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et de leur structure. D’après cette définition, on voit que la physiologie doit présenter de grandes divisions, selon les corps organisés qu’elle doit étudier. Elle reçoit le nom de physiologie végétale lorsqu’elle traite des végétaux, de physiologie comparée lorsqu’elle est appliquée aux animaux, et de physiologie de l’homme, ou simplement physiologie, lorsque c’est l’homme qui devient l’objet de son étude. Des auteurs ont aussi admis une division de la physiologie, en générale et spéciale : la physiologie générale est la physiologie appliquée à tous les corps vivants, sans distinction d’espèces; laphysio- /ogie spéciale est l’étude des phénomènes de la vie, circonscrite dans une seule espèce, soit animale, soit végétale.

La physiologie de l’homme, qui est la seule dont nous nous soyons occupé dans cet ouvrage, se divise en fonctions. La fonction est un ensemble de phénomènes du même ordre qui sont destinés à accomplir un des principaux actes de la vie : telle est la vision, la circulation, etc. Ces fonctions sont de trois ordres. Elles sont organiques, nutritives , lorsqu’elles ont rapporta l’entretien de la vie : telles sont la digestion, l’absorption, la respiration, la circulation, la nutrition et les sécrétions. Elles sont dites animales ou de relation , lorsqu’elles servent à mettre l’homme en rapport avec les objets extérieurs : tels sont le tact, la vue, l’audition, le goût, l’olfaction, l’intelligence, la voix, la locomotion. Enfin les fonctions sont dites de reproduction ou de vie de l'espèce , dans ce qui a lieu pour la perpétuité de l’espèce même, comme le rapprochement des sexes, la gestation et l’accouchement, la durée de la vie; on y joint aussi l’histoire des tempéraments, des âges, des sexes, des races humaines. Chacun de ces sujets a fait l’objet d’un article spécial, que l’on trouvera au mot qui lui est propre ou à celui de l’organe qui est chargé de la fonction. J. B.

physionomie ( physiol. ), s. f. (V. Face.)

physique, s. f. (physica, du grec phusis, nature).C’est, à proprement parler, la science de la nature, ou la connaissance des propriétés naturelles des corps et des actions qu’ils exercent les uns sur les autres. Pour les anciens, la physique embrassait toutes les connaissances naturelles ; mais l’accroissement de ces connaissances a obligé les modernes à établir des distinctions entre toutes ces branches des connaissances humaines qui ont retenu d’une manière générale le nom de science physique; telles sont l’astronomie, la géologie, la minéralogie, la chimie, la botanique, la zoologie, etc. Le nom de physique proprement dite a été spécialement réservé pour cette partie de la science qui considère les corps sous le rapport des masses ou des parties intégrantes et similaires, sans s’occuper de leur composition ni des actions réciproques de leurs éléments, qui constitue la chimie, comme l’action de ces corps sous l’influence de la vie forme la physiologie. La physique médicale , qui est la seule dont nous ayons traité. dans cet ouvrage, est cette partie de la physique qui sert à l’intelligence des phénomènes physiologiques et qui s’applique principalement aux fonctions de la vision, de l’audition et de la locomotion. J. B.

pian (méd.), s. m. (V. Frambœsia.)

pica [méd.), s. m. C’est une affection de l’esfo-.

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mac qui donne une sensation outrée de la faim et une perversité du goût. (V. Faim canine.)

picotement [path.], s. m. C’est une variété à un faible degré de la douleur nommée pongitive; cette douleur est quelquefois confondue avec celle que l’on éprouve dans une partie lorsque l’on en a comprimé le nerf quelque temps ; cette dernière reçoit le nom de fourmillement. (Y. ee mot et Douleurs.)

picotte ( zool .), s. f. C’est une pustule qui se développe sur le pis de la vache, et qui, inoculé à l’homme, produit la vaccine. (V. ce mot. )

picromel [physiol.) , s. m. C’est un des principes trouvés dans la bile de l’homme et du bœuf. (V. Bile.)

picrotoxine ( chim. ) , s. f. C’est un principe amer et vénéneux que l’on retire de la coque du Levant. ( V. Coque du Levant. )

pied ( anal .), s. m., extrémité inférieure du membre abdominal, qui repose sur le sol dans la station et dans la marche. La forme du pied est allongée et aplatie : cet organe est articulé à angle droit avec l’êxtrémité inférieure de la jambe, qui, dans la station debout, lui transmet le poids du corps. La face supérieure, appelée dos du pied , est légèrement convexe; cette conformation est surtout marquée au niveau de la portion qui s’unit avec la jambe et que l’on nomme coude-pied. La face inférieure , ou plante du pied , est concave dans sa partie moyenne, saillante et arrondie en arrière, au niveau du calcanéum, bombée également en avant, vers l’union des os du métatarse avec les orteils. De cette disposition il résulte que le pied ne touche pas le soi par toute sa surface plantaire, mais seulement par les parties saillantes que nous avons indiquées, et par les orteils. Les deux côtés ou bords du pied sont arrondis et légèrement sinueux ; lebord antérieur présente la rangée des orteils obliquement situés de dedans en dehors et d’avant en arrière.

Le pied comprend plusieurs ordres de tissus que nous allons rapidement indiquer. Les parties dures qui en constituent la charpente solide appartiennent au système osseux : on les partage en trois sections bien distinctes. 1° Le tarse forme la partie la plus reculée ; il comprend sept os disposés sur deux rangs, et dont les noms indiquent la configuration extérieure. La rangée postérieure, qui s’articule avec les extrémités inférieures du tibia et du péroné, renferme l’astragale ( astragalos , osselet) et le calcanéum ( calx , talon) ; la seconde rangée ou la plus antérieure , est formée de cinq os : le scaphoïde [scaphê, barque, eidos , ressemblance), le cuboïde (, kubos , cube, eidos , ressemblance), et les trois cunéiformes [cuneus , coin) . 2° Au-devant du tarse est le métatarse , dont les os allonges , cylindroïdes, et au nombre de cinq, s’articulent avec ceux de la seconde rangée du tarse. Cette disposition des os du métatarse, leur forme allongée, leur parallélisme , les intervalles qui les séparent , donnent au squelette du pied une certaine ressemblance avec un gril. 3° Enfin les cinq orteils formés chacun de trois phalanges (à l’exception du gros orfeit, qui n’en a que deux), terminent le pied m avant. Leur disposition anatomique le« rapproche beaucoup des doigts de la main -fv. Doigts et Main), à cette différence

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près, que ceux-ci sont beaucoup plus longs, plus déliés, et plus mobiles. Des ligaments fibreux, trèsforts, très-résistants, plusieurs fois entrecroisés sur eux-mêmes, unissent solidement entre elles ces différentes pièces osseuses , mais surtout celles du tarse , qui sont étroitement liées et serrées les unes contre les autres.

Les parties molles comprennent les muscles, les vaisseaux, les nerfs, etc. Les muscles sont partagés en deux catégories. A la première se rattachent ceux qu’on nomme extrinsèques, et qui viennent delà jambe : ils meuventle pied dans sa totalité. Les faisceaux attachés en haut, soit au tibia, soit au péroné, soit à leur ligament interosseux, viennent, par une expansion tendineuse, adhérer à l’un des os que nous avons, mentionnés plus haut. Ce sont d’abord les jumeaux, le soléaire, le jambier postérieur, le long péronier latéral, le court péronier latéral, et le jambier antérieur, qui meuvent le pied dans différents sens ; puis le long extenseur commun des orteils et le plantaire grêle, le long fléchisseur commun des orteils, le long fléchisseur propre du gros orteil, et son extenseur propre , le péronier antérieur, qui, ainsi que l’indiquent leurs noms respectifs, agissent sur les orteils, et en même temps sur tout le pied.

Les muscles intrinsèques appartiennentseulement à l’organe dont nous parlons. On n’en trouve qu’un seul à la face dorsale : c’est le pédieux, mince et aplati, et divisé en quatre faisceaux assez grêles : tous les^ autres sont en quelque sorte réfugiés sous la voûte que forme le squelette du pied, et dans les intervalles des métatarsiens. Ce sont , en dedans , l’adducteur du gros orteil, le court fléchisseur du gros orteil, l’adducteur oblique, et l’adducteur transverse; en dehors, l’abducteur et le court fléchisseur du petit orteil ; au milieu se trouve le court fléchisseur commun et ses accessoires , et enfin les lombricaux et les interosseux, distribués comme à la main. Des aponévroses très-fermes enveloppent et séparent les muscles de ces trois régions.

Les artères sont fournies par les tibiales antérieure et postérieure. La première fournit la pédieuse , qui se ramifie , en s’anastomosant dans les différents muscles que nous avons cités : la seconde se partage en deux branches, dont les noms indiquent suffisamment la situation et la direction : ce sont la plantaire interne et la plantaire externe. Cette dernière forme l’arcade plantaire, d’où émanent les perforantes et les collatérales des orteils.

Les veines forment deux couches, l’une superficielle, l’autre profonde. Celles du dos du pied se jettent dans les deux saphènes et dans les tibiales antérieures : celles de la plante s’abouchent dans les tibiales postérieures. Les lymphatiques sont nombreux et apparents.

Le tissu cellulaire , lâche et rare sur le dos du pied, est très-abondant et rempli de graisse à la face plantaire, surtout au niveau des deux saillies que nous avons mentionnées au commencement. 11 y a là comme deux coussins qui amortissent la pression très-considérable que le pied supporte de la part du poids du corps. Mince à la face dorsale, la peau est très-dense , très- épaisse à la face inférieure, particulièrement au talon.

Le pied n’est pas susceptible de mouvements trèsétendus, excepté dans le sens de la flexion et de l’extension ; il joue un grand rôle dans- ta marche (V.

Locomotion ). Pendant la station il transmet au sol le poids du corps , et résiste à cette pression par un mécanisme analogue au système des voûtes.

Maladies du pied. — Elles sont nombreuses et ordinairement assez graves; nous allons les indiquer sommairement.

1° Inflammation. Les inflammations superficielles ou profondes sont assez communes ; et, en raison delà disposition anatomique si compliquée du pied, elles offrent toujours, surtout les secondes, une certaine gravité. Nous nous en référons à cet égard, et pour le pronostic et pour le traitement, à ce que nous avons dit au mot main ; l’analogie est aussi exacte que possible.

2° Pour les engelures , l 'ongle rentré dans les chairs, les caries , nécrose, tumeurs blanches, cors aux pieds, gangrène, etc., qui peuvent se développer aux pieds, voyez ces mots.

3° L'entorse ayant été traitée à part , nous n’avons pas à nous en occuper ici.

4° Luxations. Le pied peut se luxer en totalité sur la jambe, ou bien le déplacement peut seulement avoir lieu entre les différentes articulations des os du pied. Dans le premier cas, la luxation peut être complète et incomplète ; dans ces différents cas, le pied peut être porté en dedans ou en dehors , en avant ou en arrière. Déterminées le plus ordinairement par des violences extérieures considérables, elles doivent offrir souvent des complications graves de plaies, de fractures, etc.

Les conséquences de pareils désordres sont faciles à prévoir : des inflammations profondes , des abcès , des caries , la gangrène, obligent trop souvent le chirurgien à pratiquer l’amputation du pied, ou même de la partie inférieure de la jambe, si les désordres remontent un peu haut.

Les luxations partielles portent, soit sur l’astragale et le calcanéum , soit sur les os du tarse et du métatarse, soit sur les phalanges. La disposition étroitement serrée de ces articulations, la force des faisceaux fibreux qui les maintiennent unis, rendent la réduction très difficile. Ici encore les complications de plaies sont très-fréquentes. Il est , parmi les accidents multipliés qui peuvent se 'manifester, une lésion qui mérite de nous arrêter un moment. Je veux parler de la luxation sens dessus dessous de l’astragale : cet os se retourne sur lui- même, et sort en partie par une déchirure des téguments. Si l’on ne peut réduire , ou que la plupart des liens ligamenteux soient rompus , il ne faut pas hésiter à emporter l’os, qui a ainsi culbuté sur lui-même. Cette opération a été maintes fois pratiquée avec un plein succès, et la plaie guérit par une ankylosé de l’articulation du pied.

Quand les désordres sont considérables, on aura recours aux antiphlogistiques énergiques, saignées générales et locales abondantes, applications émollientes , etc. C’est ici surtout que l’irrigation tiède ou froide, employée d’une manière continue , pourra rendre de grands services.

5° Les fractures du pied sont ordinairement fort graves et produites par des causes directes trèsviolentes, telles que la chute sur la partie malade de corps durs, pesants : pavés, pierres de taille, pièces de bois. Des chutes d’un lieu élevé sur le talon produisent la fracture par écrasement du calcanéum , comme M. Malgaigne en a le premier

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publié des exemples. Ici encore, la conduite à tenir ne saurait être donnée d’une manière générale ; les indications sont dans ce cas excessivement variables, en raison de la multiplicité des complications qui peuvent survenir.

Amputation. Outre les opérations de ce genre qui peuvent être pratiquées sur les orteils, on peut encore réséquer la tète du premier métatarsien, amputer entre les os du tarse et ceux du métatarse (procédé de M. Lisfranc), ou enfin entre les deux rangées du tarse (amputation de Chopart). Cette derniere opération, qui est la plus facile, est aussi la plus usitée. Quand tout le pied est broyé, on préfère aujourd’hui l’amputation au-dessus des malléoles à la désarticulation tibio-tarsienne. Les jambes artificielles de M. Martin fournissent dans ce cas une ressource bien précieuse aux malheureux qui doivent subir cette mutilation. Pour les indications, voyez le mot Amputation. J. -P. Bjîaude.

pied-bot ( path . chir.). On appelle ainsi une déviation permanente du pied, daus laquelle cet organe étant renversé en bas. en haut, en dedans ou en dehors, force le malade à marcher sur les orteils, sur son talon, sur le bord externe ou sur le bord interne de son pied. A ces différentes sortes de déviations, dont chacune n’est que l'exagération et la persistance de l’un des mouvements naturels de l’organe, correspondent des noms particuliers. Nous allons d’abord établir les caractèresextérieurs du pied-bot, nous parlerons ensuite de ses causes et de son traitement ;

1° Du pied équin ( pes equinus) pied de cheval des auteurs ; siréphocatopodie (du grec strephô, je tourne, hatô en bas, pous.podos, pied). Le pied est dans une extension forcée, le talon plus ou moins élevé au-dessus du sol. Le coude-pied est bombé : les orteils, fortement étendus et redressés, reçoivent le poids du corps ; dans quelques cas, les orteils sont fléchis fortement vers la face plantaire, et le malade marche alors sur leur face dorsale. La dureté et la résistance des muscles du mollet indiquent la part qu’ils prennent à cette déformation.

2° Du varus, mot latin de Celse adopté .parles auteurs, str'phendopoàie (strephô etpous, comme plus haut, et en don, en dedans). Le varus est le renversement du pied en dedans. Cet organe est disposé de telle sorte, que sa face plantaire regarde la malléole interne de la jambe opposéç, le bord externe repose sur le sol , le bord interne est dirigé en l’air. Le talon est fortement tourné en dedans et relevé, la malléole externe touche presque le sol, tandis que l’interne en est très-éloignée ; en même temps, la jambe est maigre, sans mollet, et faible. Quand la déviation est fort intense, les malades marchent eu partie sur la face dorsale de leur pied ; ici, les muscles rotateurs du pied en dedans (les jambiers antérieurs et postérieurs) sont contractés , tandis que les péroniers sont mous et relâchés.

3° V aigus, mot latin emprunté à Celse, slréphexopodie (de strephô , pous et exo en dehors) de M. Duval. Cette difformité est précisément l’inverse delà précédente, c'est-à-dire que le pied est renversé en dehors. Sa face dorsale regarde la malléole interne de la jambe opposée, la face plantaire est tournée en dehors, le talon est dévié du même côté, le pied appuie par la moitié antérieure de son bord interne.

c’est-à-dire que le malade marche sur le gros orteil et sur une partie du premier métatarsien. Ce bord interne du pied est convexe, tandis que l’externe, dirigé en haut, est concave. Ici les péroniers sont durs et raccourcis.

4° Talus , slréphanopodie ( ano en haut) de M. Duval. Le talus est au pied-équin ce que le valgus est au varus. Dans le pied équin, le malade marche sur ses orteils ; ici c’est le contraire : les orteils sont dirigés en haut, le dos du pied regarde le devant de la jambe, la face plantaire est en avant, c’est par le talon seulement que le pied touche le soi . Dans ce cas, les extenseurs de la jambe sont fortement contracturés.

A ces quatre espèces admises par les auteurs , M. Duval en ajoute une cinquième, qu’il nomme déviation du pied en -dessous, ou slréphypopodie [upo dessous). Cette difformité consiste dans une sorte d’enroulement du pied autour du talon, de sorte que les orteils sont tournés souscelui-ci,et que le malade marche sur leur face dorsale qui repose sur le sol : c’est en quelque sorte l’exagération du pied-équin.

Ces différentes lésions existent rarement seules ; ainsi, le pied équin est presque toujours compliqué de varus ou de valgus : ceux-ci, par la même raison, peuvent aussi être accompagnés d’une extension ou d’un redressement du pied plus ou moins marqués. Quant au degré de fréquence, le varus et le pied équin sont les plus communs; le talus est excessivement rare.

La nature de cet ouvrage nous interdit les développements dans lesquels il conviendrait d’entrer ici relativement aux désordres éprouvés par le système osseux dans les différentes formes du pied-bot que nous venons de passer en revue. Nous devrons nous contenter de dire que les pièces osseuses dont se compose le pied sont plus ou moins contournées et déformées suivant le degré de la déviation, sans pourtant qu’il y ait luxation, comme on l’a cru pendant longtemps. Mais Scarpa a très bien fait voir que les os, et particulière ment le scaphoïde ,.le cuboïde et le cunéiforme, étaient tordus suivant leurs axes ; de là des modifications notables dans leurs rapports entre eux, de nouvelles facettes articulaires creusées par des contacts anormaux, des aplatissements partiels, etc., etc.

Causes. ■ — Le pied-bot est congénital ou acquis : le varus et le valgus simples ou compliqués sont le plus souvent de naissance ; le pied équin est ordinairement acquis, et la cause peut en être rapportée à une contracture musculaire essentielle, ou dépendant d’une lésion de quelque branche nerveuse ou des centres nerveux eux-mêmes. D’abord réductible, la difformité devient permanente à la longue, par suite de l’accroissement et du développement des os dans la situation vicieuse qu’ils occupent.

Le pied-bot congénital a été attribué à quatre causes différentes que nous allons passer rapidement en revue : 1° altération primordiale du germe, elle est prouvée par l’hérédité; 2° compression mécanique des membres du fœtus dans la matrice. Qn se rappelle les débats que cette question a sou/evés eu 1838, au sein de l’Académie de médecine. M. Bouvier pense que cette cause, jointe à l’attitude vicieuse du fœtusdans Je sein de sa mère, ou chacune de ces deux causes isolément, peut entraîner la difformité

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dont il s’agit ; M. Bruckner a rapporté des faits pour l’attitude vicieuse ; M. Cruveilhier a hautement appuyé cette théorie, elle compte donc de graves autorités en sa faveur. 3° Rétraction primitive des muscles : on a, dans les derniers temps, fait jouer à cette cause un rôleexagéré en y rapportant toutes les déviations; mais aujourd’hui il est bien reconnu que, quelle que soit la valeur réelle et incontestable de la rétraction musculaire dans l’immense majorité des cas, il faut cependant convenir qu’elle n’agit pas toujours et qu’elle n’existe pas toujours seule. Jerg, Deipech, MM. Jalade-Lafond, J. Guérin, etc., pensent que cette rétraction est due à une lésion du système nerveux, dont il serait bien difficile de préciser la nature. 4° L’arrêt de développement. Existe-t-il réellement pendant la vie intra-utérine une époque àlaquelle le fœtus présente une déviation des pieds ? et la lésion que nous observons au moment de la naissance n’est-elle qu’une persistance de cet état? Nous ne le croyons pas ; mais en admettant cette hypothèse, d’origine germanique, comment expliquerait on la manière dont s’établit la permanence du prétendu état transitoire ? Ne faut-il pas toujours en venir à l’action musculaire qui, se développant inégalement, ne redresse pas le pied, comme cela a lieu dans l’état normal, mais lui conserve sa déviation ?

Cette recherche de l’étiologie a-t-elle une grande importance pour la thérapeutique? Nullement, et cela se conçoit : quelle que soit la cause, on ne pourra redresser les parties déviées qu’en allongeant les liens fibreux et musculaires qui les tiennent infléchis. Pendant longtemps on a confié aux seules machines le soin d’opérer cet allongement, et Dieu sait si les chirurgiens et les mécaniciens se sont fait faute de multiplier, pour ainsi dire à l’infini, les pantoufles et bottines à tiges élastiques, à ressorts, à pressious, etc., etc., dans lesquelles on soumettait les pieds des patieuts à une véritable torture : le lecteur ne s’attend sans doute pas que nous en dressions ici l’interminable liste, nous allons d’ailleurs en reparler un peu plus bas.

Dominés par leurs idées théoriques sur la nature et les propriétés des tendons, les anciens n’auraient jamais osé en pratiquer la section. La première opération de ce genre remonte à 1789 ; dans un cas de varus très-développé, dit Thilénius, un chirurgien allemand nommé Lorenz coupa le tendon d’Achille avec la peau ; le pied, qui était fortement renversé, reprit la direction normale et guérit. Michaëlis de Marbourg publia, en l SU, son Mémoire sur la section partielle du tendon pour redresser les membres infléchis; depuis, Sartorius (181 2) fit la section complète du tendon d’Achille mais ces opérateurs coupaient en même temps le tégument externe et le faisceau fibreux. Delpech apporta un notable perfectionnementdanscetteopération, en sebornant àponctionner le membre de part en part pour aller agir sur le tendon en ménageant la peau qui le recouvre. Dans ces derniers temps, M. Stromeyer renouvela ces tentatives; et aujourd’hui, grâce aux efforts de plusieurs orthopédistes e.t chirurgiens français, à la tête desquels nous citerons MM. Duval, Guérin, Bouvier, Scoutettèn, et <«., la section des tendons est enfin répandue parmi nous. Çi'ouc ies détails opératoires, V. Ténotomie.)

Les parties qui doivent être tranchées sont le,*

muscles rétractés -et dont le raccourcissement maintient les parties déviées : ainsi, pour le pied équin, ce sera le tendon d’Achille ; pour le varus, le jambier antérieur ; pour le valgus, les péroniers latéraux etc., etc. Des indications particulières, et dont le chirurgien est seul juge, peuvent se présenter à remplir pour cette opération; par exemple, il faudra quelquefois couper l’aponévrose plantaire rétractée en totalité ou en partie, etc.

Les effets immédiats de l’opération sont fort peu de chose; la petite plaie est fermée en 24 ou 48 heures, et le sang épanché entre les deux bouts du tendon est résorbé en huit ou dix jours.

Delpech et M. Stromeyer ont cru nécessaire de n’exercer l’extension sur le tendon que lorsque déjà les deux bouts paraissaient solidement réunis. M. Bouvier n’est pas de cet avis ; l’expérience lui a démontré que l’on pouvait tenter immédiatement le redressement à l’aide d’un appareil approprié. Au reste, la machine, quelle qu’eife soit, que l’on emploiera, doit avoir pour résultat de ramener et de maintenir le pied en sens inverse de la déviation. Dans le pied équin , l’appareil ne doit pas seulement fléchir le pied, mais encore Je porter en dedans, afin de prévenir l’inclinaison en dehors. Si la maladie est peu ancienne, il suffit de quelques jours pour ramener le membre à sa situation naturelle , et alors la machine n’est nécessaire que jusqu’àla consolidation du tendon. Si les os sont déviés, la cure est plus longue. Mais c’est surtout dans le varus que la disposition vicieuse des parties exige l’emploi prolongé de moyens de traitement. Aussi ne faut-il pas céder à l’impatience du malade, et hisser au redressement le temps de s’effectuer. Cette question est assurément une de celles dans lesquelles la chirurgie moderne a fourni les plus heureux résultats. E. Beaugrand.

bieb plat ( chir .). C’est une difformité qui consiste dans l’aplatissement général du pied, la surface plantaire touche uniformément le sol. Cette conformation rend la marche très-difficile et est une cause d’exemption du service militaire.

bied-de-ch/.T (boL), s. m. (gnajalium d-ioicum ). C’est une plante composée de la famille des Composées corymbifères', section des Inulées : elle est petite, vivace, croît dans nos climats sur les pelouses sèches des montagnes; ses tiges sont hautes de huit à dix centimètres, blanches, laineuses; les feuilles sont écartées , linéaires, cotonneuses. Les fleurs sont en corymbes terminales, les unes fertiles, rougeâtres, les autres stériles, blanches ; le calice est simple, argenté ; les corolles sonttrès-pelites, à quatre ou cinq dents égales, renfermant une aigrette simple, sessile. 'Cette plante fait partie des espèces pectorales : on en emploie seulement les sommités en infusions, que l’on doit passer avec soin, afin que le duvet et l’aigrette de la plante ne puissent irriter le fond de la gorge; elle est peu usitée. J. B.

pied D’élan (mat. méd .)., s. m. On a employé autrefois la corne du pied d’élan ( oervus alces) contre l’épilepsie. On disait que cet animal, atteint d’épilepsie, s’en guérissait en s’introduisant la corne de son pied dans l’oreille.

pieds D’hippocampe (anat.), s. m. pi. Ce sont des protubérances qui existent à l’intérieur du cerveau, et que i’on a aussi nommées cornes d’Ammon. (V. Cerveau ).

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pied-de-loup (bot.). (V. Lycopode.) pied-de-veau ( bot.)} s. m. , arum vulgare. 'Y. Arum.)

pie-mère ( anal .), s. f. C’est une des membranes du cerveau, la plus interne et la plus mince. (V. Méninges.)

pierre ( chir .), s. f. (lapis en latin, lithos & n grec). Les concrétions auxquelles on adonné le nom de pierres se formeut dans un grand nombre de nos organes, ainsi qu’il a été dit au mot Calcul. Ici , nous ne parlerons que des pierres urinaires.

Dans son état naturel , l'urine de tous les êtres humains contient en dissolution ou en suspension un grand nombre de sels, parmi lesquels plusieurs se déposent et forment des calculs. Sous quelles influences s'opère cette déposition et cette agglomération? Pourquoi n’ont-elles lieu que sur un très-petit nombre? Voilà ce que l’on ignore. On a cherché dans les climats, les eaux, les aliments, les boissons , la raison de la formation de la pierre ; mais toutes ces influences ne peuvent agir que comme cause déterminante , car des milliers de personnes , dans une même localité , s’y trouvent soumises , et, sur ce nombre , on en voit à peine une ou deux affectées de la pierre. Il faut donc admettre une disposition primitive, originelle, que peuvent seconder l’alimentation et les habitudes de la vie.

Pourl’enfance, une mauvaise nourriture; pour l’âge adulte et la vieillesse, une nourriture succulente et fortement animalisée, jointe à une vie sédentaire, sont les conditions dans lesquelles les pierres se forment ordinairement. Il y a sur les causes de la formation des pierres bien des idées erronées répandues dans lepublic.On croit généralement que le selcommun donne la pierre ; mais le chlorhydrate de soude, ou sel marin , ne se rencontre pas d’ordinaire daus les concrétions urinaires. Les poires sont aussi accusées de causer cette maladie; mais il suffit de savoir que les prétendues pierres des poires ne sont autre chose que. du bois ou du ligneux analogue à celui dont la queue du fruit est formée.

L’enfance et la vieillesse sont les deux époques de la vie pendant lesquelles les pierres se forment le plus communément, mais elles n’ont pas la même composition à ces deux périodes.

Les concrétions urinaires ne sont pas toutes de même nature. Un grand nombre de sels entrent dans leur composition ; cependant il en est trois surtout qui dominent et leur donnent leurs principaux caractères ; ce sont : l’acide urique, l’oxalate de chaux, et les phosphates de chaux, d’ammoniaque et de magnésie. La dernière de ces trois espèces de concrétions ne se forme guère que secondairement, lorsque l’un des points des organes urinaires est depuis longtemps dans un état inflammatoire.

Les pierres formées d’acide urique sont de beaucoup les plus fréquentes; elles prennent toutes les couleurs de la terre cuite, et, comme la brique, elles varient par leurs teintes, depuis le nankin jusqu’au rouge brun.

Les pierres d’oxalate de chaux sont ordinairement brunes, et semblables à des truffes, non que ce soit la couleur propre de cette espèce de sel qui est blanc, mais elles prennent cette teiute dans tes

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organes urinaires par l’addition d’une matière colorante.

Les pierres formées de phosphate triple de chaux , d’ammoniaque et de magnésie , sont d’un blanc grisâtre, et ressemblent à du plâtre par leur aspect et leur consistance.

11 y a des pierres à la formation desquelles concourent ces trois espèces de sels ; ils s’y déposent ordinairement par couches successives. On donne le nom d’allernants à ces calculs.

Les pierres sont tantôt solitaires et tantôt multiples; lorsqu’il y en a plusieurs, elles sont communément formées par l’acide urique : leur nombre s’est élevé quelquefois jusqu’à plusieurs centaines contenues dans la même vessie ; on conçoit qu’alors elles devaient être petites et ne pouvaient être considérées que comme des graviers.

Les pierres brunes formées par l’oxalate de chaux sont ordinairement mamelonnées à leur surface et semblables à des mûres, ce qui leur a fait donner le nom de murales. Les pierres grisâtres, dans lesquelles dominent les phosphates, sont lisses à leur surface , bien qu’elles soient un peu poreuses comme la pierre ponce.

Quant aux pierres jaunes et rougeâtres formées d’acide urique, leur surface est rugueuse et chagrinée quand elles sont solitaires ; mais quand il y en a plusieurs, elles sont polies et présentent quelquefois des facettes résultant de leur contact prolongé avec d’autres calculs. La dureté des pierres urinaires est très-variable : les plus dures sont ordinairement les brunes, dites mûrales, formées par l’oxalate de chaux; les plus friables sont les pierres plâtreuses formées par les phosphates terreux.

Les pierres ne restent pas stationnaires dans les organes urinaires , elles grossissent par la déposition des sels de l’urine : cet accroissement est plus ou moins rapide en raison de la nature des concrétions. Les pierres brunes mûrales grossissent trèslentement, tandis que les pierres grisâtres formées de phosphate terreux augmentent rapidement de vo < lume; on en a vu quelques unes aussi grosses que des œufs d’autruche. Les pierres d’acide urique jaunâtres ou briquetées dépassent rarement le volume d’un œuf de poule. Quand elles sont à l’état de graviers, elles ontle vol urne d’un noyau de cerise ou même d’un grain de millet.

Les pierres brunes mûrales sont ordinairement rondes ; les pierres jaunâtres d’acide urique sont presque toujours des ovoïdes aplatis; et les pierres plâtreuses formées de phosphates ‘.terreux affectent la forme d’une poire.

Les pierres peuvent se développer dans tous les points de l’appareil urinaire , c’est-à-dire dans les reins , organes chargés de la sécrétion , de l’élaboration de l’urine; dans les urétères , tubes longs et minces qui amènent l’urine des reins à la vessie; dans la vessie, qui sert de réservoir à l’urine, et daus l’urèthre , autre conduit par lequel ce liquide est expulsé du corps. Les pierres, suivant qu’elles occupent ces divers organes, produisent des symptômes différents. Dans les reins et les urétères, elles donnent lieu à la colique néphrétique , c’est-à-dire à des douleurs violentes d *Bfl *e bas du dos et dans les flancs, avec ™>mfssements et fièvre quelquefois.

Lca pierres de la vessie manifestent leur présence par une douleur à l’extrémité du glaud au moment

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de l’émission des dernières gouttes d'urine. Pourquoi la sensation est-elle éprouvée là et non dans la vessie elle-même? C’est ce que l’on n’explique pas d’une manière satisfaisante. C’est une de ces douleurs pour lesquelles on a créé le mot de sympathique. Ce symptôme n’est pas le seul par lequel les pierres de la vessie dénotent leur présence : les secousses d’un cheval, d’une voiture, la marche même, causent de la douleur et font pisser du sang. Le jet de l’urine s’interrompt brusquement pour reprendre ensuite son cours ; cette interruption est surtout produite par les petites pierres rondes. Les besoins d’uriner deviennent de plus en plus fréquents et douloureux, à mesure que la pierre augmente de volume, la vessie s’enilamme, les urines se troublent et deviennent muqueuses, glaireuses, purulentes; le sommeil se peid, une fièvre lente survient, et le malade finit par succomber au milieu de souffrances atroces.

Telle est l’inévitable terminaison de cette maladie, si elle est abandonnée à son cours naturel ; heureusement que la chirurgie est puissante contre elle, surtout si l’on invoque son secours dès son début, avant que la pierre ait acquis un trop grand volume, et que la vessie soit enflammée. Lors donc que les symptômes dont nous venons de faire l’énumération persistent pendant deux ou trois mois, il importe d explorer la vessie avec une sonde métallique; car on ne peut acquérir la certitude de l’existence d’une pierre que par cette opération. Si une première recherche ne fait rien découvrir, et que les symptômes persistent, il conviendra d’en faire une seconde, et même d’en confier le soin à un autre chirurgien , car il arrive fréquemment qu’une pierre échappe à une première exploration, et soit rencontrée dans une suivante , ou par une main différente.

Puisque les pierres développées dans les organes urinaires ne peuvent y séjourner sans causer à la longue leur altération et leur destruction, il est indispensable de les en retirer. Lorsqu’elles sont petites, on peut favoriser leur sortie par les voies naturelles et au moyen des injections: c’est un procédé qu’employaient les Egyptiens il y a plusieurs siècles; mais quand il y a disproportion trop grande entre le volume des calculs et le diamètre de l’urèthre, il faut ou bien ouvrir une issue plus large pour les extraire entiers , ou bien diminuer la pierre et la réduire au point de sortir sans incision : pour obtenir cette réduction, deux moyens ont été essayés : la dissolution et la division mécanique.

La dissolution de la pierre a été le rêve de tous les âges; des centaines de substances prisesdans lestrois règnes de la nature ont été tour-à -tour essayées, vantées et oubliées. Les unes, telles que le suc d’ognon, sont insignifiantes ; d’autres sont diurétiques, c’est à dire augmentent la secrétion de l’urine : tels sont les cloportes, l’uva ursi, le sel de nitre.

Dans l’ignorance où l’on était, jusqu’à la fin du dernier siècle, sur la véritable composition des pierres, on avait agi au hasard, et parfois le hasard avait mis sur la voie; ainsi la chaux, dont Pline a vanté les bons effets , et qui formait la base du fameux remède de mademoiselle Stephens, acheté, il y a ceut ans , par le Parlement d’Angleterre ; la chaux, disons-nous, exerce une action dissolvante,

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lente à la vérité, sur l’espèce de calcul la plus fréquente, sur l’acide urique.

Lorsque, grâce aux travaux de Scheel, de Fourcroy, deVauquelin, de Wollaston, la nature chimique des concrétions urinaires fut connue, l’on s’imagina que désormais leur dissolution allait devenir facile ; les deux célèbres chimistes français surtout la poursuivirent avec ardeur, mais ils finirent par reculer devant les difficultés de cette entreprise. En effet , si les réactifs sont administrés par la bouche, l’altération qu'ils sub ssent dans le travail de la digestion attéoue, modifie leur action, et la rend presque nulle, lorsque, après lesnombreux détours qu’ils sont obligés de faire , ils arrivent à se trouver en contact avec la pierre dans les reins et la vessie. Cette réflexion avait, dès longtemps , fait naitre l’idée d’injecter dans le réservoir urinaire les réactifs; mais leur action, bien que directe et immédiate, fut encore insuffisante : l’auteur de cet article , en se servant d’une sonde à double courant, a fait passer successivement dans la vessie de personnes affectées de pierres plusieurs centaines de litres d’eau alcaline , sans arriver à dissoudre ces concrétions. Une seule fois il est parvenu , au moyen de lotions abondantes faites avec de l’eau acidulée par deux centièmes d’acide azotique (eau-forte), à dissoudre une pierre de phosphate terreux que les instruments ne pouvaient saisir, parce qu’elle était enchatonnée dans une cellule de la vessie.

Ce qui explique la résistance des pierres urinaires, c’est que les molécules salines dont elles sont formées sont unies entre elles par une substance animale que l’on nomme mucus, et que ce mucus est presque insolub'e dans les réactifs qui pourraient exercer une action dissolvante sur les sels, s’ils étaient isolés.

Dernièrement on a beaucoup parlé de dissolutions de pierres, opérées par certaines eaux minérales alcalines, celles de Vichy, par exemple; mais ce n’est pas d’hier que l’on a fait prendre les eaux alcalines aux personnes affectées de pierre : d’âge en âge on en a raconté des merveilles, et d’âge en âge les calculeux ont été forcés d’invoquer le secours plus cruel, mais plus certain, de la chirurgie. Ce qui a fait croire à la dissolution , c’est que les esprits prévenus ont considéré comme les noyaux de pierres volumineuses dissoutes, des graviers entiers entraînés par l’abondance de l’urine. Les expériences mêmes que l’on a faites pour démontrer l’action dissolvante des eaux minérales seraient, au contraire, propres à prouver leur insuffisance ; car des fragments de pierre, plongés dans l’une des sources de Vichy, soumis à une température de 40 -degrés, sans cesse agités par le bouillonnement et l’effervescence du gaz qui s’y dégage, ne purent être complètement dissous par quarante jours d’immersion.

Ces eaux minérales sont utiles pour prévenir la formation des pierres, pour combattre la gravelle, mais elles sont impuissantes à dissoudre les véritables calculs, et la persistance trop longtemps prolongée dans leur emploi peut compromettre le succès des opérations chirurgicales.

Il y a peu detemps, on crut enfin avoir résolu le problème au moyen du suc gastrique dont l’action digestive est si puissante ; on l’assura même à l’A-

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cadémie des sciences. Mais cette espérance s’évanouit dès le lendemain devant les expériences négatives de l’auteur de cet article.

Il est possible que l’on trouve par la suite un médicament véritablement lithontriptique , mais jusqu’ici cette découverte est encore à faire.

La science possède aujourd’hui un moyen plus sûr que les dissolvants pour diviser et réduire les calculs vésicaux, au point défaire sortirleurs débris parles voies naturelles. Ce moyen, c’est la lithotritie. On a cherché à faire remonter à des temps reculés la découverte de cette méthode ; on a cru en avoir trouvé la trace dans les ouvrages des Egyptiens, et en particulier dans les écrits d’Aboul-Kassem, mais il a été reconnu que l’on avait donné à ses paroles une fausse interprétation.

La pensée de détruire mécaniquement les pierres de la vessie a dû certainement venir à l’esprit de toutes les générations de chirurgiens, mais elle n’a été réalisée que depuis vingt ans. Des discussions fort animées se sont élevées au sujet de l’invention de la lithotritie. L’Académie des sciences, appelée à juger cette question, a fait la part de cha- ’cun : elle a décerné à l’auteur de cet article une récompense pour avoir imaginé les instruments qui ont rendu cette opération possible-, une autre récompense à M. Civiale, pour avoir le premier appliqué ces instruments sur l’homme vivant ; une autre , enfin , à M. Heurteloup , pour les avoir perfectionnés. La lithotritie fut pratiquée d’abord avec une pince droite , formée de trois branches élastiques, chargées de saisir la pierre, tandis qu’une fraise , mise en mouvement par une manivelle ou un archet, perforait et morcelait la pierre. Aujourd’hui ce procédé a été abandonné pour un autre qui tonsiste à écraser le calcul en le comprimant entre deux branches courbes d’acier, glissant l’une dans l’autre, comme les deux parties du compas des cordonniers ; des vis ou des pignons rendent celte pression plus énergique.

Si la résisiance de la pierre est très-grande, on est parfois obligé, pour la briser , d’employer la percussion , qui se fait ou bien avec un marteau , l’instrument étant tenu immobile par un étau , ou bien avec une détente qui s’adapte au brise-pierre, et fait corps avec lui pour éviter l’ébranlement : les débris de calculs sont entraînés par l’urine, ou évacués artificiellement par des sondes appropriées.

Lorsque la pierre est petite, c’est-à-dire quand elle ne dépasse pas le volume d’un œuf de pigeon, elle peut être détruite par une seule application ; mais quand elle dépasse ce volume, sa pulvérisation demande plusieurs séances, éloignées par un intervalle de deux ou trois jours.

Lorsque la lithotritie est pratiquée avec les précautions convenables , pour une pierre moyenne , dans une vessie saine encore, elle est peu grave, peu douloureuse, et l’on ne pourrait sans prévention, sans aveuglement, faire entrer en parallèle avec elle l’opération de la taille : mais il n’en est plus de même lorsque, par la négligence des malades, par la sécurité fâcheuse dans laquelle les ont plongés des explorations insuffisantes, la pierre a pris un volume considérable et la vessie s’est altérée : alors le broiement a perdu beaucoup de ses avantages, et il vient un instant où l’extraction par une incision

présente plus de chances de guérison. Nous allons parler maintenant de cette opération.

On a donné le nomd etaille à l’opération qui consiste à extraire par une plaie les pierres développées dans la vessie; son origine se perd dans la nuit des temps, car elle était connue avant Hippocrate. Bien des procédés ont été mis en usage pour pénétrer jusqu’à la vessie. La nature de cet ouvrage ne nous permet pas de les décrire. Ils se résument en deux principaux: la taille périnéale, qui se pratique entre l’anus et les bourses; la taille hypogastrique, dans laquelle l’incision se fait à la partie inférieure du ventre. Cette dernière, qui date seulement de quatre siècles, a été imaginée par Franco , pour extraire de la vessie d’un enfant une grosse pierrre qui ne pouvait sortir par en bas, et depuis on y a eu recours dans les cas de calculs volumineux.

Les opérations de la lithotritie et de la taille se pratiquent aussi sur les femmes, mais avec quelques modifications ; ce sexe est, au reste, beaucoup moins exposé à la pierre : sur cent personnes qui en sont atteintes, il n’y a pas ordinairement plus de quatre femmes.

Les calculs développés dans les reins sont peu accessibles aux opérations chirurgicales. On connaît l’histoire racontée par Monstrelet, d’un franc archer condamné à mort, auquel on promit sa grâce s’il voulait se soumettre à une opération nouvelle. On suppose qu’il s’agissait de la néphrotomie, ou incision du rein , le patient ne succomba pas, mais cet exemple ne parut pas suffisant pour engager à renouveler cette tentative : c’est que l’on ne peut, dans le rein, comme on le fait dans la vessie, acquérir par la sonde la certitude de la présencedela pierre, et l’opération est trop gravepour que, dans le doute, il soit permis de l’entreprendre.

Leroy d’Etiolles.

Docteur en médecine.

FIERHE ITAIGIE {mat. méd.), ou Ætite, du grec aétos, aigle) ; c’est une variété d’oxyde de fer, autrefois employée en médecine, et que l’on trouvait, disait-on, dans l’aire des aigles.

pierre D’Aimamt. (Y. Aimant.)

pierre D’Arménie. (V. Bol d'Arménie.)

pierre de Bologne (sulfate de). (V. Baryte.)

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