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différents noms. L’utérus n’est-il que peu descendu, c’est la relaxation ou V abaissement ; arrive-t-il au niveau de la vulve, c’est la descente ; enfin, vient-il pendre entre les cuisses, entraînant avec lui la muqueuse vaginale qu’il renverse, c’est la cJmte , le prolapsus, la précipitation de la matrice. Aux causes qui peuvent produire le relâchement des ligaments utérins, il faut encore ajouter les efforts violents, la présence d’une tumeur dans l’utérus, l’engorgement de l’organe qui en augmente le poids et le volume, etc., comme autant de circonstances qui peuvent en amener la descente.

Outre les phénomènes physiques qui consistent dans la présence de la matrice hors de sa situation normale, il y a encore plusieurs désordres secondaires. Ainsi la femme éprouve des tiraillements dans les reins, des douleurs vers le centre épigastrique, un sentiment de pesanteur vers les parties génitales, des besoins d’uriner avec difficultés d’aller à la garde-robe, et dont l’intensité varie suivant le degré du prolapsus. Tous les auteurs ont cité, d’après Lassus, l’observation de cette femme qui, ayant l’utérus pendant entre les cuisses, devint enceinte au bout de vingt ans de mariage. Le col de l’utérus était tellement endurci qu’il fallut le fendre lors de l’accouchement afin de retirer l’enfant mort.

Lorsque l'on est appelé auprès d’une femme affectée d’une chute de matrice , il faut commencer par réduire la partie déplacée avec toutes les précautions et la lenteur convenables, puis la maintenir réduite. Or, cette dernière indication se remplit ordinairement à l’aide des pessaires (V. ce mot), dont la forme, la disposition et le mode d’application varient suivant les différences particulières queprésente la maladie. Mais ee n’est pas tout : il faut encore favoriser la consolidation des ressorts organiques qui soutiennent la matrice, à l’aide des bains froids toniques, et spécialement des bains de mer, des injections et des lotions astringentes, etc. Unrégime fortifiant ou antiphlogistique , suivant la nature de la cause, est encore d’une grande utilité. Quant aux pessaires , il faut bien surveiller leur emploi, car leur application n’est pas sans offrir d’assez graves inconvénients, comme par exemple de dilater le vagin et de le rendre dès-lors impropre à bien soutenir la matrice, de déterminer souvent des écoulements leucorrhéiques et même des ulcérations. Souvent même le pessaire ne peut être supporté par la malade, il cause des douleurs violentes qui obligent à cesser son emploi; on ne doit recourir à cet instrument, d’un usage toujours désagréable, que lorsque l’on a épuisé tout autre moyen de soulagement.

C’est pour obvier à ces inconvénients que plusieurs chirurgiens étrangers ont proposé, les uns (M. Annan ) un appareil simplement compressif , d’autres (MM. Heming, Fricke, etc.) une opération qui a pour but de rétrécir le vagin , ou même la vulve, afin de forcer l’utérus à rester soutenu par ces parties, désormais trop étroites pour lui livrer passage. Ces moyens n’ont pas encore été suffisamment expérimentés, et même lestentatives peu nombreuses qui ont été faites, relativement au rétrécissement du conduit vulvo-utérin, n’ont pas fourni des résultats assez satisfaisants pour qu’on puisse les recommander dans la pratique; ils ne sont pas d’ailleurs sans danger.

3° Antéversion et rétroversion de la matrice. —

Non-seulement la matrice peut descendre au-dessous de sa situation normale, mais elle peut encore éprouver d’autres changements suivant sa direction. Située parallèlement à l’axe du petit bassin , dans l’état normal, son fond peut s’incliner en avant ou en arrière : de là les phénomènes de l 'antéversion et de la rétroversion. Dans le premier cas, le fond de l’utérus est appuyé contre le pubis, et le col repose sur le sacrum ; dans le second, la situation est inverse, et dans tous les deux la matrice est presque horizontale.

L’engorgement de la partie antérieure de la matrice et de ses ligaments ronds est , dit Boyer , la cause occasionnelle de l’antéversion de cet organe dans son état de vacuité ; et des efforts pour soulever un fardeau, une chute sur les pieds , etc. , en sont la cause déterminante. Quant à la rétroversion, ses causes prédisposantes consistent surtout dans l’amplitude du bassin et le relâchement des liens de l’utérus : les circonstances déterminantes sont les mêmes que pour l’antéversion ; mais celle-ci n’arrive que dans l’état de vacuité, tandis que la rétroversion se présente presque toujours pendant les premiers temps de la grossesse.

Relativement aux symptômes, nous trouvons quelques différences importantes à signaler : dans les deux cas , il y a pesanteur dans le bassin , compression de la vessie et du rectum , et par suite gêne dans l’émission des urines et la défécation. Dans les deux cas , le toucher par le vagin fait reconnaître ia nature de la maladie et la disposition vicieuse qu’affecte la matrice. Mais la rétroversion, en raison surtout de cette circonstance qu’elle survient pendant que l’utérus est rempli par le fœtus, offre un caractère de gravité bien plus prononcé que l’antéversion. Ainsi, au bout d’un certain temps , il y a une compression très-forte exercée sur la vessie et le rectum : les urines cessent de couler, les garde-robes sont interrompues , la matrice, serrée entre le pubis et le sacrum , s’étrangle, s’enflamme, et les accidents les plus funestes peuvent en être la conséquence. Le pronostic est donc beaucoup plus grave dans ce cas que dans le précédent.

La première indication que présentent les deux sortes de déviations dont nous parions est de réduire la matrice et de la ramener à sa direction normale. L’opération est plus facile pour l’antéversion que pour la rétroversion ; et l’organe étant redressé, on le maintient dans cette position. La situation de la malade dans la direction propre à empêcher le déplacement de se renouveler est préférable à l’emploi des pessaires en bilboquet, que le génie des mécaniciens a modifiés à l’infini pour s’accommoder aux conditions particulières présentées par chaque malade. Ces pessaires offrent des inconvénients graves, et leur présence est rarement supportée; cependant on ne doit pas négliger leur emploi si le peu de sensibilité de l’utérus permet de le faire sans danger. Pour favoriser la consolidation, on aura recours aux moyens que nous avons conseillés contre le prolapsus; les bains de mer seront encore ici d’une grande efficacité. Les rétroversions exigent plus de soins, quand elles ont été réduites, que les antéversions; la femme gardera pendant longtemps le repos le plus absolu ; elle sera soumise à un régime antiphlogistique approprié à sa constitution et aux ! causes présumées de maladie; il est important de

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ne pas insister longtemps sur les évacuations sanguines et les débilitants, car j’ai vu souvent dans ce cas les malades tomber dans un cataiapsus qui ne faisait que prolonger leur affection; alors, on voit céder facilement les symptômes à une médication tonique , accompagnée de dérivatifs et d’un régime analeptique. L’abus du régime antiphlogistique est un écueil qu’il est important d'éviter dans le traitement de ces maladies , si l’on veut obtenir quelque succès, surtout chez les femmes nerveuses et les habitantes étiolées de nos grandes villes.

4° Renversement de la matrice. — Un accident plus grave encore, mais heureusement plus rare que la rétroversion, c’est Y introversion ou renversements la matrice. Ce phénomène a lieu quand, le fond de l’utérus venant à se déprimer, l’organe se renverse sur lui même et sort à travers le col comme une poche que l’on retourne par son ouverture. Ainsi, dans ce cas, la membrane interne devient extérieure, et vice versa. Le renversement est dit complet quand toute la surface intérieure est ainsi devenue surface extérieure, en un mot quand tout l’organe a franchi le col, et que celui-ci s’est lui-même retourné. Il est incomplet quand une partie plus ou moins considérable de l’utérus a déjà traversé le col. Il est aussi un premier degré qu’il ne faut pas passer sous silence, et dans lequel le fond est seulement déprimé comme le cul d’une bouteille, sans être encore engagé dans le col.

L’accident qui nous occupe arrive le plus ordinairement après l’accouchement. Il peut être alors attribué à des tractions trop fortes et mal combinées pour entraîner le placenta , encore adhérent à la surface interne de la matrice. Il arrive pourtant , dans certains cas, que le renversement a lieu, bien que l’extraction du délivre ait été pratiquée avec toutes les précautions convenables : cela peut tenir à des efforts trop violents de la part de la femme, ou à une disposition particulière. D’autres fois, ce sont des tumeurs de l’utérus lui-même, qui, remplissant sa cavité, finissent par dilater le col et descendre dans le vagin , entraînant avec elles la portion de l’organe à laquelle elles adhèrent ( V. plus bas les polypes). Enfin, le renversement peut survenir, hors le cas de grossesse ou de tumeur, quand les parois sont ramollies par une cause morbide quelconque , ou lorsqu’elles ont été distendues par du sang, une hydropisie, etc.

Si l’introversion n’est pas réduite, il peut se présenter plusieurs cas: 1° Par suite de l’inflammation ou de l’étranglement qu’elle éprouve au niveau du col , la matrice peut se gangrener en toutou en partie et amener la mort de la malade. 2° L’extension de la phlegmasie au péritoine peut amener une péritonite également mortelle. 3° Une anse intestinale peut s’engager dans le cul-de-sac renversé, déterminer les phéuomènes de l’étranglement interne, et faire encore succomber la malade. 4° Quand ces accidents primitifs n’ont point eu lieu , ou que la malade y a résisté , il peut arriver que la tumeur se resserre peu à peu , finisse par descendre entre les cuisses, où elle forme une masse dure, rougeâtre et violacée, donnant lieu à un écoulement sanguin continuel, ou bien à un flux muqueux, puriforme, qui épuise et tue lentement les malades. Enfin , il est d'autres cas plus heureux dans lesquels cette lésion n’est pas incompatible avec un état de santé assez

satisfaisant, et même Boyer pense que la proportion de ces derniers est encore plus considérable qu’on ne le pense généralement.

Pour l'introversion comme pour les autres sortes de déplacement dont nous avons parlé jusqu’à présent, la première indication est de réduire , et l’on comprend que cette opération est d’autant plus facile que l’accident est plus récent et l’introversion moins considérable. Les auteurs , et notamment notre grand chirurgien Boyer , ne tarissent pas dans les détails qu ils donnent à cet égard. Lorsque l’on ne peut faire rentrer la matrice complètement retournée , parce que le col forme un étranglement, on a très- judicieusement conseillé de l’inciser ; cette pratique doit être suivie. Quant à l’amputation ou à la ligature proposée dans les cas où la réduction est impossible et où la malade court de grands dangers, c’est là une pratique généralement blâmée eu France, bien que l’on cite quelques exemples de réussite, et il faudrait des circonstances bien graves et bien judicieusement appréciées par les hommes de l’art pour y avoir recours. Encore ici, après la réduction , nous conseillerons les moyens généraux de traitement employés après les autres sortes de renversement.

5° Il est encore quelques autres déplacements de la matrice que nous ne ferons qu’indiquer sommairement , comme rentrant dans les précédents : ce sont les inclinaisons de côté ( latéro versions de M. Nauche), et les incurvations , dans lesquelles la matrice est comme repliée sur elle-même et courbée. Cette dernière affection n’est pas encore bien étudiée, et les auteurs sont peu d’accord sur son traitement.

§ iv. Lésions vitales. — Ce sont surtout les phlegmasies et leurs conséquences.

1° Inflammation aiguë de la matrice, métrite. — L’inflammation de l’utérus peut- avoir lieu soit pendant l’état de vacuité , soit après l’accouchement. Cette dernière forme , incomparablement la plus fréquente, se liant à diverses autres lésions des organes environnants, et se rattachant à une influence toute spéciale et à un état général de l’économie, sera traiiée au mot Puerpérale (fièvre). 11 ne sera donc question ici que de la métrite simple.

Suivant une remarque fort judicieuse de Dugès, l’utérus, organe inerte et presque rudimentaire chez les jeunes filles, est, à cette epoque, bien peu susceptible de maladie, et surtout d’inflammation, d’un autre côté , chez les femmes adultes , si la menstruation en fait un centre de fluxion, l’écoulement périodique du sang forme une sorte de crise qui dissipe naturellement la congestion hyperhémiqne, et prévient les dangers de l’engorgement. La métrite aiguë est donc une affection assez rare hors le temps de l’accouchement.

Les causes de cette maladie sortt les contusions sur le bas-ventre, une chute sur les fesses ou sur les genoux, l’abus du coït , le défaut ou du moins le peu d’abondance de la menstruation, la suppression brusque de celle-ci par une imprudence, telle qu’une immersion dans l’eau froide, ou l’action des astringents , etc. On peut citer également , comme cause de métrite , la privation absolue des plaisirs vénériens chez une femme sanguine et d’un tempérament passionné.

La métrite se décèle par les symptômes locaux

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Suivants : douleur avec sentiment de chaleur et de pesanteur dans le petit bassin , douleur qui augmente quand on palpe l’hypogastre ou que l’on touche par le vagin le col de l’utérus ; pression suile rectum et difficulté dans l'émission des urines et des matières fécales ; extension de la douteur vers tes reins et les aines, avec sensation de tiraillement *qui s’étend jusque dans tes cuisses. En même temps il y a plusieurs phénomènes généraux qu’il importe de relater: ainsi, dès le début et même avant l’apparition des accidents locaux, il y a souvent des frissons , de la fièvre ; celle-ci accompagne la maladie pendant toute sa durée , quelquefois même elle e§t très-intense et revêt la forme dite ataxique. Dans certains cas, il y a une céphalalgie intense, du délire, des sueurs, des soubresauts dans les tendons. Une complication assez commune, c’est la péritonite, et alors les douleurs sont beaucoup plus vives, 1e ventre se ballonne , il y a des nausées , des vomissements, etc.

La durée de cette affection est ordinairement de quinze à vingt jours , mais elle peut être bornée à quelques jours seulement. La terminaison par la mort est assez rare ici; le plus souvent il y a résolution ou passage à l’état chronique dont nous allons nous occuper plus bas.

Le traitement doit être proportionné à l’étendue du mal et à la gravité des accidents ; il est essentiellement antiphlogistique. Des saignées générales du bras ou du pied , des applications de sangsues aux aines ou à la vulve , des bains de siège tièdes et émollients, des cataplasmes ou des fomentations de même nature appliqués sur la région hypogastrique, des lavements d’eau de son ou de guimauve, des boissons adoucissantes , telles sont tes indications que réclament les accidents de la métrite. Les purgati fs doux peuvent être fort utiles pour combattre la constipation, et tes narcotiques pour s’opposer aux phénomènes nerveux ou ataxiques dont nous avons parlé.

2° Inflammation chronique de la matrice, métrite chronique, engorgement de l’utérus , etc. — Cette maladie est une des plus communes dont tes femmes puissent être affectées ; aussi, en raison de cette fréquence et des idées exagérées que l’on se fait dans le monde sur cette maladie, devrons-nous entrer ici dans quelques détails aussi circonstanciés que peut nous 1e permettre l’étendue de cet ouvrage.

L 'engorgement de l’utérus peut siéger sur 1e corps ou sur le col , occuper un seul point ou plusieurs sur ces parties , ou bien enfin envahir tout l’organe : ces distinctions sont de la plus haute importance pour la pratique. Ainsi que l’indique 1e mot dont nous venons de nous servir , l’inflammation chronique est caractérisée par un engorgement, c’est-à-dire une augmentation de volume avec induration ou quelquefois diminution de consistance de la partie malade.

Les causes de la métrite chronique ne peuvent pas toujours être appréciées ; cependant on a reconnu manifestement l’action des influences suivantes. Et d’abord la maladie est beaucoup plus rare chez les femmes jeunes et qui n’ont point eu d’enfants que chez celtes d’un certain âge et qui ont eu plusieurs couches, surtout si celles-ci ont été laborieuses, s’il a fallu employer le forceps, ou bien si les femmes ont eu des avortements. Le temps de

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