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parua protoxyde, un deutoxyde ou un peroxyde. Tous les oxydes sont réductibles, c’est-à-dire qu’on peut en enlever l’oxygène et laisser le métal à nu ; il en est quelques-uns que l’on n'avait pu réduire directement jusqu’à ce jour; tels sont le silicium, l’aluminium. Mais Wœlher et Sainte-Claire Deville ont réduit ces oxydes , et l’aluminium est employé aujourd’hui dans l’industrie. La plupart des terres qui sont si abondantes à la surface du globe ne sont rien autre chose que des oxydes métalliques, dont la véritable nature n’a été reconnue que depuis trente années, tels que la chaux, l’alumine, la silice, la magnésie, etc., dont les métaux sont le calcium, l’aluminium, le silicium, le magnésium. Il en est de même des anciens alcalis, tels que la potasse et la soude. (V. ces mots.) — Pour chacun des oxydes en particulier, voyez les noms des substances qui forment leur base. J.-P. Beaude.
oxygène ( chirn .), s.m.L’oxygène estun corps simple, gazeux, très-répandu dans la nature ; il constitue pour plus d’un cinquième l’air que nous respirons (V. Air). Combiné avec les métaux il forme les terres et les alcalis, ainsi que les oxydes métalliques (V. Oxydes ). Avec les métalloïdes , il forme des oxydes qui , presque tous , sont des acides trèspuissants ; c’est même sur cette propriété qu’a été établi son nom, qui, dérivé du grec, signifie qui engendre l’acide. L’eau , cet agent si puissant de la vie et si commun à la surface de notre globe, est un oxyde d’hydrogène composé de deux parties d’hydrogène contre une d’oxygène. Enfin l’oxygène, soit seul, soit combiné avec l’hydrogène dans les proportions nécessaires pour la formation de l’eau , entre dans la composition de toutes les substances organiques. C’est à Priestley que l’on doit cette découverte, qui eut lieu en l774;elledétermina la révolution dans les sciences chimiques qui se fit vers 1780, et de cette époque date la chimie pneumatique, dont Priestley, Scheele et Lavoisier furent les fondateurs.
L’oxygène est un gaz incolore, sans odeur et sans saveur, plus pesant que l’air, qui possède la propriété d’accélérer et de ranimer la combustion ; il peut se combiner avec tous les corps simples pour former des oxydes et des acides. Ces combinaisons ont lieu avec dégagement de calorique , et souvent de lumière ; c’est ce qui constitue la combustion. L’oxygène sert à la respiration des animaux et des plantes , c’est ce qui lui avait fait donner le nom d’air vital : toutes les fois qu’il cesse d’être en proportion convenable, les animaux meurent, et cette mort est ce que l’on nomme asphyxie. Lorsque l’on mêle de l’oxygène en trop grande proportion avec de l’air atmosphérique, les animaux qui respirent ce mélange éprouvent une excitation très-vive; le sang circule avec plus de force, les yeux s’injectent, les organes pulmonaires sont vivement stimulés, et l’animal ne tarderait pas à succomber s’il n’était soustrait à cette action si vive d’un air trop fortement oxygéné. La respiration (Y. ce mot) est une véritable combustion du carbone que contient en excès le sang veineux ; et cette combustion, qui revivifie ce sang, est en même temps une des sources de la chaleur animale.
Le gaz oxygène est sans usage dans la médecine et dans les arts ; on ne l’extrait que pour des expé-
riences de laboratoire , et il se retire du peroxyde de manganèse que l’on calcine au rouge dans une cornue de grès ou de fer placée dans un fourneau à réverbère. On s’aperçoit que l’oxygène se dégage en plongeant une allumette en combustion , mais dont on a éteint la flamme, dans l’éprouvette qui reçoit le gaz : si celle-ci contient de l’oxygène, la flamme se rallume à l’instant, et la combustion a lieu avec une extrême rapidité. Un fil de fer mince tourné en spirale, et plongé dans un flacon contenant de l’oxygène, brûle avec une extrême rapidité et un grand éclat, lorsqu’on l’a allumé au moyen d’un petit morceau d’amadou placé à son extrémité; l’extrémité supérieure devra être fixée dans un bouchon de liège destiné à fermer le flacon : pendant cette combustion, il tombe des petits globules fondus et enflammés, qui s’incrustent quelquefois dans les parois du flacon de verre qu’ils ont fondu à leur point de contact ; ces globules sont formés par du deutoxyde de fer. L’oxygène se retire plus facilement de l’oxyde de manganèse, en y ajoutant trois parties d’acide sulfurique et chauffant légèrement dans une cornue de verre. On le retire aussi du chlorate de potasse et du peroxyde de mercure, en les soumettant à l’action de la chaleur. J.-P. Beaude.
oxygénée (Eau). (Y. Eau.)
OXYNE1 ( pharm .). s. m. C’est un mélange que l’on prépare avec le miel et le vinaigre, et qui s’administre ordinairement en potions , ou mêlé aux tisanes. L’oxymel est simple lorsqu’il est fait seulement avec le miel et le vinaigre; lorsqu’on le prépare avec le vinaigre de colchique, de scille ou d’ail, il est dit oxymel colchique, scillitique, d’ail ou de sureau; il emprunte les noms des substances avec lesquelles il est fait. On prépare l’oxymel en faisant bouillir dans une bassine d’argent deux parties de miel blanc avec une partie de vinaigre. L’ébullition doit être continuée jusqu’à ce que le mélange bouillant marque 31 degrés à l’aréomètre : on écume le liquide et on le passe à la chausse.
L’oxymel simple est rafraîchissant, et communique aux tisanes une acidité agréable ; il peut être employé dans les phlegmasies aiguës, la fièvre inflammatoire , toutes les fois que la soif est vive et la saison chaude ; la dose est de demi-once à deux onces (16 à 64 grammes) pour une pinte de tisane. L’oxymel scillitique s’emploie de demi-once à une once (16 à 32 grammes). Dans une potion, il est stimulant et expectorant; on l’emploie dans les catarrhes chroniques; il est également un puissant diurétique. L’oxymel colchique s’emploie à doses moitié moins élevées; on en fait usage comme purgatif drastique et diurétique dans les hydropisies et les affections rhumatismales. L’oxymel d’ail estanthelminthique à la dose de demi-once à une once; l’oxymel de sureau, qui est sudorifique, s’emploie aux mêmes doses que l’oxymel simple. J. B. oxyure, s. ra. ( zool .). V. Entozoaires. ozène ( path .), s. m. (de ozô , sentir mauvais). On donne ce nom à des ulcérations de la membrane muqueuse des fosses nasales, qui font que l’individu qui en est affecté exhale une odeur infecte, qui a été comparée à celle d’une punaise écrasée. On désigne ordinairement ces individus sous le nom de punais. V. Nez (maladies du.
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pain [kyg.), s. m. (panis). C’est l’aliment le plus universellement répandu dans nos contrées ; partout où a pénétré la civilisation européenne, l’usage du pain s’y est introduit. La fable de Triptolème chez les Grecs, et les versions bibliques, nous montrent l’usage du pain connu dès la plus haute antiquité ; les tombeaux égyptiens renferment des morceaux de pain parmi les vivres et les objets à l’usage du défunt , que l’on déposait près de son corps. Mais , dans un article comme celui-ci , notre but n’est pas de nous occuper de l’histoire du pain, mais bien de sa préparation actuelle , de ses qualités, et des altérations dont il peut être l’objet.
Le pain se prépare avec les farines des céréales que l’on pétrit avec de l’eau, et que l’on fait cuire après que ce mélange a subi un commencement de fermentation : c’est cette fermentation qui fait lever la pâte, et qui donne au pain cet aspect léger et ces petites cavités ou cellules que l’on remarque dans son intérieur. Lorsque le pain est cuit sans être fermenté, il est mat, sans cellules, on le dit pain azyme ; et c’est ainsi que l’on fait 1 g pain à chanter ou les hosties. Nous ne reviendrons pas ici sur ce qui a été dit par l’un de nous, M. Chevallier, à l’article Farine ; qu’il nous suffise de dire que le pain blanc se prépare avec la farine de la plus belle qualité, d’un blanc jaune, parfaitement privée de la partie corticale du grain. On délaye la farine dans l’eau, dans laquelle on a fait dissoudre du sel marin, environ cinq à six grammes pour un kilo de pain ; on y mêle également de la pâte déjà préparée et fermentée, ou levée, comme on le dit communément : cette pâte est désignée sous le nom de levain ; il est important qu’elle ne soit pas trop ^vieille, car elle donne alors au pain un goût désagréable. On pétrit ce mélange , et, lorsque le pétrissage est terminé, on laisse reposer la pâte jusqu’à Ice qu’elle soit levée. La pâte est alors placée dans des corbeilles, où elle achève de lever, et ensuite mise au four pour en opérer là cuisson. Le four ne doit pas être trop chaud , car il saisirait trop vivement la pâte , et brûlerait la croûte du pain avant que ce dernier ne fût cuit à l’intérieur : l’espèce d’art qu’il faut pour bien chauffer un four, et les mécomptes que l’on obtient souvent à la cuisson, ont
engagé à construire des fours où le pain est cuit par l’action de l’air chaud; ces fours sont dits aérothermes.
Lorsque le pain est mal cuit , ou lorsque les farines ont été mouillées, la mie est molle , presque pâteuse ; elle s’affaisse facilement , et ne présente pas d’une manière bien dessinée ces cellules ou cavités dont nous avons parlé ; de plus, il est indigeste et ne constitue pas un bon aliment. Lorsque le pain est mal levé , quoique bien cuit , il digère aussi moins facilement. Quelques peuples préparent encore le pain sans le faire lever , et cet usage était très-répandu chez les anciens : dans cet état, le pain se laisse pénétrer moins facilement par l’eau lorsqu’on l’y trempe ; il est peu propre à préparer des potages , et est d’une digestion difficile. Le biscuit de mer est une sorte de pain dont il a été déjà parlé à ce mot; il digère plus facilement que le pain azyme, car la pâte a subi un commencement de fermentation ; il se détrempe bien pour faire les potages: c’est un aliment sain et fort utile dans la navigation et dans les expéditions lointaines à travers les terres , soit en guerre , soit en voyage.
La farine (V. ce mot) est composée, comme on le sait , de deux éléments principaux , et qui sont nutritifs à des degrés différents : ce sont le gluten et l’amidon; plus le premier principe est abondant, plus le pain est nutritif: les blés durs d’Odessa sont ceux qui fournissent les farines les plus riches en gluten , principe azoté, visqueux, qui lie la pâte et lui donne cette élasticité qui la caractérise.
Pour faire le pain blanc , les farines doivent être parfaitement purgées de son. Le pain préparé avec ces farines , lorsqu’il est bien levé et bien cuit , est d’une couleur jaune dorée en dessus , sa croûte est cassante, il est blanc à l’intérieur, la mie élastique est criblée de trous , son goût est très-agréable, sur tout lorsqu’il est frais ; il digère très-facilement, mais paraît moins apaiser le sentiment de la faim que celui préparé avec des farines qui retiennent encore quelques parties de son, ou qui sont mélangées avec de la farine de seigle. Le pain de ménage, que l’on prépare dans les campagnes avec des farines moins bien épuisées de l’enveloppe corticale du blé, et auxquelles on mêle des farines de seigle ,
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est sain, nourrissant , apaise la faim pour un temps plus long; il reste plus longtemps frais, mais il ne saurait convenir aux estomacs faibles, aux convalescents, et aux personnes affectées de maladies chroniques de l’estomac. Certaines personnes digèrent cependant plus facilement le pain de seigle que'- le pain blanc; ces cas se sont observés dans des gastralgies et des névroses de l’estomac : et ces faits sont faciles à comprendre, lorsque l’on connaît la multiplicité d’altérations que peuvent présenter les fonctions de cet organe.
Altérations du pain. — Les altérations du pain peuvent être le résultat de la mauvaise qualité des farines, ou des mélanges de substances étrangères avec la pâte lors de la confection du pain. Les farines peuvent être vénéneuses, c’est-à-dire préparées avec des blés mêlés, lors de la récolte , avec l’ivraie, le seigle ergoté, le mélampyrum (M. arvense ), nommé dans les campagnes blé de vache , rougeole. Cette dernière substance communique au pain une couleur rougeâtre, mais ne paraît pas avoir d’effet malfaisant ; il n’en est pas de même de l’ivraie et du seigle ergoté , qui ont des effets toxiques très-marqués, et dont il est parlé dans les articles spéciaux qui leur ont été consacrés. Tout récemment, M. Bonjean de Chambéry a constaté que la préparation et la cuisson du pain faisaient perdreau seigle ergoté une partie de ses propriétés malfaisantes : une famille, dont ohaque membre avait pris en trois jours près de quatre onces et demie de seigle ergoté mêlé au pain, ne fut affectée que d’accidents convulsifs; tandis que cette proportion, prise en nature, aurait fait succomber, dit-il , tous ces individus.
La mauvaise qualité du pain peut aussi être déterminée par des farines humides, ou qui sont restées longtemps en magasin, et qui ont subi un commencement de fermentation; c’est ce que , dans le commerce , on appelle des farines échauffées : par ce fait, les farines perdent une partie de leur gluten , et ne fournissent qu’un pain aigre , d’une saveur terreuse, peu nutritif, et malfaisant; souvent des fièvres de mauvais caractère, des affections abdominales, se manifestant d’une manière épidémique, ont été le résultat de cette alimentation vicieuse; et ces faits se sont surtout présentés dans les temps de disette , où la rareté des subsistances empêche que l’on ne se montre difficile dans leur choix .
Le pain préparé avec des farines mélangées de fécule de pommes de terre , de farine de fèves et d’autres légumineuses, est aussi moins nourrissant, d’un goût moins agréable, et il peut, lorsqu’il contient des farines de fèves, de pois, etc., donner lieu à des maladies du canal intestinal, qui souvent présentent de la gravité.
Lorsqu’il a été préparé depuis quelque temps , le pain est susceptible de s’altérer souvent avec une assez grande rapidité : il se forme alors des moisissures et de petits champignons qui lui communiquent des propriétés malfaisantes; ces faits s’observent surtout lorsque le pain a été préparé avec des farines avariées , lorsque trop d’eau a été mêlée à la pâte, lorsqu’il est mal cuit, ou que, par l’effet de la saison, les blés ont été altérés sur pied.
Cette dernière circonstance s’est fait remarquer d’une façon singulière en 1842. On observa que le
pain de munition qui était préparé pour la garnison de Paris , alors fort nombreuse , se couvrait après un ou deux jours, d’une couche de poussière rouge, qui donnait au- pain un aspect et un goût repoussants. Une commission fut nommée par le Ministre de la guerre pour reconnaître la cause d’une altération dont on ne pouvait se rendre compte , puisque l’administration de la guerre, à Paris, achète ses blés, qu’elle les réduit en farine dans les bâtiments de la manutention , où le pain est préparé par ses soins. M. Payen, nommé rapporteur de cette commission , reconnut que la poussière rouge observée sur le pain était formée par de petits champignons , dont l’espèce parut nouvelle, et qui reçut le nom à'oiclium aurantiacum. Le développement de ces cryptogames paraissait favorisé par l’humidité de l’atmosphère, l’hygromètre marquant 90°; par la température élevée, :s0 à 40° centigrades; par l’action de la lumière, par une quantité plus abondante d’eau dans le pain, la mie contenant 46 d’eau pour 51 de substances sèches ; et enfin par une abondance plus considérable de remoulage appliqué sur la croûte lors de la cuisson. Les champignons développés hors le contact de la lumière n’étaient point colorés; une heure et demie d’exposition à cet agent suffit pour leur donner leur couleur rouge orangée. L’analyse chimique fit reconnaître dans ces végétations de l’huile, de l’azote, et 5 pour cent de substances minérales , dans lesquelles le phosphate de chaux dominait.
M. Payen reconnut que ces végétations se développaient presque entièrement aux dépens de la substance du pain , et que, pendant la végétation , il se dégageait une notable quantité d’acide carbonique et de chaleur. Il constata également que les sporules qufdonnaient naissance à ces ( hampignons provenaient de l’enveloppe corticale du grain, ce qui expliquait pourquoi les pains sur lesquels on avait jeté une grande quantité de remoulage s’altéraient plus facilement que les autres. Il attribua à l’humidité extrême de l’année 1841 cette altération du blé; humidité qui , secondée par la chaleur, avait favorisé la végétation de ces champignons malfaisants. M. Payen, au nom de la commission, conseilla, pour remédier à ces inconvénients, de conserver les blés parfaitement secs, de les remuer sou vent par le pelletage ou par d’autres moyens mécaniques , de n’employer les farines qui sortent de la mouture qu’après qu’elles auront été refroidies , de les épuiser de son dans une proportion plus grande qu’on ne le faisait ordinairement , de délayer moins la pâte, ou, en d’autres termes, de mettre moins d’eau dans le pain , de manière à ce qu’il ne contienne que 41 peur cent d’eau au lieu de 45 à 46. De ne point faire usage du remoulage pour saupoudrer le pain lorsqu’on le met au four, puisque, par ce moyen , on lui rend une partie de l’enveloppe corticale que lui avait enlevée la mouture, et l’on sait que ce sont ces parties de grain qui contiennent une plus grande quantité de sporules. Enfin , de conserver le pain dans des lieux secs et aérés.
Ces prescriptions, qui eurent un plein succès, peuvent être regardées comme des bases qui serviraient à indiquer les règles à suivre dans des circonstances analogues. L’aspect et l’odeur repoussants qu’offrait le pain, dans le casque nous venons
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d’indiquer, expliquent pourquoi on n’en fit point usage ; mais on comprend que dans d’autres circonstances, dans des cas de disette, on puisse tenter de se nourrir avec du pain déjà altéré par des champignons ou des moisissures ; il est hors de doute que cette alimentation donnerait lieu à des accidents plus ou moins graves ; des épidémies peuvent souvent n’avoir pas d’autres sources.
Les boulangers ontsouventmêlédes substances salines au pain, dans le but de le faire mieux lever, de lui donner plus de blancheur : ainsi, le carbonate de magnésie, de potasse, de soude ou d’ammoniaque , le sulfate d’alumine et même le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, ont été mêlés à la pâte. On comprend que s’il est de ces substances qui, en raison des petites proportions auxquelles on les emploie, ne peuvent présenter de graves inconvénients, il en est, au contraire, qui ne peu vent être employées sans danger : ainsi , le sulfate de cuivre a été souvent trouvé dans le pain dans des proportions assez notables pour donner lieu à des accidents. Il est d’une bonne hygiène et d’une sage administration de ne point souffrir que des substances étrangères soient mêlées au pain. AParis, les boulangers sont dans l’usage de faire le pain avec l’eau des puits, qui contient une notable proportion de sulfate de chaux, et l’on attribue à la présence de ce sel l’aspect blanc et bien levé que présente le pain. Cette opinion n’est pas partagée par toutes les personnes qui se sont occupées de ces questions. L’un de nous , M. Chevallier, qui a fait de nombreux travaux sur le pain, pense que le pain de Paris serait tout aussi beau et de bonne qualité s’il était préparé avec i’eau de la Seine, qui est beaucoup plus pure. L’eau des puits, dit-il, est souvent altérée, et le sulfate de chaux qu’elle contient est sans efficacité, selon son opinion, pour ajouter à la qualité ou à l’aspect agréable du pain. Cette altération, autrefois assez fréquente, de l’eau des puits, a engagé l’administration à faire surveiller et examiner par ses agents l’eau des puits de tous les boulangers de Paris; car souvent on en avait vu dont l’eau était altérée par des infiltrations de fosses d’aisances, et qui, cependant, étaient encore employés pour préparer le pain.
Pans ces derniers temps, on avait proposé, comme moyen hygiénique, l’emploi des pétrins mécaniques pour le travail de la pâte. Ce procédé, qui offrait l’avantage de faire préparer la pâte avec plus de propreté, et qui supprimait, dans le métier de la boulangerie, un travail dur et pénible, n’a point été couronné de succès, bien qu’on parvînt, par ce moyen, à préparer le painaussi bien que par le pétrissage à bras. Des oppositions violentes et opiniâtres de la part des ouvriers boulangers, et de la part du public et de l’administration une indifférence que rien ne peut justifier , ont été eause de l’abandon d’un moyen qui ne présentait que des avantages.
A diverses reprises on a essayé de préparer le pain avec d’autres farines que celles que l’on obtenait des céréales : la fécule de pommes de terre qui était si abondante et à si bon marché, paraissait devoir résoudre le problème ; on a aussi essayé la pomme de terre en substance, ayant déjà subi une première cuisson ; c’est sous cette forme que, dans les temps de disette, elle a été mêlée au pain, sans autre inconvénient que de le rendre un peu moins nutritif et d’une
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digestion moins facile. La cause qui empêche que l’on ne puisse préparer un pain convenable avec la fécule de pommes de terre consiste dans l’absence du gluten, cette matière plastique et azotée qui se trouve dans la farine. La fécule, délayée même avec du levain, ne fermente point; donc la pâte ne lève point, et le pain a une consistance mate et compacte qui ne peut en faire qu’un mauvais aliment. En vain a-t-on essayé de remplacer le gluten par une substance azotée, tel le que la gélatine, afin d’obtenir du liant dans la pâte et un mouvement de fermentation : on n’a réussi que très -imparfaitement. Nous avons vu du pain qui, préparé par ce procédé, avait été soumis à l’ Académie des sciences ; ce pain n’imitait que grossièrement le pain préparé avec les céréales; cependant il avait levé, pouvait être mangé sans répugnance, et avait i’aspect assez blanc. Dans des temps d’extrême disette, peut-être ce pain pourrait-il être mangé sans inconvénient; mais nous ne sachions pas que, jusqu’à ce jour, on ait fait quelques expériences suivies sur son emploi , et nous pensons qu’il serait plus avantageux, si ces cas malheureux se réalisaient, de mêler la fécule, ou bien la pomme de terre cuite et délayée, avec des farines de bonne qualité, plutôt que de remployer seule, ou de faire usage de farines avariées.
Pain médicamenteux. — On vient d’essayer de faire servir le pain à des usages médicamenteux ; on y a mêlé le fer, l’iode; on a fait du pain ferrugineux et du pain iodé, au moyen de l’iodurede potassium ; quelquefois les doses du médicament unies au pain se sont trouvées tellement élevées, que le pain devenait d’un goût et d’un aspect désagréables. Ce moyen d’administrer un médicament ne peut être avantageux qu’autant qu’il ne dénature pas le goût du pain ; caron conçoit que pour les enfants, auquel il est spécialement destiné, il ne remplirait pas son but, qui est de déguiser la substance médicamenteuse, et que, d’un autre côté, il les dégoûterait du pain et pourrait nuire ainsi à leur nutrition en les privant d’un aliment aussi sain et aussi salutaire. Beaucoup d’autres médicaments pourraient être mêlés au pain : c’est un moyen thérapeutique nouveau, et qui peut rendre de grands services ; les essais qu’on en a faits jusqu’à ce jour ont été très-satisfaisants.
On prépare aussi, avec des croûtes de pain que l’on fait bouillir dans l’eau, une tisane sous le nom d 'eau panée , qui est rafraîchissante et adoucissante ; U convient de la sucrer un peu. — La mie de pain entre dans la décoction blanche de Sydenham et dans la préparation de quelques pilules. — - Il est une maladie dans laquelle l’usage du pain est complètement proscrit, ainsi que celui de toutes les substances féculentes ; c’est le diabètes, dont il a été traité à ce mot.
A. Chevallieb, J. -P. Beaude ,
Professeur à l’Ecole de Pharmacie, Inspecteur des établissements d’eau* Membre du Conseil de salubrité. minérales, Alembra du Conseil de
salubrité.
paies A coucou \pot.). (V. Alléluia.)
paxet azyme [hyg. et pharm.). C'est un pain sans levain ; c’est ainsi que l’on prépare les hosties ou pain à chanter. (V. Pain.)
pain-D’épices [hyg. et pharm.), s. m. ( panis mellitus).Le pain-d’épices est connu depuis l’anti-
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quité; les Grecset les Romains le préparaient pour l’usage de leur table, et cette friandiseétaittrès-estimée. C’est avec la fleur de fariue de seigle et le miel tel qu’il découle des gâteaux de cire , que l’on prépare le pain-d’épices ; on y mêle aussi des épices de nature et de quantité variées, suivant les usages des pays, et c’est ce mélange qui, chez nous, lui a donné son nom. On comprend que les effets de cette pâtisserie doivent varier suivant la nature des substances qui la composent, et qu’elle doit être excitante dans quelques cas, tandis qu’elle n’est que laxative dans quelques autres. Chez nous, on prépare seulement le pain-d’épices avec le miel et la farine de seigle , et l’on n’y ajoute que très-peu d’aromates ; il n’en est pas de meme du pain-d’épices préparé dans les pays étrangers , où il est fortement aromatisé. Souvent à Paris on mêle de la mélasse au miel avec lequel on fait le pain-d’épices commun. Mangé en petite quantité, lorsqu’il est de bonne qualité, le pain-d’épices ne peut offrir d’inconvénients, même chez les enfants; ilentretient aussi, dans quelques cas, laliberté du ventre. Lorsque les enfants en font trop souvent usage, et qu’ils en mangent en trop grande quantité, il détermine des indigestions et des irritations du canal intestinal qui peuvent avoir de fâcheuses conséquences.
Le pain-d’épices estquelquefois rendu médicamenteux au moyen de certaines substances actives que l’on mêle à la pât«. Le calomel et le jalap servent à préparer les pains-d’épices purgatifs ; un ou deux grains de calomel, quatre à cinq grains de jalap par dose, sont les proportions employées : on fait usage trois ou quatre fois d’un de ces petits pains qui doit contenir une dose. La mousse de Corse et le semen-contra, unis au calomel, constituent le pain-d’épices vermifuge; on l’emploie de lamême manière que le paind’épices purgatif. On dit que le pain-d’épices a été employé avecavantagecomme substancealimentaire dans diverses maladies, et notamment dans certaines maladiesde l’estomac ou des intestins; on en a fait aussi usage comme cataplasme maturatifsur certaines tumeurs. On conçoit qu’il puisse être utile dans quelques cas, mais ils ne sont pas assez déterminés pour que l’on puisse le recommander.
J. -P. Beaude.
palais (anal.), s. m. On donne ce nomàlaparoi supérieure de la bouche. (V. ce mot.)
palatin ( anal .), adj., qui a rapport au palais. On donne le nom d’os palatins ou du palais, à deux petits os qui sont situés à la partie postérieure des fosses nasales: une portion de ces os est horizontale et forme la partie postérieure de la voûte du palais et du plancher des fosses nasales; l’autre portion , qui est supérieure et verticale, contribue à former les parois latérales externes des fosses nasales , et s’articule avec l’os maxillaire supérieur. — Les conduits palatins sont divisés en antérieur et postérieur : l’antérieur donne passage à des filets nerveux, et le postérieur à l’artère palatine supérieure et au nerf grand rameau palatin. — Les artères palatines sont divisées en supérieure et inférieure ; toutes deux naissent de la maxillaire interne et se distribuent au voile du palais , aux amygdales et aux parties voisines. — Les nerfs palatins viennent de la cinquième paire , ou nerfs trijumaux ; ils sont au nombre de trois, qui ont été désignés sous
les noms de grand rameau palatin, de rameau palatin moyen, et de petit palatin. Ces nerfs se distribuent à la membrane palatine et à la muqueuse des fosses nasales. — La membrane palatine est la portion de membrane muqueuse qui recouvre le palais. (V. Bouche.) J- B.
palato-pharyingiebj ( anat .), s. m. C’est un muscle situé verticalement dans la paroi latérale du pharynx et dans le voile du palais. (V. Pharynx .)
palato-staphylin [anat.), s. m. C’estunpetit muscle qui s’étend de l’épine nasale postérieure a l’extrémité de la 1 uette , dont il occupe l’épaisseur ; on le nomme aussi releveur de la luette , parce qu’il communique le mouvement à cet organe.
pai.es couleurs ( path .). (Y. Chlorose.)
palette ( chir .), s. f. On donne le nom de palette, poêlette ou poiiette, à un petit vase ordinairement en étain, dans lequel les chirurgiens recevaient autrefois le sang des saignées ; ce vase, qui avait la forme d’un petit plat, pouvait contenir 120 grammes de sang (4 onces). Depuis, on a conservé l’usage du mot palette pour désigner la force d’une saignée; ainsi on dit une saignée de deux, trois, quatre palettes, pour indiquer que l’on doit tirer de la veine huit, douze ou seize onces de sang.
On a donné aussi le nom de palette à une plaque de bois mince qui est employée dans les pansements des fractures ou des brûlures delà main et des doigts, pour poser ces organes. — On dit dans le vulgaire la palette de l’estomac , de l’épaule et du genou, pour désigner le sternum , l’omoplate et la rotule. — Dans le massage , on se sert aussi d’une palette de bois, quelquefois entourée d’étoffe, pour stimuler certaines parties de la peau. Ce moyen était très-usité dans l’antiquité ; les Grecs et les Romains s’en servaient avantle bain. J. B.
pâleur ( physiol .), s. f. Tout le monde sait ce qu’on entend par ce mot ; c’est une décoloration de la peau du visage qui peut être permanente ou accidentelle. La pâleur permanente annonce presque toujours une altération de la santé; elle indique que les fonctions vitales se font avec peu d’énergie, que l’hématose est lente et peu active. La convalescence d’une maladie grave, les saignées et les pertes de sang habituelles déterminent constamment la pâleur ; il en est de même du séjour dans les lieux bas et humides , et de la soustraction des individus à l’action de la lumière du jour. Les affections chroniques des viscères abdominaux donnent au visage une teinte d’un pâle jaune ou livide , qui est un des caractères de ces maladies. La suppression de la menstruation détermine souvent chez les jeunes filles cette coloration d’une pâleur jaunâtre qui a reçu le nom de pâles couleurs, et dont il a été traité au mot Chlorose. Enfin, toutes les causes débilitantes qui ont pour résultat de ralentir l’énergie de la nutrition , telles que les douleurs physiques ou morales, déterminent la pâleur, et le moyen de faire cesser cetétat consiste dans la disparition de la cause qui l’a déterminé, la pâleur n’étant qu’une des conséquences de l’affection principale.
La pâleur accidentelle est produite le plus ordinairement par des émotions morales très-vives, telles que la crainte , la douleur, souvent la colère ; l’action du froid, l’immersion dans l’eau à une
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basse température , déterminent les mêmes résultats. La pâleur accompagne souvent le début des phlegmasies aiguës ; on l’observe dans la période de froid des fièvres intermittentes , dans les syncopes, dans l’apoplexie cérébrale et pulmonaire, enfin dans tous les cas où le sang , violemment refoulé vers les organes intérieurs , cesse de se porter vers la peau.
D’après ce que nous venons de dire , il est facile de s’expliquer la cause de ce phénomène ; il est dû à un afflux moins considérable de sang dans les capillaires du visage. Ainsi , soit que le sang cesse de se porter aussi abondamment vers les parties supérieures du corps, par suite de la diminution de l’énergie des mouvements du cœur , comme dans la syncope ; ou bien qu’il soit attiré ou refoulé vers les organes intérieurs ; dans tous ces cas il abandonnera les capillaires de la peau, qui alors présentera cet aspect décoloré qui constitue la pâleur. On voit que cet état du visage , qui souvent est une indication des impressions de l’âme , offre aussi aux médecins des signes qui sont souvent d’une grande importance , et dont ils savent tenir compte dans le diagnostic et le traitement des maladies.
J. -P. Beaude.
palliatif ( (hérap .) , adj. et s. Nom donné à des médicaments et à des moyens devant produire une palliation. (Y. ce mot.)
palliation (thérap.), s. f. (en latin palliatio, d epalliare, couvrir, masquer). C’est-à-dire ne faire disparaître que les apparences d’une maladie, ou l’amoindrir dans ses effets. On emploie ce mode de traitement dans les maladies incurables ou dans celles qui ne pourraient guérir que par des moyens énergiques que l’état du malade ne permet pas toujours d’employer.
palma-christi (mat. méd.). (Y. Ricin.)
palmaire ( anat .) , adj. et s. (palmaris , de palma , la paume de la main).On donne le nom de région palmaire à la paume de la main. Les anatomistes l’ont subdivisée en trois , qui sont la région palmaire interne , qui correspond au petit doigt ; l’externe, qui correspond au pouce; et la moyenne , qui est ce que l’on nomme le creux de la main. Il existe, dans ces régions, une aponévrose et des ligaments qui ont reçu le nom de palmaires. Les terminaisons des artères cubitale et radiale ont reçu, en raison de leurs courbures , les noms d 'arcades palmaires superficielle et profonde. (V. Main.) J. B.
palme (Huile de) (mat. méd.), s. f. On donne ce nom à une huile concrète qui se retire par expression du fruit de Vêlais guineensis , espèce de palmier qui croît, ainsi que l’indique son nom, dans l’intérieur de l’Afrique. L’huile de palme est d’une belle couleur orangée; elle devient liquide à 29 degrés. Les nègres, dit-on, l’emploient pour préparer leurs aliments. En France, on fait maintenant un grand usage de l’huile de palme pour préparer des savons qui conservent une belle couleur jaune et qui ont une odeur de violette qui les fait rechercher pour la toilette. L’huile de palme qui, comme tous les corps gras , est composée de stéarine et d’oléine, n’est employée en médecine que pour la préparation du baume nerval. J. B.
palmier (bot.) s. m. On désigne ainsi une famille
végétale, qui renferme plus de 200 arbres, qui sont les plus beaux et les plus utiles que la nature produise sous les tropiques. Le palmier, qui est si élégant par son port et son feuillage, rend plus de services à l’homme des climats chauds , que les céréales ne sont utiles aux habitants de nos contrées. La nourriture, le vêtement et une foule d’objets d’utilité domestique, sont donnés par les diverses espèces de palmiers. Il suffit de dire que le dattier, le cocotier, le choux palmiste, sont des arbres de cette famille; que le sagou, des huiles, des graisses, de la cire, du vin, sont produits par d’autres espèces, et que l’utilité de ces arbres est si grande, que, dans certaines contrées, on se fait la guerre pour leur possession, etque, dans d’autres, ces arbres sont sacrés.
C’est surtout dans les îles basses et madréporiques de l’Océanie, que le palmier est indispensable à l’homme; ces populations tirent du palmier toutes les choses nécessaires à leur nourriture et à leurs besoins. Il suffit, pour juger de l’influence de ces arbres sur l’existence de ces peuplades, de comparer les descriptions faites par les premiers navigateurs qui découvrirent ces îles, et qui indiquent l’aisance et le bonheur dont jouissaient leurs habitants, avec l’état dans lequel l’homme fut trouvé sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, où, en l’absence du palmier, il est obligé de ne se nourrir que d’une manière insuffisante 'avec des racines de fougères. Arrêté par la faim dans son développement comme espèce et comme population, l’homme de ces contrées est dans la condition la plus malheureuse, aucune peuplade sur Iè globe , même celles des régions polaires, ne pouvant lui être comparée.
Les diverses espèces de palmiers dont les produits sont employés comme aliments ou comme médicaments, ont été décrites au nom qui leur est propre.
palpébral (<roa£.), adj. et s. (palpebralis, de palpebra, paupière), qui a rapport aux paupières. On désigne ordinairement sous le nom de région palpébrale, la partie antérieure de l’orbite qui est recouverte par les paupières. — Le muscle orbicùlaire des paupières a reçu le nom de muscle palpébral; les aponévroses de ces muscles ont reçu le nom de ligaments palpébraux. — La conjonctive a été divisée en conjonctive oculaire et en palpébrale , selon qu’elle recouvre le globe de l’œil ou la face interne des paupières. — Enfin, les vaisseaux qui se rendent dans les paupières ont reçu le nom d'artères et de veines palpébrales. (V. Paupières.) J. B.
palpitations ( méd.),s.{. pl .Dans l’état de santé habituelle, le cœur exécute ses mouvements sans qu’on s’en aperçoive , et sans qu’on en ait la conscience ; mais la maladie peut apporter du changement dans les battements, qui deviennent plus fréquents, plus énergiques, et souvent même irréguliers : on donne alors à ces mouvements exagérés et désordonnés le nom de palpitations. Quelquefois elles sont sensibles pour le malade seul ; d’autres fois, la main du médecin appliquée sur la région précordiale peut apprécier la fréquence et l’irrégularité des mouvements du cœur. Ordinairement , en même temps qu’existent ces palpitations , les malades ressentent des douleurs, des élancements au cœur ; ils éprouvent aussi un j sentiment d’étouffement, souvent d’anxiété épigas-
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triqueou de malaise général, et semblent sur le point de se trouver mal ; le moindre mouvement , la moindre émotion , exagèrent singulièrement les battements déjà trop accélérés , et les autres accidents.
Les palpitations surviennent souvent après un exercice violent , après une émotion morale vive , ou bien à la suite de quelques excès ; sous ce dernier rapport, on doit surtout noter les excès vénériens : quelques personnes ne peuvent pas se livrer au coït , sans ressentir immédiatement de violentes et douloureuses palpitations ; d’autres sont prises des mêmes accidents après avoir pris quelque boisson excitante, des liqueurs alcooliques, par exemple, du thé et surtout du café. Dans ces différents cas , les palpitations sont ordinairement passagères et ne persistent pas longtemps ; on les a désignées sous le nom de palpitations nerveuses. Dans d’autres circonstances, et c’est ce qui arrive le plus souvent , elles ont plus de persistance, et ne constituent pas par elles-mêmes une maladie, mais ne sont qu’un symptôme d’une autre affection, ieplusordinairementd’unemaladiedu cœur ou d’une altération du sang. Presque toutes les maladies du cœur donnent lieu à des palpitations, qui surviennent tantôt sans cause appréciable, tantôt après la moindre fatigue ou après une légère émotion morale. Dans la pléthore , on voit souvent aussi survenir des palpitations; mais elles sont surtout fréquentes dans l’état opposé , dans l’anémie et dans la chlorose : dans ces dernières affections , comme pour les maladies du cœur , la plus légère émotion, le moindre exercice, suffisent pour les produire ou pour les augmenter ; l’action de monter un escalier est surtout une cause ordinaire de leur développement. Chez certaines femmes hystériques, on observe aussi des palpitations qui paraissent sous la dépendance de la maladie nerveuse dont elles sont affectées.
Les palpitations ne constituent pas par ellesmêmes un grave accident ; le pronostic qu’on doit porter de leur existence dépend tout-à-fait de leur cause. Les palpitations nerveuses ont ordinairement peu d’importance, elles disparaissent promptement ; quant aux palpitations symptomatiques , celles qui dépendent d’une maladie du cœur s’accompagnent de plus de gravité que celles qui existent dans la pléthore , l’anémie et la chlorose , états contre lesquels on possède de puissants moyens thérapeutiques.
La diversité d’espèces des palpitations empêche de leur appliquer indistinctement le même traitement. Ne sont-elles qu’un symptôme d’une autre affection ? pour les faire cesser, il faut diriger les remèdes contre la maladie principale ; c’est ainsi que, dans la plupart des maladies du cœur, dans la pléthore, les saignées locales ou générales sont généralement utiles, et que, dans l’anémie et dans la chlorose, c’est de l’emploi des toniques et particulièrement des préparations ferrugineuses qu’on doit espérer le meilleur effet. Quant aux palpitations nerveuses, la première chose à conseiller, c’est d'éloigner la cause qui ies a excitées ; persistent-elles encore, on emploiera avec avantage la digitale pourprée , soit en pilules, soit en frictions à la région précordiale sous forme de teinture éthérée; on y joindra un régime de nourriture doux , des bains , et surtout on conseillera le calme de l’es-
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prit. Ce traitement , efficace pour les palpitations nerveuses, peut être aussi employé pour les palpitations symptomatiques , surtout pour celles qui dépendent d’une maladie de cœur ; sous son influence, on voit souvent les battements de cet organe reprendre leur rhythme et leur régularité, au moins pendant un certain temps. A. Hardy,
PALUDÉEN, enne (hyg.e t path.) y. Miasmes.
panais ( hyg .), s. m., paslinacd sativa. Cette plante potagère, qui a donné son nom à un genre de la famille des ombellifères, est bisannuelle, et croît abondamment dans nos contrées, où, modifiée par la culture, elle donne une racine fusiforme, blanche, charnue, d’une odeur musquée, etquiesttrès-nourrissante: le goût particulier que présente le panais fait que beaucoup de personnes refusent d’en faire usage commealiment. A Paris, on l’emploie généralement dans le pot-au-feu, pour donner du goût au bouillon. Quelques médecins pensent que l’usage de cette racine est utile aux phthisiques et aux calculeux ; les propriétés de cette plante sont sans doute fondées sur ses qualités nutritives, car elle est fortement azotée, et contient, dit-on, 12 pour cent de sucre cristallisable. Quelques auteurs ont dit que les vieilles racines de panais donnaient le délire; mais cefait n’a pas été constaté. M. Orfila dit avoir reconnu quece résultat était produit par une variété du panais, le P. saliva annosa. Les racines de grande ciguë et de ciguë1 vireuse ont été quelquefois confondues avec celles du panais, et leur ingestion a déterminé sou vent des accidents mortels. On doit être d’autant plus en garde contre de semblables méprises , que le feuillage de ces plantes , qui ressemble assez à celui du panais, peut tromper des personnes peu habituées à les distinguer: mais l’odeur vireuse de la racine et des feuilles de ciguë, la longueur de ces dernièreset leur couleur plus foncée, jointes à l’odeur musquée que présente la racine du panais , doivent empêcher toute espèce d’erreur lorsqu’on les examine avec attention . Les graines du panais ont été employées avec succès, dit-on, contre la fièvre intermittente, à la dose de 24 grains à 1 gros et demi (15 déoig. à 6 gram ). Le panais sauvage a des racines petites, sèches et dures; elles sont très-âcres et sans usage, ainsi que le reste de la plante. J. B.
panaris (chir.), s. m On entend par ce mot l’inflammation aiguë des doigts ; je dis inflammation aiguë, parce que les doigts sont sujets à des inflammations chroniques tout- à fait distinctes du panaris. La maladie appelée panaris comprend plusieurs affections très-différentes les unes des autres, et qu’il ne serait pas sans inconvénient de confondre.
Il existe au moins quatre espèces bien distinctes de panaris : l’une qui a son siégé entre la peau et l’épiderme, une autre qui débute par la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée, la troisième qui part des coulisses fibro-tendineuses, et la quatrième qui envahit de prime abord le périoste.
Première espèce : Panaris sous - épidermique. — C’est à cette variété de la maladie qu’on a donné les noms de tourniole, de mal d’aventure, etc.; elle est caractérisée d’abord par unedouleur brûlante, superficielle, accompagnée de démangeaisons, et bientôt après d’un soulèvement de l’épiderme, d’une véritable phlyctène blanchâtre. C’est autour de l’ongle
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et sur la face dorsale des doigts qu’elle se manifeste ordinairement. Il n’est point rare cependant de. la voir s’établir dès le principe en avant ou sur les cotés , vers la raeine eomme à la pulpe des doigts. Même quand elle occupe une large surface, elle ne se complique presque jamais d’un gonflement notable. Naturellement disposée à s’élargir, à s’étendre d’un côté ou d’une extrémité à l’autre du doigt en décollant l’épiderme, tournant autour de eet organe et de là la base de l’ongle (d’où le nom de tourniole), cette variété du panaris ne creuse presque jamais la peau, et n’est guère susceptible de se transformer en panaris sous-cutané ; mais elle a une tendance extrême à suivre l’épiderme du côté de l’ongle, qu’elle attaque ainsi trèsfacilement par les bords ou par la racine, qu’elle décolle enfin, de manière à en rendre la chute souvent inévitable.
Les causes du panaris sous-épidermique sont aussi nombreuses que variées. La malpropreté, les écorchures, les ébranlements de l’ongle, les déchirures de ces parcelles d’épiderme décollé qu’on appelle envies, tout ce qui est de nature, en un mot, à fixer sur un point quelconque des doigts une irritation superficielle, peut amener une tourniole.
Quoique de nature assez bénigne , le panaris sous-épidermique ne laisse pourtant pas que d’entraîner quelques inconvénients. Il expose, par exemple, ainsi que je viens de le dire, à la perte de l’ongle. Cette plaque cornée, qui ne repousse pas toujours, revêt au moins assez souvent, en se reproduisant, une forme inégale plus ou moins disgracieuse. Soit que l’ongle se détache, soit qu’il résiste, il arrive assez fréquemment que le bourrelet de téguments qui l’encadre s’ulcère, se boursouffle, se couvre de fongosités difficiles à guérir et fort douloureuses. Enfin, en s’étalant en arrière, du côté de la main, le panaris sous-épidermique détermine quelquefois une inflammation plus sérieuse, peut même aller jusqu’à produire un érysipèle.
Le traitement que réclame un pareil mal n’est pas le même à toutes les périodes. Si l’épiderme n’est pas encore sou levé, il convient de tenter la résolution de la phlegmasie. C’est le cas de tenir le doigt enveloppé de linges imbibés d’eau de Saturne ou d’une solution aluminée. En été surtout, des linges imbibés d’eau froide réussiraient également bien ; des onctions avec l’onguent mercuriel , répétées trois fois le jour, conviennent aussi, et s’associent volontiers avec les cataplasmes de farine de graine de lin. Une précaution à prendre en pareil cas est de ne point placer le doigt dans une position déclive , et de tenir la main constamment dirigée audessus de l’horizon ou un peu en haut.
Aussitôt que les phlyctènes sont formées, il y a utilité de les ouvrir. J’ai l’habitude alors d’exciser, d’enlever soigneusement toute la portion d’épiderme décollé , puis de tenir le doigt enveloppé d'un large cataplasme émollient qu’on renouvelle matin et soir, et qu’on remplace bientôt par un pansement simple avec la charpie enduite de cérat, ou une plaque d’ongueut de la mère.
Si la racine de l’ongle est réellement décollée, on abrège la durée du mal en terminant avec de bonnes pinces l’ablation de l’organe ébranlé. On panse ensuite comme il vient d’être dit. Les fongosités,
quand il en existe, seraient souvent interminables si on ne prenait pas le parti de les cautériser avec l’azotate d’argent (pierre infernale). Pour réussir ici, il faut que le crayon, aminci en biseau, soit ; glissé profondément entre elles et l’ongle jusqu’aux dernières limites de la rainure sous- tégumentaire. Si , comme on le fait ordinairement , le caustique n’en touche que la surface visible, le mal repullule sans cesse, et on fait souffrir le malade en pure perte.
Deuxième espèce : Panaris sous-cutané. — Quand l’inflammation s’établit entre la peau et la gaine des tendons, elle s’annonce ordinairement par des douleurs sourdes assez vives; le doigt se gonfle, mais ordinairement entre deux articulations seulement, du côté de la face palmaire d’abord, et bientôt après sur une étendue plus ou moins large de la face dorsale. A la pulpe des doigts elle occasionne en général des douleurs extrêmement vives, et reste ordinairement confinée sur le devant de la dernière phalange. Il lui arrive souvent d’atteindre jusqu’à l’os, et de représenter là, enquelque sorte, les trois dernières espèces de panaris réunies. Sur le devant de la seconde phalange, elle est généralement moins douloureuse, et se termine souvent , quand le pus est formé, par une perforation du derme , puis par un soulèvement de l’épiderme qui la combine avec le panaris de la première espèce,. Enfin, sur le devant de la première phalange, l’inflammation peut s’étendre en arrière vers la paume de la main, et pénétrer dans la coulisse fibreuse des tendons. Le panaris sous-cutané est celui qui amène le plus de gonflement , et qui est caractérisé par les symptômes les plus marqués de l’inflammation , soit sur la face palmaire , soit sur la face dorsale des doigts.
Les causes du panaris sous-cutané sont également les irritations, les blessures diverses du doigt, les piqûres surtout, et certaines dispositions générales ou constitutionnelles , le plus souvent inconnues. On le distingue aux caractères anatomiques que je viens d’indiquer, et à l’absence de douleurs, d’inflammation dans la paume de la main et du côté du poignet.
Au début, il convient de l’attaquer par des sangsues appliquées sur le point même de la douleur, et par des cataplasmes émollients; l’eau froide, les linges imbibés de liquides astringents , peuvent également réussir; les frictions avec l’onguent mercuriel opiacé, des cataplasmes fortement laudanisés , si les douleurs sont intenses, doivent être préférés un peu plus tard. Si Le mal résiste, quand même il n’y aurait pas encore de pus formé, une incision de toute l’épaisseur de la peau devient alors le remède par excellence. Cette incision, qui doit avoir au moins un centimètre d’étendue , manque rarement d’arrêter le mal, et de l’empêcher de compromettre la coulisse tendineuse ou la surface de l’os , s’il existe sur le devant de la dernière phalange. A plus forte raison faudrait-il se hâter de pratiquer cette incision si la suppuration était formée, c’està-dire après le quatrième ou le cinquième jour. Comme les brides qui attachent la peau sur le devant des articulations retiennent généralement le gonflement et le pus dans un espace fort limité, c’est presque toujours sur le milieu de la face palmaire de la phalange qu’il convient de pratiquer l’incision en pareil cas.
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J'ajouterai que cette variété du panaris, qui , une fois établie sur la face dorsale des doigts , peut s’étaler fort loin dans toutes les directions, prend parfois la forme gangréneuse ou anlhracoïde , c’est-àdire que le tissu cellulaire qui en est le siège se mortifie assez vite , et que la peau ne tarde pas à s’ulcérer sur plusieurs points, à la manière des furoncles agglomérés ou de l’anthrax. C’est, au reste, une raison de plus pour recourir, dès qu’on s’en aperçoit , à l’incision dont il était question tout-àl’heure.
Conduit de la sorte , le traitement du panaris sous-cutané procure , en général , une guérison assez prompte et ordinairement complète, c’est-à-dire une guérison qui permet au doigt de reprendre par la suite toutes ses fonctions.
Troisième espèce : Panaris fibro-synovial. — L’inflammation des gaines tendineuses offre d’abord ceci de particulier, qu’elle n’est pas possible autour de la dernière phalange, par la raison toute simple que les tendons des doigts s’arrêtent sur l’extrémité supérieure de cet osselet. Comme la coulisse qui en est le siège se continue avec les tissus synoviaux en arrière , ce genre de panaris manque rarement de passer bientôt du doigt à la main, de la main au poignet, et du poignet à l’avant-bras. Il se distingue des autres , en ce que le gonflement ne gagne que très -tard le côté dorsal des régions malades ; en ce que la douleur et les autres symptômes inflammatoires envahissent promptement une partie ou la totalité de la paume de la main, puis le poignet, et quelquefois l’avant-bras ; en ce qu’il s’y ajoute souvent de la fièvre, et une réaction générale assez intense ; enfin, en ce que le gonflement , peu marqué d’ailleurs , conserve une certaine régularité sur le devant du doigt, au lieu de rester en quelque sorte bridé entre deux articulations , comme dans le panaris sous-cutané.
Outre les causes internes, les dispositions constitutionnelles ou générales qui peuvent le faire naître, ainsi que toute autre inflammation, le panaris fibro-synovial se développe surtout à l’occasion des plaies des blessures qui pénètrent jusqu’aux tendons des doigts; dans certains cas aussi, il n'est que la suite du panaris sous-cutané, qui s’est transmis de proche en proche à l’intérieur de la gaine tendineuse.
L’inflammation dont il s’agit est grave ; son extension à la paume de la main et à l’avant-bras remue quelquefois toute l’économie avec tant de violence, que la vie du malade peut en être compromise. Il en résulte des douleurs souvent si violentes, qu’une fièvre ardente et le délire ne tardent pas à survenir. Lorsque la suppuration s’établit entre tous les tendons de la main et du poignet, elle va souvent jusqu’à disséquer les muscles de l’avantbras , et peut faire naître l’idée de l’amputation du membre ! Elle expose au moins , dans les cas les plus heureux , par suite des adhérences qui en résultent , à une rô deur telle des tendons ou des muscles, que la flexion des doigts en reste perdue ou considérablement gênée pour le reste de la vie.
Nulle variété de panaris n’exige des secours plus prompts et mieux entendus que le panaris fibro-synovial. Au début, il importe de ne point ménager les émissions sanguines, soit locales, soit générales : dix, quinze, vingt, trente sangsues même doivent
être placées, disséminées sur le doigt ou les autres régions enflammées. Il importe aussi de ne point reculer devant une ou plusieurs saignées du bras , pour peu qu’il y ait de fièvre, et que la constitution et l’âge du malade le permettent. Les topiques seront d’ailleurs les mêmes que pour le panaris souscutané. Les réfrigérents continus peuvent être appliqués avec succès tout à-fait au commencement , ou bien de larges onctions avec l’onguent mercuriel opiacé, ou même des cataplasmes émollients fortement laudanisés. Ici , les incisions 'prématurées m’ont toujours paru plus nuisibles qu’utiles ; elles n’empêchent point la suppuration de s'établir, ni l’inflammation de s’étendre vers la main et l’avant-bras , outre qu’elles forment un obstacle à la terminaison du mal par simple résolution. Je m’en tiens donc, pendant toute la première et une bonne partie de la seconde période, jusqu’à l’établissement manifeste de la suppuration , à l’emploi des moyens précédents contre cette espèce de panaris. Plus tard , et à mesure que des foyers purulents se montrent sur le doigt ou ailleurs, ces incisions doivent être pratiquées sans hésiter. Dans la paume de la main , il est même urgent de ne pas trop attendre, parce que l’aponévrose palmaire, si peu extensible, favorise, en résistant à la collection du pus , les fusées de ce liquide vers le poignet et l’avantbras. Du reste, on devine que de ce côté l’inflammation et les abcès ne font plus partie du panaris , ils constituent véritablement une autre maladie qui ne doit pas nous occuper dans cet article.
Lorsque les émissions sanguines et les topiques narcotiques ou émollients paraissent arrêter le mal, il convient d’en continuer assez longtemps l’usage, et l’on arrive ainsi à redonner au doigt toute sa souplesse et toute sa mobilité. Quand il n’a pas été possible, au contraire, d’empêcher la suppuration, la guérison du mal est nécessairement longue, sans exiger d’autres topiques que les cataplasmes émollients ou quelque contr’ouverture sur les points amincis de la peau. Il faut s’attendre alors à la mortification, et par suite à l’exfoliation des tendons fléchisseurs. On peut craindre aussi que les phalanges ne se dénudent et se nécrosent. Cependant il se peut que les os restent intacts, et que les tendons finissent en quelque sortepar se revivifier malgré une suppuration longue et abondante. Toutefois, même dans cette dernière supposition, le doigt restera immobile et incapable de se fléchir, à cause des adhérences qui s’établissent nécessairement entre tous les tissus de sa région antérieure.
Quatrièmeespèce : P anarisostéo fibreux. — Assez rare comme inflammation primitive, cette variété du panaris peut être la suite du panaris sous-cutané de la pulpe des doigts et de toute leur région dorsale, de même que du panaris de la troisième espèce ou fibro-synovial dont je viens de parler. I! expose moins que le précédent à ces larges inflammations qui envahissent la paume de la main, le poignet et l’avant bras. Il ne fait pas naître non plus avec autant de promptitude la fièvre et une vive réaction générale, mais il envahit facilement toute la longueur ou toute la surface d’une des phalanges ou de la totalité du doigt. Dénudant les os dès que la suppuration s’établit, il en produit presque inévitablement la nécrose. Il suit de là que le panaris de la quatrième espèce compromet en-
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core plus que celui de la troisième la contexture et les fonctions du doigt.
Douloureux comme le panaris sous-cutané, mais étalé d’une manière plus vague, et compliqué d’un gonflement moins inégal, le panaris ostéo-fibreux proémine tout aussi bien à la face dorsale qu’à la face palmaire du doigt. Il ne s’étend du moins que par exception dans la paume de la main et vers l’avant-bras. Il reste en quelque sorte confiné à la longueur du doigt ; tous ces caractères le distinguent du panaris fibro-synovial.
Les émissions sanguines, les topiques mercuriels, les cataplasmes laudanisés conviennent ici comme dans les deux espèces précédentes ; mais le panaris ostéo-fibreux est celui qui réclame avec le plus d’instance les incisions prématurées, dont les anciens chirurgiens ont tant parlé. Portéesjusqu’à l’os, elles livrent une issue au pus déjà formé, s’il en existe, et préviennent ainsi, autant que possible, le décollement du périoste circonvoisin. Avant la suppuration, elles offrent encore l’avantage de concentrer en quelque sorte l’inflammation autour de la ligne qu’elles ont divisée. Elles n’empêchent d’ailleurs de continuerni les émissions sanguines, ni les onctions résolutives, ni les cataplasmes émollients.
Soit qu’on arrive trop tard, soit que le traitement ait été mal dirigé, soit que le mal ait résisté à tout, si la phalange ou les articulations se trouvent dénudées au fond du foyer de la maladie , il ne faut pas perdre encore toute espérance. Peut-être l’amputation du doigt deviendra-t-elle nécessaire ; mais avec du temps, de la patience, des topiques, tantôt émollients, tantôt résolutifs, on arrive quelquefois à voir les parties molles se recoller aux os, et la guérison s’établir, comme si les phalanges n’avaient point été dénudées. Ce fait, tout insolite qu’il paraisse, n’en est pas moins incontestable, et j’en possède maintenantun certain nombre d’exemples parfaitement authentiques. Dansles cas moins heureux, la portion d’os dénudée s’isole de plus en plus, se sépare à la longue des tissu ; vivants, et finit par former un séquestre mobile au centre des parties molles. L’extraction en est alors assez facile, et, chose singulière, une fois qu’il en est débarrassé, le doigt se déterge, se resserre, reprend une telle consistance en se cicatrisant, qu’il peut assez souvent conserver une partie de ses mouvements et rester infiniment moins difforme qu’on ne l’aurait cru d’abord.
Velpeau ,
Membre de l'Institut , Académie des Sciences , Professeur de clinique
chirurgicale à la Faculté de Paris, Chirurgien à l’Hôpital de la Charité.
pancréas (anat.), s. m. (du grec para, tout, et kréas, chair, qui est tout charnu). On a donné ce nom à un organe situé dans l’abdomen, au niveau de la douzième vertèbre dorsale, et qui est entouré par les courbures du duodénum. Cet organe présente deux extrémités : une droite, qui a reçu le nom de tête, et une gauche, que l’on a nommée queue; à droite est un prolongement qui a reçu de quelques anatomistes le nom de petit pancréas, et qui souvent a un conduit excréteur qui lui est propre. Le pancréas, qui présente une organisation glanduleuse analogue à celle des glandes salivaires, offre aussi un conduit excréteur qui sort de cet organe derrière la deuxième portion du duodénum , et va s’ouvrir dans le canal cholédoque, ou s’unir à ce canal, pour s’ouvrir dans le duodénum. Lorsqu’il
existe un canal excréteur au petit pancréas, ce dernier se réunit au canal pancréatique, avant de s’ouvrir dans le duodénum.
Les fonctions du pancréas sont de sécréter un liquide transparent, filant, analogue à la salive, qui est versé immédiatement dans le duodénum et sert à la digestion. Quant à l’action particulière de ce suc pancréatique dans la digestion, on n’a que peu de données sur son action ; il sert sans doute à mo= difier l’action âcre et irritante de la bile sur la membrane muqueuse du duodénum.
Les artères, les veines et les nerfs qui se distribuent dans le pancréas ont reçu le nom àe, pancréatiques; les artères viennent des artères splénique et hépatique, et les nerfs du plexus solaire.
Pancréas (Maladies du ). — Jusqu’à ces derniers temps, les maladies du pancréas ont été peu connues ; la profondeur à laquelle est située l’organe, le peu de connaissance de ses fonctions, avaient empêché l’attention de se fixer sur cet objet. Depuis, on a constaté un assez grand nombre d’affections de cet organe, parmi lesquelles la pancréatite ou inflammation du pancréas, joue un rôle important; on a même constaté des métastases de l’inflammation des glandes salivaires sur le pancréas ; ce déplacement d’irritation entre deux organes qui présentent tant de similitudes comme organisation et comme fonctions est un fait très-curieux, et qui vient encore à l’appui de cette idée qui fait considérer le pancréas comme une glande salivaire abdominale ; aussi la salivation est-elle un des symptômes les plus constants des affections du pancréas.
Nous n’entrerons point ici dans les détails d une maladie qui, par sa rareté et l’obscurité des symptômes, peut être difficilement appréciée, même par les médecins ; qu’il nous suffise de dire que , si son diagnostic est obscur, son traitement est très-borné; les moyens généraux sent les seuls que l’on peut employer pour combattre cette maladie ; la profondeur à laquelle estsitué le pancréas empêche que l’on ne puisse rien faire de bien direct dans son inflammation. Cependant , indépendamment des saignées générales , toujours efficaces , les applications de sangsues sur l’épigastre^ siège ordinaire de la douleur, et les applications emollientes ne doivent point être négligées.
Indépendamment des lésions physiques qui sont très-rares, le pancréas peut être le siège de beaucoup d’affections , telles qu’hypertrophie, induration, tumeurs développées dans son épaisseur, ramollissement, atrophie, dégénérations squirrheuses ou cancéreuses, etc., qui toutes constituent des affections graves et pour lesquelles il est peu de moyens de guérison. J.-P. Beaude.
pancréatique (anat. et phijsiol.), adj., qui a rapport au pancréas. ( V. ce mot. )
pancréatite ( path .), s. f.; c’est l’inflammation du pancréas. ( V. ce mot. )
PANDÉMIE ( méd .), s.f. (du grec pan, tout, et demos, peuple). Ou désigne sous ce nom général, les maladies qui affectent une grande partie d’une population; les pandémies sont divisées en endémies . ou maladies qui sont inhérentes aux localités, et épidémies , ou maladies qui apparaissent accidentellement, et qui sévissent sur un grand nombre d’individus. (V. ces deux mots. )
PAN
PAN
fani>icux,ation ( physiol. ), s. f. ( panclicu latio, depandiculari, s’étendre) .On donne ce nom à un mouvement automatique par lequel les bras sont élevés, et le tronc ainsi que la tête renversés en arrière : ce mouvement, qui accompagne souvent le bâillement, et dans lequel les muscles se contractent fortement, a pour résultat de réveiller l’énergie musculaireetl'aetion vitale; il se manifeste ordinairement lorsque l’on éprouve le besoin du sommeil, la faim; il précédé la syncope, les accès de fièvre intermittente, et plusieurs affections nerveuses. Les pandiculations , ainsi que chacun peut s’en convaincre, ne présentent rien d’inquiétant par elles-mêmes; c’est un symptôme qui n’a de valeur qu’autant qu’il est joint à d’autres affections. Dans les maladies nerveuses qui se manifestent par accès, quelques pandiculations rapprochées annoncent presque constamment le retour de l'accès Vers les convalescences, ce mouvement, ainsi que l’éternument et le bâillement, est toujours d’un augure favorable. J. B.
PABJBIICUE.E ( anat. ), s. m. ( panniculus , de pannus, pièce de drap, d'étoffe). On a donné, par une espèce d’analogie, le nom de pannicule graisseux ou adipeux , à la couche de graisse et de tissu cellulaire qui, chez l’homme, est étendue sous la peau. Quelques anatomistes ont aussi donné le nom de pannicule virginal à la membrane de l’hymen.
PATJOPHoaiE (phijsiol.), s. f. On donne ce nom à un sentiment de frayeur subite et sans fondement, qui jette la terreur dans l’âme de ceux qui en sont atteints ; les anciens croyaient que cette impression était inspirée par le dieu Pan. (V. Peur.)
paejseeîebït ( path . dur.), s. m. Ou désigne sous ce nom certaines manœuvres de chirurgie, qui consistent dans l’application de divers objets, charpie, instruments, topiques, compresses, etc., qu’on laisse en contact avec nos organes , pendant un certain temps, pour les renouveler ensuite.
Pour pratiquer les pansements , certains instruments sont indispensables : ce sont, suivant les manœuvres que l’on doit pratiquer, des ciseaux , des pinces , des liy ailles , des stylets, des sondes, des porte-mèches spatules, etc., dont on trouvera la description aux divers articles qui les concernent. Quant aux objets eux-mêmes que l’on applique sur les parties , ce sont , ou bien des pièces d’appareil, telles que la charpie , le coton, les compresses, les nierhes, les bandes, les bandelettes de linge, les peloltes, les attelles, les plaques, etc. (V. ces mots); ou bien des substances médicamenteuses employées sous les formes diverses de cataplasmes, d’ emplâtres , de fomentations , de lotions, d 'injections, de sachets, etc. , suivant la consistance des médicaments employés. Arrêtonsnous ici un moment sur le mode d’emploi des topiques, mot par lequel on désigne toutes les substances que l’on doit appliquer à l’extérieur, sur la peau ou a l’entrée des conduits muqueux.
L’action des topiques est locale lorsque le médicament agit seulement sur le point précis où 11 est appliqué. Mais certaines substances sont prises, absorbées, comme on ledit, par les vaisseaux, portées dans le torrent de la circulation, et vont faire sentir leur effet, soit d’une manière spécifique sur un organe en particulier, soit d’une manière géné-
rale sur toute l’économie. Il est donc indispensable de connaître d’une manière précise quelles sont les propriétés des substances qui doivent être employées sous forme de topiques, avant de conseiller leur administration. On a vu des empoisonnements résulter de l’application mal dirigée de liquides ou d’emplâtres opiacés : c’est donc au médecin seul qu’il convient de déterminer les cas où les substances un peu actives doivent être apposées sur la peau, employées sous forme tLinjectum , etc. Du reste, cette propriété des médicaments de pouvoir être absorbés par la peau saine ou dépouillée de son épiderme est souvent mise à profit dans la thérapeutique. (V. Endermique (méthode. )
Les pansements ont pour but d’agir sur nos organes, soit d’une manière dynamique , soit d’une manière mécanique. Expliquons cette distinction , qui n’a pas été nettement posée par les auteurs.
Par action dynamique , j’entends l’effet produit sur les propriétés vitales de nos tissus : ce sont les médicaments proprement dits , que l’on emploie dans cette intention. S’agit-il de calmer une excitation trop vive, on a recours aux calmants,, substances émollientes ou narcotiques; veut-on, au contraire , stimuler une région , y appeler une fluxion sanguine, les rubéfiants, les excitants de toute sorte sont alors indiqués. Le relâchement est combattu par les applications astringentes ou toniques. Enfin, s’il faut anéantir les propriétés vitales dans une partie, tuer, en quelque sorte , les tissus , les caustiques de toute sorte répondent à cette indication. (Y. Cautérisation. )
Les pansements peuvent encore, avons-nous dit, avoir une action purement mécanique. Ainsi, lorsqu’il faut affronter et mettre en rapport les lèvres d’une plaie pour en obtenir la cicatrisation, ou met en usage un mode particulier de pansements , nommés unissants (Y. Plaie ). D’autres fois, ou a un but tout opposé, on veut empêcher des parties séparées de se réunir : ainsi, par exemple, dans les brulùres à la main, il faut isoler bien soigneusement les doigts les uns des autres pour éviter des adhérences difformes ; ou bien encore, on veut maintenir béante l’ouverture faite à un abcès , ce sont alors les pansements divisifs qui conviennent. Certaines ouvertures fistuleuses, certains conduits normaux rétrécis demandent à être dilatés pour guérir : ici encore , la chirurgie fournit des procédés mécaniques pour répondre à ces besoins. Ailleurs enfin, l’adhérence des parois d’un foyer ou d’un kyste, la cessation d’une hémorrhagie , l’affaissement d’une tumeur, ne peuvent être obtenus que par des pansements dits compressas .
Il est encore un genre particulier de pansements qui prend place à côté des deux principaux que nous venons d’indiquer : ce sont ceux dans lesquels les substances appliquées agissent chimiquement sur nos tissus ou sur les produits anormaux des parties malades : tels sont les pansements désinfectants , dans lesquels le chlore et les chlorures jouent un si graud rôle.
Après avoir aiusi indiqué d’une manière sommaire les principales différences que peuvent offrir les pansements , il nous reste à parler des précautions à prendre dans l’exécution des manœuvres qui les constituent.
Certaines affections exigent des pansements ré"
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pétés plusieurs fois par jour. D autres, au contraire, ne demandent le changement des pièces de l’appareil que tous les cinq, six, huit ou dix jours, etc. Généralement , les pansements se renouvellent une fois dans les vingt-quatre heures. En ville comme dans les hôpitaux , on choisit de préférence le matin ; cependant, comme le fait observer M. Gerdy ( Traité des Bandages et Pansem,. , t. II ) , ne serait-il pas convenabie, lorsque les malades recommencent à souffrir, quelques heures après le pausement , de faire celui-ci le soir , afin de rendre les nuits plus calmes et de leur procurer quelques instants de sommeil? En général, quand les pansements produisent un soulagement de plusieurs heures, il est bon de les répéter deux fois par jour , le matin et le soir.
Une précaution qu’il est fort important de ne pas négliger, avant de procéder à l’application d’un appareil , c’est d’en préparer bien soigneusement toutes les pièces, et de les ranger sur une table ou sur un plateau, dans l’ordre précis’ suivant lequel elles doivent être utilisées. Certains pansements ne pourraient être faits par le chirurgien seul , il lui faut le concours de quelques aides; écoutons ici lesconseils de M. Gerdy : «Il vaut mieux, dit-il, qu’on en ait trop (d 'aides) que pas assez, surtout en ville ; mais on doit être prévenu que les personnes de la maison , les gens du monde, sont souvent plus propres à nous embarrasser qu’à nous servir. Aussi faut-il souvent les éloigner, dans certains pansements qui mettent à découvert de vastes plaies , de grands délabrements. La sensibilité des personnes étrangères à l’art , inaccoutumées à considérer un semblable spectacle, leur cause parfois des émotions si vives, qu’au lieu d’un auxiliaire pour un pansement , vous pourriez avoir une personne en défaillance , c’est-à-dire un malade de plus qui vous empêcherait de terminer un pansement commencé. »
Les parties sur lesquelles on applique des appareils , doivent être tenues avec beaucoup de propreté , surtout si elles sont le siège d’une sécrétion morbide. Ainsi, les plaies qui suppurent, les ulcères , les vésicatoires , seront lavés soigneusement avec de l’eau tiède simple ou médicamenteuse, suivant les indications. Pour ces ablutions, on se servira soit d’un linge fin, soit d’une éponge. Dans le cas où les tissus sont intacts, et où l’on applique des topiques, il faudra, à chaque renouvellement de pansement, enlever avec soin les débris de la substance médicamenteuse qui reste eollée à la peau; l’huile ou l’axonge sont très-utiles pour cela.
L’application des différentes pièces dont se compose le pansement doit être faite avec beaucoup de précaution, afin d’éviter au malade des douleurs inutiles. La célérité que déploient certains chirurgiens n'est pas un bon exemple à imiter; le précepte donné par Boileau aux poètes est ici tout-à-fait applicable , il faut se hâter lentement. Il faut éviter toutefois de laisser longtemps à l’air les plaies étendues, surtout si la température est froide. La promptitude dans le pansement dépend et de l’habitude, et de l’ordre que l’on a mis dans la préparation des objets qui doivent être employés.
Quand la pariie est très-sensible , que le contact des couvertures est douloureux , il faut main-
tenir celles-ci relevées à l’aide d’un eerceau. Certaines conditions dépendant de la nature de la lésion exigent que l’on donne au malade telle ou telle position. Ainsi, dans un engorgement inflammatoire de la main , de la jambe, des testicules , ces parties seront maintenues relevées à l’aide de coussins; dans le cas d’abcès ouvert, au contraire , on s’arrangera de manière que le point occupé par l’ouverture soitdansune situation déclive, afin que le pustrouve un écoulement facile. Quand, le malade souffre après l’application de l’appareil , il ne faut pas craindre de le défaire pour chercher la cause des douleurs qu’il occasionne; on le réapplique ensuite en le modifiant , si besoin est , suivant l’exigence des cas. Lès appareils qui doivent rester plusieurs jours en place demandent à être surveillés avec beaucoup de soin. C’est surtout aux pansements des fraetures, que cette remarque est applicable. L’oubli de cette précaution a quelquefois occasionné de graves accidents. Il arrive souvent, par exemple, que, pendant les premiers jours, le membre fracturé augmente de volume , alors l’appareil devient trop serré, le malade souffre ; si on laisse les choses en place , la gangrène s’empare des parties comprimées. D’autres fois les bandages se relâchent, et les fragments peuvent se déplacer et offrir ensuite de graves difficultés pour la réduction , ou même une conformation vicieuse du cal.
Il est une grave question fort controversée entre les chirurgiens, et relative à la levée tardive ou rapprochée du premier appareil dans les cas d’amputation; maisce n’estpoint dans un ouvragede la nature de celui-ci qu’il convient de l’ahorder : il nous a suffi de poser ici quelques généralités, pour donner une idée de cette vaste question des pansements , qui n’occupe pas moins de deux volumes dans le traité classique du professeur Gerdy. D’après ce qui précède, on a pu voir que l’art des pansements n’exige pas seulement de la dextérité , mais encore des connaissances chirurgicales très-exactes, et surtout pratiques. Il faut donc que les élèves s’y adonnent avec plus de soin qu’ils ne le font d’ordinaire.
E. Beaugkand.
papavéüacées ( bot. ), s. f. pl. On donne ce nom à une famille de plantes dont le pavot a été pris pour type, et qui renferme plusieurs espèces qui rendent les plus grands services à la médecine. Lespapavéraeées, suivant Jussieu, sont des plantes dicotylédones, polypétales, à étamines hypogynes, qui ont pour caractères des fleurs terminales ou axillaires; un calice à deux sépales concaves et très-caduques; unecorolleàquatre pétales diversement plissés dans le bouton avant son épanouissement; des étamines à filets grêles et capillaires; l’ovaire libre, uniloculaire, contenant un grand nombre d’ovules attachés à des trophospermes pariétaux, lamelliformes, saillants, en forme de cloisons; le stigmate est sessile; les tiges soDt herbacées, annuelles ou vivaces ; le fruit est une capsule arrondie, ou allongée en silique, s’ouvrant au moyen de valves ou de trous
Toutes les plantes de cette famille contiennent un suc propre, qui varie de couleur du blauc au jaune rougeâtre, et qui jouit de propriétés vireuses, âcres et délétères; c’est ce suc, dout les propriétés diffèrent suivant les espèces, qui constitue l’opium. Le co-
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quelicot, qui couvre nos champs et qu’on emploie si fréquemment en infusion dans les catarrhes aigus et chroniques, est aussi une plante de cette famille.
papiers médicamenteux (^ftam.). Les papiers les plus ordinairement employés sont destinés à mettre sur les vésicatoires et les cautères, dans le but d’en entretenir la suppuration. Ces papiers, qui peuvent être employés avec avantage, sont plus ou moins excitants, suivant la quantité de cantharides ou de garou qui entre dans leur composition ; ces dernières substances n’entrent point ordinairement dans la composition du papier à cautère. Les préparations qui sont destinées à être appliquées sur le papier doivent être étendues en couches minces , au moyen d’un pinceau ou d’un sparadrapier ; voici, d’après M. Soubeiran, la formule de quelques-uns de ces papiers :
Papier à cautère : cire blanche, 10 parties; blanc de baleine, 5 parties; résine élémi, 5 parties; térébenthine, 6 parties. On fait liquéfier à un feu doux et l’on passe; on étend ensuite sur le papier.
Papier êpispastique ou vësicanf, , préparé avec le garou : cire blanche, 18 parties; huile d’olive, 9; galipot, 10; extrait alcoolique de garou, 1 partie dissoute dans 6 parties d’alcool à 31°. On fait fondre la cire et l’huile, on ajoute la solution alcoolique de l’extrait, on fait évaporer à une douce chaleur, on ajoute le galipot, et l’on passe à travers un morceau de flanelle ; on étend ensuite. On rend ce papier plus actif en conservant la dose de l’extrait de garou et diminuant d’un tiers la quantité des trois premières substances.
Le papier vésicant aux cantharides se prépare avec : cire blanche, 5 parties; huile d’olive, 3; beurre de cacao, 4 ; blanc de baleine, 3 ; térébenthine, 1; cantharides, 1 ; eau, 8. On fait bouillonner doucement pendant deux heures ce mélange, on laisse reposer hors du feu et on passe comme cidessus : on étend de la même manière. En diminuant d’un tiers, comme pour le papier de garou, la proportion des substances autres que les cantharides et l’eau , on obtient un papier plus actif, que l’on désigne sous le nom de papier numéro 2.
Diverses autres substances emplastiques peuvent être étendues sur le papier, et elles produisent le même effet qu’étendues sur des bandes de toile et de taffetas, surtout lorsqu’elles ne doivent point être soumises à la distension ou à l’action de liquides qui pourraient délayer le papier. J. B.
p AP3XIOBTACÉE (ôo£.),adj.; seditde certaines fleurs qui ont quelque ressemblance avec la forme d’un papillon. Ces fleurs ont une corolle irrégulière à cinq pétales, dont l’un supérieur et plus grand a reçu le nom d’étendard , les deux latéraux sont nommés les ailes, et les deux inférieurs plus petits et déprimés par les ailes sont nommés la carène. Ces fleurs sont celles des pois, des fèves, des haricots , et de presque toute la famille des légumineuses. J. B.
papillaire ( anat .), adj.; qui a rapport aux papilles. (V. ce mot.)
papille [anat.), s. f. (d epapilla, le bout de la mamelle). On a donné le nom de papille à ces petites éminences qui s’élèvent de la peau , et qui sont
surtout évidentes à la pulpe des doigts et dans la paume de la main, où elles sont disposées en rangées qui affectent la forme de stries : les papilles existent aussi sur les membranes muqueuses ; elles garnissent toute la face supérieure de la langue et lui donnent cet aspect velouté que présente cet organe. Ces papilles paraissent formées par la terminaison des vaisseaux et des nerfs, elles sont le siège du sens du tact pour la peau , et du goût pour la langue. Dans ce dernier organe, elles sont susceptibles d’érection lorsque l’estomac est excité ; ce sont elles qui, par leur turgescence et leur gonflement, donnent au bord de la langue cet aspect rouge que l’on observe dans le cas d’irritation de l’estomac. (Y. Langue et Peau.) J. B.
papule [patli.], s. f. (papula). On donne ce nom à de petits boutons qui se développent sur la peau et qui ne contiennent pas de sérosité. V. Peau (maladies de la )
papuleux, euse (path.) , adj., qui a rapport aux papules. V. Peau (maladies de la).
paracentèse [chir.), s. f. (du grec para, à travers, et de kentein , piquer). On donne ce nom à la ponction que l’on fait à l’abdomen, dans le cas d’bydropisie, pour évacuer le liquide. (V. Hydropisie.) PARAGUAY- ROUX, Y. Cresson de Para.
paralysie ( mèd .) , s. f. du latin paralysis, formé lui-même du grec paralusis, relâchement); paralysis, resolutio nervorum de Celse ; syderatio de plusieurs autres.
Quelques auteurs ne donnent ce nom de paralysie qu’à l’abolition du mouvement; mais avec le plus grand nombre, et avec le dictionnaire de l’Académie, nous prenons ce mot dans un sens plus vaste ; nous le définissons : l’abolition ou la diminution plus ou moins considérable du sentiment et du mouvement volontaire, ou de l’un des deux. Cette définition, au reste, a besoin de quelques mots d’explication. Faisons remarquer d’abord que la paralysie du mouvement ne doit pas être confondue avec toute espèce d’immobilité. Ainsi, quand il y a désorganisation complété des os et des muscles, comme à la suite de certaines blessures graves, et que tout mouvement est devenu impossible dans ces organes détruits, on ne dit pas qu’il y ait paralysie. Celle-ci suppose que les conditions mécaniques du mouvement subsistent encore dans les parties à mouvoir. Il n’y a pas davantage paralysie, lorsque l’immobilité vient d’un obstacle plus fort que les contractions musculaires. En disant que la paralysie consiste dans l’abolition du mouvement volontaire, on entend implicitement que la volonté puisse s’exercer : Paralysis vocatur immobilitas nullo nexu voluntatis superanda, a dit Boerhaave. Un idiot, un extatique restent quelquefois immobiles pendant fort longtemps, sans être paralysés. C’est la volonté de se mouvoir et non la possibilité qui leur manque. Par la même raison, on ne doit pas voir de paralysie là où l’absence de mouvement est le fait même de la volonté, comme dans les cas où, par suite de maladie, le déplacement pourrait être douloureux. Quant à ce qui concerne la paralysie du sentiment, il ne faut pas non plus la confondre avec toute absence de sensations, c’est dans le jeu des différentes parties du système