AIL
Ce genre se caractérise très bien par ses fleurs, disposées en ombelle et environnées? avant leur épanouissement, par deuxspalhes membraneuses.
l’Ail commun. ( Âllium sativum.) Cette plante est originaire du midi del’Europe. Son bulbe se compose de plusieurs petits bulbes partiels que l’on désigne très à tort sous le nom de gousses d’ail, le mot de gousses étant appliqué exclusivement à un genre de fruit particulier à la famille des légumineuses. Les bulbes renferment une huile volatile très âcre, dans laquelle résident les propriétés stimulantes de l’ail ; la chaleur fait évaporer cette huile; elle est au contraire extraite par l’esprit-de-vin et le vinaigre très-concentré. L’ail jouissait déjà chez les anciens d’une grande réputation: les Egyptiens l’avaient mis au nombre de leurs dieux; les Romains en faisaient prendre à leurs soldats, pour les animer au combat ; et Virgile parle, dans ses églogues, d’un mélange formé de serpolet et d’ail, qu’on servait aux moissonneurs accablés par la chaleur du jour. Encore aujourdhui on le donne aux coqs et aux chevaux, pour augmenter leur ardeur pour les combats ou pour la course. Les propriétés stimulantes de l’ail sont incontestables : c’est à ce titre qu’il entre comme condiment dans nos ragoûts; mais il est un aliment proprement dit pour les peuplesméri- (iionaux, et en particulier pour les Espagnols, dont le repas se compose souvent d’un morceau de pain frotté avec de l’ail; celui dont ils se servent est, grâce à l’influence du climat, plus gros et moins âcre que le nôtre. Les estomacs vigoureux peuvent seuls supporter l’ail en certaine quantité. Chez les personnes dont l’estomac est faible, il trouble la digestion et occasionne des renvois fétides; du reste, une cuisson prolongée diminue singulièrement son âcreté, en faisant évaporer l'huile volatile dont nous avons parlé. En médecine , les usages de l’ail sont très variés. Appliqué sur la peau, il agit à l’instar des vésicatoires, et détermine d’abord la rubéfaction puis la vésication; cette action est accompagnée d’un mouvement fébrile; et souvent, par supercherie , des individus se sont introduit des gousses d’ail dans le rectum, pour déterminer un léger accès de fièvre et simuler ainsi une maladie réelle. L’odeur de l’ail se retrouve dans l’urine , dans la sueur, soit qu’il ait été introduit en lavement, par la bouche ou par la peau. L’ail a eu, dès la plus haute antiquité, la réputation d’être un préservatif des maladies pestilentielles ; mais sans prétendre le nier totalement, onpeut se demander si ces idées reposent sur des faits bien observés; on ne saurait dire la même chose des propriétés vermifuges de l’ail ; elles sont très-réelles, surtout contre les vers dits ascarides, lombricoïdes, ou vers ronds. On peut donner l’ail cru à manger aux enfants affectés de ces vers, ou bien mêlé à du beurre, ou mieux encore infusé dans du lait chaud , à la dose de deux ou trois gousses.
l’Oignon. (Allium eoep a.) Les propriétés des bulbes de l'oignon se rapprochent beaucoup de celles de l’ail commun, quoiqu’elles soient bien moins énergiques. Deux mille ans avant Jésus-Christ, il