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grippe [méd. ) s. f. Ce nom vient sans doute de l’expression vulgaire ag gripper, qui veut dire saisir brusquement et avec violence. Il est peu de maladies qui aient reçu un aussi grand nombre de dénominations; ainsi le dando, le tac, le horion, la synoque catarrhale, la f olette, le petit courrier, la grenade, la (jénérale , lu coquette et une foule d’autres noms aussi bizarres, ont long-temps servi à désigner cette affection; mais de tout ce long catalogue, les mots catarrhe épidémique et influenza sont les seuls synonymes qu’on ait conservés dans le langage du monde et même dans le langage médical.
Jusqu’alors la grippe n’a paru que sous forme épidémique ; jamais même elle ne s’est déclarée dans une contrée sans envahir au loin les autres. Un malaise général ; des lassitudes spontanées ; le brisement des membres ; des douleurs contusives aux épaules, au cou et à la partie antérieure de la poitrine ; de la céphalalgie , des bourdonnements d’oreilles, une toux tantôt faible, tantôt très-intense, un coryza ordinairement violent, de la dyspnée, des défaillances surtout chez les femmes , l’inflamma-, tion des paupières et le larmoiement, quelquefois des nausées et des vomissements , tels sont les signes principaux par lesquels se traduit le plus souvent cette épidémie. Quoique ordinairement réunis et confondus, cependant ces symptômes peuvent être rapportés à trois groupes primitifs ayant pour siège les trois grandes cavités. En effet, toutes les fois qu’on a exactement analysé l’ensemble des phénomènes, on a pu se convaincre qu’ils avaient pour point de départ tantôt la tête, tantôt le ventre, tantôtlapoitrine, et que l’un de ces trois foyers principaux de la maladie fournissant toujours une série de symptômes prédominants, les autres n’étaient plus que secondaires ou manquaient même entièrement. Mais quelque forme qu’elle puisse revêtir, on a toujours vu les lassitudes spontanées , la courbature, les douleurs dans les membres, et c’est seulement du plus au moins que ces symptômes ont pu varier, mais jamais on n’en a constaté l’absence. Cette fatigue extrême et cette débilitation générale existent, il est vrai, au début dans presque toutes les maladies; elles en sont même un des signes les plus certains, comme l’indique cet aphorisme si précis d’Hippocrate, les fatigues spontanées annoncent les maladies, mais dans l'épidémie dernière elles avaient un cachet particulier. Ainsi tandis que dans les cas ordinaires nous voyons pour prodrômes un sentiment de gêne à la région cervicale, et de fatigue aux extrémités inférieures , on remarquait toujours dans la grippe, outre ces derniers symptômes, des maux de reins intenses, le brisement dans toutes les articulations et surtout des douleurs contusives dans les bras et dans les jambes; ce que les malades exprimaient assez bien en disant qu’il semblait qu’on leur eût donné des coups de bâton. Ce type particulier paraît du reste avoir existé dans toutes les épidémies de ce genre. Ainsi, en 1427 , dit M. Pasquier : « Environ quinze jours avant la Saint-Remi, cheut un très mauvais air corrompu dont une très mauvaise maladie advint qu'on appelait la dando, et n’ estoit nul ne nulle qui aucunement ne s’en sentist dedans le temps qu'elle dura : est la manière comment elle prenait : elle com-
mençait ès reins et ès épeaulles, et n' estoit nul, quand elle prenoit, qui ne cuidoit avoir la gravelle, tant faisait cruelle douleur Après ce venoit une toux si
très mauvaise à chacun, que quand on estoit au sermon, on ne povoit entendre ce que le sermonneur disoit, par la grande noise des tousseurs. »
Outre les symptômes que nous venons de mentionner et qui sont en quelque sorte pathognomoniques de la grippe, il en est quelques-uns qui se sont présentés dans l’épidémie de 1837 , à Paris surtout, mais qui ne se sont pas montrés dans toutes les localités. Je veux parler de la pleurodynie ou douleur de côté , du coryza ou rhume de cerveau , des épistaxis ou saignements du nez , et même des pertes utérines abondantes ; mais, je le répète, ces symptômes ne sont qu’ accessoires et c’est par exception qu’ils sont dans quelques cas devenus prédominants.
Une chose importante à noter, c’est l’influence fâcheuse que cette affection a exercée sur les poitrinaires. On peut même dire que chez les individus déjà affaiblis et prédisposés, les femmes et les vieillards surtout, la grippe aderminéla phthisie. Cette influence n’a cependant pas toujours été aussi grande qu’on aurait pu le penser d’après certains cas ; ainsi tandis que chez quelques malades dont l’affection tuberculeuse ( phthisie ) paraissait au début, on l’a vue marcher avec une effrayante rapidité ; nous avons vu des individus arriver presque mourants à l’hôpital et plongés dans le dernier état de marasme, se soutenir cependant au milieu des ravages de l’épidémie et sortir de l’hôpital, sinon convalescents, du moins dans un état meilleur.
La marche de la grippe est simple et uniforme ; ses caractères à la vérité sont multiples et variés parce qu’ils se rapportent à plusieurs systèmes d’organes, mais ils ne sont nullement insidieux, et si on excepte quelques cas, on peut toujours prévoir sûrement l’issue de la maladie. Sa durée, sauf les cas de complication , varie de huit à quinze jours. Mais s’il est facile de dire combien dure la période d’acuité, il est bien plus difficile de déterminer l’époque de la guérison complète. A peine ne pouvoyoit personne estre guéry ; car depuis que l’appétit de manger fust aux personnes revenu, sifust il plus de six semaines après qu’on fut actement guéry. Effectivement presque toujours comme en 1427 , outre la fatigue générale et l’état d’abattement qui continue pendant plus d’un mois lorsque la grippe a été intense, on observe la persistance d’un des symptômes qui ont prédominé pendant la maladie; ainsi tantôt la céphalalgie , tantôt des douleurs dans les membres , tantôt enfin de la surdité ou une toux opiniâtre. Voilà les principaux accidents qui nous ont paru ralentir la convalescence; et depuis six mois que l’épidémie a quitté la capitale, il nous arrive des malades qui n’ont pu encore recouvrer la santé.
Le traitement de la grippe est très-simple; il consiste surtout en des soins hygiéniques , et quant aux indications spéciales quirésulteraienl de complications particulières, il serait inutile de les donner iei puisqu’elles exigeraient la présence du médecin. Les cas d’ailleurs dans lesquels il est nécessaire de recourir aux saignées, aux purgatifs ou
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aux vomitifs , sont les plus rares et presque toujours les infusions théiformes, des loochs pour diminuer la toux, des juleps diacodés ou opiacés et surtout les boissons sudorifiques sont la base du traitement. Il semble en effet que dans toutes les épidémies les sueurs puissent prévenir ou arrêter jusqu’à un certain point la marche des maladies. Mais c’est au début surtout que les diaphoniques ont une grande utilité ; et par début nous n’entendons pas en temps d’épidémie les premiers jours, mais les premières heures, et c’est dès le premier sentiment de malaise qu’il est convenable de provoquer les sueurs. Alors elles sont véritablement préservatrices, et si la guérison complète n’a pas lieu, au moins le mal semble avorter et ne se produit que par les signes les plus généraux. C’est ce qui a eu lieu pour la grippe ; tous ceux qui dans la dernière épidémie ont pu amener la sueur aussitôt le premier frisson, ont bien éprouvé de la fatigue dans les membres, un léger mal de tête, mais tous les symptômes graves ont manqué complètement.
Malgré la propagation si rapide delà grippedans les hôpitaux , les prisons , les collèges, on ne peut cependant rigoureusement conclure qu’elle soit contagieuse , car les maladies épidémiques frappent toujours en même temps un grand nombre de personnes; et d’ailleurs si la grippe atteint rarement un individu sans que ceux qui habitent le même lieu soient eux-mêmes victimes , on la voit aussi sauter d’un lieu à un autre, franchir des bras de mer, marcher en tout sens contre le cours des vents et des fleuves, et parcourir des distances trèséloignées sans qu’on puisse dans tous ces cas invoquer la communication par contagion.
Quant à la nature de la maladie, c’est-à-dire à la place qu’on peut lui assigner dans le cadre nosologique, elle est assez difficile à déterminer , surtout si l’on voulait la caractériser par quelque mots aphoristiques : il faut, au lieu de regarder la grippe comme une affection organique ordinaire, la considérer au contraire comme une maladie sui generis, comme une affection générale, ayant, ainsi que toutes les épidémies, une nature spécifique, une modalité propre qu’elle tire d’une constitution météorologique particulière, et différant des maladies sporadiques avec lesquelles on pourrait la confondre, et par les prodrômes et par les symptômes, et parle traitement et par la convalescence.
M. H. Landouzy.
Professeur à l’École de médecine de Rheims.
grippée ( paih .), adj. On désigne ainsi un aspect de la face dans lequel les muscles sont violemment contractés et où la face parait resserrée et avoir diminué de volume ; c’est surtout dans les maladies des organes du ventre et principalement dans la péritonite, que l’on observe ce symptôme de la face grippée. J. B.
groseille ROUGE (bot.) s. f. Fruit du groseiller rouge ou à grappes, ribes rubrum, genre unique de la famille des Ribésiées R. C’est une baie globuleuse uniloculaire, succulente et polysperme, ombiliquée au sommet, luisante et transparente, lors-
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qu’elle est mûre, renfermant quatre à huit semences ou pépins de forme oblongue.
L’arbrisseau qui produit la groseille à grappe croit naturellement dans les contrées montagneuses de l’Europe ; il est très-abondamment cultivé dans les jardins fruitiers des environs de Paris, le plus ordinairement en buisson , quelquefois sur une seule tige en boule et mieux encore sous forme pyramidale.
Ce fruit plaît si généralement , il exerce une influence si salutaire sur l’économie , qu’on a cherché à le conserver le plus long-temps possible , soit tel que l’offre la nature, soit uni au sucre sous forme de confiture de gelée, de sirop, etc. La saveur des groseilles d’abord acerbe devient en mûrissant acidulé et sucrée , et d’autant plus que l’exposition est meilleure et la maturation plus complète. Les groseilles blanches sont généralement plus douces que celles rouges , elles sont moins aromatiques et moins suaves , on les conserve de préférence entières, soit dans un sirop de sucre blanc et privées de leurs pépins comme on le pratique à Bar; soit plongées dans une solution de gomme, ou du blanc d’œuf et saupoudrées de sucre; dans ce dernier cas elles doivent être tenues soigneusement à l’abri de l’humidité. La méthode d’ Appert qui consiste à en remplir des bouteilles et à le soumettre ensuite à l’action de l’eau bouillante, offre l’avantage de conserver l'arome et la saveur, mais elle a l’inconvénient de sacrifier la forme d’où il résulte qu’on ne peut la mettre à profit que lorsqu’il s’agit d’aromatiser des mets d’office, tels que crèmes, glaces, etc.
Le moyen de conservation le plus généralement adopté et le plus approprié aux habitudes gastronomiques est sans contredit la confiture ou gelée ; sous cette forme la groseille n’est pas seulement rafraîchissante , elle nourrit et joue un rôle trèsimportant dans le régime diététique des vieillards et des enfants.
Le suc ou jus de groseilles sucré et étendu d’eau forme une boisson tempérante et légèrement laxative, dont l’usage est surtout indiqué comme correctif des grandes chaleurs de l’été, et de nature à prévenir chez certains individus la tendance aux maladies inflammatoires. Enfin peu ou point fermenté suivant le procédé qu’on emploie, le suc de groseilles , mêlé au sucre dans la proportion de neuf ou dix onces de suc, sur une livre de sucre , constitue le sirop de groseilles; prépara: ion médicinale et économique dont l’usage est surtout indiqué lorsqu’il s’agit de modérer la chaleur animale et de la ramener après une surexcitation à son état normal.
Groseille a Maquereau. Fruit du groseiller épineux ribes grossularia. Cette espèce diffère de la précédente par son volume qui égale celui d’une petite cerise; sa couleur est généralement d’un blanc jaunâtre, et purpurine dans quelques variétés; elle doit la dénomination qui la distingue à l’emploi qu’on en fait pour assaisonner et relever la saveur fade du maquereau. Lorsque cette groseille a atteint son maximum de maturité elle est saine et agréable, mais ce n’est malheureusement pas dans I cet état qu’elle plaît davantage, aux enfants sur-
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tout ; aussi arrive-t-il souvent que l’ingestion d’une trop grande quantité de ce fruit vert détermine chez eux l’indigestion, et un usage trop abusif, la formation de vers intestinaux.
Si l’on fait en général assez peu de cas de ce fruit en France, il n’en est pas de même en Angleterre ; il ne figure pas seulement sur les tables les plus somptueuses comme sur les plus modestes, on en fabrique en outre, par une fermentation bien ménagée et suspendue à propos, une sorte de vin de dessert qui rappelle notre vin de Champagne, mais qui ne saurait le faire oublier. Abondamment cultivé dans les campagnes où il forme des haies impénétrables, le groseiller à maquereau fournit aux cultivateurs la base de presque toutes les boissons économiques, et remplace pour ces insulaires la piquette de nos pays vignobles.
Groseille noire ou Cassis, rïbes nigrum. Ce fruit se distingue des précédents par son volume plus considérable que celui de la groseille rouge et moindre que celui de la groseille à maquereau. Sa couleur noire, l’odeur particulière qu’il exhale, sont aussi très-remarquables et ne permettent de le confondre ni avec l’une ni avec l’autre; sa pellicule est résistante et sa pulpe est fade et douceâtre.
Le cassis est peu agréable à manger seul ; il s’associe même assez mal avec les autres fruits à cause de l’odeur qui le distingue et qui réside principalement dans la pellicule qui enveloppe la pulpe. Quoi qu’il en soit, le principe aromatique étant soluble dans l’ eau-de-vie, on a mis à profit cette propriété pour préparer, par la macération du fruit dans ce véhicule , une liqueur ou sorte de ratafia stomachique et diurétique très-esümé des gens du peuple.
COUVERCHEL,
Membre de l’Académie de médecine et de la Société do Pharmacie.
grossesse ( physiol. et path. J s. f. On désigne vulgairement sous ce nom et plus scientifiquement sous celui de gestation, le séjour du produit de la conception dans le sein delà mère jusqu’à l’époque de l’accouchement.
Si l’œuf fécondé ou conçu sort des organes de la mère avant que le germe commence à se développer, comme dans les oiseaux , il n’y a pas de gestation, et l’animal est appelé ovipare. Si l’embryon se forme pendant que l’ovule parcourt l’oviducte, mais de manière à ce qu’il ne puisse se séparer de sa coque qu’après la ponte, comme dans quelques reptiles , il n’y a point encore, à proprement parler, de grossesse, et les animaux sont ovovivipares. Toutes les fois au contraire que l’œuf subit en entier son incubation au dedans du système générateur, que le îfotus n’en est chassé qu’au moment ou le développement de ses divers appareils lui permet de vivre et de croître dans le monde extérieur , on dit qu’il y a grossesse ou gestation; c’est ce qu’on observe dans les seuls mammifères , et ces animaux sont nommés vivipares.
La grossesse , dans l’espèce humaine, est un des phénomènes de la reproduction qu'il importe le plus de bien étudier.
Si l’ovule fécondé arrive sans obstacle dans la
cavité de la matrice et s’y maintient, la grossesse est dite tonne, naturelle, utérine. S'il reste et se développe dans l’ovaire, s’il tombe dans le péritoine, s’arrête dans la trompe ou s’engage dans l’épaisseur des parois mêmes de l’utérus , elle pre: d au contraire le nom de mauvaise, contre-nature , extra-utérine. La première espèce est ensuite divisée en trois variétés : 1“ grossesse simple , quand la matrice ne renferme qu’un œuf ; 2° grossesse double, triple, quadruple ou composée, quand il existe deux, trois ou quatre fœtus ; 3° grossesse compliquée, quand un polype, unegrandequantité d’eau, une maladie quelconque du produit de la conception ou de l’utérus, viennent s’y joindre.
La seconde comprend quatre nuances , déterminées par le siège que choisit le germe fécondé , en sorte qu’on admet lHune grossesse ovarique; 2° une grossesse abdominale ou péritonéale; 3° une grossesse tubaire ; 4° une grossesse mixte ou interstitielle.
Après avoir remarqué qu’une foule de maladies font quelquefois naître la plupart des symptômes delà grossesse, les accoucheurs, adoptant une première division plus générale encore, ont établi une grossesse waic et une grossesse fausse ou apparente, distinctes l’une de l’autre en ce que la première est caractérisée par la présence , et la seconde par l’absence d’un fœtus dans les organes de la femme.
§ 1er. vraie grossesse. — - Dès que la grossesse a lieu, des phénomènes importants et nombreux se manifestent dans l’économie. Les uns sont locaux, physiques, matériels; les autres variables, fugaces* généraux. Il en est de communs à toute espèce de gestation, tandis que d’autres sont particuliers à quelques-unes seulement.
Phénomènes anatomiques. — Lorsque la conception est opérée , la matrice reste dans un état de fluxion qui en augmente toutes les dimensions. A la fin du troisième mois , le corps de cet organe a deux pouces et demi environ dans toutes ses directions; il a trois pouces et demi dans le quatrième mois. A sept mois, le tiers supérieur de son col est épanoui dans la région inférieure de son corps; le col de la matrice présente ordinairement moins d’un pouce de longueur à huit mois; néanmoins, il ne se perd tout-à-fait dans l’ovoïde utérin que dans le courant du neuvième ; en sorte que , depuis le commencement de la grossesse jusqu’au moment du travail, il s’amincit, se déploie, s’évase par degrés avant de disparaître tout-à-fait. J’ai cru remarquer qu’abstraclion faite du museau de tanche, le col a perdu le tiers environ de sa longueur fotaledèsle cinquième mois, lamoitié dans le sixième, les deux Gers ou les trois quarts dans le septième, les trois quarts ou les quatre cinquièmes à la fin du huitième, et que le reste s’efface dans le courant du neuvième. On aurait tort toutefois de prendre à la lettre de telles assertions. Ce que j’en ai dit ne doit s’entendre que d’une manière très-générale.
Au lieu de rester aplatie sur ses deux faces, la matrice s’arrondit, et ne tarde pas à devenir complètement piriforme. Son angle vaginal semble se resserrer, s'amincir. Son orifice devient quelquefois circulaire, cesse de représenter une simple fente linéaire ou transversale, surtout dans les
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premières grossesses. D’autres fois il s’entr’ouvre fissez largement; ses lèvres s’épaississent et deviennent plus molles , principalement chez les femmes qui ont eu plusieurs enfants. Dans quelques cas de première gestation, il semble se fermer tout à fait, au point que le doigt parvient à peine à le distinguer.
Au total, l’utérus arrive graduellement à la forme d’un ovale dont la pointe serait tournée en bas, et vers le cinquième ou le sixième mois il offre la figure d’un vase sphéroïde, terminé par un goulot très-court.
A la fin de la grossesse, le col de l’utérus n’est plus qu’un bourrelet formé par les lèvres seules du museau de tanche, et dont l’épaisseur varie selon que la femme est primipare ou qu’elle a déjà eu plusieurs enfants. Son orifice reste habituellement fermé, surtout quand les personnes n’ont point encore eu d’enfants. Sa cavité ressemble à un doigt de gant plus ou moins allongé ; de telle sorte qu’on peut toucher à nu les membranes et reconnaître la position de l’enfant pendant plusieurs mois avant le terme du travail.
En même temps qu’il s’accroît en longueur et que son volume augmente, l’utérus éprouve aussi d’autres changements relatifs à sa position et à ses rapports. Son col s’abaisse, se rapproche de la vulve; toutefois, le museau de tanche ne tarde pas à remonter insensiblement par suite du volume de plus en plus grand que prend la matrice. A trois mois il occupe à peu près la même place qu’avant la fécondation. En continuant de s’élever ensuite par degrés, il parvient quelquefois jusqu’à la hauteur de l’angle sacro-vertébral, tandis que d’autres fois il redescend au contraire à partir du sixième, du septième, du huitième mois, au point de se rapprocher considérablement du détroit inférieur.
Son fond, qui dépasse à peine le niveau du détroit supérieur au troisième mois, s’élève à deux travers de doigt au-dessus dans le courant du quatrième, s’approche de l’ombilic dans le cinquième, arrive au niveau de ce point central ou le dépasse même à la fin du sixième, monte encore dans le septième et dans le huitième, mais n’atteint ni le diaphragme ni le foie, et ne va point non plus remplir la région épigastrique, comme l’ont dit, par hyperbole ou par irréflexion, quelques auteurs classiques. Quoi qu’il en soit, l’utérus, comme accablé sous le poids de l’œuf dans le neuvième mois, semble s'affaisser et s’écraser en quelque sorte sur lui-même ; ce qui l’oblige à s’agrandir davantage , proportionnellement , en travers , et d’avant en arrière, qu’il ne l’a fait jusque-là.
Phénomènes sympathiques. — Les modifications matérielles qui viennent d’être énumérées agissent plus ou moins sur le reste de l’organisme, et font naître ce qu’on est convenu d’appeler signes généraux, communs , rationnels , vagues , incertains, douteux ou sympathiques de la gestation.
C’est une opinion vulgaire, que la copulation fécondante est accompagnée de jouissances beaucoup plus vives que dans le coït ordinaire et ressenties dans le même moment par les deux conjoints. Aussitôt après le coït, les deux êtres tom- T. i.
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hent dans une langueur, un abattement, une sorte de tristesse inaccoutumés. La femme éprouve une tendance aux évanouissements, à la syncope, des horripilations, des coliques et une espèce de mouvement vermiculaire qui semble partir de l’utérus et se propager dans les fosses iliaques ou les flancs, des borborygmes, d’abord dans la matrice, qui paraît se remplir de gaz, ensuite dans, tout le ventre. Quelquefois un frissonnement général, dont l’abdomen est le centre, complète la série des symptômes qui annoncent la fécondation.
A ce premier état succède la grossesse proprement dite. Les yeux perdent de leur vivacité, de leur brillant, expriment la langueur et semblent s’enfoncer dans l’orbite ; les paupières se cernent, s’entourent d’un cercle noirâtre, livide ou plombé; le nez s’effile et s’allonge; la bouche s’agrandit par l’écartement de ses commissures ; tous les traits du visage se retirent en arrière, ce qui fait proéminer le menton en avant. La figure pâlit, se couvre de taches plus ou moins larges, plus ou moins nombreuses, tantôt rousses ou d’un brun plus ou moins foncé, tantôt, mais plus rarement, d’un blanc mat et comme laiteux, se marque, en un mot; le cou se gonfle, devient moelleux, est le siège d’une congestion que Catulle a mentionnée dans ces vers :
Non illam nutrix, oriente luce, reviens
Hesterno collum polerit circunidare filo.
Les seins se développent, deviennent pl as sensibles, plus fermes : il est parfois possible d’en extraire plusieurs gouttes de sérosité blanchâtre ou jaunâtre, leur mamelon se relève, proémine davantage; l’auréole s’élargit et brunit sensiblement; la finesse de leur peau augmente et présente aussi quelquefois des taches blanchâtres analogues à celles de la face.
Le pouls , d’abord embarrassé, acquiert de la fréquence et de la dureté, devient plus grand, plus plein, quelquefois inégal et comme rebondissant, brusque et furieux. La circulation étant plus active et le sang plus abondaut, les hémorrhagies sont plus communes et plus dangereuses ; la température du corps s’élève, et fait que les femmes enceintes supportent mieux le froid que les autres ; la transpiration insensible est aussi plus abondante, répand une odeur de matières prolifiques dans le principe, . aigre ou d’un genre particulier dans la suite; les urines coulent plus abondamment et déposent davantage; toutes les sécrétions s’opèrent avec plus d’énergie ; la salive, surtout, est souvent fournie en grande quantité et de manière que certaines femmes sont attaquées d’un véritable ptyalisme pendant plusieurs mois ; le foie , troublé dans ses fonctions, détermine, dit-on, les taches ou éphélides du visage et de la peau.
Le goût et les digestions se pervertissent plus spécialement encore ; de l’anorexie, des nausées, des vomissements même surviennent, et sont fréquemment suivis d’une perte complète de l’appétit ; la femme ne désire plus, pour se nourrir, que des objets bizarres et même dégoûtants. Tantôt son plus grand bonheur est de manger de la terre glaise, de la cendre, de la chaux, de croquer du charbon; tantôt ce sont des viandes à demi putréfiées, des araignées ou d’autres animaux immondes, qui font
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ses délices. En général, les substances grasses et le régime animal lui déplaisent. Les fruits, les légumes lui conviennent mieux. Quelques-unes recherchent avec ardeur les boissons acides, et ne veulent que des aliments préparés avec le vinaigre, tels que la salade.
A cet état d’inappétence et de dégoût, succèdent, après les premiers mois, un appétit trèsprononcé, presque vorace dans certains cas, des digestions faciles, l’envie de boire du vin ou autres liqueurs spiritueuses. Dans le dernier tiers de la grossesse, les fonctions digestives se dérangent de nouveau, sans doute parce que l’estomac, alors trop à l’étroit, ne peut plus recevoir qu’en trèspetite quantité les aliments et les boissons.
L’état moral est aussi sujet à d’assez nombreux changements. Quelques femmes , naturellement gaies, bonnes, aimables, deviennent tristes, mélancoliques, acariâtres, insociables, et vice versa. Chez plusieurs, les passions, auparavant trèsmodérées, acquièrent une violence extraordinaire, et passent pour avoir fait commettre des crimes les plus atroces ; chez d’autres, ce sont de simples envies singulières, comme de manger tel fruit, telle viande, tel gibier, tels mets, n’importe à quel prix 5 un besoin irrésistible de voler des objets de peu de valeur. Les facultés intellectuelles augmentent en général d’activité, soit toutes ensemble, soit seulement une d’elles en particulier.
Quelques femmes perdent la raison et deviennent complètement folles, toujours à la même époque de leur grossesse. On en voit d’autres dont la manie se dissipe et qui ne rentrent dans le calme que pendant cette fonction.
Plusieurs maladies se suspendent ou disparaissent Tantôt c’est une oaontaigie, sans qu’il y ait altération des dents, qui se renouvelle chaque fois que la femme devient enceinte; tantôt, c’est une névralgie, soit du nerf sous-orbitaire du facial ou de tout autre nerf ; la chorée ou danse de Saint- Guy, des convulsions ou des mouvements hystériques , épileptiformes ; d’autres fois , c’est une phthisie très-avancée qui semble rétrograder ou même faire place à la santé la plus florissante ; des inflammations lentes ou obscures de la poitrine et des voies digestives, des lésions organiques, un assez grand nombre de maladies différentes, sont dans le même cas. Mais s’il est vrai qu’après l’accouchement quelques-unes des altérations heureusement modifiées par la gestation ne reviennent pas, il est trop certain aussi que le plus grand nombre marche dès lors avec une effroyable rapidité vers une terminaison fatale.
Le nombre des signes rationnels de la grossesse ne fait qu’en rendre l’appréciation plus difficile; chacun d’eux peut exister, ils peuvent même se rencontrer tous ensemble sans qu’il y ait gestation : de même que la grossesse a souvent lieu sans les déterminer. En outre, comment apprécier ceux qui tiennent aux sensations éprouvées au moment du coït? Les femmes, comme l’espèce humaine tout entière, croient facilement à ce qu’elles désirent, et se cachent volontairement à elles-mêmes ce qu’elles redoutent.
En somme, les signes rationnels réunis en certain
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nombre et bien appréciés suffisent le plus souvent pour faire croire à l’existence de la gestation ; mais jamais pour en donner la certitude, pour permettre de l’affirmer devant les magistrats, même en y joignant la suspension du flux périodique.
La cessation des menstrues chez les femmes qui n’ont aucun intérêt à tromper mérite la plus grande attention. C’est le phénomène le plus constant et quelquefois le seul qu’on rencontre ; mais comme il peut être la cause ou l’effet d’un grand nombre d’affections tout à fait indépendantes de la grossesse, ce n’est pas une chose facile que de l’interpréter justement. On sait au surplus qu’une femme dont les règles sont supprimées depuis quelque temps, soit par suite de maladie, soit tout simplement par suite des progrès de l’âge, peut devenir enceinte; que quelques-unes ne sont réglées que pendant la grossesse, et que la persistance des menstrues après la conception s’observe quelquefois.
Volume du ventre. Le développement de l’abdomen chez une femme en âge d’être fécondée suffit ordinairement au public pour faire présumer qu’elle est enceinte ; parmi les médecins, il en est autrement. Tant de maladies diverses le produisent, qu’on doit sous ce rapport le ranger dans la même catégorie que la suppression des menstrues. Cependant il suit ordinairement une marche qui en fait un signe fort important, et capable à lui seul de donner, dans bon nombre de cas, la presque certitude qu’il y a grossesse.
Souvent le ventre se tuméfie et se gonfle insensiblement dès les premières semaines qui suivent la conception. Ensuite, il s’affaisse et se déprime même vers le commencement du deuxième mois, d’où le proverbe trivial : à ventre plat, enfant il y a. Bientôt après, il se développe de nouveau d’une manière régulière, et pour ne plus s’arrêter jusqu’au terme de la parturitioü. Au total, le ventre de la femme grosse a pour caractère spécial de se développer de bas en haut, et de rester encore longtemps aplati sur les côtés.
Signes physiques . — Les signes de la grossesse s’obtiennent à l’aide du toucher, de l’exploration abdominale, de l’auscultation, et se tirent des changements matériels opérés dans l’utérus.
Du toucher. — - On donne le nom de toucher à l’introduction d’un ou de quelques doigts dans le vagin, soit pour reconnaître les maladies de la vulve, du vagin, de la matrice, de la vessie, du rectum, et de tous les organes contenus dans l’excava-, tion pelvienne, soit pour s’assurer de la bonne ou mauvaise conformation du bassin, de la nature, de l’espèce et du degré de resserrement de cette cavité ; mais surtout pour apprécier les modifications que le col utérin éprouve dans son volume, sa consistance, sa position, sa longueur ou sa température, ainsi que le poids, la forme, l’étendue, la situation et les dimensions de l’utérus lui-même pendant le cours de la grossesse.
Je voudrais en conséquence que le toucher fût défini : l'exploration des organes génitaux et du bassin de la femme, à l’aide des doigts ou de la main, portés à la vulve, dans le vagin, dans l'anus, ou sur l'abdomen.
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On a longtemps regardé le toucher comme la boussole de l’accoucheur; ce qui n’a pas empêché quelques personnes, Puzos entre autres, de s’élever avec force contre son emploi. Mais si le toucher est insuffisant dans beaucoup de cas pour convaincre que la grossesse existe ou n’existe pas, jusqu’à deux ou trois mois de conception, il n’en constitue pas moins le moyen d’exploration le plus certain que l’on possède. Non-seulement il sert à déterminer si la gestation a lieu, mais encore il en indique le degré, l’espèce, etc.
Ballottement et mouvement passifs du fœtus. — Le ballottement est un des signes les plus certains de la grossesse qui s’obtient par le toucher; pour le déterminer il faut, après avoir préalablement placé l’indicateur sous le col de l’utérus, appliquer le sommet de l’autre main sur le fond de cet organe à travers les parois de l’hypogastre (le ventre) que l’on déprime soigneusement pour en éloigner les viscères et la graisse. On saisit ainsi le plus exactement possible la matrice, par les deux extrémités de son grand diamètre, puis on lui imprime d’une manière brusque un mouvement d’élévation avec le doigt qui est placé dans le vagin, pendant que la main de l’hypogastre attend et apprécie l’ébranlement reçu par l’œuf, mobile, libre et seule partie solide au milieu du liquide amniotique, le fœtus vient alors frapper le point diamétralement opposé à celui qui a reçu l’impulsion. Comme le fœtus une fois déplacé doit retomber vers le point déclive, il est indispensable que le doigt qui a donné le choc reste en place et tâche d’apprécier ce mou vement.
Toutes les fois qu’un corps solide et mobile est venu frapper distinctement l’une des deux mains pendant qu’on exécute le ballottement, il ne peut plus y avoir de doute sur l’existence de la grossesse; mais il faut prendre garde de s’en laisser imposer par le choc d’un liquide ou par tout autre mouvement d’une nature différente, et qui donnerait encore la même sensation, s’il était possible qu’un polype ou tout autre masse solide fût libre et mobile dans l’utérus rempli d’un fluide quelconque.
Les mouvements propres, actifs ou spontanés, donnent seuls la certitude que le fœtus est vivant.
Mouvements actifs du fœtus. — L’enfant ne se meut d’une manière sensible qu’à partir du quatrième mois. Dans le principe, la femme croit sentir des pattes d’araignée ; ensuite ces mouvements acquièrent une énergie variable, en raison de la vigueur du fœtus, du temps de la grossesse et de la bonne ou mauvaise santé de la mère. D’autres fois, ils ne se manifestent pas du tout. Des praticiens extrêmement habiles font mention de femmes chez lesquelles on les sollicita vainement, et qui n’en sont pas moins accouchées d’enfants robustes et bien développés.
Si les mouvements du fœtus sont très-prononcés, brusques, fréquents, la femme ne peut guère les confondre avec des mouvements d’une autre nature; mais quand ils sont faibles et rares, rien n’est plus commun que de voir mettre à leur place des sensations qui en sont tout à fait indépendantes; de
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façon que l’accoucheur prudent ne prononcera jamais sur leur existence sans s’en être assuré par lui-même.
Pour cela il suffit souvent d’appliquer la main, froide et nue, sur l’abdomen. Si ce moyen simple ne réussit pas, on place le plat d’une main sur un des côtés de l’abdomen, qu’on frappe convenablement avec l’autre sur le point opposé, comme quand on veut reconnaître l’existence d’une hydropisie. Le fœtus, ainsi brusqué , manque rarement de se mouvoir avec force.
Auscultation (application de l’oreille). — Deux sortes de bruit se font entendre dans l’utérus d’une femme enceinte : l’un, analogue, quoique plus brusque et plus court, à celui d’une respiration faible, ou bruit de souffle ; l’autre, semblable à celui que font entendre les battements d’une montre enveloppée de beaucoup de linge, ou bruit du cœur.
Bruit du souffle ou placentaire. — Le premier, isochrone aux pulsations de la mère, est presque semblable à celui que font entendre les contractions musculaires, les gros troncs artériels resserrés spasmodiquement ou comprimés. Dans le plus grand nombre des cas, il faut une oreille trèsexercée pour le percevoir, et c’est cette circonstance, sans doute, qui a porté plusieurs médecins à en nier l’existence. J’ai vainement cherché le bruit du souffle sur un bon nombre de sujets; je l’ai entendu, au contraire, chez beaucoup d’autres, mais seulement dans la seconde moitié de la grossesse.
Bruit cardiaque. — Les battements doubles, ou le bruit du cœur, ne peuvent être confondus avec aucun autre. On en compte de cent vingt à cent cinquante par minute, tandis que le pouls de la mère ne bat que de soixante à quatre-vingts fois dans le même espace de temps. D’autant plus iort que le fœtus est plus développé, ce bruit n’est guère appréciable qu’après le quatrième mois.
Pour pratiquer l’auscultation, on fait coucher la femme, quoiqu’à la rigueur elle puisse rester debout, si la grossesse est avancée. L’oreille suffit, et quelquefois mieux que le stéthoscope, aux personnes qui n’ont pas l’habitude d’employer cet instrument.
Il résulte de ce que nous venons de dire que le bruit du cœur est un signe certain de grossesse et de la vie du fœtus. Sa force incfque en général la vigueur et la bonne santé de l’enfant ; ce qui pourrait être d’un grand secours lors de la parturition, quand il survient des accidents ou quand une opération grave paraît indispensable.
Grossesse multiple ou composée. — On a dû naturellement penser que l’utérus est plus volumineux quand il contient deux ou plusieurs fœtus que lorsqu’il n’en renferme qu’un seul. Aussi a-t-on donné comme signe de grossesse composée la plupart des phénomènes qui tiennent à la pression, au refoulement des parties molles du bassin et de l’abdomen. Mais tout ce qu’on a dit à ce sujet n’éclaire que très-vaguement la question.
Le toucher peut amener à des résultats plus satisfaisants. Dans le cas où le ventre est très-volumineux, s’il n’y a qu’un fœtus, le ballottement sera des
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plus faciles; tandis que, s’il y en a deux, on aura de la peine à le déterminer, et qu’on peut sentir distinctement leurs mouvements ou leurs parties les plus saillantes, à travers les parois de l’abdomen sur plusieurs points à la fois ; on peut ajouter que l’auscultation devra faire entendre le bruit du cœur dans deux endroits, à quelque distance l’un de l’autre, et que si les battements dits 'placentaires ont quelque valeur en accouchement, on les percevra également sur deux points séparés.
La réunion de ces signes donnerait la certitude que la femme est enceinte de deux ou d’un plus grand nombre d’enfants ; mais leur absence est loin de former toujours un signe négatif de la grossesse composée.
§ 2. Grossesse extra-utérine. Lorsque l’ovule se fixe, croît et se développe hors de la cavité utérine, il doit nécessairement causer dans l’organisme un trouble et des changements autres que ceux qu’il détermine dans la grossesse utérine. Mais, comme les signes de la gestation peuvent varier alors, selon le siège du kyste, je ne les indiquerai qu’après avoir jeté un coup d’œil sur les différentes espèces de grossesses contre nature.
Grossesse ovarique. Les animalculistes qui ont cru que les corpuscules prolifiques trayersent la trompe pour aller joindre l’ovule dans la glande séminale de la femme, n’ont point essayé de contester l’existence de la grossesse ovarique, et parmi les accoucheurs modernes, il en est peu qui songent à la révoquer en doute. Cette question me semble donc avoir été jugée trop légèrement, et mériter un nouvel examen. De quelque manière en effet que la fécondation ait lieu, que ce soit par un aura , par un animalcule, ou par tout autre principe de la semence, il faut que les germes des deux sexes se mettent en contact. Ce contact ne peut s’effectuer sans que la coque de l’ovaire et la capsule de l’ovule se déchirent; de façon que par cela seul qu’un ovule est vivifié, on ne peut pas admettre qu’il soit renfermé dans l’ovaire. Tant que les modernes n’auront point démontré, le scalpel à la main, que quelquefois l’œuf réside positivement dans l’ovaire, et non à sa surface ou dans les environs, la raison ordonne de ne pas admettre la grossesse ovarique.
J’ai appris, à mes propres dépens, combien il est facile de s’en laisser imposer sur ce point. Peutêtre d’ailleurs y a-t-il ici dispute de mots plutôt que de choses. Pour moi, je ne prétends pas soutenir qu’on n’a jamais observé l’œuf à la surface de l’ovaire, mais seulement qu’une fois vivifié on ne l’a point encore trouvé renfermé dans la coque de cet organe, comme dans un kyste. Il serait possible ensuite que les partisans de la grossesse ovarique n’entendissent autre chose par là que le développement du germe dans sa vésicule déchirée, ou sur la périphérie de la glande qui l’a produit. La question alors ne souffrirait plus de difficulté et tout le monde serait bientôt d’accord.
Grossesse abdominale ou péritonéale. — La fécondation se faisant dans l’ovaire, il est tout simple que l’ovule vivifié tombe quelquefois dans le ventre, au lieu de s’engager dans la trompe. En réfléchissant à la disposition anatomique des parties,
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on est même porté à croire que cet accident ne doit pas être rare. Si la grossesse abdominale n’est pas plus fréquente, c’est que la très-grande majorité des germes qui s’échappent ainsi meurent avant d’avoir pu se greffer sur le péritoine. Cependant quelques modernes ont prétendu qu’elle ne peut pas exister ; que, dans les cas où la dissection a permis de constater que le fœtus et ses annexes étaient dans l’abdomen, il y avait eu primitivement grossesse tubaire ou utérine. Il est vrai qu’habituellement la trompe, l’ovaire et quelquefois une partie de l’utérus lui-même, sont comme perdus dans la tumeur, et qu’alors il serait difficile d’affirmer que l’œuf n’a pas été d’abord renfermé hors de ce point ou qu’il n’y est pas arrivé par suite d’une rupture ; mais la science en possède actuellement tant d’exemples qu’il est inutile de les rapporter. L’ovule, comparable au bourgeon d’une plante, doué d’une vie encore très-obscure, est disposé à se coller sur la première partie vivante où la nature le maintient.
La vésicule fécondée, bientôt recouverte d’un velouté semblable au velouté de la racine des plantes, doit contracter rapidement des adhérences avec la surface sur laquelle elle s’arrête. Les liquides affluent en ce point; des phénomènes analogues à ceux d’une inflammation locale très-circonscrite ne tardent pas à s’établir, et un sac accidentel s’organise autour du petit œuf, qui dès lors est pour ainsi dire en sûreté contre l’action des organes environnants.
Grossesse tubaire. — Plus commune qu’aucune des autres, étant comme neuf sont à trois, la seule que les partisans de la fécondation ovarienne n’aient point contestée, la grossesse de la trompe n’a pu être rejetée que par les auteurs qui ont cru que la vivification se faisait dans l’utérus; mais on en possède maintenant un si grand nombre d’exemples, qu’il n’est plus permis de conserver le plus léger doute à cet égard ; on conçoit, au reste, que dans cette espèce de grossesse, le produit de la fécondation puisse se fixer sur tous les points du trajet de la trompe, mais que le plus souvent il s’arrêtera dans le pavillon, et qu’après un laps de temps assez court il doit être difficile de prononcer, au premier coup d’œil, si la grossesse est tubaire, plutôt qu’ovarique, ou abdominale. On conçoit, en outre, que le conduit utérin, bientôt distendu, aminci, pourra se rompre, et transformer la grossesse des trompes en grossesse péritonéale, en sorte que cette dernière peut être, en effet, primitive ou essentielle, secondaire ou accidentelle.
Grossesse interstitielle. — La grossesse interstitielle n’a point été mentionnée, mais elle semble avoir été entrevue par les anciens. Ce n’est point entre le péritoine ou la tunique muqueuse et le tissu propre de l’utérus que se loge alors l’œuf, mais bien dans l’épaisseur même de la couche charnue de la matrice. Cinq fois sur sept on l’a trouvé du côté gauche, soit au-dessus, soit en arrière, soit en avant, soit au-dessous de la trompe, qui, dans aucun cas, ne communiquait, assure-t-on, avec la cavité où le produit était renfermé.
On s’est vainement efforcé, jusqu’ici, de dévoiler le mécanisme de ce genre de grossesse.
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Grossesse utèro-tubaire. — On trouve çà et là, dans les annales de la science, quelques observations qui porteraient à établir une dernière variété de grossesse, grossesse disposée de telle sorte, qu’une partie de l’œuf se voit dans la trompe pendant que l’autre se voit dans l’utérus.
Il serait peu raisonnable sans doute de nier l’existence d’une pareille grossesse, par cela seul que l’esprit ne s’en explique pas la possibilité d’une manière satisfaisante ; mais je crois qu’il convient d’attendre avant de l’admettre à titre de grossesse distincte.
Causes de la grossesse extra-utérine. — L’épaisseur contre nature de la coque de l’ovule ou des enveloppes de l’ovaire ; l’adhérence trop forte du germe, sa situation trop profonde ou très-rapprochée du tégument de l’ovaire; l’oblitération, la paralysie, le spasme, enfin toutes les altérations et les anomalies que peut présenter la trompe, soit dans sa conformation, soit dans sa situation ; une déchirure de l’utérus, peuvent bien avoir produit quelquefois la grossesse extra-utérine; mais il est certain que -sous ce rapport la science ne possède guère que des probabilités. Astruc a cru que les femmes non mariées étaient plus fréquemment affectées de ce genre d’accident que les autres. Bruger, qui partage cet avis, prétend que l’ovule reste dans l’ovaire, s’arrête dans la trompe, ou glisse dans le péritoine, parce que la frayeur, la crainte, l’indignation, en saisissant les femmes d’une manière subite, au moment des plus vives jouissances ou à peu près, impriment à tout l’organisme un trouble qui doit retentir jusque dans les organes sexuels. Une observation de Baudelocque, puis une seconde de Lallemant, et une autre de Belliner, semblent venir à l’appui de l’opi> nion d’Astruc, Effectivement, chez les trois femmes qui en font l’objet, là conception extra-utérine paraît s’être effectuée à l’instant d’une violente frayeur, que produisit le souvenir d’un oubli chez l’une, et chez les autres un bruit inattendu, qui leur fit craindre d’être surprises en flagrant délit ; mais comme on n’a rien noté de semblable dans les autres cas, on ne peut considérer cette explication que comme une hypothèse assez plausible.
Signes de grossesses extra-utérines . — La persistance des règles, les douleurs hypogastriques plus vives, les nausées, les vomissements plus fréquents, ainsi que plusieurs autres symptômes fâcheux , invoqués comme signes de la grossesse extra-utérine, l’accompagnent en effet quelquefois ; mais comme ils manquent encore plus souvent, et qu’il n’est pas rare de les remarquer dans la grossesse naturelle, leur existence est par cela même d’assez peu de valeur.
Au demeurant, ni les signes rationnels, ni les signes sensibles, ne suffisent pour faire reconnaître la grossesse extra-utérine jusqu’à la fin du troisième mois. A dater de cette époque, au contraire, il sera le plus souvent possible, à l’aide de quelques-uns d’eux, ou de tous ensemble, d’établir un diagnostic presque certain. Leur témoignage fera tout au moins naître des soupçons assez forts pour fixer l’attention du praticien.
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Terminaison. La grossesse extra-utérine se termine habituellement avant le cinquième mois.
La seule grossesse utéro-tubaire laisserait entrevoir la possibilité d’extraire le fœtus par les voies naturelles. Celle de l’excavation et la grossesse interstitielle pourraient, à la rigueur, encore se faire jour par le vagin. Le calibre de la trompe, son peu de dilatabilité ne permettent d’y songer dans aucune des autres espèces. Sous ce rapport, la grossesse extra-utérine est donc toujours dangereuse et pour la mère et pour l’enfant; les terminaisons naturelles se rapportent à peu près toutes à la mor du fœtus et à la rupture du kyste.
II est rare que le fœtus continue de vivre au delr du troisième ou du quatrième mois. Après la mort, qui arrive par défaut de nutrition, ou par inflammation de sa coque, le liquide amniotique, ainsi que les autres parties fluides de l’œuf, sont résorbées. L’enfant se durcit, se pétrifie, ou se transforme en gras de cadavre. Le kyste se resserre, s’épaissit et devient fibreux, fibro-cartilagineux, ou même osseux, et le tout se résout en une tumeur solide, qui peut rester dans l’abdomen indéfiniment, sans compromettre les jours de la femme.
Quelquefois, l'œuf se remplit d’un liquide tantôt plus, tantôt moins épais et transparent, de couleur jaune, brune, grise ou rougeâtre, mais non purulent, se change en un kyste où l’on a trouvé jusqu’à cent cinquante livres de matières fluides au milieu desquelles flottaient les débris du fœtus.
Le premier cas est le plus heureux de tous. C’est à lui qu’il convient de rattacher le plus grand nombre de ces grossesses qui ont duré deux, quatre, dix, quinze, vingt, trente et même quarante ans. Le second est toujours accompagné ou suivi de symptômes graves. L’inflammation se propage aux parties voisines, fait quelquefois naître une fièvre violente, et amène plus ou moins rapidement une terminaison fatale. Plus souvent la malade tombe dans l’éthisie, parce qu’une suppuration abondante l’épuise. Quelquefois aussi toutes les parties du fœtus sortent les unes après les autres; le sac se vide peu à peu, se déterge, revient sur lui-même ; la suppuration se tarit graduellement et se réduit à l’état d’un ulcère fistuleux, plus gênant que dangereux.
Toutes les grossesses extra-utérines peuvent se terminer par la déchirure de l’œuf ou du sac qui lui sert de matrice.
S’il ne s’est point établi d’adhérences conservatrices, l’eau de l’amnios, le fœtus et le sang qui coule des bords de la déchirure, passent sur-lechamp dans la cavité péritonéale. Des lipothymies, des syncopes, des convulsions incessamment renouvelées, des douleurs atroces, enlèvent souvent la malheureuse femme en quelques heures. D’autres fois, la résistance vitale cède moins promptement. Une péritonite des plus violentes se déclare, et la mort survient le deuxième, le troisième ou le quatrième jour. Enfin, dans quelques cas rares, la nature, convenablement secourue, résiste aux premiers dangers de ce redoutable orage; et l’inflammation, en se prolongeant, permet aux matières épanchées de s’accumuler en un foyer plus circonscrit, et de donner naissance à un véritable
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abcès, qui peut encore laisser quelque espoir de sauver la malade.
Traitement. La difficulté de reconnaître avec certitude la grossesse contre nature dans les premiers mois fait qu’on pense rarement à y remédier avant l’apparition des symptômes qui annoncent la mort du foetus ou la rupture de ses enveloppes. D’ailleurs, la puissance de l’art est tellement restreinte dans la plupart des cas, que les secours qu’il serait possible d’employer sont presque aussi dangereux par eux-mêmes que les terminaisons naturelles du mal. On aurait tort toutefois de rester inactif dans un grand nombre de circonstances. Si le kyste s’est ouvert spontanément soit au dehors, soit à la surface d’une membrane muqueuse, il peut être avantageux d’en agrandir l’ouverture.
Est-il possible de reconnaître les sexes pendant la grossesse?
Quand on réfléchit aux raisons puissantes et variées qui doivent entraîner l’homme à chercher dansJ’avenir ce qui peut servir ou gêner ses intérêts et ses passions, le désir de connaître le sexe d’un enfant encore renfermé dans le sein maternel n’a rien que de très-légitime. La femme qui devient enceinte manque rarement d’attacher l’idée d’un plus grand bonheur à l’un des sexes qu’à l’autre. Dans les conditions les plus communes de la vie sociale, le mari lui-même est souvent tourmenté des mêmes inquiétudes. Qu’on joigne à ce sentiment si général les craintes d’une famille entière, menacée de s’éteindre par défaut de mâles; les projets divers qui se croisent chez toutes les nations unies par les liens de la civilisation , quand la dynastie régnante d’un grand empire n’a plus d’espoir que dans l’être qui n’est pas encore né, et l’on comprendra les efforts qu’on a faits de tout temps pour satisfaire la curiosité à ce sujet ; efforts qui, nous devons le dire, ne peuvent jamais être couronnés de succès.
Est-il possible de créer tel ou tel sexe à volonté ? Le désir de connaître le sexe du fœtus a bientôt fait naître une des questions les plus piquantes de la physiologie. On s’est demandé si l’homme ne pouvait pas, à l’aide d’influences connues, déterminer la production d’un sexe plutôt que celle de l’autre. Ce point de science, déjà discuté du temps d’Hippocrate, fixe actuellement l’attention de plusieurs naturalistes.
En s’appuyant, on ne sait trop sur quel motif, si ce n’est sur cette grande idée, que le côté de la force appartient à l’être le plus fort, le père de la médecine avance que, dans les animaux et dans l’espèce humaine, les organes droits fournissent les germes mâles, tandis que les germes femelles viennent des glandes séminales gauches. Sans avoir été adoptée généralement, sans jamais avoir été fortifiée par une seule expérience directe, cette opinion des anciens a traversé les siècles cependant , et compte encore de nos jours quelques partisans, nême parmi les médecins instruits. Millot a séieusemeut conseillé aux conjoints de se tenir sur e côté où se trouve le germe du sexe qu’on veut obtenir , pendant la copulation fécondante. On pourrait, jusqu’à un certain point, pardonner aux anciens qui croyaient que l’utérus de la femme
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était bicorne comme celui, des brutes , de s’être rangés à cet avis, mais au dix-neuvième siècle, des conjectures semblables ne sont que ridicules et ne méritent pas la peine d’être réfutées.
Au surplus, il est actuellement démontré que la base de cette hypothèse est entièrement fausse. Legallois a fait couvrir des femelles de lapin, auxquelles il avait enlevé l’un des ovaires ; ce qui ne les a pas empêchées d’engendrer des fœtus de sexes différents. Dans l’espèce humaine, les observations d’hommes qui, après avoir perdu l’une des glandes génitales, n’en ont pas moins produit des garçons j et des filles, sont trop nombreuses pour laisser le ; moindre doute.
En faisant justice de ces suppositions, les physiologistes n’ont cependant pas renoncé à l’espoir de connaître un jour les conditions qui font qu’un sexe se forme plutôt qu’un autre.
Les anciens agronomes étaient convaincus, et les gens de la campagne pensent encore, que pour avoir une plus forte proportion de mâles, rien n’est plus avantageux que de faire couvrir les femelles par le sujet le plus vigoureux de l’espèce.
Ces traditions viennent, en outre, d’être sou- '< mises au creuset de l’expérience , et pleinement ■ confirmées par les recherches de M. Girou. Les ob- > servations de ce cultivateur ingénieux tendent à prouver que plus le mâle est vigoureux lors de la fécondation, plus on a de chances d’obtenir des mâles.
En conséquence, il devient probable que la nature des sexes est déterminée par celui des deux époux dont la puissance prolifique, soit absolue, soit relative, est la plus forte à l’instant de la conception. De nombreuses recherches sont encore nécessaires* il est vrai, pour transformer cette proposition en vérité mathématique.
Influence des saisons et de la fortune publique. | Une question importante, qui découle naturelle- I ment de la précédente, serait de savoir si dans les pays pauvres, ou les années de disette, et dans les provinces où les habitants sont naturellement faibles, oisifs et malheureux, le sexe féminin l’emporte sur le sexe masculin. M. Villermé, qui s’occupe avec une ardeur si louable de ce genre de statistique, a vu que, dans la Sologne et autres départements malheureux, il naît proportionnellement autant de garçons que dans les villes les plus opulentes et les plus agréablement situées ; que les paysans et les montagnards si misérables de l’Ecosse, réduits, à se nourrir de pommes de terre ou de haricots, procréent autant d’enfants mâles que les riches habitants des environs de Londres.
Après tout, s’il est exact de dire que la fortune ou la misère n’ont pas d’influence marquée sur la proportion des sexes, il n’y a pas lieu d’être tant surpris, puisque alors l’homme et la femme sont placés dans les mêmes conditions.
Il n’est personne qui n’ait remarqué que les naissances sont plus nombreuses dans certains temps, dans certains pays, et plus rares dans d’autres ; mais on n’avait point encore essayé de donner l’explication de ces anomalies apparentes, ni de prouver qu’elles eussent quelque chose de fixe dans leur répétition. M. Villermé s’est chargé de
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ce double soin. Dans un mémoire lu à l’Académie des sciences, il a prouvé que la fréquence proportionnelle des conceptions était loin d’être la même pour tous les mois de l’année.
M. Viilermé, se fondant toujours sur des chiffres, démontre qu’il naît beaucoup plus d’enfants sous un beau ciel, dans les contrées où les arts, l’industrie, le commerce et les sciences fleurissent, où l’atmosphère est saine et la terre fertile, que dans les conditions opposées ; que la famine et les années de disette surtout amènent des changements extraordinaires dans les mouvements de la population, etc.
Pour ce qui est de la faculté de créer à volonté de beaux enfants, des enfants d’esprit et sans passions, je ne puis que renvoyer à la Callipèdie de C. Quillet, à la Mégalanthropogénésie de Robert, ou bien au Traité de la Philopédie.
§ 3. Fausse grossesse. Des observations sans nombre prouvent que diverses maladies peuvent faire croire à l’existence de la grossesse chez des femmes qui ne sont pas enceintes, et réciproquement. Une femme du faubourg Saint-Marceau était enceinte : d’effrontés charlatans prononcent qu’elle est hydropique, lui plongent un trois-quarts dans l’abdomen, et cette malheureuse succombe quelques jours après!... Contre des erreurs aussi grossières, il est inutile d’invoquer les règles de l’art ; mais il est des cas tellement obscurs, que le praticien le plus instruit peut réellement s’y méprendre.
La rétention des menstrues, l’hydropisie ascite ou enkystée, la tympanite, les polypes, les squirrhes, les cancers de la matrice, des tumeurs développées dans l’ovaire, la trompe ou le péritoine, et d’autres lésions encore, produisent souvent le plus grand nombre des signes rationnels, et même plusieurs des signes sensibles de la grossesse. Cependant il faudrait être bien distrait ou bien peu exercé , pour qu’un examen un peu attentif ne permît pas d’éviter l’erreur dans presque tous ces cas.
Résultant toujours d’un trouble fonctionnel ou d’une altération de l’utérus, la fausse grossesse se divise naturellement en trois genres : 1° fausse grossesse par dérangement des menstrues; 2° fausse grossesse par lésion de la matrice ou de ses dépendances; 3° fausse grossesse nerveuse.
C’est dans la deuxième espèce que le diagnostic offre le moins de difficultés.
Qui pourra confondre, en effet, les symptômes du squirrhe, du col et les ulcères de l’utérus, avec les phénomènes de la gestation, après avoir touché la femme ? L’existence d’un polype n’est-elle pas le plus souvent accompagnée d’hémorrhagie? permetelle jamais le ballottement, et peut-elle faire croire aux mouvements spontanés de l’enfant? La marche des accidents, l’état du col, etc., sont-ils en aucun cas semblables à ce qui a lieu dans la grossesse?
L'accumulation du liquide menstruel dans l’organe gestateur pourrait à la rigueur en imposer néanmoins, et en a fréquemment imposé pour une véritable grossesse.
Cependant, si la matrice est remplie par du sang , le toucher prouve que l’hymen est imperforé, que
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le vagin, ou quelques autres parties des organes génitaux ne sont pas dans l’état de conformation normale. Si c’est une femme mariée, ou dont les menstrues n’aient pas offert d’anomalfe jusque-là, il existe en même temps des indices plus ou moins nombreux de maladie, qui éclairent le diagnostic ; le développement du ventre se fait par saccades, diminue quelquefois pendant un mois pour augmenter subitement à une autre époque. Les périodes menstruelles sont en général accompagnées de coliques assez vives. Quelque volumineux que soit l’utérus, on n’y distingue aucune bosselure, aucune partie solide, par l’exploration abdominale, l’auscultation n’y constate ni doubles battements ni bruit du souffle ; enfin les mouvements du fœtus ne s’y rencontrent jamais.
Dans le cas d 'hydromètre, on a les mêmes ressources que dans le cas précédent. L’affection locale d’ailleurs est accompagnée d’une altération si profonde dans l’état général de la santé, que la méprise devient par cela même presque impossible quand on y réfléchit un peu.
Dans la tympanite utérine, la matrice peut acquérir un volume considérable, mais elle reste trèslégère, le ballottement n’existe pas, et la percussion du ventre détermine une résonnance qui dissipe aussitôt toutes les incertitudes.
L 'hydropisie enkystée , les tumeurs fibreuses ou squirrheuses , tout développement anormal de l’ovaire ou des annexes de la matrice, pourraient tout au plus être confondus avec la grossesse extra-utérine, puisque le col ne subit alors que de légers changements. Encore l’absence des signes positifs de la présence d’un enfant, l’état général et la marche des accidents suffisent-ils pour empêcher d’affirmer qu’il y a, et souvent pour porter à soutenir qu’il n’y a pas gestation.
Quant à V ascite, à la tympanite péritonéales, à l’épanchement de pus et de sang dans l’abdomen, aux tumeurs encéphaloïdes, fibreuses, scrofuleuses, stéatomateuses, ou de toute autre nature, aux nombreuses lésions des organes contenus dans le ventre, ce sont autant de maladies ou de symptômes de maladies qui ne ressemblent à la grossesse que par la distension de l’abdomen qu’elles produisent, et par quelques autres signes moins concluants encore.
Cependant, s’il est vrai qu’avec de l’attention un homme instruit puisse éviter toute méprise dans le cas supposé de grossesse avancée, on doit admettre aussi que jusqu’au troisième mois le diagnostic n’est pas toujours facile. J’ai vu la plupart des signes de la grossesse se terminer tout a coup, vers le troisième mois, par l’expulsion d’environ un verre de matière séreuse, chez une dame âgée de trente et un ans, et qui a déjà éprouvé trois fois cet accident.
Le groupe de symptômes connu sous le titre de grossesse nerveuse ou hystérique est peut-être ce qui a le plus souvent imposé sous ce rapport. On le remarque plus particulièrement aux approches du retour d’âge, ou chez les femmes non mariées, irritables et très-nerveuses, chez celles qui, ayant perdu leurs premiers enfants, sont vivement tourmentées du désir d’en avoir de nouveaux, celles
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qui sont restées veuves pendant plusieurs années et croient être encore fécondes avec un second mari. Les menstrues se suppriment, des nausées, des dégoûts, des changements dans les seins, dans la digestion, et quelquefois tous les signes rationnels de la grossesse surviennent. Le ventre se gonfle, et parfois la femme va jusqu’à soutenir qu’elle sent le fœtus remuer avec force.
Au total, la grossesse apparente dépend : 1° de la rétention mécanique des règles; 2° de quelque irrégularité dans la fonction menstruelle ; 3° d’une affection de la matrice ; 4° d’une lésion des trompes ; 5° d’une maladie des ovaires ; 6° d’une affection des viscères abdominaux ; 7° de quelque affection du bassin; ou 8° d’un état impossible à spécifier, et qui comprend les grossesses imaginaires, hystériques, nerveuses.
Dans presque tous ces cas, le touche» uni à l’exploration abdominale suffirait pour détruire l’illusion ; mais les malades chérissent tellement leur erreur, que le plus souvent elles ne veulent point se laisser examiner, d’autant moins, qu’en général elles ne conservent pas l’ombre d’un doute sur leur état.
Si tant de maladies peuvent en imposer pour une grossesse, il est possible aussi que la grossesse en impose à son tour pour diverses maladies. Les exemples en fourmillent dans les recueils scientifiques. Une femme que l’on traitait depuis plusieurs mois pour un engorgement hépatique, dans un hôpital d’instruction, guérit tout à coup en accouchant, un matin, au grand étonnement du professeur qui en avait fait le sujet de plusieurs leçons. Chez une autre, c’était une maladie de l'ovaire qui avait masqué la grossesse. Un fait semblable s’est passé dans un grand hôpital de Paris, en 1832, et quel est le praticien qui n’en possède pas de plus ou moins analogue ? Ici le tout est de soupçonner la chose. Dès lors l’erreur est presque impossible après le quatrième mois.
Terme de la gestation. Dans l’espèce humaine, la durée naturelle de la gestation est communément de neuf mois, ou mieux de deux cent soixante-dix jours. « L’homme seul, dit Aristote, naît à sept, huit, neuf et dix mois. » Selon Pline, la gestation peut durer une année entière ; Riolan croit avoir vu des grossesses de douze, treize, quatorze, quinze et même dix-huit mois. Hiperus, au rapport de Millot et Chanvalon, prétend que la durée de la grossesse varie suivant les climats. D’après Heister, on peut établir que le terme de neuf mois est le plus ordinaire, et que le temps marqué par la nature est celui qui s’écoule depuis sept mois jusqu’à onze. Sennert veut qu’on admette comme régulier tout accouchement qui s’effectue dans le courant de l’année. Blancard, Hoffmann, Mauriceau, Schenk, de la Motte, ont rapporté des faits à l’appui de l’opinion de Heister. Severt se contente d’avancer que la femme porte le plus ordinairement neuf mois, que plusieurs portent au delà de ce terme, mais que rarement elles passent dix mois.
A l’occasion d’une cause plaidée par le célèbre avocat Gerbier, le terme de la grossesse est devenu tout à coup l’objet de débats extrêmement animés vers le milieu du dernier siècle.
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Haller, Bertin, Petit surtout et Vicq-d’Azyr, partisans des grossesses tardives, furent vivement combattus par Bouvart et par Louis. Les antagonistes de Petit se fondaient sur ce que, d’après Aristote, « le temps de la gestation des animaux' est limité à un espace fixe, et que le terme où ils mettent bas n’est pas sujet à variations. » Mais, ainsi que Buffon l’avait déjà fait remarquer, cette assertion est fausse. Willcr fit voir que dans un four à poulets, l’éclosion des œufs peut varier entre dix-huit et vingt-cinq jours. Millot parle d’une vache qui mit bas cinq jours après le terme, d’une chatte qui cbatonna neuf jours avant l’époque. Tugier, de l’Académie des sciences, a d’ailleurs levé tous les doutes à ce sujet.
Ainsi, loin d’être fixe, le terme de la gestation des brutes est au contraire extrêmement variable. Comme les habitudes et la constitution de la femme la rendent incomparablement plus impressionnable qu’aucun animal des espèces inférieures, il est évident qu’elle doit être sujette aux mêmes irrégularités. Une preuve sans réplique d’ailleurs, prise dans l’espèce humaine même et rapportée par Desormeaux, est la suivante : Une dame, mère de trois enfants, tombée en démence à la suite d’une fièvre grave, avait épuisé vainement toutes les ressources de l’hygiène et de la thérapeutique. Un médecin pensa qu’une nouvelle grossesse rétablirait peutêtre les facultés intellectuelles. Le mari consentit à noter sur un registre le jour de chaque union sexuelle, qui n’eut lieu que tous les trois mois, afin de ne pas troubler une conception encore imparfaite. Or, cette dame, gardée par ses domestiques, douée en outre de principes de religion et de morale extrêmement sévères, n’accoucha qu’à neuf mois et demi.
Agitée de nouveau à Londres en 1825 et 1826, devant la chambre des lords, dans une cause célèbre, cette question a été résolue par l’affirmative; seulement, les médecins ne tombèrent point d’accord sur le terme fixe qu’il est permis d’admettre.
D’après une masse de quatre cent cinq observations recueillies à l’Hôtel-Dieu par lui et madame Lamarche, Mauriceau avait déjà noté que le terme de la grossesse varie entre six et onze mois huit jours. Dervus cite une dame qui n’accoucha que le trois cent quatre-vingt-troisième jour, et à ces témoignages je puis ajouter un fait qui m’est propre : Une femme, enceinte pour la quatrième fois, comptait quatre mois de grossesse lorsqu’elle vint à mon amphithéâtre. Je sentis distinctement les mouvements actifs et les mouvements passifs du fœtus. Les phénomènes du travail s’annoncèrent à la fin du neuvième mois, se suspendirent bientôt, ne revinrent qu’au bout de trente jours, languirent une semaine, et dans le fait l’accouchement n’eut lieu que le trois cent dixième jour.
On peut donc conclure que les naissances tardives sont incontestables. Au surplus, depuis que, pour enlever à l’arbitraire la décision d’une pareille question, le code a prononcé en France qu’après le trois centième jour, ou le dixième mois, la légitimité pourrait être contestée, ce point de physiologie a perdu beaucoup de son importance, car maintenant l’essentiel pour le médecin est de savoir si un
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enfant peut vivre ou non plus de neuf mois dans la matrice.
Naissances précoces ou hâtives. Si les fruits mûrissent plus tôt dans certains climats, dans certaines années que dans d’autresjsilamaturilé des moissons, si l’apparition des fleurs, si la végétation tout entière peut être avancée ; si dans les différentes classes d’animaux on observe des variétés analogues , pourquoi la durée de la gestation ne seraitelle pas susceptible également d’être avancée ou abrégéedansl’espèce humaine? Jene vois pas qu’on puisse rien objecter de raisonnable contre la possibilité des naissances hâtives ou précoces.
Personne n’ignore qu’un fœtus est quelquefois plus développé, plus fort à six mois, qu’un autre qui en a sept ou davantage; qu’un enfant à terme est quelquefois moins volumineux et moins long qu’un autre dans son septième ou huitième mois, qu’à ce sujet le développement de l’œuf offre des variétés presque indéfinies; que les changements qui s’opèrent dans l’organisation de la matrice, à partir de la fécondation, tendent à développer en elle une force semblable à celle qui dirige l'action des muscles; qu’à moins d’accident, la parturition ne s’effectue qu’ autant que cette force est parvenue au degré convenable pour que l’utérus se contracte avec toute l’énergie dont il est susceptible. Or, il est si naturel d’admettre la réunion de semblables conditions avant la fin du neuvième mois , que la raison ne pourrait se refuser à reconnaître la possibilité des naissances précoces , lors même qu’une foule de faits ne seraient pas venus en mettre l’existence hors de doute.
Velpeau ,
Professeur à la faculté de Médecine de Paris, chirurgien de l’hôpital de la Charité.
guossesse (hygiène des femmes grosses .J — Dans l’indication des soins à prendre pendant la grossesse , il ne faut jamais oublier que la conception est une fonction utile et naturelle aux femmes adultes et bien portantes , et que leur organisme se trouve par avance disposé pour la gestation du nouvel être qui en est le produit et le développement. Les règles ordinaires de l’hygiène sont toutes utilement applicables , sans qu’il y ait beaucoup de nouveaux préceptes à y ajouter, car dans les campagnes combien ne voit-on pas de femmes , qui n’ont rien changé à leurs habitudes , avoir un accouchement facile après une grossesse peu pénible. Cependant comme beaucoup de manières de vivre généralement adoptées sont vicieuses, et que l’état de santé parfaite est fort rare , nous allons , sous ce double point de vue, indiquer quelles sont les précautions particulières auxquelles les femmes enceintes doivent s’assujétir.
1» Que dans l’état de grossesse il faille, moins qu’en tout autre temps, s’exposer aux brusques changements de température, c’estun précepte d’évidencemais ce qui importe davantage encore c’est d'éviter la respiration d’un air vicié. La difficulté de suivre cette règle dans les hôpitaux est probablement la raison pour laquelle on y voit bien plus de péritonites puerpérales que dans les habitations particuliè-
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res. Il est reconnu que les exhalaisons putrides disposent les femmes à l'avorlement, on doit donc interdire le voisinage des marais, des tanneries, des égouts kt autres lieux infects ; certaines constitutions très-irritables ne peuvent même pas supporter les odeurs les plus suaves, et on a vu des bouquets de jasmin ou de roses, oubliés pendant la nuit dans une chambre de femme enceinte, suffire pour déterminer des attaques d’hystérie.
2» Pendant la grossesse on choisira des vêtements chauds en hiver, légers en été, de manière à rester le plus possible à l’abri de l’intempérie des saisons; les mamelles, dont les fonctions sont étroitement liées à celles de l’utérus, doivent être très soigneusement garanties du froid ; il importe que le sommet des épaules serve de point d’appui à toute la suspension , afin de ne gêner nullement la respiration, et de n’exercer aucune pression sur l’abdomen. L’usage adopté par quelques personnes de serrer le ventre de haut eu bas ne sausait être sans inconvénient, il peut détourner la matrice de sa direction naturelle , souvent même déterminer l’avortement, tout au plus peut-on permettreune ceinture élastique et seulement dans les cas d’un grand relâchement des muscles abdominaux , mais il vaut mieux se soumettre à un moyen comprimant de bas en haut.
3° La nourriture doit être simple, substantielle sous un petit volume, et peu stimulante ; ces préceptes ne sont pas cependant sans exception; tout le monde connaît les appélits bizarres qui s’éveillent parfois pendant la grossesse, et auxquels on a donné le nom d 'envies; on peut dans des limites raisonnables céder quelque chose à leurs exigences, quoiqu’il n’y ait pas , à les laisser insatisfaits, tous les inconvénients qu’imagine le vulgaire. C’est un préjugé funeste , de croire que la femme aussitôt après la conception doit augmenter la quantité de ses aliments; l’absorption nutritive du fœtus élaDt alors presque nulle, et l’écoulement menstruel se trouvant supprimé , il y a plutôt menace de pléthore contre laquelle il convient d'agir par une atténuation du régime.
4° Les bains n’ont heureusement pas le triste privilège qu’on a voulu leur accorder, de provoquer l’avortement, et c’est toujours en vain qu’on en fait usage dans celle criminelle intention au commencement de la grossesse. Il peut arriver que la pression du liquide amène à la longue quelques douleurs dans le bas-ventre; il suffit alors de ne rester que peu de temps plongé dans l’eau, pour faire disparaître cet inconvénient momentané. Rien de plus utile que l’action tempérante d’un contact humide , aux femmes irritables, nerveuses et sujettes aux convulsions ; beaucoup d’entre elles ne peuvent arriver à être mères que par un fréquent usage de ce calmant. Quant à celles qui ont une constitution lymphatique, trois ou quatre bains pendant le cours de la grossesse suffisent. On ne peut nier que peu de temps avant l’accouchement l’immersion dans l’eau tiède ne doive opérer un utile relâchement des tissus ; sous ce rapport elle est conseillée avec avantage aux femmes âgées , et enceintes pour la première fois. Toutefois il faut observer que les bains locaux de pieds ou de siège,
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