‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 43 sur 298 · M.AS · texte numérisé non relu

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Le massage paraît avoir été pratiqué de toute antiquité. Les Romains , qui le joignaient à leurs bains et chez lesquels la sensualité et la débauche s’étaient emparé d’une pratique d’abord toute hygiénique, avaient reçu d’Asie l’usage du massage, fl se pratiquait après le bain d’eau et souvent dans les étuves. Aujourd’hui il n’est pas de contrées , dans l’est et le nord de l’Europe , où le massage ne soit usité avec le bain de vapeur. Dans les bains russes, on frotte et l’on presse toute la surface du corps avec la main couverte d’un gantelet de peau et enduite de savon ; cette friction est ordinairement suivie d’une flagellation avec de petites branches de bouleau. Dans le bain égyptien , les frictions sont suivies d’une affusion d’eau fraîche sur toute la surface du corps. Ces affusions sont aussi ordinairement ajoutées aux bains russes etsont administrées tantôt au moyen de nappes d’eau chaude et froide, mélangées au degré que l’on juge convenable d’employer, tantôt au moyen de la douche d’ondée, qui subitement couvre le corps d’une pluie froide et abondante.

On trouve chez presque toutes les nations de l’Asie le massage en usage avec des formes différentes ; presque toujours il est joint au bain de vapeur. Dans l’Inde , à Surate, lorsque le corps est pénétré par l’humidité de la vapeur, on étend sur le sol l’individu soumis au massage, deux serviteurs de chaque côté compriment successivement, et par divers degrés de force, les membres dont les muscles sont dans le relâchement , puis le ventre et le thorax , suivant la plus ou moins grande sensibilité de l’individu ; ensuite on le place sur le ventre , et l’on soumet les parties postérieures du tronc aux mêmes pressions. Les Égyptiens pratiquent le massage d’une manière analogue ; mais, après ces pressions , ils distendent et compriment les articulations des membres de manière à y produire un craquement. Cette méthode est également suivie dans l’Inde , à la Chine , au Japon, où l’on fait même craquer les articulations du col et de la colonne vertébrale. Les Turcs , au dire de Thévenot , exécutent le massage dans une étuve sèche, en faisant comprimer le ventre avec les genoux d’un esclave ; on comprime également les membres et l’on distend les articulations.

Dans diverses contrées de l’Asie , le massage est employé comme moyen de traitement dans les maladies , surtout en Chine et au Japon : chez les insulaires de la mer du Sud , il est employé dans le même but. Le capitaine Wallis et Forster décriventles pratiques auxquelles ils furent soumis, après une excursion dans l’île d’Otahiti , de la part de jeunes filles qui , par un massage doux et régulier, firent disparaître leur fatigue. J’ai vu moi-même, en 1834, à Paris, les sauvages Charruas des bords de l’Uruguay, qui, pendant quelque temps, furent exposés à la curiosité publique : l’un d’eux , qui exerçait dans sa tribu les fonctions de médecin , pratiqua le massage sur son compagnon qui avait une affection rhumatismale du genou ; il comprimait, frottait et échauffait avec son haleine la partie souffrante. Leur conducteur nous dit que c’était la seule médication qu’il leur eût vue mettre en usage.

Les effets du massage pratiqué d’une manière générale sont toujours à peu près les mêmes, quelles que soient les méthodes employées , surtout lorsqu’il est

joint au bain. La peau , d’abord humeeue par l’eau ou la vapeur, devient plus souple et plus flexible; on sent un bien-être qui se communique à tous les organes et qui donne à l’existence un charme tout nouveau ; à la fatigue succède un sentiment de légèreté qui rend propre à tous les exercices du corps -, les muscles agissent avec plus d’énergie et de facilité , la circulation paraît se faire plus librement , le sang coule plus largement dans les vaisseaux , les forces physiques se relèvent , les fonctions du cerveau ont plus d’activité, l’imagination est plus riante. Ces effets produits par le massage expliquent pourquoi son usage est si répandu dans les contrées où l’action énervante du climat rend si nécessaire ce moyen de stimuler l’énergie des fonctions vitales. Les habitants de l’Inde, les femmes et même les Européens qui se sont fixés dans ce pays, abusent, dit-on, pendant de longues heures de la jgurnée , du massage, dans lequel ils trouvent un charme et une volupté indicibles.

On comprend que si le massage avec le bain présente des avantages par son usage modéré, son abus présente des dangers qu’il est facile de prévoir : ainsi, il doit en résulter un affaiblissement et un énervement général , une susceptibilité nerveuse qui rend le corps peu propre à résister à la fatigue et surtout aux effets pernicieux du climat ; autant cette pratique, dans des limites sages et modérées, peut être utile , autant elle peut être nuisible dans ses excès qui, souvent, pour les peuples orientaux, sont encore accompagnés d’excès d’un autre genre, et dont les conséquences sont beaucoup plus graves.

Parmi nous, le massage a été employé avec succès dans le traitement de quelques affections nerveuses, et dans celui de certaines maladies chroniques. Pour ma part , j’en ai retiré de grands avantages dans les engorgements de l’utérus, et plusieurs malades, dont l’affection avait résisté à des traitements d’une et de deux années par les méthodes ordinaires, se sont trouvés guéris après deux ou trois mois d’un traitement par le massage convenablement dirigé , et combiné avec l’exercice et une alimentation substantielle et analeptique. V. Matrice (Maladies de la). J.-P. Beaüdb.

iæasssteh. [anal.), s. m. (du grec masséin -, broyer). On donne ce nom à un muscle court et fort qui, de l’arcade zygomatique, s’attache à l’angle et au bord inférieur de la mâchoire ; ce muscle, qui sert au mouvement de la mâchoire dans la mastication . est d’une grande puissance chez les animaux carnassiers et. chez ceux qui ont à faire des efforts marqués pour broyer leur nourriture , ou chez lesquels la mâchoire est une arme de défense su d’agression. Une artère qui naît de la maxillaire iwterne, et qui se divise dans l’épaisseur de ce muscle, a reçu le nom d’artère masséiérine; une veine du même nom correspond à l’artère. Le nerf massétérm vient du nerf maxillaire inférieur, qui est une branche du trifacial ; c’est lui qui , par sa distension violente, cause les vives douleurs que l’on ressent dans la luxation de la mâchoire inférieure. J. B.

asa.ssïc©T ( chim .)., s. m. C’est un oxyde de 'plomb. (Y. ce mot.)

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mastic [mat. méd.), s. m. C’est une résine qui découle par incision du Pistacia Lentiscus , arbre de la famille des Têrébinthacées , J., Dioécie Pentandrie de Linné. Cet arbre croîtdans les contrées chaudes de l’Europe , dans les îles de la Méditerranée. Dans la Provence, il ne donne pas de mastic, ou, lorsque les années sont très chaudes, il en rapporte en si petites portions, que l’on ne se donne pas la peine de le recueillir. Le mastic de l’île de Chio est le plus estimé ; du temps de Galien , celui d’Égypte jouissait d’une grande réputation. Cette ré'ine est en petites larmes d un jaune pâle, sèches, fragiles , lisses, cassantes, transparentes, et d’une odeur un peu térébinthacée qui se produit surtout lorsqu’on la projette sur des charbons, où elle brûle en répandant une fumée noire et en se liquéfiant. Cette espèce, qui est la plus pure, est celle que l’on nomme mastic en larmes ou mastic mâle; elle est recueillie la première. Un mois après, vers la fin de septembre, on fait de nouvelles incisions et l’on recueille une nouvelle espèce de mastic plus liquide qui se prend en masse mêlée d’impuretés et que l’on nomme mastic commun ou mastic femelle; cette espèce est beaucoup moins estimée que le mastic en larmes.

Le mastic est employé en Orient pour parfumer la bouche ; les femmes le mâchent le matin. Il augmente la sécrétion de la salive et lui communique une amertume qui n’est pas sans action sur les fonctionsde l’estomac ;on dit qu’il contribue aussi à raffermir les gencives et à entretenir la blancheur des dents. Conser védans la bouche et soumisà l’action des dents, le mastic devient blanc opaque etse ramollit ; ce caractère sert même à le distinguer de la résine de pin, avec laquelle on le sophistique souvent, car cette dernière se brise en poussière lorsqu’on la comprime sous les dents. En Orient , on mêle le mastic à plusieurs espèces de liqueurs, on en brûle comme parfum , on dit même que l’on en met dans le pain. Cette substance , qui est aujourd'hui peu employée en médecine , est considérée comme stomachique et antispasmodique ; on l’employait autrefois en fumigation dans les catarrhes chroniques, les rhumatismes, les spasmes de poitrine, le rachitisme. La dose à 1 intérieur est de 12 à 24 grains ( 6 à 1 3 décigrammes) . Le mastic entre dans la composition de plusieurs médicaments et surtout de ceux nommés masticatoires, d’où lui vient son nom.

J. -P. Beaude.

mastication ( physiol .), s. f. C’est l’action de mâcher les aliments. (V. Digestion.)

masticatoire [hyg. et mat. méd.), s. m. On désigne sous ce nom des médicaments qui sont destinés à être mâchés. Les masticatoires sont généralement excitants : c’est la racine de pyrèthre, d’arum . d’iris, de gingembre, de rhubarbe, les tiges d’angélique et d’impératoire , les feuilles de cochléaria , de tabac, les poudres de diverses espèces de poivre, de quinquina, de charbon, le mastic, la chaux, etc., qui entrent dans la composition des masticatoires. Quelques peuples en font un usage habituel ; ainsi , dans l lnde , à Siam, en Malaisie, on mâche le bétel (V. ce mot); en Turquie, c’est le mastic; en Amérique, les Péruviens mâchent les feuilles de 1 ' Erylhroxylum Peruvianum mêlé à la c-haux vive. Dans nos contrées, ce sont les feuilles de tabac dont

nos matelots font usage sous le nom de chique. Ces divers masticatoires, dont quelques médecins superficiels ont condamné l’usage, sont d’une grande utilité dans ces diverses contrées. 11 est rare qu’un usage s’établisse chez un peuple sans qu’il ait un but d’utilité bien constaté. Ainsi le bétel , qui noircit et détruit les dents des habitants de l lnde et des grandes îles de l’Asie , est l’un des préservatifs les plus efficaces contre la dyssenterie, qui est souvent endémique dans ces climats. Péron , médecin et navigateur, dit n’avoir résisté à la dyssenterie qui ravagea les équipages, lors de son voyage dans l’Océanie, que par l’usage du bétel.

Notre savant collabora1 eur, M. Guersent, pense que les masticatoires peuvent être employés avec un grand avantage dans nos contrées , soit comme moyen prophylactique, soit comme traitement, chez les individus qu’une constitution lymphatique ou de mauvaise conditions hygiéniques prédisposent au gonflement des gencives et aux affections scorbutiques. Comme dérivatifs, il conseille d’en faire usage dans certains rhumatismes péricr.miens , dans lescoryzas chroniques, dans les engorgements chroniques et non tuberculeux des ganglions du col ; il dit également qu’on en a retiré des avantages marqués dans certaines paralysies des lèvres et de la langue. Il est important de noter que l’on ne doit pas user de ces moyens lorsqu’il y a inflammation aiguë de quelques-ùnsdes organes de la bouche.

Chez les enfants, on emploie comme masticatoire, et pour calmer les douleurs des gencives vers l’époque de l’apparition des dents, des morceaux de racines sèches de guimauve ou de réglisse.

J. -P. Beaude.

mastite ( path .), s. f. On a donné ce nom à l’inflammation des mamelles. (V. ce mot.)

mastoïde ( anat .), adj. (du grec mastos, mamelle, et de eïdos, forme), qui a la forme d’une mamelle. Une éminence arrondie qui est à la partie postérieure et inférieure de l’os temporal, a reçu le nom d 'apophyse mastoïde.

mastoïdien {anat..), adj. Le voisinage de l’apophyse mastoïde a faitdonner le nom de mastoïdien à divers organes ou à des portions d’organes; ainsi il existe un Irou mastoïdien au temporal qui donne passageàune artère qui va se distribuer aux méninges; il y a au même os des enfoncements qui ont reçu les noms de rainure et de gouttière mastoïdiennes, ils donnent insertion à des muscles. Les cellules mastoïdiennes sont des cavités qui existent dans l’épaisseur de l’apophyse mastoïde et qui communiquent avec la caisse du tympan par l 'ouverture mastoïdienne; elles contiennent de l’air et ontpourfonction d’accroître, suivant quelques physiologistes, l’intensité du son. (V. Audition.) J. B.

MASTURBATION. (Y. Onanisme.)

matico {bot.), s. m. Nom péruvien du piper elongatum , dont les feuilles sont employées dans les affections syphilitiques.

matière médicale [ihérap.), s. f. On adonné ce nom à la science qui s’occupe de l’histoire des médicaments simples, de leur action sur l’économie animale etdes doses auxquelles on doit les administrer. On voit par ce simple énoncé que la matière médicale diffère de la pharmacie , en ce que dans

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cette dernière science on ne s'occupe que de la préparation des médicaments et de leurs divers modes de conservation. L’étude de la matière médicale est indispensable au médecin , car c’est l’arsenal dans lequel il doit prendre des armes pour combattre les diverses maladies; il faut qu’il connaisse l’action de toutes les substances pour bien se rendre compte des effets que peuvent produire les préparations pharmaceutiques sous lesquelles il doit les administrer. L’histoire naturelle médicale est plus importante pour le pharmacien , mais cependant elle n’est qu’une des parties de la matière médicale, qui ellemême est une des branches de la thérapeutique , cette partie spèciale de la médecine qui traite de la guérison des maladies. Aux yeux de beaucoup de gens , cette partie de la médecine résume à elle seule toutes les sciences médicales, car c’est vers elle qu’elles convergent toutes , surtout si l’on accepte cette définition des anciens : la médecine est l'art de guérir.

Pour que cet art présente quelque sûreté, qu’il ne soit pas un empirisme aveugle , il faut qu’il soit éclairé par une foule de connaissances accessoires qui toutes se rapportent à l’étude de l’homme ou à celle des agents destinés à modifier ses fonctions , à donner des physionomies diverses à son existence. Cette étude , pour l'homme en santé , forme la matière de l’hygiène ; pour l’homme malade , c’est la matière médicale ou plutôt la pharmacologie qui renferme tout ce qui a rapport aux médicaments ou à leur préparation. La matière médicale a reçu plusieurs divisions : dans les unes , les médicaments ont été rangés par règne, soit minéral , végétal ou animal ; dans les autres, on les a classés en raison de leur action sur l’économie. Ces divisions plus ou moins rationnelles n’ont pour but que de faciliter l’étude ; il en sera parlé au mot médicament.

J. -P. Beaudb

matricaib-e ( bot .), s. f.(Matricaire officinale, Matricaria Parthenium). C’est une p'ante de la famille des Synanthérées, section des Corymbifères, et qui a donné son nom à un genre qui est voisin des Camomilles ou Anthémis. Cette plante, qui est vivace , croît dans les lieux incultes, près des habitations ; ses tiges sont rameuses et comme paniculées , elles sont hautes de deux pieds , les feuilles sont alternes , ailées; les fleurs sont radiées , les demi-fleurons de la circonférence sont blancs , à trois dents. Lamatricaire qui est cultivée dans les jardins devient facilement double; ses fleurs sont alors complètement blanches et plus odorantes. L’odeur de la matricaire est forte , aromatique et presque fétide : les feuilles ont encore plus d’odeur que les fleurs. Cette plante est à la fois amère et antispasmodique ; son nom matricaire indique qu’on lui croyait autrefois une action spéciale sur l’utérus , soit pour aider à la menstruation, soit pour favoriser la parturition et déterminer l’expulsion des liquides que pouvait contenir la matrice. La matricaire a aussi été employée comme vermifuge : elle s’emploie en infusion, à la dose de 6 décigrammes jusqu’à 13 (12 à 24 grains) : on double la dose lorsqu’on l’administre en lavements.

La matbicaihe camomille ( Matricaria Chamo- »u//a).C’estune plante du même genre, d’une odeur plus douce , un peu moins haute ; elle est annuelle ;

ses fleurs sont nombreuses, blanches, à disque jaune, offrant un calice imbriqué et scarieux , un réceptacle et des grains ovoïdes, fins, sans aigrette. L’amertume de cette plante est assez prononcée ; elle est cependant moins active que la précédente et jouit de propriétés analogues ; elle est très-peu employée aujourd’hui. (Y. Camomille.) J. B.

matras (chim.) , s. m. C’est un vaisseau sphérique surmonté d’un long col et ordinairement en verre ; il sert à une foule d’opérations chimiques et pharmaceutiques.

matrice: (anat.), s f. (en latin utérus ; cette dernière expression a été elle- même francisée et employée dans la science comme synonyme : le mot matrice vient du grec mère). On appelle ainsi l’organe qui, chez la femme et les femelles des animaux vivipares, est destiné à loger le produit de la conception pendant toute la durée de son développement. Anatomiquement, c’est un muscle creux assez semblable pour la forme à une poire aplatie d’avant en arrière, situé dans le petit bassin sur la ligne médiane, derrière la vessie et au-devant du rectum, au-dessous des circonvolutions intestinales et au-dessus du vagin (Y. ce mot), qui vient aboutir à lui : de chaque côté il est soutenu par deux replis en forme d’ailes, que lui fournit le péritoine, et qu’on nomme les ligaments larges.

Tout ce que nous avons à dire de l’utérus ne doit s’entendre que de cet organe considéré hors le cas de grossesse. Salongueur est ordinairement de 55 à 65 millimètres, et sa largeur à la base de 35 à 40 millimètres; l’épaisseur des parois est de 6 à 8 millimètres. Il est, avons-nous dit, de la forme d’une poire ou d’une petite calebasse, dont la base ( ou fond) large et arrondie regarde en haut, et dont le sommet termine le conduit vaginal. La partie la plus grosse se nomme corps, et la plus petite col. Le péritoine, enveloppe commune des viscères du basventre, recouvre une partie de son corps, et l’isole de la vessie et du rectum en plongeant en forme de cul-de-sac entre ces organes et lui. Gomme la séreuse péritonéale n’embrasse pas complètement tout le corps de la matrice, qu’elle ne tapisse que les deux faces antérieure et postérieure, elle s’adosse seulement à elle même sur les deux bords latéraux, et forme ainsi deux replis ou ailes appelés ligaments larges, et qui partagent en deux parties l’excavation du petit bassin. Dans ces replis sont logés : 1° le li gainent rond , ou suspenseur de la malice, sorte de cordons fibreux qui, émanés des bords de l’utérus, viennent se perdre , en passant sur le pubis , dans le mont de Vénus et les grandes lèvres ; 2° la trompe de Fallope, canal flottant qui part de chacun des deux angles de la base , et va se rendre à l'ovaire (V. ce mot) ; 3° enfin, l’ovaire lui-même. Le sommet de la matrice termine le vagin; il est arrondi, percé d'une ouverture transversale qui le partage en deux lèvres, l’une antérieure, l’autre postérieure. Il doit à son aspect le nom de museau de tanche qu’on lui a donné. Autour de ce sommet existe une rigole circulaire formée par la muqueuse du vagin, repliée en cul-de-sac sur le col de l’utérus. Si nous examinons V intérieur de la matrice , nous verrons une cavité en forme de triangle renversé , à parois contiguës, présentant un orifice à chacun de ses an-

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gles : les deux supérieurs s’abouchent avec les trompes utérines ou de Fallope ; l’inférieur, plus évasé, se continue en goulot dans le col de la matrice, et vient aboutir entre les lèvres du museau de tanche, faisant ainsi communiquer la cavité de l’utérus avec celle du vagin. Dans ce goulot, on voit quelquefois de petites vésicules nommées improprement œufs de Naboth (du nom de l’anatomiste qui les a découvertes).

Quant à la structure intime , l’utérus n’offre réellement l’aspect musculaire que pendant la grossesse; pendant l’état de vacuité, ii présente une texture fibreuse, grisâtre, ferme, résistante : examiné sur uue femme récemment accouchée, on peut y reconnaître plusieurs plans de faisceaux musculaires verticaux ou circulaires. Recouvert en partie par le péritoine, il est tapissé intérieurement par une muqueuse, peu apparente dans l’état ordinaire.

Les artères hypogastrique et ovarique lui fournissent des branches dites utérines. Les veines sont énormément dilatées pendant la gestation. Ses lymphatiques sont surtout apparentes à la surface. Les nerfs proviennent des paires sacrées et du grand sympathique.

On comprend, sans que nous ayons besoin de les indiquer, les changements que doit amener l’état de grossesse dans les dimensions de l’utérus et dans ses rapports avec les parties voisines. (Y. d’ailleurs pour ces détails l’article Grossesse.)

Matkice (Maladiesde la). — Elles sont assez nombreuses et d’une grande importance; nous les partagerons en plusieurs catégories, afin de mettre plus d’ordre dans leur description. Ainsi , nous aurons successivement à nous occuper : 1° des vices de conformation ; 2° des lésions traumatiques ; 3° des déplacements; 4° des lésions organiques et vitales, telles que les inflammations, les engorgements, les ulcérations, etc.; 5° des productions accidentelles, les polypes, par exemple.

§ Ier. Vicesde conformation . — Ils sont très-variés : tantôt la matrice manque complètement, tantôt elle est remplacée par un tubercule plein ou une sorte de petit sac tout-à-fait impropre à remplir les fonctions auxquelles elle a été destinée par la nature. D’autres fois l’organe est allongé comme chez les singes , bicorne comme dans la plupart des mammifères; ici le col vient s’ouvrir dans le rectum , la vessie, ou bien à l’hypogastre, au lieu de se rendre dans le vagin. On a vu aussi le col complètement fermé, soit que ce phénomène fût originel, soi» qu’ii fût le résultat d’une inflammation adhésive survenue accidentellement : la rétention des règles, qui en résulte , exige une opération qui a pour but de rouvrir le conduit oblitéré. Cette opération a même été pratiquée pour livrer passage à l’enfant dans des cas où l’oblitération s’était faite pendant la grossesse.

§11. Lésions traumatiques. — Les blessures de la matrice sont en général assez graves, mais elles prennent surtout un caractère sérieux quand l’organe est rempli par le produit de la conception. Nous n’entrerons pas dans les détails de ces accidents , ils sont presque toujours suivis de symptômes inflammatoires dont les résultats sont souvent funestes. (V. Blessures.)

Ruptures de la matrice. — Elles ont quelquefois

lieu pendant la grossesse, mais c’est surtout au moment des efforts de l’accouchement qu’on les observe le plus ordinairement. On comprend en effetqueles contractions violentes de l’utérus, distendu par le fœtus, peuvent amener une rupture, et le passage complet ou partiel de l’enfant dans la cavité du ventre. Quand les parois de l’organe sont amincies ou ramollies dans quelque point de leur étendue par le fait d’une maladie antérieure, d’un cancer, par exemple, il suffit de contractions légères pour amener l’accident en question. Très-souvent aussi il est occasionné par un obstacle, tel qu’un vice de conformation du bassin. D’autres fois enfin, c’est une violence directe, un coup, une chute, etc., qui est la véritable cause. Lorsque la déchirure a eu lieu pendant la gestation, le fœtus étant passé dans la cavité abdominale peut continuer à y vivre , ou seulement y séjourner, et se détruire en totalité ou en partie sans déterminer d’accidents graves. Telle est la source , bien rare sans doute , de plus d’une grossesse réputée extra-utérine , et qui ne l’était que d'une manière secondaire.

Les signes qui annoncent une rupture sont ordinairement une douleur vive , aiguë , accompagnée de la sensation d’une déchirure intérieure. Bientôt il survient de la pâleur, des faiblesses, des syncopes, des sueurs froides, et la malade succombe à ces symptômes d’hémorrhagie interne ; on a vu cependant les choses se passer plus favorablement , et même la guérison avoir lieu; mais, dans tous les cas, au moment de la rupture, le ventre se déforme, et l’on peut quelquefois reconnaître la présence de l’enfant dans la cavité abdominale.

Les ruptures de la matrice sont des accidents fort graves, et bien souvent mortels, sinon immédiatement, du moins par la suite. Beaucoup de chirurgiens proposent de pratiquer la gastrotomie pour retirer l’enfant , cette opération étant, selon eux, moins grave que le séjour de celui-ci dans le ventre de la mère. D’autres, au contraire, et nous sommes de cet avis , pensent que pour ce cas, comme pour toutes les maladies, il faut suivre les indications du moment et agir selon les circonstances. Quand le passage de l’enfant est incomplet, on peut quelquefois le saisir et achever l'accouchement par les voies naturelles , quitte même, s’il le fallait, à agrandir avec le bistouri la déchirure dans laquelle il n’est qu’engagé.

§ III. Déplacements. — 1° Hernies de la matrice. Par suite de circonstances dont le mécanisme n’est pas très-facile à expliquer dans un ouvrage de la nature de celui-ci, il est arrivé que la matrice s’est rencontrée dans des hernies inguinales. Cette circonstance , assez rare d'ailleurs , acquiert de la gravité lorsque la femme est au commencement de la grossesse , car alors la hernie devient irréductible, et l’accroissement de l’utérus se faisant ainsi hors du ventre, il est bien rare que l’accouchement puisse avoir lieu par les voies naturelles , il faut presque toujours alors recourir à l’opération césarienne.

2° Descente de matrice. — Nous avons dit que la matrice était soutenue dans sa position par plusieurs ligaments ; or , quand ceux-ci viennent à se relâcher, il en résulte qu’elle descend plus ou moins bas dans le vagin, et peut même sortir entièrement de la vulve. L’accident que nous signalons prend

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