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Jusqu’à ces derniers temps on avait dit les eaux de Wisbaden sulfureuses. Alibert d’après M. Regnard l’avait imprimé dans son Précis des eaux minérales; on disait même qu’elles laissaient déposer du soufre dans les conduits qui alimentent les bains ; mais les travaux plus récents des chimistes, et surtout les analyses de M. Kastner, ont montré l’erreur à ce sujet. D’après ce chimiste, les eaux de Wisbade laissent dégager à la source une assez grande quantité de gaz , formé par un mélange d’acide carbonique et d’azote, dans la proportion de 5i à 46. Ces eaux, lorsqu’elles sont exposées au contact de l’air, présentent à leur surface une pellicule jaunâtre ocracée, formée sans doute par la matière organique , le carbonate dé chaux et de fer qu’elles contiennent; leur saveur est saline et assez semblable à celle du mauvais bouillon de viande. Elles laissent déposer un limon ferrugineux avec lequel le Dr Peez , médecin du duc de Nassau, a fait préparer un savon qu’il prescrit dans les affections rhumatismales , cutanées et lymphatiques. Voici l'analyse de la principale source thermale de Wisbade , le Kachbrunnen, faite par M. Kastner, pour une livre d’eau :

Carbonate de chaux 1,650 grains

— de fer 0,078

Sulfate de soude 0,700

— de chaux 0,420

Muriale de chaux 5,480

— de magnésie 0,790

— dépotasse 1,200

— de soude 44,224

Silicate de magnésie 0,600

Substance organique 1,750

Total 56,892

Il faut ajouter à ces substances les gaz acide, carbonique et azote, que nous avons déjà indiqués comme existant dans ces eaux ; plus une certaine quantité de bromure, découvert quelques années plus tard par MM. Kastner; enfin du fluor et du manganèse, trouvé par le professeur Léopold Gmelin, dans le dépôt formé par les eaux.

Les eaux de Wisbade, qui sont, comme on le voit, salées et un peu alcalines, s’administrent en bains, en douches, et en boisson; c’est principalement dans les affections rhumatismales et arthritiques que l’on en fait usage ; on les administre aussi dans la paralysie, les contractures des membres, à la suite de plaies d’armes à feu, dans les affections lymphatiques et scrofuleuses, les tumeurs blanches. On prescrit ces eaux en boissons dans la gravelle, dans quelques affections des reins et de la vessie , les hémorrhoïdes ; elles sont contre - indiquées chez les individus sanguins, et disposés aux affections cérébrales, de

même que chez ceux qui sont affectés de phlegmasies aiguës ou disposés à des congestions inflammatoires.

Les eaux de Wisbade, renfermées dans des cruchons bien bouchés, se conservent assez longtemps, sans perdre le gaz qu’elles contiennent.

J. P. Beaüde.

woarare ou cdrasa ( toxic .), s. m., nom sous lequel les sauvages de l’Amérique du Sud désignent le Stic épaissi de l’écorce d’une plante qui parait être une espèce du genre Rouhamon d’Aublet, voisin des Strychnos. Ce végétal est une liane. ; très-abondante dans les forêts de Javita et sur la rive gauche de l’Orénoque au-delà du Rio-Amaguaca. Les indigènes lui donnent le nom de Bejuco de Mavacurc. L’écorce étant, par la percussion, réduite en filaments très-minces, on place la masse filandreuse dans une sorte de filtre-entonnoir. On y ajoute de l’eau froide qui passe goutte à goutte et donne un liquide jaunâtre , que 1 on concentre par l’évaporation , et qu’on épaissit par l’addition du suc très-gluant d’une plante nommée dans le pays Kiracaguéro. L’extrait ainsi obtenu ressemble à l’opium; son goût est d une amertume franche. On le regarde comme un excellent stomachique ; car , semblable au venin des animaux , il peut être avalé impunément pourvu que l’on n’ait pas d’écorchure à la langue ou aux gencives , qui en facilitent , l’introduction dans Jes voies circulatoires. C’est qu’en effet, introduit directement par absorption dans les vaisseaux, il est promptement mortel, et tue avec la même promptitude que Yupas (V. êè mot) -, aussi les indigènes ont-il l’habitude d’en imprégner leurs flèches quand il vont à la chasse': les animaux tués par ce moyen, sont très-bons à manger, et n’offrènt aucune trace du poison qui les a fait périr. Les grands oiseaux, tels que les hoccos, piqués à la cuisse, périssent en deux Ou trois minutes, et Un cochon en dix ou douze.

Les individus blessés par le -woarare périssent à-peu-près de la même manière, etavec les mêmes symptômes, que ceux qui ont été mordus par des serpents venimeux. Congestions à la tète, vertiges, nausées, vomissements, prostration extrême. Les sauvages disent que le sucre appliqué sur la plaie est le meilleur antidote; mais les médecins européens lui préfèrent, avec raison; l’incision èt lacautérisation. J. B.

•woresiekts ( anat .), adj. On appelle os wormiens, d’Olaüs-Wormius, anatomiste danois, qui les a décrits le premier, de petits os irréguliers situés entre les sutures du crâne.

xérasxe ( path .), s. f., xcrasia. du grec xéros sec. On donne ce nom à une maladie des cheveux dans laquelle ils deviennent secs et cassants ; ils sont alors remplacés par un léger duvet. Galien rangeait cette maladie parmis les alopécies. Son traitement est le même que celui de cette dernière maladie. (V.ce mot.)

xéropethalkie [path.), s. f. On donne ce nom à une inflammation sèche de l’œil. (V .Ophlhalmie ■)

xi^HCïBr, ( anal .), adj., xiphoideus, du grec xiphos épée, cidos, forme. On appelle ainsi le petit appendice qui termine inférieurement le sternum. (V. ce mot.)

xipixoîssiem ( anat .), adj., même racine. Ligament xiphoïdien. C’est celui qui va du cartilage de la 7e côte à la face antérieure de l’appendice xiphoïde.

taws ( path .), s. m. (V. Frambæsia.)

YÈbee. [path.), s. f. (V. Hièble.)

yeux d’écrevisses [mat. méd.). On appelle ainsi de petites concrétions calcaires au nombre de deux, qui existent de chaque côté de l’estomac des écrevisses à l’époque où ces animaux changent de test. Ces concrétions disparaissent après la mue; elles sont formées de couches concentriques, et intérieurement composées de carbonate calcaire, dont les particules sont unies par du mucus animal. On leur attribuait autrefois des vertus merveilleuses: mais aujourdhui que l’observation rigoureuse et exacte des faits a remplacé la crédulité et l'amour de merveilleux, les yeux d’écrevissesne sont plus employésque comme absorbants, et la craie ou la magnésie les remplacent très-bien, Elles entrent dans quelques préparations dentifrices. J. B.

Z’îdoaere ( mat. méâ. ) , s. f. zedoaria. On donne le nom de zédoaire aux racines de différentes plantes de la famille des cannées ou amo-

mées J., de la monandrie monogynie L. On en distingue dans le commerce plusieurs variétés.

1 0 Zédoaire ronde ou officinale. — C’est la racine plutôt le rhizome du hœmpf eriarotunda (amomées). Elle nous vient des Indes sous forme de quartiers qui ont appartenu à des tubercules de la grosseur d’un œuf de poule et offrent à la surface des cicatricules qui marquent la place des radicules. La couleur est grise extérieurement, blanchâtre inférieurement, d’une odeur analogue à celle du gingembre.

2" Zédoaire longue. — Elle paraît être la racine du curcuma zedoaria offrant, à part la forme allongée des racines , les mêmes caractères que les précédentes.

3° Zcdoaire jaune, ou racine du Bengale ou cassumuniar. — C’est un curcuma souvent mélangé avec les racines de zédoaire ronde.

La racine de zédoaire est un excitant autrefois très-usité, et qui entre dans quelques composés polypharmaques, tels que l’élixir de longue-vie, le baume de Fieraventi, etc. J. B.

zest [not. méd.), s. m., inlricula. On donne ce nom à l’écorce jaune et odorante de l’orange et du citron. (V. ces mots.)

21KTC [chim. et mat. méd.), s. m. Le zinc est un métal d’un blanc bleuâtre, plus dur que le plomb, dont il a presque la couleur et qui ne se rencontre pas dans la nature à l’étal natif; on le trouve le plus ordinairement à l’état de sulfure [blende), ou à l’état de carbonate mêlé à la silice [calamine). Les mines les plus riches de calamines existent dans le pays de Liège, où le zinc est exploité en grand. La texture du zinc est cristalline, sa cassure est brillante et offre de gros cristaux; à la température ordinaire il se gerce sous le marteau , mais chauffé à la température de 100 degrés il est trèsmalléable et il peut être réduit par le laminoir en lames minces ou en fils déliés par la filière. A 205°, il redevient cassant et il peut être pilé dans un mortier chauffé. La densité de ce métal est de G, 86 à 7,21 , suivant qu’il n’a été que fondu ou bien martelé; il est fusible à 412" et prend feu à 505° : il produit alors une belle flamme blanche

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