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dans le sac lacrymal, à sa partie inférieure. Entre les deux points lacrymaux se trouve la caroncule lacrymale, qui est ce petit tubercule rosé qui occupe l’angle interne de l’œil. Le sac lacrymal est placé à la partie interne de l’œil, dans une gouttière formée par les os unguis et l’apophyse montante de l’os maxillaire. La partie supérieure de ce sac est sans ouverture, il reçoit les larmes qu’il transmet par sa partie inférieure dans le canal lacrymal, nommé aussi canal nasal et qui s’ouvre dans le méat inférieur des fosses nasales.
Il est facile de voir par cette description le chemin que parcourent les larmes ; elles sont sécrétées par la glande lacrymale , épanchées au-devant del’œiljlapartiequi n’est point enlevéepar l’évaporation est absorbée par les poiutslacrymaux;elles descendent ensuite parle sacetle conduit lacrymal dans les fosses nasales, où elles se perdent par l’évaporation au moyen de l’air qui traverse continuellement ces parties. Aussi lorsque l’on pleure abondamment, et ce fait s’observe surtout chez les enfans , en même temps que l’on voit couler les larmes sur les joues, on les voit aussi couler par les narines, mêlées au mucus que contiennent ces parties (Y .Larmes).
Lorsque les points lacrymaux sont bouchés ou que l’absorption des larmes ne peut plus avoir lieu , cette maladie produit un écoulement continuel des larmes sur les joues qui a reçu le nom d’épiphora. L’occlusion du canal nasal ou du saclacrymal donne lieu au même inconvénient en même temps qu’il détermine un gonflement situé audedans de l’angle interne de l’œil, qui a reçu le nom de tumeur lacrymale : lorsque cette tumeur qui est formée par l’accumulation des larmes dans le sac lacrymal s’ouvre au-dehors elle forme alors une fistule lacrymale et les larmes se répandent sur la joue par celte ouverture. (Voyez, pour le traitement de cette affection, le mot Fistule).
J. -P. Beaude.
lactate ( chim .) s. m. C’est un sel formé par acide actique et une base. (V. Lactique, acide.) lactine-Nohi donné au sucredelaît(V .ce mot).
. lactation (V. Allaitement).
lacté, ée {anat.) adj. qui ressemble ou qui a apport au lait. On donne le nom de vaisseaux lacés aux vaisseaux qui, dans les intestins grêles, pomlent le chyle pour le verser dans le canal thora- :ique. (V. Digestion.) lactescent. V. au Supplément.
lactique (Acide) [chim.) s. m. de lac, lactis
ait,acidedu lait. Onadonnélenomd’acidelactiqueà n acide qui se rencontre fréquemment dans les Usas animaux et dans quelques substances végètes mais qui est principalement produit par la îrmentation du lait; c’est à Scheele que l’on en oit la découverte : en 1780 il annonça sa preence dans le petit-lait aigri; depuis on a constate ue l’acide lactique peut se développer dans le uc de betterave abandonné pendant assez long- 3mps à la fermentation, dans l’eau de riz, dans infusion de noix vomique mise dans les memes onditions. L’eau sûre des amidonmers, qui est
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le produit de la fermentation des grains qui ont servi à faire l’amidon, contient également del’acide lactique. Pour obtenir cet acide, on le salure par une base dans les liquides qui le tiennent en suspension, telle que la chaux, la soude etc.; la chaux est la base qui sert à l’extraire des eaux des amidonniers, d’où on l’a retiré en grand dans ces derniers temps et depuis quelelactate de fer est devenu un médicament si employé; il se forme dans ce cas un lactate de chaux très-soluble dans l’eau bouillante, qui , lorsque l’on a rapproché le liquide, cristallise par le refroidissement en aiguillettes blanches , très - courtes , qui forment comme des aigrettes. Le lactate de chaux dissout de nouveau peut être décomposé par l’acide oxalique qui forme un oxalate de chaux indissoluble et qui laisse l’acide lactique à nu. Lorsqu’il est pur, cet acide est solide , incolore, inodore, d’une saveur très-acide ; il est soluble en toute proportion dans l’eau et l’alcool; chauffé aune température élevée, il se sublime en partie, tandis qu’une portion se décompose.
Jusqu’à présent le prix de l’acide lactique avait été très-élevé , car il n’existe qu’en très-petite quantité dans les substances dont nous avons parlé; mais on doit à MM. Boutron-Charlard et Frémy des recherches sur la fermentation du lait et sur la production de l’acide lactique, qui, en éclairant la science sur ce sujet, ont indiqué la manière de se procurer cet acide en grande proportion.Dans un travail très-important, publié dans le cours de l’année 1841 , ils ont démontré que c’est le caséum qui est l’agent de la fermentation du lait, que c’est lui qui , lorsque le lait est exposé à l’air, convertitle sucre de lait en acide lactique, que l’action du caséum n’est arrêtée que lorsque l’acide est combinée avec lui, que l’on peut lui restituer ses propriétés en saturant l’acide lactique avec du bicarbonate de soude, et que le caséum dans ce cas peut convertir une quantité indéfinie de sucre de lait en acide. Nous allons, pour plus de clarté , donner ici le procédé de MM. Boutron et. Frémy tel qu’ils l’ont eux-mêmes indiqué : on prend trois ou quatre litres de lait dans lesquels on verse deux ou trois cents grammes de sucre de lait; on abandonne la liqueur à l’air dans un vase ouvert pendant quelques jours, à la température de 15 à 20degrés centig.; on reconnaît, après ce temps, que la liqueur est devenue très-acide; on la sature alors par du bicarbonate de soude; après 24 ou 36 heures elle redevient acide, on la sature de nouveau,et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le sucre de lait soit converti en acide lactique. Quand on juge que la transformation est complète, on fait bouillir le lait pour coaguler le caséum , on filtre et on évapore le liquide en consistance sirupeuse, avec précaution et à une température peu élevée. Le produit de l’évaporation est repris par l’alcool à 38 degrés, qui dissout le lactate de soude. On verse alors dans cette dissolution alcoolique de l’acide sulfurique qui forme un sulfate de soude qui se précipite, et la liqueur filtrée et évaporée donne de l’acide lactique presque pur qui peut être purifié encore en le saturant par la craie et précipitant par l’acide oxalique. Quoique M. Magendie ait conseillé
en médecine l’emploi d’une limonade faite avec l’acide lactique, cet acide n’est presque pas employé, et c’est surtout à la préparation du lactate de fer qu’il sert aujourd’hui.
Le lactate de fer se prépare, suivant un procédé indiqué par M. Béi'al , en mettant l’acide lactique dissout dans l’eau en contact avec de la limaille de fer et portant le liquide à l’ébullition pendant 6 à 8 heures ; on obtient par le refroidissement le lactate de fer en poudre blanche cristalline, que l’on sépare du fer en excès et que l’on lave par l’alcool. Le lactate de fer est une des préparations ferrugineuses les plus employées aujourd’hui. (Y. Fer.) J.-P.Beaude,
Médecin inspecteur des établissements d’eaux minérales et membre du conseil de salubrité.
lait ( physiol hyg.), s. m. C’est la liqueur sécrétée par les glandes mammaires des femelles des animaux appartenant à la classe des mammifères, et qui est destinée par la nature à constituer le premier aliment de leurs petits. Ce principe, qui ne souffre que des exceptions très-peu nombreuses, explique pourquoi la vie des mamelles s’éveille à l’époque de la puberté en même temps que celle de l’utérus, et pourquoi aussi la sécrétion du lait commence à la fin de la gestation lorsque le fœtus s’apprête à se séparer de la tige maternelle pour vivre de sa vie propre. C’est ainsi que chacun sait que c’est une liqueur blanche ou légèrement jaunâtre , d’une saveur douce un peu sucrée , d’une odeur faible et variable, suivant l’animal dont il provient, et un peu plus dense que l’eau. Homogène au moment de la sortie de la mamelle, il ne tarde pas à s’altérer et à se partager en trois substances bien distinctes ; cette séparation est d’autant plus complète que le vase est plus large, le repos plus parfait et la température plus voisine de 10 à 12 degrés cent.
D’abord, le lait se recouvre d’une couche plus ou moins épaisse d’une matière grasse, plus jaune que le lait et plus consistante, c’est la crème, qui doit ses propriétés au beurre qu’elle contient, mais qui retient aussi beaucoup de lait. Le lait écrémé acquiert bientôt une acidité sensible et se décompose lui-même en caséum qui se sépare et se précipite lentement sous la forme de flocons et en un liquide appelé sérum; celui-ci a une saveur légèrement acide et sucrée qu’il doit à de l’acide lactique et à une substance connue sous le nom de sucre de lait, qui s’y trouve toujours en faible proportion.
Outre cette décomposition, le lait, placé dans des circonstances favorables, peut encore éprouver une fermentation véritable avec production d’alcool et d’ammoniaque. On savait depuis longtemps que les peuplades delà Tartarie extrayaient une espèce d’eau-de-vie du lait de leurs juments, elPallas était même entré dans des détails fort complets à cet égard ; mais les expériences de MM.Deyeux et Parmentier ont mis ce fait hors de doute ; le lait, en quantité suffisante et renfermé dans un vase profond, peut, sans l’addition d’aucun levain étranger, se décomposer en dégageant de l’acide carbonique et produisant une petite quantité d’alcool.
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M. Gay-Lussac est parvenu à empêcher ces deux sorles de décompositions en chauffant chaque jour du l’ait jusqu’au degré de l'ébullition; mais après un certain nombre de ces opérations, le lait, abandonné à lui-même, éprouva la fermentation putride. Reprenons maintenant en détail l’étude de ces phénomènes et de ces divers produits, en choisissant le lait de vache pour type ; nous dirons ensuite, en traitant de chaque espèce de lait en particulier, en quoi ils diffèrent ou se rapprochent d*e cet modèle.
La crème que Ton recueille est employée à faire le beurre. Pour cela on la verse dans une baratte, où on la soumet à une violente agitation qui en sépare le beurre , et il reste un liquide appelé lait de beurre, souvent employé comme adoucissant. Le beurre, avec quelque précaution qu’on le lave, relient toujours un peu de lait et par conséquent de caséum ou fromage qui, en se décomposant, altère ce premier produit et lui fait contracter une saveur rance et insupportable due à la présence de l’acide butyrique; on peut, jusqu’à un certain point, prévenir cette altération par divers procédés, dont les plus usités sont les deux suivants : on fait fondre le beurre frais et on le coule dans des pots de terre bien secs d’une forme allongée et à ouverture étroite; de cette façon le beurre nra le contact de l'air que sur une petite surface, et l’altération ne peut se propager bien avant; ou on le mélange avec du sel, qui sature l’eau et le sérum dont le beurre est imprégné et leur ô!e ainsi la faculté de dissoudre de l’oxygène. Le lait écrémé est plus dense, plus fluide cependant et a une teinte bleuâtre. Il peut se cailler spontanément avec une rapidité très-variable suivant les circonstances de température et l’état électrique de l’air; l’on sait avec quelle facilité le lait tourne dans les temps d’orage. Si on le soumet à l’action de la chaleur, il se forme bientôt à sa surface une pellicule de caséum coagulé qui augmente rapidement d’épaisseur et de consistance , au point de mettre obstacle au dégagement des vapeurs dans l’air. Celles-ci , emprisonnées par celte vésicule , nommée improprement la crème, et s’accumulant au-dessous d’elle, la soulèvent et produisent ce que l’on appelle la montée du lait.
La présence d’un acide ne manque jamais de faire cailler le lait ; c'est à la présence de l’acide lactique qu’est due sa décomposition spontanée. Mais, de tous les moyens employés pour obtenir la séparation complète du caséum, le meilleur est l’usage de la présure, substance qui se recueille dans l’estomac des veaux et des agneaux encore à la mamelle et dont le lait caillé fait la base. Du reste, on n’est pas encore complètement éclairé sur les circonstances de celle réaction. L’acide que contient la présure n’y entre pour rien, car on ne lui ùte pas sa propriété en la mêlant avec un excès de potasse. De plus , la membrane muqueuse gastrique de ces animaux possède aussi ce pouvoir, même après avoir été lavée avec soin et séchée. Le caséum forme la base du fromage ; au moment de sa précipitation, il renferme les quatre cinquièmes de son poids d’eau. On peut l’en débarrasser en grande partie par la pression et la dessication au
grand air. Il acquiert alors une couleur jaunâtre , un éclat gras, une demi-transparence et devient susceptible, en cet état, d’une assez longue conservation , quoique ses élémens continuent à réagir les uns sur les autres en produisant des acides gras , Ta substance cristallisée découverte par M. Braconnot, qui l’a nommée aposépédie , et enfin une huile âcre particulière à laquelle les vieux fromages paraissent devoir leur sav eur. Le liquide qui reste après la séparation du caséum est ce qu’on appelle le petit-lait. Il contient de l’acide lactique, du sucre de lait et quelques sels qui sont du chlorure de sodium et des lactales , phosphates et sulfates de potasse de soude, de magnésie et de fer. Pour obtenir le sucre de lait, il suffit d’évaporer le sérum; celte substance se dépose sous la forme de petits cristaux réguliers, blancs, croquant sous la dent et d’une saveur légèrement sucrée : elle est soluble dans trois fois son poids d’eau bouillante; les acides la transforment en sucre de raisin ; enfin, quoiqu’il soit impossible de lui faire éprouver la fermentation quand elle est isolée des autres élémens du lait, il parait certain qu’on doit lui attribuer leprincipal rôle dans l’altération fermentative qui peut se développer dans ce liquide animal. Le sucre delait n’a presque aucun emploi en médecine, si ce n’est dans la médecine dite homœopatique, qui s’en sert comme d’une substance tout-à-tait inerte pour faire l’office de véhicule. A cet effet, on forme de petits grains de la grosseur d’un grain de millet que l’on imprègne de la dissolution à administrer.
L acide lactique peut être obtenu en traitant par la chaux le petit lait aigri et saturant le lactate au moyen de l'acide oxalique qui précipite la chaux et met l'acide en liberté. 11 a été employé par M. Magendie dans des cas de dyspepsie. (V. Lactique (Acide)*
Telie est la composition du lait de vache et la nature des produits qu’il peut fournir. Je n’ai pas donné la proportion de ces produits, parce qu’elle paraît susceptible de varier beaucoup suivant une multitude de circonstances, surtout celle de la crème et du beurre. Suivant M. Rarruel, il n’en est pas de même du caséum, dont la quantité dans lelait de vache serait toujours d’un dixième à peu près du poids total. MM. Parmentier et Deyeux, dans l’étude longue et consciencieuse qu’ils ont faite du lait de vache, sont arrivés à quelques règles suffisamment générales sur les causes qui peuvent faire varier la composition du lait. La première et la plus importante, c’est l'époque du part. Peu de temps avant et après ce terme, le lait offre des propriétés si particulières, qu’on a dû lui donner un nom spécial, c’est le colostrum liquide demi transparent, jaunâtre, visqueux, filant, de saveur fade. Par le repos, il se recouvre d’une crème jaune épaisse, onctueuse, en proportion triple de ce qu’elle est dans le meilleur lait; elle fournit un beurre gras, ferme et abondant. Le liquide écrémé ou non se coagule par la chaleur , les acides et l’alcool, à la manière de l’eau albumineuse, mais cet effet n’a pas lieu avec la présure. Tels sont les caractères assignés au colostrum par les deux savans nommés ci-dessus ; à mesure que l’on s’éloigne de l’époque de la parturition, sa composition se
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rapproche déplus en plus de celle du lait ordinaire.
Une seconde circonstance, qui agit puissamment sur la proportion des élémens du lait., est l'intervalle que l’on met entre les traites. Ainsi, d’après l’observation de MM. Deyeux et Parmentier, le lait d’une vache, traite une seule fois en vingt-qualre heures, est moins abondant et plus riche en beurre que. celui que l’on obtient quand on répète celte opération jusqu’à trois fois dans le même espace de temps. Bien plus, dans une même traite, le premier lait est. toujours plus séreux que le dernier, qui se rapproche de l’état de crème pure. Enfin, le lait des trayons de derrière contient plus de substance nutritive que celui fourni par les trayons antérieures. M. Peligot a récemment fait une étude approfondie du lait d'ânesse, et il a trouvé que ce lait est d’autant plus pauvre, sous tous les rapports, que l’on met plus d’intervalle entre les traites. Entre le lait d’une heure et celui de vingt-quatre heures, la proportion des élémens solides descend de 11 à 8 pour 100.
L’alimentation prend toujours une part importante dans les modifications que le lait peut éprouver. L’on sait depuis longtemps que l’absinthe le rend amer; le thym, l’ail lui communiquent leur odeur ; la gratiole une propriété purgative; lagarance le rougit. Une nourriture abondante, solide et tonique augmente sa qualité et sa quantité.
D’autres causes peuvent encore agir sur la nature et la propriété du lait , mais nous allons en parler en traitant du lait de femme. Celui-ci est moins dense, plus trans lucide et plus doux que le lait de vache ; il fournit une crème plus abondante, plus blanche et moins dense qui contient tantôt un corps de la consistance du beurre de vache, tantôt un beurre blanc-jaunâtre d’une consistance moindre, et qui, après avoir été isolé par l’agitation, se sépare enune couche qui surnage le lait-de beurre. Le lait écrémé est transparent et a peu de consistance. Il contient peu de matière caséeuse , ce qui fait que le caillé ne se sépare pas en masse comme dans le lait de vache , mais en flocons isolés. Évaporé à siccité, il donne des cristaux de sucre de lait dont le poids est en général, par rapport ,.à celui du lait, comme 2 à 100. Du reste, aucun lait n’est plus susceptible de variation que celui de femme; c’est du moins ce qui résulte des observations de MM. Parmentier et Deyeux, qui ont pu observer à lafoisplusieurs nour-, rices placées dans des conditions aussi semblables que possible . En effet, non seulement l’âge, le tempérament, le régime modifient les qualités du lait , mais les émotions morales s’ajoutent ici aux causes physiques que nous venons d’énumérer, et méritent d’être prises aussi en considération. Le chagrin appauvrit le lait, la colère lui donne instantanément des propriétés tellement fâcheuses que l’on a plusieurs exemples d’enfans morts dans des convulsions pour avoir té:é un lait altéré récemment par un accès de colère. Je dois ajouter que quelques substances jouissent certainementde la propriété d’augmenter le lait, telles sont les lentilles et l’eau dans laquelle on a fait tremper de là morue pour la dessaler; cette eau de morue , comme on l’appelle , , par, ait jouir
d’une activité toute spéciale, et est fort employée en Amérique avec beaucoup de succès non-seulement pour accroître la sécrétion laiteuse, mais encore pour la rappeler même après une longue suppression. Enfin, une dernière circonstance altère profondément les propriétés du lait, c’est la conception ; quoique l’on ait vu des femmes continuer à allaiter avec succès pendant la gestation, il est infiniment plus commun d’être averti de cet état par le dommage que le nourrisson éprouve. Aussi, chez quelques anciens peuples, les époux vivaient-ils scrupuleusement séparés l’un del’autre pendant tout le temps que durait f allaitement.
La menstruation parait exercer une action analogue sur le lait, avec cette différence que l’altération qui en résulte est passagère, au lieu d’être durable, comme celle qui dépend de la grossesse. Aussi, dit-on généralement qu’une bonne nourrice n’est jamais réglée; quelques exceptions que l’on peut citer n’infirmeront pas cette règle, conforme d’ailleurs aux données physiologiques.
Le lait d’ânesse est celui de tous qui se rapproche le plus du lait de femme. Il en a l’aspect; il fournit un beurre mou, blanc, insipide; il contient peu de caséum et quatre pour cent de sucre de lait. On conseille son usage en médecine; nous aurons occasion d’y revenir.
Le lait de jument a plus de consistance que le lait de femme, mais moins que le lait de vache. Par le repos, il se recouvre d’une couche mince de crème claire et jaunâtre dont on ne peut que très-difficilement extraire le beurre. Le caséum est fort peu abondant et le sérum contient à peu près 8 pour 100 de sucre de lait. On sait que les Tarlares retirent du lait de jument fermenté une boisson alcoolique appelée koumiss. Pour déterminer plus aisément le mouvement fermentatif, ils renferment le lait dans des outres de peau qu’ils ne nettoient jamais : condition très- efficace pour produire ce : genre de décomposition.
Le lait de brebis est analogue au lait de vache. La crème, qui est blanche-jaunâtre, abondante,
, donne beaucoup d’un beurre pâle et de peu de consistance.-Sur mille parties, il renferme, suivant Luiscius et Bondt : crème 115, beurre 58, caséum 153, sucre;42. C’est avec ce lait que l’on fabrique le fromage de Roquefort.
Le lait de chèvre ressemble aussi au lait de vaiche, quan Là la couleur et à la consistance; mais il i possède presque toujours une odeur et une saveur ! hircine qui répugne. Sa crème est d’un blanc mat, épaisse et d’une saveur douce; on en extrait facilement du beurre ferme et blanc, qui peut se conserver longtemps en raison de ce qu’il ne retient ipas de caséum. Suivant M. Payen, sur 1000 parties, il est composé de beurre 41 , caséum 45, sucre de ilait et sels 58.
Le lait des animaux carnassiers a des propriétés toutes différentes de celui des herbivores. Abandonné à luûmêrae, aulieu de s’acidifier, il devient ammoniacal et éprouve la fermentation putride. Ennourrissantunechiennede substances végétales, on est parvenu à changer complètement la nature de son lait età prendre tout à fait, analogue à celui des herbivores.
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Usage et conservation du lait. — Nous n’avons pas à nous occuper du lait considéré comme aliment exclusif de la première enfance ; l’article Allaitement contient tout ce qu’i! est utile de connaître à cet égard. Dansles âges suivants, cette substance entre encore pour une proportion assez grande dans la nourriture, pour qu’il soit nécessaire de bien se rendre compte de l’influence qu’elle exerce sur l’économie. Le lait est adoucissant et relâchant : c’est pour cela qu’il produit tantôt un peu de constipation, tantôt une diarrhée légère, suivantl’état du canal intestinal; il dispose à l’embonpoint en détendant les tissus. Tous les estomacs ne s’en trouvent pas également bien. Quand on éprouve quelque peine à le digérer pur, l’addition d’une infusion de thé ou de café remédie à cet inconvénient. Le lait est souvent employé en médecine, où il rend de bons et de précieux services; mais dans ce cas on ne l’administre jamais pur. On le coupe avec de l’eau, ce qui constitue l’hydrogala, ou bien avec de la bière, comme il est d’habitude en Angleterre, où l’on fait un grand usage de ce mélange, soit avec l’eau de Seltz, les liqueurs ferrugineuses, l’eau des sources minérales; dans tous ces cas, son utilité consiste à mitiger par ses qualités adoucissantes l’âcreté des substances médicamenteuses auxquelles on l'associe. Les boissons laiteuses sont extrêmement utiles dans le cours des maladies chroniques de la poitrine ou du canal intestinal. On possède des observations de gouttes opiniâtres, d’épilepsies anciennes et d’hydropisies ascites , guéries radicalement par l’usage exclusif du lait continué avec persévérance. Mais, depuis Hippocrate, qui l’a constaté le premier, jusqu’à nos jours, l’expérience a toujours démontré qu’il ne convenait pas dans les fièvres essentielles et aiguës. Pendant le cours des affections typhoïdes , il augmenterait la tendance des liquides à la putridité, ce qui doit le faire rejeter par le praticien. Enfin, il est d’usage dans le peuple d'administrer lelait dans tous les cas d’empoisonnement; on le regarde comme l’antidote par excellence. Le fait est que ses propriétés adoucissantes le rendent toujours fort utile dans ces circonstances, quand un poison irritant a enflammé l’estomac; mais les seules substances vénéneuses dont il neutralise réellement l’action funeste sont le sulfate de zinc et le proto-chlorure d’étain, le sel d’étain du commerce , avec lesquels il forme des précipités insolubles et tout-à-fait inertes.
Devons-nous dire encore, en traitant de l’action thérapeutique du lait, qu’on l’emploie souvent comme véhicule pour faire parvenir aux organes des enfants à la mamelle certaines substances médicamenteuses, telles que le mercure et l’iode, qui passent rapidement dans le lait des nourrices auxquelles on les administre ; ce trajet n’altère en aucune façon leur activité spéciale.
En raison de son utilité et du rôle important qu’il joue dans la diététique, on sent combien il serait important de pouvoir conserver le lait et le transporter au loin sans lui faire rien perdre de ses qualités. Malheureusement, c’est un problème dont jusqu’ici on n’a pas trouvé la solution (1). L’on sait
(1) Depuis que Capitaine a écrit cet article, on a constaté que le bicarbonate de soude pouvait, pendant un certain temps, em-
la prompte altération qu’il subit quand on l’abandonne pur ou écrémé au contact de l’air . Nous avons dit que M. Gay-Lussac était parvenu à conserver du lait pendant plusieurs mois, en le portant tous les jours à l’ébullition. Mais cette manipulation altère son goût et modifie profondément sa nature. En faisant évaporer lelait jusqu’à consistance d’extrait mou, on obtient un résidu appelé frangipane, d’un goût assez agréable et contenant toutes les matières solides et nutritives du lait; mais on ne peut la redissoudre dans l’eau. M. Braconnot a essayé de conserver le lait au moyen du procédé suivant : il décompose lelait frais en le traitant par de l’acide chlorhydrique étendu d’eau à une température de 45® environ. Le précipité contenant le beurre et le caséum est lavé, exprimé fortement et mêlé en cet état avec du sous-carbonate de soude cristallisé à raison de cinq grammes par litre de lait. On peut ainsi le conserver longtemps sans altération. Si l’on veut reproduire le lait, il suffit de traiter le mélange solide en question par une suffisante quantité d’eau. Tout se dissout et l’on a ainsi une liqueur assez semblable au lait naturel, mais évidemment trop alcaline.
Coup d'œil physiologique et anatomique sur le lait. —Cette substance a une telle ressemblance avec le chyle que pendant longtemps les physiologistes ont pensé que ce n’était pas autre chose que le chyle luimême parvenu du mésenter aux glandes mammaires au moyen de communications directes ; des modernes ont partagé cet opinion; et Fodéré n’hésite pas à prédire que la découverte des voies encore ignorées de cette communication ne tarderait pas à venir confirmer cette ancienne théorie qu’il adopte. Mais déjà Haller s’était contenté de dire que le chyle mélangé au sang s’en était séparé dans les mamelles où les artères l’apportent. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour admettre que l’origine du lait, comme de foutes les autres sécrétions, est dans le sang artériel. Cette difficulté une fois anéantie, la nature propre du lait en offrait une autre dont les observateurs modernes se sont également bien tiré en se servant du microscope. Examiné à l’aide de cet instrument , le lait naturel etparfait paraît composé de globules nageant dans un liquide. M. Raspail avait pensé que ces globules étaient de deux espèces, les uns plus légers, oléagineux,constituant le beurre et s’élevant à la surface, les autres caséeux ou albumineux , plus lourds et gagnant le fond. Mais M. Donné s’est assuré qu’en filtrant le lait , on le privait presqu’entièrement de globules, ce qui n’empêcherait pas ce liquide da se cailler comme à l’ordinaire et de fournir la même quantité de caséum. Il a observé que tous les globules du lait sont constitués par de la matière grasse et solubles dans l’éther , et il a tiré,parti de ce caractère pour pouvoir distinguer facilement et sûrement les globules du pus de ceux du lait; les premiers étant purement albumineux, et résistant à l’action de l’éther, qui dissout complètement les autres. Jusqu’à présent les médecins avaient cru pouvoir, sans inconvénient, permettre aux femmes atteintes d’abcès au sein de continuer de nourrir ; M. Donné a fait voir que le lait , dans ce
pêcher la décomposition du lait. v. Sophistication du lait.
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cas . contient de très-bonne heure des globules de pus qui doivent le rendre nuisible à l’enfant.
Il a aussi étudié le colostrum au moyen du microscope , et y a observé trois sortes de solides : 1° de véritables globules laiteux, mais en petit nombre ; 2° d’autres globules plus petits et moins réguliers adhérant les uns aux autres, et se déplaçant par petits amas; 3° des particules que l’auteur a désignées sous le nom de corps granuleux; ils n’ont pas de forme ni de volume constant ; jaunâtres et demi-opaques , ils paraissent constitués par une multitude de grains liés enlr’eux par une substance transparente. Le lait présente cet aspect pendant tout le temps de la fièvre de lait , puis le lait augmente tandis que les corps granuleux diminuent et finissent par disparaître , mais avec une rapidité très-variable ; quelquefois même ils persistent pendant tout l’allaitement, au grand préjudice de la santé du nourrisson. M. Donné a encore retrouvé ces corps granuleux dans le lait provenant des seins affectés d’engorgement simple, mais aussitôt que la fonte purulente commence, ce sont de véritables globules de pus qui apparaissent alors dans le lait.
M. Turpin a poussé encore plus loin l’étude de cette humeur en analysant la constitution du globule lui-même. Selon ce savant académicien , le globule laiteux parfait est formé par deux -véhicules sphériques emboîtées l’une dans l’autre à la manière desglobules polliniqnes. La cavité centrale renferme de la matière grasse sécrétée par la tunique interne et des globulins , destinés à se développer à leur tour et à devenir de véritables globules. Ces deux produits s’échappent de la cavité qui les renferme soit par la rupture de l’enveloppe, soit au travers de sa continuité au moyen d’une véritable extose. L’agitation imprimée à la crème dans la baratte a pour effet de déchirer les véhicules et de mettre en liberté les globulins, qui tombent au fond en raison de leur densité, et la matière grasse, le beurre, qui se rassemble à la surface. Enfin, suivant le même auteur , chaque globule laiteux , outre la part qu’il prend à la vie générale, possède une vie individuelle qui ne tarde pas à se manifester quand il est séparé de l’animal auquel il appartient. Abandonné à lui-même , il se gonfle, se déforme , germe, et soit directement par l’élongation en boyau de la véhicule interne , soit indirectement par le développement des globulins après léur émission , il finit par produire un végétal véritable, le penicillum glaucum, qui parvient à son développement complet et finit par fructifier. Cette découverte singulière ne mérite pas seulement notre attention par le champ de merveilles nouvelles qu’elle ouvre devant nous; M. Turpin en a tiré parti fort heureusement pour expliquer la nature d’une maladie, le poil, fort commune chez les nourrices. Il pense que les globules étant accumulés dans les lactifères , et soustraits par leur nombre à l’influence vitale, peuvent s’y développer pour leur propre compte, et pousser de longues tigellulles qui entravent la circulation dans l’organe et ne tardent pas à y déterminer un engorgement.
Grâces à ces notions exactes que nous possédons
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maintenant sur la constitution du lait, nous pouvons le comparer avec fruit aux autres liquides de l’économie, au sang, par exemple , qui lui ressemble à tant d’égards, et parvenir à des conclusions du plus haut intérêt , mais qui ne peuvent nous occuper ici.
F. Capitaine.
Lait ( sophistication du). On a beaucoup parlé dans ces derniers temps des sophistications dont le lait pouvait être l’objet ; ainsi, on a dit qu’il pouvait être altéré avec la farine, l’amidon ou la fécule de pomme de terre pour lui donner plus de consistance, que l’on y mêlait aussi, dans le même but, de l’eau de riz ou une solution de gomme; les nombreuses recherches auxquelles se sont livrés MM Chevallier et Henry, et tout récemment M. Quévenne, ont démontré que ces sophistications n’étaient pas employés par les laitiers, et qu’il serait très-facile de les reconnaître; que ces décoctions de fécules et autres substances amylacées laissaient toujours des globules de fécules qui s’attachaient aux parois des vases , surtout lorsque l’on soumettait le lait à l’ébullition, et qu’elles nuisaient à sa bonne conservation. La seule altération que se permettent les laitiers consiste à enlever la crème qui surnage au lait après quelques heures de repos, et à mêler souvent de l’eau au lait ainsi écrémé ; ces diverses manipulations constituent diverses qualités de lait qui sont distribuées dans Paris à des prix différents. Le lait pur non écrémé est ce qui se vend ordinairement sous le nom de crème à café , et constitue la première qualité de lait , car pour la crème proprement dite, on n’en vend presque jamais; le lait simplement écrémé, après un repos de six ou sept heures, est la qualité de lait livrée le plus ordinairement à la consommation et son prix est de 30 centimes le litre, tandis que le lait pur se vend 40 centimes; ce lait est encore un aliment de bonne qualité lorsque l’on ne l’a pas additionné d’eau. L’eau ajoutée au lait lui enlève presque toutes ses qualités, il est plus fluide, bleuâtre sur les bords, d’une saveur plus fade, il supporte moins le transport et s’altère avec une grande facilité; cette dernière qualité de lait est ordinairement vendue au prix de 20 centimes le litre , c’est celle que les marchands qui sont installés dans les rues débitent le matin, et qui, mêlée au café de chicorée, forme le déjeûner obligé d’une grande partie des classes peu aisées de la capitale.
Des journaux ont signalé dans ces derniers temps un genre de sophistication du lait qui , s’il avait été reconnu exact, aurait dû appeler toute la sévérité de l’administration; ils disaient que l’on altérait le lait en y mêlant des cervelles de mouton et même de cheval que l’on délayait ; cet avis, qui n’a pas peu contribué à soulever de nombreuses répugnances et à dégoûter du lait de Paris un assez grand nombre de personnes, a été reconnu de la plus complète inexactitude ; l’examen du lait fait au microscope par plusieurs membres du conseil de salubrité qui avaient été chargés par le préfet de police de lui faire un rapport sur ce sujet, a démontré qu’aucun corps étranger et surtout 10*
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qu’aucune substance animale n’était mêlée au lait de Paris, que le mélange avec l’eau était la seule altération que l’on lui faisait subir, et que l’ignorance ou la malveillance seules avaient pu répandre les bruits qui avaient alarmé les consommateurs.
L’on peut reconnaître facilement les diverses qualités du lait au moyen d’un instrument qui en indique la densité; cet insfrument, quel’on a nommé galactomètre, et qui est analogue aux pèseliqueurs, est en verre, et sa tige graduée s’enfonce d’autant moins dans le lait qu’il présente plus de densité , et que , par conséquent , il est de meilleur qualité. La gomme arabique , le sucre , les blancs d’œufs , les jaunes d’œufs , ont pu être ajoutés au lait ; la gomme, pour en augmenter la densité , mais elle est d’un prix trop élevé pour que cette fraude puisse être faite avec avantage, vu la quantité qu’il faudrait employer. Les blancs d’œufs battus peuvent souvent être ajoutés à la crème pour lui donner cet aspect mousseux qui est recherché des consommateurs ; le sucre et le jaune d’œuf sont quelquefois mélangés au lait de qualité inférieure pour corriger sa saveur fade et lui donner la couleur jaune qui peut tromper sur sa nature en dissimulant l’eau dont il a été mélangé. Ces diverses sophistications, qui ne présentent rien de dangereux pour la santé, nuisent cependant à la conservation du lait et ne sont point employées par les marchands qui tiennent à la bonté de leurs produits.
Depuis que l’on a fait concourir le lait dans un rayon de 40 kilomètres (10 lieues) à l’approvisionnement de Paris , en le faisant transporter deux fois par jour en poste chez les marchands en gros qui le livrent aux délaillans, on a essayé divers moyens de le conserver; on a reconnu que un ou deux décigrammes de bicarbonate de soude par litre de lait contribuaient à conserver le lait, et que l’on pouvait, en ajoutant toutes les 24 heures de nouvelles quantités de bicarbonate, conserverie lait d’une manière indéfinie; il est vrai que, dans ce cas, il se forme un lactate de soude qui, dans des proportions un peu élevées, doit avoir une action désavantageuse sur l’économie animale; mais toutes les fois que les proportions de bicarbonate auront été très - faibles , ce moyen conservateur, sera sans inconvénients. MM. Boutron et Frémy, dans leur travail sur l’acide lactique (Y. ce mot) et sur la fermentation du lait, ont démontré que le bicarbonate agit comme moyen conservateur en saturant l’acide lactique qui doit se produire et en l’empêchant de déterminer la coagulation du lait; il est donc convenable que le lait contienne un léger excès de bicarbonate pour arrêter la fermentation lactée. On comprend que ce moyen de conservation, qui est sans inconvénient lorsqu’il n’est employé que pour conserver le lait 24 heures de plus qu’il ne pourrait l'être, suivant les influences de la saison et l’état météorologique, ne doit pas être mis en usage dans des limites plus étendues , puisqu’il déterminerait une véritable altération du lait par les proportions notables de carbonate de soude qu’il aurait fallu y ajouter.
Il est encore un moyen employé par quelques marchands pour ralentir la décomposition du lait,
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et qui, à notre avis, n’est pas sans inconvéniens, c’est la conservation du lait dans des vases de zinc; on a remarqué que le lait se caille moins vite lorsqu’il est conservé dans ces vases que lorsqu’il est dans des vases de grès ou de ferblanc. Il est facile de se rendre compte de ce phénomène en se rappelant la facilité avec laquelle le zinc est attaqué par les acides ; comme dans ce cas l’acide lactique peut se combiner avec le zinc du vase, tant qu il n’estproduit qu’en faibles proportions, il doit doncen résulter un retard notable dans l’époque où cet acide doit se trouver en proportion suffisante pour déterminer la décomposition du lait ; comme les sels de zinc sont tous délétères, il en résulte un produit qui peut bien être sans inconvénients s’il est en petite quantité, et qui, en plus forte proportion, ne serait pas sans danger pour la santé. Nous avons signalé les principales fraudes dont le lait peut être l’objet; l’on a vu qu’en résumé l’altération la plus fréquente était le mélange de l’eau au lait, et que si cette fraude lui enlève la plus grande partie de ses qualités, au moins est-elle sans dangers sous le rapport de la salubrité. J. P. Beaude.
Inspecteur des eaux minérales, membre du conseil de salubrité.
laïteron (bot.), s. m. (souchus.)C’ est un genre de plante de voisin des laitues et qui contient un suc blanc abondant d’où lui vient son nom. Les propriétés de ces plantes sont analogues à celles des laitues (Y. ce mot).
laitue (bot. et mat. méd.), s. m.[lacluca.)C’esl un genre de plante de la famille des synanthérées et du groupe des chicoracées , de la syngénésie polygamie égale L. dont le nom vient du mol latin lac, lait. Parmi les nombreuses espèces qui forment ce genre, deux seules sont usitées, ce sont la lactuca sativa, la laitue des jardins, et la lactuca virosa , la laitue vireuse.
laitue cultivée , lactuca sativa. L’origine de celte plante, qui est cultivée depuis la plus haute antiquité, est complètement inconnue; quelques auteurs pensent qu’elle provient de la laitue sauvage, lactuca scariola, ou delà lactuca quercina, qui croît en Allemagne et amendé par une longue culture, qui a eu pour effet d’en créer un grand nombre de variétés ; les principales sont la laitue pommée ronde , la laitue pommée oblongue , romaine , ou chicon , la laitue frisée , etc. Nous ne donnerons pas ici les caractères botaniques de cette plante que chacun a pu voir dans les jardins où sur nos tables, où elles sont employées crues en salades et cuites comme légumes. Les anciens en faisaient un grand usage, Galien dit qu’il en mangeait Je soir pour se procurer du sommeil. Dans nos aliments on emploie beaucoup les laitues , surtout pendant l’été ; la quantité de romaines qui se consomme à Paris est vraiment incroyable; en salade, c’est un mets qui se représente à presque tous les repas et souvent à lui seul il le forme entièrement, surtout pour les individus des classes inférieures. Cet abus d’une plante herbacée a souvent des inconvénients pour les personnes dont l’estomac est
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faible , autant à cause de la résistance que ce légume, qui n’a pas été soumis à la cuisson, peut présenter à l’action des organes digestifs, que par les assaisonnements qui entrent dans la salade, et qui , surtout le vinaigre , irritent fortement l’estomac. On doit dire cependant que les laitues sont des plantes potagères, douces, saines et de facile digestion , rafraîchissantes et quelquefois laxatives; elles forment les salades qui digèrent avec le plus de facilité; cuites avec les jus de viande ou le beurre, elles sont douces et peuvent être données aux malades comme un aliment léger qui ne présente pas d'inconvénients.
Thridace. — La laitue jouit d’une propriété câlinante qu’elle doit à un principe qui se développe surtout vers l’époque de la floraison; ce principe, 'qui n’a pu être isolé par les chimistes, est analogue à celui du pavot et comme lui est contenu dans le suc blanc , amer et un peu visqueux qui découle de la plante par incision ; ce suc, qui est aujourd’hui employé en médecine, a reçu le nom ùe thridace, mot qui chez les Grecs était le nom même delà laitue. Quoique ce ne soit qu’à l’état adulte que ce suc ait toute son activité , cependant les jeunes plants, qui seuls sont mangés comme aliment, participent à celte propriété, et c’est pour cela que Galien l avait nommée herbe des sages, des philosophes. Les Grecs la regardaient comme antiaphrodisiaque, les Pythagoriciens la nommaient la plante des eunuques; la fable représente Adonis enseveli sous des laitues. Le suc de laitue ou la thridace sfe recueille de deux façons, soit au moyen des incisions que l’on pratique aux tiges qui; ainsi que nous venons de le dire, laissent écouler cette substance, soit, et cette méthode est la seule employée aujourd’hui, en pilant dans un mortier de marbre toute la plante et en recueillant le suc que l’on passe et que l'on fait ensuite sécher à l’étuve. La thridace, qui est l’extrait de suc de laitue, jouit des propriétés calmantes de l’opium, mais à un degré plus faible et sans les inconvénients qui accompagnent souvent l’administration de l’opium, elle est hypnotique, c’est-à-dire qu’elle procure un sommeil doux et du calme sans être jamais narcotique. Cette substance, comme on le pense bien, est administrée à plus haute dose que l’opium ; on donne de 2 à 4 décigr. (4 à 8 grains) par dose etellepeut êtrerépétée 3 fois en 24 heures, la quantité peut même en être considérablement élevée sans produire d’accidens. On a remarqué que le médicament agit avec plus d’action lorsqu’il est administré en pilules que lorsqu’il est donné dissout dans un liquide ; on prépare cependant un sirop de thridace qui jouit d’une certaine action. Les vertus calmantes de la thridace ont été contestées par quelques médecins, qui disent en avoir fait usage sans en retirer d’effet; il est présumable que l’on doit attribuer ces résultats à la nature des laitues employées , car celles qui viennent en couches ne jouissent point des propriétés que nous venons d’indiquer , il faut que cette plante vienne en pleine terre et que la récolte soit faite en été.
On prépare aussi avec les laitues une eau distillée qui est souvent employée dans les potions
calmantes, à la dose de 60 à 120 grammes; le sue de laitue se prescrit aussi aux mêmes doses , les feuilles fraîches s’appliquent souvent sur les plaies et les ulcères comme cataplasmes rafraîchissants.
laitue vireuse , lactuca virosa; c’est une plante vigoureuse , hau!e de trois à quatre pieds, que l’on rencontre fréquemment dans les haies et sur le bord des chemins; sa racine est bisannuelle, sa tige est droite et rameuse vers le haut, elle est cylindrique et glabre, les fleurs sont jaunes , petites et forment une panicule allongée et peu garnie; l’odeur de la plante est fortement prononcée, désagréable et vireuse ; le suc qui s’écoule de cette laitue est plus abondant que celui de la précédente , il est également d’une odeur plus forte et jouit de propriétés plus énergiques. Les anciens regardaient ce suc comme jouissant d’une action analogue à celle de l’opium, et ils avaient nommé la plante laitue méconide, du mot méconis, qui signifie pavot; il doit être recueilli de la même manière que le précédent et jouit de propriétés beaucoup plus actives. Les anciens l’ont employé comme calmant dans les affections nerveuses, Dioscoride dit qu’il est emménagogue, anti-aphrodisiaque et qu’il peut combattre les accidens causés par la morsure des serpens; dans des temps plus modernes, on l’a employé contre l’hydropisie, soit seul, soit uni à la digitale, la dose en était de quelques grains par jour. En France on a fait des expériences sur ce médicament et on l’a employé à hautes doses , sans déterminer d’autre effet que de la sueur et une sécrétion plus abondante de l’urine : M. Fouquier dit même l’avoir administré à 200 grains ('plus de 11 grammes,/, sans produire d’autres résultats que ceux indiqués ci-dessus. Cependant il est permis de douter de l’innocuité de cette substance lorsque l’on voit l’extrait de ce suc, d’après les expériences deM. Orfila, déterminer l’empoisonnement d’un chien de moyenne taille, soit introduit dans l’estomac, soit dans le tissu cellulaire à la dose de 7 à 12 grammes (2 à 3 gros); 2 grammes injectés dans les veines ont déterminé la mort presqu’immédiate, tandis qu’une livre et demie de feuilles fraîches, introduite dans l’estomac d’un chien robuste, n’avait pas produit d’accidens. On voit, d’après ce fait, que l’extrait du suc de la laitue vireuse est doué d’une certaine énergie et que ce ne doit pas être sans une grande réserve que l’on le prescrira à hautes doses.
J. P. Beaude.
lampe de sûreté ( hyg C’est un système de iampe inventé par Davy pour préserver les mineurs de l’inflammation et de l’explosion du gaz hydrogène carboné qui se dégage souvent dans les mines de charbon de terre. Le moyen préservatif consiste à envelopper la flamme de la lampe d'un cylindre en toile métallique, fermé de tous côtés, d’environ 2 pouces de diamètre, et dont les mailles sont assez serrées pour que la flamme ne puisse passer à travers. Davy avait remarqué que lorsque l’on voulait faire passer la flamme à travers une toile métallique, elle se refroidissait, et qu’elle était arrêtée par cette toile sans pouvoir enflammer des gaz placés au-delà, et il constata que ces résultats
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B’ obtenaient par une toile métallique formée avec un fil de t/40 à 1/60 de pouce et percée de 750 ouvertures par pouce carré. Ces lampes laissent passer assez de lumière pour diriger les ouvriers dans les travaux de la mine, et il est présumable que les accidens qui ont été observés dans les mines, malgré l’emploi de cette lampe, sont dus soit à des ouvertures plus larges qui auront existé dans la toile métallique, soit à ce que les mineurs, pour se procurer plus de clarté, auront ouvert les lampes, qu’il est important, comme on peut en juger, de tenir constamment fermées. J. B.
lancette fChir.), s. f., petite lance; on donne ce nom à un petit instrument de chirurgie qui sert à pratiquer les saignées; la lancette est formée d’une lame à deux tranchans , à pointe très acérée, qui est mobile sur une châsse de deux pièces d’écaille ou de corne également mobiles. La longueur de la lame est d’environ un pouce, et celle du manche de deux pouces. Les lancettes, suivant que leur pointe est plus ou moins effilée, ont reçu le nom de langue de serpent, de grain d’avoine et de grain d’orge; il y a des lancettes plus larges et plus fortes, à pointes obtuses, que l’on nomme lancettes à abcès , parce qu’elles servent à ouvrir les petits abcès qui ont lieu sous la peau. Aujourd’hui on ne fait presque plus usage que des lancettes dites à grains d’orge , qui font des ouvertures plus larges et d’où le sang s’écoule plus facilement, surtout lorsque les veines sont superficielles. Les lancettes s’émoussent avec une grande facilité et demandent à être conservées avec beaucoup de soin et de propreté. (Y. Saignée.) J. B.
lancinant, e ( Path .), adj . (de lancea, lance), se dit d’une douleur qui produit des élancemens. Y. Douleurs.
lan UE ac (Eaux minérales de). (Thérap.) Langeac est une petite ville du département de la Haute-Loire , elle est située sur l’Ailier, à quatre lieues de Brioude et à sept de Puy ; la source, qui a reçu le nom de Brugéiron , est située dans une prairie à une demi-lieue de la ville. L’eau de Langeac est claire, fraîche et limpide, sa saveur est acidulé et légèrement ferrugineuse, elle est, diton, très-agréable à boire.Ces eaux, qui sont froides, contiennent en dissolution des carbonates de soude et de magnésie , du gaz acide carbonique libre et un peu de carbonate de fer. On dit ces eaux trèsavantageuses dans les affections chroniques des viscères du bas-ventre, dans les langueurs des organes digestifs et dans les catarrhes chroniques des vieillards. Elles sont aussi très-diurétiques et employées avec succès dans les affections de la vessie; ces faits s’expliquent facilement par la présence du bicarbonate de soude qu’elles contiennent.Du reste, les eaux deLangeac, qui ne s’administrent qu’en boisson, sont peu connues au-delà des environs; quelques médecins, et surtout Raulin , ont vanté leurs propriétés et dit qu'il ne leur manquait que d’être plus généralement connues pour être employées. J. B.
langue [anat.) s. T.,lingua. La langue est l'organe principal de la sensation gustative : la description anatomique a été exposée, par nous, au mol Bouche, etM. le professeur Gerdy a décrit à l’article Goût , le rôle qu’elle joue dans l’appréciation des saveurs. Nous ne reviendrons donc pas ici sur ces questions; il en est de même des signes que fournit la langue dans les maladies , il en a été question plus haut. (V. Bouche, Séméiotique.)
langue (maladies de la). Nous partagerons en trois groupes principaux les lésions dont la langue peut être le siège. 1° vices de conformation et de situation. La langue manque quelquefois de naissance, d'autres fois elle a été coupée dans un cas de maladie grave, un cancer, par exemple, ou bien elle est tombée en gangrène. Par absence de la langue, on n'entend que la perte de la portion libre de cet organe, qui n’est pas adhérente avec le plancher de la bouche : les malheureux atteints de ce vice de conformation sont en partie privés de la parole, et n’avalent qu’avec une extrême difficulté. D’autres fois la langue est maintenue fixée au plancher de la bouche par un filet trop étroit , il faut pratiquer la section de celui-ci suivant les règles que nous avons exposées ailleurs. (V. Filet.) On appelle Procidence, Prolapsus , ou Chute de la langue,une affection assez rare qui consiste dansl’issue de cet organe hors des lèvres sans altération de structure. Dans cette maladie, le plus souvent congénitale , la langue pend hors de la bouche ; irritée par le conctact de l’air, elle se gonfle ; les arcades dentaires sont portées en avant; une salive continuelle baigne les lèvres et s’écoule au dehors. On parvient quelquefois à remédier à une pareille incommodité , soit par un bandage qui refoule la langue dans la bouche ; soit par l’emploi des topi- ■ ques astringents, des scarifications, si l’organe est ; trop gonflé, et enfin, la résection de la portion exj cédente, si tous ces moyens ont échoué. La langue peut être déviée (dans la bouche) de sa position habituelle. Ce déplacement est ordinairement occa- ! sionné par des tumeurs qui refoulent l’organe du côté opposé à celui où elles se développent. (V. Gre- J nouillette.) C’est ici le lieu de réfuter la fable si répandue , des nègres qui avalent leur langue; le fait est anatomiquement impossible ; la langue est trop adhérente au plancher de la bouche et maintenue en avant par des muscles trop puissants (les génioglosses) pour que cette rétropulsion puisse avoir lieu : c’est là un des mille romans qui se débitent chaque jour et qui s’accréditent en raison de leur absurdité. Quant à la déviation dont il est ici question, le seul moyen delà guérir, c’est de détruire la cause qui la produit.
2° Lésions organiques de la langue. La première et laplus importante de toutes, c’est l’inflammation de cet organe ou la Glossite. Cette phlegmasie est plutôt superficielle que profonde. Elle survient rarement d’une manière idiopathique ; le plus souvent elle est symptomatique.L’inflammation idiopathique delalangue est due aux piqûres, aux diverses lésions de cet organe par des agents extérieurs, à l’application de certaines substances âcres, irritantes, à certains poisons minéraux ou végétaux, au venin de quelques reptiles, etc. L’inflammation symptomati-
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que est due, soit à une variole confluente qui se propage jusque dans la bouche, soit à des angines, graves à certaines fièvres de mauvais caractère, mais surtout à l’action du mercure donné à trop haute dose. Alors la glossite revêt quelques formes particulières que nous exposerons bientôt.
Dans la glossite superficielle , le gonflement est peu considérable, la face dorsale de la langue est dure, inégale , rugueuse; quelquefois , il y a une éruption aphtheuse ou un dépôt de fausses membranes. Les auteurs ont noté la perversion du goût, et une sensation de chaleur âcre et comme poivrée (Marjolin). La glossite profonde est beaucoup plus grave. En peu de temps la langue acquiert un volume énorme, elle refoule en arrière le voile du palais, et l’épiglotte ; en avant, sa face dorsale appuie contre la voûte palatine, sa pointe dépasse les arcades dentaires et s’avance hors de la bouche : souvent les parties voisines se gonflent aussi, la face devient tuméfiée et d’un rouge bleuâtre et le malade suffoque ; cette inflammation est fort grave et demande de prompts secours. Dans la glossite Superficielle , des gargarismes émollients, des boissons rafraîchissantes, des lavements purgatifs, et enfin l’application de quelques sangsues sous les angles de la mâchoire suffisent pour débarrasser le malade; mais quand la maladie est profonde, il faut saigner de la jugulaire ou du bras, et donner des lavements irritants , des boissons rafraîchissantes, si le malade peut en prendre ; si ces moyens échouent et que la respiration soit bien gênée, il faut faire sur la face dorsale de l’organe malade deux incisions parallèles à son axe et très-profondes ; il en résulte un dégorgement sanguin immédiat qui soulage le malade, lui rend la respiration et la vie. Il est clair que si les scarifications ne suffisaient pas, il faudrait pratiquer la trachéotomie. La glossite mercurielle s’accompagne de salivation , de "gonflement des glandes maxillaires et de la muqueuse buccale; en même temps, la langue reste humide. Ici quelques scarifications , une saignée, des rafraîchissants, mais surtout la cessation du traitement mercuriel, suffisent pour amener une guérison rapide.
Les atcès de la langue seront ouverts avec le bistouri ou la lancette et on fera prendre des gargarismes d’eau d’orge miellée. Les tumeurs enkystées , stéatomateuses, etc., seront emportées.
Les ulcérations peuvent succéder aux aphthes , à une affection scorbutique, et elles réclament alors le traitement qui convient à ces affections ; j’en dirai autant des ulcérations vénériennes. J’arrive à une maladie fort importante et fort grave.
Le cancer de la langue succède souvent à des ulcérations vénériennes, à des déchirures provenant des saillies inégales des dents; ailleurs c’est à un bouton chancreux, à des tumeurs fongueuses, érectiles, à des engorgements squirrheux, durs et circonscrits. Le cancer de la langue est le plus souvent partiel et occupant un des côtés. Dans ce point , il y a une tuméfaction dure, bosselée, faisant éprouver des douleurs lancinantes ; bientôt cette tumeur s’ulcère et présente une solution de continuité à fond grisâtre, à bords durs et renversés, laissant écouler une sanie fétide et ichoreuse
qui, passant dans le canal digestif avec les aliments et les boissons, détermine une sorte d’empoisonnement septique qui amène bientôt de l’amaigrissement , de la diarrhée , etc. ; en un mot, les phénomènes de la cachexie cancéreuse. Une odeur infecte s’exhale de la bouche, maintenue entr’ou verte par le gonflement de l’organe malade Le pronostic de cette affection est assez grave. Pour détruire le cancer, on tente d’abord l’usage de moyens émollients et antiphlogistiques , les sangsues aux angles de la mâchoire , etc. ; mais le plus sûr moyen est l’ablation qui se pratique avec le bistouri ou avec des ciseaux. La section doit, autant que le permet la disposition du mal , représenter un Y dont les branches circonscrivent le cancer , le sommet étant tourné vers le centre de la langue. On peut alors réunir les deux bords et la cicatrice qui en résulte ne gêne presque pas la prononciation et la déglutition. On a proposé aussi (M. Mayor) de faire tomber le cancer en gangrène à l’aide de la ligature, mais je crois l'ablation bien préférable.
3° Les lésions physiques de la langue consistent surtout dans des plaies ; elles sont délerminées par l’action d’instruments tranchants, par des balles, ou, comme cela se voit chez des épileptiques, par l’action des dents qui, dans un mouvement convulsif des mâchoires, saisissent la langue enlre les arcades dentaires. On remédie à ces solutions de continuité par la suture, ou, si l’on veut, par l’appareil sacciforme imaginé et figuré par Pibrac dans son mémoire sur l’abus des sutures. Quand la plaie est peu profonde, il faut en abandonner le soin à la nature , le contact de la salive est le meilleur cicatrisant que l’on connaisse. Si une artère était ouverte , il faudrait lier ou cautériser avec un stylet rougi.
Dans ces derniers temps, certaines personnes croyant trouver dans la retraction de quelques uns des muscles de la langue la cause du bégayement, ont proposé et pratiqué la section de ces muscles. Ces opérations, annoncées et proclamées par tous les journaux , n’ont point toujours eu le succès que s’en promettaient les chirurgiens qui les ont tentées ; je parle de ceux qui cherchaient loyalement la guérison de leurs malades, et non de ces hommes sans conscience dont une honteuse cupidité est le seul mobile. Des accidens assez graves, la mort môme, ont été la suite de ces dangereuses manœuvres. Les conséquences sérieuses que peut présenter cette opération et l’incertitude de ses résultats, doivent, jusqu’à ce que la pratique ait bien déterminé les cas dans lesquels elle est indiquée, rendre les chirurgiens honnêtes et éclairés très-circonspects dans son emploi.
E. Beaugrand.
Dotteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris.
laque ou lacque (Mat., méd.), s. f. On donne le nom de laque ou gomme lacque à une substance résineuse particulière qui a été décrite à l’article Coccus lacca, du mot insectes. (V. Insectes .)
laudacé , ée (Path.J, adj., se dit de la dégénérescence d’un tissu qui, par l’action d’une affection
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cancéreuse, a pris l'aspect et la consistance du lard. C’est la dégénérescence la plus ordinaire des affections cancéreuses. (Y. Cancer.)
large (Anat.), adj. On a donné le nom de ligamens larges à deux replis du péritoine qui paraissent maintenir la malrice. (Y. Matrice.)
larmes .(. physiol.),s.ï . pl. Les glandes lacrymales envoient 7 ou S conduits excréteurs qui s’ouvrent le long du bord libre de la paupière supérieure , et par lesquels elles versent continuellement sur le globe de l’œil cette humeur particulière, connue sous le nom de larmes. Dans l’état physiologique, elles constituentun liquide aussi limpide que l’eau, doux et inodore. MM. Fourcroy et Vauqueîin, qui en ont fait l’analyse, y ont trouvé beaucoup d’eau, quelques centièmes de mucus, de l’hydrochlorate, du phosphate de soude, et de la soude libre en trèspetite quantité. Mais cette composition paraît susceptible de varier dans certaines circonstances. Ainsi, il n’est pas rare de voir dans l'épiphora l’écoulement continuel des larmes sur la paupière inférieure et la joue produire l’excoriation de ces parties. Si la nature chimique des larmes peut être modifiée sensiblement, il en est de même de leur qi antité. Dans le calme physique et moral, cette quantité est telle que les points lacrymaux suffisent à la faire écouler dans les fosses nasales ; mais en supposant que cet appareil d’épuisement continue à fonctionner avec régularité, il arrive, dans un grand nombre de circonstances , que la sécrétion des glandes lacrymales acquiert un plus haut degré d’activité. Alors l’humeur lacrymale s’échappe des paupières. Les causes de ce phénomène sont : 1° un trouble de la circulation générale, tel que le sang stagne dans la moitié supérieure du corps : c’est ainsi que l’on pleure dans les efforts, les cris, dans les convulsions du rire; 2° une irritation locale de l’œil, par l’application de topiques ou de gaz irritants, comme la fumée de tabac, l’ammoniaque ou toute autre cause; 3» une affection morale. Celte dernière cause est la plus puissante. On peut se l’expliquer en observant que de tous les organes sécréteurs, la glande lacrymale est celle qui a les expansions nerveuses les plus nombreuses, et qui communique le plus librement avec le cerveau. L’usage physiologique des larmes, en mettant de côté leur puissance comme moyen d’expression, est évidemment de maintenir la conjonctive dans un état d’humidité telle que les mouvements des paupières puissent s’exécuter librement sur elle, et qu’elle conserve ainsi les propriétés d’une membrane muqueuse, malgré le contact de l’air qui tend à la dessécher et à la transformer en peau externe, en détruisant sa transparence. Enfin, les larmes servent encore à nettoyer la surface de l’œil, en entraînant a il dehors les corps étrangers pulvérulents que l’air peut transporter sur elle. Pour la description anatomique des organes qui servent à la sécrétion des larmes. (V. Lacrymales —voies.) F. Capitaine.
larmoiement ( Path .), s. m. On a donné le nom û’épiphora à l’écoulement permanent des larmes sur les joues. (V. ce mot.)
larvé, ée [Méd.J, adj. On a donné ce nom, qui vient de larva, masque, à certaines natures de fièvres qui ont une marche latente et insidieuse, et qui ne se présentent pas d’abord sous le véritable caractère de gravité qu’ elles laissent apparaître plus tard. (V. Fièvre.)
laryngé, ée ( Anat.) , adj., se dit des organes qui ont des rapports avec le larynx; il existe une artère désignée par Winslow sous le nom d’artère laryngée, que les anatomistes modernes nomment la thyroïdienne supérieure. Les nerfs laryngés, qui sont divisés en supérieurs et en inférieurs, naissent des nerfs pneumo-gastriques et se rendent au larynx.— On a donné le nom de phthisie laryngée à une maladie organique du larynx qui est décrite au mot Larynx /'maladies du).
laryngite ou laringite (Méd.J. C’est l’inflammation du larynx, désignée aussi sous le nom d’ Angine laryngée. (V. Larynx.)
larynx (anat.), s.m., de larunx, mot grec transporté en français et par lequel on désigne un organe creux, situé à la partie supérieure de la trachée-artère, servant de conduit à l’air qui va dans les poumons et qui en sort (V. Respiration ), ainsi qu’à la production de la voix.
La forme du larynx est irrégulièrement conoïde, ses parois sont cartilagineuses et membraneuses, munies de plusieurs muscles destinés à ses mouvements propres. Il est placé à la partie antérieure du cou, au-dessous de la base de la langue, au-dessus de la trachée-artère avec laquelle il se continue, au-devant delà moitié inférieure du pharynx; entre les artères carotides primitives, les veines jugulaires internes et les nerfs pneumogastiques et grands sympathiques.
Plusieurs éléments différents entrent dans sa composition.
1° Ce sont d’abord des cartilages au nombre de cinq, dont trois impairs et deux pairs. Parmi les premiers nous avons : le cricoïde ou annulaire, qui, par sa forme, simule assez bien les bagues dites chevalières : il offre beaucoup plus de hauteur (huit à dix lignes) en arrière qu’en avant (trois à quatre lignes). Il constitue la partie inférieure du larynx et peut être regardé comme le premier anneau de la trachée. Sa surface externe sert à l’insertion de plusieurs muscles; sa face interne est lisse et recouverte par la muqueuse du larynx. Son bord supérieur, coupé obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, laisse voir en arrière une petite échancrure bornée par deux facettes convexes qui s’articulent avec la base des cartilages arylhénoïdes. Le bord inférieur est uni par une membrane au premier anneau de la trachée. Vient ensuite le thyroïde ou scutiforme, monté sur celui que nous venons de décrire. Le thyroïde est le plus grand des cartilages du larynx, dont il forme les parois antérieures et latérales. Il est symétrique, quadrilalaire, plié en deux de manière à former un angle saillant en avant, dont le relief, connu dans le vulgaire sous le nom de
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pomme d'Adam, est plus prononcé chez l’homme que chez la femme, et se dessine avec une grande netteté chez les sujets amaigris. Son bord supérieur est sinueux et notablement échancré en avant au niveau de l’angle vertical dont nous venons de parler; ses angles postérieurs se prolongent en forme d’apophyse, que l’on désigne sous le nom de cornes. Les deux inférieures, ou petites cornes, s’unissent aux parties latérales du cricoïde : les deux supérieures, ou grandes cornes, sont fortement déjetées en haut et en arrière. Les bords et les faces du cartilage thyroïde donnent insertion à des muscles et à des membranes dont nous parlerons plus bas. Les arythénoïdes sont au nombre de deux. Ils sont situés à la partie postérieure et supérieure du larynx; leur forme est celle d’une pyramide triangulaire dont les trois faces donnenf attache à plusieurs des muscles laryngiens ; leur base est, en quelque sorte, à cheval sur les facettes convexes qui existent à la partie postérieure et supérieure du cricoïde , et le sommet est comme coiffé par deux petits grains cartilagineux connus sous les noms de cartilages corniculés, ou cartilages de Santorini. Pour compléter celle partie de la description du larynx , il nous reste à parler de l’ épiglotte, c’est une lame fibro-élastique arrondie, échancrée en arrière en forme de cœur; sorte de couvercle destiné à fermer l’orifice supérieur de la langue pendant le passage des aliments et des boissons: dans l’état ordinaire et pendant la respiration, elle est redressée presque verticalement: elle s’abaisse au moment delà déglutition. Sa face supérieure, convexe transversalement est lisse et recouverte par la continuation de la muqueuse du larynx; la face inférieure, concave transversalement,est tapissée parla muqueuse du larynx. Ces deux faces offrent une multitude de lacunes muqueuses. La base de l’épiglotte est fixée à la base de la langue et à l’os hyoïde par des faisceaux de ligaments jaunes. Là se trouve une petite masse du tissu cellulaire adipeux connue sous le nom de glande épiglottique. Cette insertion de l’épiglotte à la racine de la langue simule parfaitement la charnière du couvercle dont elle remplit les fonctions.
2° Des articulations garnies de synoviales et fortifiées par des faisceaux ligamenteux unissent ensemble les différentes pièces cartilagineuses que nous venons de passer en revue, et de plus l’os hyoïde est uni par une large membrane au bord supérieur du cartilage thyroïde.
3° Différents muscles donnent le mouvement aux parties constituantes, solides du larynx : on lespartage en extrinsèques et en intrinsèques. La première classe comprend les muscles de la région sous-hyoïdienne, ainsi que ceux du larynx qui impriment à l’organe des mouvements de totalité. Dans la seconde classe se rangent : le crico-thyroïdien, situé à la partie antérieure et inférieure du larynx ; il s’étend depuis la partie latérale et la petite corne du thyroïde jusqu’à la partie antérieure de la surface externe du cricoïde. Les crico-arythénoïdiens postérieurs et crico-arythénoïdiens latéraux, dont les noms indiquent suffisamment la situation et les attaches.Les thyro-arythénoïdiens qui s’étendent horizontalement de la face
postérieure du thyroïde à la base des arythénoïdes : et enfin, un muscle impair, Yarythénoïdien, composé de fibres entrecroisés obliquement; les unes allant de la face postérieure de l’arythénoïde droit à l’arythénoïde gauche, et les autres vice versa .
4° La membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du larynx se continue en haut avec celle qui revêt le pharynx et la bouche, et en bas , avec celle de la trachée-artère et des bronches. Cette membrane est molle, rosée, renfermant un grand nombre de cryptes muqueux et sans épiderme distinct.
5» Les artèTes du larynx, connues sous le nom de laryngées, sont fournies par les thyroïdiennes supérieures ou inférieures : les veines vont se dégorger dans les conduits de même nom, et les lymphatiques se rendent aux ganglions jugulaires inférieurs.
6° Enfin, les nerfs, au nombre de deux de chaque côté, sont fournis par la huitième paire (pneumogastrique) , les deux supérieurs se nomment la ryngès, les inférieurs récurrens.
Examinons maintenant la cavité intérieure du larynx. Nous verrons qu’elle est triangulaire et évasée supérieurement, plus étroite et arrondie inférieuremenî,au niveau du cricoïde. Dans l’intervalle se trouve la glotte, dont l’importance en physiologie et en pathologie doit fixer notre attention. On appelle glotte, non pas comme quelques personnes le pensent à tort, l’orifice supérieur du larynx, mais une fente comprise entre deux replis horizontaux et superposés placés de chaque côté du larynx vers sapartie moyenne et désignés sous le nom âeCordes vocales. Cette fente forme une espèce de triangle dont la base est en arrière: salongueur d’avant en arrière est de dix à onze lignes, et sa largeur de trois à quatre. Entre la corde vocale supérieure et l’inférieure, de chaque côté existe une cavité étroite et allongée que l’on nomme Ventricules du larynx. Quant aux cordes vocales elles-mêmes, elles sont constituées par des ligaments qui s’étendent horizontalement de la partie moyenne de l’angle rentrant des thyroïdes aux cartilages arythénoïdes. La membrane muqueuse les tapisse en se repliant autour d’eux de manière à former à droite et à gauche les deux avances superposées dont l’intervalle, desLiné au passage de l’air, constitue la glotte. Le mécanisme de ces cordes sera exposé au mot Voix.
Notons, en terminant, que le larynx est plus développé chez l’homme que chez la femme ; que son développement à l’époque de puberté coïncide avec celui des organes génitaux, que chez les castrats il reste petit comme chez la femme, etc.; pour ses fonctions, voyez Respiration et Voix.
La muqueuse larygienne est d'une extrême sensibilité : le moindre corps étranger introduit dans les voies aériennes provoque des contractions spasmodiques très-fortes, de la suffocation, de l’anxiété, etc.
larynx (maladie du). — Elles sont assez communes et peuvent être partagées en deux grandes catégories, suivant qu’e les sont du domaine médical ou chirurgical.