‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 70 sur 316 · GG AIR · texte numérisé non relu

GG AIR

L’air contient toujoms une certaine quantité de vapeur d’eau qui constitue sou état hygrométrique. Celte vapeur d'eau est fournie parles mers, les eaux stagnantes et courantes, mais l’air ne l’absorbe pas toujours avec la même facilité; il en retient d’autant plus que sa température est plus élevée. Il contient donc pour chaque degré du thermomètre une quantité déterminée d’eau , dont il paralyse l’action sur nos oraganes,il est alors sec pour nous. S'il survient un abaissement dans la température de l’air, une portion de la vapeur d’eau qu’il dissolvait se précipite, et passe à l’état de gouttelettes qui tombent et constituent la pluie, ou à l’état de vapeur vésiculaire qui reste suspendue dans l’air, sous la forme de nuages ou de brouillard.

L’air, chargé d’une certaine quantité d’eau, peut être sec ou humide , suivant sa température , puisque ce n’est pas la quantité d’eau qu’il contient qui constitue son humidité , mais l’excédant de cette quantité , sur celle qu’il a la faculté de dissoudre. L’humidité fait disparaître la propriété tonique que nous avons reconnue à l’air froid , et donne naissance aux affections catarrhales, rhumatismales, aux engorgements des viscères et aux hydropisies.

L’air chaud et humide ralentit aussi l’exercice généraldesfonctionsde la vie, il favorise cependant puissamment la végétation. Sous son influence les épidémies sévissent avec fureur, car il produit la putréfaction des matières végétales et animales , dont son humidité dissout aisément les émanations meurtrières. Si l’on en excepte celui qui est froid et humide , l’action prolongée des diverses modifications de l’air ne produit pas des altérations aussi graves dans le corps humain que leurs vicissitudes qui, lorsqu’elles sont brusques , déterminent les maladies les plus graves , parce que l’organisation n’a pas eu le temps de proportionner ses moyens d’échauffement ou de refroidissement aux influences extérieures. Car si le froid succède au chaud , il surprend le corps dans le travail propre à résister à la chaleur, c’est-à-dire, versant à profusion les liquides perspiratoires pour se débarrasser du calorique.

L’air agit aussi par l’électricité qu’il contient. ( Y. ce mot. ) Les nuages suspendus dans l’air sont des corps conducteurs, isolés , qui peuvent être électrisés par un grand nombre de causes différentes. Quand un nuage fortement électrisé s’approche de la terre il décompose , par influence , les électricités naturelles des corps qui l’environnent , attire à lui le fluide opposé à celuidont il est chargé, et repousse dans le sol le fluide de même nature. Une explosion vient-elle à se faire, l’électricité du nuage s’élancera nécessairement sur celui des corps conducteurs qui se trouve le plus voisin, et il sera foudroyé. C’est l'observation de ce fait qui a suggéré à Franklin l’importante découverte des paratonnerres. On conçoit que l’homme placé au milieu de ces influences doive en ressentir les effets. S’il se trouve dans la sphère d’action d’un nuage électrisé , il éprouve un accablement extrême avec sentiment d’oppression et de gêne dans la respiration, un état d’anxiété pénible , des dou-

leurs vagues dans les articulations , aux cicatrices d’anciennes blessures. Ces effets sont beaucoup plus sensibles chez les personnes nerveuses.

Si l’homme se trouve sur le passage du fluide au moment de la décharge foudroyante , il peut en recevoir une commotion si violente que la vie s’anéantisse à l’instant. Andrieux.

aisselle ( anat. ), s. f. du latin axilla. On appelle ainsi l’enfoncement qui se trouve au-dessous de l’épaule, entre le bras et le côté de la poitrine; on lui donne aussi le nom de creux de Vaisselle :il est limité par deux saillies qu’on sent au-dessous de la peau ; l’une en avant est formée par une portion du muscle grand pectoral, l’autre en arrière est due aux muscles grand dorsal et grand rond. La peau de l’aisselle est fine ; elle est revêtue , comme i on le sait , de poils, qui apparaissent à l’époque de j la puberté ; un grand nombxe de petites glandes dites sébacées sécrètent une matière particulière , ;

dont l’odeur pénétrante est connue; dans quelques circonstances celte matière acquiert la propriété d’attaquer et de colorer même les tissus j qui y sont appliqués. On a constaté dernièrement | que la sueur des aisselles n’était pas acide , comme celle du reste du corps ; loin de rougir la teinture de tournesol, elle ramenait au bleu celle qui avait é té rougie préalablement. D’après M. Gerdy, la peau est retenue au fond de l’aisselle par une espèce de bride particulière , qui s’attache à une des apophyses de l’omoplate , dite coracoïde. Au-dessus de la peau on remarque une légère couche de tissu cellulaire , puis vient ensuite une aponévrose , sorte de membrane blanche et fibreuse , recou- i verte elle-même par une grande quantité de tissu cellulaire , qui pénètre assez avant dans les diverses parties de l’épaule et même jusqu’au cou.

On sait que les abcès ont le plus souvent leur siège dans le tissu cellulaire; lorsqu’il survient de ces abcès dans le creux de l’aisselle , il est très-important de savoir si le mal a son siège dans le tissu cellulaire situé immédiatement sous la peau , ou i dans celui qui est fixé plus profondément au-dessus de l’aponévrose; dans ce dernier cas la maladie est plus grave ; le pus se fait difficilement jour au dehors , et il faut presque toujours l’intervention du secours de l’art. Au fond de l’aisselle et au milieu du tissu cellulaire dont nous parlons , se trouvent l’artère, la veine axillaire, et le plexus brachial, ainsi que de nombreux ganglions lym phatiques. Les nerfs sont en dehors , la veine en dedans , et l’artère au milieu ; la présence de ces divers organes rend très - dangereuses les blessures de cette*région. Outre le muscle grand pectoral et les muscles grand rond et grand dorsal , qui limitent cette cavité en avant et en arrière, comme nous l’avons dit , on voit en dedans et du côté de la poitrine le grand den télé , et au dehors , du côté du bras, la partie supérieure du muscle . biceps et le coraco-brachial. Le fond de l’aisselle se trouve plus particulièrement en rapport avec les muscles petit pectoral et sous-scapulaire. |

Aisselle ( Maladies de V). Nous avons dit un mot des abcès qui surviennent à l’aisselle. Cette région peut en outre être le siège de diverses tumeurs san-

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guines, emphysémateuses, squirrheuses; dansquelques cas on a observé l’anévrysme de l’artère axillaire. Les ganglions de l’aisselle peuvent aussi s’engorger et s’enflammer en produisant des tumeurs semblables aux bubons de l’aine. 11 en résulte fréquemment des abcès , qui ne sont pas sans danger.

De toutes ces affections, une seule doit être traitée en cet endroit avec détail : nous voulons parler des abcès de l’aisselle et des phlegmons qui lesprécèdent le plus souvent; comme nous l’avons dit , ils peuvent être superficiels et se développer dans le tissu cellulaire sous-cutané: ils commencent alors le plus souvent par des espèces de furoncles ou de clous uniques quelquefois multiples; ceux-ci surviennent pendant le courant d’autres maladies , et semblent en être la terminaison critique; d’autres fois ils sont le produit de la malpropreté , du frottement des vêtements, de la gale, etc. Jamais ils ne sont la suite des piqûres envenimées aux mains ou aux bras. La marche de cette affection est très-simple; le petit phlegmonfuronculeux suppure, la peau s’ouvre , ou est ouverte par le chirurgien , et laisse couler le pus. Pour le traitement on se contente de raser l’aisselle , d’appliquer des cataplasmes émollients, et d’ouvrir l’abcès, lorsqu’il est mûr. Les abcès sous-cutanés ne se présentent pas pourtant toujours sous la forme de gros clous; ils sont d’autres fois plus étendus, et occupent toute l’épaisseur du tissu cellulaire qui est sous la peau ; ils peuvent alors s’accompagner de fièvre et ils ré clament un traitement plus énergique.

Les abcès profonds de l’aisselle peuvent être la suite de la carie d’os voisins, ou de phlegmons survenus par des causes extérieures; mais le plus souvent ils sont occasionnés par l'inflammation des ganglions lymphatiques. (V. Ganglions.) Celleci est amenée par une ulcération du sein , ou même de l’épaule, par une piqûre, une écorchure de la main ou du bras avec un instrument envenimé. Cela s’observe assez fréquemment chez les élèves en médecine qui se piquent en disséquant des cadavres putréfiés. Enfin les scrofules , la syphilis , le charbon , la peste , peuvent aussi déterminer la suppuration des ganglions. Le pus , emprisonné par l’aponévrose, ne peut se faire jour directement par le creux de l’aisselle , il s’accumule et il s’échappe enfin par divers points, en remontant même quelquefois jusqu’au cou. On sent toute la gravité de pareils abcès; souvent ils se font jour par la poitrine et occasionnent une mort prompte. On doit leur opposer un traitement antiphlogistique énergique, des sangsues et des saignées. Dès que le pus s’est rassemblé et que l’abcès est bien formé, on doit l’ouvrir avec toutes les précautions que nécessitent le voisinage des vaisseaux et des nerfs importants qui sont dans cette région.

J. P. Beaude.

aix-la-chapelle ( Eaux minérales d’ ). Celte ville est capitale de la province du Bas-Rhin, dans le grand duché du Bas-Rhin, qui aujourd’hui appartient à la Prusse. Les eaux d’Aix-la-Chapelle furent connues du temps d’Adrien, époque où l’on croit que la ville fjut fondée. Charlemagne fit reconstruire la ville, qui avait été détruite par

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Attila , et il fit réparer les bains, dont quelques auteurs lui attribuent à tort la fondation.

Les eaux d’Aix-la-Chapelle sont chaudes, alcalines et sulfureuses; elles ont une odeur sulfureuse pénétrante, et un goût hépatique ; on l’a comparé à celui d’un bouillon faible et un peu salé; ces eaux sont transparentes tant qu’elles conservent leur chaleur ; lorsqu’elles refroidissent, elles deviennent troubles et laiteuses et présentent à leur surface une pellicule grasse qui est sans doute la barégine observée dans les eaux des Pyrénées, par M. Delonchamps. Les sources sont au nombre de sept, que l’on distingue, d’après leur position, en supérieures, qui sont plus fortes et plus chaudes, et en inférieures, qui le sont moins : la température de ces sources varie de 45 à 55 degrés centigrades. Il existe des baius de vapeurs dont la température est analogue à celle des sources.

Ces eaux contiennent plusieurs gaz qui sont : l’azote, l’acide carbonique et l’hydrogène sulfuré; les sels sont le carbonate, le muriate et le sulfate de soude, les carbonates de chaux et de magnésie et de la silice.

Les eaux d’Aix-la-Chapelle sont vivement excitantes, elles irritent la peau et le système nerveux. Il est convenable de ne les employer qu’avec circonspection, surtout chez les personnes sanguines et pléthoriques, attendu qu’elles peuvent, lorsqu’elles sont administrées avec peu de prudence, déterminer des congestions vers le cerveau ouïes organes de la poitrine. On devra également en surveiller l’usage chez les personnes nerveuses et d’un tempérament sec et irritable ; c’est au malade à se faire diriger dans l’emploi de ces moyens par un médecin sage et éclairé. Ces eaux sont employées en bains, demi-bains, douches, lavements, bains de vapeurs, et en boissons, dont on modifie l’usage suivant qu’il est convenable. La saison des eaux (l’on désigne ainsi le temps pendant lequel il est convenable de les employer afin déjuger de leur efficacité) est de trois à quatre semaines ; les. époques où elles commençaient étaient autrefois la mi-mai et la mi-août. Les maladies contre lesquelles on prescrit ces eaux, sont les paralysies, les rhumatismes chroniques, les affections goutteuses, les anciennes maladies de la peau, les affections syphilitiques invétérées, les maladies de; la vessie et des voies urinaires, les engorgements, et les affections chroniques des organes abdominaux.

Aix en Provence ( Eaux minérales d’). Aix est une ville du département des Bouches du Rhône, chef-lieu d’arrondissement et de canton ; elle est une ancienne colonie romaine. On la croit fondée par le consul Sextius Calvinus; aussi reçut- elle, à causede ses eaux thermales, le nom d ’AquœSextiœ. Cette ville est située dans une plaine et au bas de plusieurs collines parmi lesquelles est un volcan éteint ; la source est placée dehors la ville, et les eaux se rendent dans un établissement situé sur l’un des boulevarts. Les eaux d’Aix sont chaudes et ont une température de 27 à 28 degrés Réaumur. Elles sont limpides, inodores, un peu onctueuses et presque sans saveur; l’analyse chimique a démontré qu’elles contenaient fort peu de prin-

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