‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 267 sur 298 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

propriétés; on la récolte flans nos contrées vers le mois de juillet et d’août; elle est d’autant plus aromatique que la saison a été plus chaude; mais celle de nos pâvs est toujours moins Odorante que celle qui nous vient de Provence ou des contrées plus méridionales. On prépare avec cette i lante des fumigations aromatiques et des cataplasmes résolutifs ; on l’emploie en sachet dans les engorgements chroniques. 3. P- Beaüde.

iægümïïiïèuses {bot.), s. f. pl. C'est une famille de plantes dicotylédones-polypétales , à étamines pérygines qui a pour caractère: calice monophille divisé plus ou moins profondément; corolle polypétale, rarement nulle ou monopétale, le plus souvent papilionacée 5 ordinairement dix étamines adhérentes à la base du calice et ayant des filets distincts ou soudés ensemble en forme de gaine; anthères petites, globuleuses ou distinctes, ovaire supère renfermé dans la gaine des filets surmonté d'un styleterminéparunstigmate; gousse à une ou deux loges longitudinales s’ouvrant en deux valves, les graines a ttachéeslelongdes su turcs. Les feuilles sont alternes, accompagnées de stipules souvent adhérentes au pétiole; les fleurs sont ordinairement hermaphrodites. Cette famille est l’une des plus importantes et des plus nombreuses du règne végétal; elle compte plus de 4000 espèces qui fournissent une foule de produits à la médecine, à l’industrie et surtout à la nourriture de l’homme et des animaux; les pois, les fèves, les haricots, les lentilles appartiennent à cette famille , ainsi qu’un grand nombre d’espèces vulgaires, qu’il n’est point de notre objet d’énumérer ici. J. B.

légïsmtne ( chim .), s. f., nom donné par Braconnot à un principe particulier extrait de la semence de plusieurs plantes légumineuses; ce principe est peu soluble dans l’eau, non coagulable par la chaleur, insoluble dans l’alcool, ou elle forme une poudre blanche; élle est précipitée par les acides minéraux et par quelques acides végétaux, et entre autres l’acide acétique, M. Marions de Bruxelles avait indiqué cette propriéié comme un moyen de faire reconnaître la farine de froment altérée par des farines de légumineuses. J. B.

lipome (pathv) , s. fti. (F. Loupes-)

lipothymie ( path . ), s. f. On donne ce nom à dès accidents qui précédent ordinairement la syncope, et dans lesquels il y a perte du sentiment et du mouvement, la respiration et la circulation continuant encore leurs fonctions. (F. Syncope.)

*liqüEïïE.S (jiharm. j, s. m. pt. Pour la description des diverses liqueurs employées en pharmacie et en médecine, voyez à leur nom spécifique.

lts [bot.], s. m. Lilium album, lis blanc, lis vulgaire, plante quia donné son nom à un genre de la famille des Liliacées J. Hexandrie rnonogynie L. C’est une plante bulbeuse qui porte ces belles fleurs blanches que tout le monde connaît, et qui croît abondamment dans le midi de l’Europe , les contrées du nord de l’Afrique et dans l’Asie moyenne. Le bulbe del’oignon esten grosses écailles imbriquées, ovales, d une saveur amère et légè-

rement piquante ; cuit, il est visqueux, pulpeux, doux, sucré, et forme un alimént p'onr qitelquëS peuplades. En Europe, on l’emploie comme émollient et maturatif, après l’avoir fait cuire sous la cendre ou parune longue ébiillitîôil dans l’eau et îè lait. Avec les pétales du lis on prépare Une huîîê douce qui est employée commô Cnlfnant dans tés affections de l’oreille et de l’Utérus; mais qui . ditoli , se rancit très-facilement. On prépare avec Cé'é ftiêmes pétâlés une eau distillée qui s'emploie cefïtre la totix. Le pollen jàunë de la fieUr a été tëgardé comme anti-spasmodique, anodin et emrinénagogue. Les parfumeurs fecüeilientl'adeu'rsîsiiaVë de cette plante par l’intermédiaire de pommades ét d essences-, qui leur permettent de ïa éotiéerver . j . B.

liliacées (boti), s. f. pl. du grec lilion, lis. C’est une famille naturelle de plantes nrionocotylédones à étamines périgynes qui a pouf caractères : calice coloré et pétaloïde à six sépales distincts oii unis par leur base, formant quelquefois un calice tubuleux et disposé sur deux rangs; six étamines insérées à la base des sépales, si ceux-ci sont bien distincts ou en haut du tube, quand ils sont soudés; ovaire, triloculaire à trois côtes saillantes, ovalè sur deux rangs, le long de l’angle interne; style simple ou nul, stigmate trilobé; capsule à trois loges et à trois valves, graines recouvertes d’un tégument noir et crustacé ou simplement membraneux. Cette famille est nombreuse et renferme de très-belles plantes aux couleurs les plus éclatantes et d un parfum très-agréable que l’on cultive le [dus souvent pour l’ornement des jardins et qui renferme la tulipe, le lis, la tubéreuse, la jacinthe, etc., d’antres servent d’aliment telles que l’oignon, l’ail, l’échalotte, etc., d’autres sont usitées en médecine, telles le lis et la scille; l’aloès fournit un extrait purgatif très-actif. L'yucca et le phormium tenax, donnent par les filaments de leurs feuilles une matière textile qui a été utilisée dans l’industrie. J. B.

LiSEK.tm(&oi.), s. m.,convotvuïus : c’est ungenre de plante de la famille des convolvulacées J. pentendrié monogynie L qui fournit un assez grand nombre d’espèces à la médecine, comme le jalap , la scammonée, etc. (Y. ces mots.)

lithîne (chim.), s. f. C’est un oxide alcalin découvert en 1818 par Arfwedso’n dans quelques minéraux de Suède; il est blanc, très-caustique, san's odeur et verdit fortement le sirop de violette. Exposé à l’air, il en attire l’eau et l’acide carbonique ; le lithium est lê! métal qui forme la base de cet alcali.

lithotome ( chir .)', s. m. Instrument avec lequel on pratique l’opération de la taille. (V. Pierre.)

lithotb-Ipsie (chi r.j, s. f.., du grec lithos, pierre, et tripsis. broiement, action de broyer la’ pierre dans la vessie ; ce mot est synonyme de lithotritie. [V. ce mot.)

lithothjteuk; (chir.), s. m., instrument destiné à broyer la pierre dans la vessie.

MTHOTEUTIE (chir.), s. f., du grec lithos, pierre, et du latin terere, broyer, action de broyer

LOU

LOU

et de détruire la pierre dans la vessie par des moyens mécaniques. (V. Pierre .)

rouESCHE ou ioëche (Eau minérale de). Loëclie, que l’on prononce Louesche, et que l’on désigne en Suisse sous le nom de Leuk, est un établissement thermal situé dans une des vallées latérales de la chaîne septentrionale des Alpes, dans le canton du Valais, à deux lieues et demie du bourg de Loëche, qui lui a donné son nom, à cinq lieues de Sierre, à sept de Sion et à quarante de Genève. Près des sources, il s’est formé un village qui compte plus de 500 habitants, et qui a reçu le nom de Baden , ou village des bains; son élévation au-dessus du niveau de la mer, ainsi que celle des sources, est d’environ 1,400 mètres. La vallée, qui est très-pittoresque et souvent verdoyante, est traversée dans toute son étendue par un torrent impétueux, la l)ala, qui va se jeter dans le Rhône, Les sources jaillissent au pied du Gemmi, haute montagne d’un aspect sauvage, qui sépare le Haut- Valais du canton de Berne ; ces sources sont assez nombreuses, mais toutes ne sont pas utilisées. La température est souvent froide à Loëche, et pendant la saison des bains on a vu quelquefois, le matin, les toits des habitations couverts de neige qui ne fondait que vers le milieu de la journée; aussi est-il d’une bonne précaution que les baigneurs aient soin d’emporter des vêtements chauds; car il n’est pas rare de voir la température s’élever jusqu’à 25 et 29 degrés centigrades dans le milieu du jour, pour retomber ensuite avec rapidité, vers le soir, jusqu’au degré voisin de la glace fondante. A part l’inconvénient résultant des variations subites de la température, le climat de Loëche eest très-sain, et les habitants, ainsi qu’on l’observe dans les pays de montagnes, sont forts et d’une constitution saine et robuste. Les roches de la vallée sont calcaires et entrecoupées de quartz et de feld-spath. On y trouve diverses pétrifications, elles reposent sur un lit d’ardoise.

Les malades se rendent des villes voisines aux bains de Louesche, à cheval ou à pied ; ceux qui ne peuvent se transporter par l’un de ces moyens sont obligés de se faire porter en chaise ou sur des brancards, car la route est impraticable pour les voitures; le trajet de Sierre aux bains est extrêmement pittoresque et présente les sites les plus remarquables et les plus variés par leur aspect. A une petite lieue des bains est le fameux chemin des Echelles, qui mène au village d’Albinnen, et qui est renommé par les affreux précipices que franchissent les habitants du pays, d’un pas ferme et assuré, au moyen des huit échelles qui établissent la commnnication avec la route. La saison des bains à Loëche commence au mois de juin et finit au mois de septembre.

Les bains de Loëche sont fort anciens, ainsi que latteste une vieille tour qui paraît avoir été construite, pendant le moyen-âge, pour protéger les baigneurs contre les vagabonds et surtout les militaires qui traversaient le défilé pour aller dans l’Oberland bernois. Vers la fin du quinzième siècle et le commencement du seizième, les bains avaient déjà acquis une certaine célébrité à l’étranger, et l’on fit, depuis cette i poque, un certain nombre de constructions en pierres et bois pour la com-

modité des baigneurs, qui furent en partie détruites en 17 19 par une ava'amhe qui ensevelit cinquantecinq personnes et enleva la moitié du village. M. Bonvin, médecin des eaux de Loëche, à qui nous empruntons ces faits, dit, dans sa dissertation sur les eaux de cette source et pour rassurer les baigneurs, que la chute des avalanches ne se fait remarquer que pendant l’hiver, et que jamais l’on n’en a observé pendant la saison des bains.

Les sources sont assez rapprochées et sourdent, dans un espace qui n'a pas plus d’une demi-lieue de circuit, au nombre d’une vingtaine, dont la plus grande partie se perdent dans la Dala. La source Saint-Laurent esth principale et la plus considérable. On la désigne aussi sous le nom de la Grande- Source; elle sort d’un lit d’ardoise, sur la place même du village, qui est située entre les auberges et les bâtiments des bains, après avoir passé sous une grande dalle recouverte du pavé de la route; elle forme un ruisseau considérab e et fournit de l’eau aux bains des Messieurs , des Gentilshommes et des Pauvres. La quantité d’eau qu’elle fournit est d’environ 990 litres par minute; sa température est de 51 degrés centigrades ; l’eau de cette source est celle qui sert à la boisson.

Près de la source Saint-Laurent et vers le nord, surgit la source d’Or ( Goldbrunlein ) qui surgit dans l’intérieur des bains des Messieurs et fournit de l’eau à l’une des carrées; dans cette source, on y suspend des pièces d’argent qui, en deux ou trois jours, prennent une couleur d’une nuance jaune, qui donne à l’argent l’aspect de l’or; c’est cette propriété qui a fait donner à la source le nom de source d’or. La matière déposée paraît être du sesqui-oxide de fer hydraté, dont la couleur jaune mêlée à l’éclat métallique de l’argent lui donne l’aspect que l’on vient d indiquer.

La source dite le bain de pied ( fulsbad ) est la plus voisine des deux précédentes; elle se trouve au-dessus du village, dans une prairie marécageuse; elle jaillit dans un bassin arrondi de 1 mètre 33 de largeur sur 1 mètre de profondeur ; elle est recouverte d’un toit et entourée de planches ; sa température est de 39 degrés centig. On l’emploie exclusivement aux bains de pieds, surtout pour les malades qui ont des plaies et des ulcères atoniques, et elle jouit d’une grande réputation.

Plus haut que cette dernière source, à environ cent pas, on trouve trois sources qui sourdent près l’une de l’autre, au milieu d’une prairie; leurs eaux alimentaient autrefois le bain des Lépreux; ces sources paraissent avoir été les premières utilisées suivant le témoignage des auteurs, car elles sont près de la vieille tour, qui, ainsi que nous l’avons dit, avait été construite pour la santé des baigneurs de ces trois sources : l’une a reçu le nom de source vomitive. M. Bonvin, que nous avons déjà cité, pense qu’elle a reçu ce nom parce qu’elle était destinée à favoriser l’action des émétiques que l’on administrait autrefois très-fréquemment dans ces bains. L’une de ces sources est reçue dans des tubes de bois et sert à alimenter le bam des Pauvres, nouvellement établi, et qui a remplacé le bain des Lépreux, aujourd’hui abandonné.

A environ quinze minutes du village et en s’enfonçant dans la vallée sur la rive gauche de la Dala, on voit dix à onze sources qui sourdent au pied

LOU

d’une colline arrondie, surmontée d’une croix ; ces sources bouillonnent et se répandent dans la prairie, d’où elles vont se perdre dans la Dila. Dans cet endroit était autrefois un bain dit des guérisons (heilbad), qui fut plusieurs fois détruit par les avalanches; la température de ces sources varie de 47 •à 50 degrés centig A dix minutes de ces dernières, on trouve dans la vallée, sur la rive droite de la Dala, deux petites sources dont la température est de 34 à 40 degrés.

11 existe encore plusieurs autres sources qui ne sont, point utilisées : telle est la source Rnosgulle, située plus bas que la source Saint-Laurent, dont la température est de 37 degrés, et qui forme un étang dans lequel les habitants mettent leur lin à rouir; plus au sud, sur le bord opposé de la Dala, est la source du S lof félin] sa température est de 34°, 5. La source dite de Noire-Dame n’existe nullement comme source minérale : c’est un petit ruisseau formé de deux du trois filets d’eau qui se réunissent dans les prairies, vers le milieu de la promenade; il ne coule que du mois de mai au mois de septembre, ce qui détermine l’auteur que nous avons déjà cité à ne le considérer que comme le résultat de la fonte des neiges.

Les eaux des sources de Loëche ont toutes les mêmes caractères physiques et chimiques: elles sont limpides, incolores, transparentes, en petitequantité; vues en masse, elles sont très-légèrement opalines, et elles dégagent une odeur que des auteurs disent être celle de l’hvdrogène sulfuré, quoique l’analyse n’en ait point indiqué dans leur composition. En petite quantité, elles sont complètement in odores. Leur saveur est peu marquée, légèrement acerbe et un peu ferrugineuse ; leur pesanteur spécifique est 1,005. Elles ne sont point douces et onctueuses au toucher, elles laissent au contraire la peau sèche et âpre après l’usage du bain.

Ainsi que nousl’avonsdéjà dit, bien que la composition des eaux soit identique dans ces diverses sources, leur température varie de 34 à 5 1 degrés centig. La composition et la température de l’eau sont constantes, malgré les diverses saisons de l’année; seulement, et sans que l’on puisse en assigner la cause, on voit quelquefois la source d’Or et la source Saint Laurent se troubler pendant 24 ou 48 heures, par l’aclion d’un dépôt grisâtre qui se mêle à leurs eaux ; elles reprennent ensuite leur limpidité. Exposée à l’air, l’eau ne se trouble point; mais il se forme un précipité brun sur les parois du vase. Toutes les sources présentent un bouillonnement remarquable et laissent dégager une certaine quantité d’acide carbonique-

Pendant longtemps, on n’a point été fixé d’une manière certaine sur la composition des eaux de Loëche : les anciens croyaient qu’elles contenaient de l’or; dans ces derniers temps, on les regardait comme de nature sulfureuse En 1776, Uouelle publia une analyse de ces eaux, d’après laquelle il démon ra qu elles ne contiennent point de foie de soufre, el que c’était à tort qu’on les coniparait à celles de Barèges et de Bagnères-de-Lucjion ; d’autres chimistes les examinèrent et confirmèrent les résultats obtenus par Rouelle. En 1 827, le professeur Brunner et ’e pharmacien Pangeustecher se livrèrent, sur les lieux mêmes, à une analyse de ces eaux, qui en détermina la véritable composition. Voici

SUPPL

LOU 49

cette analyse pour l’eau de la source Saint-Laurent :

litre.

Acide carbonique 0,009

ûiigcne 0,007

Azote 0,<!i2

gramme.

Sulfate de chaux 1.2(06

— de magnésie 0,1842

— de soude 0,0480

— de strontiane 0,0031

Chlorure de sodium 0,0051

— de potassium 0,0021

— de magnésium 0 0025

— de calcium traces.

Carbonate de chaux 0,0330

— de magnésie. 0.0002

— de protoxide de fer. . 0,0022

Silice 0,0099

Nitrate traces.

La source des bains des Pauvres contient un peu moins de sels de magnésie et un peu plus de chlorure de sodium et de sels de chaux; mais ce qui est remarquable dans l’analyse de ces eaux, c’est l’absence complète de matière organique que l’on trouve toujours en quantité plus ou moins considérable dans presque toutes les eaux minérales. II résulte clairement de cette analyse que les eaux de Loëche sont purement salines et un peu lerrugineuses.maisqu’ellesnecontiennen1 pointdeprineipe sulfureux à l’état de liberté, MM. Paycn et Dublanc ont fait en 1828, à Paris, une analyse des eaux de Loëche sur de l’eau rapporléede la source: elle ne diffère pas d’une manière bien notable de celle que nous avons rapportée ; cependant ils ont trouvé dans quelques bouteilles (4 sur 8) des traces d’hydrogène sulfuré. Ce fait n’infirme rien sur la composition de ces eaux, car l’on sait que dans les eaux salines sulfatées, ainsi que le sontcelles de Loëche, il se développe fréquemment, comme nous l’avons dit dans d’autres articles, de 1 hydrogène sulfuré produit de la décomposition des sulfates par les matières organiques ; ce fait est souvent rentfarqué pour les eaux conservées.

Les eaux de Loëche s’administrent en boisson, en douche et en bains; mais c'est de cette dernière manière qu’elles produisent le plus d’effet, ce qui tient surtout â la manière dont se prennent les bains à Loëche : ils sont d’une bien plus longue durée que dans les autres établissements thermaux. Les malades sont réunis dans de grandes piscines, où ils restent plusieurs heures, les femmes et les hommes confondus, mais vêtus d’une longue robe de laine garnie d’une large pèlerine pour couvrir les épaules. Pendant le bain on se livre à diverses distractions, soit à la conversation avec les visiteurs, qui sont reçus dans une galerie en bois qui entoure la piscine, soit à la lecture, etc. La durée des bains n’augmente que d’une manière progressive. Le premier jour on le prend d’une heure, et l’on augmente ensuite de manière qu’en peu de jours on puisse les prendre de quatre à cinq heures. Dès le troisième jour, on prend un bain d’une demie heure dans l’a rès midi, et l’on en augmente la durée progressivement jusqu’à deux heures, de façon à prendre six à sept heures de bains par jour, c’est ce que l’on nomme la haute baignée; celte période du traitement dure ordinairement douze ou quinze jours, après lesquels commence

LOU

LOU

la dJiaignée, c'est-à-dire la diminution graduelle de la durée des bains : on supprime d’abord celui du soir, puis l’on cesse complètement- La durée de la cure par les bains est communément de vingt à trente jours.

Indépendamment des bains, on fait usage, pendant le traitement, de l’eau en boissons, quelquefois seu , quelquefois avec les bains ou les douches. On prend celle de la source Saint-Laurent; on la boit le matin à jeun, quelquefois en se baignant, ou bien, plus rarement, après le repas L’on commence par en prendre un ou deux verres, et l’on augmente ensui e progressivement jusqu’à six, huit et même douze verres, suivant les prescriptions du médecin ; l’on continue à cette dose élevée pendant quinze jours, et l’on diminue ensuite de la même manière qu’a marché l’accroissement. Entre chaque verre il est convenable de faire une pose de quinze à vingt minutes, que l’on remplit par l’exercice de la promenade, qui doit être laite à couvert lorsque le temps est humide; on ne déjeune qu’une demie-heure après avoir bu le dernier verre. La dose d’eau minérale prise par chaque malade de\ra varier suivant la nature de raflVction pour laquelle on le soumet au traitement, et suivant le tempéramment et l’énergie des .sujets; ainsi il est évident que la dose prise par les femmes, les enfants et les sujets faibles, devra être loin d’atteindre les quantités que nous avons désignées comme des maximums.

Les douches se prennent dans des cabinets particuliers, leur durée varie de cinq à vingt minutes : on varie les formes et leur mode d’administration ; suivant l'effet que l’on veut produire. C’est princi- ; paiement dans les affections cutanées anciennes et dans les engorgements des viscères abdominaux que l’on en fait usage; on emploie aussi le- douches ascendantes dans les affections chroniques intesti- | nales, dans la paresse et l’atonie des gros intesuns. !

Les bains de pieds et de jambes, les lotions avec l’eau minérale sont aussi employés dans certains cas; il en est de même des topiques faits avec le sédiment des eaux, que l’on applique avec avantage sur les plaies anciennes et les ulcères a toniques.

Les eaux de Loëohe déterminent d’une manière constante une éruption désignée dans les élablissemnils thermaux sous le nom de poussée; la poussée à Li.ëchc est vive, énergique, et apparaît le plus souvent du sixième au douzième jour, elle suit la maiche ordinaire des exantèmes; les prodromes son tquelquefois imperceptibles, et la poussée arrive sans trouble dans les fonctions. D’autres fois, et le plussouvent, elles’annonce parun manque d’appétit, la langueest chargée; il se manifeste de la soif, avec frisson suivi d’un mouvement fébrile, de la lassitude générale et un sommeil inquiet et troublé; ensuite il survient de la rougeur, avee un sentiment de démangeaison incommode et même de piqûre d’abord à l’entour des genoux et des coudes, puis vers les bras et les avants bras, et ensuite aux cuisses, aux jambes.aux chevilles et aux pieds; puis l’exanthème apparaît à la poitrine et sur tout le corps : le visage et les mains sont ordinairement épargnés.

Dans la deuxième période, les symptômes généraux diminuent au fur et à mesure que se montre l'éruption; l’insomnie, la courbature, la fièvre dis- |

paraissent, et l’appétit même revient lorsque l’éruption présente encore une grande intensité. Lorsque la poussée est très -forte, le sentiment de démangeaison se change en une forte cuisson, le Séjour au lit devient insupportable, la fièvre conserve de l’intensité, la soif et le défaut d’appétit persistent ainsi que l’agitation du sommeil ; il y a des frissons fréquents; dans ces cas, le malade ne se trouve bien que dans l’eau : aussi aitend-t-il avec beaucoup d’impatience le moment dese mettre au bain, qui soulage et même guérit les accidents, quelquefois très-inilammatoires, produits parcette éruption.

La troisième période, celle de décroissement, s’annonce par la dimiuut on de la rougeur, de la tuméfaction et du prurit; les vésicules qui for ment l’éruption sont ouvertes, et la matière qu’elles renfermaient a été entraînée parles bains. La peau est sèche, rude au toucher; l’épiderme se détache et tombe en lamelles farineuses : c’est la période de disquammation qui commence, c’est l’époque de la débaignée.

Ce qui distingue les eaux de Loëche des autres établissement» thermaux, c’est que la poussée y apparaît constamment, tandis quelle n’est qu’accidentelle dans les autres. Cette éruption ne suit pas toujours la marche régulière que nous avons indiquée, elle se complique quelquefois de phénomènes que l’on est obligé de combattre par des moyens appropriés ; souvent elle s’accompagne de furoncles, quelquefois elle est très-intense, d’autres fois très-légère et sans fièvre, sans que dans aucuns cas il soit possible de dire à l’avance quel sera le degré de son intensité. Les causes modificatrices de cette éruption tiennent à la constitution même des malades, à leur état physiologique au moment ou ils se soumeltcntau régime des eaux; on a remarqué cependant que l’apparition de la période menstruelle diminue d une manière notable l’énergie de la poussée.

Sans aucun doute la longue durée des bains à Loëche et leur température élevée doivent favoriser l’apparition de cette éruption cutanée que l’on n’observe, ainsi que nous l’avons déjà dit, que d’une maniéré accidentelle dans les autres établissements, même à Schinznach et à Baden (Argovie) ; il est cependant des cas dans lesquels on a vu la poussée se manifester lorsque l’on n’a fait que boire l’eau minérale, ou que l’on a pris des bains de courie durée et d’une faible température. La poussée a évidemment une action heureuse sur le traitement, cette action est cependant loin d’être regardée comme indispensable, et l’effet thérapeutique des eaux ne se doit pas mesurer à son intensité; car on a vu des traitements suivis des plus heureux résultats, quoique la poussée ait été faible; tandis qu'avec des poussées tiès-énergiques on n’a souvent obtenu que de6 modifications peu importantes dans la santé des malades; mais c’est surtout dans les affections cutanées et psoriques, dans les diathèses, que l’action de cette éruption est le plus efficace.

Les eaux de Loëche sont très-fréquentées et s’administrent dans un grand nombre de maladies, mais surtout dans les affections des voies digestives, dans les engorgements des viscères abdominaux , dans les maladies de l’utérus et des or- | ganes sexuels chez la femme, dans les affections

MÂG

MAI

rhumatismales chroniques, dans les affections cutanées anciennes, dans les maladies du système lymphatique, dans la syphilis invétérée, dans la paralysie, dans lès plaies anciennes et dans les ulcères atowiques.etc.; enfin l’action de ces eaux est un si puissant modificateur, qu’on lès voit obtenir des guérisons dans une foule de cas où des eaux thermales qui avaient paru bien indiquées avaient échouées. J. P. Beaude.

* LUMBAGO (pat h.), s. m. lumbago , de lumbi les lombes. On donne ce nom à une douleur qui se manifeste dans la régirai lombaire, et qui contraint, celui qui en est affecté à se tenir courbé, quelquefois même à garderie lit; le siège de l'a douleur est dans les muscles de lia région postérieure et inférieure du tronc : quelquefois, disent certains auteurs, dans les muscles psoas. Un mouvement brusque du tronc, un effort violent pour soulever un fardeau, peuvent déierminer le lumbago, qui, dans ce cas, a pour cause une rupture de quelques faisceaux musculaires ; une position longtemps courbée, un refroidissement brusque d’ans la région lombaire, déterminent également des douleurs de Lumbago », qui alors, peuvent racoonal-

fre le rhumatisme pour cause (y oyez ce mot),.

Dans la plupart des cas, le repos, un régime diétique et quelques bains suffisent pour guérir cette affection ; d’autrefois il faut recourir aux évacuations sa namnes locales, aux ventouses, aux applications locales, aux sudorifiques, aux purgatifs, aux frictions, suivant la nature descauses quiontpudélerminerraffection, qui, bienque trèsdouloureuse, présente bien rarement de la gravité.

LUMIÈRE iphy.), s. L V. Météorologie.

L2PUUNS (mat., méd.), s. f. de hipulus, hou blon. On a donné ce nom à une poudre- jaunâtre,, résini formes,, qui se trouve toute formée dans lie» cônes du houblon.; c’est le- pollen de cette- plant© V. Houblon.

lupus f path .), s. m.Nom donné par Willainvà la dartre rongeante de la face. V. Esllûomène.

lymphîte (palh,), s. f. On a donné ce nom à l'inflammation des vaisseaux lymphatiques >. V. ce mot.

lypémanie (méd.), s. f. v- Les auteurs, muidernes désignent sous ce nom la mélancoiiev

mæceoeotzçuE ( hyg.),s . f. macrobiotia, du grec macros, long, et bios, vie. Quelques auteurs ont donné ce nom à la partie de l’hygiène qui traite des. moyens de prolonger la> vie.

macrocéphale (physiol.)', adj . et s. m. macrocephalus, du grec macros, grand, et képhalé, tôle, qui a une grosse tête. On donne ce nom aux enfants qui naissent avec une grosse tête, mais qui ne sont point atteints d hydrocéphale; chez les macrocéphales, le volume de la tête tient au développement considérable du cerveau. Cette monstruosité chrz les enfants les prédispose aux affections cérébrales et au rachitisme; on la désigne sons lé nom de macrocéphalie. J. B.

* magistère de jalap (mat. méd.), s. m. On donnait autrefois ce nom à la résine de Jalap. V. Jalap.

kagnfsiehkes (eaux), pharm. s. f On donne ce nom à des eaux minérales factices dans lesquelles le carbonate de magnésie est tenu en dissolution dans l’eau par un excès d’acide carbonique. Les eaux magnésiennes sont di tes saturées,. lorsque le gaz est en quantité suffisante pour tenir !e carbonate en dissolution; elles sont dites magnésienr nés gazeuses, lorsque l’on a ajouté à l’eau plusieurs volume de gaz en excès, et que ce dernier se dégage avec violence- lorsque l’on débouche la bouteille. On est parvenu, par le dernier procédé,, jusqu'à dissoudre 3 il grammes de carbonate de magnésie dans 750 grammes d eau. Pour obtenir cette dissolution-, on est obligé d’introduire, à plusieurs reprise , le gaz dans. les; appareils à saturation pour les eaux gazeuses, et à laisser l’eau, la

magnésie et le gaz acide carbonique, pendant plusieurs jours en contact dans- ces appareils, sous une pression de sept et huit atmosphères. Pour obtenir une saturation plus facile et plus- complète, il conr vient d’employer l’hydrate de magnésie plutôt que la magnésie calcinée ou le carbonate de magnésie sec. Les eaux magnésiennes sont purgatives, ou ‘seulement laxatives, suivant la quantité plus- oœ moins considérable de magnésie qu’elles contiennent.. (y. Magnésie. ). J. B.

magnésium ( chinv.) , s. m. Corps simple métallique qui forme la base de la magnésie : on Fôbtient en traitant le chlorure de magnésium par le potassium. Ce corps est bbinedtargent, malléable, plus pesant que l'eau, qu’il ne décompose (pie par . l’intermédiaire des; acides; inaltérable à 1 air sec, il se couvre d’une couche blanche dè magnésiesous L’influence de l'humidité. V. Magnésie. J. B.

MAILLECHOET OU MELCEIOE (hyg.), S. m.

On donne ce nom à un métal blanc, très-usité aujourd’hui dans les arts, et qui est formé par un alliage de cuivre, de zinc et de nikel; ce métal qui nous vient de la Chine, et qui maintenant est préparé en grand en Europe, a aussi été désigné sous le nom de cuivre blanc. En Allemagne on le nomme argentan, ou argentai, parce qu'il imite; complètement l'argent, surtout celui, qui est au deuxième titre et qui est allié d’une notable portion: de cuivre.

Li s médecins et les chimistes se- sont occupés des inconvénients que peut présenter le maillècliort appliqué aux instr uments de table et à la vaisselle;. Darcet a fait. à ce sujet dès expériences, àl- occasion

MAL

d’un rapport au conseil de salubrité, et il a constaté que ce métal est moins altérable que le cuivre; moins altérable même que l’argent, allié à 750 de fin et 250 de cuivre, avec lequel on fait souvent des pièces de vaisselle, surtout en Allemagne. Le maillechort a même un avantage sur l'argent à bas titre, c’est que l’on s’apperçoit immédiatement de son altération, lorsque l’on y a l'ait séjourner des aliments qui peuvent l’attaquer ; les parties du métal altérées noircissent immédiatement, ce qui doit mettre en garde et empêcher de prendre les aliments qui ont été exposésàce contact.

Pour employer le maillechort aux instruments de table, on le soumet à l’argentage en le trempant. d’après les procédés de Ruolz, dans des dissolutions d’argent, qui, sous l’influence galvanique, le couvrent d’une couche mince d’argent; ainsi préparé, le maillechort peut rivaliser avec l’argen-< terie : il ne faut qu’avoir le soin de faire remplacer la couche d’argent lorsqu’elle est enlevée par l’usage, ce qui du reste ne se présente que rarement, car des couverts ainsi préparés peuvent durer plus de dix ans sans altération notable. Le maillechort peut également très-bien se dorer, et sous ce rapport il rivalise d’une manière com plèle, et à peu de frais, avec le vermeil ou argenterie dorée.

Le maillechort a été aussi employé pour la confection de beaucoup d'instruments de chirurgie, où il remplace presque complètement l’argent.

M3L de DENTS. V. Denis.

MAL DE GORGE. V. Angine.

MAL SAINT-ANTOINE. V. Erysipèle.

mal a cie ( path ), s. f. de malctkia, mollesse. On appelle ainsi certains goûts ou appétits dépravés. V. Boulimie, faim canine, grossesse, chlorose).

maladie de BRIGHT. V. Albuminurie, au Supplément.

otalvacées {bot.), s. f. p. On désigne sous ce nom une famille de plantes la plupart herbacées, surtout dans nos contrées , mais arborescentes dans les contrées tropicales; elles sont à feuilles simples, lobées ou alternes, munies de deux stipules à leurs bases; les fleurs sont axillaires , solitaires ou diversement groupées. Le calice, souvent accompagné d'un calicule, est monosépale , à trois ou cinq divisions rapprochées en formedevalveavantleur épanouissement La corolle a cinq pétales alternes avec les lobes des calices, contournés en spirales avant leur développement. Etamines à filets monadelphes et à anthères réniformes , constamment uni loculaires ; pistil composé de plusieurs capelles , tantôt verticdlés autour d’un axe central, tantôt réunis en capitule. Styles distincts, plus ou moins soudés, portant chacun un sligmat simple à leur sommet ; fruit disposé comme les carpelles autour d’un axe, ou en tête, ou soudé en une capsule pluriloculaire s’ouvrant en autant de valves qu’il y a de loges. Les grains, quelquefois chargés de poils cotonneux, se composent d’un embryon droit, généralement sans endosperme, ayant les cotylédons foliacés et repliés sur eux-mêmes.

La plupart des plantes de cette famille sont fa-

des; les feuilles de quelques-unes servent d’aliments, cuites comme les épinards. Diverses espèces de nos climats sont employées en médecine; telles sont les mauves , la guimauve ( V. ces mots). Le cacao, theobroma cacao, appartient à cette famille ; il en est do même des cotonniers et du bombax, dont les graines sont entourées d’une bourre filamenteuse qui sert à la préparation de nos tissus. J. B.

MANGUIER OU MAUGUîER ( bol. ) , S. m.

Mangifcra indira, arbre de la famille des thérébinthacées, pentardrie-monogynie L.,qui est cultivé dans l’Inde et en Amérique, et dont les fruits, appélés mangues, gros comme de petits melons, de couleur verte et d’une chaire jaune sucrée et fondante, sont très employés comme aliment; ils sont d’une saveur très -agréable et très-rafraîchissants. Ce fruit est, de plus, cultivé entre les tropiques ; on le prépare aussi pour la cuisson ; on l’assaisonne avec le vin , le sucre et les aromates ; on en prépare des confitures estimées ; frais, on le dit très utile pour la guérison du scorbut. J. B.

MARGE DE L’awus ( anat .), s. f. Nom donné an pourtour coloré qui entoure extérieurement l’anus. V. ce mot.

marienbad (Eaux minérales de).Marienbad est un village de Bohême , du cercle de Pilsen, seigneurie de Tepl. Les eaux minérales de celte localité sont connues depuis le dix-septième siècle; à cette époque, on faisait surtout usage du résidu salin obtenu par évaporation des eaux, et il se livrait à la pharmacie sous le nom de sel de Tepl, nom de la seigneurie, qui était celui sous lequel ces eaux étaient connues. Ce sel ( sal Teplen sis ) était un composé d’environ deux parties de sulfate de soude , une de muriate de soude, et du quart de son poids total de carbonate de soude, de chaux et de magnésie. En 1763, le professeur Scrinie.de Prague, publia un ouvrage sur ces eaux minérales, et un mémoire latin sur le sel de Tepl. Ce ne fut que vers le commencement du dix-huitième siècle que les eaux de Tepl (Marienbad) commencèrent à avoir une certaine réputation comme boisson, soit prise à la source , soit surtout comme eau minérale exportée. En 1813 et en 1817, les écrits Nehr, ceux de Reuss en 1818 et de Heidler en 1823, firent connaître d’une manière plus complète les eaux de Marienbad, et ajoutèrent à sa réputation. Il existe plusieurs sources à Marienbad : les plus importantes sont le Kreuzbrunn, le Ferdinandsbrunn ( source Ferdinand), le Valdquelle ( source de la fore't), la Carolinenquelle ( source Caroline ) , l’Ambroisiusquelle ( source d’Ambroise), et la source de Marie.

Le Kreuzhrunn est d’une température égale et constante, 11° 8 centigrades ; l’eau est limpide, inodore, d'un goût piquant acidulé, et faiblement chalybé ; après un certain temps de contact dans la bouche, elle a une saveur saline très-prononcée. Lorsqu’elle a été renfermée pendant un certain temps dans les cruches qui servent à son exportation, elle laisse alors déposer une matièrejaunâtre composée de carbonate de chaux, de magnésie et d’un peu d’oxide de fer carbonaté.

Le Kreuzbrunn est peu abondant ; il donne

Page 1