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ripes, mais en quantité beaucoup moindre que toutes tes autres sources; ce qui a fait supposer quelle devait, dans son trajet souterrain, s’être mêlée à quelques filets d'eau ordinaire ; de plus quelques sources, et surtout celle du bain des Dames, laissent dégager un gaz queM. Réveillout a reconnu être du gaz azote. L’eau ferrugineuse froide sort limpide delà source, mais une partie se prend bientôt, par son contact avec l’air, en une matière gélatineuse , couleur de chair ; cette eau est composée par litre de :

Chlorure de sodium

Chlorure de potassium

Sulfate de soude

Carbonate de chaux

Silice

Crénale et apocrénate de fer)

Alumine

Oxide de manganèse

Magnésie

Matière organique

Les eaux de Luxeuil s’emploient en bains, douches et boissons; les soins hygiéniques, pendant leur usage, exigent certaines précautions, surtout à cause de la température qui, dans ces pays de montagnes, devient humide et presque froide aussitôt le coucher du soleil. Ces eaux peuvent être rangées parmi les plus actives del’esl de la France, elles ont de l’analogie avec celles de Plombières, de Bains et de Bourbonne dont elles sont voisines. On les emploie contre les rhumatismes, la goutte, les paralysies, les leucorrhées, la chlorose , les engorgements des viscères du ventre, les affections de l’utérus. Le dépôt formé parles eaux a été appliqué avec avantage surlesplaieset les ulcères anciens.

La saison des eaux commence le 15 mai et finit le 15 octobre. Les environsdeLuxeuil sont pittoresques et offrent des promenades agréables. Depuis que l’on a restauré l’établissement, le nombre des baigneurs a augmenté d’une manière considérable.

J. -P. Beaude,

Inspecteur des eaux minéra'es.

S.YCA7WTHS.OPÏK ( méd .), s. f. (du grec lucos, loup, et de anlhropos, homme). C’est une variété des affectionsmentales, dans laquelle le malade fuit le séjourdeshabitations, se retire dans les bois et s’imagine être changé en un animal, le plus souventenloupdont il imite la voix et les cris. (Y. Mentales (maladies.)

s.tcopost. [mat. méd.),s.î.,lycopodium. C’est une plantecryptogame de la famille des mousses, dont les urnes répandent une poussière jaune qui s’enflamme facilement et qui a reçu, à cause de cette faculté, le nom de soufre végétal ; on l’emploie dans les feux d’artifices et dans les théâtres pour produire les flammes vives qui imitentleséclairs.EnmédecinejOn en fait usage principalement pour sécher les excoriations que lesjeunes enfants et les personnes grasses se font dans les aines et les plis des articulations. Eu pharmacie, on s’ensert pour préparer lespilules. J. B.

Ï.YBŒPSI&KrGXTE OU LYMPIIIXi; ( path.), s. f.

inflammation desvaisseaux/!y//i/i/ia<?!7ites(V.cemot).

lymphatiques (système et vaisseaux) ( anat , physiol. et path.), s. m. p. Le système lymphatique constitue un des trois ordres de vaisseaux répandus dans l’économie. La connaissance de ces vaisseaux ne remonte pas très-loin ; ce n’est qu’en 1622 que Gaspard Arelli découvrit sur un chien les vaisseaux lymphatiques de l’abdomen , qu’il appela vaisseaux lactés et qu’il crut voir aboutir au pancréas, pour de là se rendre au foie. Six ans plus lard, en 1628, Pierre Gassendi obtint qu’on fît manger un criminel avant de l’envoyer au supplice, et qu’on pût examiner son corps immédiatement après l’exécution, et le premier, il put ainsi observer sur l’homme les vaisseaux l3dés d’Aselli. En 1629, Jacques Martel, de Châleau-Thierry, professeur à Paris, vil le canal thoracique, et indiqua la terminaison des vaisseaux lymphatiques à ce canal central, et, la même année, Thomas Barlholin, en décrivant ces vaisseaux , les fit distinguer des nerfs et des veines. Cependant, ce n’est qu’en 1647 qu’on connut bien la marche des vaisseaux lactés et la disposition du canal commun auquel ils viennent aboutir; celte connaissance est due à Pecquet, de Dieppe, qui donna son nom à l'extrémité renflée du canal thoracique, vers laquelle se rendent les vaisseaux de l’intestin et qui fut appelée réservoir de Pecquet. Jusque-là on n’avait décrit que les vaisseaux lymphatiques de l’abdomen, appelés lactés, et le canal Ihoracique ; en 1651, un jeune Suédois , Olaüs Rudbeck , alors âgé de 21 ans, découvrit les vaisseaux lymphatiques des autres parties, et fut même admis à faire la démonstration desadécouverle devant la reine Christine. A dater de ce moment, l’élude des vaisseaux lymphaliques fut particulièrement cultivée, et leur description exacle et minutieuse devint l’œuvre de plusieurs anatomistes d’un grand mérite, parmi lesquels on doit principalement citer Ruysh,Nuck, Kruikshank, et parmi les modernes, Mascagni, Panizza , Folhmann, Lauth, J. F. Meckei, Treviranus.

Le système lymphatique se compose de deux parties distinctes : la première comprend les vaisseaux, la seconde les ganglions ou glandes. Les vaisseaux excessivement nombreux ont dans leur disposition quelque analogie avec les veines ; comme ces dernières, ils ont un plan superficiel et un plan profond, leurs anostomoses sont nombreuses, et ils se réunissent de même en deux troncs principaux, l’un à gauche, qu’on appelle le canal Ihoracique, l’autre à droite , beaucoup plus petit et nommé grande veine lymphatique droite. Le canal thoracique, placé d’abord à droite et en avant de la colonne vertébrale, commence vers la troisième vertèbre lombaire. Par un renflement appelé réservoir de Pecquet, il reçoit les vaisseaux lymphatiques des extrémités inférieures, du bassin des organes abdominaux, et particulièrement les vaisseaux chylifères de l’intestin; traversant le diaphragme , il pénètre dans la poilrine en se portant à gauche dans le médiastin postérieur; là U reçoit les vaisseaux lymphatiques intercostaux, ceux du poumon gauche, d’une partie du poumon droit, du cœur; s’élevant jusqu’au niveau de la dernière vertèbre cervicale, il se recourbe un peu

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tenant en bas et d’arrière en avant pour venir s’ouvrir dans la veine sous-clavière gauche, après avoir reçu les vaisseaux lymphatiques de la moitié gauche "de la tête, du cou et du membre supérieur gauche. L’autre tronc lymphatique, appelé , comme nous l’avons dit , grande veine lymphatique droite , situé à la partie droite du cou, est formé par les vaisseaux lymphatiques de la moitié droite de la tête et du cou, de l’extrémité supérieure droite, et par ceux qui viennent d’une partie du poumon droit, du côté droit du cœur, de la face convexe du foie , de la partie droite du diaphragme, et par les vaisseaux qui accompagnent l’arlèiie mammaire interne ; ce tronc, long seulement de deux centimètres environ, le cède à peine en grosseur au canal throracique et se réunit au système veineux dans l’angle formé par la veine sous-clavière droite et la veine jugulaire interne.

Les vaisseaux lymphatiques se montrent sous la forme de lignes bosselées et parfaitement transparentes et sont, comme les autres vaisseaux, formés de plusieurs tuniques. Une externe celluleuse , une interne qui se rapproche de la nalure des membranes séreuses et(qui paraît être la même que la membrane interne des veines avec laquelle, d'ailleurs, elle se continue lors du confluent du canal thoracique et de la grande veine lymphatique dans le système veineux; cette membrane interne présente un assez grand nombre de valvules semblables à celles des veines, et dont les bords libres sont tournés vers les troncs centraux de manière à empêcher le retour du liquide lymphatique vers les extrémités. On a cherché à prouver qu’outre les deux tuniques dont nous venons de parler, les vaisseaux lymphatiques en contenaient une moyenne de nature musculaire, mais l’existence de cette tunique, recherchée par plusieurs anatomistes habiles,n’a jamais pu être démontrée. Des expériences décisives ont fait admettre l’irritabilité des vaisseaux lymphatiques, susceptibles de se contracter sous l’influence d’un stimulant; leur sensibilité est plus difficile à prouver; en les piquant, en les tiraillant, il est très-difficile d’éviter les filets nerveux qui les accompagnent presque constamment ; quant à leur élasticité, elle est hors de doute lorsqu’on les voit reprendre leur volume après une distension souvent très-considérable. Comme les vaisseaux sanguins, ils sont susceptibles de s’étendre dans des tissus de nouvelle formation et de se régénérer dans les parties divisées, ce queKruikshank a prouvé au moyen d’injections.

Les ganglions ou glandes lymphatiques sont des corps arrondis un peu aplatis, d’un gris rougeâtre, d’un volume variant entre celui d’un pois et celui d une noix, placés dans différentes parties du corps où ils interrompent le trajet des vaisseaux lymphatiques. On en trouve au coude et au jarret , à l’aisselle et à l’aine, au cou, dans la poitrine autour des bronches, dans l’abdomen entre les replis du péritoine qui soutiennent les intestins. Elles n existent que dans le tissu cellulaire commun qui sépare les organes les uns des autres; on n’a jamais constaté leur existence dans l’épaisseur des organes mêmes. Au premier aperçu, les ganglions lym-

phatiques ressemblent â une masse homogène et lisse, mais si on injecte les vaisseaux lymphatiques qui s’y rendent, leur surface devient inégale, et on voit manifestement que leur intérieur contient une multitude de vaisseaux ramifiés dont voici la disposition : vers l’extrémité de la glande la plus éloignée du canal thoracique, un, deux ou trois vaisseaux lymphatiques pénètrent la substance ilu ganglion, s’y divisent en une multitude de ramifications déliées qui viennent se réunir de. l’autre côté en un petit nombre de vaisseaux qui abandonnent la glande pour se porter vers l’un des deux troncs communs du système lymphatique.

Les ganglions lymphatiques ne sont pas enveloppés par une capsule propre et distincte de leur substance ; leur surface est seulement entourée par du tissu cellulaire condensé qui se confond avec la j glande, car on ne peut l’enlever sans déchirer la substance elle-même des ganglions.Ces petits corps reçoivent un assez grand nombre de vaisseaux sanguins et quelques filets nerveux. Quelques anatomistes ont pensé que les ganglions contenaient aussi des cellules creuses destinées à élaborer le fluide lymphatique, mais ces cellules, qui faisaient des ganglions de véritables glandes, n’ont pas été admises, et les ganglions ne doivent être regardés que comme des agglomérations de vaisseaux lymphatiques, auxquels se joignent du tissu cellulaire et quelques vaisseaux sanguins.

Physiologie. — Les vaisseaux lymphatiques sont les agents de l'absorption ; cette fonction importante a déjà fait le sujet d’un article (Y. Absorption); nous n’y reviendrons pas: nous dirons seulement ici quelques mots sur le liquide contenu dans le système lymphatique et sur son mode do circulation. Contrairement à ce qu’on observe dans les systèmes veineux et artériel, le liquide circulant dans les voies lymphatiques n’est pas le même partout : dans les vaisseaux des membres, de la poitrine, de la tête, des téguments du ventre, dans ceux qui se distribuent à la vessie, aux reins, au foie, le liquide est une humeur particulière assez semblable au sérum du sang et connu sous le nom de lymphe; cette humeur, d’une couleur opaliru) un peu rougeâtre, a une odeur spermatique bien prononcée, sa saveur est salée; après avoir élé extraite des vaisseaux qui la contiennent, elle jouit comme le sang de la propriété de se coaguler et déformer un caillot. Au moyen du microscope, ou peut découvrir que ce liquide contient des globulesplus petits et moins abondants que ceux du sang; l’existence de ces globules, qui avait élé contestée, a été misehors de doute par Muller, qui en a donné une exacte description. A l'analyse chimique, on voit que la lymphe est formée d’une quantité assez considérable d'eau (925 parties sur 1,000), tenant en dissolution de l’albumine (57,36), de la fibrine (3,30) et des sels (14,34), dont les principaux sont les chlorures de potassium et de sodium et le phosphate de chaux (analyse de MM. Leuret et Lassaigne). Celte composition rapproche la lymphe du sang et peut donner raison aux physiologistes qui pensent que celte humeur n est que du sang qui, en passant à travers les capillaires, a perdu sa corn

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leur et quelques-uns de ses principes. La quantité de lymphe est variable, elle est plus considérable dans l’intervalle delà digestion que pendant la durée de cette fonction; chez les animaux qu’on fait jeûner, chez les chiens, M. Collard de Martigny a observé que, pendant une dizaine de jours, la quantité de lymphe allait en augmentant, puis ensuite qu’elle diminuait ; ces expériences peuvent servir à éclairer sur le rôle que joue la lymphe dans l’économie, et à constater l’influencé de l’absorption pour l’entretien de la vie.

Examiné dans le système lymphatique qui vient de l’estomac et des intestins, le liquide contenu n’est plus semblable à la lymphe ; c’est du chyle, matière nutritive provenant du mélange des substances alimentaires introduites dans l’estomac, avec les liquides contenus dans la première partie du tube digestif. Nous ne répéterons pas ici ce qui a déjà été dit en traitant de la digestion et de l’absorption, et nous renvovons à ces articles pour le complément delà physiologie du système lymphatique.

Quant au cours de la circulation lymphatique, il se dirige des extrémités vers le centre, comme celui du sangyeineux; toutefois, comme ce dernier, il n’est pas continu ; dans certains moments les vaisseaux lymphatiques sont pleins et la circulation y est active, dans d’autres moments elle paraît interrompue. La force qui fait mouyoii le fluide lymphatique parait être l’affluence toujours nouvelle de liquide qui, arrivant dans ce système par l’absorption, pousse en avant celui qui y est déjà contenu ; on admet aussi une contractilité propre des vaisseaux qui hâte le cours de la lymphe. L’action du cœur paraît nulle sur cette circulation, on ne peut non plus admettre, comme l’ayaient pensé quelques anatomistes, que les ganglions seryent à accélérer le cours de la lymphe ; comme nous l’avons déjà dit, on ne découvre dans ces organes aucune partie musculaire qui puisse faire croire à une puissance de contraction. La direction du courant lymphatique est encore aidée par la présence des valvules qui, empêchant le retour du liquide en arrière , l’oblige à confluer vers le centre.

Pathologie. — Flaies et blessures des lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques peuvent être intéressés dans certaines plaies , surtout dans celles situées près des grandes articulations , au dos du pied, aux malléoles près du genou ou du coude ; alors, disent les auteurs, on voit sortir delà plaie une humeur bleuâtre qui n’est autre que le fluide lymphatique: cet écoulement augmente lorsqu’on comprime en dessus de la plaie, diminue et cesse au contraire par la compression au-dessous. Les médecins qui se sont occupés de l’anatomie du système lymphatique se sont étendus ayec complaisance sur ces plaies, sur leurs signes et sur les moyens de les guérir; mais maintenant on y fait peu d’attention, et la lésion d'un rameau lymphatique importe peu dans le traitement d’une plaie ; si néanmoins cette lésion était suivie de l’écoulement d'une grande quantité d’humeur lymphatique, ou si cet écoulement lardait à se tarir, le seul mode de traitement à employer consisterait dans

une compression méthodique exercée sur le point où le vaisseau aurait été divisé.

Maladies du système lymphatique. — Sous le nom de maladies lymphatiques, on a longtemps entendu en médecine des affections dont on plaçait le principe dans une altération de la lymphe ; celte altération était bien plutôt supposée que reconnue, et on l’admettait par induction pour les maladies dans^ lesquelles paraissaient prédodominer les fluides blancs, désignés d’abord sous le nom de pituite, et plus tard sous celui de lymphe. C’est ainsi que les hydropisies, les scrophulos, les affections tuberculeuses , cancéreuses, etc., étaient considérées comme des maladies lymphatiques. A la fin du siècle dernier , lorsque l’humorisme fit place peu à peu au solidisme , ces mêmes affections conservèrent le même nom et la même place nosologique, seulement on transporta l’altération de la lymphe aux vaisseaux qui la contiennent, elles maladies lymphatiques, le cancer, les tubercules, les hydropisies, etc., furent regardés comme le résultat d’une altération des vaisseaux blancs, altération d’ailleurs aussi peu prouvée que l’était auparavant celle de la lymphe.

Les’progrès de l’anatomie pathologique ne permirent pas de conserver une telle classification, quiréunissait des maladies présentant des caractères ana. lomiques et symptomatiques différents , et n’ayant pour lien commun qu’une prétendue altération reconnue erronée par de nombreuses recherches cadavériques. Le mot de maladies lymphatiques prit alors une nouvelle acception ; on abandonna la nature supposée des maladies pour ne s’occuper que de leur siège, et on appela maladies lymphatiques les maladies des vaisseaux et des ganglions lymphatiques , les affections dans lesquelles les différentes parties de ce système furent véritablement altérées , et on eut les maladies du. système lymphatique, comme on a celles des veines et des artères. Nous acceptons entièrement ici celle acception, et c’est préoccupé exclusivement de la question de siège, que nous allons passer à la description des maladies qui peuvent attaquer le système lymphatique.

Inflammation des vaisseaux lymphatiques (synonymie: angioleucite, lymphite, lymphangite ). — Cette affection assez obscure dans ses symptômes, coexistant ordinairement avec d’autres et particulièrement avec l’inflammation des veines, a été longtemps négligée , et est encore aujourd’hui assez facilement méconnue. On doit son histoire presque exclusivement aux travaux des médecins de nos jours, parmi lesquels on doit citer principalement MM. Andral, Tonnellé et Velpeau.

Les causes qui paraissent le plus ordinairement produire la lymphangite sont :les plaies et surtout les piqûres avec un instrument contenant quelque liquide putride, tels que sont les instruments à dissection ; les maladies de la peau qui s'accompagnent d’ulcérations, et dans lesquelles on ne prend pas tous les soins de propreté nécessaires pour empêcher le contact de quelque objet sale et l’absorption de quelques particules insalubres. Les fractures, les luxations avec lésions des parties molles, ainsi que les solutions de continuité

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des membranes muqueuses intérieures sont autant de causes d’inflammations lymphatiques. D’autres fois la maladie de ces vaisseaux survient après l’inflammation d’un organe dans lequel ils se distribuent, ainsi qu’on le voit fréquemment dans les lymphatiques de l’utérus à la suite de l’inflammation de cet organe. Le plus souvent alors cette inflammation est consécutive à l’absorption dans les vaisseaux d’un liquide putride tel que du pus, ou du sang altéré. Cette cause s’observe souvent dans l’état puerpuéralf à cette époque la lymphangite peut même survenir sans inflammation de l’utérus, par le contact seul de la matière des lochies sur la membrane interne des vaisseaux. On a trouvé de même les lymphatiques du poumon enflammés à la suite de l’absorption d’un liquide purulent ou tuberculeux.

Les circonstances prédisposantes qui paraissent aider l’action de ces causes sont : le jeune âge, le tempérament lymphatique, l’épuisement causé par les excès ou une maladie longue. Quelquefois la lymphangite se montre sous forme épidémique chez les femmes nouvellement accouchées.

Les symptômes qui peuvent servir à faire reconnaître l’angioleucile sont locaux ou généraux. Au nombre des premiers , notons une douleur assez légère survenant dans le membre affecté, et principalement sur le trajet des vaisseaux, l’existence de stries rougeâtres, peu saillantes, entrecroisées les unes avec les autres, aplaties et présentant une forme rubanée, de plaques rougeâtres, érysipélateuses, tantôt séparées les unes d’avec les autres, tantôt se réunissant de manière à former un véritable érysipèle. Lorsque les vaisseaux profonds sont enflammés, ces plaques sont encore plus marquées, et il survient un gonflement général de tout le membre, la peau devient pâle, luisante , et çà et là on peut cependant encore distinguer les plaques rouges et dures dont nous venons de parler. Quels que soient d’ailleurs les vaisseaux lymphatiques affectés , il faut bien se rappeler que dans le cas de leur inflammation, les ganglions lymphatiques auxquels ils se rendent sont toujours gonflés et douloureux, circonstance importante pour différencier la phlébite de la lymphangite.

Les symptômes généraux sont, au début de la maladie, des frissons alternant avec des bouffées de chaleur, puis la peau devient sèche ; le pouls est large, fréquent, la langue blanche, humide, la soif vive ; il survient quelques nausées, quelques vomissements même. Plus tard à l’agitation succèdent l’abattement, la somnolence ; on remarque quelques selles liquides; la langue se sèche; le pouls est fréquent, petit, il survient un peu de délire; souvent des abcès se forment, des eschares apparaissent et le malade tombe dans un état de faiblesse et de prostration qui ne larde pas à se terminer par la mort.

Comme nous l’avons dit en commençant, longtemps on a confondu l’inflammation des" vaisseaux lymphatiques avec d’autres affections ayant quelques traits communs;indiquons rapidement à quels signes on pourra les différencier : la maladie qui offre le plus de points de ressemblance est sans t. n.

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contredit la phlébite ou inflammat,on des veines • les deux affections ont les mêmes causes, les mêmes symptômes généraux , les phénomènes locaux seuls peuvent servir à établir la distinction ; ainsi dans la phlébite, les lignes rouges sont plus grosses, plus arrondies , suivent une ligne plus droite et occupent le trajet des veines; rarement on observe des plaques érysipélateuses, mais les abcès sont plus communs et se forment plus vite ; enfin lorsque les veines sont enflammées il n’existe pas de gonflement des ganglions lymphatiques. Dans quelques cas, il existe à la fois maladie des vaisseaux veineux et lymphatiques, alors on remarque la réunion des symptômes propres à l’inflammation de ces deux systèmes.

La lymphangite peut se terminer par résolution lorsque la maladie est peu étendue; dans ce cas, les stries et la douleur disparaissent peu à peu, et les membres recouvrent leur aspect et leurs mouvements. Dans des cas plus graves, et particulièrement lorsque le plan profond des vaisseaux est atteint, il se forme des abcès qui se succèdent ordinairement en grand nombre, et à côté les uns des autres ; la suppuration diffuse dans tout un membre est plus rare que dans la phlébite. Cette succession d’abcès s’accompagne d’une fièvre continue qui, prenant plus lard la forme hectique, peut entraîner la mort. Dans quelques cas plus rares l’inflammation des vaisseaux lymphatiques se termine par la gangrène du tissu cellulaire et de la peau.

Lorsque le plan superficiel des vaisseaux lymphatiques est et demeure seul atteint, la maladie est ordinairement peu grave, mais lorsque l’inflammation a envahi le plan profond, et lorsqu’ existent des phénomènes généraux graves, tels que des frissons violents au début et plus tard de la fièvre, du délire, ou de l’accablement, le pronostic est grave et on doit craindre une terminaison funeste.

Lorsque les malades.succombent , les altérations anatomiques qu’on retrouve comme caractérisant la lymphangite sont une couleur un peu rougeâtre de la membrane interne des vaisseaux lymphatiques; cette membrane a perdu aussi sa transparence et son poli, souvent l’intérieur du vaisseau contient du pus ou des fausses membranes qui obstruent son calibre. A l’extérieur des vaisseaux, le tissu cellulaire est un peu induré, çà et là on y trouve quelques petits foyers purulents; dans quelques organes, dans le foie en particulier, on a trouvé aussi des petits abcès en grand nombre, mais ces abcès viscéraux sont très-rares dans la maladie qui nous occupe, bien plus rares que dans la phlébite.

Le traitement de l’inflammation des vaisseaux lymphatiques consiste, au commencement, dans l’emploi des moyens anti-phlogisliques. Une ou plusieurs applications de sangsues sur le trajet des vaisseaux malades, des cataplasmes émollients des fomentations de même nature, des bains, des boissons adoucissantes, la diète, le repos, sont ies moyens qu’on emploie avec le plus de succès dans le commencement de la maladie, alors que les accidents sont encore locaux. Plus tard, si on n’a pas réussi à arrêter la marche de l’affection, lors-

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qu’il existe des phénomènes typhoïdes, on a recours aux remèdes toniques, aux boissons acides, à l’administration du quinquina, du camphre. Souvent on a employé avec succès les frictions mercurielles pratiquées sur les membres malades. Contre les accidents locaux, on s’est quelquefois bien trouvé de la compression des membres, de l’application de plusieurs vésicatoires volants; ces derniers moyens ont paru, dans certains cas, prévenir la suppuration et la formation d’abcès

Nous n’avons rien à dire de l’inflammation chronique des vaisseaux lymphatiques, maladie rare et encore mal connue et qu’un auteur contemporain avait eu le tort de regarder comme la cause anatomique de l’éléphantiasist des Arabes. Quant aux autres maladies du système lymphatique, telles que la dilatation , le rétrécissement , l’ossification , la tuberculisation des vaisseaux, ces affections n’ont d’intérêt que sous le rapport de l’anatomie pathologique, puisque, le plus souvent, on ne connaît de ces altérations ni les causes ni les symptômes ; nous en dirons autant des altérations de la lymphe , qu’on a trouvée contenant du pus, de la bile, du sang, de la matière cancéreuse, ou tuberculeuse. La pathologie

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n’en est pas encore arrivée à pouvoir donner l’histoire de toutes ces lésions que l’anatomie morbide signale, mais que plus tard on pourra probablement rattacher à quelques désordres physiologiques.

Pour les maladies des ganglions lymphatiques, V. Bubons et Scrofules.

A. Habdy,

Médecin dés hôpitaux dè Paris.

IYMPHE ( phijsiol .), s. f. C’est le liquide contenu dans les vaisseaux lymphatiques. (V. ce mot.)

lymphite {méd.) s. f. On donne aussi ce nom à l’inflammation des vaisseaux lymphatiques. Il est synonyme de Lymphangite. (V. Lymphatiques ) (maladies des vaisseaux).

lypémanie ( méd .), s. f. Maladie mentale qui a pour caractère la mélancolie. (V. Mentales) (maladies).

lyssa, [méd.], s. f. Nom. donné à des pustules qui, suivant quelques auteurs, se développent sous la langue des individus affectés de rage; l’existence de ces pustules est très-problématique. (Y, Hydrophobie.)

macaroni fhyg.J, s. m. On donne -ce nom à une pâte alimentaire moulée en forme de tubes longs et étroits , qui originairement 'se préparait en Italie avec un mélange de farine de riz et de froment; l’opération consiste principalement à extraire de ces farines une partie de la fécule, afin que le gluten se trouve en plus forte proportion dans la pâte. On prépare de la même manière les vermicelles et les pâtes d'Italie; ces aliments sont très-nourrissants et digèrent assez facilement.

mâche, s. 'f. Nom vulgaire de la variuneîla olitoria; elle se mange en salade.

macération (pharm.), -s. f. (du latin maceratio, même signification)iC’est une opération pharmaceutique qui consiste à extraire la partie Sôlùble d’une substance ordinairement végétale par l’intermédiaire d’un liquide, et sans l’action de la chaleur. Les vins médicamenteux et les alcoolats se préparent par macération ; plusieurs tisanes se préparent de la même manière, surtout lorsque l’on ne veut pas extraire des racines ou des autres produits végétaux la fécule qu’ils peuvent contenir. Les bois que l’on soumet à l’ébullition, dans les préparations pharmaceutiques, doivent être macérés pendant près de 24 heures dans le liquide où doit s’opérer leur décoction. Il en est de même des racines sèches. On se sert de la macération pour préparer les extraits des plantes sèches; un mode particulier d’appliquer la macération aux substances végétales pulvérisées a reçu le nom de méthode de déplacement. (Y. Extrait.) * J. B.

mâchoires (anat. etpath.),s.f. p. On désigne sous le nom de mâchoires les deux arcades osseuses qui supportent les dents et qui constituent la plus grande partie de la charpente osseuse de la face. Elles sont au nombre de deux que l'on distingue, à cause de leur situation, en mâchoire supérieure et inférieure. Lapremière est formée par la réunion de treize petits os, groupés pour la plupart autour du plus considérable d’entre eux, l’os maxillaire supérieur ; ce sont : les os unguis , zygomatique , nasal , palatin , cornet inférieur qui sont pairs, el le vomer qui est impair. La mâchoire inferieure est formée par un seul os, le maxillaire inférieur.

Ces deux mâchoires ont la forme d’une demi-

ellipse à convexité antérieure, et leurs bords opposés constituent les arcades alvéolaires, celles-ci sont destinées à supporter les dents et s’affaissent chez le vieillard après la chute de ces os. Leur ensemble limite une cavité à laquelle on a donné le nom de cavité buccale, tandis que leur pourtour donne implantation à de nombreux faisceaux musculaires destinés les uns à l’expression de la face, les autres aux mouvements de la mâchoire inférieure qui seule est mobile et donne lieu, par ses mouvements alternatifs d' élévation et d’abaissement, à la fonction connue sous le nom de mastication.

La mâchoire supérieure est fixée solidement à la base du crâne avec laquelle elle se continue pour former les fosses nasales et orbitaires. La mâchoire inférieure, au contraire, isolée dans toute son étendue, se termine en arrière par deux prolongements formant un angle presque droit avec le reste de l’os , et qui vont au moyen de petites surfaces articulaires , appelées condyles , se fixer dans une cavité spéciale de l’os temporal appelé cavité glênoïde. La portion osseuse intermédiaire aux deux prolongements s’appelle corps du maxillaire inférieur; la petite partie moyenne de ce corps , formée par la soudure des deux pièces qui forment l’os dans l’enfance, s’appelle menton. On a donné le nom de branches aux prolongements verticaux qui terminent le corps à chacune de ses extrémités. Une saillie osseuse très-forte, placée au devant des condyles et servant d’insertion au muscle temporal qui élève le maxillaire, a été désignée sous le nom d 'apophyse coronoïde. Enfin, on a encore dénommé d’une manière spéciale le bord inférieur de l’os et l’angle que ce bord fait en arrière avec les branches, ce sont : la hase et 1 angle de la mâchoire. Cet angle, très-obtus chez l’enfant, se rapproche de l’angle droit chez l’adulte.

mâchoires (maladies des). A. Fractures, 1» de la mâchoire supérieure. — Les os dont 1 ensemble forme la mâchoire supérieure sont souvent brisés par l’action de corps contondants , comme des pierres, des coups de bâton, des projectiles lancés par la poudre à canon, des coups de pied de cheval, etc. Dans quelques cas plus rares, ils peuvent être fracturés par le choc que leur transmet-

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