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La marche de l’engorgement et du développemen t maladif de la prostate peut-être divisée en trois époques . Les symptômes vagues etfugitifs de la première sont facilement confondus avec ceux du rhumatisme et de la névralgie de la vessie, c’est-à-dire qu’il y a besoin plus fréquent d’uriner, difficulté plus grande d’y résister, légère douleur au commencement et à la fin de la mixtion, sentiment de pesanteur au périnée , sensations pénibles aux aines et au pubis; l’introduction du doigt dans l’anus peut seule préciser la nature de la maladie, et la faire distinguer des deux autres.
Dans la seconde période , le tissu de la prostate commence à se développer vers le col de la vessie, et ordinairement au bas de l’ouverture de l’urèthre dont elle diminue le diamètre et altère la forme. Il y a parfois alors incontinence d’urine, plus souvent ce liquide n’est pas expulsé en totalité ; la portion qui n’est point évacuée se décompose, elle laisse déposer des mucosités, l’ammoniaque s’y développe, la membrane muqueuse s’enflamme, et le catarrhe de la vessie survient. Pour connaître si ce catarrhe dépend de l’engorgement de la prostate, il faut , lorsque le malade vient d’uriner, introduire une sonde en gomme souple sans mandrin, dont le passage n’est point douloureux : si par cette sonde s’écoule une quantité notable d’urine , un verre , un demi -verre par exemple, on pourra supposer que le dépôt muqueux catarrhal dépend de la stagnation de cette urine dans la vessie, et de son altération : on en sera certain si, renouvelant pendant trois ou quatre jours, matin et soir , l’introduction de la sonde, épuisant par conséquent l’urine, on la voit devenir limpide comme dans l’état de santé.
Pour éveiller l’attention des personnes dont les urines sont ainsi glaireuses, et prévenir le développement d’autres maladies plus graves encore, soit dans la vessie , soit dans les reins , on ne saurait trop répéter que le plus grand nombre des catarrhes vésicaux dépendent de cette cause et disparaissent par l’épuisement complet de la vessie.
Dans la troisième période , la tumeur ou lobe pathologique de la prostate a pris plus de développement encore, elle ferme entièrement l’ouverture de l’urèthre et la rétention d’urine est complète. Le plus grand nombre des malades, voyant survenir tout d’un coup cette rétention , s’imaginent que leur vessie a été subitement frappée de paralysie ; mais s’ils fouillaient dans leurs souvenirs, ils trouveraient que depuis un ou deux ans, plus quelquefois, les besoins d’uriner sont plus fréquents; que la nuit ils ont été éveillés par ce besoin un plus grand nombre de fois d’année en année, que leur urine perdait peu à peu sa transparence et prenait une odeur désagréable. Ils comprendront alors que le mal a marché sourdement à leur insu, et qu’ils ont fait attention seulement à la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Les moyens d’obtenir la diminution de l’hypertrophie de la prostate sont de deux sortes : les uns médicaux, les autres chirurgicaux. Dans la première catégorie sont les fondants et surtout l’iode, qui a sur les glandes une action spéciale.
La chirurgie, jusqu’à ces dernières années, ne possédait qu’un seul procédé pour combattre les effets de l’engorgement de la prostate ; il consiste à introduire une sonde en gomme par l’urèthre jus-
que dans la vessie, et à l’y laisser tant que la faculté d’uriner n’a pas reparu , si toutefois l’inflammation produite par sa présence n’y met pas obstacle. Dans le cas où la rétention persiste après un mois de séjour de la sonde, on la retire, puis on la réintroduit toutes les fois que le besoin d’uriner se fait sentir. D’autres moyens ont été récemment ajoutés à celui-là, imaginés presque tous par l’auteur de cet article; ce sont: i° l’abaissement de la tumeur avec un instrument qui , introduit courbe, se redresse après être arrivé dans la vessie. 2° La compression de la glande entre le précédent dépresseur et un cylindre placé dans le rectum. 3° Les irrigations continues sur le col de la vessie, espèces de douches intérieures avec une sonde à double courant, c’est-à-dire partagée en deux canaux, suivant sa longueur, par une cloison moyenne, de telle sorte que le liquide arrive par un des côtés du tube et revient par l’autre. 4° Les scarifications faites sur le col de la vessie avec des instruments qui agissent par l’urèthre, sans incision extérieure.
Ces moyens conviennent quand la tumeur a une large base ; lorsqu’elle est portée par une portion plus étroite, on peut la faire tomber soit en écrasant le pédicule, soit en le liant avec des instruments I disposés à cet effet : la tumeur est extraite ensuite par trituration, comme le serait une pierre.
Des abcès se forment parfois dans le tissu de la glande prostate ; ils sont fort douloureux , à cause des enveloppes fibreuses de la glande qui s’opposent au développement inflammatoire , comme la peau ! du doigt dans le panaris. Ces abcès se font jour tantôt dans le rectum , plus souvent au col de la vessie : lepus, dans ce dernier cas, est mêlé à l’urine; quand ils s’ouvrent dans le canal, le pus s’écoule ! continuellement, de même que le mucus de la bleni norrhagie, mais en plus grande abondance.
Des calculs se développent quelquefois dans la prostate ; ils sont presque toujours formés de phosphate de chaux blanc à l’intérieur, et recouverts d’une couche noirâtre lisse, semblable à un vernis.
L’inflammation chronique des canaux excréteurs de la prostate donne lieu à des écoulements rebelles parfois, qui font le désespoir des malades et des chirurgiens, contre lesquels on a fait un grand usage de la cautérisation , et que l’on parvient quelquefois à faire cesser en portant sur le col de la vessie une pommade dans laquelle entrent la gomme de kino, le sulfate de zinc et l’axonge. Les écoulements de mucus prostatique sont fréquemment confondus avec les pertes séminales dont on a tant parlé depuis quelques années.
Nous aurons encore l’occasion de revenir sur les ulcérations de la prostate à l’article Rétention d’urine. Le Roy d’Etiolles.
prostatique ( anat .), adj. et s. , prostaticus} qui appartient à la prostate. On dit la portion prostatique de l’urèthre, pour désigner la portion de ce canal qui est embrassée par la prostate.
prostatite. (V. Prostate [Maladies de laj.)
prostration ( path .), s. f. ( prostraiio , de prosternere l’enverser, terrasser). La prostration est rabattement des forces musculaires qui rend le malade incapable de mouvement ; la prostration est un phénomène ordinaire dans les fièvres graves ,