MUCOSITÉ. (Y. MUCUS
mucus ( physiol. ), s. m. On désigne ainsi un liquide sécrété par les membranes muqueuses, et qui a de l’analogie avec le mucilage végétal. (V. Membrane.)
muet ( palh .), s. m., se dit d'un individu qui est privé de la parole. (V. Voix.) Pour les sourdsmuets, Y. Oreille (maladie de 1’).
muguet [bot.) , s. m. , convallaria maialis, Muguet de mai ; c’est une plante de la famille des Asparaginées et de l’hexandrie monogynie de Linnée, qui est désignée dans les formulaires sous le nom de Lilium convallium. Ses fleurs, blanches, odorantes et en grelots, apparaissent au mois de mai ; elles sont d’un aspect coquet et d’une odeur suave , quoiqu’un peu forte, qui rappelle l’odeur du musc. Les anciens auteurs de matière médicale disaient que ces fleurs fraîches étaient céphaliques, propres à récréer le cerveau et empêcher les vertiges. Mais, loin de posséder ces qualités, la fleur de muguet, dont l’odeur est pénétrante, présente des inconvénients lorsqu’elle est respirée la nuit dans les appartements fermés. Les fleurs du muguet, desséchées et pulvérisées, ODt été employées comme sternutatoires; on les prend en poudre grossière comme le tabac ; cette poudre présente plus de force et doit être prise en moindre quantité. Prise à l’intérieur, elle est, dit-on, émétique et purgative ; son extrait, à ia dose d’un demi-gros, purge fortement. On préparait autrefois une eau distillée de muguet, sous le nom d 'eau d’or , qui est tout-à-fait inusitée aujourd’hui .
Muguet ( Petit ), asperula odorata, muguet des bois, reine des bois. C’est une plante du genre Aspérula de la famille des Rubiacées,tétrandrie monogynie de Linnée, que l’on voit au printemps fleurir dans les clairières des bois; ses fleurs, qui sont odorantes, ainsi que l’indique son nom, sont employées, étant desséchées, en infusion dans les affections nerveuses; c’est un anti spasmodique léger. Les bestiaux sont très-friands de cette plante, et l’on dit que les vaches qui s’en nourrissent ont un lait plus substantiel et plus abondant. J. B.
muguet [mëd.) , s. m. On donne ce nom et celui de Manchet à une maladie caractérisée par une éruption aphteuse dont il a été traité au mot Aphtes.
mules ( chir .), s. f. pl. On donne ce nom aux engelures qui ont leur siège au talon. (V .Engelures]
multipare Izool.) , adj. , de multus , beaucoup, et de parure , enfanter; se dit des femelles qui font plusieurs petits à la fois.
muqueux [physiol.), adj. On se sert quelquefois du mot système muqueux pour désigner l’ensemble de toutes les membranes muqueuses. Ce mot s’emploie aussi comme synonyme de mucus ou de mucilage : on dit le muqueux végétal, le muqueux animal. — On désigne aussi sous ienom àe follicules muqueux de petits corps qui existent dans la peau et les membranes muqueuses. (V. ces mots et Cryptes.) Il a été traité des membranes muqueuses au mot Membranes. J. B.
muqueuse (fièvre). (V. Dothinentérie.)
muqueuses (Bourses) [path.], s. f. p. Pour la description anatomique, voyez à l’article Membrane ce qui est relatif aux synoviales.
Les plaies et les contusions qui intéressent ces organes ont le grave inconvénient d’en déterminer quelquefois l’inflammation. La phlegmasie des bourses muqueuses est en effet habituellement occasionnée par des violences extérieures, ou chez des personnes qui, par leur profession, sont exposées à subir des frottements répétés sur les parties où existent les poches en question. Cette inflammation , qui marche ordinairement assez vite, est caractérisée par de ia douleur, des battements, l’augmentation de volume et une fluctuation sensible qui annonce une sécrétion de pus ou de sérosité purulente; la réaction fébrile est en rapport avec l’intensité de la phlegmasie. Quand la résolution ne s’opère pas spontanément ou par les moyens de l’art , l’abcès s’ouvre à l’extérieur, et la cicatrisation a lieu avec plus ou moins de facilité. Il peut aussi se rompre dans le tissu cellulaire ambiant, ce qui donne lieu à une infiltration purulente dans ce tissu. Le traitement est éminemment antiphlogistique : on agit , du reste, comme pour les autres abcès.
Ces mêmes organes sont assez souvent le siège d’hydropisies , c’est-à-dire de collections séreuses que l’on désigne aussi sous le nom d ’hygroma. Les causes sont assez généralement aussi des violences extérieures légères. L 'hygroma est caractérisé par une tumeur arrondie, fluctuante, non douloureuse, siégeant là où existe une bourse muqueuse.
Les topiques résolutifs sont quelquefois très-efficaces pour faire résorber le liquide épanché : Boyer a retiré de très-grands avantages de la solution ’ d’hydrochlorate d’ammoniaque (32 grammes dans une pinte d’eau); on peut y joindre avec succès la compression. M. Velpeau a conseillé les vésicatoires volants appliqués sur la tumeur. Enfin, quand tout échoue, on videra la poche au moyen d’une ponction.
D’autres fois ce sont des épanchements sanguins qui se forment dans ces petites cavités ; le traitement est le même que celui de l’hygroma. E. B.
mure (bot.), s. f., fruit du mûrier, morus ni gra, L.; famille des Urticées, J., ou Artocarpées.
Ce fruit est formé d’une sorte de baie composée des écailles du calice persistantes et charnues re couvrant le fruit lui-même, qui est un akène un peu comprimé. Lorsqu’il a atteint son maximum de maturité , il est ovoïde allongé , de couleur rougepourpre presque noire, mamelonné comme la framboise , avec cette différence que la partie charnue est formée par le calice, tandis que, dans le fruit du framboisier, c’est le péricarpe lui-même qui est
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charnu et sùcculent ; les semences que renferment les baies sont ovales et triangulaires.
On n’est pas d’accord sur la patrie originaire du mûrier : quelques auteurs le font venir de la Chine, du Japon et de l’Inde; d’autres de l’Asie-Mineure: toujours est-il qu’il fut importé de l’un de ces pays à Constantinople, puis en Grèce, où sa propagation fut telle qu’une partie de ce pays dut à cette circonstance le nom de Morée.
La maturité des mûres s’effectue généralement dans le courant d’août. La grande quantité de mucilage qu’elles contiennent les rend très-propres à étancher la soif ; leur saveur est aigrelette , douce et mucilagineuse. Les anciens regardaient ce fruit comme très-propre à entretenir la santé. Horace fait en effet dire à Catius que , pour se bien porter pendant les chaleurs , il faut manger des mûres à la fin des repas , et les cueillir le matin lorsqu’elles sont encore couvertes de rosée. Elles sont légèrement laxatives : on en prépare des boissons rafraîchissantes et un sirop qu’on administre avec succès dans les inflammations de la gorge ou des gencives. On le fait, dans ce cas, entrer dans la composition des gargarismes détersifs ; on l’associe ordinairement aux figues grasses et au miel. T. C. hdeiates. (V. Ilydrochlorates.) muriatique ( Acide ). (V. Hydrochlorique (acide.)
musc (mat. méd.), s. m., moschus. Le musc est un produit animal qui nous vient de l’Asie ; il est renfermé dans une petite poche qui est située près du prépuce d’un chevrotin qui habite les montagnes de l’Asie centrale , et que l’on a nommé Moschus moschiferus. Quoiqu’il n’existe, dit-ou, qu’une seule espèce de moschus porte-musc, on connaît cependant plusieurs variétés de musc. Le plus estimé est le musc tonquin ou de la Chine, c’est celui qu’on emploie en médecine ; ensuite vient le musc kabardin ou de Russie, parce qu’il nous arrive par les caravanes de ce pays ; le moins estimé est le musc du Bengale. Il y a peu de temps qu’on a découvert , dans la Mongolie , une nouvelle espèce de chevrotin porte-musc auquel on a donné le nom de Moschus altaïcus. On dit qu’il fournit un musc moins estimé que celui du Moschus moschiferus.
Le musc, tel qu’on le trouve dans le commerce, est renfermé dans de petites vessies couvertes de quelques poils roux : ce sont les enveloppes mêmes de l’organe qui le sécrétait pendant la vie; sécrétion que l’on dit être analogue à celle qui existe sous le prépuce d’un assez grand nombre de mammifères. Pendant la vie, le musc est en partie liquide ; il se solidifie après la mort de l’animal. Il est plus abondant chez les individus adultes que chez les sujets trop jeunes ou trop vieux. La quantité de musc que contient chacune de ces poches est de six à huit gros, et elles sont envoyées dans le commerce dans des boîtes de plomb, ou de bois doublé du même métal. Lorsqu’on ouvre une de ces vessies , on trouve le musc d’un brun rougeâtre , grumeleux , très-odorant, doux au toucher, légèrement humide, mais se desséchant facilement à l’air. Il est soluble pour neuf dixièmes dans l’eau, l’alcool et l’éther; il est fusible au feu , s’enflamme très-facilement. Sa saveur est amère , désagréable , un peu âcre ; son odeur est pénétrante, forte et tenace ; elle est telle-
ment divisible qu’un grain de musc suffit pour parfumer une pièce d’une grande étendue pendant plusieurs années, sans qu’il perde sensiblement de son poids. Cette odeur , qui est agréable à quelques personnes, est souvent pénible pour un grand nombre d’autres. Il est des femmes à qui l’odeur du musc , dans un lieu fermé , doune immédiatement des syncopes. Des accidents sérieux ont été quelquefois produits, chez des malades ou des convalescents, par l’odeur du musc ; aussi est-il prudent d’éviter d’y soumettre les personnes nerveuses, les enfants et les jeunes personnes, ou celles dont la susceptibilité se trouve augmentée par l’action d’une cause débilitante quelconque. Par opposition , on voit des individus faibles et nerveux rechercher avec ardeur cette odeur vive et pénétrante : il y a, dans ces actions diverses d’une même substance , un fait de susceptibilité individuelle qui souvent se fait remarquer , et dont le médecin doit toujours tenir compte. (V. Idiosyncrasies.)
Le musc est un médicament actif ; il jouit au plus haut degré des propriétés antispasmodiques ; mais pour produire une action marquée , il doit être donné à doses assez élevées : il s’administre depuis les doses les plus minimes , deux à cinq grains (10 à 25 centigrammes) , jusqu’à quatrevingts grains (4 grammes 1/2) ; on le donne ordinairement en pilules ou en potions. On prépare aussi une teinture de musc avec : musc , une partie, et alcool à 31°, quatre parties ; on fait macérer pendant huit jours et l’on passe.
Le musc est plus employé dans la parfumerie qu’il ne l’est dans la médecine ; il entre en petite proportion dans la plupart des eaux de senteur qui servent à la toilette. Son haut prix (près de 100 fr. l’once) fait que l’on a cherché à l’altérer par un grand nombre de moyens ; celui qui paraît le plus employé consiste à le mêler avec du sang desséché ; aussi est-il important , lorsqu’on l’achète , de l’avoir encore enveloppé des membranes qui le renferment à l’état naturel. J. -P. Beaude.
Musc&ross ( bol. et mat. méd. ) , s. f., fruit du muscadier ; myristica aromatica , L. ; famille des Laurinées, J. ; Myristicées de Brown.
Ce fruit s’offre sous la forme d’une drupe ou noix charnue , pvriforme , du volume d’une pêche , et marquée d’un sillon longitudinal; lors de sa maturité, il s’ouvre en deux valves incomplètes et découvre une coque nuciforme , du volume d’une forte olive, ronde ou ovale, marquée de sillons réticulés formés par l’empreinte d’une arille ou macis, improprement appelée par les anciens fleur de muscade. Cette arille, qui enveloppait la graine, est découpée en lanières charnues d’un rouge vif, qui passe au jaune par la dessiccation.
Ce fruit est originaire des îles Moluques ; mais depuis 1778 qu’un violent ouragan, en les ravageant, détruisit la plus grande partie des muscadiers qui les ombrageaient , ce bel arbre n’est plus guère cultivé qu’au groupe Branda, qui approvisionne l’Europe de macis et de muscade. Depuis quelque temps cependant, ou l’a transporté et propagé aux îles de France et de Bourbon.
La maturité du fruit s’effectuant successivement, on en fait deux à trois récoltes par an. On les gaule et on lève le brou sur place , où il est abandonné comme inutile; on asperge le macis
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d'eau salée, et on le met sécher. Une troisième enveloppe qui recouvre la graine se déchire d’elle— même après quelques jours d'abandon; on la sépare au moyen du van , et on fait ensuite passer les amandes ou muscades proprement dites dans un lait de chaux pour les préserver autant que possible de l’attaque des insectes ; puis, on les met sécher.
On distingue dans le commerce deux espèees*de muscades que l’on appelle improprement muscade femelle et muscade mâle. La première est la plus estimée ; elle est produite par le muscadier cultivé, myristicamoschata ; sa forme est arrondie, son volume égal à celui d’une noisette, sa couleur est grisâtre en dehors et jaunâtre en dedans , d’une odeur très-aromatique , d’une saveur chaude piquante; elle est sujette à être piquée des vers et perd alors une partie de son odeur et de sa saveur. La muscade mâle est produite par le muscadier sauvage , myristica tomeniosa ; elle estoblongue, son odeur et sa saveur sont de beaucoup inférieures à celles de l’autre espèce , avec laquelle on la trouve trop souvent mêlée. L’amande est recouverte d’une coque dure sur laquelle est appliquée une arille pâle et sèche.
La muscade est sans contredit l’une des substances aromatiques les plus agréables que l’on connaisse. Aux îles Branda,où elle atteint toute sa perfection, et où elle est si commune qu’elle en constitue toute la richesse , on la confit dans le rhum lorsqu’elle est encore verte, et elle forme dans cet état un mets très-goûté des indigènes, mais qui flatte peu les palais inaccoutumés à l’usage des substances âcres et excitantes. Quelques auteurs l’ont, ainsi que le macis , recommandée en masticatoire dans la paralysie des muscles qui servent à la déglutition. Ces deux substances entrent dans plusieurs préparations officinales, mais elles servent surtout à aromatiser certains mets et certaines liqueurs de table ; elles agissent dans ce cas comme stimulants des organes digestifs.
Plusieurs chimistes , et notamment Neumann et M. Bonastre, se sont occupés de l’examen chimique de la muscade : l’analyse du dernier étant la plus récente et la plus complète, nous allons la rapporter. Ce savant a trouvé dans la noix , ou plutôt dans l’amande de muscade, les principes suivants : 1° matière blanche insoluble (stéarine); 2° matière butyreuse , colorée , soluble (élaine) ; 3° huile volatile; 4° acide; 5° fécule; 6° gomme, ou naturelle, ou formée; 7° résidu ligneux.
Le macis a fourni à M. Henry père : 1° de l’huile essentielle; 2° une huile fixe odorante jaune, soluble dans l’éther , insoluble dans l’alcool bouillant ; 3° une huile fixe odorante rouge, soluble dans l’alcool et l’éther en toutes proportions; 4° une matière gommeuse particulière analogue à l’amidon et à la gomme, faisant le tiers environ du macis; 5° de la fibre ligneuse.
On extrait des muscades , par distillation , une huile volatile de couleur jaune-blanchâtre plus légère que l’eau , et qui jouit de toutes les propriétés de l’amande. On l’administre à la dose de quelques gouttes comme carminatif et stomachique. Le macis fournit par expression une huile mixte qui jouit des mêmes propriétés, mais à un degré plus faible.
On trouve enfin dans le commerce une sorte de beurre végétal composé de l’huile concrète et vola-
tile de la muscade ; il s’extrait par la réduction en pâte et la pression entre des plaques légèrement chauffées; il est très-souvent falsifié.
COUVERCHEL,
Membre de l’Académie de Médecine.
B8BScsx.es et musculaire (Système) (anat, et physiol.), s. m. p. et adj. On appelle muscles des organes mouset rouges composésd’unassemblagede fibres plus ou moins parallèles entre elles, susceptibles de se contracter et de s’allonger , et destinés à mouvoir le corps en totalité ou en partie (V. Locomotion). Ce sont les muscles qui constituent ce qu’on nomme la chair ; ils forment, chez les animaux vertébrés, la plus grande partie de la masse du corps.
Les muscles peuvent être partagés en deux grandes classes, suivant qu’ils sont ou non soumis à l’empire de la volonté ; de là les muscles de la vie animale ou muscles volontaires, et les muscles de la vie organique ou involontaires.
Nous allons d’abord étudier ces organes dans ce qu’ils offrent de général et de commun.
1° Structure intime. — Les muscles sont composés de faisceaux, les faisceaux de fibres , et les fibres de filaments. MM. Prévost et Dumas appellent les faisceaux, fibres tertiaires; les fibres, fibres secondaires ; et les filaments , fibres primaires : ces derniers sont des assemblages rectilignes de corpuscules globuleux qui, en dernière analyse, constituent l’élément primitif du tissu musculaire. C’est pour cette raison que M. Dutrocbet a nommé les filaments , corpuscules musculaires articulés. Ces globules dont la réunion fonde la fibre primaire, ne sont autre chose que les globules centraux du sang dépouillés de leur matière colorante , et réunis entre eux par un mucus transparent et incolore. Les faisceaux ne s’étendent pas à toute la longueur du muscle ; ils se portent plus ou moins obliquement d’un bord à l’autre, ou des deux bords vers le milieu, et ils viennent se fixer à des organes de tissu fibreux (Y. ce mot), qui transmettent leur action plus ou moins loin. Un muscle , considéré dans son entier ou dans ses plus petits filaments, est composé de deux substances : une , musculaire proprement dite ; l’autre consistant dans une enveloppe de tissu cellulaire (gaine musculaire), qui entoure tout le muscle et envoie des cloisons dans toute l’épaisseur de celui-ci, lesquelles forment de gros tubes pour les faisceaux , de plus petits pour les fibres , et d’autres très-déliés pour les filaments.
On a beaucoup discuté pour savoir si la fibre primaire formait un tube creux, ou si elle formait un solide plein; cette dernière opinion est généralement adoptée .On a aussi cherché évaluer leur volume en fractions de millimètres; mais ce sont là des questions oiseuses.
L’endroit par lequel les vaisseaux pénétrent dans un muscle est généralement situé vers sa partie i moyenne. Les artères se partagent en deux branches, dont l’une va se ramifier dans la portion supérieure , tandis que l’autre se distribue dans l’inférieure. Les veines présentent deux systèmes : les unes, profondes, accompagnent les artères; les autres, superficielles , marchent isolées. On a constaté, par l’expérience et le raisonnement, que la couleur rouge des muscles leur était propre et ne dépendait pas de la présence du sang. Les nerfs des muscles
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sont assez considérables, ils accompagnent ordinairement les vaisseaux, et se ramifient et s’anastomosent perpendiculairement à la direction des fibres charnues.
2° Propriétés physiques , chimiques et vitales.— La forme des muscles est très-variable: en général, ils sont pleins (muscles de la vie animale), ou creux (muscles de la vie organique). Ils sont mous , peu élastiques, faciles à déchirer après la mort; pendant la vie, leur consistance est plus grande. L’analyse chimique a démontré que les muscles étaient composés de fibrine, d’albumine, de gélatine, d’osmazôme,de phosphates de soude et de chaux, et de carbonate de chaux. L’élément fibrineux est celui qui domine. Traitée par l’eau bouillante , la chair musculaire laisse dissoudre plusieurs de ses principes ; c’est le résultat de cette coction qui constitue le bouillon.
Les muscles peuvent changer activement leurs formes ou leurs dimensions, soit par l’effet de la volonté, soit par celle des stimulants spéciaux. Cette Propriété que Haller nommait irritabilité , et que quelques autres auteurs désignent sous le titre plus Restreint d emyotilité, consiste soit dans la conlr action du muscle , soit dans son allongement. Quand il se raccourcit, un mouvement oscillatoire fait paraître sa surface comme ridée, et ses deux extrémités se rapprochent : en se contractant , l’organe se gonfle, devient plus épais , plus dur , mais la couleur reste la même. L’effort produit par le resserrement est très-considérable; mais, comme il a été dit au mot Locomotion, il arrive ordinairement qu’une partie de cet effort se trouve perdue. Quant à la rapidité avec laquelle le phénomène s’exécute, elle est souvent très-grande, comme on le voit dans la course, le saut, les convulsions, etc. On a beaucoup disserté pour savoir si les muscles augmentaient de volume en se contractant ; il parait bien démontré que le gonflement est compensé par la diminution de longueur; il n’y a donc de changé que le volume apparent. Plusieurs conditions sont indispensables pour que la propriété qui nous occupe soit mise en jeu. D’abord il faut que le muscle soit vivant, c’est à-dire en communication avec les systèmes nerveux et circulatoire ; si un muscle séparé du corps jouit encore pendant quelque temps de sa contractilité, cela tient à ce qu’il est irritable, qu’il renferme encore de la substance nerveuse, laquelle ne perd pas immédiatement ses propriétés. En second lieu, l’organe doit être à l’état normal, tant sous le rapport de la texture que sous celui de l’impressionnabilité. Enfin , il faut qu’un stimulus agisse sur le muscle ou sur le nerf qui s’y ramifie. Ce stimulus n’est pas le même pour les différents muscles. Ainsi, tous ceux qui sont soumis à la volonté reçoivent leur stimulus du cerveau. Il leur est transmis par les nerfs ; les autres agissent plus spécialement par l’effet d’une excitation directe : la lumière pour l’iris , le sang pour le cœur, etc. Tous éprouvent l’action des irritants mécaniques ou chimiques, quand ceux-ci agissent immédiatement. Nous n exposerons pas ici les différentes théories qui ont été proposées par les anciens et les modernes pour expliquer le phénomène de la contraction. Ceux qui sont curieux de ces détails les rencontreront dans les traités de physiologie.
Les muscles peuvent encore se contracter après
la cessation de la vie et même, comme nous l’avons dit , séparés du corps. Cette faculté se perd plus vite dans certains muscles que dans d’autres. A cette cessation de toute contractilité succède la rigidité cadavérique. Alors , si on coupe un de ces organes, les deux bouts se rétractent, mais pas autant qu’ils l’auraient fait sur le vivant. C’est là un simple phénomène d’élasticité qui cesse lui-même aux approches de la putréfaction.
Chez l’embryon , le système dont nous parlons est d’abord confondu dans le tissu cellulaire, à l'exception du cœur, qui se montre de très-bonne heure. Les faisceaux musculaires ne commencent guère à être appréciables qu’à la fin du second mois ; mais ils ne prennent leur couleur rouge et leur aspect normal qu’après la naissance.
Le système musculaire de l’homme différé surtout de celui des animaux par la force plus considérable de certains muscles, et le moindre développement de certains autres. Les muscles les plus développés sont spécialement, comme le fait observer Meckel , ceux qui assurent la station droite ( es fesses, le mollet). Les muscles les moins développés sont ceux destinés à mouvoir la peau, et les moteurs de la tête, qui, chez les mammifères , sont très-puissants à cause du mode de station propre à ces animaux, et de la facilité qu’ils donnent pour saisir avec la bouche et pour mordre.
Jetons actuellement un coup d'œil rapide sur les deux grandes classes que nous avons admises.