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Celle considération majeure doit engager les praticiens à préparer les malades à la guérison par un bon régime, par des boissons rafraîchissantes et des bains prolongés.
Je me réjouis d'avoir, l’un des premiers, contribué à bannir de la pratique médicale, un moyen aussi barbare que celui de la calotte , dont nous aurons occasion de parler quand il sera question des méthodes curatives appliquées à ce genre de maladie. Plusieurs praticiens célèbres, entre autres M. Moulinié, chirurgien en chef de l’Hôtel-Dicu de Bordeaux, ont suivi notre exemple ; il est certain que quand bien même ce procédé atroce produirait des effets salutaires, rien ne serait plus urgent que d'y renoncer. Quand les frères Mahon se présentèrent pour la première fois à l’hospice de Rouen, pour y faire l’essai du procédé que l’on suit de nos jours, les teigneux qui se trouvaient rassemblés dans une cour, s’imaginèrent, par erreur, qu’on venait leur faire subir l’ancien traitement ; dès lors, on n’entendit plus que des gémissements et des cris de désolation ; ils se cramponnaient aux murailles et semblaient vouloir les franchir; ils préféraient garder leur infirmité , plutôt que de s’en déliver par tant de souffrances. Je dirai ailleurs, ce qu’il faut penser de la torture de l’épilation et de tant d’autres moyens dignes d’un temps d’aveugle routine.
Quand on veut traiter le favus, il faut d'abord s’enquérir s’il est récent ou invétéré; dans le premier cas, j’ai expérimenté qu’on pouvait le faire disparaître par les moyens les plus simples , par l’emploi réitéré des bains d’amidon ou de gélatine, souvent même, ces bains pourront être imprégués de quelque substance minérale ; les sulfureux alcalins, qui se distinguent par leur solubilité , sont préférables. On prescrit en même temps l’usage intérieur des eaux d’Enghien , les sucs des plantes fraîches, particulièrement du trèfle d’eau, du pourpier, du cresson de fontaine, etc.
Si, pourtaut, le favus a fait de grands progrès, s’il a porté une atteinte plus ou moins profonde à la constitution du malade, on peut recourir à des moyens plus efficaces en les appliquant néanmoins avec une sage lenteur. On peut employer, comme topiques, diverses pommades, particulièrement celles dans lesquelles on fait entrer les carbonates de soude ou de chaux, dans la proportion de deux ou trois onces d’axonge; on use de ces pommades tous les jours ou tous les deux jours, selon qu’on le juge convenable, mais avant leur application, il importe de ramollir préalablement les croûtes faveuses, par des cataplasmes réitérés et d’en avoir totalement débarrassé les cheveux, afin de mieux atteindre le siège du mal. Ces divers topiques, prudemment administrés par des hommes expérimentés, changent, sans doute, le mode d’irritation morbide qui a déterminé le développement du favus ; car, à la longue, le cuir chevelu qui était d’un rouge intense, ne tarde pas à reprendre sa couleur normale, sous l’influence du remède. Les démangeaisons s'affaiblissent et finissent par se dissiper entièrement. Quelquefois le traitement est long , mais il faut savoir attendre ses effets; qui pourrait ne pas redouter les inconvénients d’une médecine trop téméraire? Na-
tura quw oplima morborum médicatrice, non vult cogi nec pelli, sed manu duci.
Baron Alibert,
Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, Médecin en chef de l’hôpital Saint-Louis.
fébricitant ( path '.), s. m., de febris, fièvre. On donne ce nom au malade qui est affecté de la fièvre.
fébrifuge ( ther .), adj. et subst. mas., de febris, fièvre, et fugare, chasser , qui chasse la fièvre. Le quinquina et ses préparations, la gentiane, la petite centaurée , le trèfle d’eau , sont les fébrifuges les plus usités. ( Voy.ces mots.)
fébrile ( patli .), adj., fébrïlis, qui indique la fièvre. C’est ainsi qu’on dit pouls fébrile, mouvement fébrile.
fécales (matières) (physiol.), s. f. p . . de fax, fœcis, résidu des aliments soumis à la digestion. Elles commencent à prendre dans l’intestin cæcum leur odeur et leur consistance ordinaire; elles séjournent pendant un temps variable dans le gros intestin et sont ensuite rejetées par l’anus ; leur consistance augmente et leur couleur devient d’autant plus foncée qu’elles ont séjourné plus long-temps dans cet intestin. Outre divers débris et des aliments , ces matières renferment toujours une portion de bile altérée. (Voy. digestion.) J. B.
fécule [mat. méd.), s.f., fecula, dérivé defex,fèce ou lie. Cette dénomination, qui d’après son étymologie ne devrait s’appliquer qu'à des substances précipitables , comprend néanmoins , bien à tort saus doute, les principes immédiats des végétaux qui nonseulement ne jouissent pas de celte propriété, mais en possèdent qui les différencient essentiellement des fécules proprement dites. C’est ainsi, par exemple, qu’on a donné le nom de fécule colorante au tissu cellulaire des plantes, et notamment de leurs feuilles. Ce principe non-précipitable sans le con-j cours de la chaleur, dénature résineuse, et partant soluble dans les huiles grasses, l’alcool et l’éther,' est partout abondant dans les plantes qui composent la famille des solanées; aussi celles-ci communiquent-elles et leurs propriétés et leur couleur à plusieurs onguents et huiles composées, dans lesquels elles entrent, et notamment l'onguent de peuplier et le baume tranquille.
Depuis qu’une investigation plus rigoureuse a permis d’établir une ligne de démarcation entre ces produits immédiats, on a réservé la dénomination de fécule amylacée ou amidon à la fécule proprement dite, principe suigeneris, éminemment précipitable, insoluble dans l’eau froide, insipide et inodore, de couleur blanche, ou blanc grisâtre (l’amidon de châtaigne est dans ce dernier cas), attaquable par les acides, les alcalis, le malt ou orge germé.
J.a fécule amylacée est très-abondamment répandue dans certaines parties des végétaux; elle existe principalement dans les racines de bryone, de chélidoine, de mandragore, de manioc; les bulbes d’orchis, d’arum, de colchique automnal, de glaïeul; les tubercules de pommes de terre, de patates, de dahlia; les tiges de quelques palmiers,