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tout à-fait remarquable ; l’auscultation fait entendre un gargouillement considérable, et une respiration caverneuse d’autant plus forte que la caverne est plus vaste et moins remplie de liquide. Lorsque le malade parle, sa voix semble entrer tout entière dans l’oreille de l’observateur, appliquée sur le point de la poitrine correspondant à la lésion; phénomène connu sous le nom de pecloriloquie , et qui , pour être parfaite , réclame les mêmes conditions physiques que la respiration caverneuse.. Ces signes, obtenus par la percussion et l’auscultation, ne laissent pas de doute sur l'existence d’une excavation pulmonaire ; l’étendue des points où on les perçoit donne une idée exacte de la grandeur de la caverne ; lorsque cette dernière est très-vaste, qu’elle est superficielle , et que ses parois sont résistantes, on peut entendre déplus un retentissement métallique.
Quelquefois la terminaison fatale est hâtée par une maladie intermittente qui vient compliquer l’affection principale; les plus fréquentes sont la pneumonie, la pleurésie, la péricardite, le pneumothorax résultant de la perforation de la plèvre par un tubercule sous-pleural , la péritonite, suite de perforation intestinale, et diverses hydropisies.
La durée de chacunede ces périodes, et de toute la maladie, est assez variable ; on a desexemples de phthisies ayant duré plusieurs années: quelquefois on observe dans la première et la seconde période des amendements qui suspendent pendant plusieurs mois les progrès du mal ; mais une fois la troisième période arrivée , la maladie fait chaque jour des progrès. Dans quelques circonstances, la phthisie a une marche véritablement aiguë , elle se déclare et se termine dans l’espace de six semaines à deux mois : on a donné à cette forme le nom de phthisie galopante.
La phthisie pulmonaire est une maladie excessivement grave ; mais doit-on la considérer comme nécessairement mortelle? Nous ne le pensons pas; en face des observations recueillies déjà par Laennec, et dans ces derniers temps par d’assez nombreux médecins qui ont trouvé sur le cadavre, soit des excavations pulmonaires tapissées d’une membrane d’apparence muqueuse , soit des concrétions pierreuses , soit de véritables cicatrices , toutes altérations qu’on pouvait raisonnablement considérer comme le résultat de cavernes guéries , il n’est plus permis de douter de la possibilité de la guérison de la phthisie , lorsque les tubercules sont peu nombreux. Ces cas de guérison sont toutefois très -rares, mais il suffit qu’on puisse admettre leur possibilité pour espérer qu’un jour on trouvera peut-être un moyen thérapeutique de les rendre plus nombreux.
Quoiqu’il n’ait, pour ainsi dire, pas d’espoir de guérir son malade, le médecin ne doit cependant pas négliger le traitement d’un phthisique; parune thérapeutique sage, prudente, appropriée à la forme de la maladie, on peut espérer entraver la marche de 1 affection, adoucir les souffrances du malade, peut-être même le guérir, au moins pour quelques années. Les moyens sur lesquels on doit surtout compter pour arrêter les progrès du mal daus la première et la deuxième période, sont les exutoires placés au bras ou à la poitrine, les frictions irritantes sur la peau du thorax, les boissons adoucissantes alternant avec les boissons balsamiques, telies que l’eau de goudron, le lichen, la solution de
sirop de Tolu ou de capillaire, ou même quelques amers, quelques antiscorbutiques; et parmi ces derniers, je citerai surtout le suc de cresson. Le lait d’ânesse , les eaux sulfureuses d’Enghien , les Eaux-Bonnes, surtout, sont très-convenables. En même temps, on a souvent besoin d’avoir recours aux narcotiques pour calmer la toux et procurer un peu de repos et de sommeil aux malades : dans ce but, les préparations d’opium, celles de belladone, les pilules de cynoglosse, sont sur la même ligne, et le plus souvent doivent être conseillées successives ment. Les antiphlogistiques ne sont indiqués que dans le cas d’hémoptysie ; il faut alors souvent avoitrecours à une petite saignée du bras ou du pied, ou à une application de sangsues.
Il est très-important, d’un autre côté, de faire manger les malades de manière à ce que leur nutrition ne s’altère pas trop, de manière aussi à ce que les fonctions digestives ne soient pas troublées par un excès d’aliments. On doit leur prescrire des vêtements de flanelle sur la peau, leur conseiller d’éviter avec soin les occasions de refroidissement, et, lorsque leur position sociale le leur permet , on doit surtout les diriger vers un climat doux et tempéré, où l’hiver se fait à peine sentir ; sous ce rapport, Nice et les îles d’Hyères sont depuis longtemps en possession de la préférence des malades et des médecins. Si cependant les observations d’absence de phthisiques dans les pays à fièvres intermittentes se confirmaient, ne serait-ce pas vers ces endroits qu’il faudrait diriger les malades?
Lorsque la phthisie est arrivée à la troisième période, on doit se borner à un traitement purement palliatif ; les tisanes adoucissantes, les narcotiques unis à quelques balsamiques en pilules ou en potions, sont presque les seuls moyens à employer ; à cette époque , les eaux sulfureuses sont généralement nuisibles, il faut bien se garder de les conseiller. Aux Eaux-Bonnes , les malades qui arrivent dans un état peu avancé éprouvent presque toujours de l’amélioration ; il n’est pas rare , au contraire , de voir mourir très-promptement ceux qui viennent prendre les eaux lorsqu’ils sont parvenus à la troisième période. Lorsque la fièvre hectique est déclarée, quelques accidents demandent quelquefois encore de la part des médecins une thérapeutique palliative spéciale: telle est surtout la diarrhée, qu’on cherche à modérer au moyen de lavements opiacés, d’un peu de thériaque ou de diascordium; telles sont aussi les sueurs abondantes qui inquiètent et épuisent les malades, et qu’on peut quelquefois combattre avec une apparence de succès, au moyen de l’acétate de plomb donné à faible dose. En un mot, dans cette terrible maladie, le rôle du médecin est actif jusqu’à la fin ; et, quoique presque assure de ne pouvoir l’emporter , il doit combattre jusqu'à la dernière extrémité, opposer un remède à chaque accident, et chercher au moins à apporter un peu de soulagement au malade dont il ne peut sauver les jours. A. Hardy ,
Médecin des Irô pilau* de Paris.
physiologie, s. f. (du grec phusis, nature, et logos , discours) On donne ce nom à la science qui traite des phénomènes dont l’ensemble constitue la vie dans tous les corps organisés; c’est la connaissance du jeu et des fonctions des organes, comme l’anatomie est la connaissance de leur forme