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fléau corps à corps , de fuir et de se soustraire a ses coups : les héros de V Iliade, même les plus braves, ne procédaient pas autrement vis-à-vis de l’ennemi dont ils reconnaissaient la supériorité; nous conseillerons d’imiter cette prudence antique et très-saine, de se dérober, par l’isolement, à la contagion de la scarlatine, et, si faire se peut, de s’éloigner au plus tôt du foyer de l’infection.
La belladone a été vantée comme un spécifique dont la vertu préservative était infaillible. Quelques médecins allemands sont allés même jusqu’à la comparer à l’admirable découverte de Jenner, à la vaccine (par une sorte de blasphème, a dit avec raison un praticien célèbre). Dans les cas où l’isolement n’est pas possible, nous usons assez volontiers de cette substance , dont l’administration , I surveillée avec soin , est sans inconvénient , et dont nous nous sommes quelquefois bien trouvé.
Blache,
Médecin de l’Hôpital des Enfants.
scherIiHÜvo ( path .), s. m. Ce nom a été donné à une forme particulière et très-grave de la syphilis observée en Illyrie, et qui présente plutôt les formes de la syphilis constitutionnelle. (Voy. ce mot.) Il règne beaucoup d’obscurité sur l’histoire de cette affection. On pensait qu’elle pouvait se transmettre sans contact immédiat; cetteopinion avait aussi été admise pour la syphilis lors de son apparition vers la fin du xve siècle. Les principaux symptômes du scherliévosont les douleursostéocopes, l’ulcération du pharynx, des pustules et des fongosités sur les diverses parties du corps. (V. Syphilis.) J. B.
schinznach (Eaux minérales de) ( thérap .). Schinznach est un village du canton d’Argovie, situé à 1 ,100 pieds au-dessus du niveau de la mer, à 3 quarts de lieue de Broug, à 3 lieues d’Arau, à 2 lieues et demi de Baden, et à 7 lieues de Zurich. La grande route d’Arau et de Bonne à Broug et à Schaffiiouse est à deux minutes des bains; le pays est agréable, le climat est doux. L’établissemeDt contient 60 cabinets de bains et douches, des bains de gaz et de vapeur. La source est à 200 pas des bains; l’eau y est conduite au moyen d’une pompe. L’eau est claire et limpide à la source; mais, exposée à l’air, elle se trouble et se couvre d’une pellicule; son odeur est celle de l’hydrogène sulfuré; son goût est amer et désagréable ; sa chaleur ordinaire est de 31° 2 centig. Il se forme dans les tuyaux des bains une concrétion blanche, glaireuse, qui, séchée, brûle comme le soufre.
La température de cette source est trop faible pour que l’on puisse donner les bains sans faire chauffer l’eau dans des chaudrons; ce mode de chauffage permet à l’eau de se décomposer : aussi se sert-on du limon pour en faire des cataplasmes. On pourrait remédier à ce grave inconvénient en faisant chauffer l’eau à vase clos, par le moyen de la vapeur, ou si ellessonttrès sulfureuses les mêler àde l’eau très-chaude, ainsi que nous l’avons proposé déjà. A Kruzmach, on emploie des baignoires à double fond entre lesquelles on fait entrer la vapeur chaude qui élève ainsi la température de l’eau minérale. Les eaux sulfureuses de Schinznach sont de la nature de celles que l’on nomme accidentelles, parce que le principe sulfureux qui y existe ne paraît s’y être développé que par la décomposition du
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sulfate de chaux et de soude par des matières organiques. Ces eaux se décomposent facilement par l’action de la chaleur lorsqu’elles sont au contact de l’air; nous avons nous-même élevé jusqu’à 80°centig. de l’eau sulfureuse accidentelle dans des vases fermés sans qu’elle se soit décomposée, tandis qu’elle l’avait été à la température ordinaire et en peu de temps par le seul contact de l’air.
L’eau de Schinznach, suivant une analyse que l’on doit à M. Bouchof, contient de l’acide sulfhydrique et carbonique, des carbonates et des sulfates de chaux, de soude et de magnésie, des chlorures de sodium et de magnésium, de l’oxyde de fer et une terre bitumineuse.
Ces eaux sont plus énergiques que celles de Baden; elles activent la circulation : elles sont prescrites dans les affections rhumatismales , les maladies de la peau et les affections scrofuleuses; on les recommande dans le désordre de la menstruation, les leucorrhées, les maladies syphilitiques anciennes, et celles dans lesquelles on a fait abus de mercure. On dit aussi que leur usage est très-avantageux dans les maladies des organes digestifs avec atonie. La saison des bains commence au mois de mai, et finit à la fin de septembre. J. -P. Beaude.
SCHWALBACH (Eaux minér. de). Schwalbach est un bourg du duché de Nassau, à une lieue de Schlangenbad, et à égale distance de Wisbade et d’Ems ; il y existe plusieurs sources minérales froides. Les eaux sont gazeuses et ferrugineuses; elles sont, dit-on, ana'oguesà celles de Spa, dont elles partagent les propriétés. Elles con'iennent de l’acide carbonique, du carbonate de chaux, de soude et de magnésie, de l’hydrochlorate et du sulfate de sonde, de l’oxyde de fer. Ces eaux jouissent d’une certaine réputation en Allemagne ; on en exporte une assez grande quantité ; il en existe dans les dépôts de Paris. J. B.
schwaï,heïeî (Eau minér. de). La source est, située à ‘L kil. de Nauheim, près de Francfort-sur-Ie-' Mein, entre les villages de Schwalheim etdeDorheim, dans la vallée de laWetter. Cette eau est très-anciennement connue ; on a trouvé dans la source des médailles des Romains. Elle est usitée dans ce pays comme boisson de table, et depuis quelques années son usage s’est très-répandu en France; elle contient plus d’acide carbonique que l’eau de Seltz des carbonates de chaux, de magnésie et de fer, du sulfate de soude et surtout du chlorure de sodium et de magnésium. Cette eau est apéritive et peut être employéeavec avantage dans les dyspepsies et les gastralgies.
sciatique ( anat .), adj. ( ischiaticus , du grec ischion, la hanche). Ce mot est formé par contraction d’ischiatique, assez souvent employé lui-même. Il s’applique à ce qui appartient à l’os de la hanche (V. Iles (Os des) et Ischiatique). — Nerf sciatique. C’est le plus considérable de l’économie ; il naît du plexus sacré, sort du bassin par la grande échancrure ischiatique, etdescend le iongde la partie postérieure de la cuisse. Arrivé au jarret, il se divise en deuxgrandes branches nommées l’une nerf poplité interne, l’autre nerf poplité externe. (V. Cuisse .) J. B.
sciatique (Névralgie) ( méd .), s. f. On appelle ainsi la névralgie du nerf sciatique. Très-souvent même, on la désigne par le simple mot sciatique, qui désigne l’organe et non la maladie; c’est la névralgie fémoro-poplitée de Chaussier, et Vischias nervosa de
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Cotugno, qui l’a le premier décrite et distinguée des autres maladies qui peuvent la simuler.
La névralgie sciatique paraît être p us fréquente chez l’homme que chez la femme, et chez les sujets compris entre l’âge de vingt ans et soixante, que chez les jeunes sujets et les vieillards. L’habitation dans un lieu froid, sombre, humide, mal éclairé, les saisons froides et humides y disposent d une manière trèsmanifeste ; enfin, l’exposition aux intempéries de l’air, surtout le corps étant échauffé, en estunecause très-commune : au total, ces différentes causes sont précisément celles des rhumatismes.
La douleur qui caractérise cette affection ne frappe pas avec une égale intensité toute l’étendue du nerf sciatique; elle part souvent d'un point qui lui sert comme de foyer, pour s’étendre de là aux autres parties du nerf. Tantôt, elle semble partir de la fesse, ou même de la région lombaire, pour gagner le jarret (Voy. plus haut la description du nerfsciatique), et même se prolonger jusqu’au pied en suivant l’une des divisions du nerf. D’autres fois, ce qui est plus rare, la douleur remonte des divisions vers le tronc. Ordinairement, elle est graduelle dans son développement; ainsi, faible , sourde et continue dans les premiers temps, elle devient plus intense, plus violente au bout de quelques jours ou même de quelques semaines, offre des rémissions ou des exacerbations, lesquelles ont souvent lieu le soir , et pendant la nuit. La pression sur le trajet du nerf, les mouvements, les secousses de toux, les efforts l’augmentent et l’exaspèrent au point de faire jeter des cris au patient. Pendant ces crises, les souffrances sont très-aiguës, le membre malade est parfois le siège de crampes très-intenses. Il n’est pas rare de rencontrer des sujets qui se plaignent d’un sentiment de froid, lequel même peut être appréciable à la main. Quand les souffrances sont très-vives, les malades sont condamnés à un repos presque absolu. Du reste, il n’y a extérieurement rien d’apparent du côté du membre, pas de gonflement , de tension , pas de symptômes généraux.
Suivant quelques personnes, la sciatique affecterait plutôt le côté gauche que le côté droit; on l’a vue occupant à la fois les deux membres.
On remarque que la durée de cette maladie est très variable; s’il estdes cas où elle ne dure que quelques semaines ou même quelques jours, le plus ordinairement elle tourmente les malades pendant des mois et des années ; on l’a vue durer vingt et trente ans, et quelquefois sans relâche. Disons, cependant, que, prise à temps et traitée d’une manière convenable, elle guérit souvent très-bien.
Le diagnostic de la sciatique est ordinairement facile : le siège de la douleur, son extension dans le trajet du nerf sciatiqueou de ses divisions, cette circonstance que la pression ne réveille la douleur que sur certains points déterminés, au niveau de ces foyers dont nous avons parlé ; toutes ces circonstances suffisent pour la distinguer du rhumatisme musculaire; mais, comme cette dernière maladie la complique parfois, il devient alors fort difficile de distinguer la part qui revient à l’une et à l’autre.
Nous l’avons dit, prise à temps, la sciatique peut très-bien guérir; mais trop souvent son opiniâtreté fait le désespoir des malades et des médecins. Elle n’entraîne pas de dangers; cependant, quand elle
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dure depuis très-longtemps, qu’elle s'accompagne de paroxysmes très-intenses, elle finit par fatiguer la constitution et amener un commencement de paralysie dans le membre attaqué.
Quant aux lésions anatomiques, de même que les autres névralgies, la sciatique ne s’accompagne d’aucune lésion du nerf qui est le siège de la maladie. Quelle que soit l’ancienneté des douleurs, le nerf, à l'autopsie, paraît parfaitement sain.
Traitement. Quand on a affaire à une sciatique récente, légère, des frictions avec un liniment ammoniacal , l’application de sinapismes sur le siège de la douleur, suffisent quelquefois pour faire disparaître les accidents ; des bains, des douches de vapeur peuvent suffire également. Mais, quand le mal est intense , il faut avoir recours à des moyens plus énergiques. Quelques applications de sangsues sur les points douloureux, les opiacés à l’intérieur et à l’extérieur, seront très-utiles; mais, pour peu que l’affection ait de l’intensité, il faut, de suite, avoir recours au moyen que Cotugno a proposé, et qui, encore aujourd’hui, compte le plus de succès ; je veux parler des vésicatoires volants appliqués sur les points douloureux , et avec lesquels on peut suivre la douleur de foyer en foyer. Ces vésicatoires doivent être employés avec persévérance, et ils finissent souvent par triompher du mal. Enfin, s’ils échouent, on a recours à des moyens plus actifs, aux moxas, ou même à la cautérisation transcurrente avec le fer rouge, à laquelle M. Jobert a dû plusie^ succès dans des cas rebelles.
On a beaucoup vanté l’usage intérieur de la térébenthine ; MM. Récamier et Martinet ont particulièrement insisté sur l’emploi de ce moyen : ils l’administrent en looch , en potion , en opiat, à la dose de 8 à 10 grammes par jour. Ce moyen a fourni de bons résultats; mais il a paru fatiguer l’estomac I chez un certain nombre de sujets. L’opium et les ! préparations de morphine ne sont que des calmants pour apaiser les douleurs quand elles sont trop intenses , et procurer un peu de repos et de som- j meil. Enfin, le sulfate de quinine est un moyen héroïque , dans les cas où la névralgie affecte une forme intermittente.
En même temps que l’on met en usage les moyens dont nous venons de parler, il est important d’insister sur les soins hygiéniques. Ainsi, le malade sera placé dans un endroit sec et chaud; on le couvrira de flanelle, on entretiendra la liberté du ventre avec de légers purgatifs, etc. Ces moyens doivent être continués pendant quelque temps encore après la guérison. J.-P. Beaude.
scie ichir.),s. f. (serra). On appelle ainsi un instrument formé d’une lame d’acier garnie de dents. On se sert beaucoup de la scie dans les opérations chirurgicales et dans les dissections anatomiques. On a modifié cet instrument de beaucoup de manières pour l’accommoder aux exigences diverses des cas dans lesquels on l’a employé. Ainsi, tantôt c’est une lame maintenue à ses deux extrémités par un arbre d’acier; ailleurs, la seieest faite comme un couteau ; d’autres fois, elle est formée de pièces articules mobiles et taillées à dents sur un côté : c’est la scie à chainette. On a des scies en rondache, d’autres tournant comme la molette d’unéperon, etc.
sciele (mat. méd.), s. f. ( scilla maritima). Plante de la famille des liliacées, J.; hexandrie mouogynie, L. On la rencontre sur les plages sablonneuses de la Méditerranée et de l’Océan, en France, en Espagne et en Italie, et surtout en Algérie. C’est un gros ognon allongé en forme de cône ou de poire, revêtu de plusieurs tuniques rougeâtres, papyracées, inertes, qui en recouvrent d’autres d’un blanc rosé, charnues, d’une saveur âcre et caustique, usitées en médecine; celles du centre sont plus charnues, mucilagineuses. Suivant M.Yogel, lessquammes moyennes de scille contiennent un principe très-fugace, âcre, irritant; principe blanc et solide, à cassure résineuse, d’une saveur âcre, amère, qu'il a nommé scillitine, et dans lequel résident les propriétés de la plante. On y trouve encore de la gomme, du tannin, des sels et de la fibre ligneuse.
Les squammes ou écailles de scille doivent au principe reconnu par M. Vogel des propriétés trèsirritantes ; appliquées fraîches sur une partie, elles en déterminent la rubéfaction et même la vésication ; à l’intérieur, et à la dose de 4 à 5 décigrammes, la scille irrite beaucoup l’estomac, détermine des nausées, des vomissements , de la diarrhée. Elle provoque la sécrétion urinaire d’une manière très-marquée, et passe pour augmenter la sécrétion bronchique, et faciliter ainsi l’expectoration. Enfin, à dose élevée , elle peut produire l’empoisonnement à la manière des poisons narcotico-âcres. Ces propriétés sont mises à profit dans plusieurs maladies, et cela, depuis l’antiquité la plus reculée. On la conseille comme diurétique dans les hydropisies passives, dans les engorgements chroniques avec œdème. On la donne très-fréquemment associée à diverses substances, daus les bronchites chroniques, ou vers latin des pneumonies, quand les crachats sont très-épais. Toutes les fois qu’on emploie cette substance pour l’ usage interne , il faut avoir soin de bien examiner l’état des voies digestives, parce qu’elle est très-irritante. Pour l’usage extérieur, on en fait des teintures alcooliques très- employées en frictions sur les parties qui sont le siège d’infiltrations séreuses.
La scille s’administre de différentes manières, très-rarement en tisane : la dose est alors de 2 à 6 ou 8 grammes pour i kilog. d’eau (faites infuser). Le plus souvent c’est en poudre, de 3 à 6, 8 ou 1 0 centigrammes et plus, mêlée à des sucs ou à de la gomme dans un peu d’eau sucrée, ou dans une enveloppe quelconque, prunes, pommes cuites, confitures, etc. On ordonne assez souvent des pilules à la même dose ; on associe alors la scille a du savon , du nitre, de la gomme, etc. La teinture alcoolique s'emploie pour l’usage extérieur, ou par gouttes sur du sucre ou dans une potion. On en a préparé un miel et un oxymel scillitiques très-usités dans les affections de poitrine, à la dose de 4 ou 5 grammes dans un julep ou dans une potion. J.-P. Beaude.
scîe.s.î.tine ( chim .), s. f. Principe actif de la scille. V. ce mot.
scissure ( anat .), s. f. ( scissura , fente). On appelle, en anatomie, scissure ou fissure, de pelites fentes dont les os sont percés, et qui servent au passage de filets nerveux ou de ramifications vasculaires. On donne aussi ce nom à des sillons plus ou moins profonds, qui creusent certains organes et séparent des lobes ; telles sont la grande scissure
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du foie, la scissure du rein, du poumon, la scissure de Sylvius au cerveau, etc. J. B.
sclérotique ( anat.), s. f. C’est une des membranes de l 'oeil. (Voyez ce mot.)
scoliose. V. au Supplément.
scolopendre (mat. mèd.),s. f. ( scolopen drium. officinale), Nommée aussi vulgairement langue-de cerf ou langue-de-bœuf. C’est une espèce de la famille des fougères, qui croît sur les murs humides. et en particulier sur ceux des vieux puits. Elle se présente sous forme de longues feuilles vertes portant sur leur dos les organes de la fructification disposés sur deux rangs. Cette plante a une saveur douce un peu astringente; elle était autrefois recommandée dans les engorgements viscéraux ; elle n’est plus guère employée aujourd’hui : cependant, elle fait partie de certaines préparations, telles que l’électuaire lénitif, le sirop de chicorée composé, etc . J . B .
Scolopendre ( hist . nat.). (V. Insectes .)
scorbut ( path .), s. m. Ce mot est, dit-on, dérivé du danois ou du hollandais scorbeck ou schorbect , qui signifie maladie par déchirement ou ulcération. Quoi qu’il en soit de cette étymologie, le mot scorbut sert àdésigner uneaffection caractérisée par un affaiblissement musculaire très-considérable, des hémorrhagies capillaires dans diverses régions, mais surtout par la tuméfaction et le ramollissement fongueux des gencives.
Il est évident que le scorbut a été connu de toute antiquité; mais on n’a de description exacte qu’à dater de l’époque de saint Louis, dont l’armée fut en proie à cette grave maladie sous les murs de Damiette. Depuis, on l’a observée dans les grands voyages nautiques, lors de la découverte du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance, et dans les navigations autour du monde. C’est ainsi que les équipages de Vasco de Gama, de Magellan , et, plus tard, ceux d’Anson , de Vancouver, etc . , furent décimés par le scorbut.
Les causes les plus puissantes de cette maladie consistent d ms l’action du froid humide et d’un air vicié ; aussi, la voit-on surtout se développer dans les contrées froides et humides de l’Europe, telles quela Hollande; commencer en automne et cesser au printemps ; sévir sur les individus habitant des localités basses et malsaines, surtout s’ils y sont entassés. L’ennui, le chagrin, les privations, la mauvaise nourriture, favorisentpuissammentsamanifestation. On a dit que l’usage des viandes fumées, et surtout salées, était une des causes les plus actives du scorbut ; non-seulement le sel agit dans ces circonstances d’une manière fâcheuse en diminuant la force plastique du sang , mais ces viandes, d’une difücile digestion, finissent aussi par fatiguer les estomacs les plus robustes. On comprend maintenant comment il se fait que le scorbut se déclare si souvent chez les prisonniers, dans les armées assiégées ou dans celles qui sont soumises à de nombreuses privations dans des localités malsaines , surtout s’il s’y joint la tristesse et le découragement qui accompagnent la défaite ; pourquoi il sévit avec tant de violence sur les navigateurs qui ne prennent pas, pour s’en garantir, les précautions dont nous parlerons plus loin, à propos du traitement. Quant à la
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contagion, il est bien démontré aujourd’hui qu’elle n’existe pas.
Les anciens avaient établi quelques distinctions que l’on doit rejeter comme étant sans fondement ; ainsi ils avaient établi un scorbut de terre et un scorbut de mer. Une observation rigoureuse démontre qu’il y a identité entre ces deux formes. Ils admettaient aussi un scorbut chaud et un froid ; mais la présence des phénomènes inflammatoires qui constituent le premier est tout simplement une complication qui ne change rien au fond de la maladie. Nous n’avons donc qu’une seule forme à décrire.
Le début de l’affection qui nous occupe est caractérisé par de la faiblesse, de la lassitude, un insurmontable sentiment de paresse et d’ab ittement moral. Il y a, en même temps, pâleur de la peau ; les yeux sont cernés, le visage plombé. Bientôt, les gencives deviennent douloureuses, molles, elles s’ulcèrent , se couvrent de fongosités , saignent au moindre contact et acquièrent la plus repoussante fétidité ; des taches rouges ou bleuâtres dues à des épanchements sanguins se forment sur diverses parties du corps, et notamment sur les membres inférieurs, qui deviennent en même temps le siège de douleurs très-vives, et s’œdématient. Des hémorrhagies plus ou moins abondantes ont lieu par diverses muqueuses, celles des fosses nasales et de la bouche, par exemple, et par des ulcérations de la peau. A cette époque, l’appétit est encore conservé ; il y a le plus souvent de la constipation. Plus tard, les dents s’ébranlent, se déchaussent, la face est bouffie, boursoul'flée ; l’infiltration œdémateuse des membres fait des progrès ; les mouvements sont difficiles et très-douloureux ; le malade est épuisé parle moindre effort ; il éprouve des palpitations fréquentes, des syncopes des lipothymies; des hémorrhagies ont lieu par les différentes voies que nous avons signalées et avec plus d’abondance, souvent par l’intestin , d’où il résulte un véritable mé- !æna. Les dents tombent, les gencives ulcérées laissent à nu des portions de l’os maxillaire qui peuvent se carier. Des caries, des fractures spontanées ont lieu dans différentes parties de i’appareil osseux. L’infiltration séreuse fait des progrès, et, enfin, le malade, épuisé partant de souffrances, finit par succomber, ou plutôt par s’éteindre, en conservant jusqu’au dernier moment toute la netteté de son intelligence. Ces phénomènes sont parfois compliqués de ceux du typhus.
Les lésions trouvées après la mort consistent surtout dans des infiltrations, des épanchements d’un sang noir, fluide, grumeleux ; la plupart des viscères sont ramollis, et quelques-uns même réduits à un état pultacé (la rate). Les membres présentent, en outre, des traces de l’œdème dont ils étaient affectés. Les cavités splanchniques contiennent une sérosité citrine ou sanguinolente. Il y a des décollements des épiphyses ou des cartilages, etc. Ce n’est pas seulement en apparence que le sang est altéré; suivant les recherches de M. Andral, il a perdu notablement de sa fibrine et de ses globules. Aussi ,1a presque universalité des médecins n’hésitent-ils pas à regarder le scorbut comme consistant dans une altération du sang.
Le pronostic est donc très- grave, à moins que la maladie ne soit prise à temps, et que les malades
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ne soient placés dans de meilleures conditions; mais alors même, la convalescence est souvent fort longue.
Le traitement du scorbut , outre la cure proment dite, comprend encore la prophylaxie , c'est-à-dire l’ensemble des moyens propres à s’en préserver. L’énoncé des causes fait voir en quoi doivent consister ces moyens. L’habitation dans un endroit sain et bien aéré, la plus grande propreté , tout en évitant l’humidité et surtout le froid humide. On aura soin de se couvrir chaud ment et de changer de vêtements aussitôt qu’ils sont mouillés. Les fruits, les légumes peuvent être utiles, mais avec les conditions que nous venons d’exposer. La nourriture fraîche est encore trèsimportante. Les conserves que l’on embarque aujourd’hui contribuent puissamment à rendre les cas de scorbut très rares dans les voyages de long cours.
Il faut encore égayer l’esprit par des distractions de tout genre : de là la musique, les spectacles, les danses, que l’on improvise abord pour charmer les ennuis d’une longue route. L’exercice est aussi d’une très- grande utilité.
Quant au traitement proprement dit, il consiste j surtout dans l’usage de boissons acides, les limo- j nades de citron ou d’orange ; le suc de citron parait, en particulier, doué d’une grande efficacité. Les boissons adoucissantes, le lait, par exemple, peuvent être très-utiles dans certains cas. Les substances dites antiscorbutiques, raifort, cresson, cochléaria, seront administrées sous forme de tisane, de vin, de sirop. Des toniques amers, tels que le quinquina, sont ici parfaitement indiqués. Des potages aux herbes, des végétaux frais, les viandes blanches, un peu de bon vin, devront composer le régime. .Nous devons citer ici, parmi les végétaux, l’emploi des pommes de terre, dont la conservation est si facile à bord ; M. Roussel de Vauxème, qui a publié le premier les avantages de cet aliment, dit avoir vu, à bord des baleiniers chez lesquels le scorbut se manifeste si facilement pendant leurs longues navigations, les accidents disparaître par l’usage des pommes de terre, soit cuites, soit mangées crues; il | appliquait même de la pulpe de pomme de terre sur I les ulcérations: cuites avec la viande du bord, c’est un préservatif efficace, en même temps que c’est un aliment sain et nutritif. ( Journ . des Connaissances médicales , t. i, p. 297.)
Quelques lésions locales demandent des soins particuliers : les hémorrhagies seront combattues par j les toniques et les astringents ; les ulcérations de la bouche se trouveront très-bien des gargarismes émollients ou acidulés d’abord, mais surtout de cautérisations légères avec l’acide chlorhydrique ; les hydropisies des membres seront traitées par des frictions sèches ou aromatiques, des lotions toniques de vin ou d’eau-de-vie, ete. Il faut bien se garder de saigner les malades ; les vésicatoires, les purgatifs sont encore formellement contre-indiqués.
J. -P. Beaude.
scoreïttiqsïe ( path .), adj., qui appartient au scorbut, ou qui présente les caractères , les symptômes de cette maladie. Individu scorbutique.
scorpion (hist. nat .), s. m. (scorpio). Animal venimeux de la classe des arachnides, ordre des
pulmonaires, famille des pédipalpes (Latreille). Le scorpion d’Europe a le corps long d’un pouce environ, terminé par une queue composée de six nœuds dont le dernier, plus ou moins ovoïde, finit en une pointe arquée très-aiguë, sous l’extrémité de laquelle sont deux petits trous qui donnent passage à une liqueur vénéneuse contenue dans un réservoir intérieur. Le scorpion existe dans le midi delà France et dans les régions tropicales ; il habite les endroits humides ; on le trouve sous les pierres et jusque dans l’intérieur des maisons. Les piqûres qu’il fait avec sa queue tuent les petits animaux ; chez l’homme, elles déterminent de la rougeur, du gonflement, et parfois de la fièvre avec frissons, tremblements, engourdissements , nausées, vomissements même. L’intensité des accidents est en rapport avec le volume de l’animal. Il est aussi d’observation que, plus le pays est rapproché de l’équateur, plus la piqûre est grave. Le traitement consiste surtout dans une cautérisation superficielle avec la pierre infernale ou l’ammoniaque, et dans l'emploi de quelques sudorifiques (V. Serpent).
scorsonère [bot. et mat. méd.), s. f. (scorsonera) vulgairement salsifis noir ou salsifis d’Espagne; famille des synanthérées, tribu des chieoracées, J.;syngénésieégale, L. Cette plante croît sans culture dans le midi de l’Europe, mais surtout en Espagne ; sa racine est allongée, pivotante, noire à l’exterieur, blanche et charnue en dedans ; sa saveur est douce et sucrée, surtout quand elle est cuite. On l’emploie comme aliment (Y. Salsifis). Quant aux propriétés médicamenteuses qu’on lui attribuait autrefois, elles sont tout à fait nulles.
scRorüi.ASB.E (mat. méd.), s. f. (scro)ularia i nodosa ), famille des scrofularinées, J.; didynamie, j angiospermie, L. Cette plante se plaît dans les en- 1 droits sombres et humides. Employée autrefois comme fondant dans les affections scrofuleuses, elle est aujourd’hui complètement inusitée.
schofüIiARIées. Y. au Supplément.
scrofcees ou sceofhuies (path.), s. f.
(du latin scrofa, truie, (parce que les sujets atteints de cette maladie ont souvent le cou tout gonflé par des glandes indurées, analogues à celles que présentent aussi les porcs). Ce mot est encore synonyme d 'écrouelles, de strumes , d'humeurs froides.
Les auteurs les plus anciens, à commencer par Hippocrate, ont parlé des scrofules; mais cette maladie n’a été réellement bien étudiée que depuis le ; siècle dernier, et c’est aux travaux de Kortum, de ; Hufeland, deM. Baudelocque, mais surtout de notre ! ancien maître M. Lugol , que la science est rede- | vable des connaissances que l’on possède aujourj d’hui sur cette maladie. Toutefois, malgré les intéj ressantes publications des médecins que je viens de citer, il faut convenir que bien des points restent J encore à éclaircir, tant sous le rapport des causes | que sous celui des lésions diverses que l’on peut y j rapporter. Enfin, chose bien plus fâcheuse encore ,
I le traitement de cette affection est loin d’être posé i d’une manière fixe , et l’efficacité d’une foule de I moyens proposés pour la combattre est plus que
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contestable. C’est ce que nous nous efforcerons de faire ressortir dans le cours de cet article.
Mais d’abord, qu’est ce que la scrofule? en quoi consiste-t-elle? peut-on en donner une définition précise? Si, pour donner une bonne définition d’une maladie, il faut énumérer ses principaux caractères, la grande variété de phénomènes que présente la scrofule rendrait cette tâche bien dilficile à remplir en une seule phrase. Aussi, nous contentons-nous de dire que la scrofule est une affection générale et constitutionnelle de l’économie, présentant diverses affections des membranes muqueuses, du tissu cellulaire, des ganglions lymphatiques et des os, et consistant plus particulièrement dans la présence de tubercules. Cette dernière lésion est même, pour certains auteurs , la condition sine qua non de la scrofule. Ainsi , pour M. Lugol, dont nous invoquerons souvent Autorité, la maladie en question est une affection congéniale, caractérisée parle tubercule. Nous ne sommes pas aussi explicites ; car il est des cas de scrofules bien manifestes, dans lesquels on ne trouve pas toujours des tubercules.
Causes. Nous n’avons pas l’intention de passer en revue toutes les opinions qui ont été émises sur l’origine de la scrofule et sur les conditions qui ont été regardées comme présidant à son développement. Cet examen nous entraînerait beaucoup trop loin. M. Baudelocque, dans son excellent ouvrage : Éludes sur les causes de la maladie scroph ., Paris, 1834, n’y consacre pas moins de 200 pages; et M. Lugol, médecin de l’hôpital Saint- Louis a publié en 1844 un important volume sur ce sujet. Nous nous attacherons donc seulement à l’examen des causes auxquelles nous attribuons une influence réelle, et nous énumérerons rapidement ensuite celles qui , suivant nous , doivent être rejetées. On comprend toute l’importance qui s’attache à cet examen, car les indications curatives en découlent.
En tête de ces causes, comme la plus fréquente, la plus active, nousplacerons l’hérédité. Cette expression doit être prise ici dans un sens plus large que celui qu’on lui donne ordinairement : elle ne signifie pas seulement que la scrofule a été transmise directement des parents à leurs enfants , mais encore que certaines conditions défavorables de santé dans lesquelles se trouventles parents ont eu pour résultat la production de la scrofule chez les enfants. Des individus sains, d’ailleurs, peuvent donc donner naissance à des sujets scrofuleux. Ainsi agira la disproportion d’âge entre les époux : par exemple, le père est jeune et vigoureux, mais la femme est âgée de plus de quarante-cinq ou cinquante ans, c’est-àdire qu’elle est arrivée à une époque où la nature retire ordinairement aux femmes la faculté d’être fécondes, ou du moins de l’être fructueusement. Réciproquement, une femme jeune et forte unie à un vieillard, pourra mettre au monde des enfants scrofuleux. D’autres fois, il faut accuser ces mariages précoces qui, rapprochant des sujets à peine nubiles, donnent si souvent lieu à des produits faibles, étiolés, et condamnés d’avance à traîner une existence misérable et chétive. Ailleurs, ce sont des vieillards, et ici la conséquence ressort des faits que nous venons d’exposer. L’état de faiblesse, de mauvaise santé des parents, agit dans le même sens. On comprend, en effet, que la débilitation produite
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par des maladies longues et douloureuses, par des affections vénériennes répétées, par des excès de tout genre, n’est, en quelque sorte, qu’une vieillesse anticipée, et doit agir comme le ferait celle-ci. Ainsi, dans une foule de circonstances, les scrofules dépendraient de l’état de force et de santé des parents. Mais en est-il toujours ainsi? M. Lugol le pense ; mais nous avouons n’avoir pas été entièrement convaincus par les preuves nombreuses, d’ailleurs, qu’il apporte à l’appui de sa doctrine. Il est, suivant nous, des causes qui peuvent agir sur des individus nés sains, et déterminer chez eux l’apparition de la scrofule. Quelles sont ces causes ? C’est ce qu’il nous faut examiner ici.
L’action réunie du froid et de l’humidité peutelle engendrer la scrofule ? La plupart des auteurs sont d’accord pour répondre par l’affirmative ; quelques autres, cependant, et à leur tête M. Lugol, rejettent cette action, en l’absence des causes congéniales que nous venons d’énoncer. Il est une chose certaine, c’est que ces causes seules, et sans une prédisposition particulière, ne produisent pas la scrofule. Il en est ici de cette maladie comme de toutes les autres, qui ne se manifestent sous l’action des causes extérieures qu’ autant qu’il y a une aptitude organique pour en favoriser le développement; mais cette aptitude n’est pas toujours un fruit de l’hérédité. Ainsi , pour nous , l’habitation dans un lieu humide , froid et malsain , peut être une cause de scrofules , surtout s’il s’y joint l’absence de la lumière solaire. Il est certain que chez les enfants du peuple , élevés dans ces logements bas et sombres , comme sont malheureusement trop souvent les loges des portiers, et ces petites boutiques des fruitières, des charbonniers, etc., la plupart des enfants sont frappés de scrofules , on sait aussi que cette maladie se montre souvent chez les prisonniers placés dans des conditions analogues. La viciation de l’air est une cause qui agitdans le même sens. M. Baudelocque luiattribue la plus large part dans le développement de la scrofule ; mais nous pensons qu’il a beaucoup exagéré une chose vraie en elle-même. La viciation de l’air agira surtout quand elle se joindra à ces conditions d’habitation dont nous venons de parler ; alors, en effet, les phénomènes de la scrofule seront presque inévitables. J’en dirai autant d’une mauvaise alimentation : seule elle ne produirait certainement pas la maladie qui nous occupe, et la preuve, c’est que les paysans de certaines contrées, qui se nourrissent fort mal, mais qui vivent dans un air pur, sont sains et assez vigoureux. Mais, réunie aux influences débilitantes que nous passons en revue, elle s’ajoute nécessairement à leur action et la rend plus active et plus certaine. On le voit, prises isolément, ces différentes causes resteraient, sinon peut-être toujours, du moins le plus souvent, sans effet ; mais leur assemblage leur donne une incontestable puissance. Notons, en effet, qu’il n’est malheureusement que trop commun de rencontrer cette fâcheuse réunion d’un8 mauvaise nourriture et d’encombrement dans des lieux insalubres. Ajoutons, enfin, les chagrins, les passions tristes, compagnes inséparables de la misère, e t nous aurons dans cette dernière expression la cause positive, incontestable, de la scrofule dans un grand nombre de circonstances ; scrofules qui se transmettent sur-
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tout avec une extrême énergie par voie d'hérédité. De là cette perpétuité de la maladie dans certaines localités et dans certaines familles. Nous ne terminerons cependant pas ce paragraphe sans faire remarquer que la scrofule se montre parfois en l’absence des deux ordres de causes que nous venons d’énumérer. Ainsi, on la rencontre chez des enfants l° nés de parenls sains , 2° vivant au sein de l’aisance, et entourés de tous les soins de l’hygiène la mieux entendue et la plus scrupuleusement observée.
La maladie ne se déclare pas indifféremment à tous les âges : ainsi, elle est très-rare dans les deux premières années de la vie ; le plus souvent, c’est de deux ou trois ans à dix ou onze qu’elle se manifeste; elle est également très-commune de dix à vingt et même vingt-cinq ans. A cette époque, sa fréquence diminue avec les années; cependant plusieurs observateurs l’ont rencontrée chez des vieillards, à Bicètre et à la Salpêtrière, par exemple. Mais, d’une paît, ces cas sont rares; de l’autre, on voit qu’ils ont été rencontrés sur une population malheureuse. On a dit que le nombre des femmes scrofuleuses était plus considérable que celui des hommes, et on s’est appuyé sur des tableaux comparatifs pour le démontrer.
La plupart des auteurs qui ont écrit sur la scrofule ont donné, comme signe caractéristique de la prédisposition à cette maladie, le tempérament lymphatique (cheveux blonds , peau blanche et fine , teint rosé, cils très-longs, lèvres épaisses, etc.). Il suffit de jeter un coup d’œil sur une salle de scrofule ix pour être convaincu de la fausseté de cette assertion, admise sans examen et répétéesans critique. Plusieurs relevés faits à différentes époques dans le service de M. Lugol, et dont l’ensemble porte sur un total de 196 sujets, m’ont donné une moyenne de 5/8 en faveur des malades aux cheveux noirs ou châtain -foncé, à la peau brune, aux lèvres minces, à la consiitution sèche. On peut, je crois, se rendre compte de cette erreur en la considérant comme une proposition émise à priori , pour appuyer la théorie que les auteurs se sont faite de la scrofule. Cette maladie étant regardée par eux comme une affection du système lymphatique , elle devait nécessairement attaquer les tempéraments dans lesquels domine ce système. Enfin, il faut aussi tenir compte du climat dans lequel ou observe; car si l’on étudie la scrofule dans le Nord , on aura une majorité de blonds, tandis que dans les contrées méridionales, en Espagne, par exemple , le plus grand nombre des scrofuleux auront la peau brune et les cheveux noirs. Une forte preuve que la constitution lymphatique n’est pas une prédisposition aussi active qu’on l’a prétendu, c’est que, suivant la remarque du docteur J. Vaust (de Liège), la scrofule est très-rare en Hollande, dont les habitants présentent cependant le tempérament lymphatique à un degré très-prononcé ( Annales de la soc. de mèd. d’Anvers, mars 1846).
Tant què l’on a admis l’existence d’un virus scrofuleux, on a cru à la contagion de la maladie ; mais aujourd’hui des expériences que nous regardons d’ailleurs comme très-blâmables , et qui seraient criminelles si elles eussent réussi, ont démontré que l’on pouvait impunément inoculer du pus scrofuleux à des sujets sains, faire coucher ceux-ci avec
des sujets infectés, etc. . . Il n’y a donc pas contagion. Mais il est une sorte de contagion à laquelle nous attachons une importance réelle : c’estl’état de santé des nourrices. L’allaitement joue nécessairement ungrandrôle dans la santé future des enfants, et nous pensons que, chez un enfant d’une constitution déjà un peu délicate, le choix d’une nourrice malsaine, scrofuleuse ou cacochyme, peut entraîner les accidents de la maladie qui nous occupe. Il nous suffit de signaler un pareil fait pour en faire comprendre toute la portée et les conséquences qui en découlent.
Telles sont, en résumé , les causes qui , suivant nous , peuvent donner naissance à la scrofule : 1° l’hérédité, et nous nous sommes expliqués sur ce mot; 2° la réunion des conditions débilitantes, tels que l’habitation dans une localité basse, sombre, froide et humide ; la mauvaise nourriture, les ennuis, les chagrins etc. ; et 3° peut-être l’allaitement par une nourrice malsaine. Comme favorisant le développement de la maladie, nous citerons la jeunesse et le sexe féminin. Quant aux autres causes, tels que la dégénérescence du virus syphilitique, l’abus des purgatifs, la masturbation , etc. , nous les rejetons formellement et en masse. On a regardé certaines maladies, telles que les fièvres catarrhales, la dentition , les affections vermineuses , comme pouvant déterminer la scrofule ; c’est là une erreur : ces maladies sont communes à l’enfance, la scrofule aussi. Il y a donc simplement coïncidence. On a vu plusieurs fois la scrofule se déclarer à la suite de la rougeole, de la scarlatine, de la variole. Y a-t-il là un rapport de cause à effet ? Nous ne le pensons pas. Tout ce que l’on peut dire, c’est que le germe existant déjà daDS l’économie par le fait d’une des causes déjà indiquées, la perturbation apportée par la fièvre exanthématique en a favorisé la manifestation .U ne autre maladie, tell e qu’ u ne fièvre typhoïde, eût certainement agi de la même manière. M . Lugol a fait la curieuse remarque que les premiers accidents de scrofule se montraient parfois dans le cours d’une première grossesse. Quant aux idées ridicules qu’ont émises certaines personnes sur la prétendue influence du vaccin , il n’y a que l’ignorance ou la mauvaise foi la plus insigne qui aient pu enfanter une pareille assertion. Non, le vaccin n’a pas et ne peut avoir pour effet de produire la scrofule, et l’on pourra voir ailleurs (Y. Vaccine) que le vaccin pris sur l’enfant le plus malsain , sur un enfant rongé de scrofule , est aussi bon, aussi efficace que celui provenant d’un enfant bien portant.
Si nous nous sommes longuement arrêtés à l’étiologie, c’est que c’est, avec le traitement, la partie la plus importante de l’histoire de la scrofule.
Symptômes et marche. — Les premiers phénomènes de la maladie scrofuleuse se montrent d’ordinaire au printemps, soit brusquement, soit succédant à quelques accidents généraux, tels que l’abattement, la fatigue, l’amaigrissement, la perte de l’appétit et autres symptômes généraux qui annoncent l’existence d’un travail morbide intérieur dont il est impossible de préciser la nature. Au bout d’un temps variable, on voit apparaître différentes altérations locales, tels que les engorgements des ganglions du cou, des aisselles, des aines, des indurations celluleuses, des abcès froids dans différentes parties du corps, des gonflements articulaires, des
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tuméfactions sur le trajet des os des membres. En même temps, et pourvu que ces lésions ne soient pas trop multipliées, et surtout que les suppurations ne soient pas trop aboudantes, les symptômes généraux semblent s’améliorer : l’état fébrile irrégulier qui existait auparavant disparaît; l’appétit devient ordinairement assez vif. Arrivée à ce point, la maladie a une grande tendance à persévérer. Les lésions ne sont pas toujours bornées à une seule partie ; souvent, en même temps que les ganglions du cou sont engorgés, il y a, soit des caries, soit des abcès froids, etc., etc. La maladie dure ordinairement ainsi pendant plusieurs années. Si elle est très -légère, les accidents cessent ordinairement pendant l’été pour reparaître ensuite à l’automne, mais surtout à la fin de l’hiver. Si elle est plus grave, il y a seulement rémission des accidents pendant la saison chaude. Dans tous les cas, la maladie offre des alternatives diverses d’aggravation, de diminution, et enfin, au bout d’un temps parfois très-long, au bout de trois, quatre, six, huit, dix, quinze, vingt ans et plus, la maladie peut s’amender progressivement, et la santé se rétablir parfaitement. D’autres fois, elle fait des progrès continuels; des abcès, des fistules, des ulcérations s’établissent successivement dans différentes parties du corps; plusieurs os peuvent se carier, se nécroser, et le malade finit par succomber, en proie à un marasme profond, épuisé par des diarrhées et autres phénomènes de colliquation. Le plus ordinairement, il y a complication de tubercules pulmonaires, et, s’ils se sont ramollis en même temps que marchaient les autres accidents, le malade meurt phthisique. D’autres fois, chez les jeunes enfants surtout, c’est une méningite tuberculeuse qui termine la scène, etc.
Jetons maintenant un coup d’œil rapide sur les différentes lésions qui se montrent dans la scrofule. Nous les rangerons en deux classes ; nous placerons dans la première celles qui sont caractéristiques de la maladie, dans la seconde celles qui ne sont qu’accessoires.
I. Les accidents scrofuleux par excellence sont, 1 dans l’ordre de fréquence : 1° les tuberculisations ganglionnaires; 2° les engorgements celluleux et les abcès froids; 3° les exostoses, les caries et autres lésions du système osseux; 4° et enfin différentes affections de la peau.
A. L’engorgement des ganglions lymphatiques du cou est assurément la lésion la plus commune que présente la scrofule et qui lui sert comme de type. Elle est vulgairement connue sous le nom d’e'crouelles. Les Latins la désignaient par le mot strumœ, de struo, je construis, comme qui dirait monceaux, amas. Quelques auteurs les appellent adénites, du grec adên , glande. Ces glandes tuméfiées occupent ordinairement les parties latérales du cou, les alentours de la mâchoire inférieure; elles sont d’abord grosses comme de petites noisettes, isolées, roulant sous la peau, et peuvent rester ainsi stationnaires pendant des mois, des années. Mais, dans les cas graves, et c’est de ces derniers que nous devons nous occuper ici, les ganglions grossissent, se rapprochent les uns des autres, s’agglomèrent, et peuvent ainsi former sur les côtés du coudes masses du volume du poing. Quelquefois les deux côtés du cou sont envahis, et la tête offre un
aspect monstrueux ; tantôt il n’y a qu’un seul côté d’affecté, et la tête s’incline du côté opposé. Ces masses sont arrondies, bosselées, et on reconnaît très-bien au toucher la manière dont elles sont formées. Il arrive quelquefois que ces tumeurs finissent par se résoudre : alors la masse diminuede volume, elle se décompose ; les tumeurs qui la constituent se séparent, redeviennent petites, isolées, roulantes, et finissent par disparaître ; mais, le plus souvent, l’inflammation s’empare, d’une manière plus ou moins active, de quelques-uns des ganglions, les plus superficiels ordinairement; ils deviennent douloureux, la peau rougit au niveau de ce point, puis le ramollissement a lieu, la fluctuation se manifeste, et si l’on n’ouvre pas l’abcès avec l’instrument tranchant, la peau s’amincit, s’ulcère dedans ou dehors, se rompt, et il s’écoule un pus séreux mêlé de flocons blanchâtres, et dont l’aspect a été fort exactement comparé à du petit-lait non clarifié. Quand l’inflammation a été vive, le pus est plus épais, plus crémeux, mais toujours floconneux. Il est rare que la peau se recolle immédiatement ; il y a presque toujours une suppuration qui se prolonge pendant longtemps. D’autres ganglions se ramollissent également, et le pus s’écoule par la première ouverture restée fistuleuse. Il y a souvent ainsi, sur les parties latérales du cou, des trajets fistuleux, des décollements delà peau, des ulcérations, etc., dont la guérison est très-difficile à obtenir, et qui laissent à la suite des cicatrices plus ou moins difformes , mais toujours indélébiles.
Ce que nous venons de décrire pour le cou peut avoir lieu pour les ganglions des aisselles ou des aines. Ajoutons que les traînées ganglionnaires cervicales peuvents’étendrejusque dans la poitrine. Enfin, quand ce sont les ganglions du mésentère qui sont affectés, la maladie prend le nom de Carreau (Voy. ce mot).
Quant aux lésions anatomiques que présentent les ganglions ainsi altérés, on les trouve d’abord gonflés, rougeâtres, puis ils prennent l’aspect de la châtaigne ; enfin, dans l’immense majorité, sinon dans la totalité des cas, on y reconnaît la matière tuberculeuse (V. Tubercule).
B. Engorgements celluleux et abcès froids. — Il se forme dans différentes parties, sur le tronc, dans le trajet des membres, etc., des tumeurs d’abord petites et fermes qui augmentent peu à peu de volume, et finissent quelquefois par devenir assez grosses; puis, au bout d’un temps qui peut être trèslong, ces tumeurs se ramollissent avec lenteur du centre à la circonférence, se transforment en pus, et la peau s’étant amincie et rompue, il en sort un liquide analogue à celui dont nous avons parié plus haut, une sorte de petit-lait trouble. Ces abcès donnent également lieu à des fistules, à des ulcérations plus ou moins étendues, avec décollement de la peau, etc. (V. Fistules, Ulcères.)
C. Maladies des os et des articulations. — On trouvera aux mots Carie, Os, Tuberculeux Tumeurs blanches , l’indication détaillée des lésions dont les os et les articulations peuvent être le siège par le fait de la scrofule.
D . A ffections de la peau. —Elles consistent presque toujours dans laforme tuberculeuse et rongeante qui a été décrite aumotesthiomène. Quant aux autres formes, elles sont plus rares, et n’appartiennent
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pas exclusivement à la scrofule. Ainsi, les différentes sortes d’herpès, la teigne, se montrent souventchez les scrofuleux, ou compliquent assez communément les affections spéciales quenous venons de rappeler. Mais c’est là une simple complication qui peut être aggravée, au reste, et rendue plus opiniâtre par le fait de la maladie principale. (V.Esthiomène. Herpès, Teigne.)
II. Les phénomènes secondaires ou accessoires de la scrofule consistent surtout dans différentes affections des membranes muqueuses. Rien n’est plus commun, en effet, que les irritations, mais surtout avec sécrétion des différentes muqueuses, dans la maladie qui nous occupe. Tantôt ce sont des ophthalmies avec épaississement et induration du bord des paupières, chute des cils, etc. ; tantôt des coryzas chroniques, des écoulements par les oreilles, des embarras gastriques, des diarrhées plus ou moins fréquentes, plus ou moins abondantes, des écoulements leucorrhéiques chez les femmes, et souvent chez les jeunes filles, bien avant la puberté. Ces lésions ne sont pas essentielles à la maladie scrofuleuse, mais elles s’y rattachent fort souvent , soit la précédant , et pouvant quelquefois faire craindre son imminence sur des sujets prédisposés, soit l’accompagnant, et compliquant les accidents plus graves dont nous avons parlé.
M. Dubois d’Amiens a cru reconnaître que le sang des scrofuleux à un état avancé était plus séreux, plus diffluent, moins coagulable ; que la matière colorante paraissait être en dehors des globules, et que les globules lenticulaires semblaient altérés dans leur forme, les sphéroïdaux étant sains. Ce sont là des faits a vérifier de nouveau. On a signalé l’acidité de la plupart des sécrétions. Chez les sujets scrofuleux, dont la santé générale n’a pas été ébranlée, les urines sont en moindre quantité, plus acides, plus odorantes, plus pesantes, contenant parfois un peu d’albumine; et quand les sujets sont dans l’état cachectique, l’urine estpâle, aqueuse, plus légère que dans l’état sain (Becquerel).
Tels sont d’une manière assurément bien abrégée, bien incomplète, les principaux phénomènes que présente la scrofule. Nous regrettons vivement que les bornes étroites qui nous sont imposées ne nous permettent pas de donner à cette immense question une partie seulement des développements dont elle est susceptible.
Pronostic. — La scrofule est assurément une maladie fort grave ; un grand nombre de sujets sont emportés par les lésions dont nous avons parlé, et, parmi ceux qui guérissent, il en est beaucoup qui conservent toute leur vie, outre les traces matérielles de l’affection (cicatrices, taies à la cornée, ankylosés, etc.), une santé frêle, débile; presque tous, enfin, ont le funeste privilège de transmettre à leurs enfants la maladie dont ils sont eux-mêmes débarrassés. Ainsi, la maladie détruite dans l’individu se reproduit dans l’espèce par la génération. C’est donc une chose grave à considérer dans le mariage, que la question de savoir si l'un des deux époux a été affecté de scrofules ; car il doit s’en suivre une postérité vouée d’une manière en quelque sorte nécessaire aux cruels accidents de ce fléau de l’espèce humaine.
Traitement. — Il a pour but de guérir la maladie chez les sujets malades, et de la prévenir chez ceux
que 1 on peut croire menacés. Comme le traitement préventif ou prophylactique est aussi très-utile clans le traitement de la scrofule , nous en parlerons à la fin, sous le titre de Soins hygiéniques ; car c’est, en définitive, à cela qu’il se réduit
Traitement médicamenteux. — Il consiste surtout dans l’emploi de toniques; ainsi, tous les médecins mettent les scrofuleux à l’usage des tisanes amères, de houblon, de gentiane, de pensée sauvacre, de centaurée, etc., etc.; des sirops ou vins antiscorbutiques , de quinquina et de gentiane. Une foule de préparations ont été conseillées comme spécifiques. Ainsi, on a vanté les ferrugineux, et dans quelques cas, associés à d’autres substances, il ont fourni d’assez bons résultats ; mais seuls ils seraient manifestement insuffisants. Le chlorure de baryum a été préconisé par M. Baudelocque, qui l’administre à la dose de 5 à 20 ou 25 centigrammes à l’intérieur. Pendant notre internat dans le service de M. Baudelocque , nous avons suivi avec soin l’administration de ce remède qui, manié avec habileté par ce praticien distingué, fournit d’excellents résultats. Mais, de tous les moyens indiqués contre la scrofule, le plus actif est assurément l’iode; et dans le traitement delà maladie qui nous occupe, c’est encore à lui que j’accorde la préférence. Son action sur l’estomac n’est pas aussi irritante que certaines personnes l’ont dit, et que je le croyais moi-même, avant de l’avoir vu employer à l’hôpital Saint-Louis, sur des centaines de malades, par M. Lugol qui, le premier, a régularisé et systématisé son emploi.
L’iode, donné à l’intérieur en solution aqueuse (V./or/e), excite l’appétit, favoriseles digestions souvent si laborieuses chez les scrofuleux, et ce n’estque dans des cas bien rares que des douleurs épigas» triques, des accidents d’irritation intestinale obligent d’en suspendre l’emploi. Mais c’est surtout dans son emploi extérieur que ses avantages sont marqués : en lotions sur les yeux affectés d’ophthalmie, en injections dans les trajets fistuleux et les foyers d’abcès froids, en bains locaux dans les cas de tumeurs blanches, enfin comme caustique pour toucher les ulcérations des paupières et de la peau, les tubercules qui constituent la scrofule cutanée et l’esthiomène. La marche du traitement par l’iode peut être partagée en deux périodes : l’une, assez courte, d’un mois à six semaines, par exemple, dans laquelle les symptômes diminuent rapidement, et même, dans certains cas, de plus de moitié; l’autre, beaucoup plus longue, de plusieurs mois, quelquefois même de plusieurs années, dans laquelle l’amélioration suit une marche lente, progressive, quelquefois interrompue par des exacerbations ou un état stationnaire, à la suite desquels elle reparaît de nouveau si le malade doit guérir. Dans des cas plus rares, onaobserve tout le contraire : un, deux et même trois mois se passent sans que la maladie reçoive des modifications sensibles de la part du traitement; puis, tout-à-coup, et comme si l’économie y eût été sourdement préparée, on voit la maladie marcher avec promptitude vers la guérison.
Un moyen employé pour la première fois par M. Borson de Chambéry, et qui paraît destiné à rendre des services réels dans le traitement de la scrofule, c’est l’infusion de feuilles de noyer (une pincée pour 25 grammes d’eau) ; on l’extrait de
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cette plante à la dose de 40 à 80 centigr. M. Négrier, professeur fort distingué de l’école d’Angers, en a retiré d’excellents résultats , que la pratique de M. Guersent a confirmés; mais ces praticiens conviennent que l’action se manifeste avec une extrême lenteur.
Toute l’Allemagne a retenti des éloges prodigués par une foule de médecins à une drogue, fort déi $ goûtante d’ailleurs, l’huile de foie de morue. Cependant, en faisant la part de l’exagération, il est certain que l’huile de foie de morue est utile chez les individus attaqués de scrofules, particulièrement en fortifiant la constitution. Ainsi, associée à un traitement local par l’iode, elle pourra triompher de certains cas rebelles à d’autres moyens. Il est important, dans une maladie d’aussi longue durée que la scrofule, d’avoir à son service un certain nombre de moyens efficaces ; car le traitement devant souvent durer plusieurs années, on peut alors varier les médications sans laisser à l’économie le temps de s’habituer à aucune d’elles. L’huile de foie de morue étant très- désagréable à prendre, pourra être donnée en capsules, comme on fait pour le baume de copahu.
Peut-on user des émissions sanguines chez les scrofuleux? Rarement, très-rarement même, et seulement quand il y a indication urgente ; elles sont inutiles ou nuisibles chez les individus affaiblis, chez ceux qui portent d’abondantes suppurations. Les exutoires (cautères, sétons, vésicatoires) peuvent être avantageux chez les sujets bouffis , lymphatiques, ou chez lesquels on vient, en peu de temps, de tarir une suppuration abondante et qui avait déjà une date ancienne.
Il y a, dans le traitement général de la scrofule, quelques indications réclamées par certaines com plications particulières à cette maladie. Ainsi, les scrofuleux sont pris quelquefois de maux de cœur, d’envies de vomir, avec digestions lentes et pénibles. Ces symptômes n’ont nullement le caractère inflammatoire ; la langue est blanche, plate, molle; le pouls est lent et dépressible. Ici les rafraîchissants et les antiphlogistiques seraient plus nuisibles qu’utiles; et on emploie avec succès, dans cette variété de l’embarras gastrique, le tartre stibié à dose vomitive. D’autres fois, ce sont des diarrhées muqueuses, qui cèdent très-bien à l’emploi des toniques, tels que la rhubarbe et le quinquina. Une indication d’une très-grande importance, c’est de purger de temps en temps le malade avec l’eau de Sedlitz, de Pullna, le sulfate de magnésie ou tout autre sel cathartique qui produit l’effet désiré sans fatiguer les malades.
Relativement aux moyens locaux à employer dans les différentes lésions de la scrofule, ce sont ceux qui sont réclamés par la lésion elle-même ; c’est, en d’autres termes, le traitement des tumeurs indurées , des abcès, des caries, des tumeurs blan- ' ches, de l’esthiomène, de l’ophthalmie, etc. (Voy. ces différents mots.)
' 2° Traitement hygiénique. Dans notre con-
viction bien sincère, les médicaments, fort actifs d’ailleurs, que nous avons passés en revue, seraient presque sans résultat si l’on n’y joignait les soins d’une hygiène bien entendue. Le malade sera placé à la campagne, dans un endroit sec et élevé, exposé aux rayons du soleil. Il devra faire, le plus souvent