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plus animée, plus persistante, et plus uniformément répandue que dans la roséole. La desquammation, qui est nulle, ou à peu près nulle dans l’affection qui nous occupe, est des plus évidentes, et en quelque sorte caractéristique dans la scarlatine.
Le traitement de la roséole est extrêmement simple: une diète légère, des boissons délayantes ou acidulées, une température modérée, et le repos au lit ou au moins à la chambre, pendant deux ou trois jours, suffisent pour combattre la maladie.
G. Blàchb.
rot. (V. Eructation.)
ROTATEUR (<maf.), adj. ( rotator , qui fait tourner, de rota roue). On appelle ainsi certains muscles qui ont pour action de faire tourner le membre ou la partie à laquelle ils s’attachent : ainsi on a appelé grand et petit rotateurs de l’œil le muscle grand et petit obliques de l’œil. (Y. Oblique.)
rotation ( physiol. ), s. f., ( rotatio , mouvement d’un corps qui tourne sur son axe, de rota roue). La tête, le tronc, les membres, exécutent, à l’aide de certains muscles spéciaux, des mouvements de rotation sur leur axe .
rotule (anat.), s. f. (diminutif de rota , petite roue) nommée par les Latins patella. C’est un os plat, court, arrondi, qui est situé à la partie antérieure du genou dans l’épaisseur du tendon de l’extenseur de la cuisse qu’il termine ; le tendon sous-rotulien le fixe en bas à la partie antérieure et supérieure du tibia.
Rotule (Maladies de la) . La rotule, en raison de sa situation superficielle, est assez souvent le siège de fractures et de luxations.
1° Fracture de la rotule. Elle est le plus souvent transversale, parfois oblique ou même longitudinale, enfin la rotule peut être brisée en plusieurs fragments. Les fractures reconnaissent ordinairement pour cause une chute sur les genoux ou une contusion violente, l’action d’un projectile lancé par la poudre à canon, etc. La fracture transversale a quelquefois lieu par l’action musculaire dans une violente contraction des muscles extérieurs, comme il arrive quand on veut se retenir pour ne pas tomber en arrière.
Les symptômes sont assez faciles à saisir : le sujet ne peut se tenir debout sur la jambe malade, ni s’en servir pour la marche; l’écartement des fragments en est le signe le plus apparent , et leur mobilité, que l’on constate en les saisissant entre les doigts et en les faisant jouer en différents sens, achève de compléter le diagnostic.
Les auteurs ont beaucoup discuté sur la manière dont se réunissent les fragments de la rotule ; les pièces pathologiques prouvent que c’est par l’intermédiaire d’un tissu fibreux. Le pronostic varie suivant que la fracture est simple ou compliquée. Dans ce dernier cas, quand la rotule est brisée en morceaux, que l’articulation du genou est ouverte, comme il arrive à la suite d’une plaie par arme à feu, le pronostic est très-grave, les accidents qui surviennent alors peuvent nécessiter l’amputation de la cuisse.
Le traitement est aussi modifié par la nature de la fracture • dans tous les cas, la jambe sera placée
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dans l’extension, et les fragments seront rapprochés au moyen des appareils nommés bandages unissants, et dont la disposition a été modifiée à l’infini par les chirurgiens. Dans les cas difficiles, on pourra avoir recours à un instrument particulier, la griffe, qui a été imaginé par M. Malgaigne.
2° Luxations. Elles se produisent en dedans ou en dehors; elles n’ont guère lieu que quand la jambe est étendue , alors le ligament de l’extenseur est relâché, la rotule devient saillante, très-mobile, et un choc violent sur son bord externe, mais surtout sur sonbord interne, qui est plus saillant, portera cet os en dedans ou en dehors des condyles du fémur. Les signes les plus caractéristiques de cette luxation consistent dans la déformation du genou ; on trouve une dépression là où devrait être la rotule, et, au fond de cette dépression, les parties osseusés qui constituent l’articulation fémorotibiale; puis en dedans ou en dehors de cette dépression, suivant que la luxation est interne ou externe, existe une saillie anormale, dure, osseuse, dans laquelle la main exercée du chirurgien a bientôt reconnu la rotule. Il y a en même temps douleur vive, impossibilité de marcher, etc.
La réduction dans ces déplacements est pour l’ordinaire assez facile. Un aide, élevant le talon, place le tendon de l’extenseur dans le plus grand relâchement possible; alors l’opérateur, à l’aide de pressions ménagées, repousse doucement la rotule à sa place, elle y revient ordinairement avec facilité et sans qu’il faille déployer beaucoup de force. Aussitôt la rotule réintégrée dans son siège ordinaire, la douleur disparaît, et le malade peut marcher On maintient ensuite pendant quelques jours le genou un peu serré à l’aide d’une genouillère.
Du reste, la contusion, si elle était violente, sera traitée par les moyens ordinaires.
eotüüen ( anat .), ad j., qui appartient à la rotule, ligament rotulien. (Y. Rotule .)
rougeole ( méd .), s. f., ( rubeola morbillis, febris morbillosa, etc). La rougeole est une fièvre éruptive, caractérisée par de petites taches rouges, inégalement disséminées sur toute la peau , et accompagnée le plus ordinairement d’une fluxion catarrhale vers les yeux et les membranes muqueuses des voies respiratoires.
La rougeole peut être sporadique ou épidémique ; elle se montre très-fréquemment sous cette seconde orme , et plus souvent alors à la fin de l’hiver ou au commencement du printemps et vers le mois de septembre, comme Sydenham l’observait en 1670 et en 1674, et comme nous l’avons vu nous-mêmes en 1840. Il serait difficile de préciser les conditions atmosphériques qui en favorisent le développement , mais on peut dire qu’il n’est pas rare de voir l’apparition des exanthèmes en général coïncider avec une constitution catarrhale assez marquée.
Comme la scarlatine et la variole, la rougeole nous paraît être constamment le résultat d’une contagion; mais en disant que les fièvres éruptives sont contagieuses, il faut sous-entendre certaines circonstances accessoires, le plus souvent indispensables, c’est-àdire la prédisposition et peut-être aussi les conditions atmosphériques. La contagion s’exerce pour
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la rougeole par infection et par contact direct ou indirect, ordinairement plus facile vers le déclin de la maladie. Nous avons parlé des constitutions qui président à son développement. Quant à la prédisposition qui aide si puissamment l’action du contagium , elle peu t être acquise soit par l’influence d’une maladie antérieure et l’affaiblissement qu’elle laisse après elle, soit par un état habituel de la constitution, une fatigue trop forte pour des tempéraments incapables de la supporter. La rougeole peut atteindre tous les âges; elle est néanmoins beaucoup plus commune dans l’enfance, plutôt après qu’avant la première dentition , quoique Yogel et Sydenham l’aient observée chez des enfants nouveau -nés , et que M. Guersant ait eu occasion de la voir chez un enfant qui l’apporta en naissant, l’ayant gagnée de sa mère. La rareté relative de cette affection clans l’âge adulte tient en grande partie à l’immunité qui paraît acquise aux personnes qu’elle a déjà une fois atteintes. Cependant cette règle n’est pas sans exception, et nous avons plus d’une fois rencontré des exemples de récidive. Certaines personnes même semblent avoir une facilité extrême à contracter des exanthèmes. Quant aux causes occasionnelles, leur influence, d’ailleurs très-faible dans toutes les maladies générales, n’a qu’une part tout-à-fait secondaire dans la production de la rougeole.
La rougeole peut être régulière et simple, ou irrégulière.
Rougeole simple. La rougeole, comme toutes les fièvres éruptives, se divise naturellement en trois périodes ou stades : celle qui précède l’éruption, celle pendant laquelle l’éruption a lieu , celle où elle se termine, ou stade de desquammation.
Première période. — Les premiers symptômes de la rougeole, qui débute assez brusquement après une incubation dont la durée est variable, sont une fièvre en général assez forte et continue, du mal de tête, une toux caractéristique, sèche, quinteuse, rauque, quelquefois de la dyspnée, et une douleur s’étendant comme une barre à la base de la poitrine , une vive rougeur des yeux , du larmoiement, de l’enchifrènement et de fréquentes envies d’éternuer; souvent, comme l’a enseigné M. Guersaut , un piqueté rose de la muqueuse palatine ; des lassitudes, un sentiment de brisement dans les membres ; une langue large , blanche , humide, rarement des nausées, presque constamment de la constipation, et seulement dans quelques cas en général graves, de la diarrhée ; enfin, chez les jeunes enfants quelquefois des convulsions qui cessent ordinairement d’elles-mêmes au moment de l’éruption.
Deuxième période. — Du troisième au quatrième jour, rarement le second, plus rarement encore, à moins d’anomalies souvent funestes, le septième et même le onzième ou le quinzième jour, ainsi que nous l’avons observé avec M. Guersaut , on voit paraître de petites taches rouges , inégales, d’un diamètre peu considérable, irrégulièrement arrondies, peu proéminentes. Elles se montrent d’abord à la face et successivement sur le col, le tronc et les membres. Ces taches ne tardent pas à s’élargir, elles se réunissent en groupes irréguliers. Leur couleur, qui acquiert la plus grande intensité du deuxième au troisième jour de l’éruption seulement, et qui est toujours moins vive que
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celle de la scarlatine, disparaît par la pression; dans leurs intervalles la peau est saine. Quelquesunes des taches présentent un léger relief au-dessus du niveau de la peau, relief appréciable au toucher; dans certains cas même elles forment de véritables élevures , et l’on désigne alors l’éruption sous le nom de rougeole boutonneuse. En même temps, on peut voir sur le voile du palais de petites taches semblables, dont le développement cause aux maades une gêne assez grande. La fièvre ne cède pas en général au moment de l’apparition de l’exanthème; elle continue encore jusqu’au moment où l’éruption est terminée. La toux persiste, mais elle devient plus grasse; l’oppression est beaucoup moindre. Les taches pâlissent vers le troisième ou le quatrième jour de la maladie ; elles disparaissent même quelquefois plus tôt; dans les cas très-légers on les voit souvent s’évanouir sans retour après quarantehuit heures.
Troisième période. — Lorsque la maladie est arrivée à son déclin, la peau perd sa sécheresse, l’épiderme se détache en pellicules furfuracées, qui ne sont pas toujours visibles sur tous les points qu’a atteints l’éruption. Cette desquammation , qui n’est pas constante, commence en général le cinquième jour de l’éruption et se prolonge quelquefois durant plusieurs jours. La fièvre est nulle; la peau commence alors à s’humecter de sueur, la constipation cesse. La toux diminue ou s’accompagne d’une expectoration variable, mais quelquefois aussi tellement caractéristique, qu’elle peut servir, comme nous le verrons plus loin, à reconnaître la nature de l’affection éruplive. La maladie se termine ainsi en général par le retour à la santé, après avoir duré de dix à quinze jours.
Rougeole irrégulière. La rougeole peut offrir un grand nombre de variétés et de complications plus ou moins importantes.
La rougeole grave est souvent très- irrégulière dans sa marche ; les prodromes, quelquefois trèslongs, s’accompagnent de délire, de convulsions, de vomissements, de diarrhée, d’épistaxis répétées et abondantes. L’éruption est rare, incomplète, quelquefois compliquée d’autres éruptions telles que des vésicules miliaires ; d’autrefois les taches sont teintes en noir par du sang infiltré et deviennent livides. Dans d’autres cas, au moment où tous les symptômes, et en particulier l'exanthème sont à leur summum d’intensité, les tachesdisparaissent brusquementsous l’influence d’un refroidissement ou de toute autre cause; la gêne de la respiration augmente, delà diarrhée, du délire, des convulsions surviennent, et la mort suit rapidement, à moins qu’on ne parvienne à rappeler l’éruption ou à faire disparaître les complications.
Une anomalie plus rare et moins dangereuse consiste dans la transformation de certains caractères propres à la rougeole. Ainsi , on voit la fluxion catarrhale manquer complètement, ou bien l’éruption morbillaire s’accompagner de tous les signes généraux de la scarlatine.
Enfin, tous les symptômes de la rougeole peuvent se montrer, moins l’éruption. Ces faits de rougeole sans éruption sont hors de doute, lorsqu’on peut les rattacher à une contagion directe. C’est surtout dans les rougeoles épidémiques que l’on observe ces différentes anomalies.
Les complications les plus fréquentes de la rougeole sont des ophthalmies simples ou purulentes, des inflammations des bronches, du poumon, du larynx, quelquefois avec formation de pellicules pseudo-membraneuses , comme dans le croup ; enfin des stomatites gangréneuses, que l’on voit survenir chez les très-jeunes enfants à la fin de la maladie. La rougeole peut se développer en même temps qu’une scarlatine ou une petite-vérole. Dans le premier cas, les caractères propres aux deux fièvres se développent simultanément ; dans le second, M. Rayer dit avoir observé que l’éruption variolique se suspendait.
La rougeole laisse souvent à sa suite des affections secondaires, contre lesquelles on doit toujours être en garde. Sans parler d’embarras gastriques, d’éruptions de furoncles ou de pustules d’ecthyma, de blépharites, d’ophthalmies ou d’otites chroniques, on peut voir la rougeole favoriser chez les enfants le développement des tubercules. Il n’est malheureusement pas rare, en effet , d’observer à sa suite de véritables phthisies aiguës, ou, chez des individus tuberculeux , une activité plus grande et toujours funeste dans la marche de leur maladie. Enfin, quoique plus rarement qu’ après la scarlatine , une anasarque, avec ou sans la présence de l’albumine dans l’urine, peut succéder à la rougeole dont la convalescence est mal soignée. Par un effet contraire, la rougeole peut avoir une influence salutaire sur la marche d’affections anciennes de la peau, et mettre fin à certaines maladies convulsives, telles que la coqueluche et la chorée.
Diagnostic. Le diagnostic différentiel de la rougeole n’offre guère de difficultés qu’avant l’éruption. Elle se distingue des autres fièvres éruptives par le catarrhe qui lui est propre. L’état delà langue et de la muqueuse pharyngienne, l’absence de stupeur,et enfin l’éruption, ladifférencientsuffisamment de la fièvre typhoïde, avec laquelle on l’a quelquefois confondue. L’éruption peut être prise pour celle de la scarlatine, ou même de la variole au début ou avec certaines formes d’érythème. Mais l’époque plus tardive de son apparition et l’absence d’angine, dans le premier cas , sa marche dans le second , les symptômes concomitants et la durée , dans le troisième, suffisent pour caractériser la maladie. Enfin, après l’éruption, la formede la desquammation, la nature des affections secondaires , pourront permettre d’établir de quelle espèce de fièvre éruptive un malade aura été atteint. Dans les cas où il resterait quelques doutes, et en particulier dans la rougeole sans éruption, l’examen des crachats viendrait éclairer le diagnostic, au moins chez les individus qui peuvent ou qui savent cracher. On sait, en effet, que très-rarement les enfants crachent avant l’âge de huit à dix ans. Cette particularité de l’expectoration dans la rougeole a surtout fixé l’attention de M. Chomel,qui la décrit ainsi dans ses leçons cliniques : « Les crachats ont un aspect et un caractère tout spéciaux. Aux yeux d’un médecin qui ne serait pas prévenu , il semblerait que ce fussent des crachats de phthisiques, tant ils ont de rapports avec ceux que rendent les malades à une certaine période de la phthisie pulmonaire. Ils sont, en général , déchiquetés , opaques , et traversés par des stries plus opaques et plus jaunes : il y surnage un liquide muqueux, abondant, demi-transparent, vis-