TON
Berzélius n’indique pas la quantité de gaz acide carbonique qu’il a trouvé dans ces eaux, mais Ambrozi, qui en a également fait l’analyse, dit en avoir trouvé 14 pôuces cubes 19 par livre d’eau. Ficinus a trouvé du gaz azote et de l’oxygène mêlé à l’acide carbonique.
Les bains de Tœpiitz sont très-anciens, on dit que les sources ont été découvertes en 762 ; ils ont acquis une grande réputation en Allemagne, quoique ce pays renferme un grand nombre de sources analogues. Nos sources de l’est et du centre de la France possèdent des propriétés analogues, et peuvent remplacer la plupart de ces eaux d’Allemagne, qui jouissent d’une si grande réputation , qu’elles doivent surtout à la vogue et aux frais que l’on fait dans la plupart des établissements pour y divertir les étrangers. Il y a à Tœpiitz de beaux et de grands établissements, et entre autres deux hôpitaux militaires entretenus, l’un par l’Autriche et l’autre par la Prusse.
C’est surtout dans les rhumatismes, la goutte, les paralysies, les ankiloses, les contractures musculaires, etlesrigidités des articulations, que l’on pre scrit les eaux de Tœpiitz; on les administre aussi dans les affections chroniques des organes digestifs, dans les affections nerveuses, les affections lymphatiques et scrofuleuses. Elles sont contre-indiquées dans les affections inflammatoires, les congestions cérébrales, les affections de poitrine ; les eaux s’administrent en boisson , en bains et en douches, on les associe quelquefois avec les eaux de Bilin et Kissingen. J. -P. Beaude.
tomate (bot. méd.), s. f., fruit du solarium lycopersicum , L.; famille des solanées, J. II s’offre sous la forme d’une baie glabre , déprimée à la base et au sommet, offrant des côtes trèssaillantes ; sa peau est résistante; d’abord de couleur verte , elle prend , lors de la maturité , une belle teinte rouge pourpre. Cette baie est divisée en plusieurs loges gorgées de suc, au milieu duquel nagent des semences velues , de couleur jaune et de forme lenticulaire .
La tomate, qu’on nomme aussi pomme d’amour, est abondamment cultivée dans les jardins potagers ; elle est fort innocente, quoique de la stupéfiante famille des solanées. On n’en fait guère usage que dans l’art culinaire ; elle a une saveur acerbe , qu’elle doit à la présence de l’acide manque ; on en prépare des sauces , dont la saveur aigrelette s’associe parfaitement avec certains aliments fades ; elle les rend plus savoureux , et , partant , d’une digestion plus facile. Les Italiens mangent ce fruit en salade , à peu près comme nous le faisons des concombres ; mais ils n’attendent pas, dans ce cas, qu’il ait atteint toute sa maturité. On en fait quelquefois usage comme topique, ou en décoction, sous forme de collyre, dansles ophthalmies rebelles. T. C.
TOMEETEüx ( anal.) , adj. ( tomentosus , de tomenlum, duvet). Cette qualification se donne aux corps qui sont recouverts de poils doux et serrés, ce qui leur donne l’aspect du velours ou du duvet. Les membranes muqueuses ont l’aspect tomenteux.
ton ( physiol. ), s. m . ( tonus , du grec tonos , tension). Etat de résistance et d’élasticité des organes dans l’état de santé. Cependant, ce mot s’applique autant aux propriétés pbysiologiqus qu’aux propriétés physiques; ainsi le ton d’un organe, c’est cet état dans lequel l’organe accomplit ses fonctions avec régularité sous l’influence d’une faculté que l’on nomme tonicité.
tongres (Eaux minérales de) ( thërap .). Tongres est une ville de Belgique à cinq lieues de Maëstricht. Les sources sont au nombre de deux et situées à un quart de lieue de la ville; ces eaux sont fort anciennes et étaient célèbres du temps des Romains. Pline en parle dans son traité d’histoire naturelle; quelques auteurs pensent que l’on doit entendre, sous la désignation de Pline, les sources de Spa, qui sont voisines de Tongres et qui sont plu» importantes. Ces eaux sont gazeuses, ferrugineuses et magnésiennes , elles peuvent être employées avec avantage comme toniques et stimulantes dans les engorgements chroniques, la chlorose et les affections lymphatiques. Voici leur analyse faite par M. Payssé :
Fontaine de Pline.
Carbonate de fer 0,gr.ll3
— de magnésie 0, 168
Perte 0, 016
Deuxième fontaine.
Carbonate de fer 0,gr.l45
— de magnésie 0, 151
Perte 0, 021
Cette analyse n’indique pas la quantité d’acide carbonique ; mais son existence est incontestable en présence du carbonate de fer et de magnésie qui ne peuvent être rendus soluble que par un excès très-notable d’acide carbonique. J. B.
tonicité (physiol.), s. f. ( tonicitas , de tonus, ton, tensiop). C’est cette faculté départie à tous les organes vivants, de maintenir les parties qui les composent dans un état de resserrement convenable au libre exercice des fonctions. Ces mots ton et tonicité nous viennent de l’école méthodique de Themison (V. Solidisme). C’est , du reste, une expression assez vague, dont il est très-facile de fausser le sens. Quand ce que l’on nomme la tonicité vient à être exagéré , il en résulte l’éréthisme de la partie , l’orgasme. Dans le cas contraire, il y a relâchement ou atonie. J. B.
tonique (physiol.), adj. (tonicus), qui a rapport au ton. Forces toniques. — Spasmes ots convulsions toniques, quand il y a contraction permanente , comme dans le tétanos. ( Voy. C6| mot. )
tonique (mat. méd. ), adj . On appelle médicaments toniques ceux qui ont pour propriété d’augmenter le ton , l’action physiologique des organes , quand celle-ci est descendue au-dessous de son type normal. Ils n’accélèrent pas les mouvements vitaux , comme les excitants ou stimulants; cependant, ils pourraient agir dans le sens de ces derniers, si on les appliquait sur un organe déjà surexcité. Les toniques n’agissent pas eu