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sence de la lumière favorisent la peur : tel est brave j au grand jour, qui trembledans l’obscurité. Quel est le militaire qui ne connaît l’effet des attaques de | nuit? La peur peut être vaincue par le raisonnement, par l’habitude, et ce fait justifie ce mot de Caton, qui disait que le courage s’apprenait. Il est cependant des organisations malheureuses qui ne peuvent vaincre ce sentiment, que tous les peuples guerriers ont regardé comme honteux et dégradant, car il paralyse les forces, il anéantit le raisonnement. La peur, pour le Spartiate, pour le Gaulois, pour le Germain, c’est l’infamie. L histoireest pleine de ces récits dans lesquels on voit des armées défaites se jeter dans un péril certain pour fuir les chances d’un combat qui pouvait peut-être encore les sauver. On a vu le sentiment de la peur porter ceux qui en étaient atteints jusqu’au suicide, tant cette passion anéantit toute action morale : elle peut porter à la cruauté et à l’oubli de tout devoir, au plus affreux égoïsme enfin.

Comme effet physiologique, la peur détermine la pâleur du visage et une crispation des muscles de cette partie; un mouvement spasmodique des muscles du corps, le tremblement, des contractions plus rapides du cœur, avec petitessedu pouls ; elle a même une action sur le canal intestinal, et elle détermine un relâchement des sphincters : on connaît cette plaisanterie militaire sur l'effet d’un premier coup de canon. Poussés à l’extrême, les effets de la peur peuvent devenir funestes et déterminer dés affections cérébrales graves, auxquelles on a souvent vu ies malades succomber. Chez des femmes grosses,

1a peur détermine souvent l’avortement ; c’est ce que l’on nomme un saisissement: aussi faut-il éviter de provoquer ce sentiment, surtout d'une manière soudaine, chez les femmes et les enfants, chez les individus faibles et valétudinaires. Aux enfants surtout, il faut éviter de conter des histoires de voleurs, de sorcellerie, qui défrayent si souvent dans les campagnes les longues veillees d’hiver, mais qui agissant avec force sur ces jeunes lmaginations, rendent les enfants impressionnablesà'tousiessentiments de la peur, leur font redouter l’obscurité ettremblerd’effroi au moindre événement. Indépendamment du danger que cet état peut présenter pour leur santé, leur énergie morale est sou ven t compromise pour toute leur vie, et ce n’est que par les plus grands efforts de raisonnement que tes [dus intelligents et les plus courageux peuvent se débarrasser de cesterrcurs imaginaires.

Poussée à un point extrême, la peur prend le nom d e panophobie , elle devient une véritable maladie; ceux qui en sont affectés Semblent dans l’obscurité sans le moindre motif, ils redoutent la nuit et l’isolement ; dans leur sommeil, ils sont souvent poursuivis par des rêves pendues et douloureux, dans lesquels il leur semble toujours qu’ils courent les plus grands dangers Quelquefois cet état a conduit à l’aliénation mentale, d’autres fois il est précurseur de certaines maladies nerveuses ; on a remarqué qu’il précédé ordinairement l’hydrophobie.

Pour combattre cette affection chez les enfants ou les personnes qui en sont affectées, il faut plus agir par le raisonnement, par ^exemple et la douceur, que par les menaces et les punitions, qui ont presque toujours un effet plutôt funeste qu’utile. U faut éviter de laisser les enfants seuls dans l’obscurité, cesser d’agir sur leur imagination d’une ma-

nière fâcheuse, les engager, par l’exemple et la persuasion, à aller eux-mêmes au-devant du danger imaginaire qu’ils redoutent. Le ridicule et la houte sont aussi des moyens dont on pourra user, mais a vecméfiagement : car il faut éviter de trop les humilier aux yeux des autres ; il faut donner à ces enfants des forces pour vaincre un sentiment toujours involontaire à cet âge, et qui, à une autre époque de la vie, mérite au moins de la compassion.

Toutes les causes qui excitent l’économie reudent moins accessible à la peur: ainsi un bon repas, des boissons aleooliques prises avec modération; les exhortations, l’exemple, sont aussi d’un grand empire. Telle armée a vu s’accroître son courage et n’a dû la victoire qu’à un mot heureux, qu’à la présence d’un général.

Ainsi que toutes les passions, la peur est susceptible de divers degrés ; depuis l’appréhension, la crainte, jusqu'à la terreur, combien de nuances diverses! Ici elle est prudence, et son absence serait témérité; là elle est lâcheté, et sa conséquence, dans certaines positions, est le déshonneur et l’infamie. Ces divers degrés d’un sentiment qui est le même pour le physiologiste ne peuvent être considérés comme analogues pour le moraliste , car ce serait confondre ce qui est bon avec ce qui est mauvais, ce qui est sage et honorable avec ce qui est honteux et infâme. L’histoire physiologique et morale de l’homme est toute dans ces appréciations des tendances d’un même sentiment qui, dans de justes bornes, est une bonne action, et qui, audelà, est condamnable et devient sou vent un crime.; c’est au philosophe et au moraliste qu’il appartient de poser les limites : sur ces bases repose l'édifice social. J. -P. Beaude.

peagéiïénïque (cto\), adj. et s. (du grec phagèdaina, faim dévorante, dérivé de phagô, je mangej.On donne ce nom à des ulcération Mul rongent et corrodent les parties voisines; on dit alors un ulcère phagédénique . — On donne le nom d 'eau phagédénique à une solution qui a pour objet de détruire les chairs fongueuses : cette eau se compose avec deux grammes de sublimé corrorif (dcutochlorure de mercure) en solution dans une quantité d’eau suffisante, que l’on mélange avec une livre d’eau de chaux. Lorsque l’on veut rendre cette eau plus active, on peut augmenter la proportion du sublimé. J. B.

phalange ( anat .), s. m. On donne ce nom aux os qui forment les doigts et les orteils. Ils sont au nombre de trois pour chaque doigt et orteil, et seulement de deux pour les pouces et les grès orteils ; ou les désigne par leur numéro d’ordre de première, seconde et troisième phalange, en comptant depuis la main et le pied. Ghatessier avait proposé de les nommer, dans le même ordre, phalange, phalangine et phalangette. (Y. Doigt et Orteil.)

PHAtAMGOSE (path.), s. f. On donne ce nom à une maladie des paupières qui est une variété du trichiasis. (V. ce mot.)

pharmaceutique (pharm.) , adj. et s. Se dit deschosesquiont rapporta la pharmacie. (V.ce mot.)

pharmacie, s. f. (du grec pharmakia). C'est l’art de préparer les médicaments , ou la profession de celui qui exerce cet art ; nous la considé-

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rerons sous ce double point de vue dans cet article.

Recueillir un petit nombre de simples , s’en servir pour préparer quelques breuvages et quelques topiques, tels ont dû être sans cloute les modestes commencements de la pharmacie. Dans ces temps primitifs, elle était confondue avec l’art médical; on trouvait tout naturel que le sage qui conseillait le remède le préparât et l’appliquât.

Plus tard , la thérapeutique venant à se compliquer de médicaments tirés de coutrées lointaines , on vitse former des magasins de drogues, ou ce qu’on appelait alors des boutiquesd'apotbicairerie. D’après M. Iloëfer, ce sont les Arabes qui , les premiers, ont donné à ces pharmacies des règlements particuliers et en ont fait un art distinct de la médecine.

En France , dans le moyen âge , ie commerce des médicaments paraît avoir été confondu avec celui de l’épicerie , les deux professions ayant été réunies dans la même corporation; cependant, si on voulait faire des recherches exactes , on trouverait probablement qu’il existait alors dans notre pays quelque chose d’analogue à ce qu’on voit encore en Angleterre , où deux ordres de praticiens livrent des médicaments au public : les uns, sous le nom de droguistes, exercent leur profession d une manière complètement libre et vendent principalement les drogues simples et les préparations oflicinales ; les autres sont les chirurgiens-apothicaires : ils exécutent les prescriptions magistrales des docteurs et exercent eux -mêmes auprès des malades; les derniers sont, en général , pourvus de brevets de capacité.

Chez nous aussi , et à une époque encore assez rapprochée, on a vu le public venir demander aux pharmaciens des services de garde-malade et certaines opérations de petite chirurgie ; quelques uns d’entre eux tenaient ouvertement chez eux bureau de consultations, et gagnaient ainsi de grandes fortunes, sans que les médecins songeassent à les inquiéter. Cependant, dès lors, un état de choses plus régulier tendaita s’établir • d’une part, de l’autorité éclairée des parlements émanaient des règlements qui fixaient mieux les limites de la profession ; de l’autre , la pharmacie , qui concentrait presque à elle seule, dans ses laboratoires, le monopole des connaissances chimiques , avait produit des savants illustres, dont la position et l’exemple inspiraient à leurs confrères le sentiment de la véritable dignité de la profession , en même temps qu’ils la faisaient respecter davantage au dehors.

Une loi de germinal an xi a donné à la pharmacie son organisation actuelle , qui consiste tout entière dans certaines conditions d’aptitude et de surveillance que nous allons faire connaîlre.

La pharmaoiajje peut être exercée avant l’âge de vingt-cinq ans accomplie , aauf les. cas particuliers pour lesquels le Ministre de l’instruction publique accorde des dispenses d’âge; le pharmacien doit être muni d'un diplôme, qui ne se donne qu’après avoir passé , d’une manière satisfaisante , quatre examens sur la pharmacie et les sciences accessoires , soi t de vant les écoles spécia1 es placées à Paris, Montpellier et Strasbourg, soit devant un jury départemental. Les di plômes délivrés par les écoles spéciales donnent le droit d’exercer par tout le royaume ; ceux émanés des jurys ne sont valables que pour le département dans lequel ils ont été accordés.

Les aspirants au diplôme doivent prouver qu’ils

ont résidé huit années , comme élèves , dans des pharmacies légalement établies, ou bien qu’avec trois années 'le résidence dans les pharmacies ils ont suivi assidûment , pendant trois autres années,, les cours d’une école spéciale. Une ordonnance récente a agrégé ces écoles à l’Université, et exigé des aspirants au titre de pharmacien le diplôme de bachelier ès-lettres.

L’exercice de la pharmacie est, en outre , assujetti à certaines conditions légales : le pharmacienavant d ouvrir ou de gérer une oificine, doit déposer son diplôme entre les mains du préfet du dé, partement, à Paris du préfet de police, et prêter serment devant ces magistrats. 11 doit suivre, pour la préparation des médicaments officinaux, les règles posées par un codex rédigé par une commission nommée par le Gouvernement, et dont le travail est oificiellement pubhé par lui ; enfin , les pharmacies doivent être visitées et inspectées chaque année , soit par les professeurs des écoles , soit par les membres des jurys d’examen.

Nous n’aurions pas fait connaître suffisamment ce qu’est actuellement la pharmacie en France , si , après avoir indiqué son organisation légale , nous ne disons quelques mots des conditions morales $e son existence.

L’exercice de la pharmacie exige des connaissances étendues dans les sciences naturelles , physiques et chimiques. Elles sont nécessitées par l’obligation où il se trouve de reconnaître les substances médicamenteuses diverses , d éviter leur confusion , de signaler les altérations , les fraudés dont elles sont souvent l’objet , de prévenir, de diriger les réactions qui s’opèrent dans les divers mélangés officinaux ou magistraux ; mais le pharmacien n’est pas seulement, comme on la dit dernièrement dans une de nos chambres législatives , un marchand de médicaments; son diplôme, le serment qu’il prête, lui donnent un caractère semi-ofi» ficiel , qui le fait souvent appeler à des expertises judiciaires de la nature la plus délicate, et qui exige des connaissances étendues et le jugement le plus droit.

Des habitudes d’une religieuse exactitude ne sont pas moins nécessaires ici ; non seulement le pharmacien ne doit épargner aucun soin , aucune dépense, pour la préparation des médicaments qu’il délivre au public, mais il est une sorte d’arbitraire contre lequel it ttoix d’autant plus se prémunir, qu’il pourrait se croire fondé à l’exercer sur les motifs les plus honorables; c’est celui qui le porterait à réformer la composition de certains médicaments qui lui sont demandés, et dont les formules, il faut bien le dire, touchent quelquefois à l’absurde; cependant, là aussi, le mieux est souvent l’ennemi du bien , et , à moins qu’il n’y ait impossibilité ou danger évident, ces formules doivent être minutieusement exécutées.

Ajoutons, au surplus, que la pratique de la pharmacie présente, de plus en plus, des difficultés extrêmes; que , placé entre des lois rigoureuses, un public exigeant, obligé de résoudre en vue de I intérét et des besoins du malade une foule de cas fortuits qui engagent sa responsabilité légale ou sa conscience d’honnête homme , c est surtout par la prudence que le pharmacien peut espérer de se placer avec honneur dans sa profession. Vée.

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