‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 239 sur 316 · FOIS · texte numérisé non relu

FOIS

âge, mais plus fréquemment chez les personnes de trente à cinquante ans.

Il n’existe ordinairement qu’une seule de ces tumeurs ; d’autres fois on en rencontre plusieurs.

Le début de cette affection n’est annoncé dans quelques cas par aucun symptôme ; souvent au contraire la présence du fongus occasionne de la céphalalgie, divers troubles des sens, et certains phénomènes nerveux, caractères néanmoins insuffisants pour faire connaître la maladie, puisqu’on les observe également dans d'autres affections.

Peu à peu le fongus fait des progrès ; il use par sa présence, et d’une manière insensible, l’os du crâne auquel il correspond. Enfin , il le perce et devient appréciable au dehors.

On sent alors au-dessous de la peau une tumeur circonscrite et qui offre certains caractères pathognomoniques suffisants pour reconnaître sa nature; ainsi , elle est immobile sur les côtés : mais en la comprimant, on la fait rentrer dans l’intérieur du crâne en partie ou en totalité ; il se passe alors des phénomènes très-curieux. Si l’on presse légèrement, on soulage la douleur qu’éprouve le malade , mais si l’on appuie plus fortement, le cerveau est comprimé : il se produit des éblouissements, des tintements d’oreilles, un affaiblissement général; bientôt le malade perd connaissance et semble plongé dans un profond sommeil ; il revient à la vie dès que l’on cesse la compression. Un autre caractère de ces tumeurs est d’être agité de battements qui correspondent à ceux du pouls et aux mouvements de la respiration .

Le fongus s’accompagne alors presque constamment de douleurs et de divers symptômes nerveux très-graves ; quand il se montre au dehors, c’est à l’impression que font sur lui les inégalités et les pointes du trou qui lui donne passage, que l’on attribue généralement la douleur. Sa marche est plus ou moins rapide, mais son volume ne diminue jamais. Sa durée est fort longue; elle ne saurait être déterminée; on cite un malade qui en a été affecté vingt-neuf ans. Abandonnée à elle-même, cette maladie est incurable et se termine toujours parla mort. Dans l’état actuel de la science , l’art ne peut même rien pour la guérir ; toutes les tentatives d’opérations ont été jusqu’à présent promptement funestes ; on doit se borner à des palliatifs et à faire la médecine du symptôme. Lorsque la tumeur est sortie du crâne, on soulage ordinairement les douleurs par une légère compression faite au moyen d’un bandage approprié.

La mort, quand elle survient, a presque toujours lieu d’une manière prompte , soit au milieu de convulsions, soit dans un état d’assoupissement ; quelquefois elle a lieu subitement ; fréquemment elle a été aussi la suite d’opérations tentées ou d’application de caustiques. J.P. Beaude.

fontanelles ( anat .), s. f. pl., en latin fontes pulsatiles. Espaces membraneux et non ossifiés que présente le crâne chez les enfants. Dans ces intervalles qui sont comblés plus tard par les progrès de l’ossification. il n’existe qu’une membrane assez mince formée par l’endossement du cuir chevelu Ct io lâ dure-mère ; aussi peut-on y sentir assez

facilement les mouvements d’élévation et d’abaissement du cerveau.

On eompte six fontanelles ; les deux plus importantes sont situées, l’une au-dessus du front, à l’angle de réunion des os pariétaux et de l’os frontal , et l’autre en arrière à la jonction des os pariétaux et de l’os occipital. (Y. Crâne.) J. B.

fonticule (thér.), s.m., de fons, fontaine. Petit ulcère artificiel établi dans un but thérapeutique. (Y. Cautère, Séton.) J. B.

forbach (Eau minérale de). Forbach est une petite ville du département de la Moselle, chef-lieu de canton; elle est située à quinze lieuesde Metz, trois de Sarreguemines et deux de Sarrebruck. Sa population est de dix-neuf cents habitants. Les eaux de Forbach sont salines et légèrement sulfureuses; la source est située dans une prairie, à un quart de lieue delà ville ; l’eau est claire , limpide ; sa température est de quatorze degrés Réaumur; elle laisse exhaler une odeur sulfureuse ; son goût est saumâtre et un peu amer. Cette eau contient des chlorures de sodium en assez grande quantité, du chlorure de potassium et de magnésium en proportion très-faible, du sulfate de chaux et de soude, du carbonate de chaux et de magnésie, enfin, une petite quantité de fer et de matières organiques. Ces eaux qui se rapprochent delà composition de l’eau de la mer, peuvent, avec avantage, remplacer les bains de mer. Prises àl’intérieur, ces eaux seraient fortement purgatives ; mais ce n’est pas de cette manière qu’il convient d’en faire usage. Il n’existe pas à Forbach d’établissement convenable pour l’administration des eaux ; ce serait, sans doute, une entreprise utile que d’en construire, et ce serait d’autant plus nécessaire que cette contrée est assez éloignée de la mer. Les eaux de Forbach doivent, nous n’en doutons pas, leurs propriétés aux immenses mines de sel gemme qui existent dans tout l’est de la France.

force ( phys . ) , s. f. Voici un de ces mots dont l’acception est si étendue , l’application si générale , qu’on pourrait y rattacher la plupart des lois de la chimie , de la physique et de la physiologie. Force est employée comme synonyme de puissance, de cause, enfin de tout principe capable de produire quelque effet. Il est sans doute superflu d’avertir que, dans un dictionnaire de notions médicales usuelles, on ne doit pas s’attendre à trouver le mot force développé dans les limites que nous venons de faire entrevoir. Borné au seul point de vue de la physiologie, notre sujet serait encore trop vaste pour la place que lui réservent des calculs obligés de typographie. Ainsi, même en ne parlant que des forces de l’organisme, nous nous bornerons à en donner un simple aperçu.

L’homme offre à considérer des forces physiques et des forces morales. La plus remarquable de toutes, c’est sans contredit celle qui préside à la génération, au développement, à la conservation et à la restauration du corps humain. Cette force que nous n’envisageons que comme une simple faGîîKâ

primordiale de l’organisme , et non point comme un être abstrait, a, tour à tour, été dénommée nature, archée, âme, principe vital , puissance vitale. Quoi qu’il en soit des diverses manières de la concevoir et de l’appeler, il est du moins constant qu’elle existe et qu’on lui doit les merveilles de la génération, de la conservation et du rétablissement de la santé. Le médecin , comme on l’a dit fort anciennement , n’est que le ministre et l’interprète de la nature ou de la force vitale. (Yoy. Nature. )

Étant donnée cette puissance collective de l’organisme qui lutte si admirablement contre les lois générales de la chimie et de la physique qui tendraient à notre destruction, comme on le voit aussitôt que nous sommes passés à l’état de cadavre , chaque système ou appareil d’organes présente sa propre force à considérer. On distingue donc la force musculaire , digestive , circulatoire, respiratoire et vocale, génitale , nerveuse, etc. Du reste, tandis que, en physique, les forces sont évaluées avec toute la rigueur du calcul, rien n’est plus difficile, au contraire, que l’appréciation mathématique des forces de l’organisation. C’est ainsi que certains physiologistes ont estimé que la force des contractions du cœur , pour faire mouvoir la masse du sang à travers tant d’obstacles , devait équivaloir à un poids de 160,000 livres, tandis que d’autres ne l’ont évaluée qu’au poids de quelques onces. Mêmes variations des calculs pour l’appréciation de la force musculaire dont le déploiement tombe plus aisément sous les sens. Pense-t-on, par exemple, qu’il soit facile de vérifier l’assertion d’un mathématicien célèbre, qui a prétendu que pour soulever, à bras tendu , un poids de 20 à 25 livres, le muscle qui forme le moignon de l’épaule (le deltoïde) , devait faire un effort équivalent au poids de 16,000 livres.Toutefois c’est un grand phénomène que l’étendue delà force des muscles chez les athlètes. Il n’est pas moins surprenant de voir les besoins , les passions ( notamment la colère ) et certains états convulsifs , augmenter soudainement les forces habituelles.

S’il est difficile d’évaluer la force des principaux systèmes et appareils organiques que nous n’avons fait qu’indiquer, à plus forte raison est-il impossible de comparer et de soumettre au calcul les forces morales ; de dire que celui-ci à deux fois plus de conception, de mémoire, de jugement, d’imagination de volonté , de courage, etc., que celui-là. La mesure inégale des facultés départies ou acquises à chacun, par l’organisation primitive ou l’éducation , ne peut être appréciée que d’une manière approximative et plus ou moins arbitraire.

L’état des forces physiques et morales est trèssignificatif en santé et très-digne d’attention dans les maladies. L’énergie, la vigueur de toutes les fonctions développent un sentiment de bien-être, de plénitude d’existence qui dénote une santé parfaite et en présage la continuité. De même il est rare qu’il faille s’inquiéter des maladies dans lesquelles on n’observe que médiocrement l’oppression ou la prostration des forces. Il est pourtant quelques exceptions

Quels conseils hygiéniques nous reste-t-il à don-

ner relativement aux forces ? Il est peu ordinaire, dans l’état de santé , qu’on ait à réprimer leurs excès par des débilitants , en modérant leur exercice ou en les condamnant au repos ; souvent, au contraire, il faut les relever. (Voy. Faiblesse.)

A. Lagasquie,

Directeur de l'une des Ecoles auxiliaires de Médecine.

forceps (chir.), du latin forceps, qui signifie pince , tenaille. Instrument de chirurgie en forme de pince , destiné à embrasser la tête de l’enfant et à l’extraire hors de la matrice. On l’emploie lorsque la tête de l’enfant ne peut franchir les détroits du bassin (voyez ce mot), soit à cause de l’épuisement des forces de la femme , soit par suite d’un vice de conformation , ou bien , lorsque des accidents graves nécessitent une prompte délivrance.

Le forceps se compose de deux branches dontles extrémités se recourbent en forme de cuiller ; on les introduit séparément, et, aprèslesavoir réunies, on les maintient croisées par un pivot et une mortaise. La branche qui porte le pivot est appelée branche mâle ou droite , et l’autre , branche femelle ou gauche. Le forceps avant d’être introduit doit avoir été plongé quelque temps dans de l’eau chaude et enduit d’huile ou d’un corps gras.

Il n’entre pas dans le but de cet ouvrage d’indiquer les règles à suivre pour l’application de cet instrument. Mais nous croyons important de bien faire remarquer que le forceps placé selon les règles de l’art n’exerce sur la tête de l’enfant qu’une compression qui ne saurait compromettre son existence; qu’offrant dans tous ses points des bords mousses, il ne saurait blesser les parties génitales, et qu’en l’employant, le chirurgien substitue réellement sa force à celle que la femme devrait employer pour expulser son enfant. Cet instrument auquel des milliers de femmes ont dû leur salut, est donc une des inventions les plus précieuses dont s’est enrichi l’art de guérir, et son auteur, Pelfin, professeur à Gand en 1721, mérite avec raison d’être rangé au nombre des bienfaiteurs de l’humanité. JB-

forges-les-eaux (Eau minérale de). Forges est un bourg du département de la Seine-Inférieure que l’on désigne aussi sous le nom de Forges-en- Bray. C’est un chef-lieu de canton, situé à vingtsix lieues de Paris, quatre de Neuchâtel , quatre de Gournay et neuf de Rouen. Le nombre des habitants est de treize cents. Les eaux de Forges sont ferrugineuses et froides ; les sources sont au nombre de trois , situées au couchant du bourg, dans un vallon marécageux et dominé par quelques éminences. Les forges qui existaient autrefois dans cet endroit et auxquelles le bourg doit son nom, attestent la présence de mines de fer dans le sol et expliquent suffisamment la qualité des eaux.

Ces trois sources très - abondantes sont désignées sous les noms de Reinette, de Royale et de Cardinale. La saveur de ces eaux est légèrement ferrugineuse dans celle de la Reinette; ferrugineuse prononcée dans la Royale, et très-fortement âpre dans celle de la Cardinale. Cette différence de saveur tient à la quantité différente de fer que con-

tiennent ces diverses sources. Les proportions de fer qui existent dans l’eau de ces trois sources à l’état de carbonate sont, d’après M. Robert qui a fait les analyses les plus récentes , d’un huitième de grain par pinte pour l’eau de la Reinette, d’un demi-grain pour la Royale, de cinq sixièmes de grain pour la Cardinale. Les autres substances qui entrent dans la composition de l’eau de ces sources sont : l’acide carbonique, le carbonate de chaux, les muriates de chaux et de magnésie , les sulfates de chaux et de magnésie, et la silice. L’eau de la Reinette est celle des trois qui contient ces sels en plus faible proportion; aussi, est-ce celle-là par laquelle on commence ordinairement l’usage des eaux.

Il existe à Forges plusieurs autres sources que celles que nous venons d’indiquer, et qui jouissent de propriétés analogues. On a découvert , il y a quelques années , une source nouvelle dont l’eau est laiteuse, d’un goût légèrement croupi. L’usage n’en a pas encore été assez prolongé pour qu’on puisse se prononcer à leur égard. Elle est considérée comme un peu plus ferrugineuse que celle des sources voisines.

La température des eaux de Forges. est plus froide que celle des sources ordinaires ; car la température de l’air étant de onze degrés Réaumur, celle des sources n’était que de six degrés un quart. Les eaux de Forges, qui sont ordinairement limpides lorsqu’elles sortent des sources , se troublent assez promptement lorsqu’elles sonlexposées au contact de l’air; il se fait un précipité jaunâtre et ocreux qui est formé par des carbonates de fer, du carbonate de chaux etde la silice. Ce précipité doit être attribué à deux causes , d’abord au dégagement de l’acide carbonique qui retenait en dissolution les carbonates de chaux et de fer, ensuite à l’action de l’oxigène de l’air qui transforme le carbonate de fer, qui existait dans l’eau , à l’état de carbonate de protoxide de fer en carbonate de sesqui-oxide de fer, et qui, dans cet état , le rend complètement insoluble. Celte circonstance oblige à prendre beaucoup de précaution lorsque l’on met ces eaux en bouteilles pour faire des envois, afin que l’air ne soit pas introduit dans les bouteilles dans une proportion qui pourrait altérer les eaux.

La source de la Reinette présente un phénomène singulier et dont, jusqu’à ce jour, on n’a pas encore donné l’explication. On dit qu’une heure avant le lever du soleil et une heure après son coucher, l’eau est troublée par des flocons jaunes et ocreux analogues à ceux qui se forment lorsque, comme nous l’avons dit, l’eau est en contact avec l’air; ces flocons s’observent aussi lors des changements de temps et la veille des orages ; on dit qu’ils sont d’autant plus abondants que les orages doivent être plus forts , et les gens du pays consultent, dit-on, la source comme on le ferait d un baromètre. Cependant ces assertions si merveilleuses , et dont la science serait si en peine de donner les explications, sont contredites par M. Robert, auquel on doit les travaux les plus récents et les plus éclairés sur ces eaux ; il a bien constaté l’apparition de ces flocons rougeâtres for- | més par le fer et le carbonate de chaux ; mais il j

n’a pas reconnu que leur apparition ait rien de régulier , et nous sommes nous-mêmes étonnés de la bonne foi avec laquelle certains auteurs ont répété ces assertions qui, en raison de leur merveilleux, peuvent être crues par des gens du monde , mais non par des savants , qui jamais ne doivent admettre ces sortes de faits sans examen et sans critique.

Les eaux de Forges sont fréquentées depuis près de trois siècles, car on cite un sieur Buquet, conseiller au parlement de Normandie, qui, en 1578, fit curer et réparer la source, qui avait été comblée durant la guerre. En 1633, le roi Louis NUI, la reine Anne d’Autriche et le cardinal de Richelieu furent aux eaux de Forges; c'est même de cette époque que datent les noms qui furent donnés aux sources. La reine, dont la santé était délicate, ne put faire usage que de l’eau la plus faible, et dont la source prit le nom de Reinette , le roi but l’eau de la Royale , et le cardinal, qui , dit-on, était affecté d’une maladie des voies urinaires, fit usage de l’eau la plus forte, et dont la source fut nommée la Cardinale ; c’est de cette époque surtout que date la grande vogue qu’eurent les eaux de Forges. Il n’est pas de vertus qu’on ne leur attribuât; on dit même que c’est à l’usage de ces eaux que fut due la cessation de la stérilité d’Anne d’Autriche , qui mit au jour Louis XIV , plus de six ans après le voyage qu’elle fit à cette source. Un auteur contemporain, pour vanter l’efficacité des eaux de Forges , dit qu’il serait plus facile d’énumérer les cas peu nombreux dans lesquels ces eaux ne pourraient convenir que ceux dans lesquels l’usage en est si salutaire.

Les eaux de Forges ne se prennent qu’en boisson; l’eau de la Reinette, qui est celle par laquelle on commence le traitement, servait autrefois à l’usage ordinaire des habitants : on en prend un verre le matin , et l’on augmente d’un verre tous les jours, en laissant une demi-heure d'intervalle entre chaque verre ; les personnes qui ont l’estomac faible restent ordinairement à l’usage de cette eau, et peuvent même l’employer pour couper leur vin pendant les repas ; celles qui ont l’estomac plus fort passent bientôt à l’usage de la Royale et la prennent de la même manière; la dose peut en être portée par jour jusqu’àsix à sept verres. Lorsque l’estomac supporte facilement celle dose , on fait alors usage de l’eau de la source Cardinale ; cette dernière détermine quelquefois des accidents, en excitant l’estomac et provoquant des étourdissements et des congestions cérébrales. L’époque où l’on prend ces eaux est de juin à septembre.

Les maladies dans lesquelles on en fait le plus usage sont la chlorose, l’aménorrhée, la leucorrhée, les hydropisies, les affections scrofuleuses, les engorgements des viscères abdominaux, les langueurs d’estomac , la diarrhée chronique , les maladies des voies urinaires, etc. Nous n’osons pas les recommander contre la stérilité, car nous doutons qu’ elles produisent souvent un effet aussi miraculeux que celui qui fut observé sur Anne d'Autriche et qui eut pour effet d'empêcher la couronne de France de passer dans une branche col-

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