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pharmacien [pharm.) , s. m., celui qui exerce la pharmacie. (V. ce mot.)
phabmacologie [pharm.), s. f. (du grec pharrnakon , médicament, et de logos , diseours).Gn désigne sous ce nom tout ce qui concerne la science de la pharmacie.
pharmacopée [pharm.), s. f. (de pharmakon, médicament, et d epoicin, faire). Ce mot, qui est synonyme de codex , sert à désigner un traité réunissant la collection de toutes les préparations médicamenteuses usitées dans un pays; ainsi on dit la pharmacopée de Londres, d’Edimbourg. Pour la France, on dit codex. (Y. ce mot.)
fharmacopols {pharm.), s. m. On donne ce nom à un vendeur de drogues, à un charlatan.
PHARYNGÉE, PHARYÎÎGSEÎJ ( anal .), adj., qui a rapport au pharynx. Il existe deux artères pharyngiennes: une qui naît de la maxillaire interne, et qui a reçu le nom de pharyngienne supérieure ; elle se détache de la maxillaire interne au niveau de la fosse zygomatique, passe par le conduit ptérygo-palatin, et va se distribuer au pharynx et à la partie correspondante de la trompe d Eustache. La pharyngienne inférieure naît de la carotide externe, au niveau de l’artère faciale; elle monte le long de la partie latérale et postérieure du pharynx , et se divise en deux branches, l’une pharyngienne proprement dite, et l’autre méningée, qui se distribue à la dure mère. — Nerf pharyngien. Il est fourni par le nerf pneumo gastrique; il descend derrière l’artère carotide, communique avec le nerf glosso-pharyngien, et se partage, au niveau du muscle constricteur du pharynx, en une multitude de filets qui s’anastomosent avec des filets du nerf glosso-pharyngien et du nerf laryngé supérieur du premier ganglion cervical ; il forme ainsi un lacis nerveux qui a reçu le nom de plexus pharyngien. Ceplexusenvoie de nombreuses ramifications au pharynx. J. B.
PHAHTN6ÉB (ADgine). (V. Angine et Pharynx.)
PHARYNGIEN. (V. Pharyngée.) FHAaYSGiî ïï(palhol ), s. f. C’est l’inflammation du pharynx. (V. Angine et Pharynx.)
pharyngo-staphtiin [anal.), s. m. On désigne <ous ce nom, ou sous celui de palato staphylin, un muscle qui, du bord postérieur dd Ja voûte palatine, s’étend au pilier postérieur du voile du palais et à la partie postérieure et supérieure du cartilage thyroïde.
pharyngotome (chir.) , s. m. On donne ce nom à un instrument inventé par J.-L. Petit, et qui est destiné à ouvrir les abcès du pharynx ou des amygdales; c’est une lame un peu courbe, terminée par une pointe de lancette, et qui se meut dans un étui d’argent ouvert à ses deux extrémités. L’opération que I on pratique avec cet instrument se nomme pharyngotomie.
pharyngotomie [chir.), s. m. (Y. Pharyngotome et Pharynx.)
pharynx (anat.), s. m. (du grec pharugx). Ce mot, emprunté aux Grecs, exprime le sac musculo-membraneux qui constitue l'arrière-bouche, et sert comme de vestibule à l’œsophage.
Le pharynx forme une. cavité située en arrière du voile du palais. Sa surface présente une paroi antérieure où se trouvent les orifices postérieurs des fosses nasales , la face postérieure du voile du palais, la luette, l’ouverture buccale postérieure, la base de la langue, l’épiglotte et l’entrée du larynx. Les parois latérales, étroites et allongées, présentent, à leur partie supérieure , l’abouchement de la trompe d’Eustache; la paroi postérieure, large, concave, se voit parfaitement bien quand la bouche est largement ouverte, et répond à la face antérieure de la portion cervicale de la colonne vertébrale. La paroi postérieure est appliquée sur l’apophyse basilaire de l’occipital *, et enfin Sa partie inferieure se continue avec l’œsophage.
Le pharynx est , avons-nous dit , un sac musculomembraneux; il entre donc dans sa structure des muscles et une membrane , laquelle est de nature muqueuse. Les muscles constituent de larges expansions divisées en trois faisceaux principaux qui, en raison de leurs fonctions, sont nommés constricteurs, et distingués, par rapport à leur situation respective, en supérieur, moyen, et inférieur. En avant, ces muscles sont tapissés par une muqueuse qui présente les mêmes caractères que celle de la bouche dont elle est la suite. Elle forme un tout non interrompu avec cette dernière, celle des fosses nasales, du pharynx et de l’œsophage. On y voit un grand nombre de glandules mucipares.
Le pharynx joue un grand rôle dans la déglutition des aliments, au moyen de ses muscles constricteurs qui saisissent le bol alimentaire et le jettent, par une sorte de secousse convulsive, dans le canal œsophagien par lequel il descend dans l’estomac.
Pharynx f Maladies du). — Les maladies qui affectent le pharynx frappent particulièrement sa membrane muqueuse.
1° Pharyngite. — Elle se développe dans les mêmes conditions que V angine ordinaire (V . ce mot). On distingue celle qui occupe la partie supérieure du pharynx visible au fond de la bouche, de celle qui se dérobe à la vue et est située inférieurement sur les limites de l’œsophage. La première ( angine pharyngée supérieure de M. Chomel) est surtout caractérisée par un sentiment de cuisson , d’ardeur, avec sécheresse au fond de la gorge. A l’inspection, on voit la paroi postérieure du pharynx d’un rouge vif, luisant, et enduite de mucosités dont la présence provoque à chaque instant des crachements pénibles. La déglutition est gênée, et les boissons sont quelquefois rendues par le nez. Dans l’angine pharyngée inférieure ( Chomel ) , les symptômes sont les mêmes , seulement le siège eai situé plus bas; ils ont lieu vers la partie supérieure du cou : ici la déglutition est des plus difficiles et des plus douloureuses. Cette inflammation se termine ordij nairementpar résolution dans l’espace de quelques I jours à un ou deux septénaires. Quelquefois il se forme sous M muqueuse de petits abcès qui s’oui vrent d’eux- mêmes.
La pharyngite complique souvent les autres sorj tes d’angines, et notamment l’amygdalite ou angine tonsillaire et Y épiglottite , étudiées dans ces derniers temps par M. Dezeimeris ( Journ . VExpèr ., nov. 1839).
Le traitement est celui de l’angine ordinaire;
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nous ne répéterons donc pas ce qui a déjà été dit à cet égard.
2° Pharyngite couenneuse. Dans la diphtérite ou angine couenneuse, et dans le croup, on voit souvent la maladie débuter par des bandes de fausses membranes étendues sur les amygdales et sur le pharynx, et qui ensuite descendent dans les voies aériennes.
3° Abcès rétro pharyngiens. M. Mondière, dont la science déplore la perte récente, a fait connaître, il y a deux ans (janvier 1842), une variété d’abcès aigus qui se forment derrière la couche musculeuse du pharynx , et dont il n’existait que quelques observations isolées. Ces abcès s’annoncent par de la douleur, de la gêne dans la déglutition, et autres symptômes de l’angine pharyngée; puis viennent les battements et les signes ordinaires qui accompagnent la suppuration ; il y a empâtement du cou appréciable extérieurement, et à l’intérieur saillie très-prononcée de la paroi postérieure du pharynx, reconnaissable à la vue et au doigt. L’indication bien formelle est ici, quand les antiphlogistiques n’ont pu prévenir la suppuration, d’ouvrir l’abcès aussitôt qu’il est formé. C’est ce que l’on fait , soit avec un pharyngotome, soit , dans les cas urgents , avec un manche de cuiller ou un couteau ordinaire rond ou pointu , environné de linge jusqu'à quelques lignes de son extrémité. Si le pus se portait au dehors, il faudrait ouvrir sur les côtés du cou .(Journ. des conn. méd. prat., avril 1843).
4° Ulcérations. Dans les cas d’affections syphilitiques consécutives , le pharynx est souvent atteint d’ulcérations caractéristiques. (V. Syphilis.)
Le pharynx est quelquefois le siège d’abcès chroniques venant d’une affection tuberculeuse ou carie des premières vertèbres, de polypes, etc., dont "histoire n’offre rien de particulier que la région dans laquelle se montrent ces désordres.
J. -P. Beaude.
ehéb» omèbte ( phys . et path .), s. m. (du grec phainomai, je parais). Dans la science, on donne ce nom à tout effet appréciable pour nos sens ; on l’emploie également et plus spécialement dans le langage usuel pour désigner tout effet extraordinaire. En médecine, le mot phénomène indique toutes les espèces de modifications que peuvent éprouver nos organes, soit en état de santé, soit dans la maladie. Ce mot, dans ce dernier cas, est toujours synonyme de signes, de symptômes, suivant la valeur du phénomène observé. J. B.
philtre ( pharm .), s. m. ( philtrum , du grec phileô , j’aime). On a donné ce nom à un breuvage que l’on croyait propre à se faire aimer. Il est inutile de dire que de semblables préparations n’ont jamais pu exister que pour les dupes et les charlatans.
phimosis ( chir .), s. m. Y. Pénis (maladie du )
phlébite (méd.), s. f. C’est l’inflammation des veines. Y. Veines (maladies des ) phlébotomie (, chir .), s. f. On donne ce nom à la saignée. (Y . ce mot.)
phlegmasie (path.)i s. f. c<?qt le synonyme d’inflammation. On dit la phlegmasie du poumon, du foie, du cerveau, etc., pour désigner l’inflamma-
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tiondeces organes. Les phlegmasies. comme on le voit, jouent un très-grand rôle dans la médecine, et elles forment une classe de maladies très-nombreuses. Les phlegmasies chroniques sont les inflammations des organes passées au type chronique. Elles sont très-fréquentes et d’un haut intérêt dans la pratique. (V. Inflammation , pour la description de la phlegmasie eu général , et le nom de chacun des organes, pour les phlegmasies qui leur sont propres.) J. B.
phlegmatie [méd.], s. f. (V. Œdème)
phlegmatiqbé {path.), adj. Ce mot étaitemployé comme synonyme de lymphatique , de pituiteux : on disait un tempérament phlegmatique , pour désigner le tempérament lymphatique.
ehlegme {méd.), s. f. C’était une des quatre humeurs naturelles des anciens; elle était considérée comme froide et humide. Toutes les humeurs aqueuses, toutes les sérosités, étaient autrefois considérées comme des phlegmes. Ce mot est encore usité, dans le vulgaire, pour désigner de la salive ou des liquides de l’estomac, qui sont rendus en abondance, surtout le matin. Il était aussi synonyme de pituite.
phlegmasia alba bolekts [méd.,] s.f. Désignation latine qui sert à caractériser une affection œdémateuse aiguë , qui se manifeste ordinairement chez les femmes en couches, et dont la traduction est l’inflammation blanche douloureuse. Cette maladie, qui n’a été bien observée que dans ces derniers temps, est caractérisée par une œdématié douloureuse d’un des membres inférieurs ; la maladie ne se manifeste pas ordinairement dans les deux membres à la fois ; lorsqu’elle les affecte tous deux., ce n’est que successivement ; quelquefois aussi on l’a vue se développer dans l’une des extrémités supérieures , dans les Iras ; c’est ordi nairement quelques jours après l’accouchement que cette affection apparaît. L’impression du froid, de l’humidité, des manœuvres douloureuses pendant l’accouchement, un accouchement laborieux, la compression exercée sur les veines du bassin dans les derniers temps de la gestation , sont les causes les plus ordinaires de cette maladie , que quelques auteurs regardent comme déterminée par une phlébite des veines du bassin et des membres inférieurs , tandis que d’autres la regardent comme une inflammation des vaisseaux lymphatiques.
Ce qu’il y a de certain, c’est que l’examen des parties affectées a montré que souvent les veines et les lymphatiques présentaient des lésions importantes, mais plus marquées encore dans les premières que dans les derniers. Les désordres causés par cette maladie se sont souvent étendus aux organes contenus dans le bassin et dans l’abdomen , toujours par la continuité des veines ; souvent de larges abcès et de vastes collections purulentes se sont fait observer, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur de cette cavité.
La phlegmasia alba dolens n’affecte pas seulement les femmes en couches ; je l’ai vue, dans un cas particulier , se manifester à la jambe et à la cuisse gauche chez un homme affaibli dijà par des maladies antérieures , et qui était retenu depuis plus de deux mois au lit pour une plaie par arme à feu de la main droite; le malade, pendant tout
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ce temps, s’était principalement appuyé sur le côté gauche, et la compression permanente exercée sur ce côté paraît avoir été ici la cause principale de l’affection.
Les symptômes de la maladie sont la tuméfaction œdémateuse , avec douleur vive, augmentant à la moindre, pression, souvent une douleur plus vive dans la direction des veines, avec sentiment dans le début d’une corde tendue suivant la direction de ces organes. La douleur varie quelquefois de caractère : tantôt c’est seulement un engourdissement , d’autres fois des élancements violents qui arrachent des cris aux malades ; dans tous les cas, le membre est tuméfié, et la peau , loin de paraître rouge et enflammée, est, au contraire, plus pâle que dans l’état naturel. Cette affection est assez grave, surtout lorsque les deux membres s’affectent successivement ; aussi est il important de la combattre avec énergie dès le début. Les évacuations sanguines par les saignées et les applications de sangsues sont les moyens reconnus jusqu’à ce jour comme les plus efficaces. Au demeurant , comme le traitement de cette maladie rentre complètement dans celui de la phlébite dont il sera traité au mot Veines (maladies des), nous y renvoyons nos lecteurs.
J .-P. Beaiide.
ïhiegmom ( path . chirur.), s. m. (en grec phleymonè , de phlegô , je brûle). On appelle ainsi en chirurgie l’inflammation du tissu cellulaire libre, c’est-à-dire celui qui est réuni en masses plus ou moins considérables, celui qui double la peau , par exemple. Le phlegmon se présente sous deux formes différentes qui méritent une description à part.
1°. La première forme est connue sous le nom de phlegmon circonscrit : ici l’inflammation est renfermée dans des limites bien déterminées. La partie malade présente tous les caractères de l’inflammation franche à laquelle elle sert de type (V. Inflammation). Ainsi, on voit une tuméfaction plus ou moins étendue, plus ou moins saillante, avec dureté, résistance à la pression , douleur ordinairement aiguë, avec battement, rougeur plus ou moins vive à la peau, chaleur brûlante. Cette tuméfaction est bien circonscrite , et sa base" paraît s’enfoncer plus ou moins, et en élargissant, dans la profondeur des tissus. La pression est excessivement douloureuse si la phlegmasie est un peu considérable. U y a en même temps réaction générale, courbature, fièvre, perte de l’appétit, etc. Le phlegmon se termine quelquefois par résolution, et alors les accidents se calment par degrés, la tumeur diminue et finit par disparaître ; mais la terminaison la plus commune est la suppuration, et alors il se forme un abcès, etc. , dont la production constitue ce que l’on nomme en chirurgie un abcès chaud (Y. Abcès). Si l’inflammation est très-violente, ou si elle a lieu chez un sujet dont la constitution est profondément altérée, comme dans les fièvres graves, la gangrène peut survenir ; quant à l’induration, elle est très-rare ; on peut cependant poser une exception pour les sujets lymphatiques et scrofuleux.
2°. La seconde forme est désignée sous le nom de phlegmon diffus, ou d'érysipèle phleymoneux. Ici l’inflammation est disséminée sur une large surface, et elle n’est pas nettement limitée comme
dans le cas précédent ; la rougeur est ordinairement intense, mais non pas uniforme ; on voit souvent des plaques rouges ou violacées séparées par des intervalles rosés ; des stries rouges , dures et noueuses, indiquent la part que les vaisseaux lymphatiques prennent à l’inflammation. La pression fait éprouver une sensation particulière de mollesse élastique ; une douleur quelquefois très-vive , une chaleur intense, complètent l’ensemble des symptômes locaux. Lamaladie, d’abord peu étendue, gagne de proche en proche , ordinairement des extrémités vers le troDC, et peut ainsi envahir de larges surfaces ; et en même temps se manifeste une réaction fébrile, en rapport avec l’étendue de l’iuflammation : quand celle-ci est très-intense, il y a des symptômes généraux fort graves , de l’agitation, du délire
même, des nausées, des vomissements Le plus
souvent, le phlegmon diffus se termine par une suppuration etendue qui amène de vastes décollements de la peau avec issue de lambeaux de tissu cellulaire gangréné, et souvent alors le malade succombe, épuisé par la suppuration , lorsque la violence des accidents phlegmasiques ne l’a pas fait succomber dans les premiers temps.
Le phlegmon diffus est donc une affection fort grave, surtout si on le compare au phlegmon circonscrit , dont le pronostic est beaucoup moins sérieux.
Les causes du phlegmon sont toutes celles de l’inflammation ; dous n’avons donc point à nous y arrêter. Nous noterons seulement, pour la seconde forme, qu’elle est plus commune chez les hommes que chez les femmes, chez les sujets adonnés à des travaux fatigants que chez ceux qui ontdes occupa tions paisibles ; que les ligatures ou les blessures des veines, que les grandes opérations, les contusions violentes, les morsures graves, les brûlures, h s piqûres faites en disséquant, lui donnent plus particulièrement naissance.
Ce que nous avons àdire du traitement s’applique surlout à la seconde forme. Pour la première, nous ne pouvons que renvoyer aux mots Erysipèle et Inflammation seo général. Dans tous les cas, il convient de débuter par les saignées générales et locales plus ou moins abondantes, répétées suivant l’intensité, l’étendue du mal , les conditions épidémiques ou sporadiques dans lesquelles il se développe , les forces du sujet, etc., etc.; dans les cas simples, on aura recours aux cataplasmes, aux fomentations émollientes, à la situation élevée de la partie malade. Si l’abcès se forme, on l’ouvrira suivant les règles prescrites ; mais si le phlegmon est diffus, qu’il occupe tout un membre , on pourra, suivant le procédé de M. Velpeau, tenter la compression, quia déjà plusieurs fois réussi à cet habile chirurgien ; des ponctions répétées, comme le fait le chirurgien anglais Dobson, sont ordinairement très-utiles. Les frictions mercurielles, les vésicatoires volants sur la partie malade, la cautérisation même avec le fer rouge, devront être successivement essayés pour tâcher de prévenir la suppuration. Si celle-ci se déclare, il faut alors avoir recours aux grandes incisions, faire toutes les contre-ouvertures m cessaires pour favoriser l’écoulement du pus. Si la suppuration se prolonpoi «u aura soin de soutenir les forces du malade à l’aide des toniques, des analeptiques. La convalescence exigera de grands soins ; le séjour
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à la campagne, l’usage des eaux sulfureuses ou ferrugineuses, seront utiles pour rétablir la constitution. E. Beatjgrand.
pbti.'e gmoneux (çhir.), adj. Qui a rapport au phlegmon; le phlegmon diffus a aussi été appelé érysipèle phlegmoneux. (Y. Érysipèle.)
phlogistiqüe ( chim .). Nom donné dans l’ancienne chimie à un principe imaginaire que l’on croyait combiné avec un grand nombre de corps de la nature, et à qui l’on faisait jouer un rôle important dans la combustion. Les corps brûlés étaient supposés déphlogistiqués. L’acide carbonique était nommé air déphlogistiqué.
fhlogose ( path .), s. f. (en latin et en grec phlogosis, de phlégô , je brûle). On donne ordinairement ce nom à une inflammation peu intense dans laquelle il y a seulement chaleur et rougeur; on dit d’un organe qui présente ces caractères, qu’il est phlogosé. La phlogose précède ordinairement l’inflammation, elle se manifeste dans l’érysipèle: souvent l’affection ne franchit pas ces premières limites et exige un traitement peu actif. La phlogose de la peau constitue l’affection que l’on nomme vulgairement coup de soleil. (V. Insolation.)
On se sert aussi quelquefois de ce mot comme synonyme d’inflammation. On dit dans ce cas d’un organe enflammé, qu’il est phlogosé. (Y. Inflammation.) J. B.
PH5.YCTÈEJE {path.), s. f. On donne ce nom au soulèvement de l’épiderme lorsqu’il y a de la sérosité épanchée au-dessous ; c’est ce que vulgairement on désigne sous le nom de cloche. (V. Peau.)
pheycténoide (path.), adj., qui a la forme d’une phlyctène, ou qui est caractérisé par des piilyctènes ; on dit une éruption phlycténoïde ; il existe une dartre phlycténoïde.
PHÏ.YZACIA {path.), s. m. (en grec phluzakion , de phluzô, je bous). Nous avons dit, à l’article Peau, que l’on appelait pustules phlyzaciées celles qui étaient larges, volumineuses, reposant sur une hase enflammée. Alibert a donné spécialement le nom de phlyzacia à une affection inflammatoire de la peau, caractérisée par une éruption de pustules phlyzaciées, discrètes, donnant lieu à une croûte brunâtre qui, en tombant, laisse à sa place une tache rouge et quelquefois même une cicatricule.
Les partisans français de la classification anglaise donnent à cette maladie le nom à'ecthyma.
Le phlyzacia attaque particulièrement les jeunes sujets; bien qu’il puisse attaquer tous les âges, il se montre de préférence sur les sujets qui vivent dans la misère et la malpropreté , qui font abus des liqueurs spiritueuses; chez certains individus livrés à des travaux pénibles, ou qui touchent habituellement des substances irritantes : tels sont les mineurs, les épiciers, les fariniers, les perruquiers, les maçons, les tailleurs de pierre, etc. Certains exanthèmes fébriles, la scarlatine, la rougeole, la variole, laissent souvent à leur suite des éruptions phlyzaciées. Cette maladie est souvent liée à un état cachectique général, a une affection chronique des voies digestives, surtout chez tes .icnQes sujets. Les frictions avec la pommade émétisée déterminent un phlyzacia artificiel.
Le siège de l’éruption qui nous occupe est d’ordinaire aux mains, aux avant-bras, aux cuisses : le tronc en est plus rarement atteint.
Relativement à la marche, on divise le phlyzacia en aigu et chronique.
1° Dans le premier cas, l’éruption, précédée assez souvent de malaise et de fièvre, se fait en une seule fois; elle consiste dans l’apparition des grosses pustules dont nous avons parlé en commençant; au bout de sept à huit jours, la matière purulente renfermée dans lajpustule se change en croûtes brunes, épaisses, rugueuses, fortement adhérentes. A leur chute, qui a lieu vers le cinquième ou sixième jour de leur formation, succède une macule rouge ou violacée qui ne tarde pas à disparaître; et même, si le derme a été entamé , il reste une petite cicatrice blanche et fine. Cette éruption est ordinairement accompagnée de démangeaisons très-vives qui portent les malades à se gratter et à déchirer les croûtes, ce qui retarde la guérison.
2e Dans le phlyzacia chronique, qui coïncide bien souvent avec la gale, les éruptions sont semblables à celles de la forme que nous venons de décrire; seulement» il s’en reproduit de nouvelles au fur et à mesure qu’une autre s’éteint : la maladie peut alors envahir de larges surfaces, et durer plusieurs mois et même plus d’un an. La couleur livide des pustules, et l’état général des malades, ont fait donner par les Anglais , à quelques variétés de cette maladie, les noms à'ecthyma luridum et cachecticum.
Dans la forme aiguë, et quand il y a des symptômes inflammatoires , les antiphlogistiques et les émollients; dans la forme chronique, les résolutifs , les anti-herpétiques; chez les sujets débilités, les toniques et les fortifiants, telles sont les bases de la thérapeutique du phlyzacia. (V .Herpès, Mélitagre , Mentagre , efo.) E. Bt:4ugrand.
phokî atiokt ( physiol .), s. f. On donne ce nom à ce qui a rapport à la voix et à la parole. (V. Voix.)
phosphates ( chim .), s. m. pi. Ce sont des sels formés par l’acide phosphorique et une base. 'V. Phosphore.)
. phospeswe {Physiol.), s. m. On donne ce nom a l’image lumineuse qui se produit lorsque l’on comprime le globe de l’œil.
"phosphore [chim. et mat. méd.) , s. m- (du grec phos , lumière, et phoros, qui porte, qui porte la lumiere).Le phosphore est un corps simple découvert en 1669 par Brandt, alchimiste de Hambourg, et dont la préparation fut un secret jusqu’en 1737, époque à laquelle il fut préparé par Hellot, en présence d’une commission de l’Académie des sciences. Le phosphore, dont le nom signifie porte-lumière, parce qu’il est lumineux dans l’obscurité, est rangé parmi les corps combustibles; il est solide à la température ordinaire, transparent et incolore lorsqu’il est pur et récemment préparé ; il a la consistance de la cire et se laisse plier facilement, à moins qu’il ne soit mêlé d’un peu de soufre, cas dans lequel il casse avec une grande facilité; son odeur rappelle celle de l’ail, et sa saveur est nulle. Exposé dans l’obscurité à l’air libre, il brille d’une lumière assez vive sans que satempératureensoitsensiblementélevée. Cette lumière sans chaleur, qui se manifeste aussi dans plusieurs autres corps, a reçu le nom de phosphorescence; elle est, pour le phosphore, lerésultat d’une combustion lente qui a lieu par la combinaison du phosphore
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avec l’oxygène de l’air pour former de l’acide phosphoreux. Cette combustion n’a plus lieu dans l’air au-dessous de 5 degrés, de même qu’elle ne se produit pas dans le gaz oxygène pur; il faut que ce dernier soitmêlé à un autre gaz, comme il l’estdans l’air à l’azete, pour que ce phénomène puisse se produire. Ce corps s’enflamme dans l’air avec la plus grande facilité et à une température bien inférieure à celle de sa fusion, qui est de 43 à 45 degrés; le frottement favorise beaucoup sa déflagration. Le phosphore que l’on trouve dans le commerce est ordinairement sous forme de petits cylindres que l’on a moulés dans des tubes de verre et que l’on conserve sous l’eau ordinairement privée d’air. Lorsque le phosphore a été longtemps gardé dans la même eau, celle-ci s’acidifie par un mélange d’acide phosphorique , et les cylindres de phosphore se couvrent d’une couche blanche pulvérulente qui, est un hydrate de phosphore. L’exposition du phosphore même à la lumière diffuse lui donne, avec le temps, une coloration rougeâtre qui lui laisse encore de la transparence ; cette coloration est souvent due à un mélange d’un peu de soufre : alors le corps a un aspect corné. Indépendamment de la couche blanche qui couvre le phosphore mis dans l’eau, il se forme souvent une couche rouge et pulvérulente qui recouvre la couche blanche (hydrate), et qui est un oxyde de phosphore qui se produit aussi dans d’autres circonstances, et qui s’observe également dans le résidu de la combustion vive du phosphore à l’air libre, ou dans un gaz mêlé d’oxygène.
Chauffé hors du contact de l’air et de l’oxygène à 235 degrés sans dépasser 250 degrés, le phosphore change de nature; il devient rouge, dur, n’a plus de combustion lente dans l’air, ne s’enflamme plus spontanément par le frottement; c’est \e phosphore rouge découvert par M. Schroat’er ; chauffé à 200 degrés, il reprend la propriété du phosphore ordinaire. Le phosphore rouge a été employé pour la préparation des allumettes chimiques, car il n’a pas les propriétés toxiques du phosphore jaune.
Longtemps la préparation du phosphore a été un secret connu de quelques chimistes allemands, et ensuite d’un pharmacien anglais qui le fournissait à presque toute l’Europe à un prix très-élevé; on ne trouvait seulement alors le phosphore que dans le cabinet des curieux riches, ou dans les grandes collections scientifiques : c’est des urines que l’on laissait putréfier et que l’on rapprochait ensuite à la consistance d’extrait que l’on tirait le phosphore.
Depuis que l’on a découvert que le phosphore entrait dans la composition des os, c’est de ces derniers que le phosphore a été tiré. Dans ce procédé, on calcine les os, on les réduit en poudre, et on en fait une pâte au moyen de l’acide sulfurique que l’on étend d’eau ensuite : dans cette dernière opération, on transforme le phosphate de chaux insoluble des os en phosphate soluble, que l’on extrait en le dissolvant dans l’eau. On le rapproche ensuite en consistance pâteuse que l’on mêle avec le charbon, et on le traite dans un fourneau à réverbère pour en extraire le phosphore qui se distille et qui doit être reçu sous l’eau, pour empêcher sa combustion.
Le phosphore se combine avec un grand nombre de corps simples métalliques, et forme desphosphures que nous n’examinerons pas ici. Il se combine aussi en diverses proportions avec l’oxygène, pour
former des acides qui sont au nombre de quatre, et un oxyde rouge de phosphore dont nous avons déjà parlé. Les acides sont : l’acide phosphorique, hypophosphorique ou phosphatique , phosphoreux et hypophosphoreux. Nous n’entrerons pas dans la description de ces différents acides, qui, d’ailleurs, ne sont pas employés en médecine. Il en est un même qui n’est pas admis par tous les chimistes : c’est l’acide hypophosphorique, que quelques-uns regardent comme un mélange de l’acide phosphorique et phosphoreux, car il forme des sels qui se rapportent à ces deux acides. Nous ne dirons rien ici de la préparation de ces acides ; ces faits ressortent de la chimie proprement dite.
Les acides du phosphore forment des sels par leur combinaison avec les bases salifiables désignées sous les noms de phosphates pour l’acide phosphorique, de phosphites pour l’acide phosphoreux, et d'hypophosphites pour le dernier acide. Nous dirons quelques mots de ceux qui se rapportent à notre sujet.
Le, phosphate de chaux forme la base du système osseux de tous les animaux (Y. Os) ; on le trouve sur quelques points du globe à l’état géologique, mais il est rare, comparé aux autres composés de chaux si abondamment répandus. Il est blanc, insoluble ; c’est lui que l’on emploie, ainsi que nous l’avons dit, pour la préparation du phosphore. — Le phosphate d’ammoniaque existe dans l’urine de l’homme et de la plupart des animaux, souvent mêlé au phosphate de magnésie ; il est soluble dans l’eau et cristallise en aiguilles prismatiques. Le phosphate ammoniaco-magnésien forme quelquefois la base des calculs ou concrétions pierreuses qui, chez l’homme, se forment dans la vessie.
Les phosphates, dont un assez grand nombre existent tout formés dans la nature, sont peu usités en médecine. Le phosphate de chaux a été employé sous la forme de poudre d’os calcinés, d’yeux d’écrevisses, de coquille d’œuf, substances dont il forme la base ; soit comme poudre absorbante, soit pour introduire, suivant les idées théoriques de quelques médecins du phosphate de chaux dans l’économie, dans le rachitisme, les fractures anciennes non consolidées, etc. Les phosphates de soude, d’ammoniaque, de magnésie, de fer, de mercure, ont été quelquefois employés, mais ils sont peu usités aujourd’hui ; ils partagent d’ailleurs les propriétés des divers sels de chacune des bases que nous venons de désigne. La fusibilité des phosphates par l’action de la chaleur les a fait proposer , et surtout le phosphate d’ammoniaque, comme moyen convenable pour enduire les bois et les toiles des théâtres, afin de les préserver de l’incendie; le feu faisant fondre le sel forme alors un vernis sur les substances charbonnées, qui arrête les progrès de la combustion.
Action thérapeutique du phosphore. — Le phosphore est regardé par des médecins comme un médicament très-efficace ; d’autres le considèrent comme très - dangereux ; dans tous les cas , ce n’est qu’avec la plus extrême circonspection que l’on doit recourir, à son emploi. On a vu des accidents graves être la suite de l ingestion du phosphore à trop haute dose et de son mélange imparfait avec les substances ani ,ul servaient de véhicule; des symptômes graves d’empoisonnement ont pu en être la suite. C’est en dissolution dans les huiles fixes, ou
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dans l’éther, et mêlé ensuite dans des potions, que le phosphore est administré à l’intérieur ; à l’extérieur on l’administre mêlé avec la graisse ou les huiles ; dans ce cas il est indispensable que le mélange soit bien exact, car si des portions de phosphore non divisé étaient appliquées sur la peau , avec la graisse, ce corps s’enflammerait par le fait de son élévation de température, par la chaleur de la peau, et donner lieu à de graves brûlures.
Lorsqu’on l’administre à l’intérieur, la dose du phosphore est environ d’un grain par jour; mais on ne doit pas commencer par cette quantité, qui doit toujours être fractionnée: l’on a vu quelquefois un huitième de grain produire des accidents. Ces faits suffisent pour indiquer l’énergie et l’instabilité des effets de ce médicament, et pour rendre très-circonspect dans son emploi à l’intérieur. Considéré comme l’un des plus puissants excitants du système nerveux , le phosphore s’administre surtout dans les paralysies anciennes , dans les névroses chroniques, la mélancolie, l’épilepsie; on l’a employé aussi comme fébrifuge, antigoutteux , antirhumatismal, antichlorotique. Dans tous ces cas , nous regardons son action comme d’une efficacité au moins douteuse, et d’un effet souvent fâcheux.
Aussi est- il convenable, même dans la paralysie, d’employer le phosphore à l’extérieur, soit en frictions, soit en embrocations huileuses, plutôt que de l’administrer à l’intérieur. Belativement à l’action aphrodisiaque du phosphore, qui, de toutes ses propriétés, est certainement la moins contestée, il est peu de cas dans lesquels on soit obligé d’en faire une application médicale. Quant à l’abus que l’on serait tenté d’en faire dans un autre but, nous dirons ici que des exemples funestes ont montré tous les dangers que l’on court à vouloir ranimer, par un moyen aussi énergique, des forces assoupies ou éteintes qui, attribut de la virilité, ne sont le résultat que du jeu libre des fonctions; elles ne sont possibles qu’avec une bonne santé et une surabondance de nutrition qui disparait ordinairement par les glaces de l’âge.
L’acide phosphorique, qui a aussi été employé en médecine , est aujourd’hui tout-à-fait inusité.
J. -P. Beaude.
phosphate [chim.), s. m., sel formé avec l’acide phosphorique et une base. (V. Phosphore.)
phosphite (c/ii'ffl.), s. m., sel formé par l’acide phosphoreux. (V. Phosphore .)
PHOSPHOREUX, PHOSPHATÏQUE, PHOS- PHORIQUE (Acides) [chim.), s. m., acides formés par le phosphore et des proportions diverses d’oxygène. (V. Phosphore.)
phosphore {chim.), s. m., composé binaire formé par le phosphore et un corps simple , métal ou métalloïde. (V. Phosphore.)
phrénésie (méd.), s. f (du grec phrénitis, d ephrénè, esprit. On désignait autrefois sous ce nom l’inflammation du cerveau ou de ses membranes. V. Cérébrale (Fièvre).
phrénétique [méd.) , adj. et s., qui est atteint de phrénésie. Comme la phrénésie était toujours accompagnée, dans l’opinion des anciens, d’un violent délire, on donnait le nom de phrénétiques
aux individus atteints d’un violent délire ou d’une manie furieuse. (V. Fièvre cérébrale, Maladies mentales , et Folie.)
phrénique ( anat .), adj. (du grec phrétiès , diaphragme), qui a rapport au diaphragme. On donne le nom de centre phrénique à l’aponévrose centrale de ce muscle ; le nerf diaphragmatique a aussi reçu le nom de nerf phrénique. (V. Diaphragme.)
perénite [méd.], s. f. (du grec phrénès, diaphragme).On donne ce nom ou celui de diaphragmite à l’inflammation du diaphragme.
phrénologie [physiol.], s. f. (dugrec phrcn, esprit, et logos, discours) .On désigne ainsi un système établi par Gall, et qui a pour objet de classer et de localiser toutes les fonctions de l’intelligence, tous les penchants, tous les appétits dans certaines portions du cerveau. L’idée première de ce système n’appartient pas à Gall; longtemps avant lui les philosophes et les physiologistes avaient cru à la possibilité de ces localisations; ils pensaient que chaque portion du cerveau pouvait être destinée à une fonction spéciale de l’intelligence. Charles Bonnet disait de son temps, en parlant du cerveau , que le scalpel de l’anatomiste finirait par découvrir quelles sont les parties de cet organe qui sont plus spécialement affectées à telle fonction intellectuelle plutôt qu’à telle autre.
Cette opinion, émise plusieurs fois avant Gall, fut certainement la base de ce système , qui admet comme principe philosophique la division des facultés, et comme principe physiologique leur localisation et leur siège dans une portion matérielle du cerveau. Gall a fait lui-même l’histoire de ce qu’il appelle la découverte de son système; elle remonte à l’époque de son enfance: il avait remarqué, étant au collège, que quelques-uns de ses condisciples obtenaient des succès constants dans leurs classes et le devançaient toujours, quoiqu’il mît une grande application à ses études, et qu’il ne leur reconnût d’autre avantage sur lui qu’une facilité extrême à apprendre par cœur, sans qu’après un certain temps il restât davantage dans leur mémoire. 11 remarqua que ces enfants avaient toujours de gros yeux saillants , et bien qu’il changeât plusieurs fois de collège, il était, comme je le lui ai entendu dire dans ses cours, toujours poursuivi par ces gros yeux de bœuf qui faisaient sou désespoir.
Cette première impression, qui resta dans l’esprit de Gall, d’unefacultéintellectuelle liée à une conformation physique dont il fit plus tard la mémoire des mots, l’engagea, lorsqu’il étudia la médecine, à vérifier si d’autres facultés ne se traduiraient pas à l’extérieur par des conformations qui leur seraient propres . Il visita les prisons de plusieurs villes d’Allemagne, les maisons d’aliénés ; il moulait les têtes ou recueillait les crânes des individus remarquables par des qualités extraordinaires ou de grands défauts. Il porta même ses études sur les animaux, et chercha si leurs instincts et leurs penchants n’étaient pas plutôt le résultat de la conformation de leur cerveau , que celui de leur organisation générale; et il reconnut une analogie de conformation cérébrale entre tous les animaux doués d’instincts analogues ; bien plus , il retrouva chez l’homme les mêmes développements cérébraux qu’il qualifîedu nom d’organes, coexistant avec les pen-
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chants correspondant aux instincts animaux qui avaient fait l’objet de ses premières déterminations.
Ainsi, l’organe de l’instinct carnassier, de la destructivité, se trouve au-dessus du conduit auditif chez l’homme comme chez le lion, et, suivant Gall, c’est un organe qui donne à la tête de tous les carnivores cette largeur que l’on observe en dehors des tempes ; il en fut de même, suivant les espèces animales, des divers autres penchants ou instincts: par exemple, l’organe de la prudence ou de la circonspection, qu’il plaça à la bosse pariétale, était la cause du développement transversal que l’on observe à la tête des serpents. Il reconnut dans la corneille , dans l’hirondelle, l’organe de l'habitativité ou amour du pays, joint à celui de l’amour des voyages, ce qui explique, dit-il, et leur émigration, et leur retour constant aux mêmes lieux. Dans la pie, il constata l’organe du vol, qui devint plus tard l’amour de la propriété, organe qui détermine la passion des collections, le désir de s’enrichir, et qui fut ensuite nommé par ses disciples l’acquisivité.
Les facultés qui, chez l’homme, constituent des arts, furent aussi représentées par des organes chez les animaux qui étaient doués, dans certaines limites, de ces facultés; il trouva chez le rossignol l’organe de la mélodie ; chez le castor, celui de la constructivité. Les passions qui se développent chez l’homme furent aussi représentées chez les animaux par des organes semblables , et ayant leur siège aux mêmes parties du cerveau : l’amour de la propagation de l’espèce eut son siège dans le cervelet, et le développement de cette partie de l’encéphale devint chez l’homme, comme chez les animaux, l’indice du degré d’énergie qu’ils apportaient aux plaisirs de l’amour.
Ce ne fut pas seulement chez les animaux que Gall choisitdes exemples pour établir son système. Les hommes à caractères excentriques, les hommes d’un grand talent, les criminels, les mélancoliques, les fous, ainsi que les altérations pathologiques du cerveau, vinrent fournir des preuves à sa doctrine; il consulta non-seulement les tètes et les crânes des contemporains , mais il choisit encore ses preuves dans l’histoire, en s’appuyant des portraits que nous avait laissés l’antiquité même la plus reculée.
Lorsque l’on contestait à Gall l’authenticité au moins douteuse des portraits d’Homère, de Solon, d’Antisthène,duChrist.etc.,ilrépondaitquebien qu’il fût possible que ces portraits ne fussent pas ressemblants quant aux traits du visage, ils devaient l'étre quant à la forme de la tête, car l'artiste qui avait fait ces portraits, même lorsqu’il les aurait puisés dans son imagination, n’aurait pas manqué de mettre en relief les parties de la tête dont la conformation particulière se faisait surtout remarquer chez les individus doués des qualités qui avaient dominé chez son modèle. C’est ainsi qu’il trouvait un énorme développement de l’organe de la poésie dans le buste d’Homère, de celui de la causalité, de la métaphysique dans le buste de Socrate , de celui de la bonté, de la vénération dans la tête du Christ.
Dans les prisons, dans les bagnes, Gall allait examinant les tètes des criminels, et se faisant conter l’histoire de leur crime et des circonstances qui l’avaient accompagné. Le voleur de grand chemin lui présentait l’instinct du meurtre développé en même temps que celui du courage, tandis que ce dernier manquait ordinairement à l’empoisonneur.
Chez le voleur timide , il reconnaissait l’organe de la ruse avec celui de l’instinct de la propriété ; chez les hommes condamnés pour attentat à la pudeur, pour viol, il y avait toujours un développement considérable des fosses occipitales inférieures, et par conséquent du cervelet , qui est l’organe qu’elles doivent contenir.
Les fous lui fournissaient aussi des observations intéressantes : l’organe de la vanité lui paraissait développé chez ceux qui se croient rois, empereurs, etc.; celui de la vanité et de la religiosité chez ceux qui se croient papes, Christ, saints. La merveillosité, l’idéalité, qui, dans son système, forment le talent poétique, existaient chez ceux qui se disaient poètes , et qui toujours ne parlaient qu’en vers ou en style métaphorique.
Après avoir ainsi classé tous les organes de l’intelligence suivant son système philosophique et phrénologique , Gall arriva à déterminer une mimique de chaque passion ou de chaque faculté, dans laquelle l’organe phrénologique jouait le rôle le plus important. Ainsi, l’individu chez lequel l’organe de l’élévation de l’estime de soi sera développé , tiendra sa tête haute et même la renversera en arrière , sollicité par la puissance de l’organe qui occupe le sommet de cette partie du corps ; le calculateur, le musicien, renverseront leur tête du côté des organes en action , et même la soutiendront avec leur main , en portant cette dernière au point qui est le siège de leur faculté. Gall et ses disciples ont longuement développé cette mimique qu'ils disent propre à chaque organe, et en relation, directe avec le lieu indiqué sur le crâne comme siège de l’organe phrénologique.
Spurzheim, qui fut le disciple et le collaborateur de Gall , apporta quelques modifications aux localisations indiquées par ce dernL r : il augmenta le nombre des organes, il changea le siège de quelques-uns ; mais tous les phrénologistes n’admettent pas les déterminations de Spurzheim; et puisque nous voulons faire ici un exposé de la doctrine de Gall, nous ne mentionnerons que ses déterminations dans les figures que nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs ; elles sont une représentation exacte du siège des organes dans les diverses régions de la tète, tels que Gall les a placés, et nous indiquerons avec l’énoncé de l’organe , les sentiments et les actes auxquels il préside :
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