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RUE

queux, un peu opalin , semblable à de l’eau gommeuse légèrement blanchie avec quelques gouttes de lait ; d’autres fois , ce liquide est plus fluide , moins visqueux et presque semblable à du petit-lait. On sait que, dans la phthisie pulmonaire , au lieu d’être opalin , le liquide, fort muqueux et dans lequel nagent les crachats , est tout-à-fait transparent. »

Pronostic. La rougeole simple n’a par elle-même aucune gravité; mais elle peut en acquérir par ses suites et ses complications. La forme épidémique, toutes choses égales d’ailleurs , expose à des accidents plus redoutables. L’état puerpéral , les âges extrêmes, une maladie antérieure, le séjour dans un hôpital , sont des circonstances propres à aggraver la maladie. Les signes pronostiques les plus fâcheux sont la longue durée des prodromes, l’oppression, le délire, la diarrhée, les anomalies ou la rétrocession de l’exanthème, la persistance du mouvement fébrile après la desquammation , ou les convulsions et le délire survenant à la fin ou dans le cours de l’éruption.

Traitement. Lorsque la rougeole est bénigne et marche régulièrement, elle peut être , pour ainsi dire, abandonnée à elle-même. Tout le traitement consiste à maintenir le malade au lit, à la diète, à l’abri des refroidissements et d’une lumière trop vive, et à donner une infusion chaude de fleurs de mauve ou de violettes , ou une décoction de fruits pectoraux sucrée avec le sirop de gomme ou de guimauve, et quelques lavements émollients. La convalescence demande des soins particuliers. Pour prévenir tout accident, et surtout l’action du froid, à moins que la maladie n’ait été très-légère , on ne permettra la sortie que quinze ou vingt jours après ladesquammation terminée, après avoir fait prendre un ou deux bains tièdes et un léger purgatif, qui est presque toujours utile. Lorsque l’éruption est tardive, et que les prodrômes sont graves et accompagnés d’un mouvement fébrile très-intense, quelquefois la saignée favorise le développement de l’exanthème. Si l’éruption est incomplète ou confluente à la face, et rare sur le reste du corps; si elle disparaît en même temps que des symptômes thoraciques ou cérébraux se prononcent, des sinapismes promenés sur les membres inférieurs, ou des vésicatoires placés aux mollets , et quelquefois des bains tièdes , conviendront pour régulariser l’éruption et combattre ces phénomènes graves. Les complications phlegmasiques franches réclament l’emploi des émissions sanguines, mais avec réserve et modération. L’isolement doit toujours être opposé aux progrès de la contagion, que l’on pourrait essayer de prévenir, dans les épidémies, au moyen de l’inoculation, si l’on s’en rapporte à quelques essais tentés en Allemagne en pareille circonstance. G. Blache.

rougeur (jpath .), s. f. ( rubor ). La rougeur est un des caractères principaux de l’inflammation • elle est due à l’afflux du sang dans les vaisseaux capillaires.

rousseur (Taches de). (V. Ephélides.)

rubéfaction ( physiol .), s. f. ( rubefactio , de rubor, rougeur). C’est le changement de couleur d’une partie qui devient plus ou moins rouge; la rubéfaction a lieu par l’effet d’un afflux sanguin.

rubéfiant ( ihérap .), adj. ( rubefaciens , qui fait rougir).On donne ce nom, en thérapeutique, aux médicaments qui irritent la peau, de manière à produire un afflux de sang dans la partie irritée. Les rubéfiants appartiennent à la grande catégorie des révulsifs, dont nous avons parlé ailleurs (V. Révulsif), et ils présentent en grande partie les avantages attachés à la méthode révulsive. Voici comment M. Gerdy en parle dans son traité des pansements. « Ils offrent cet avantage, que déterminant une action révulsive assez prononcée, on peut les répéter fréquemment, les faire agir sur une très-large surface, sur une partie ou même sur la presque totalité du corps. Mais encore ici il faut surveiller leur action ; car la douleur qu’ils occasionnent peut, dans la période fébrile des maladies aiguës, amener une réaction qui augmente le mal au lieu de le diminuer. Il est bien entendu aussi que, lorsqu’on fait agir les rubéfiants sur une très-large surface, leur action doit être très-affaiblie. (T. II, p. 199.)'» Les rubéfiants les plus employés sont, pour toute la peau : les bains de vapeur, ou d’eau rendue irritante par une addition de sel ou d'un alcali , les affusions, l’urtication, les frictions. Comme rubéfiants locaux, on emploie journellement les sinapismes, les bains de pied à la farine de moutarde et à la potasse , les emplâtres de poix de Bourgogne et les liniments ammoniacaux , les cataplasmes de raifort, d’ail, l’essence de térébenthine, l’acide acétique et l’acide hydrochlorique étendu d’eau, etc. J. B.

rukiacées {bot.) (famille des). V. le supplém.

rue ( anat . méd ), s. f. [ruta). genre type de la famille des rutaciés, J.; décandrie monogynie, L. , dont l’espèce ruta graveolens, rue odorante, est cultivée dans les jardins, à cause de ses propriétés médicinales. La rue est un arbuste indigène des contrées méridionales de l’Europe, dont toutes les parties répandent, surtout quand on les froisse, une odeur particulière très-désagréable ; la saveur de cette plante est amère et chaude, qualité qui est due à une huile volatile fort abondante qui réside daus une multitude de vésicules glandulaires fort apparentes sur toute la surface. L’analyse a fait reconnaître, dans cette partie, de l’huile volatile, de la chlorophylle, de l’albumine végétale, de l’extractif, de la gomme, une matière azotée, de l’amidon, etc.

La rue est un excitant très-énergique, elle a été conseillée dans une multitude d’affections ; on l’a donnée à l’intérieur comme emménagogue chez les jeunes filles mal réglées, comme vermifuge, comme diaphorétique ; en frictions elle a été employée contre la gale et pour tuer les poux; en lavements, contre la rétention des matières fécales par inertie des intestins , etc.; les feuilles se donnent en poudre à la dose de 6 décigrammes à 2 grammes, en bols et sous forme d’électuaire ; la décoction se prend à la dose de 1 à 4 grammes et plus dans un litre d’eau à prendre par petites tasses ; l’eau distillée entre dans des potions; l’huile se prescrit par gouttes, 3 à 12 dans des potions ou en pilules. Enfin cette substance entre dans différentes compositions, telles que le vinaigre des quatre-voleurs»

RUP

RUP

auciEJE ( chir .) s. f. On donne ce nom à un instrument dont on se sert en chirurgie et en anatomie pour racler les os et en enlever le périoste. Les rugines varient beaucoup dans leurs formes : on se sert aussi de petites rugines pour nettoyer les dents.

rupia ( path .), s. m. (du grec rupos, ordures, impuretés). Ce mot a été employé par Bateman pour caractériser une maladie de la peau que Willan et après lui Alibert ont confondue avec Yecthyma ou phlyzacia. (Voy. ce dernier mot.)

Le rupia se reconnaît à des bulles ou ampoules (V. Peau ) larges et aplaties, se développant sur diverses parties du corps, particulièrement sur les membres inférieurs, mais sans devenir jamais confluentes et habituellement en petit nombre. Leur base est plus ou moins enflammée, et elles contiennent une matière ichoreuse qui, plus tard, s’épaissit et devient purulente, mais avec beaucoup de lenteur. Ces bulles finissent par se rompre et par donner issue à cette humeur qui se dessèche sous forme de croûtes brunâtres plus ou moins épaisses, assez semblables à une coquille d’huître ou une patelle, sous lesquelles on trouve une ulcération, tantôt superficielle et tendant assez facilement à la guérison [rupia simplex ) ; tantôt, au contraire, l’ulcération est rongeante, profonde, et sa cicatrisation se fait assez longtemps attendre [rupia proeminens et rupia escharrotica). Le point sur lequel elle siégeait conserve, pendant un temps plus ou moins long, une tache d’un rouge pourpré ou même une cicatrice.

Le rupia pourrait être confondu avec le pemphygus; mais, dans ce dernier, les bulles sont remplies d’une sérosité plus claire. Les croûtes ne sont pas épaisses et ne recouvrent pas une surface ulcérée ; d’ailleurs il y a souvent dans le pemphygus aigu un état fébrile qui manque dans le rupia. 11 est encore une forme de cette maladie qui sera décrite à propos des syphilides.

Le rubia paraît dépendre assez souvent de certains états cachectiquesde l’économie. On le rencontre aux deux extrêmes de la vie, sous l’une des trois formes admises par les pathologistes. Ainsi le rupia proeminens , qui est caractérisé par une croûte très-épaisse et uneulcé ration très-difficile à guérir, se montre surtoutchez les vieillards ou les sujets dont la constitutiona été profondément altérée par la misère, la mauvaise nourriture, l’habitation dans les lieux bas et humides. Le rupia escharrotica est caractérisé par des bulles élevées sur des plaques livides et remplies d’une liqueur trouble et noirâtre, suivies d’ulcérations rongeantes et accompagnées de douleurs fort vives. Ce rupia s’observe chez les jeunes enfants cachectiques ; il a été surtout étudié par les pathologistes anglais. En France, le rupia simplex a été plus fréquemment

rencontré dans ces conditions ; il est encore venu compliquer la convalescence de diverses maladies, et notamment de la variole ou la scarlatine. Les saisons froides et humides prédisposent au rupia; de là sa fréquence plus grande en Angleterre. Quant au rupia syphilitique, voy. Syphilides.

Le pronostic du rupia est très-variable. Le rupia simplex est, comme Hndique son nom, une affection très-peu grave. Il n’en est pas de même des deux autres formes ; mais c’est surtout le rupia escharrotica qui doit inspirer de sérieuses inquiétudes. On a vu de très-jeunes enfants, atteints de cette maladie, succomber dans l’espace de huit à quinze jours.

Dans le traitement, il faut avoir égard aux causes prédisposantes de la maladie. Ainsi, on se hâtera de placer le sujet dans des conditions plus favorables; on lui fera habiter un endroit sec et chaud; on relèvera ses forces par un régime substantiel. Des bains simples, des lotions aromatiques ou avec du vin chaud, quelques légères cautérisations avec la pierre infernale, achèveront facilement la cure dans le cas de rupia simplex. Le rupia proeminens exige, outre le régime fortifiant, des soins locaux plus actifs. On fera tomber les croûtes au moyen de cataplasmes; on pansera les ulcérations avec du cérat saturné ou mélangé de styrax, ou avec des pommades au proto-iodure ou même au deuto-iodure de mercure. Des cautérisations avec le nitrate d’argent, ou bien, au besoin, avec le nitrate acide de mercure, seront pratiquées sur l’ulcère, pour modifier la surface et amener la tendance à la cicatrice. Dans le rupia escharrotica, les émollients paraissent convenir pour abattre l’irritation violente qui accompagne la formation des bulles et calmer les douleurs de l’irritation qui souvent sont très-vives. E. Beaugkand.

rupture [path.), s. f. (; ruptura , de rumpere rompre, briser). On appelle ainsi, en pathologie , toute solution de continuité survenue spontanément, c’est-à-dire sans cause extérieure, dans les muscles de la vie animale ou organique. C’est ainsi que l’on dit rupture musculaire , du cœur, de l 'utérus, etc. (Voy. ces mots). Le mot rupture était autrefois synonyme de hernie. J. B.

rutacées [bot.) (famille des). V. le supplém.

kïïtetojm ( chim .), s. m. C’est le nom d’un nouveau métal que l’on trouve uni à l’iridium dans le minerai de platine; il est gris, cassant, infusible et inattaquable par l’eau régale. Il est encore sans usage.

rutîbje [chim.), s. f. C’est le nom d’une substance extraite delà rue [ruta graneolens ); elle est sans saveur, soluble dans l’eau et l’alcool bouillant; elle est sans emploi.

saisine ( bot.etmal.mëd .), s.f. (junipcrus safcmeij.familledes conifères, J.; diœciemonadelphie, L. C’est un genévrier qui se montre sous forme d’arbrisseau s’élevant à la hauteur de deux mètres environ. Il croît sur les montagnes arides et pierreuses des contrées méridionales de l'Europe, en Espagne, en Italie , et surtout dans l’ancien pays des Sabins, d’où il tire son nom. Ses feuilles sont très-petites, squammiformes, imbriquées sur la tige; les fruits, du volume d’un petit pois, sont noirs, charnus, et contiennent deux noyaux. Les jeunes rameaux ont une odeur fétide, résineuse , surtout quand on les frotte ; cette odeur se perd en partie par la dessiccation ; leur saveur est âcre, chaude et amère. La Sabine contient delà résine, une huile essentielle très-âcre, qui, suivant M. Dumas, présente, la même composition que l’essence de térébenthine.

Employée à l’extérieur, la Sabine est très-irritante, et sert à réprimer les bourgeons charnus de mauvaise nature et les chairs baveuses qui se montrent sur les ulcères atoniques, dont elle excite en même temps la vitalité. A l’intérieur, elle agit : 1° comme irritant des voies digestives avec lesquelles elle se trouve en contact, et peut déterminer l’empoisonnement à la manière des irritants (Journ. des conn. mëd.prat., janv. 1846, p. 138); 2° elle exerce une action spéciale sur l’utérus; c’est un emménagogue puissant. On s’est plusieurs fois servi de cette plante pour déterminer des contractions utérines dans un but criminel. Reconnaissons, toutefois, qu’elle est très-utile dans des cas d’aménorrhée avec atonie. Les docteurs Gunther et Sauther l’ont prescrite ^avec avantage dans les métrorrhagies. MM. Gendrin et Aran, en France , ont répété ces expériences avec un plein succès. M. Aran la prescrit à la dose de 1 gramme à 1 gramme et demi dans les vingt-quatre heures. La Sabine a encore été conseillée dans la goutte, le rhumatisme, dans les fié. vres intermittentes, mais sans résultat bien marqué. On l’administre, en poudre, à la dose de 1 à 4 ou 5 décigrammes, associé au carbonate de fer, dans l’aménorrhée. L’huile se donne par gouttes (6 à 10) dans une potion emménagogue ou antispasmodique. J. B.

sable (Bain de) ( thèrap .). On se sert très-rarement du bain de sable proprement dit en thérapeutique, car on ne saurait donner le nom de bain à la pratique qui consiste à entourer un membre, ou même une partie du corps, de sachets pleins de sable chaud, comme on le fait à la suite de l’opération de l’anévrisme et dans certaines affections algides, comme le choléra. — Le bain de sable est très-employé en chimie pour faire chauffer ou maintenir certaines substances à une température donnée. J . B.

sa eur. re ( palh .), s. f. ( saburra , gravier), On donnait ce nom, dans la médecine humorale, à des matières viciées que l’on supposait être contenues dans les premières voies gastriques, ce qui, disaiton, provenait, soit d’une sécrétion altérée, soit des détritus de la digestion. On désigne encore, sous le nom d’état saburral, une affection particulière que nous avons décrite sous le nom d’embarras gastrique. (Y. Embarras .) J. B.

sac ( anal .), s. m. (saccws).On appelle ainsi, en anatomie, une poche membraneuse. Sac lacrymal. (Y. Lacrymal). Sac herniaire (V. Hernies ), etc.

saccharin (pharm.), adj. (sac char inus) ^ qui est sucré, qui est de la nature du sucre.

sacré ( anat .) adj. (sacer). qui a rapport à l’os sacrum (Voy . ce mot).— Nerfs sacrés. Au nombre de cinq ousix , ils terminent la moelle épinière, passent par les trous sacrés. Les quatre premiers de ces nerfs et le cordon lombo-sacré concourent à former le plexus sacré. Ce plexus est situé à la partie postérieure de l’excavation du bassin, sur le muscle pyramidal, derrière les vaisseaux hypogastriques, la vessie, la rectum et l’utérus chez les femmes ; il donne les nerfs hémorrhoïdaux, vésicaux, utérins et vaginaux ; les nerfs honteux, fessier inférieur, et enfin le grand nerf sciatique, qui peut enêtre regardé comme la continuation. — Ganglions sacrés. Ils dépendent du grand sympathique, sont situés audevant du sacrum, au nombre de trois ou quatre de chaque côté ; leurs filets communiquent entre eux,

I avec les nerfs sacrés, et vont former le plexus hypo- | gastrique. — Artère sacrée antérieure ou moyenne.

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