AIR
MR
Irès-baB , tandis qu’il fait ordinairemen l beau quand il s’élève. L’air atmosphérique, regardé par les anciens cofnme un élément, est composé de 0, 21 d’oxygène , de 0, 79 d’azote , et d’un atome d’acide carbonique en volume. Les proportions de ces principes sont absolument les mêmes dans l’air pris à la surface de la terre , ou aux plus grandes hauteurs auxquelles l’homme a pu s’élever.
L’oxygène de l’air servant à entretenir la respiration des hommes et des animaux, et formant à chaque instant un grand nombre de combinaisons avec les corps de la nature , on pourrait croire que les proportions d’oxygène et d’azote éprouveraient des variations ; elles sont pourtant restées les mêmes depuis la première analyse de l’air, faite il y a près de quarante ans. Les animaux périssent promptement dans tous les fluides aériformes, même dans l’oxygène ; l’air est le seul gaz qui puisse servir à la respiration. ( V. ce mot. )
Indépendamment des propriétés physiques et chimiques qui le constituent , l’air possède d’autres propriétés, comme la température, son état hygrométrique et son état électrique, qui ont sur l’homme une très-grande influence.
L’air, indépendamment du calorique latent qui le maintient à l’état de gaz , contient toujours une quantité variable de calorique libre, le seul qui ait une action sur le thermomètre et constitue la température atmosphérique. Ce calorique provient du soleil, mais les rayons de cet astre n’échauffent pas l’air directement: ils portent leur action sur la surface de la terre qui échauffe à son tourles couches les plus voisines de l’atmosphère, et la température est d’autant plus élevée, dans les diverses régions de notre globe , qu’elles reçoivent plus perpendiculairement les rayons du soleil. Ainsi la plus grande chaleur est à l’équateur. Viennent ensuite les zones tempérées qui reçoivent obliquement les rayons lumineux , et les zones glaciales dont ils ne font que raser la surface. Mais la terre n’est pas immobile dans l’espace, son mouvement elliptique l’approchant et 1 éloignant alternativement du soleil, le degré de chaleur d’est pas constant dans le même endroit. Une cause encore plus puissante des variations de température de l’air est que la terre dans son mouvement annuel, présente alternativement au soleil une portion de son hémisphère boréal, puis la portion correspondante de son hémisphère austral. Les rayons du soleil frappent alors perpendiculairement sur les régions différentes du globe, et donnent naissance aux différentes saisons.
Comme le mouvement de la terre est régulier, tous les pays situés sous la même latitude auraient la même température, si sa surface présentait partout les mêmes caractères physiques; mais il n’en est pas ainsi, caries sables de l’Arabie s’échauffent fort vite et communiquent à l’air une température très-élevée , tandis que la mer absorbe dans ses profondeurs des quantités énormes de calorique avant que sa surface s’échauffe, et puisse par conséquentaugmenter la température de l’air qui repose sur elle. Les terrains n’ont pas non plus la même capacité pour le calorique. Leur élévation plus ou moins grande au-dessus du niveau de la
mer, et les chaînes de montagnes qui les abritent des vents froids ou des vents chauds, ont sur leur température une puissante influence. Ces causes font varier pour chaque lieu la température dans les différentes saisons ; mais il en est une autre qui la fait changer à chaque instant; c’est la rotation de la terre qui fait que le jour elle présente aux rayons solaires les différents points de sa surface qu’ils échauffent, tandis que la nuit elle rayonne vers l’espace, perd beaucoup de sa chaleur , et refroidit l’air qui la touche. C’est pour celte raison que le moment le plus froid de la journée est celui qui précède le lever du soleil.
A Paris , l’intervalle du plus grand froid au plus grand degré de chaleur est de 43 ou 44 degrés Réaumur. Dans les années communes il n’est guère que de 29 ou 30 degrés , c’est-à-dire , de 6 ou 7 degrés de froid à 23 ou 24 degrés de chaleur.
La différence de température du jour à la nuit est de 1 à 6 ou 7 degrés ; elle est aussi faible que possible quand le ciel est couvert, parce que les nuages renvoient à la terre le calorique qu elle rayonnait vers l’espace et s’opposent à son refroidissement.
Toutes cesvarialions de température n’affectent que la surface de la terre et ne pénètrent pas à une certaine profondeur. Ainsi , à Paris , la température des caves de l’Observatoire est de 11°, 59 et ne varie pas d’un dixième de degré dans toute l’année.
Quand la température de l’air est à 14 degrés de chaleur au thermomètre de Réaumur, elle ne fait sur nos organes aucune impression ; l’air n’est ni froid ni chaud : si la chaleur vient à diminuerai exerce sur les fibres vivantes une impression pénible qui est déjà très-forte quand le thermomètre marque zéro , et qui devient violente quand il s’abaisse beaucoup au-dessous. Quand le froid est modéré, la chaleur augmente manifestement dans les divers organes, les fonctions se font avec plus de régularité , les mouvements sont plus forts; mais ils sont moins libres et moins précis ; la sensibilité seule est engourdie.
L’action de l’air sec et froid n’est fortifiante que pour les personnes qui se nourrissent bien, qui font usage d’aliments substantiels et se vêtissent chaudement; car chez les individus mal nourris, mal vêtus , il produit cet état de langueur et de faiblesse que nous observons en hiver chez les indigents. Quand le froid est excessif et que l’on n’est pas suffisamment vêtu, les membres grelottent, les articulations se roidissent, le sang s’arrête dans les vaisseaux sous-cutanés, la peau devient violette et insensible, le mouvement cesse, à la circonférence l’engourdissement devient universel , et l’homme meurt. ( Y. Congélation. )
Au contraire, si le calorique libre de l’atmosphère est assez abondant pour que la température soit de plus de 14 degrés , il stimule nos organes,accélère leurs mouvements, etrendl’homme plus irritable et plus sensible. Quand la chaleur et la sécheresse de l’air deviennent excessives , les végétaux se dessèchent, les animaux sont affectés de maladies convulsives et spasmodiques , et la nature languissante ne présente plus que des déserts stériles et inhabitables.