‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 67 sur 316 · AI AI · texte numérisé non relu

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servait d’aliment en Égypte, et il paraît que dan* aucun pays il n’acquiert une saveuraussi agréable* puisque dans le désert il excitait Les regrets du peuple d’Israël. Déjà, dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, il est si doux, qu'on peut le manger cru. La culture a produit des variétés à l'infini : quelques-unes tellement grosses, qu’un seul bulbe pèse jusqu’à deux ou trois livres. L’oignon est un assaisonnement très-usité ; onlemange frit, en purée, etc. 11 ne convient pas aux estomacs délicats. Quoique l’huile volatile de l’oignon fasse pleurer les yeux et y détermine un picotement plus douloureux que celle contenue dans les gousses d’ail, cependant son action est moins énergique, et l’action plus forte qu'il exerce sur les yeux tient seulement à ce que l’huile se volatilise plus facilement, de manière qu'en dépouillant un oignon de sa tunique, il est impossible de ne pas pleurer. La propriété de l’oignon qui a le plus attiré l’attention des médecins, est celle qu’il a d’augmenter la quantité des urines, ce qui l’a fait employer dans les hydropisies et non sans succès, suivant Murray.

Le Poireau. (Allium porrum.) C’est non-seulement le bulbe, mais toute la lige de cette plante, qui sert d’aliment ou plutôt d’assaisonnement dans les potages et avec les viandes. Dans les cas de constipation, on donne quelque fois en lavement la décoction des feuilles de poireau et surtout de leur partie inférieure, qui est blanche; deux poireaux suffisent pour un lavement.

La Civette. ( Allium schœnoprasum. ) Ses feuilles coupées menu servent d’assaisonnement dans les salades, les sauces, etc. C’estle plus doux des aulx employés.

La Rocambole. ( Allium sçorodoprasum) , ou oignon d’Égypte. On mange les bulbilcs qui se développent au milieu des fleurs et ont une saveur presque sucrée.

Nous avons réuni à dessein, dans cet article, comme nous le ferons toujours, les plantes qui appartiennent au même genre naturel, quoiqu’elles aient des noms qui dans l’ordre alphabétique devraient les faire éloigner les unes des autres, afin de rapprocher des êtres semblables en réalité et que le caprice des langues avait séparés. Le lecteur pourra remarquer aussi que les proprié tés des plantes d’un même groupe étant analogues, on évite en les réunissant des répétitions oiseuses à l’écrivain et des efforts de mémoire au lecteur, dont le travail est facilité par l'association des idées. Martins.

AîMâKT ( phys . méd .), magnes des Latins, du nom d’une ville de Lydie appelée Magnésie, aux environs de laquelle cette substance était fort commune. L’aimant naturel est un minerai de fer oxidulé, il est d’une texture compacte et granu- Ieuse, d'une couleur gris d’acier, un peu plus foncé et tirant sur le noir, quand il est réduit en poudre, j Il existe de nombreuses mines d'aimant à la sur- I face du globe; on le distingue des autres minéraux par la propriété qu’il possède seul, d’attirer le fer et de communiquer à l’acier sa vertu

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magnétique par le contact ou le frottement, ce qui produit les aimants artificiels.

Quand un aimant est librement suspendu , il oscille pendant quelque temps et s’arrête dans une position fixe, en dirigeant une de ses extrémités à peu près vers le nord, et l’autre vers le sud. C’est celte propriété qui a permis de créer la boussole, et de connaître en pleine mer la direction que suit un bâtiment.

Tout aimant présente deux pôles, l’un austral et l’autre boréal. Le pôle austral attire le pôle boréal d’un autre aimant, et repousse son pôle austral avec une énergie inversement proportionnelle au carré de la distance.

Pour expliquer ces phénomènes, on avait supposé l’existence de deux fluides magnétiques : mais des découvertes récentes ont prouvé que tous les phénomènes que présentent les aimants sont dus à l’action des courants électriques terrestres , sur les courants électriques des aimants naturels ou artificiels, et l’on est parvenu à aimanter l’acier, en le plaçant dans la sphère d’action d’un courant électrique, et à produire un courant électrique dans un fil métallique en l’enroulant autour d’un aimant.

Les Egyptiens et les Grecs, frappés des propriétés physiques de l’aimant, l’employaient en médecine sous forme d’emplâtre ou de poudre auxquels ils attribuaient des propriétés merveilleuses. Ces préparations sont complètement abandonnées de nos jours, parce que l’expérience a prouvé leur inutilité. 11 n’en est pas de même des plaques aimantées, qui par les courants électriques qu’elles déterminent au travers des organes dans le voisinage desquels elles sont appliquées, apportent un soulagement très-réel dans un grand nombre de maladies nerveuses. Mais pour qu’elles produisent des résultats avantageux, il faut disposer les plaques de telle sorte, que leurs pôles soient exactement opposés , et connaître assez bien l’anatomie pour les placer de la manière la plus convenable.

Quant aux bagues aimantées que quelques personnes portent aux doigts pour prévenir la migraine, elles ne peuvent produire aucun effet curatif, et n’ont d’action que sur l’imagination des malades. Aïvdrieux,

Docteur en médecine, Médecin de l'hospice des ; Quinze-Vingts.

aine ( anal.) s. f. On donne le nom d’aine ou région Inguinale à l’ensemble des parties formant 1 angle rentrant situé à l’union de la paroi abdominale antérieure et du membre inférieur. Le pli de 1 aine établit donc une ligne de démarcation entre l’abdomen et la cuisse. Sa direction est oblique; il s’étend depuis l’épine antérieure et supérieure de l’os des hanches en dehors, jusqu’à celle du pubis en dedans, et décrit un trajet convexe en bas, plus long chez la femme par l'évasement plus considérable de son bassin. Sa profondeur diminue dans l’extension; elle augmente dans la flexion du membre sur le tronc, et par la distension de l’abdomen pendanlla grossesse, dans 1 hydropisie et chez les individus très-gras.

La peau de l’aine roulante, douce au toucher, blanche , en partie couverte de poils dans l’âge

adulte, contient des follicules sébacées; chez l’enfant nouveau-né, ils sécrètent une humeur épaisse, blanchâtre, souvent très abondante, et qui disparaît avec l’âge pour faire place à un suintement d’une odeur assez prononcée. En dirigeant le doigt de dedans en dehors on sent, à travers l’épaisseur de la peau, d’abord l’anneau inguinal, puis les bandelettes aponévroliques du ligament de Poupart: enfin , l’arcade crurale, au-dessous de laquelle est circonscrit un enfoncement triangulaire rempli par les vaisseaux et nerfs cruraux et des ganglions lymphatiques très-développés. Ces diverses parties sont sous-jacentes à un tissu celluleux trèslâche qu’on nomme fascia superfcialis.

Si l’on considère maintenant le squelette de cette région, on rencontre, de dehors en dedans, les épines iliaques antérieures, dont la supérieure, très-proéminente, et renforcée par l’attache du muscle couturier, borne du côté de la hanche la région inguinale : l’inférieure reçoit les fibres d’insertion du muscle droit antérieur de la cuisse; une échancrure sur laquelle glisse la masse commune des muscles psoas et iliaque, l’éminence ilio-pectiné , une surface concave et triangulaire, et l’épine du pubis à laquelle s’insèrent les piliers de l’anneau inguinal, et en bas le premier adducteur.

Ces os constituent la portion inférieure de l’arcade crurale. qui complète en haut l’aponévrose du muscle grand oblique, ou ligament de Poupart, tendue entre les épines iliaque et pubienne. Au lieu de se continuer sur le membre inférieur, l’aponévrose abdominale forme, au niveau de l’arcade, un repli contourné en bas et en arrière, passe sous le bord déclive des muscles petit oblique et transverse, et parvenue à la face postérieure du transverse, se confond avec la portion ascendante du fascia transversale.

Ainsi se trouve limitée une gouttière , dont la moitié externe donne attache aux fibres inférieures des muscles petit-oblique et transverse, et dont l’autre moitié forme le canal inguinal. Son trajet, long d’un pouce et demi environ , traverse obliquement la paroi inférieure de l’abdomen , se termine par deux orifices, et livre passage au cordon testiculaire, remplacé chez la femme par le ligament rond de l’utérus.

Au bord inférieur de l’arcade fémorale viennent s’implanter les fibres de l’aponévrose de même nom ; il en part aussi un dédoublement fibreux (ligament de Gimbernat) triangulaire, qui se prolonge jusqu’à l’épine du pubis, et sépare l’arcade en deux parties à peu près égales.

Entre le rebord falciforme du ligament de Gimbernat , et l’aponévrose des muscles psoas et iliaque, se trouve l’anneau crural. Un tissu cellulofibreux assez dense entoure à leur passage , et accompagne, après leur sortie de l’anneau crural, les vaisseaux iliaques externes qui deviennent fémoraux. Dans les hernies crurales, les viscères sortant par Jf anneau produisent un canal accidentel, dont l’orifice inférieur est formé par le trou qui donne passage à la veine saphène.

Les hernies crurales sont plus fréquentes chez la Temme que chez l’homme ; c’est le contraire pour les hernies inguinales.

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