‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 231 sur 316 · FEC · texte numérisé non relu

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et notamment du sagouttier; les semences ou graines du froment, du seigle, de l’orge, de l’avoine, du riz, du maïs, du millet, des haricots, des pois, des lentilles; les fruits du marronnier, du châtaignier, de l’arbre à pain, du chêne (gland).

Bien qu’insoluble dans l’eau froide, la fécule, par suite de l'acte végétatif, éprouve des transformations, et passe successivement de la racine à la tige, de celle-ci au fruit, et réciproquement, suivant la période d’existence de la plante. Elle est rarement isolée et pure; le plus ordinairement elle est accompagnée d’autres principes qui sont, suivant les plantes qui la fournissent , du gluten, du muqueux, du sucre [céréales), des huiles fixes [amandes d’ olives), d’un principe âcre ( solanées ), d’un principe extractif amer ( chiendent, hellébore, etc.), et enfin d’une suc caustique vénéneux iatropha manioc).

L’extraction des fécules s’effectue différemment, suivant les plantes et les parties des plantes qui es recèlent; cependant, comme elles existent en général toutes formées, qu’elle ont une pesanteur spécifique assez considérable et qu’elles sont insoubles dans l’eau, il suffit, pour les obtenir dans un i tat de pureté satisfaisant, de rompre les cellules qui es renferment et d’entraîner par deslavages successifs, les matières étrangères solubles et insoubles.

On divisait autrefois les fécules amylacées en écules médicamenteuses et en fécules alimentaires >u alibiles ; on rangeait parmi les premières , selles de bryone, de colchique, de chélidoine, de shiendent, de filipendule, de glaïeul, d’ellébore, le mandragore, d’arum et de serpentaire; narmi es autres : celles de pommes de terre , d’orchis saîep), du sagouttier (sagou), de cassave ou manioc. Jette division a singulièrement perdu de sa valeur lepuis qu’on sait que ce produit immédiat est nesque identique, quelle que soit la plante qui le ’ournit.

Les différences qu’on remarque entre les diverses écules, consistent plutôt dans la structure orgaîique que dans la composition élémentaire; c’est dnsi qu’on a remarqué que celle de pomme de erre était formée de globules ovoïdes assez gros, :elles du froment (amidon), de globules plus petits st généralement sphéroïdes; d’autres offrent eniore sous ce rapport des différences plus grandes, suivant M. Raspail, chacun de ces globules serait ui-même formé d’une enveloppe ou tégument et l’une matière intérieure de nature gommeuse. Ce himiste a en outre observé que le globule d’amilon ou de fécule crève dans l’eau chaude, et il :!ablit en principe que tout réactif qui développe de a chaleur avec l’eau, produit le même phénomène. Il ésulte de ce qui précède que pour rendre la félule soluble, il suffit de rompre l’enveloppe tégunen taire; c’est en effet ce qui arrive, soit comme ’a fait M. Bouillon Lagrange, en torréfiant la fécule égèrement , soit en la broyant sur un porphyre, :omme l’a pratiqué M. Guibourt, soit en la traitant >ar l’acide sulfurique (procédé de Kirkoff); soit en a traitant par des acides végétaux, comme nous 'avons fait nous-même, soit encore au moyen du naît, ou farine d’orge germé, comme il résulte

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des expériences de M. Dubrunfaut, et après do MM. Payen et Persoz.

Une circonstance qui milite puissamment en faveur de la théorie d’organisation qui résulte do l’examen microscopique qu’a fait M. Raspail, de la fécule ou des fécules, c’est que quel que soit le moyen qu’on emploie pour rendre cette substance soluble, le résultat est le même.

« Il est évident, dit M. Chevreul dans un rapport à l’Académie des Sciences, sur la fécule amylacée ou l’amidon, que la dextrine de MM. Biot et Persoz était la même substance que celle qui avait été désignée 1° par M. Couverchel, sous le nom de gomme normale; 2° par M. Caventou sous la dénomination d'amidon modifié; 3» par M. Guibourt, sous la dénomination d’amidon soluble ou d'amidinc; 4° par M. Chevreul, sous la dénomination d’amidine.

Ces produits obtenus par des procédés différents ont d’ailleurs des propriétés tellement identiques, qu’on en a proposé l’emploi dans les mêmes circonstances. La fécule, par cette transformation, ne perd en effet rien de ses propriétés primitives, elle devient au contraire d’un usage plus commode et d’une digestion plus facile, soit qu’en suspendant la réaction à propos on la convertisse en sirop de dextrine, soit que rapprochée en consistance gommeuse-, on la fasse entrer dans la confection du pain ou des pâtisseries. Elle peut en outre, dans ce dernier état, trouver d’heureuses applications dans les arts.

Bien que toutes les fécules soient nutritives à peu près au même degré, cependant, celles exotiques sont réputées plus analeptiques; quoique rien ne justifie cette supériorité, le charlatanisme n’en fait pas moins son profit. C’est ainsi qu’il existe aux environs de Paris, des fabriques de sagou, de tapioka, d’arrowroot, et le vulgaire n’en persiste pas moins a donner la préférence à ces prétendues fécules exotiques sur celle de pomme de terre qui sert à les fabriquer.

L’usage nutritif des fécules amylacées, bien qu’approprié dans certaines circonstances, et notamment après les maladies graves, ne doit jamais être exclusif.

On applique la fécule de pomme de terre, soit directement sur les brûlures récentes , soit sous forme de cataplasme émollient sur les tumeurs enflammées.

Couverchel,

Membre de l’Académie de médecine, et de la Société de pharmacie.

femme (physiol. et philos, méd. ) , s. f. , femelle de l’homme; en latin mulier , femina, en grec gynê. Tout ce qu’on a pu écrire sur le but de l’organisation humaine, sur la direction à imprimer à nos passions et à nos penchants , se trouve renfermé dans ce précepte du livre saint : croissez et multipliez. L’individu doit croître , c’est-à-dire tendre à la perfection , s’enrichir de qualités physiques et morales , et puis il lui reste un second devoir à remplir , c’est celui de multiplier et de conserver ainsi l’espèce ; toute la vie est là. Embrassé sous ce point de vue , l’homme s’offre à nous pour être considéré comme individu , puis

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comme appartenant à une famille, et ensuite comme vivant en société.

L’homme individu est incomplet. Un doux penchant l’entraîne vers la femme ; la famille naît alors , puis la société. Tantôt , comme on l’observe chez les nations civilisées , et comme l’indiquent les lois de la nature, lorsqu’elles ne sont pas obscurcies par la brutalité et les passions , il se choisit une seule compagne, son égale, et destinée à vivre sous un même toit , à partager ses peines et ses plaisirs. Des liens sacrés formés dans le cœur unissent les enfants à leurs parents ; les frères et les sœurs nés d’un même sang se chérissent entre eux. La société , résultat de l’agglomération des familles, est aussi plus unie, et l’homme est moins porté à opprimer son semblable. Chez d’autres peuples asservis au despotisme et dévorés par les ardeurs d’un climat brûlant , la force physique semble l’emporter , et plusieurs femmes appartiennent au même homme. Elles sont plutôt ses esclaves que ses compagnes. Les besoins de l’amour physique ont seuls présidé au choix du maître. D’ailleurs, quels liens , quel attachement peuvent naître d’une affection partagée ! La cordialité et la douce intimité des frères et sœurs entre eux ne doivent-elles pas faire place à la jalousie et même à la haine parmi des enfants nés de mères rivales. Aussi voyons-nous chez ces mêmes peuples les liens de la société se relâcher, et bientôt le sentiment de nationalité s’éteindre. En vain veulent-ils accroître leur population avec des esclaves achetés ; cette population dépérit et le désert naît autour des harems et des sérails.

La presque égalité des individus des deux sexes indiquerait seule que la monogamie est l’état naturel de la société. Les recherches statistiques ont appris, en effet, qu’il naît en France seize garçons pour quinze filles. L’égalité est encore plus sensible pour les enfants naturels. Pour cette classe de naissance , le rapport n’est que de vingtquatre à vingt -trois. (Voyez Annuaire du bureau des longitudes, année 1837.) D’ailleurs les voyages lointains, les accidents, les travaux d’une vie rude et active, enlèvent plus d’hommes que de femmes et tendent à rétablir l’égalité. La place que doit occuper la lemme dans la famille et la société étant ainsi établie, suivons maintenant celte intéressante moitié de l'espèce humaine dans les diverses phases de son développement.

De la femme en général. Rien ne semble annoncer chez la petite fille la différence des sexes. On observe chez elle la même pétulence et ta même vivacité que chez le petit garçon. Elle est la compagne de ses jeux et de ses plaisirs. Elle partage enfin tous les défauts et les qualités de l’enfance. Cependant un observateur attentif peut déjà démêler quelque différence. L’esprit cl la vivacité de la petite fille sont un peu plus précoces. Les soins qu’elle donne ù sa poupée , un léger penchant à la .'coquetterie , le désir d'être admirée semblent annoncer les penchants futurs de la jeune femme. Sous le rapport de la constitution physique et hormis les différences génitales, son organisation parait se rapprocher do celle de l'autre sexe. Son bassin et ses mamelles sont peu développés ; et son

corps fluet ne présente pas encore ccs contours arrondis , ces formes gracieuses qui doivent un peu plus tard embellir la vierge nubile. Ainsi s’écoule sa première enfance, exempte de ces inquiétudes et de ces peines de cœur que va favoriser bientôt le développement de son système nerveux. Une révolution bien plus complète chez son sexe que dans le nôtre est en effet sur le point de s’accomplir. A treize ou quatorze ans dans nos climats, un peu plus tard ou un peu plus tôt dans les contrées plus froides ou plus chaudes , se développe la puberté chez la femme. La matrice avec ses annexes d’un petit volume jusqu’alors , prend un accroissement rapide , et devient le siège d’une congestion sanguine suivie bientôt de l’écoulement d’un sang vermeil. ( Voyez menstruation. ) Cette évacuation désormais périodique , sera une loi de son sexe et une des conditions de sa santé. D’autres changements importants accompagnent ce premier phénomène. Le tissu cellulaire de la femme devient plus abondant et plus humecté de sérosité ; les saillies des muscles s’effacent ; les contours deviennent arrondis et gracieux. Mais deux régions surtout où doivent s’accomplir les actes des plus importantes fonctions maternelles deviennent autant de centres d’activité autour desquels la nature semble déployer toutes ses forces nutritives pour les former , les embellir et les préparer aux fonctions essentielles qu’elles sont appelées à remplir. Les mamelles, naguère à peine plus volumineuses que celles du jeune garçon , se gonflent, se durcissent et présentent ces saillies gracieuses surmontées d’un mamelon rose et érectile, indice de la vigueur et de la nubilité chez la jeune fille. Le. bassin devient plus ample , les hanches se dessinent , un léger duvet recouvre le pubis et semble un voile donné à la pudeur par la nature. Les parties génitales acquièrent enfin tout leur développement, et deviennent aptes à accomplir 1 œuvre mystérieuse de la fécondation. Un ébranlement général de l’économie a suivi ce développement ; l’enfant est devenu femme , le système nerveux surtout a accru son empire ; il est plus irritable et domine toute la constitution. Aussi quels changements sous le rapport moral ! Ses goûts ne sont plus les mêmes ; à la vivacité , au naïf abandon de l’enfance succèdent une retenue et une réserve dont la jeune fille elle -même ne peut se rendre compte ; pour la première fois elle songe , et ses rêves se portent sur un avenir encore enveloppé de nuage ; elle désire quelque chose et elle ne sait ce qui lui manque. C’est bien à tort qu’un philosophe a dit : nulla ignoti cupido; un instinct secret semble avertir la jeune vierge que son existence n’est pas complète et qu’elle a atteint une de ces phases de la vie qui décident de la destinée ; quelquefois elle devient triste et mélancolique; elle recherche la solitude; elle verse des pleurs sans cause : le présent lui pèse, et on dirait qu’en soulevant cet orage, la nature a voulu h préparer à quitter avec moins de regret le toit paternel. Que les mères se défient de la prétendue vocation des filles qui demandent le cloître à cet âge. Quelques-unes semblent s’étioler ; elles devient nent pâles , languissantes , et le flux menstruel

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s’établit avec peine. Puis quandl’amour a parlé, quand elle connaît la science du lien et du mal , son cœur se réveille, et toute son énergie se reporte sur l’objet aimé; elle n’existe que pour lui. L’amour, comme on l’a dit , est l’histoire entière de la vie d’une femme , tandis qu’il n’est qu’un épisode dans celui de l’homme. ( Voyez Pulerté. ) De dix-huit à vingt ans , la jeune fille a acquis tout son développement ; c’est à cet âge qu’il est le plus convenable de lui choisir un époux. Elle pourra alors plus facilement accomplir tous les devoirs de la maternité. Mais parvenus à cette époque de l’histoire de la femme , arrêtons-nous un moment pour étudier en peu de mots les différences que la nature a établies entre son sexe et le nôtre.

La femme est plus petite que l’homme. Sa taille, moyenne dans nos climats , est d’environ quatre pieds huit pouces. Le milieu de son corps en hauteur est compris entre le pubis et le nombril , tandis qu’il correspond au pubis chez l’homme ; le tronc de la femme est donc un peu plus long. Le bassin et les hanches sont plus larges; et les cuisses sont nécessairement plus écartées. Chez l’homme , au contraire , la plus grande largeur transversale correspond à la poitrine. La femme a les fibres plus molles et plus délicates ; sa peau est plus fine , ses os sont moins gros et présentent moins de saillies musculaires ; un tissu cellulaire et adipeux garnit tous les interstices des organes, et donne aux membres ces formes arrondies et ce moelleux de tous les contours caractéristiques du beau sexe ; les cheveux sont plus longs et plus flexibles, le crâne a un volume moindre; celui de l’homme confient environ trois à quatre onces de cervelle de plus. La barbe , signe de la virilité chez ce dernier, n’existe que dans quelques cas exceptionnels chez la femme ; les poils qui recouvrent çà et là la surface du corps y sont aussi plus rares et plus fins ; le cou est un peu plus mince et plus long; le larynx, surtout , présente une différence remarquable; on sait qu’il forme chez l’homme une saillie prononcée , nommée vulgairement pomme d'Adam. Le larynx est, au contraire, plus petit, plus étroit chez la femme ; aussi chez elle la voix est-elle plus douce , et d’un octave moins grave que la nôtre. ( Voyez Voix. )

La femme est moins forte que l’homme , en raison du moindre développement de son système musculaire. Son tempérament est plus souvent lymphatique et nerveux que dans notre sexe ; une constitution sanguine n’est pourtant pas rare chez elle. Mais la plus grande différence des deux sexes réside surtout dans les organes et les fonctions qui leur sont départies. (Voyez Génération. )

Les différences morales ne présentent pas des considérations moins importantes. La femme est femme de partout ; le but de la nature se décèle dans toutes les particularités de son organisation ; elle est née pour aimer, son cœur est aussi plus aimant. Elle doit plaire , et les grâces, la douceur, le charme de l’innocence et de la faiblesse, embellissent toute sa personne. Son tempérament nerveux plus irritable lui donne une variété de sensations qui nous sont inconnues ; elle sent plus que l’homme le mal et le bien , le plaisir et la douleur ; mais à

cause de leur vivacité même, ces sensations ont moins de profondeur et de durée. La femme, dit Virey, reçoit plutôt des impressions qu’elle no crée des pensées ; elle saisit plutôt les détails, les nuances des objets que leurs liaisons éloignées ou leurs rapports ; elle sent plus le présent qu’elle ne compare le passé, ou calcule et prévoit l’avenir; elle particularise ce que l’homme tend à généraliser ; elle a plutôt une finesse de tact , une pénétration vive des convenances , qu’une suite d’idées enchaînées, qu’un tissu serré de raison ; elle isole ce que l’homme réunit; nous contemplons les masses ; elle aperçoit mieux les divisions.

Peu de femmes ont accompli ces grands travaux d’esprit , ces vastes entreprises qui exigent de la persévérance et un génie ferme et invariable.

Si elle est plus constante en amour, c’est qu elle a plus de pudeur et qu elle est plus craintive. Quoi qu’on en ai dit , elle est en général plus coquette que voluptueuse ; et le besoin des jouissances physiques entre moins dans le calcul de son amour; beaucoup de femmes, sans être pourtant stériles, n’éprouvent aucun plaisir au milieu des caresses de l’homme ; elles n’en aiment pas moins leur époux , et sont jalouses d’en posséder seules le cœur. Elles gardent plus facilement la continence, quoique la continence paraisse leur être plus contraire qu’à l’homme. (V . Continence.)

Les défauts que l’on reproche aux femmes sont, en général, une suite de leur faiblesse et du besoin qu’elles ont de plaire. De là naissent la dissimulation, la coquetterie, le besoin delà vengeance souvent poussé très-loin chez le sexe iéminin.

Les principaux traits du caractère de la femme, tels que nous avons essayé de les esquisser, souffrent de nombreuses exceptions, et il ne manque pas de femme dont l’énergie, la fermeté ouïes hautes vues politiques ont surpassé de beaucoup celles du commun des hommes. Il nous suffira de citer Sémiramis, Cornélie, Catherine II, Christine, Elisabeth, etc.; comme écrivains, tout le monde connaît Sapho, Corinne , il/-£ de Staël, etc. ; plusieurs femmes ne se sontpas moins distinguées dans les sciences exactes et positives ; et on compte parmi elles des philosophes, des astronomes et des mathématiciens remarquables ; mais ces exemples ne sont et ne doivent être que des exceptions , et sans prétendre ici qu’une femme soit assez savante quand elle sait mettre une différence entre une chemise et le pour point de son mari, nous dirons quelles doivent en général abandonner les hautes spéculations de la science et de la politique. Le vrai rôle de la

femme est celui de mère de famille, et certes ce rôle est assez beau ; elles deviennent les conservatrices et les premiers fonctionnaires du genre humain. Donner la vie , inspirer la vertu , telles sont les nobles fonctions que la nature leur a départies. Elles peuvent vieillir ensuite et vieillir sans regret , car elles renaissent dans leurs en-' fants ; car elles ont accompli le plus beau , le plus sublime acte de l’humanité ; et l’amour maternel, ïe plus pur, le plus affectueux de tous les amours, compense bien au-delà ces plaisirs si vifs, mais ' quelquefois si amers qui leur échappent.

De quarante-deux à quarante-cinq ans dans

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nos climats , les femmes cessent, en général , d’être réglées : elles atteignent l'âge critique.

Cette époque qui arrive d’autant plus promptement, qu’elles ont été menstruées plus jeunes, n’est pas sans danger ; il s’opère alors une sorte de révolution qui peut avoir une influence fâcheuse sur la santé ( voyez plus bas ). Mais passé cette époque leur constitution se raffermit ; et menant une vie plus uniforme et plus réglée , elles vivent en général plus long-temps que les hommes.

Des maladies des femmes. Le développement du système nerveux , la menstruation , les fonctions génératrices spéciales au sexe, l’allaitement, exposent les femmes à des maladies particulières , dont nous devons présenter ici le résumé succinct.

Les affections des petites filles n’ont rien de spécial. La prédominance du tempérament lymphatique paraît les exposer un peu plus aux maladies scrofuleuses. Il n’en est pas de même à la puberté, époque orageuse et quelquefois fatale aux femmes. Elles sont sujettes alors à la chlorose ou pâles couleurs; le teint se décolore, les lèvres sont pâles, il survient des palpitations et un cedème , qui simulent souvent une affection organique du cœur. C’est au même âge que se manifestent les premiers symptômes de l'hystérie ( attaque de nerfs ) , maladie qui présente une foule de degrés et de variétés , depuis le léger spasme avec chaleur et rougeur à la face , jusqu’à ces convulsions violentes avec perte de connaissance, phénomènes plus effrayants pourtant que dangereux. La menstruation devient aussi pour la femme une source d’incommodités et d’affections souvent graves; les règles peuvent se supprimer ( aménorrhée ) , couler trop abondamment ( ménorrhagie) se dévier, etc. On sait que naturellement elles se suppriment pendant la grossesse et l’allaitement. Une continence sévère, des désirs long-temps étouffés produisent chez quelques femmes une affection affreuse, la nymphomanie, qui prive le sexe de son plus bel attribut , des sentiments de pudeur. L’excessive sensibilité des femmes , les suites de l’accouchement rendent les affections mentales plus fréquentes chez elles que chez l’homme. Une foule de causes résultant de la civilisation, de la mollesse, des abus de tout genre, produisent les flueurs Manches, affection si commune, surtout dans les grandes villes; fréquemment, elles s’accompagnent de douleurs d’estomac et de névroses variées. Souvent aussi, elles sont une cause de stérilité.

La grossesse et l’accouchement exposent la femme à un grand nombre d’affections spéciales telles que des nausées, des convulsions, des hémorrhagies utérines , des déchirements du périnée , des chutes de matrice, l’engorgement et les abcès du sein, la péritonite puerpérale, etc.

La matrice par ses fonctions devient le siège de lésions et de maladies dangereuses. Elle peut éprouver des déplacements , renfermer des polypes, divers corps étrangers, comme des moles , divers liquides qui peuvent simuler la grossesse, etc.

Parvenues à l’âge critique, les femmes sont en-

core exposées à de plus grands périls. Indépendamment des pertes de sang , des hydropisies , elles sont encore sujettes à deux épouvantables maladies, au cancer ou squirrhe des mamelles et de la matrice; la seconde de ces affections est à peu près constamment mortelle ; tout ce qu’on peut espérer, c’est de retarder les progrès du mal. La vieillesse de la femme est ensuite moins orageuse, La femme acquiert souvent alors une obésité particulière, et même une sorte de fraîcheur qui semble être une seconde jeunesse. (Voy. aux articles spéciaux chacune des maladies mentionnées dans ce paragraphe.)

Hygiène de la femme. La prédominance du système nerveux chez la femme, son excessive sensibilité , les circonstances morbides où elle est placée par suite des fonctions de son sexe , exigent qu’on lui trace quelques préceptes hygiéniques.

Il importe de laisser la petite fille jouir de la liberté de faire de l’exercice ; elle doit être forte pour supporter plus tard les fatigues de la maternité. L’époque de la puberté sera surveillée avec soin ; la jeune fille pubère ne doit négliger aucun des soins que prescrit l’hygiène. Les stimulants énergiques ne lui conviennent que rarement. Elle doit aussi éviter une vie trop sédentaire ; l’habitude de rester constamment assise , l’usage des chaufferettes, etc., sont une des causes fréquentes des affections des filles : affections qui presque toujours ont leur point de départ dans la matrice.

La coquetterie ne doit point les porter à emprisonner leurs poitrines dans des corsets trop étroits. Plusieurs d’entre elles aiment beaucoup le café et le thé ; ces stimulants leur sont souvent nuisibles et doivent être pris avec ménagement. Plus tard, lorsque la femme a pris son accroissement , ces défenses deviennent moins rigoureuses. Dans toutes les périodes de la vie , la femme doit surveiller avec soin l’écoulement menstruel qui devient comme la mesure et le régulateur de sa santé. La fréquence des affections nerveuses particulières à son sexe, et les soins indispensables de la propreté lui font une loi de recourir fréquemment à des bains , à moins de contre-indications particulières.

Quant aux affections morales , aux peines de cœur, sources si fécondes de dérangements morbides chez elles , que peut-on dire ? avec son organisation si sensible et si délicate, est-il donné à la femme de les éviter ?

L’époque de l’âge de retour exige des soins et des précautions particulières. Les émissions sanguines sont souvent nécessaires; un régime sain, frugal, l’abstinence de toute espèce d’excès, est toujours indispensable. Il faut cesser tout sacrifice à la coquetterie , et se résigner sans regret à la condition de femme de cinquante ans. (Voy. pour plus de détail l’art, menstruation.)

Pariset,

Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Médecine,

fémoral ( anat .), adj., femoralis, de fémur, cuisse, qui appartient à la cuisse. Cet adj. est synonyme de crural. (Voy. ce mot.)

fémur (anat.) , s. m. On désigne ainsi l’os de la «uisse, c’est le plus long de tous ceux du corps

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