‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 289 sur 316 · HYP · texte numérisé non relu

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intelligence se (rouble, il lui semble toujours sentir les premières atteintes delà maladie qu’il redoute, et ne pouvant plus supporter un tel état d’anxiété, il termine ses souffrances par un suicide. Dans les temps d’épidémie, nous voyons aussi des gens pusillanimes tomber dans l’hypochondrie par crainte de la maladie régnante. Enfin pour terminer ce qui est relatif aux causes de l’bypochondrie, je dirai que dans certains cas, on a pensé qu elle était produite par la répercussion d'une maladie cutanée, par la suppression d’un flux hémorrhoïdal, ou par la cessation d’une autre maladie nerveuse.

Les symptômes de l’hypochondrie varient suivant le degré d’intensité de la maladie; quelquefois ils consistent seulement dans le découragement, l'humeur noire du malade aggravant les accidents qu’il éprouve, prenant les plus grandes précautions contre ce qui est réputé nuisible à la santé, et s’étudiant sans cesse pour saisir le moindre trouble, qu’il transforme de suite en accident grave ; à cela se joint de l’inaptitude au travail, des douleurs vagues dans les membres, de la céphalalgie et ordinairement de la dyspepsie. Ce léger degré d’hypocbondrie accompagne souvent les affections de l’estomac, les gastralgies surtout, et passe avec elle; mais d’autres fois, quelle qu’en soit d’ailleurs la cause, loin de s'améliorer, il augmente ; on voit survenir par toute l’économie les désordres les plus bizarres : la tête est le siège de douleurs lancinantes, de fourmillements, de chaleur, debourdonnements,les malades entendent dans les oreilles des sifflements, dans le crâne des bruits singuliers; il semble quelquefois que leurs tempes soient tirées fortement; d’autres fois, ils ont la sensation d’un clou qu’on y enfoncerait; souvent, la circulation capillaire delà face et de la tête est augmentée ; de là, des chaleurs et des petites rougeurs qu’ils regardent comme l’annonce d’une congestion cérébrale ou d’une apoplexie. Les sens sont très-sensibles aux excitants extérieurs ; une lumière trop vive, un bruit un peu fort, une odeur pénétrante leur produisent de l'agitation, ils sont aussi très-sensibles aux variations de la température et à l’état électrique de i’atmosphère; le travail de l’esprit, chez eux, est difficile, ils se plaignent de ne pouvoir coordonner leurs pensées, de ne pouvoir travailler un peu de suite sans être fatigués et sans que leurs idées deviennent confuses; cet état de leur intelligence, dont ils ont conscience, eslsouvenl ce quileur faille plus de peine et ce qui les effraie le plus ; plus tard ; à celte difficulté du travail, vient se joindre une véritable perversion de l’intelligence, et c’est alors qu’on leur entend dire que leur sang est converti en huile bouillante, que leur cerveau est inondé de sérosité, ramolli ou endurci.

Toutes les pensées du malade sont concentrées sur sa santé ; triste et morose dans le monde, avec les personnes qu’il connaît peu , avec sa famille et ses amis, il s’entretient presque exclusivement de ses souffrances ; avide de livres de médecine et des recettes de commères , il cherche toujours un remède à ses maux, accable son médecin de questions sur la nature et le siège de sa maladie qu’il croit toujours extraordinaire , et quoiqae persuadé de l’inutilité des médicaments, il en demande sans

cesse de nouveaux. Son caractère est ordinairement inégal; si parfois une lueur d’espérance vient briller à scs yeux, il retombe bien vile dans un sombre abattement; la moindre chose est pour lui un sujet d’irritation, et tout en disant qu’il préfère la mort à un état aussi malheureux, il la craint, et prend toutes les précautions possibles pour l'éviter; il mange à peine, de peur des troubles delà digestion ; reste enfermé dans sa chambre, sans qu’on puisse ouvrir ni porte, ni fenêtres, de peur des courants d’air ; ne sort pas de peur des refroidissements, et si par un beau jour d’été, il se hasarde à prendre l’air, on le voit le corps couvert de plusieurs vêtements, la tête entourée d’un bonnet par dessous son chapeau, les pieds enfouis dans plusieurs chaussures imperméables, grelotter au soleil et se plaindre de la froideur du vent.

La digestion est ordinairement pénible, accompagnée d’éruclalions;Ies malades disentqu’ils sesentent digérer; la langue cependent estnalurelleou légèrement jaunâtre, la bouche est un peu mauvaise le matin, la salive, assez abondante par moments, est quelquefois salée, les gencives sont souvent le siège de douleurs; quelquefois l’appétit est bon; les malades mangent bien, mais ils disent toujours que leurs digestions sont pénibles; la constipation est leur état ordinaire; il y a dans le tube intestinal un dégagement considérable de gaz qui donne lieu à des borborygmes et à des vents; à ces troubles du tube digestif se joignent quelquefois des phénomènes dans l’appareil respiratoire et circulatoire ; ce sont des étouffements, des sentiments de constriction au cou, des palpitations ; dans les moments les plus douloureux, on a observé que l’urine était claire et limpide ; souvent il existe des hémorrhoïdes ; chez les femmes, l'époque des règle est presque toujours une cause d’aggravation du malaise et des accidents.

La physionomie des malades est quelquefois peu changée ; à les voir, on ne les croirait pas malades, ce qui les désole ; ils ont toujours soin de dire que leur figure leur fait honneur, mais qu’ils ne s’en portenlpas mieux pour cela; d’autres fois, chez des personnes très-nerveuses, ou malades depuis long-temps, chez lesquelles la digestion se fait mal, il y a amaigrissement extrême, expression d'abattement et de faiblesse sur !a figure; les membres et la peau sont le siège de douleurs presque Continuelles, de sensations de froid alternant avec des sensations de chaleur; en général, les extrémités sont froides et la tête chaude; dans les membres, les malades éprouvent des fourmillements, des engourdissements, et souvent même, de véritable s paralysies.

On voit, par le tableau que nous avons tracé de l’hypocbondrie, que cette maladie, tout en n’étant pas dangereuse par elle-même, est grave, si l’on considère les souffrances qu’éprouve le malade, et l’espèce d’anéantissement intellectuel qui l’empêche de s’occuper d'autre chose que de sa santé. C'est d’ailleurs une maladie de longue durée, qui souvent se compose d’accès séparés par des intervalles d’assez bonne santé; la guérison peut être obtenue , mais le malade conserve toujours une grande susceptibilité nerveuse, et l’affection est su-

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jette à récidiver ; d’autres fois la maladie persiste, et le plus ordinairement se termine par des maladies organiques du cerveau, du cœur, des poumons, de l’estomac ou du foie ; dans certaines circonstances, les malades finissent par devenir tout-àfaitfous.

Il nous reste maintenant à parler du traitement del’hypochondrie. Le premier soin qu’on doit prendre, c’est d’éloigner les causes qui ont amené la maladie ; malheureusement, cela n’est pas toujours possible ; on ne peut enlever entièrement un artiste aux fatigues de son art, un homme de cabinet à ses études ; d’autres fois, on a à lutter contre des chagrins qu’on ne peut adoucir, ou contre une disposition d’esprit héréditaire ou acquise, qu’on ne peut changer; après l’éloignement des causes, les moyens hygiéniques sont ceux qui réussissent le mieux. On doit conseiller une habitation exposée au midi, bien aérée, des vêlements de laine suffisants pour garantir du froid, mais non excessivement chauds, ainsi que le veulent les malades; une nourriture saine, réparatrice, composée principalement de viandes rôties; la promenade en plein air, et le séjour à la campagne pendant la belle saison ; on proscrira avec soin les veilles, les fatigues de l’esprit et du corps, les excès de table, les lectures tristes, ou ayant quelques rapports avec l’état de santé du malade, tels que celles des livres de médecine ; on cherchera à éviter toutes les impressions pénibles, même les contrariétés; en même temps on tâchera d’occuper l’esprit par des délassements agréables et non fatigants, avec les œuvres d’une littérature douce ou comique, par la fréquentation des sociétés et des théâtres d’un genre peu sérieux. Chez les gens dont l’affection est la compagne et la suite de l’oisiveté, il faut au contraire chercher à leur imposer des occupations sérieuses, qui puissent absorber leur intelligence, activer leur imagination, et détourner leurs idées d’eux-mêmes. Comme moyen de distraction, pour les gens riches, les voyages sont ce qu’il y a de mieux, ils agissent encore par le changement d’air et de climat, et on les a vus souvent produire des effets heureux. A côté des voyages, il faut placer les eaux minérales et les bains de mer. Le voyage, la société choisie qu’on rencontre dans les établissements thermaux, le séjour dans un lieu nouveau, souvent j pittoresque et riche en effets d’une belle nature, sont des circonstances au moins aussi efficaces que les propriétés thérapeutiques de l’eau qui constitue les bains ou la boisson.

Quant aux moyens pharmaceutiques qu’on peut opposer à l’hypochondrie, il faut en général peu y compter, leur effet étant presque toujours incertain ; il faut d’ailleurs les varier suivant la prédominance de tel ou tel symptôme. Ce qu’on peut dire de plus général, c’est qu’on doit chercher à calmer les douleurs par des bains, des frictions douces sur les membres, par quelques légers narcotiques pris à l’intérieur; en même temps, il faut combattre l’inertie de l’estomac par des préparations amères et un peu toniques, et par des eaux gazeuses acidulés, bues pendant le repas; il faut s’opposer à la constipation si ordinaire aux hypochondriaques, par des lavements émollients et laxatifs,

et par de légers purgatifs pris de temps en temps. Du reste, dans le traitement de ces affections, il faut bien se rappeler que les malades se fatiguent vite des médicaments, et que cependant ils en demandent; ne leur rien ordonner, ce serait avouer qu’on ne peut rien pour les soulager, et celte idée aggraverait beaucoup leurs souffrances, aussi est-il nécessaire qu’on fasse constamment espérer la guérison, et surtout que toujours à un moyen thérapeutique infructueux, on sache en faire succéder un autre, souvent équivalent, mais dont le malade espérera de l’amélioration dans son état. Dans ces affections, le médecin a un rôle très-difficile, et qu’il ne peut remplir qu’aulanl qu’il possède la confiance entière de son malade; ce rôle demande d’ailleurs beaucoup de patience et de tact, et souvent, je puis le dire, plus d’esprit que de science.

Hardy,

Docleur en médecine, médecin des hôpitaux.

hypociste (bot.), s. m. Plante de la famille des aristoloches, dont l’extrait entre dans la composition de la thériaque.

hypogastre (i mat .), s. m. (upo, sous, gaster, estomac ) , c’est la région inférieure , antérieure et moyenne de l’abdomen. (Y. ce mot.)

hypogastrique fanat.), adj. (mêmes racines). Qui appartient à la région de l’hypogastre : arlère hypogastrique, une des divisions de l’artère iliaque primitive. Y. Iliaque (artère.) Plexus hypogastrique, plexus nerveux situé derrière le rectum; il est formé de rameaux provenant de la troisième et de la quatrième branche sacrée : il reçoit aussi quelques filets du plexus mésentérique inférieur. V. Sympathique (grand.) J, B.

hypo-glosse (anal.) , adj. et s. m. (upo sous, et glossa , langue, sous la langue). Nerf hypoglosse ; ce nerf qui naît par une dizaine de filets bien distincts de l’intervalle qui sépare les éminences pyramidales et olivaires ÇV, Moelle), sort du crâne par le trou condyloïdien antérieur, se divise vers l’angle de la mâchoire en deux branches dont Lune va se jeter dans le plexus cervical, et l’autre plus volumineuse se distribue aux muscles de la langue et du pharynx. C’est, d’après les physiologistes, le nerf qui préside aux mouvements delà langue. (V. Goût.)

hypopyon fpath.J, s.m. (de upo, sous, et de puon, pus, pus par-dessous). On appelle ainsi l’épanchement de pus dans la chambre antérieure de l’œil. On a aussi donné ce nom à de petits abcès situés entre les lames de la cornée transparente. Y. OEil ( Maladies de V.)

hypothénar fanat. J, s m. (upo, sous, thénar, la paume de la main). On appelle ainsi la saillie que présente la paume de la main à son bord radial , c’est-à-dire vers la base du petit doigt. (\. Main.)

hyssope ou hysope [bot. et mat.méd.), s. m .Hyssopus officinalis, famille des labiées, didynamiegym-

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nospermie de Linnée. Petit arbuste qui croît naturellement dans les contrées arides et montueuses du midi de l’Europe. On le cultive dans les jardins pour former des bordures de plates-bandes. Sa tige est droite et rameuse, haute d’environ un pied ; garnie de feuilles opposées, étroites, aiguës, lancéolées ; les fleurs, bleues, roses ou blanches, sont groupées à l'aisselle des feuilles qui terminent les rameaux. Cette plante exhale une odeur aromatique assez agréable, sa saveur est chaude, piquante et un peu amère. Elle renferme une huile volatile , jaune, des principes amers et un peu de soufre. Ses principes médicamenteux sont solubles dans l’eau , surtout dans l’eau bouillante et dans l’alcool.

On fait de cette plante une infusion théiforme en versant sur deux ou trois pincées de ses sommités fleuries deux livres d’eau bouillante. On en fait aussi une eau distillée et un sirop.

L’hysope est surtout employé comme expectorant et béchique dans les catarrhes pulmonaires, dans l’asthme et diverses autres affections chroniques de la poitrine. C’est alors l’infusion dont on administre plusieurs tasses par jour en l’édulcorant avec du sirop de gomme ou du sucre candi : on la coupe aussi quelquefois avec un tiers de lait. Le sirop d’hyssope sert à édulcorer des infusions pectorales de violettes ou de mauves : il entre à la dose d’une once à une once et demie dans des potions béchiques ; il en est de même de l’eau distillée de cette plante. Quelques personnes ont employé celte dernière en collyre dans des ophlhalmies chroniques. L’hysope a été regardé autrefois comme jouissant de propriétés spécifiques dans le traitement des maladies de poitrine ; mais Cullen, l’un des premiers, démontra que ses vertus ne l’emportaient pas sur celles des autres plantes de la même famille. J. B.

hvstéralgie (méd.J, s. f. {üeusléra, matrice, algos, douleur). C’est le nom qu’on donne aux douleurs nerveuses de la matrice. V. Utérus {Maladies déV .)

hystérie, (méd.J s. f., de usléra, utérus. Maladie souvent convulsive, et, comme l’indique son étymologie, exclusivement affectée à la femme. On la nomme encore quelquefois passion ou affection hystérique , vapeurs, attaques de nerfs.

Il est bien rare que l'hystérie devance la vie menstruelle; il l’est presque autant qu'elle lui survive. C’est donc de quinze ans à quarante environ quelle se déclare ordinairement ; et il y a de plus cette particularité notable dans son histoire, que c’est vers les deux extrêmes de celle période que l’on remarqueson maximum de fréquence. Bien que généralement son invasion soit , ou du moins paraisse être brusque et soudaine , cependant clic peut s’annoncer par des phénomènes précurseurs d’autant plus importants à noter que suivant nous ils peuvent à eux seuls constituer la maladie. Quelquefois précédés eux-mêincs ou d’une gaîté folle et comme irrésistible, ou d’une tristesse insurmontable, ces symptômes, variables suivant les idiosyncrasies particulières, sont le plus ordinaire-

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ment des douleurs vagues dans le bas-ventre, du météorisme, des éructations inodores , un sentiment de gêne et comme d’étouffement dans le thorax, la perception d’un corps globuleux {boule hystérique) que la malade sent remonter del’hypogastre ou de l’épigastre jusqu’à la région du cou, au bas de laquelle il semble se fixer en y déterminant une véritable suffocation , enfin des impatiences et fourmillements dans les membres qui parfois même sont agités de petits mouvements spasmodiques.

Tous ces désordres , si légers relativement à la maladie , dont ils ne forment en quelque sorte qu’une imparfaite esquisse, cessent souvent assez promptement, puis reviennent, et cela de préfé- ! rence aux époques menstruelles , et puis disparaissent encore et quelquefois sans retour. Mais le plus fréquemment à ce prodrôme , qui d’ailleurs peut manquer lui-même, succède et vient s’ajouter une tout autre série d’accidents. La malade pousse tout-à-coup un cri aigu suivi d’expirations plaintives et précipitées; elle tombe; ses yeux se ferment, son visage s’anime sans prendre cependant une expression de souffrance, et toutson corps s’agite d’abord, puis bientôt bondit avec une force et une rapidité telle que plusieurs personnes vigoureuses sont quelquefois insuffisantes à en maîtriser les mouvements. En même temps les veines jugulaires se gonflent, le cœur accélère ses battements , le pouls s’élève à plus de cent cinquante pulsations , les cris redoublent ou alternent avec des soupirs qui semblent indiquer une suffocation imminente , les mâchoires se resserrent, la tête se renverse en arrière , les membres et le tronc se roidissent, les doigts se fixent dans une extension que les assistants ont peine à vaincre, et si tous ces spasmes musculaires cèdent quelques instants, c’est pour se renouveler peu après avec une nouvelle intensité. Au milieu de cet affreux désordre, l’intelligence reste souvent pleinement intacte; la malade entend les questions qu’on lui adresse, mais elle ne peut répondre , ou si elle veut désigner par quelque geste le siège principal de ses douleurs, elle porte violemment les mains ou à son cou comme pour en arracher le poids qui l’étrangle, ou à sa tête partiellement affectée d’une douleur vive et poignante , fixée ailleurs quelquefois, cl connue sous le nom de clou hystérique. Enfin, celle scène de désolation et de douleur atteint son terme, les cris cessent, les mouvements se ralentissent cl s’arrêtent, le cœur se calme, la malade rouvre les yeux; elle bâille, pleure parfois, cl ne se plaint plus que de faiblesse et d’une lassitude générale. Le repos qui succède à celle attaque n’est pourtant pas toujours de longue durée, et bientôt la scène recommence pour alterner ainsi avec des rémissions plus ou moins prolongées.

Telle est sans contredit la forme la plus ordinaire de l'hystérie. Il en est cependant une autre qu’elle revêt quelquefois cl dont voici en peu de mots les traits les plus saillants. Chute soudaine avec perle de connaissance, gonflement du cou, rougeur de la tace.de temps en temps soulèvement comme spasmodique de la partie inférieure du tronc , inspirations profondes suivies d’espira-

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tions saccadées et bruyantes; et tout cela sans convulsions dans les membres et parfois même avec une immobilité si long-temps prolongée que souvent l’on suppose la malade frappée de mort, quand tout à coup elle revient à elle, brisée comme à la suite des convulsions indiquées ci-dessus, pâle, froide et irrésistiblement disposée à fondre en larmes. On a signalé comme sécrétions critiques à la suite de ces attaques, l’émission d’une certaine quantité d’urine claire et inodore et celle d’un mucus particulier qui lubrifie le vagin et les parties génitales externes.

Voilà donc trois formes , ou si l’on veut trois modes principaux sous lesquels l’hystérie peut se présenter. Je les désignerai sous les noms suivants : troubles viscéraux hystériformes ; hystérie convulsive; hystérie non convulsive.

Si le diagnostic de l’hystérie est en général assez facile, convenons cependant qu’il est des cas où il peut offrir ur.e assez profonde obscurité. Ainsi ces troubles viscéraux hystériformes, dont j’admets la possibilité en tant que dépendance de la maladie qui nous occupe, que de fois aussi ne peuveDt-ils pas être un masque trompeur sous lequel se déguise quelque affection organique, et quelle est l’affection parmi c: lies surtout qui siègent dans le thorax et l’abdomen qui ne puisse être accompagnée chez la femme de quelqu’un de ces désordres ?

Nous arrivons maintenant à l’hystérie proprement dite. L’al'fection avec laquelle elle offre le plus de similitude est sans contredit l’épilepsie. On sait que celle-ci peut exister aussi sans convulsions ; il y a alors entre les deux maladies cette principale différence que dans l’épilepsie le cerveau paraît seul affecté, tandis que clans l’hystérie il existe toujours un certain nombre de troubles abdominaux ou thoraciques qui peuvent dissiper toute incertitude Quant à l’épilepsie convulsive, le diagnostic est encore plus positif et plus précis. Sans vouloir rentrer ici trop avant dans des détails exposés ailleurs (voyez l’article Epilepsie), rappelons en deux mots qu’il y a dans les convulsions épileptiques décomposition des traits de la face, couleur livide ou bleuâtre des lèvres et des joues, écume à la bouche, etc., et que rien de tout cela n’existe dans l’hystérie; ajoutons que les mouvements convulsifs eux-mêmes ont ceci de différentiel que , généraux et très-intenses des deux côtés du corps chez l’hystérique, ils offrent au contraire chez l’épileptique, dans les moitiés droite et gauche, une inégalité frappante.

L’hystérie est une maladie le plus souvent longue et tenace. Heureuses les femmes qui, après avoir offert à un certain degré l'ensemble des phénomènes hystériformes, secouent l’habitude morbide qui menaçait leur économie. Quant à celles chez qui la maladie offre tous ses caractères, rarement peuvent-elles espérer une prompte et entière guérison. J’ai dit plus haut que l’hystérie ne se prolonge guère au-delà du terme de la période menstruelle. Sans doute elle cesse parfois plus tôt, lorsque surtout elle a débuté de bonne heure, mais on peut dire que ces cas heureux ne sont pas les plus fréquents , et bien souvent d’ailleurs, quand

elle a persisté quelque temps , elle ne disparaît que pour céder la place à quelque autre affection non moins grave et non moins pénible; ainsi, le tic douloureux , la chorée , les paralysies plus ou moins complètes, ou les rétractions spasmodiques, ainsi enfin, quoique plus rarement , la désorganisation morbide de tel ou tel viscère primitivement affecté d’une manière purement nerveuse.

La durée des attaques n’est pas plus précise et plus fixe elle-même que la durée de la maladie.. Elle varie de demi-heure ou une heure environ à plusieurs jours. Georget parle d’une attaque qui se prolongea, dit-il, quarante-cinq jours.

Est-il besoin de dire maintenant que pour nous le pronostic de l’hystérie est toujours grave? Variable, bien entendu, suivant l’intensité , l’ancienneté, la cause et les complications de la maladie et l’état général de la malade , il me paraît néanmoins toujours fâcheux, moins par le danger actuel de la maladie, puisque bien rarement elle compromet l’existence, que par celui de ses conséquences ultérieures.

Au premier rang des causes de l’hystérie nous placerons la constitution nerveuse et tout ce qui peut en favoriser le développement; ainsi les climats chauds, les professions qui mettent plus spécialement en exercice le système nerveux, telles que la musique , les beaux-arts ; ajoutons l’abus des bals , des spectacles , et puis encore l’excès dans les plaisirs de l’amour et surtout la masturbation. L’anémie, quelle qu’ait été son origine, et cet état particulier du sang que l’on nomme la chlorose , doivent aussi trouver ici leur place comme auxiliaires actifs et bien fréquents de la constitution nerveuse. La constitution sanguine paraît pourtant prédisposer aussi elle- même à l’hystérie. L’hérédité a été admise par Georget, et je ne sache pas que celle opinion ait été démentie. Les émotions morales long-temps continuées et surtout la tristesse peuvent encore amener celle maladie, et bien fréquemment une émotion vive, une frayeur , par exemple, eu détermine l’explosion ; à celte cause , mieux sans doute qu’à l’instinct d’imitation, peuvent se rapporter ccs attaques d’hystérie produites par la simple vue d’une attaque. Je n’ai rien dit de ce qui , suivant quelques auteurs, et entre autres Louyer Villermay , est pourtant la cause la plus importante, savoir : la continence. Je suis loin de partager cet avis , et si pour le défendre on s’est autorisé de ce fait que les filles publiques ne sont jamais frappées d’hj'stérie (voyez Encyclopédie , article Hystérie) , c’est qu’on n’a pas suivi ces infortunées jusque dans la prison où leur insouciance habituelle fait place à de profonds chagrins, et parfois à de violents accès de colère fréquemment suivis de convulsions hystériques. (V. Parent-Duchâtelet, sur la Prostitution, etc.) Le moral, dont on ne saurait tenir trop de compte dans l’étude des maladies nerveuses, joue donc ici un rôle essentiel , dirai -je même le principal rôle, et cela non-seulement pour créer la maladie , mais encore pour en reproduire les attaques.

Si tenace que soit de sa nature la maladie dont nous parlons, en conclurons-nous que la médecine

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n’a contre elle aucune ressource? Non, sans doute, et je vais envisager son traitement sous d ux points de vue, suivant qu’il est applicable aux attaques ou à la maladie elle-même.

1» Traitement des attaques. Convenons qu’ici les secours de l’art sont souvent bien impuissants. Maintenir la malade et réprimer autant que possible le désordre de ses mouvements, la prémunir contre le danger matériel de ses convulsions, l’exborter, la consoler par de bienveillantes paroles; voilà réellement ce qu’en général il y a de plus sage à faire. Cependant, si l’attaque se prolonge , si la femme est pléthorique , s’il y a menace de congestion cérébrale, la saignée pratiquée pendant une des rémissions , une application de sangsues derrière les apophyses mastoïdes, des révulsifs vers les extrémités inférieures pourront être d’une incontestable utilité. Si elle est , au contraire, d’une constitution nerveuse , on préférera les frictions étliérées , les potions antispasmodiques, les fomentations narcotiques sur l’abdomen, etc. Quelques auteurs ont vanté les injections laudanisées dans le vagin, d’autres les applications de glace sur la fêle; ces conseils me semblent plutôt dictés par des idées préconçues que motivées par l’expérience.

2° Traitement de la maladie elle-même. Si l’efficacité d’une médication pouvait toujours être sûrement appréciée par le nombre de ses apologistes, nous devrions peut-être placer ici en première ligne la classe des antispasmodiques. Il s’en faut pourtant de beaucoup que l’effet de ces médicaments sanctionne toujours leur dénomination. Estce à dire qu’il faille en proscrire l’usage? Non ; mais le restreindre peut-être, et n'y recourix qu'avec une certaine réserve. Il est des cas cependant où j’ai vu la valériane, l’assa-fœtida, etc., rendre d’incontestables services ; mais, au reste, les affections nerveuses et l’hystérie en particulier réclament , suivant moi, bien plutôt l’emploi d’une médecine rationnelle que celui d’une médecine empirique. Pour elles, rechercher la cause qui les a produites est le premier point et le préliminaire essentiel de toute médication. Ce principe une lois posé, les conséquences thérapeutiques s’en déduisent d’elles-mêmes. Il est donc aisé de concevoir que le traitement de l’hystérie peut varier autant que ses causes, et qu’il doit être à peu près impossible de réduire ses éléments à l’expression d’une seule et unique formule. Remarquons cependant que parmi ceux-ci plusieurs méritent certainement une considération toute spéciale, tel est, par exemple, l’état de la menstruation. Ici se placent tous

les moyens de rappeler, d'activer ou de régler l’écoulement menstruel et de combattre la chlorose, complication fréquente de l’hystérie. Je citerai aussi l’indication de déverser en quelque sorte sur le système musculaire par un exercice bien dirigé, par des promenades à pied , les secousses de l’équitation , etc., cet excès de vie qui s’est en quelque façon concentré sur le système nerveux. Je citerai enfin cette classe d’agents divers qui vont s’adresser directement au système nerveux luimême en parlant à l’intelligence; ainsi, les voyages , les occupations intellectuelles douces et variées, enfin, les émotions agréables mais peu vives. Il y a bien encore certains moyens dont une saine physiologie autorise pleinement l’emploi : ainsi, les lavements froids, les bains aromatiques et autres; les affusions froides, ce révulsif cutané d’une action si puissante, certaines eaux minérales , etc. Mais aucun d’eux ne peut suffire employé seul, et s’il n’est secondé par l’ensemble de ceux que nous avons énumérés plus haut. Que dirons-nous maintenant de ce remède préconisé par Louyer-Villermay presqu’à l’égal d’un spécifique, le mariage? Nous dirons qu’il pourrait bien souvent démentir les éloges que cet auteur lui a donnés, et nous le considérerons, avec M. Foville, comme peu certain chez les hystériques à tempérament éminemment nerveux, mais comme incontestablement salutaire aux filles pléthoriques , si surtout elles deviennent mères et qu’elles allaitent leurs enfants. Terminons en rappelant que souvent, quoi qu’on fasse, l’hystérie résiste et poursuit sa marche et que parfois alors le temps suffit à en émousser l’intensité primitive. Que la femme hystérique se garde donc bien de perdre jamais courage, qu’elle n’oublie pas que la résignation et l’oubli du mal sont l’un des plus surs moyens d’y remédier , et que les sentiments contraires ne feraient qu’en multiplier ou qu’en aggraver les accès. Les névroses ne sont en effet que trop souvent de ces maux dont on peut dire avec Horace : Levius fit jpatientid quiclquid corriger e est ne fus.

F. Andry,

Docteur en médecine.

hystérique fméd.J, adj., qui appartient aux phénomènes de l’hystérie.

hystérotomie ( chir. ) , s. f. (de ustéra, matrice, temnô, je divise), opération qui consiste à diviser la matrice pour en extraire le produit de la conception. Y. Césarienne [Opération. )

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