‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 133 sur 298 · PR IJ · texte numérisé non relu

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fièvre typhoïde, typhus, peste, etc. 11 ne faut pas la confondre avec la paralysie. (V. ce mot.)

prothèse (chir. ),s. f. ( prothesis , du grec pro pour, à la place de , et tithèmi je mets); partie de la thérapeutique chirurgicale qui a pour objet de remplacer, par des moyens artificiels, les organes enlevés dans une opération ou détruits par une maladie. L’application des bras et des jambes artificiels, des yeux d’émail, des fausses dents, etc., sont de la prothèse; l’autoplastie.quiemprunteaux parties voisines des tissus vivants pour réparer ceux qui ont été perdus ou altérés, est encore de la prothèse. J. B.

protubérance ( anat .), s. f. ( protuberan tia , de pro, au-devant , tuber, bosse, tumeur). On appelle ainsi les saillies que présente la surface du crâne ; une certaine portion de l’encéphale est connue sous le nom de protubérance annulaire (V. Cerveau). Les protubérances crâniennes jouent un grand rôle dans la doctrine phrénologique de Gall. (Y. Phrénologie.)

prune (bot. méd. ), s. f., fruit du prunier domestique, Prunus domeslica, L.; famille des Rosacées, J. — C’est une drupe charnue , renfermant un noyau qui prend la forme du fruit, et qui, luimême, contient une amande blanche, bilobée, plus ou moins amère, suivant les variétés. Nos meilleures espèces de prunes sont originaires de la Grèce et de l’Asie; le prunier croit naturellement aux environs de Damas; il y est si abondant et si bien naturalisé, qu’on a dit en langage figuré :

De Damas la prune est une colonie.

C’est aux croisés que nous devons l’introduction en France de cet excellent fruit ; la culture a singulièrement multiplié ses variétés : c’est ainsi qu’il y en a déformé ovoïde, oblongue ou ronde; de saveur acerbe, acide, fade, douce, sucrée et parfumée. Leur peau ou épicarpe est lisse et sans duvet. Dans certaines variétés, elle est couverte d’une sorte d’efflorescence de couleur gris-perle , qu’on désigne sous le nom de poussière glauque ; cette substance parait destinée ou à garantir le fruit d’une trop grande influence de l’humidité, ou à empêcher une exhalaison trop grande de l’eau de végétation ; sa nature résineuse rend l’une et l’autre hypothèse très-vraisemblable. Cette sorte de fard, indice de fraîcheur, est peu adhérent : il cède au plus léger frottement.

Les prunes sont généralement d’une saveur sucrée , acidulé , lorsqu’elles ont atteint leur maturité; leur suc ou jus est moins fluide que celui des cerises, et moins mucilagineux que celui des abricots : elles sont alimentaires, soit fraîches, soit sèches. Elles ont le grand avantage de pouvoir, sans exiger beaucoup de soin, être conservées pendant l’hiver. La simple exposition alternative au soleil et au four suffit pour convertir les prunes en pruneaux. Elles forment, dans cet état, un aliment d’autant plus utile, qu’il s’applique à tous les régimes: les pruneaux sont l’objet d’un commerce assez important pour plusieurs de nos départements. La Touraine est depuis longtemps en possession de fournir les plus estimés.

Pruneaux. — Les meilleures espèces de prunes forment aussi les meilleurs pruneaux : cependant, dans les pays où se fait ce commerce, ou plutôt où j

on se livre à ce genre de préparation économique, certaines espèces sont préférées. Au premier rang sont le gros Damas de Tours , la Sainte-Catherine, la prune de Brignolles , Y Impératrice et la Quetsch. On prépare avec la prune Saint- Julien et les petites espèces de Damas, les petits pruneaux à médecine: ils sont assez laxatifs. On assure que les Arméniens, pour rendre leurs prunes plus purgatives, avaient coutume de percer le tronc des pruniers en deux ou trois endroits , et d’y introduire de la scammonée ou toute autre résine drastique; ils couvraient ensuite ces ouvertures d’une terre grasse ou argileuse, et la cicatrisation ne tardait pas à s’effectuer. Toute séduisante que paraisse cette pratique, nous croyons qu’elle aurait besoin d’ètre répétée pour acquérir quelque crédit. Il est fort douteux, en effet, qu’un suc végétal épaissi, tel dilué qu’il soit, puisse, par une sorte de transfusion, communiquer ses propriétés à un organe aussi complexe que le fruit.

Prunelle ( bot. méd. ), s f., fruit du prunier épineux, Prunus spinosa, L.; famille des Rosacées de J. — C’est une drupe globuleuse de la grosseur d’une cerise. Cette prune sauvage est très -commune dans les haies et dans les bois ; comme tous les fruits acidulés, elle est très-recherchée des enfants qui en font quelquefois un usage abusif, et chez lesquelselle détermine alors des constipations rebelles. Dans quelques contrées septentrionales, et notamment en Allemagne et en Russie, on en obtient, par la fermentation , une liqueur alcoolique qui est d’autant plus agréable, que le fruit a été préalablement exposé à une température plus basse, celle des fortes gelées, par exemple, qui lui fait perdre une grande partie de sa stypticité ; cette boisson offre de l’analogie avec le cidre, le poiré et surtout le cormé. Soumise à la distillation, elle fournit un alcool qui rappelle par son arôme cyanique celui du kirsch.

C’est avec le suc du prunier épineux qu’on prépare en Allemagne le suc épaissi connu sous le nom d 'acacia noslras. On le trouve dans le commerce, renfermé dans des vessies; il est en général rouge, brun ou noir, suivant qu’il a éîé préparé avec plus ou moins de soin ; il est dur lorsqu’il a été anciennement extrait. Il est peu soluble dans l’eau et dans l’alcool. Bien qu’on n’en ait pas fait l’analyse, on sait cependant qu’ii contient beaucoup de tannin et d’albumine; il abandonne ces principes par l’ébullition dans l’eau, et perd une partie de scs propriétés, et notamment sa propriété astringente. Il servait autrefois à falsifier Y acacia vera, suc extrait de l’acacia vrai ou gommier rouge qui croit en Egypte et au Sénégal. Mais l’usage de ce dernier étant tombé en désuétude, l’un et l’autre sont devenus très-rares. COUVERCHEL,

Membre de l’Academie de Médecine.

prunelle (anat.), s. f. Nom vulgaire donné à la pupille. (Y. Œil.)

prunier. (Y. Prune.)

PRURIGINEUX (path.), adj. (de prurigo démangeaison), qui cause de la démangeaison ; douleur prurigineuse.

prurigo (path.), s. m., mot latin qui signifie démangeaison, et qui a été conservé en français pour désigner une affection de la peau caractérisée ) par une éruption depapuies(V. Peau) ordinaire-

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ment de la couleur de la peau, et offrant à leur sommet une petite gouttelette de saug noir et coagulé qui résulte de l’action des ongles.

Le prurigo s’observe plus particulièrement chez les enfants et les vieillards, chez les sujets qui ont la peau fine et délicate. Une mauvaise nourriture, la malpropreté, les habitudes crapuleuses y donnent souvent naissance; disons, toutefois, qu’on l’observe dans des conditions tout opposées. Cette maladie peut se transmettre par l’hérédité et même par contagion. Cette dernière est niée par quelques auteurs, mais notre expérience personnelle nous porte à l’admettre comme démontrée.

Le prurigo se montre rarement à la face, il occupe surtout la partie postérieure du tronc et la face dorsale des membres. Le pourtour de l’anus, le scrotum chez l’homme, et la vulve chez la femme, en sont très-fréquemment atteints.

L’éruption des papules ne se fait pas tout d’un coup,, mais par portions. Ces petites élevures sont d’abord discrètes , éloignées, puis elles se rapprochent, occasionnant des démangeaisons tantôt supportables, tantôt intolérables, et qui forcent les malades à se gratter avec fureur, soit à l’aide de leurs ongles, soit avec des brosses ou des corps durs. Ces exacerbations de prurit ont lieu plus particulièrement le soir, sous l’influence de la chaleur du lit.

Quelquefois la maladie se termine en quinze, vingt ou vingt-cinq jours, mais le plus ordinairement elle passe à l’état chronique, et devient une véritable torture pour les malheureux qui en sont affectés. Les éruptions se multiplient et s’accompagnent même parfois de pustules, de furoncles, par suite de l’irritation qui existe.

Les auteurs admettent plusieurs variétés de cette maladie : les unes sont relatives aux symptômes qu’elle présente, les autres au siège qu’elle occupe.

A. Parmi les premières, nous citerons 1° le prurigo mitis ou bénin. Les papules sont rares, la démangeaison peu vive, la durée courte.

2° Le prurigo formicans , caractérisé par la violence du prurit, le nombre et la largeur des papules. On l’observe plutôt chez les vieillards; il paraît souvent tenir à un mauvais état des voies digestives.

3° Le prurigo senilis (des vieillards), ou pedicularis (V. Phihiriasis ). Ici, aux accidents de la forme précédente s’ajoutent la production et la multiplication de myriades de poux. Cette dégoûtante infirmité, qui se rencontre surtout chez des sujets âgés et ayant vécu dans la plus affreuse misère , est très-rebelle, on peut même dire incurable.

4° L ^prurigo latent offre ceci de particulier, que les démangeaisons existent sans que les papules caractéristiques se soient développées.

B. Les variétés, quant au siège, sont celles dont nous avonsdéjà parlé, et dans lesquelles la maladie attaque le pourtour de l’anus et les parties génitales, soit de l’homme , soit de la femme. C’est dans cette forme surtout que la démangeaison peut être portée à son plus haut degré, et donner lieu à des exacerbations qui poussent les malades à se déchirer avec une sorte de volupté. Ces démangeaisons répétées peuvent , par le siège qu’elles affectent , produire des effets faciles à prévoir, le priapisme chez les hommes, et une véritable nymphomanie chez les femmes.

Le prurigo est une maladie ordinairement trèsrebelle, très-opiniâtre, qui exige beaucoup de soins de la part des médecins. Si le sujet est jeune, vigoureux , on se trouvera bien de quelques saignées et d’un régime rafraîchissant , secondé par l’usage des bains simples , tièdes, et des lotions fraîches. Si le mal est plus invétéré , que le sujet soit âgé , affaibli , on aura recours aux dérivatifs sur le tube intestinal , aux bains alcalins ou sulfureux , avec addition de gélatine, aux lotions savonneuses, aux onctions calmantes, voir même opiacées, si l’étendue du mal est peu considérable. Enfin , les soins de propreté et le régime compléteront l’ensemble de ces moyens. E. Beaugkand.

prurit ( path .), s.m. (du latin pruritus, démangeaison.) Le mot prurit n’est pas précisément synonyme de démangeaison , il s’y joint l’idée d’une sensation plus vive, plus pénible, plus douloureuse, que n’est la simple démangeaison.

prussiate (chim.), s. m. On donne le nom de prussiates, d’hydrocyanates ou de cyanhydrates, à des sels composés d’acide hydrocyanique et d’une base; ces composés ne sont point employés en médecine. Le cyanure de potassium, qui s’obtient par la calcination du prussiate ferrugineux de potasse dans une cornue de grès ou de porcelaine soumise à un feu vif et soutenu, a été proposé par Robiquet comme pouvant remplacer l’acide cyanhydrique, parce qu’il se conserve plus facilement ; mais l’incertitude d’action de ce médicament l’a fait presque complètement abandonner. Lorsqu’il est pur, ce composé agit avec une grande énergie. On l’emploie à la dose de quelques centigrammes , en solution dans une potion : son action est semblable à celle de l’acide cyanhydrique.

Le Bleu de Prusse, si connu dans les arts, est un prussiate ou cyanhydrate de fer et de potasse ; il se prépare en grand pour les besoins du commerce, en calcinant dans des fours des matières animales mêlées à du carbonate de potasse ; on obtient par la solution et l’évaporation de ce produit un sel jaune cristallisant en cubes, qui est le cyanhydrate ferrugineux de potasse, qui, traité par un sel de fer et ordinairement le sulfate, donne le bleu de Prusse; il est nécessaire de laisser quelque temps ce mélange exposé à l’air, afin que le fer , qui n’est qu’à l’état de protoxyde dans le sulfate de fer du commerce, puisse passer à l’état de peroxyde; car les persels de fer donnent seuls une belle coloration bleue avec le prussiate de potasse. J. B.

prussique (Acide) [chim.), s. m. On désigne sous ce nom, et sous celui d’acide hydrocyanique ou cyanhydrique, un composé acide formé de cyanogène et d’hydrogène, découvert par Schéele vers la fin du siècle dernier , et étudié par Gay- Lussac dans le commencement de celui-ci. L’acide prussique est un des corps les plus intéressants que nous offre la chimie. C’est dans le bleu de Prusse que Schéele constata d’abord son existence , et il ne l’obtint qu’uni à une grande quantité d’eau ; depuis , M. Gay-Lussac l’a obtenu pur, et il constata que ce corps était formé de carbone, d’azote et d’hydrogène ; un volume de vapeur de carbone , uni à un volume d’azote condensé en un seul volume , forme le cyanogène , qui, combiné à une partie d’hydrogène, constitue l’acide hydrocyanique,

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ou cyanhydrique, nom sous lequel il est le plus généralement connu aujourd’hui.

L’odeur de l’acide hydrocyanique est celle des amandes amères, mais tellement forte, qu’elle détermine des étourdissements et des nausées; il est même très-dangereux de s’exposer pendant quelques minutes à son action ; sa pesanteur est de 0,705, celle de l’eau étant prise pour unité. Cet acide, qui rougit faiblement la teinture de tournesol , se trouve exister à l’état naturel dans plusieurs plantes , telles que les fleurs et les feuilles de pêcher [amygdalus persica), les feuilles du lauriercerise [lauro-cerasus] , dans les amandes amères (< amygclalus communis ), et les liqueurs obtenues par leur formation ou leur macération alcoolique. II se forme aussi dans diverses opérations des arts chimiques, et notamment dans la préparation du fulminate de mercure, et rend dangereux l'emploi, comme boisson, des alcools qui ont servi à ces préparations; car la volatilité de l’acide cyanhydrique empêche que, par la distillation , l’alcool ne puisse être débarrassé de ce principe dangereux.

L’acide hydrocyanique, ce poison si énergique qui devient quelquefois un médicament fort utile, ne se prépare que pour les usages de la médecine ; on l’obtient en décomposant le cyanure ferruré de potasse par l’acide sulfurique; obtenu par cet acide, il se décompose promptement par l’action de l’air et de la lumière, en hydrocyanate d’ammoniaque et en acide asulmique; aussi , pour le conserver , on est obligé de l’étendre d’eau et de le renfermer dans des flacons de verre noir parfaitement bouchés : ainsi étendu , l’acide prussique est dit acide prussique médicinal , lorsqu’il contient une partie d’acide sur six d’eau.

Action toxicologique et médicale. — L’acide hydrocyanique est un des poisons les plus énergiques que l’on connaisse ; une goutte d’acide pur , appliquée sur une membrane muqueuse, suffit , par son contact, pour déterminer une mort presque instantanée , tant l’absorption et l’effet de ce poison sont rapides. Des expériences ont montré que quelques gouttes de cet acide, appliquées sur la langue d’un cheval, déterminent sa mort presque instantanée ; elle est accompagnée de mouvements tétaniques qui ne durent qu’un instant , l’animal tombe, et ses mouvements sont suivis d'un trouble de la respiration, qui dure plus ou moins suivant la dose et l’énergie du poison. Injecté dans les veines, l’acide prussique estencoreplus rapidement mortel; il tue immédiatement.

Soit que l’acide pr.ussique ait été introduit dans l’estomac ou injecté dans les veines, il laisse dégager une forte odeur d’amande amàre lorsque l’on procède à l’ouverture des animaux qui ont succombé à ce poison. Duhamel , en faisant des expériences avec l’huile de laurier-cerise , qui , comme on le sait, contient de l’acide prussique , dit qu’il pensa être suffoqué par l’odeur forte d’amande amère, en faisant l’ouverture d’un chien qu’il avait tué avec ce poison. Un moyen conseillé pour reconnaître l’existence de l’acide prussique dans les cas d’empoisonnement, consiste à mettre les matières contenues dans l’estomac et cet organe luimême, ou la partie du canal digestif que l’on suppose avoir été en contact avec le poison, dans une cornue de verre ; l’organe aura dû être coupé en

morceaux et mêlé, ainsi que les matières, avec une certaine quantité d’eau. On distille à feu doux, et l’acide hydrocyanique passe mêlé avec l’eau dans un récipient que l’on aura eu soin de refroidir avec de la glace pilée. Le nitrate d’argent, le deuto-sulfate de cuivre, et surtout le pro sulfate acide de fer, décèleront facilement la présence de cet acide ; le dernier réactif forme un beau précipité bleu qui est le bleu de Prusse.

Le. traitement de l’empoisonnement par l’acide prussique présente peu de chances de succès, lorsque le poison a été pris à des doses assez fortes pour que la mort soit prompte, la rapidité des symptômes ne laissant point au médecin le temps d’opérer ni de préparer des secoui^. Lorsqu’au contraire la mort n’est point instantanée, on peut agir avec quelques chances de succès. Beaucoup de substances ont été vantées contre cet empoisonnement; la plupart sont inefficaces. Nous allons indiquer ici les moyens proposés par M. Orfila dans sa toxicologie. « Le médecin appelé dans un empoisonnement de ce genre se hâtera d’administrer un émétique fort, ou un lavement purgatif s’il est appelé trop tard; apres quoi il emploiera des frictions sur les tempes avec la teinture de cantharides et l’ammoniaque, des sinapismes aux pieds et des boissons mucilagineuses ; la saignée à la jugulaire, ou l’application des sangsues derrière les oreilles, seront indiquées pour combattre les symptômes de la congestion cérébrale. » M. Orfila ne pense pas que l’ammoniaque et le chlore soient des antidotes efficaces dans ces cas, le premier en formant un composé inoffensif par sa combinaison avec l’acide cyanhydrique, le second en décomposant par son action ce même acide.

Nous partageons cette opinon relativement à la première de ces deux substances ; quant à la seconde, le chlore, nous savons qu’il vient 4’ être signalé depuis peu de temps comme étant d’une grande efficacité ; j’ai vu moi-même en 1822 desexpériences faites à l'hôpital Saint-Louis, par un élève en pharmacie, sur des rats qu’il paraissait rappeler à la vie après les avoir tués en leur versant une goutte d’acide cyanhydrique dans l’œil : des lotions générales avec l’eau chlorée , la respiration du chlore qui s’en dégageait, faisaient disparaître immédiatement fous les symptômes de l’empoisonnement. Ces moyens, qui sont rationnels et qui ne peuvent présenter de danger, nous paraissent devoir être employés avec avantage dans les empoisonnements par cet acide.

En médecine, l’acide cyanhydrique ne peut être employé qu’avec la plus grande circonspection; des accidents fâcheux peuvent être le résultat de son usage , et la plupart des médecins ont encore présents à l’esprit les résultats funestes qu’eut son emploi, en juin 1828, sur quelques épileptiques de l’hospice de Bicêtre. L’acide hydrocyanique médicinal qui, ainsi que nous l’avons dit, est composé d’une partie d’acide sur six d’eau , ne s’emploie, d’après M. Magendie , qu’à la dose de 15 gouttes dans une potion de 100 grammes , à prendre une cuillerée à bouche toutes les trois heures, et en ayant soin d’agiter la bouteille chaque fois afin de favoriser le mélange. On prépare aussi un sirop également d’après la formule deM. Magendie, qui contient 25 centigrammes d’acide médicinal pour 32 grammes de sirop simple. L’acide prussique agit comme cal-

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mant et sédatif du système nerveux; il est employé contre l’irritabilité nerveuse de certains organes ; on en fait aussi usage contre la phthisie pulmonaire, mais malheureusement sans beaucoup de succès.

L’eau et l’huide de laurier-cerise, les amandes amères , et l’huile essentielle d’amandes amères, n’agissent principalement d’une manière funeste sur l’économie que par l’acide prussique qu’elles contiennent. Les accidents qu’elles pourraient causer doivent donc être traités d’une manière analogue aux empoisonnements par cet acide. (V. ces mots.) J. -P. Beaude.)

pseudarthrose [chir.), s. f. (du grec pseudès,îmx, et arthron, articulation); fausse articulation, articulation anormale, contre nature. On appelle ainsi un mode particulier d’union qui s’établit entre les deux fragments d’un os fracturé et qui ne s’est point consolidé convenablement, ou entre la tête d’un os luxé et non réduit et un os voisin. Dans le cas de pseudarthrose, suite de fracture non consolidée, une foule de moyens ont été proposés : nous n’avons point à les discuter ici, il nous suffit de les énumérer, en prévenant que ie chirurgien ne doit les employer que dans des conditions spéciales dont il est seul juge. Ces moyens sont 1° le frottement répété des deux fragments ; 2° la compression surtout dans un appareil inamovible ; 3° les vésicatoires au niveau du point lésé; 4° le séton passé entre les deux fragments à travers l’épaisseur du membre ; 5° la cautérisation, et 6° enfin la résection des extrémités osseuses vicieusement consolidées. J. P.

pseudo-croup, faux croup. (Y. Croup et Angine .)

pseudo-membrakts. (V. Membrane.)

psoas (anat.), s. m. (du grec psoai, les lombes). On donne ce nom à d eux muscles situés dans le bassin , à la partie postérieure et moyenne de cette cavité.

Le grand psoas occupe la partie latérale et inférieure de la colonne vertébrale, la partie latérale du détroit supérieur du bassin, et la partie supérieure et antérieure delà cuisse. Il est allongé, fusiforme, s’attache en haut aux apophyses transverses des quatre premières vertèbres lombaires, à leur corps et à celui de la dernière dorsale, en bas au sommet du petit trochanter. Ce muscle fléchit la cuisse sur le bassin.

Petit psoas. Ce muscle n’existe pas toujours, il est situé au-devant du précédent, très-allongé, très-grêle : il s’étend depuis le corps de la dernière vertèbre du dos jusqu’à l’éminence ilio-pectinée,et à la partie externe du corps du pubis. J. B.

psoÏte {path.), s. f. , ou psoïtes, s. m. C’est l'inflammation du muscle psoas, ou plutôt du tissu cellulaire interposé entre ses fibres.

Cette inflammation se montre plus particulièrement chez les hommes et chez les adultes. De grands mouvements du tronc sur le bassin , des efforts pour soulever des fardeaux, les coups, les chutes, les contusions et le rhumatisme, telles sont les causes ordinaires de cette affection ; chez la femme , elle peut succéder au travail de l’accouchement.

Le psoïtis s’annonce par une douleur sourde , quelquefois très-vive , occupant la région lombaire du côté malade, et gagnant de là l’aine correspon-

dante. Quand l'inflammation est intense, tout mouvement de la partie souffrante est impossible, et le malade se tient immobile, la cuisse relevée le long du bassin. La pression à travers la fosse iliaque augmente la douleur et fait reconnaître une tumeur s’étendant vers la région inguinale. La fréquence du pouls , la chaleur, la soif , le malaise général sont en rapport direct avec la violence de la phlegmasie. Si le psoïtis siège à gauche , il y a constipation, puis, au bout de quelques jours, des battements se font sentir dans la tumeur, qui, elle-même, augmente de volume; il y a des frissons irréguliers, puis une tumeur fluctuante vient faire saillie dans l’aine. C’est un signe que l’inflammation s’est terminée par suppuration. Dans d’autres cas plus rares, les accidents cessent peu à peu d’eux-mêmes au bout de quelques jours. L’abcès , après avoir été ouvert, peut, dans certaines circonstances graves , devenir fistuleux, et la source du pus ne se tarissant pas, amène le marasme, la colliquation et la mort.

La nature inflammatoire de cette maladie commande impérieusement une médication antiphlogistique : les saignées générales , les sangsues eu grand nombre ou les ventouses scarifiées sur la région iliaque, les bains entiers ou de fauteuil, les cataplasmes émollients , sont les moyens gu’il convient de mettre en usage aussitôt qu’on est appelé auprès du malade. On seconde l’usage de cette médication par les boissons délayantes, les lavements émollients ou légèrement laxatifs, une diète sévère, un repos absolu. Si un abcès s’est formé, il convient de l’ouvrir le plus tôt possible. Si l’abcès devient fistuleux , on favorisera ie recollement des parois au moyen de la compression et du régime analeptique, qui rend l’embonpoint au malade. Dans le même but on placera le sujet dans les meilleures conditions hygiéniques possibles. E. Beaugkand.

psoriasis. (Y. Herpes.)

PSORlQUs(/ja£Æ.), adj. (depsora, gale. (V.cemot.)

psychologie, s. f. Science qui traite de l’âme. (V. ce mot.)

psydracia ( palh .) , s. m. , nom donné par Batman et Willan, pour désigner des pustules petites, irrégulièrement circonscrites, et qui, par leur dessication, forment des croûtes écailleuses et irrégulières. Ce genre de pustules s’observe dans l’impétigo. (V. ce mot.)

ftérygion ( path .), s. m. On donne ce nom à une excroissance variqueuse de la conjonctive, de forme triangulaire, ordinairement développée dans l’angle de l’œil, d’ou elle s’étend sur la cornée; quelquefois on a vu plusieurs ptérygions exister sur le même œil, et empêcher la vision. Scarpa conseille contre cette maladie, que les anciens appelaient panicule, les collyres résolutifs, les collyres secs et l’excision. J. B.

ftérygoide (araaL), adj. (du grec pterux, pterugos , aile, et eidos, forme, apparence); qui a la forme d’une aile. On appelle apophyses ptérygoides deux saillies en forme de gouttière, qui descendent perpendiculairement de la face inférieure de l'os sphénoïde. La gouttière prend le nom de fosse ptérygoïde ou ptérygoïdienne.

ptérygoidiem ( anat.), adj. (mêmes racines). Cette qualification s’applique à plusieurs organes en rapport avec les apophyses ptérygoïdes.

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