une saignée et un régime convenable. On voit que l’absence de vives douleurs, immédiatement après l’accident, no doit pas rassurer le blessé.
Lorsque le corps vulnérant a une étendue plus considérable, et qu’il est mu avec une certaine vitesse, le cerveau peut n’éprouver qu’un ébranlement plus ou moins violent, qu’on nomme commotion. Cet état présente plusieurs degrés d’intensité : tantôt le blessé n’éprouve qu’un léger étourdissement; il ne tombe pas et revient promptement à lui ; d’autres fois il a la sensation de bluettes lumineuses; il rend involontairement ses urines et ses matières fécales. Le coup peut être
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assez violent pour déterminer une mort immédiate; le malade tombe alors et ne se releve plus. Lorsque la mort n’a pas suivi la chute de l’individu atteint, on le trouve alors pâle , froid, immobile , respirant à peine , ayant un pouls petit , concentré et lent, plongé dans un état de stupeur et d’engourdissement, rarement agité et poussant des plaintes et des gémissements ; au bout de quelque temps , la chaleur revient à la peau qui se colore, et le malade parait plongé dans un sommeil profond et tranquille ; si on s’efforce de l’éveiller , il ouvre quelquefois les yeux , balbutie quelques mots d’impatience et retombe bientôt dans le sommeil : cet état se dissipe peu à peu et au bout d’un temps variable ; cependant le malade conserve long-temps un air de stupeur et d’étonnement particulier , et quelquefois il ne recouvre qu’iirsparfaitement l’usage de plusieurs de ses sens. Souvent même il n’est pas aussi heureux, et quelques jours après l’accident, les symptômes d’une vive inflammation cérébrale se déclarent et il succombe rapidement.
Rarement la commotion, la contusion, et la compression du cerveau existent ainsi d’une manière isolée ; le plus souvent ces états se compliquent les uns les autres : on conçoit que leurs symptômes propres doivent se combiner entre eux. Il appartient alors à la sagacité du médecin de savoir les démêler et les distinguer. Quant au traitement à suivre immédiatement après l’accident , on ne devra jamais avoir recours à des vulnéraires et à des liqueurs excitantes, comme on le fait trop souvent dans les cas de contusion et de compression du cerveau ; ou aggrave alors le mal , en rendant plus imminente l’inflammation de cet organe. Ces moyens excitants ne doivent être employés que dans les cas do commotion cérébrale; lorsque le malade est pâle, froid, immobile, avec un pouls petit, lent, concentré, lorsque l’on craint qu’une syncope ne le fasse périr; il faut préférer, même dans ce cas, les excitants extérieurs. On fera flairer au malade du vinaigre, de l’éther, de l’eau de Cologne ; on le frictionnera avec de l’eau-de-vie camphrée après l’avoir réchauffé ; on pourra aussi lui appliquer, avant l’arrivée du médecin , un sinapisme sur la région du cœur. Lorsque le pouls s’élève et que la face se colore, le médecin doit avoir recours à des saignées et à un traitement antiphlogistique pour prévenir le développement de l’inflammation du cerveau. 11 doit agir de même dans les cas de contusion et de compression , en ayant égard , pour ce dernier accident , aux indications chirurgicales particulières. Y. Trépan et Crâne (fractures du ). J. P. Beaude.
cervelet (anal.), s. m. Organe situé dans la cavité du crâne en arrière et sous le cerveau. Les phrénologistes le regardent comme présidant aux fonctions de la génération. (V. Cerveau.)
cervelle ( anat .), s. f. (Voyez Cerveau .)
cervical {anat.), adj.Se dit des organes qui ont rapport au cou et surtout à sa partie postérieure. 11 y a des artères et des veines cervicales : les premiers sont au nombre de trois et se distribuent