ZIN
brillante, dont les artificiers font usage dans les pièces d’artifices, et il répand dans l’air des flocons blancs qui sont de l’oxide de zinc, nommé par les anciens chimistes pompholix, nihil album , lana philosophiez, chauffé à vase clos dans une cornue à une forte chaleur, le zinc se volatilise et se distille; c’est sur cette propriété qu’est fondée son extraction : pour l’avoir pur on le soumet à une nouvelle distillation.
Le zinc paraît avoir été connu des anciens suivant M. Hœfer: les Grecs et les Romains faisaient usage de l'oxide de zinc; allié au cuivre le zinc constitue le laiton ou cuivre jaune, connu de toute antiquité. C’est à Paracelse que l’on doit la découverte du zinc dans les temps modernes , ou du moins il est le premier qui l’ait indiqué sous ce nom. Exposé à l’action de l’air et de l’humidité, le zinc se couvre d’une couche grise qui devient blanchâtre: c’est de l’oxide de zinc qui passe assez promptement à l’état de carbonate; cette couche acquiert une assez grande dureté et préserve le métal d’une altération plus profonde.
A la température ordinaire , le zinc décompose l’eau d'une manière lente ; cette décomposition est plus rapide lorsque l’on élève la température. Tous les acides, même les plus faibles, attaquent le zinc ; l’acide sulfurique étendu d’eau le convertit en sulfate, en laissant dégager de l'hydrogène, l’oxigène de l’eau s’étant combiné au zinc pour le convertir en oxide qui se combine lui-même avec l’acide sulfurique pour former le sulfate. Ce moyen est usité dans les laboratoires pour se procurer de l’hydrogène; c’est sur lui qu’est basé l'appareil de Marsh [V. ce mot) pour reconnaître la présence de l’arsenic dans les substances organiques.
Depuis quelques années l’emploi du zinc s’est répandu d’une manière générale: d’abord borné, et depuis les temps anciens, à la confection du laiton, on l’a employé, depuis qu’on a pu le préparer en larges plaques, successivement à la confection de vases domestiques et d’objets d’ornenements, à la couverture des maisons, à la fabrication des tuyaux de conduite. Dans ces derniers temps on l’a employé pour recouvrir le fer, comme on avait fait de l’étain pour le fer et le cuivre. Ce fer recouvert de zinc comme d’un étamage a reçu le nom de fer galvanisé , et l’on a présenté comme une nouvelle invention un fait connu depuis un siècle , car Malouin en parle dans son Mémoire sur l’analogie de l’étain et du zinc, présenté à l’Académie des sciences en 1742. Le même auteur dit également, d’après un ancien ouvrage qu’il cite, que « le zinc était autrefois fort en usage pour couvrir les églises, mais qu’on a cessé de s’en servir, parce que, étant arrivé des incendies à ces églises, on avait trouvé que le zinc y était dangereux);. En effet dans les incendies, les couvertures de zinc brûlent avec la plus grande facilité et lancent des flammes assez loin.
Le zinc est employé comme alliage avec plusieurs métaux ; nous avons dit qu’avec le cuivre il forme le laiton; il forme aussi le similor, suivant les proportions des deux métaux. Combiné avec le cuivre et le nikel il constitue un métal blanc imitantl’argent, etque l'on a nomméargentan d’Allemagne, cuivre blanc, toutenague chinois, pachefonte , et enfin maillechort ou mailchior , alliage
qui prend fort bien la dorure, qui s’argente facilement et dont l’usage est aujourd’hui lort répandu pour confectionner des couverts et autres instruments pour la table. Le zinc a été aussi allié au plomb pour lui donner de la dureté, et à l’étain comme moyen de fraude on raison de son prix peu élevé. Mais on doit se garder de ces fraudes, car le zinc ne jouit pas de l’innocuité de l’étain et ne saurait être émployé sans inconvénient à l’étamage des vases de cuisine. Ses sels sont émétiques et se forment facilement avec les acides végétaux et les acides gras ; aussi l’étamage avec l’alliage d’étain, de plomb etzinc, ne s’emploie que pour les baignoires et les vases de cuivre ou de fer qui ne doivent point servir à contenir des substances alimentaires.
A l’état métallique, le zinc est peu employé en médecine; on l’a quelquefois prescrit comme vermifuge, et la limaille de zinc, à la dose d’une once, mêlée à deux onces de sirop , a été employée contre le ver solitaire Ce médicament était précédé et suivi de purgatifs doux, tels que l’huile de ricin.
L’oxide et les sels de zinc sont beaucoup plus usités, et nous allons en parler successivement :
Oxide de zinc. — Nous en avons donné la synonymie au commencement de cet article: ce corps est blanc, disposé en filaments, ce qui lui donne l’aspect floconneux; il résiste à une température trèsélevée sans se fondre ni se volatiliser; lorsqu’on le chauffe il devient jaune et reprend ensuite la couleur blanche en se refroidissant; cet oxide se prépare en chauffant le zinc jusqu’au point de le volatiliser; en l’exposant à un courant d’air, il brûle, et l’oxide se manifeste sous formes de flocons légers jaunâtres qui se répandent dans l’air, si l’on n’a point disposé d’appareil pour les recueillir. C’est sans doute à cette, disposition qu’il doit le nom de nihil album qui lui avait été donné autrefois. Il existe un oxide de zinc impur qui se forme et se condense dans les cheminées des fourneaux où l’on soumetau grillage les composés métalliques qui contiennent du zinc ; cet oxide est grisâtre , dur , compacte et se présente par masse chagrinée, c’est la tuthie ou cadmie des fourneaux , désignée ainsi , par opposition à la cadmie ou tulhie naturelle ou fossile , qui est un oxide de zinc impur qui se trouve dans la nature.
L’oxide de zinc s’emploie en médecine à l’extérieur et à l’intérieur; à l’extérieur on le fait entrer dans la composition de diverses pommades, onguents et emplâtres réputés détersifs, dessiccatifs, astringents, antiophthalmiques, etc. On le fait entrer également dans des collyres secs ou poudres que l’on insuffle dans les yeux , dans certains cas d’ophthalmie chronique; la tulhie naturelle, ou la cadmie .des fournaux sont principalement employées dans ces cas.
A l’intérieur l’oxide de zinc s’administre comme antispasmodique, et c’est, dans ce cas, des fleurs de zinc ou oxide de zinc dont on fait usage; celui qui est obtenu parla décomposition d’un sel de zinc, fiai- la potasse, tels que le sulfate, le chlorure etc., a été quelquefois préféré. On le donne dans la névralgie , l’épilepsie , la toux convulsive , les névroses, la danse de St-Guy. La dose varie de 5 à 20 centigrammes et même jusqu’à deux grammes. Dans ces derniers temps on a associé l'oxide de zinc à l’acide valérianique, et l’on a retiré de grands avantages de cette préparation. (V. Vale'ria
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