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resserrant les tissus, comme le font les astringents, mais en augmentent la rénitence et la force élastique. Les toniques sont encore nommés corroborants ou fortifiants.
Les médicaments dont nous parlons sont surtout tirés du règne végétal ; et ils se distinguent par un caractère commun à tous , c’est l’amertume. Du règne animal , il n’y a guère que le fiel de bœuf qui ait été employé comme tonique, et il rentre dans la règle relative à l’existence du principe amer. Parmi les minéraux, le fer seul et ses préparations peuvent être rangésparmi les toniques.
Ainsi que nous l’avons dit, les médicaments toniques agissent en augmentant l’activité fonctionnelle des organes, sans les irriter ; ainsi , ils rendent l’appétit plus vif, les digestions plus faciles, plus promptes . L’énergie du système circulatoire est augmentée , sans que les battements du cœur soient plus précipités; ils facilitent l’hématose, et le fer, en particulier , rend, à ce que croient certaines personnes, le sang plus riche en globules. La nutrition et la calorification reçoivent également une influence favorable de cette médication .
Les toniques sont donc indiqués toutes les fois qu’il s’agit de relever les forces , d’activer les fonctions, et de leur rendre l’énergie qui leur manque. Ils sont usuellement employés avec succès dansles cas d’inappétence, par faiblesse del’estomac, dans les diarrhées séreuses chroniques , dans les scrofules, le scorbut, la chlorose, l’anémie, leshydropisies passives. On comprend encore leur utilité dans la convalescence de beaucoup d’affections aiguës , la fièvre typhoïde , par exemple, quand l’état d’excitation fébrile et d’irritation locale a complètement disparu. Quant aux contre-indications, elles sont faciles à saisir, si l’on se rappelle ce que nous avons dit en commençant , savoir : que les toniques employés dans les cas d’éréthisme des organes agissaient dans le sens de l’affection, en l’augmentant par conséquent. J. -P. Beaude.
tosfssi»z,aif»e ( anat .), adj. (tonsillaris) , qui a rapport aux amygdales, (Y. Amygdales). — Artère tonsillaire . Elle provient de la labiale. — Angine tonsillaire , c’est l’inflammation des amygdales. (Y. Angine. )
tonsisæe, s., f. Synonyme d’amygdale. (Voy. ce mot.)
tophacé ( path .), adj. (de tophus , qui signifie tuf) . Les concrétions tophacées sont des dépôts durs, ordinairement d’urate de soude, qui se forment autour des articulations chez les goutteux. (V. Goutte.)
tophus [path.], s. m. Mot latin conservé en français, et par lequel on désigne les concrétions de la goutte (Y. Goutte.)
topique ( thérap . ), s. m. et adj . ( iopicus, du grec topos , lieu). On appelle médicaments topiques, ceux qui s’appliquent extérieurement sur une partie malade ; tels sont les cataplasmes, les emplâtres, les onguents, les pommades, les liniments, les lotions, les caustiques, etc. (Yoy.ces mots.)
tgrmentiiae (mat. mèd.), s. f .(potentilla tormentilla ), famille des rosacées, J. ; icosandrie
polygynie, L. Petite plante vivace, très-commune dans les bois de l’Europe. Ses racines sont presque cylindriques , plus grosses dans leur partie supérieure, souvent arrondies , de la grosseur du doigt, noueuses, courtes, contournées, brunes et écailleuses extérieurement, d’un rouge foncé à l’intérieur. Elles sont très-astringentes, contiennent du tannin, ce qui les fait employer pour tanner les cuirs; elles sont aussi usitées en médecine, associées à la bistorte en décoction, à la dose de trente à soixante grammes. On les emploie assez souvent dans les diarrhées chroniques. Cette racine entre, en outre, dans les espèces astringentes du Codex et dans le diascordium. On en prépare un extrait et une poudre qui sont assez fréquemment usités. J. B.
torpeur (path.) , s. f. ( torpor ). Engourdissement, état d’affaissement intellectuel dans lequel se trouvent les malades atteints de certaines affections cérébrales, de fièvres de mauvaise nature, ou à la suite d’une commotion morale très-violente.
torréfaction Q?Aam.), s. f. (torrefactio, de torrefacere , faire griller) . Action de torréfier, d’exposer au feu une substance solide, minérale, végétale ou animale, soit pour en séparer quelques principes volatils, soit pour y développer un principe nouveau, soit pour en déterminer l’oxydation. Le mot grillage , qui est synonyme de torréfaction, est plutôt employé pour les mines .
torticolis (path,) , s. m., obstipilas , caput obstipum, obstipité. On appelle ainsi une inclinaison involontaire et permanente de la tête vers l’une ou l’autre épaule. Cette déviation peut dépendre de différentes causes : d’abord, d’une luxation accidentelle ou spontanée de la partie supérieure de la colonne vertébrale, ou bien d’une lésion des parties molles, telle qu’une cicatrice vicieuse du cou qui fait pencher la tête de son côté ; et enfin , une rétraction d’un ou de plusieurs muscles du cou. Nous ne parlerons ici que de ces dernières variétés .
Cette rétraction musculaire peut avoir lieu dans deux circonstances différentes et en quelque sorte opposées. Ainsi, les muscles d’un côté sont paralysés : ceux du côté sain agissant seuls, et ne trouvant pas de résistance dans leurs antagonistes, la tête se penche du côté sain : ou bien c’est par le fait d’une rétraction morbide, d’une contracture , que la tête est entraînée par l’excès d’action des muscles contracturés. Dans le premier cas, la tête revient très-facilement , et sous l’influencé des moindres efforts, à sa direction habituelle. On ne sent pas, du côté de l’inclinaison, ces cordes dures et tendues qui se montrent dans le second cas , et du reste, l’état de paralysie des muscles du côté opposé peut être facilement constaté.
La rétraction morbide ou contracture peut dépendre de différentes causes. Quelquefois c est l’effet d’un rhumatisme aigu, partiel , et alors la douleur des muscles affectés, et les autres phénomènes du rhumatisme musculaire, indiquent suffisamment la nature du mal, auquel le traitement ordinaire du rhumatisme est applicable. D’autres fois , l’affection est congénitale , et tient à une rétraction convulsive du muscle sterno-cléïdomastoïdien , auquel, dans l’immense majorité des cas, il faut attribuer la déviation. Enfin, dans un
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bon nombre de circonstances, le raccourcissement des muscles dépend, soit d’un rhumatisme chronique, soit d’un état convulsif devenu permanent, et dont la cause première n’est guère plus facile à déterminer que pour le pied-bot.
Dans ces cas, comme dans le pied-bot seul, le traitement consiste dans l’emploi d’une opération chirurgicale, dans la section du muscle rétracté. Le plus souvent, comme nous l’avons dit, c’est le sterno-cléido-mastoïdien, quelquefois le trapèze, ou le scalène; et même, quand il s’agit du premier de ces muscles, il n’est pas rare de voir que l’obstipité est dû à la contraction d’un seul des deux faisceaux qui composent le muscle, et le plus souvent c’est le faisceau sternal qui est ainsi rétracté.
L’idée de couper le muscle malade remonte à une époque déjà assez ancienne. Tulpius paraît être le premier qui l’ait pratiquée. Depuis, d’autres chirurgiens hollandais y ont eu recours , mais en coupant le muscle et la peau. Dupuytren, en 1822, coupa le muscle en introduisant le bistouri à l’àide d’une simple ponction à la peau. Plus récemment, MM. Stromeyer , Dieffenbach , en Allemagne, MM. J. Guérin, Bouvier, L. Fleury, etc., en France , ont agi de même avec succès , et ont apporté au procédé opératoire d’importantes modifications. Aujourd’hui , il est Bien reconnu que , dans le torticolis , le muscle ou les muscles rétractés doivent être coupés suivant les règles ordinaires de la ténotomie sous-cutanée, à l’aide d’une simple piqûre à la peau. M. J. Guérin, auquel on doit d’importantes recherches sur ce sujet, établit fort judicieusement qu’il vaut mieux diviser le tendon du muscle que le muscle lui-même, et n’opérer la section que de l’un des faisceaux quand ils ne sont pas rétractés tous les deux. J .-P. Beaude.
tortue (hist. nat.,méd.), s. f. ( testudo ). La tortue fait partie de la classe des reptiles, et de l’ordre des chéloniens (du grec chélonè , tortue). Ces animaux ont le corps recouvert d’une sorte de cuirasse solide, nommée carapace , dont la partie inférieure qui revêt l’abdomen et la face inférieure de la poitrine se nomme plastron. La carapace est ovale ou orbiculaire , plus ou moins bombée , formée d’écailles jointes ensemble , d’une grande dureté, noirâtres, semées de points ou demarbrures de différentes nuances , mais habituellement jaunâtres. La chair des tortues est blanche, très-riche en gélatine. Elle était autrefois très-usitée pour préparer des bouillons que l’on préconisait dans les maladies de poitrine. Aujourd’hui, on y a à peu près renoncé, vu le prix élevé de cette substance dans nos climats, et son inefficacité bien constatée ; elle peut être remplacée par les viandes blanches, et notamment par le veau. J. B.
toucher [physiol.) (Y. Tact.)
toucher (accouch.) s. m. On donne cenomà une opération qui consiste à explorer avec un ou plusieurs doigts les organes sexuels de la femme. Le toucher se pratique, soit pour constater l’état de grossesse, ses modifications , soit pour reconnaître 1 existence des maladies de l’utérus ou du vagin; il est, avec l’emploi du spéculum, le moyen le plus efficace pour établir le diagnostic de ces affections.
loucher vaginal ou toucher proprement dit. —
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Position de la femme. — Quand la femme enceinte est affectée d’ascite, d’hydrothorax , d’asthme, de lésion organique du cœur ou des gros vaisseaux; lorsque sa respiration ne se fait qu’avec difficulté, elle doit rester debout pendant qu’on la touche, afin d’éviter la fatigue et même les dangers que pourrait entraîner la position horizontale. Si elle est faible, au contraire; s’il y a menace de syncope, d’hémorrhagies, de convulsions ; si l’utérus est fortement incliné en avant, ou si, par une autre cause, le col est déjeté très-loin en arrière, il est mieux de la faire coucher. Enfin, si l’on éprouve quelques difficultés, s’il reste quelques doufes, on doit l’examiner alternativement dans l’une et dans l’autre de ces deux positions. Les muscles sont d’abord mis dans le relâchement. Si la femme est couchée, on lui fait fléchir à demi les jambes et les cuisses, ainsi que la tête et la poitrine, qu’on relève légèrement à l’aide d’oreillers ou de traversins. Dans le cas contraire, on la fait placer contre un mur, un meuble, un corps solide quelconque qui puisse la soutenir. Ensuite, elle écarte et fléchit les jambes et les cuisses, en même temps qu’elle incline un peu la poitrine et la tête en avant. Pour prévenir l’embarras d’une semblable posture, on lui permet de s’appuyer des coudes ou des mainssur les bras de quelque autre personne, ou tout simplement sur les bords d’une commode, ou de deux chaises placées exprèsàses côtés.
Au demeurant, quand la femme est couchée, le relâchement des muscles permet mieux, qu’il y ait grossesse ou non, de constater l’état des organes que dans la position opposée, et c’est ainsi que je touche presque toujours.
Avant de commencer l’opération, il faut s’enduire les doigts de mucilage de graine de lin ou de racine de guimauve , d’huile d’olive ou d’amande, de beurre ou de saindoux, de cérat, de blanc-d'œuf, oud’uue graisse quelconque. Le mucilage est ce qu’il y a de meilleur ; mais quand on n’en a pas sous la main, peu importe la substance à laquelle on ait recours, pourvu qu’elle soit onctueuse et non irritante.
Sans cette précaution, on pénétrerait moins facilement dans le vagin. Les grandes lèvres et les poils qui les ombragent pourraient être tiraillés. Si l’accoucheur avait quelque excoriation au doigt, l’enduit gras dont je parle serait un moyen de ne pas s’exposer à contracter les maladies contagieuses dont la femme pourrait être affectée. On aurait tort d’admettre cependant qu’une telle précaution est indispensable. Il serait souvent possible, au contraire, de s’en abstenir sans inconvénient. C’est à titre de moyeu utile qu’il faut la recommander; mais l’entrée du vagin est en général assez humide pour que je n’y aie presque jamais recours.
Il faut savoir toucher aussi facilement de la main gauche que de la main droite. Une position forcée de la femme, une difformité, une maladie, un altération momentanée quelconque delà main habituelle, feraient bientôt regretter de ne pas s’y êtr. exercé.
Pour introduire le doigt, on peut le tenir étend i et fortement écarté des autres, ou bien fléchir ce ; derniers, de telle sorte que le pouce se trouve caché dans la paume de la main.
Il n’est jamais indispensable de découvrir la femme pour cette opération. Quand elle est couchée, on se place à côté de son lit. La main portée sous
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la couverture gagne la vulve en passant sous le Jarret correspondant. Si la femme reste debout, on doit mettre un genou en terre.
L’indicateur, disposé comme il a été dit, ayant son bord radial tourné vers le sommet de l’arcade pubienne, est d’abord porté sur le périnée, ou à la partie postérieure de la vulve. On en ramène ensuite la pulpe, en la traînant en avant pour la glisser entre les grandes lèvres, et pénétrer dans le vagin.
Avant de chercher le col , il est bon d’explorer l’état du rectum, du bas-fond de la vessie, des colonnes longitudinales du vagin, la conformation des détroits et de l’excavation du bassin.
On passe ensuite à l’examen du museau de tanche. On évalue l’épaisseur et la longueur , soit absolues, soit relatives, des lèvres- de cet orifice, leurs bosselures ou leurs tubercules, et leur dépression, leur état de régularité ou d’irrégularité, la forme de l’orifice et sa direction. Enfin on tente de déterminer la longueur du col, ainsi que le volume de la matrice, qu’on soulève pour en reconnaître la pesanteur.
Avec ces précautions, il est souvent possible, dès la fin du troisième mois, lorsque la femme est maigre, et que les parois du ventre offrent une certaine souplesse , de saisir l’utérus par son col et par son fond simultanément, de le faire basculer en arrière ou de côté, et d’en apprécier la mobilité, la forme et le volume, d’en mesurer d’une manière fort exacte et la longueur et le poids, de s’assurer s’il est ou n’est pas dans l’état naturel, et si la substance qui le remplit est fluide ou non.
Le toucher par le rectum est trop négligé. Il donne une grande liberté pour reconnaître la mobilité ou la fixité, le degré d’inclinaison, de sensibilité, de volume et de densité de l’utérus pendant le premier tiers de la grossesse.
Le pouce porté en même temps dans le vagin , permet d’explorer, avec tout le soin désirable , la cloison recto-vaginale , ainsi que la longueur et le volume du col.
Jusqu’à deux ou trois mois , le toucher par le vagin ou par l’anus ne peut pas , plus que les signes rationnels, donner la certitude de l’existence ou de la non-existence de la gestation. Il permet quelquefois d’établir un diagnostic plus ou moins probable, mais jamais parfaitement certain; en sorte que, sans des raisons puissantes , on ne doit pas y soumettre les femmes, si le toucher ou le palper abdominal ne pouvait pas y être associé.
Plus tard , si le praticien ne peut pas affirmer positivement à son aide qu’il existe un fœtus dans la matrice , il lui est du moins permis de s’assurer que cet organe a beaucoup augmenté de volume. Dès lors il ne s’agit plus que de distinguer la gestation véritable d’avec les maladies que l’on confond quelquefois avec elle.
On ne tarde pas , au surplus , à pouvoir, exécuter le ballottement , à reconnaître les mouvements spontanés, à entendre les bruits du cœur de l’enfant, seuls phénomènes qui prouvent sans réplique que la grossesse a lieu.
Toucher owpalper abdominal . — L’exploration du ventre doit en outre être constamment ajoutée au toucher. Elle est d’un trop grand prix à mes yeux pour que je n’essaiepasde latirer de l’oubli où elle est tombée parmi nous. Nul changement un peu con-
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sidérable de l’utérus ou de ses dépendances ne peut échapper à l’exploration abdominale bien pratiquée.
Lorsqu’on veut procéder utilement à l’exploration abdominale, il importe que la femme soit couchée, et qu’elle n’exerce aucune espèce d’effort.
Le ballottement et l’opération nécessaire pour déterminer les mouvements du fœtus permettraient seuls, dans certains cas, de la laisser debout, afin que le poids du fœtus tendît à le ramener vers le col et non du côté des lombes.
Il faut qu’elle ait les jambes et les cuisses fléchies, en un mot qu’elle soit placée comme pour la réduction d’une hernie. L’opération est plus facile à jeun, de même que dans l’état de vacuité du rectum et de la vessie. Le toucher abdominal seul comprend plusieurs nuances. En faisant faire quelques inspirations profondes à la femme, pendant qu’une main reste étalée entre le pubis et l’ombilic , on distingue la matrice à sa fixité dans le centre de l’excavation ou de l’hypogastre. Une pression douce permettant de toucher, dans toute leur profondeur, les fosses iliaques , d’atteindre sans peine l’angle sacro-lombaire , et toute la portion abdominale du rachis , il est impossible de ne pas rencontrer l’utérus dans le détroit ou au-dessus , s’il a pris quelque développement.
Dans les trois ou quatre premiers mois, il se présente sous l’aspect d’une tumeur dure , et plus ou moins arrondie , un peu plus près du promontoire que des pubis , quelquefois sur la ligne médiane et souvent un peu de côté. A mesure que la grossesse avance ensuite , au lieu d’une masse solide , c’est un corps rénitent qu’il faut s’attendre à trouver entre l’ombilic et les pubis, ou vers l’une des fosses iliaques. On le distingue des autres viscères à ses circonscriptions, à sa régularité, à son aspect d’ovoide , à sa tension. La pression directe en arrière, avec une main d’abord , avec les deux mains ensuite, conduit bientôt sur quelques saillies de l’enfant , dont on apprécie ainsi jusqu’au volume après le cinquième mois , et qui se retire brusquement dans certains cas, ou du moins qui exécute presque toujours alors des mouvements assez manifestes pour être reconnus. Il résulte de ces détails, que l’exploration abdominale est un excellent moyen de constater l’existence de la grossesse , et que , dans plusieurs circonstances , elle peut tenir lieu du toucher interne auquel elle fournit d’ailleurs un puissant secours. Je m’empresse d’ajouter toutefois qu’elle n’est pas applicable à tous les cas. Les parois abdominales sont tellement épaisses chez les femmes grasses , et tellement denses ou résistantes chez celles qui sont robustes et fortement musclées, qu’elles détruisent tous les effets de la pression.
Une grande irritabilité , une douleur dans quelque point du ventre , une maladie avec altération organique quelconque des viscères, une grande quantité d’eau avec un petit fœtus dans une matrice mince , en rendent aussi l’emploi ou difficile ou peu concluant. Dans les autres cas, le toucher abdominal, aidé du toucher vaginal, permet de si bien apprécier l’état de l’utérus, que la grossesse peut être ainsi diagnostiqué dès le troisième mois.
Velpeau,
Membre de l’Institut, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, chirurgien de l’hôpital Je la Charité.
tourhssoi . (chim.), s. m. Le tournesol est
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une substance colorante, dont on distingue deux sortes : l° le tournesol en pain , rectangulaire , de couleur bleue-cendrée , qui se prépare en Auvergne, avec différents lichens que l’on traite par les cendres gravelées et l’urine. On en fait une teinture qui sert de réactif pour les acides. 2° Le tournesol m drapeaux : ce sont des chiffons de vieux linge , que l’on trempe dans le suc du croton tinctorium (famille des euphorbiacéesi J. ; monœcie mouadelphie, L.), et que l’on expose ensuite aux vapeurs de l’urine et de la chaux vive, jusqu’à ce qu’ils aient pris une teinte violette. Ces deux substances sont complètement inusitées en médecine. La première, ainsi que nous l’avons dit, sert à préparer une teinture et du papier qui forment les réactifs les plus sensibles pour reconnaître la présence d’un acide. Le tournesol est rougi par les acides même les plus faibles. Les alcalis ramènent au bleu le tournesol qui a été rougi. Ce réactif, comme on le voit, peut servir à faire connaître les acides ou les bases qui sont en excès dans une solution. La seconde espèce n’est plus employée. J. B.
touenioie (path.), s. f. (V. Panaris .)
tourniquet [chir.], s. m. [torcular] . C’est un instrument de chirurgie destiné à arrêter les hémorrhagies. Le tourniquet le plus simple consiste en deux pelotes , dont l’une appuie sur le vaisseau par lequel l’hémorrhagie a lieu , l’autre sur le point opposé : une courroie fait tout le tour du membre et serre les deux pelotes, qu’elle tend à rapprocher l’une de l’autre, et vient s’adapter à une plaque de cuivre placée au-dessus de la pelotte compressive ; une vis de rappel traverse cette plaque, et s’implante dans la pelote, qu’elle appuie avec plus de force , suivant qu’on lui imprime uo plus grand mouvement à gauche. Le tourniquet, imaginé par J.-L. Petit , a subi, depuis un siècle , une foule de modifications. J. B.
toux, s. f. (V. au Supplément.)
toxicologie [méd. %.), s. f. (du grec toxikon , poison, logos , discours). C’est la partie de la médecine légale qui traite des poisons : la chimie, la pathologie et la physiologie sont des connaissances préliminaires indispensables pour l’étude de cette branche de la médecine. (V. Empoisonnement .)
toxique [méd. lèg .), s. m. [toxicum, de toxikon, poison) ; c’est le synonyme de poison. On dit indifféremment substance vénéneuse ou substance toxique.
trachée ( anat . ), s. f . , trachea aspera , arteria des anciens. La trachée-artère est la portion du conduit aérien , comprise entre le larynx (Voy. ce mot) et les bronches. Elle est constituée par un tube fibro-cartilagineux et membraneux , cylindrique dans ses trois quarts antérieurs, plane dans son quart postérieur , qui repose sur la colonne vertébrale depuis la cinquième vertèbre du cou, jusqu’à la troisième du dos. La portion antérieure est constituée par des anneaux fibro-cartilagineux, au nombre de quinze à vingt, et dont le quart postérieur manque. Ils sont placés horizontalement les uns au-dessus des autres, séparés par des intervalles étroits que remplit une membrane fibreuse. Les extrémités de chaque anneau sont
unies par des fibres musculaires transversales, qui constituent le plan postérieur. Intérieurement, la trachée est tapissée par une membrane muqueuse qui fait suite à celle du larynx. L’origine supérieure de la trachée est au-dessous du cartilage cricoïde (Y. Larynx ) , et elle s’arrête là où l’arbre aérien se divise en deux branches ou bronches qui se rendent dans les poumons. (V. Bronches et Poumons.)
Tkachée (Maladies de la) . Elles n’offrent pas une importance spéciale ; ses inflammations se confondent soit avec celles du larynx, soit avec celles des bronches. Ses phlegmasies chroniques avec ulcération ont été indiquées à propos de la phthisie laryngée, au mot Larynx.
Corps étrangers. — Les liquides ou les gaz qui pénètrent dans la trachée et jusque dans les bronches peuvent , par leurs propriétés excitantes, déterminer des secousses de toux, d’anxiété, qui cessent promptement après l’expulsion du fluide , mais qui peuvent amener l’inflammation de ce conduit.
Les corps étrangers solides qui s’introduisent dans les voies aériennes viennent habituellement du dehors et pénètrent dans le larynx dans un mouvement brusque d’inspiration ou de déglutition. C’est ainsi qu’on a vu pénétrer un haricot, un pois, une petite pièce de monnaie, un fragment de châtaigne, un épi de blé, un noyau de cerise, etc.; d’autres fois c’était des vers remontés de l’estomac et qui passaient ainsi dans le larynx. Pour qu’un corps étranger pénètre ainsi , il faut qu’il n’ait pas plus d’un pouce de diamètre.
Si l’on se rappelle ce que l’on a éprouvé pour avoir avalé de travers, comme on le dit, un peu de vin ou même de salive, on doit comprendre les effets que peut produire un corps étranger solide, une fève de haricot, par exemple, introduite dans la trachée. Secousses de toux convulsives, suffocation, anxiélé extrême, tels sont les phénomènes qui se manifestent. Ces accidents s’interrompent souvent pendant un temps variable pour reparaître ensuite avec plus ou moins de violence ; les secousses de toux font ballotter le corps étranger dans la trachée ; on l’entend parfois monter et descendre, en appliquant l’oreille au - devant du cou. Si les efforts sont violents , ils peuvent suffire quelquefois pour l’expulser au dehors. Quand le séjour se prolonge, et cette prolongation peut s’étendre à plusieurs années, on voit ordinairement survenir des accidents analogues à ceux de la phthisie , qui disparaissent , et sont suivis du retour complet à la santé , lorsque par une circonstance quelconque, le plus souvent pendant une quinte de toux, le corps étranger est rejeté. Dans d’autres cas encore plus graves, il peut oblitérer la glotte et amener une asphyxie mortelle.
Le traitement repose sur une seule indication : faire sortir le corps étranger le plus promptement possible. On a essayé la secousse imprimée au tronc à l’aide d’un coup de poing dans le dos, le plan incliné qui place le patient la tête en bas et les jambes en l’air, qui réussit parfaitement chez le fameux ingénieur Brunei, qui s’e'tait introduit une pièce d’or dans la trachée. Mais le moyen par excellence, c’est celui qui consiste à aller chercher directement