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voit autour de lui, pour nous servir du langage des poètes ,
« Mille grenades entr’ouvertes,
Semant la terre de rubis. »
Le fruit du genadier est loin d’acquérir sous le climat de Paris le degré cîe maturité et de suavité convenable pour pouvoir être employé dans les usages économique et médical ; cependant, pour suppléer à l’insuffisance du principe sucré, et masquer la saveur slyptique de sa pulpe , quelques personnes saupoudrent de sucre les vésicules succulentes qui la composent, et en forment ainsi une sorte de confiture assez agréable pour pouvoir être utilement employée dans le régime diététique.
La Provence est en possession de fournir les grenades qui se consomment à Paris et aux environs ; elles sont en général assez suaves , mais elles se conservent difficilement : leur suc ou jus exprimé mêlé à l’eau el au sucre forme une boisson tempérante, analogue à la limonade ; uni au sucre dans la proportion d’un tiers sur deux de ce dernier et convenablement rapproché, ce mélange constitue un sirop rafraîchissant, qui rappelle par sa saveur celui de groseille, et dontl’usageestégalementbien approprié dans les maladies inflammatoires.
Le péricarpe ou écorce de grenade, que les anciens nommaient malicorium, en raison de sa couleur et de sa résistance coriacée, contient du tannin et de l’acide gallique dans des proportions assez notables pour qu’on ait cru devoir, dans certaines opérations délicates de l’art du tanneur, le substituer à l’écorce de chêne. La réunion de ces principes le rend aussi très-propre à faire des boissons ou des lotions astringentes. On l’administre en outre avec succès, soit en poudre, soit sous forme d’exirait, contre les vers et notamment contre le tænia; mais dans ce dernier cas, concurremment avec l’écorce de la racine qui, ainsi qu’on le verra bientôt, jouit de la propriété anthelmintique à un degré encore plus élevé.
Toutes les parties de la plante ont une saveur slyptique très-prononcée ; les feuilles , les fleurs même du grenadier ou balaustes, n’en sont point exemptes : aussi les emploie-t-on soit en infusion, soit en décoction pour former des gargarismes, des lolions’ou des injections astringentes et détersives.
L’écorce de la racine enfin, réputée depuis fort long-temps dans l’Inde, comme l’un des plus puissants vermifuges connus, n’a pas élé moins préconisée en France, ^et spécialement contre le lænia. La propriété anthelmintique est si cons! ante en effet, que plusieurs praticiens se sont successivement et fort innocemment, nous aimons à le croire, attribué le mérite de sa découverte. Bien qu’on doive en général préférer, pour l’usage médical, l’écorce extraite de la racine du grenadier exotique ou au moins de nos départements méridionaux, cependant celle que fournit le grenadier cultivé dans les serres des environs de Paris n’est pas dépourvu d’énergie , elle est surtout bien préférable à l’écorce de racine d’épine-vinette, berberis vulgaris, qu’on lui substitue frauduleusement dans le commerce. Quoi qu’il en soit, nulle autre substance n’étant aussi riche en tannin et en acide gallique
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libre, il y a lieu de croire que c'est surtout à la présence de ces deux principes que l’écorce de racine de grenadier doit son infaillibilité dans l’expulsion des vers intestinaux, et particulièrement du vers solitaire, tœnia solium. Le mode d’administration n’élant pas sans importance, pour assurer Je succès, nous allons indiquer celui qui est le plus généralement suivi. La prudence exige cependant qu’on ne le mette en pratique que lorsqu’on a la certitude que des fragments de tænia ont été déjà rendus. Le malade mis préalablement à la diète est purgé la veille au soir , le lendemain on administre la décoction de racine de grenadier préparée de la manière suivante : on prend deux onces de racine concassée, on la fait macérer pendant vingt-quatre heures dans deux livres d’eau ; on fait ensuite bouillir jusqu’à réduction de moitié, et l’on passe ; le liquide ainsi réduit est donné en trois doses de demi-heure en demi-heure. Il arrive souvent que la première ou la seconde dose détermine le vomissement ; mais on n’en doit pas moins donner la troisième , qui produit rarement le même effet. Le malade ne tarde pas après celle-ci à ressentir des coliques, indices de la réaction, et il rend ensuite des selles qui offrent plus ou moins de traces de tænia. Enfin, un ou deux lavements à la graine de lin facilitent l’expulsion totale , et rétablissent bientôt le calme dans l’intestin momentanément irrité.
On ne connaît encore que deux variétés de grenadier, l’une à fleur jaune et à grain e! suc jaunâtre ; l’autre, qui est celle dont nous venons de parler , à fleurs rouges, et à grain et suc rouge; Pline en signale une apyrène ou sans noyau , qui nous est inconnue; mais, comme l’observe judicieusement M. Vée, dans ses commentaires sur le naturaliste romain, ce mot ne doit jamais être pris dans son acception la plus rigoureuse ; la culture parvient rarement en effet à faire disparaître complètement le noyau, elle d minue seulement son volume et augmente d’autant le péricarpe. Couverchel.
grenadine. (V. au Supplément.)
GREFFE ART JM ALE (PhlJSlol.), S. f .N . JS éoplast .
grenouille, s. f. (V. au Supplément.)
grenouillette (chir.), s. f., Ranule (ranula). On nomme ainsi une tumeur placée au-dessous et près du filet de la langue, saillante à l’intérieur de la bouche et quelquefois à l’extérieur. Ce nom lui vient de la ressemblance avec les goitres aériens de la grenouille , ou de l’espèce de coassement que fait entendre le malade dont la prononciation est altérée. Quoi qu’il en soit , la grenouillette se présente sous la forme d’une tumeur molle, fluctuante, demi- transparente, quelquefois dure et ferme quand elle est ancienne; elle est quelquefois partagée en deux par un petit sillon; la grenouillette est alors double. Cette maladie est due la plupart du temps à l’oblitération d’un des conduits de la salive, connu sous le nom de canal de Warthon; la salive ne pouvant s’écouler, s’amasse, distend les parois du canal et forme une espèce de poche, qui contient un liquide visqueux limpide , semblable à du blanc d’œuf, et qui n’est que de la salive un peu altérée ; quelquefois , et
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lorsque la tumeur est ancienne, il s’y mêle un peu de pus, et il s’y forme de petites concrétions sablonneuses plus ou moins dures. Cetle affection s’observe plus fréquemment chez les enfants que chez les adultes ; elle reconnaît pour cause l’inflammation chronique du canal de Warlhon, une ulcération, des aphthes, la formation d’un calcul salivaire , etc.
Une fois développée, cette tumeur tend à s’accroître; peu à peu , elle gêne les mouvements de la langue et la prononciation; d’indolente qu’elle était, elle devient un peu douloureuse; au bout de quelques mois elle remplit quelquefois presque toule la cavilé de la bouche, elle soulève et masque la langue. Elle peut enfin faire dévier les dents, amener lacarie de la mâchoire inférieure, et former au cou une saillie remarquable , qui a pu , dans quelques cas , induire en erreur des chirurgiens peu attentifs.
On observe quelquefois de petites grenouilletles qui se forment spontanément en quelques heures, et qui se guérissent d’elles-mêmes aussi rapidement, souvent sous la seule influence de quelques gargarismes adoucissants. Celte affection n’est pas dangereuse, elle n’est qu’incommode parla gêne qu’elle apporte à la prononciation , à la mastication , etc.
Traitement. La cure de la grenouillette peut être palliative; elle consiste à vider la poche par une petite incision ou au moyen d’un trois-quarts. Le liquide de la tumeur s’écoule, mais la petite plaie faite se cicatrise et la maladie reparaît. La cure radicale consiste, soit à déboucher et à dilater ensuite, quand cela est possible , l’orifice obstrué, au moyen d’un stylet et d’un fil de plomb , soit à donner à la salive un écoulement , en pratiquant un orifice artificiel. On se sert dans ce but de la cautérisation avec le fer rouge, qui détruit une partie de la poc .e et laisse une fistule ; ou bien on excise largement la tumeur, et on empêche la réunion des parties excisées par de petites tentes de charpie. Ges moyens néanmoins échouent souvent. Les chirurgiens de nos jours emploient de préférence, soit le séton, soit la petite canule inventée par Dupuytren. Pour placer le séton, on traverse de part en part la tumeur à l’aide d’une aiguille courbe un peu large à sa partie moyenne, et qui entraîne après elle plusieurs fils de soie réunis et non en cordonnet; ces fils ne doivent pas être assez volumineux pour remplir l’ouverture faite par l’aiguille , et cela afin que la salive puisse s'écouler. Les deux extrémités des fils sont noués et forment une anse qui reste dans la bouc! e pendant quelques semaines , temps nécessaire pour la guérison. La canule de Dupuytren a la forme d'un bouton de chemise à deux têtes , dont la tige serait percée à son centre par un petit canal ; après avoir pratiqué une incision à la tumeur et l’avoir vidée , on introduit dans la poche un des rebords de la canule, l’autre reste dehors. Alors la salive sort librement et s’écoule dans la bouche, au lieu de s’accumuler dans le kyste. On comprend que si le canal de la tige venait à s'oblitérer, on le débarrasserait facilement au moyen d'un stylet assez fin, ou même d’une épingle. J. P. Beaudb.
gbxouls (Eau minérale de). (Y. au Supplém.)