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Causalité

A ces trente-cinq organes , Spurzheim en ajouta deux autres : 36 Y alimentivitê, et 37 Y amour de la vie ; le premier est placé au-dessous de la destructivité, et le second en avant de ce dernier organe, dans la fosse temporale. M. le docteur Imbert avait encore proposé l’admission d’un nouvel organe qu’il nommait respirabilité , et qui était destiné à juger les odeurs , comme l’organe du coloris jugeait des couleurs. Il plaçait cet organe sur les

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parties latérales du crâne correspondant aux grandes ailes du sphénoïde. Cet organe fut favorablement accueilli par les phrénologistes.

La doctrine de Gall , comme on le suppose facilement , n’a pas été sans soulever une vive opposition; mais c’est surtout dans ces derniers temps que les plus rudes coups lui ont été portés ; l’attaque a principalement eu lieu sur la localisation des organes, et l’examen de plusieurs têtes d’hommes remarquables ou de grands criminels, qui n’avaient aucun des développements et des protubérances que devaient faire supposer leurs grandes qualités ou leurs crimes , n’a pas été sans porter atteinte à la phrénologie. Les lésions pathologiques du cerveau sont encore venues donner de nouvelles armes aux adversaires de la localisation. Ainsi, on a trouvé des épanchements sanguins, des tumeurs, des abcès, qui avaient détruit certaines parties du cerveau, sans que les facultés dont on les supposait le siège fussent altérées. Les visites des bagnes et des prisons , qui avaient servi si admirablement la phrénologie pendant sa période de croissance, furent retournées contre elle. On chercha avec autant de soin les cas dans lesquels de mauvais penchants existaient chez les individus sans développement des organes, que l’on avait pris de peine auparavant pour constater la coïncidence. Les expériences sur les animaux, et les travaux faits par MM. Flourens, Leuret, Burdach, J. Muller, établirent que l’ablation des parties du cerveau dans lesquelles la phrénologie plaçait certaines facultés n’empêchait pas ces dernières d’exister, et qu’elles cessaient, au contraire, lorsque l’on blessait d’autres parties de cet organe qui n’avaient point été regardées comme le siège de ces facultés. De ces attaques on en vint à rejeter toute espèce de localisation, à dire que les fonctions du cerveau étaient le résultat d’un acted’ensemble de l’organe : cette opinion, qui est celle de M. Flourens, est adoptée par M. Lélut, l’un des auteurs qui a attaqué avec le plus de force et le système philosophique, et l’organologie phrénologique de Gall et de ses disciples.

Le volume , la forme et le poids du cerveau des animaux ont été aussi l’objet de recherches dans le but de vérifier les assertions phrénologiques. On établit que certains animaux très-intelligents avaient souvent un cerveau moins développé que ceux qui l’étaient beaucoup moins ; que le développement le plus grand du cerveau n’était pas toujours daus le sens de l’organe qui devait présider à l’instinct le plus dominant : ainsi, on trouva les masses latérales du cerveau du bœuf, siège de l’organe du meurtre, plus considérables que celles du lion; aussi en fit-on l’instinct de la destruction, en disant que le bœuf détruit aussi bien l’herbe qu’il mange, que le lion détruit les animaux qu’il dévore. La différence d’épaisseur des os du crâne fut aussi objectée aux phrénologistes comme donnant d'une manière incertaine l’état du véritable volume du cerveau, surtout sur le siège des sutures, sur la partie inférieure du front, et autour de l’orbite, où Gall et surtout Spurzheim avaient groupé tant de facultés. En effet , la saillie qui correspond à la mémoire des lieux est formée en grande partie par l’écartement des deux tables du coronal ; c’est une cavité que l’on nomme sinus frontal , et la plus ou moins grande saillie de la table externe de l’os

est déterminée plutôt par la grandeur de la cavité osseuse que par la masse cérébrale qui est située derrière la table interne du coronal.

Tous ces faits , et beaucoup d’autres que nous ne pouvons énumérer ici, tels que l’examen de la tête de Napoléon et celles d’hommes éminents par leurs qualités ; des cas pathologiques exhumés des fastes de l’art, comme celui présenté en 1844 à l’Académie des sciences , dans lequel le cerveau d’un enfant fut traversé, d’une tempe à l’autre , par une balle, sans que cet enfant ait succombé immédiatement , et surtout sans lésion des facultés intellectuelles jusqu’au neuvième jour, époque à laquelle l’enfant succomba aux suites de l'inflammation du cerveau; tous ces faits, dis-je, firent perdre en peu de temps, à la phrénologie, le caractère de science qu’elle avait acquis il y a peu d’années, et une foule d’hommes recommandables qui s’étaient ralliés aux principes de cette doctrine ont dû s’arrêter et examiner de nouveau.

Hâtons-nous de le dire , la partie la plus faible et la plus attaquable du système de Gall et Spurzheim était la localisation : parquer ainsi les facultés , grouper les organes de façon à ce que, dans le petit espace circonscrit dans l’arcade sourcilière et la voûte orbitaire, on plaçât des organes par douzaine, c’était aller au-delà de ce que l’induction physiologique permettait d’admettre. Aussi, dans la célèbre discussion qui eut lieu sur la phrénologie, à l’Académie de médecine, en 1836, la localisation fut-elle le terrain sur lequel les adversaires de la phrénologie l’attaquèrent avec succès , et ce fut le seul qu’ils trouvèrent réellement contestable. Broussais lui-même , si ardent partisan de la phrénologie vers la fin de sa vie, ne défendit pas la localisation, mais il établit l’action des masses d’ensemble qui caractérisent les formes extérieures de la tête, et qui agissent, disait-il, d’une manière marquée sur les facultés de l’homme et l’instinct des animaux.

Aujourd’hui, on est venu à contester même l’influence du volume et de la forme du cerveau dans les phénomènes de l’intelligence ; les doctrines toutes spiritualistes de la philosophie moderne, adoptées par les adversaires de Gall et Spurzheim, leur ont fait même rejeter les faits physiologiques qui paraissent aujourd’hui les plus constants et les mieux prouvés par l’observation : c’est-à-dire, que l’intelligence chez les animaux est en rapport avec le développement de leur système cérébral, l’organisation de leur cerveau, et surtout la multiplicité des circonvolutions de cet organe ; que chez l’homme l’intelligence paraît de même être en rapport avec le volume de la tête, et surtout le développement des parties antérieures du cerveau. Broussais citait , à l’appui de ces assertions , un fait qui , je crois , n’a pas été démenti , et qui est assez concluant : c’est que chez les jeunes gens dont l’esprit n’a pas été cultivé, le volume de la tête est moins considérable que chez ceux qui se sont livrés aux études; il dit avoir constaté ce fait chez un nombre considérable de jeunes soldats enlevés aux travaux de la campagne, dont il a mesuré la tête comparativement à celle des jeunes gens sortant des collèges, et que, toutes choses égaies d’ailleurs, il trouvait constamment les têtes de ces derniers supérieures par leur volume. .1 Muller lui-même, qui rejette si vivement l’organologie et la localisation de Gall, dit, dans sa

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Physiologie du système nerveux : « La capacité « du pouvoir de l’âme s’accroît manifestement dans « le règne animal avec l’étendue de la surface des « circonvolutions cérébrales. >> M. Bourgerv, dans un Mémoire qu’il vient de présenter à l’Institut, a également établi, par un examen comparatif, les rapports qui existaient chez les animaux entre le développement de l’instinct et celui de la masse cérébrale. Pour nous, nous croyons que ces faits sont aujourd’hui assez démontrés pour être acquis à la science ; de même qu’il reste plus que douteux que les facultés soient cantonnées dans des portions déterminées du cerveau , ainsi que Gall et plusieurs philosophes avant lui l’avaient pensé.

Cette question si importante, de l’intelligence et des fonctions du cerveau, est destinée à agiter longtemps encore les physiologistes et les philosophes; quelle est l’action du cerveau dans la production de la pensée? Question peut-être insoluble , et qui est maintenant l’énigme la plus indéchiffrable qui puisse occuper l’intelligence humaine. J. -P. Beaude.

PHTHIRIASE OU PHTHIRIASIS (palh. ) , S.

m. ( àephtheir , pou).On appelle ainsi l’existence ou le développement d’une certaine quantité de poux sur une portion plus ou moins étendue de la peau. On donne encore à cette dégoûtante affection le nom de maladie pédiculaire , du mot latin pediculus, pou.

On rencontre sur l’homme trois espèces de poux : 1° le pediculus capilis (pou de la tête), qui se montre surtout chez les enfants pauvres, tenus malproprement, ou affectés de teigne. La présence de ces insectes cause de vives démangeaisons ; on ne parvient à les détruire qu’au moyen de grands soins de propreté, en peignant souvent les enfants. On est quelquefois obligé de raser la tête et d’avoir recours à des lotions de stéphisaigre ou de sulfure de potasse. L’onguent mercuriel , dont les effets sont certains, demande à être employé avec beaucoup de précaution, surtout chez les jeunes sujets.

2° Pediculus corporis. C’est la maladie pédiculaire. La présence des poux à la surface du corps est une des plus affreuses infirmités dont l’homme puisse être affecté: on ne l’observe guère que chez des sujets vivant dans la plus horrible malpropreté, ou chez certains vieillards usés de débauche et atteints de maladies cutanées ; c’est, dit-on, la maladie pédiculaire qui fit périr Sy lia après son abdication. La maladie qui nous occupe est caractérisée par de vives et incessantes démangeaisons; les poux se réfugient surtout vers les aisselles et sur la poitrine. Les bains sulfureux répétés, les fumigations de même nature, sont le moyen le plusefficace de combattre cette horrible vermine.Les lotions avec l’infusion de tabac, les Onctions avec la pommade denicotiane ou avec 1 onguent mercuriel, ne peuvent être employées sur de grandes surfaces sans exposer les malades à des accidents fort graves d’empoisonnement.

3° Pediculus pudendi (pou des organes de la génération , morpion ). Cet insecte est beaucoup plus petit que ceux dont nous venons de parler ; il se cache dans les polis des parties génitales, on le trouve aussi dans la barbe, dans les sourcils. Le prurit douloureux qu’il occasionne détermine souvent de petites élévations papuleuses que le ma-

lade déchire en se grattant. Le peu d’étendue que présente ici le siège du mal permet d’employer les onctions avec l’onguent mercuriel ; ce moyen l’emporte de beaucoup sur tous les autres; une seule friction suffit ordinairement pour détruire ces insectes. E. Beauguand.

phthisie [méd.], s. f. Le mot phthisie , à proprement parler synonyme d’étisie, de consomption, s’appliquait autrefois à plusieurs maladies chroniques de divers sièges et de diverses natures, ayant pour caractère commun la langueur de toutes les fonctions, l’amaigrissement extrême, et tous les phénomènes de la fièvre hectique. Aujourd’hui ce mot est presque exclusivement réservé à l’affection tuberculeuse des poumons , appelée communément phthisie pulmonaire ; ce n’est que dans quelques cas rares qu’on l’applique aux ulcérations tuberculeuses des intestins et à la carie vertébrale, désignées alors, les premières sous le nom de phthisie intestinale, la seconde sous le nom de phthisie dorsale. Dans cet article , nous ne nous occuperons que de la phthisie pulmonaire , renvoyant pour les autres maladies aux mots Vertèbres , Intestins, etc.

Dans l’état actuel de la science , la phthisie pulmonaire doit être considérée comme le résultat du développement d’un produit morbide particulier au sein du parenchyme pulmonaire ; ce produit morbide est le tubercule (V. ce mot), petit corps grisâtre, arrondi, qui , tantôt isolé , tantôt aggloméré par masses , envahit le tissu pulmonaire et les ganglions bronchiques : dans l’origine, dur, s’écrasant assez difficilement sous le doigt, il se ramollit plus tard , détruit le parenchyme du poumon au milieu duquel il se trouve, et creuse ainsi des petits foyers qui, se réunissant les uns aux au- • très, forment des excavations souvent très-vastes, connues sous le nom de cavernes ; cavités inégales, anfractueuses, tapissées par une fausse membrane, souvent traversées par des brides, vestiges d’un tissu pulmonaire non détruit ou de vaisseaux conservés, et dans lesquelles viennent aboutir un ou plusieurs tuyaux bronchiques. Ces cavités, quelquefois vides, contiennent , le plus ordinairement, un liquide puriforme composé de débris de matière tuberculeuse et du produit de la sécrétion de la membrane interne. Autour de ces cavernes , souvent on trouve un endurcissement formé , soit par du tissu pulmonaire condensé ou atteint d’inflammation chronique, soit, le plus ordinairement, par une infiltration tuberculeuse non encore ramollie. Dans le même poumon , il n’est pas rare de trouver à la fois des tubercules durs, des tubercules ramollis, et des cavernes. C’est presque exclusivement au sommet du poumon que se développent les tubercules ; quand il en existe dans tous les points de l’organe pulmonaire, c’est ordinairement vers le sommet qu’ils sont le plus avancés et le plus nombreux. Tantôt les tubercules ne se concentrent que dans un seul poumon , l'autre restant sain : dans ce cas, l’observation a fait connaître que le poumon gauche était le plus souvent atteint; tantôt ils existent des deux côtés , mais presque toujours , alors , ils sont en plus grand nombre et à un état plus avancé dans un poumon que dans l’autre. Souvent, en même temps qu’il existe des tubercules dans les poumons , on en rencontre dans d’autres organes , aucun u’en est exempt ; mais c’est particulièrement

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