‹ Dictionnaire de monogrammes, chiffres, lettres initiales et marques figurées sous lesquels les plus célébres peintres, dessinateurs, et graveurs ont designé leurs nomsChapitre 8 sur 55 · N"'- 12QQ · texte numérisé non relu

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Autre marque de Joachime WTENYVAEL.

IVIarque de fVillèm (Guillaume) JONCKMAN, dessinateur et graveur hollandais, né vers la fin du îTme siècle,’ a gravé entr? autres choses les planches d’un ouvrage intitulé: Histoire des ordres militaires ou des chevaliers , des milices séculiers et réguliers de l’un et de Vautre sexe, qui ont été établis jusqu'à présent, 4 vol., in 8vo, Amsterdam 1721- Le nom du graveur se trouve en entier, au frontispice, à la page 10, où est représenté, le grand Maître de l’ordre de l’Ange d’or, à la page 217, où l’on voit un chevalier de l'ordre de l’étoile d'or etc. Dans presque toutes les autres, on trouve les lettres initiales de son nom W. J. f.

Cet ouvrage renferme 1ÔQ estampes, de la 'grandeur de la page, détachées du texte; gravures assez belles, qui paraissent avoir été beaucoup avancées à l'eau forte, et terminées au burin. Les chairs sont pointiliées.

Autre marque de Guillaume van DELFT.

Nr“- 1302.

Autre marque de Wqlfgang K1LIAN.

Marcpib attr :huée à Lucas KRANACIT, le père nomme Muller, né en 1472. Oit la trouve sur des peintures représentant des sujets de la bible. {Voyez le Dictionnaire de Mr. de PVmckeirhàn .) *

Nto- 1304.

ÏVTarque de William (Guillaume) LODGE, dessinateur graveur à l’eau forte et au burin, naquit à Leeds ' ville en Yorkshire en 1O49, et y mourut âgé de 50 ans. On a de ect artiste un nombre considérable de différentes vues et fêtes champêtres d’Italie et d’Angleterre gravées d'une pointe légère et spirituelle, ainsi que plusieurs portraits , sa marque se trouve entr’ autres sur la vue du pont de Gard, en Languedoc.

IVÎarque de TVïllem (Guillaume) de LEEUYV, graveur flamand, naquit à Anvers en 1Û02- 11 entra dans l’école de Soutman. On remarque dans ces ouvrages une grande force, une harmonie savante qu’il prit dans les tableaux de Rubens qu’il copiait de préférence. Il a gravé d’après Rubens, Rembrand , Livens, ISièlandt , et autres.

IVÎarque de Martin WE1CHJMAN, graveur allemand du 15me siècle. Il a fait plusieurs sujets de dévotion, qui ne doivent être recherchés qu'à cause de leur ancienneté. On trouve en(r’ autres sa première marque sur la Visitation de la Vierge à Ste. Elisabeth p. p. en h. La seconde se trouve sur une Vierge tenant l’enfant Jésus sur ses genoux ; à coté d'elle est le petit S. Jean, et dans les nuages se voyent trois anges p. p. en h.

Marques de Guillaume de PASSE, frère de Crispiu , dessinateur et graveur au burin né à UtrecliL en 1580. On a de cet artiste quantité de portraits lesquels, quoique en petit, sont recherchés des amateurs à cause de la finesse de l’exécution. Il conduisit son burin, d'une manière ferme , agréable et avec beaucoup d’intelligence. Il y a aussi de lui un livre de fleurs in fol : oblong et quelques autres pièces qui portent sa marque ou les lettres initiales de son nom.

et l’autre couché, trois hommes sont occupés à décharger des marchandises de la charette pendant que quelques orientaux au fond, ( semblent faire un commerce.

La marque est sur un des paquets qu’on voit sur la charette, au Las de la droite on lit TV. Romyn inv. f.

Cette pièce est gravée d’une main bien hardie d’api ès un dessin exécuté à l'encre de la chine comme il y en a plusieurs de cet artiste portant la même marque. ( Voyez, le Cabinet de M. Paignon Dijonval.)

Marque de William (Guillaume) ROGERS, dessinateur et graveur né à Londres en 1540. 11 a gravé au burin différens portraits d'une manière nette mais trop pénible, qui portent ou son nom ou sa marque.

Nr°- 1309-

Marque de Wendel REICHEN, éditeur de Strasbourg vers 1540. On trouve cette marque sur une gravure en bois représentant une jeune femme ailée tenant une équerre de la main gauche, et de l'autre un fiein, cette figure est débout sur un piédestal , où se voit le chiffre. Pièce bien dessinée et joliment gravée. *)

Nr°- 1310.

Marque de Guillaume ROAIYN, Labile peintre de paysages et animaux qui fiorissoit en hollande vers l65Ç. On trouve cette marque sur une gravure à l'eau forte, représentant deux boeufs près d’ttne charette , un débout

*) Air. Bartsch (peintre gravenr vol. g. page 170.)* a ce chiffre entre les inconnus mais il appartient à fVerxdel Reichtn , (voyez la Typographie «le Rolhichoitz.)

Autres marques de Willem (Guillaume) van SWANEBURG.

Nr°- 1312.

Marque de Guillaume SW1DDE, dessinateur et graveur hollandais, né vers l'an 1660. Il a gravé plusieurs pièces pour une description latine de la Suède ancienne et moderne. Il fit encore quelques planches pour la vie de Charles Gustave, par PujfendorJ\ ces estampes sont d'une exécution fine et délicate, de même que des vues qu’il a faites de plusieurs villes de la province de Frise.

On a aussi de ce maître une suite de six beaux petits paysages en travers d’après les dessins de D. Dalens.

Il a marqué une partie de son oeuvre des lettres initiales de son nom W. S. avec la date.

Nr°- 1313.

Ma rque de Simon WARENBERGER, habile peintre de paysages, né à Bulach en Bavière vers 17ÛQ, présentement à la Cour de Munich. On trouve cette marque sur ses peintures et sur différens dessins lithographiés d’une belle exécution.

Nro- 1314-

Autres marques de TV aller ant VAILLANT, sur des gravures en manière noire.

Nro- 1315.

Autre marque de Guillaume de LEEUW.

On la trouve sur quelques paysages d’après 2Y ieülandt.

Nr°- 1316.

Marque de TVaernaart van VALCKFRT, peintre et graveur à l’eau forte né à Amsterdam en 1572. Elève de Goltzins.

Il peignit dans le goût de son maitre plusieurs tableaux qui sont fort recherchés.

On connaît de lui un tableau qui représente St. Jean dans le désert, où il s’est peint lui même par les figures qui sont sur le devant, et qui sont de grandeur naturelle.

Cet artiste a gravé à l’eau forte différentes pièces d’après ses dessins , qui portent sa marque ou son nom en entier, et que Christ attribue par erreur à un peintre allemand, dont il ne sait cependant pas le nom. On a entr’ autres de lui une Vénus endormie et surprise par des satyres m. p. en t. datée 1Ô12. Jésus Chiist faisant la Cène avec les apôtres p. p; en t. une autre p. p. en t. représentant la mort qui donne la main à un vieillard qui «st à table avec une vieille femme, et plusieurs autres petites pièces, avec les lettres initiales W. V. VAL.

François Xaver JUNG-

Nro.

Autre marque de YVIRTH.

Nr°- 1318.

M arque de Zoan ANDREA , (suivant Mr.

Bartsch vol. 13 pag. 393.) La plus grande partie des estampes de ce graveur sont marquées des lettres Z. A. dont personne n’avoit

pu donner l’explication jusqu’ à ce que l'abbé Zani nous ait, le premier, appris que, d'après le dialècte Vénitien , elles signifioient Zoan (Jean) Andrea (Materiali etc. pag. 110. Note 20). On n’apoint de notices sur la Vie de cet habile graveur. Ses estampes prouvent, qu’il a imilé la taille d'André Mantegna , et il paroît même que plusieurs d’entr’ elles ont été gravées d'après les dessins de ee grand maître, ce qu'il y a de certain , c’est qu'il a copié plusieurs de ses estampes. Son oeuvre offre aussi quelque copies faites d’après des estampes d'Albert Durer, et entr’ autres celle de V enlèvement d'Amymone dont l’original est marqué de l’année 151Ô. Ces cirstonstances prouvent, que les estampes de Zvan Andréa appartiennent moins au quinzième sicèle qu’aux premières dizaines d’années du seizième.

Nro- 1319.

Autre marque d'Antoine Marie ZANETTI, voyez No. 146.

Marque de Zacharie DOLENDO habile graveur frère puîné de Barthélemi , naquit à Leyde vers 15Ù1. Elevé par Jacques de Gheyn. Il prit de lui un burin ferme, une grande correction de dessin et beaucoup de properté dans l'exécution. On recherche ses ouvrages qu’il a marqués presque toujours de son chiffre.

11 a gravé d’après son maître, d’après H. Goltzius , Ab. Bloemaert , C. v. Mander, Spranger , et autres.

Nr°- 1321.

Marque attribuée par plusieurs auteurs avec beaucoup de vraisemblance à Jacques ZUBERLIN, peintre et graveur en bois, né à Tubinque dans le lOm siècle. Il fut contemporain, et l’ami de

Josse Amman. Ses ouvrages sont presque tous marqués de son chiffre qu’il accompagnait très -souvent d’un petit baquet comme pour faire allusion à son nom, car Zuber en allemand, veut dire Baques , dont le diminutif, petit Baquet signifie Zuberlin.

On a de ce maître plusieurs pièces marquées de ce rébus. *) Il a aussi gravé les frontispices des anales de Crusius , imprimées à Francfort sur Mein, sons ce titre: Crusii , anales suevici , ab initio ad annum , 15Q4, 2 vol in fol.

Nr°- 1322.

Autre marque de Paul de ZETTER.

Nr°- 1323.

Marque d c Jacques STELLA, peintre et graveur naquit à Lyon en 15Q4, et mourut à Paris en l047. Stella a gravé une suite de saints, où il a mis une étoile pour marque et l'année lf>25.

On a aussi de lui quelques eaux fortes d’après ses dessins qui portent cette marque entr’ autres Jésus Christ descendu de la croix gr. p. en t.

Nro- 1524.

Autre marque de Pierre WOEIRIOT, qui signifie la croix de Lorraine.

Nro- 1525.

Marque de Georges ERLINGER, Graveur en bois établi à Bamberg. On trouve sa marque entr autres sur une gravure en bois qui représente une femme vue par le dos, dirigeant ses pas vers le fond de la gauche. Elle est suivie d’un vieillard. Au - dessus de la femme on lit dans une banderole : PVas ich

*) Voyez, le Cabinet d’estampes de S. M. le Roi de Bavière.

nit sich das frewet mich. C'est à dire: que je ne vois pas, me fait du plaisir. Dam une autre banderole au dessus du vieillard est écrit : PVas ich nit mag, sich ich ail Tas. C’est-à-dire ce que je n’aime pas, je le vois tous les jours. Dans la marge d’en bas on lit: Georg Erlinger zu Bamberg , le chiffre est placé entre le 15, et le 19 de l’annéé,

Nro- 1326.

Marque de Raphaël W1NTER, dessinateur et graveur à l’eau forte fils de Joseph George né à Munich en 1784, et établi dans cette Ville, On a de lui de jolies gravures à l’eau forte représentant différents animaux, dans lesquelles on remarque l’école de son père , et que les amateur estiment beaucoup.

Nt0- 1327.

Marque qui signifie CORREGGIO, appelle Antoine Allegri peintre célébré né à Correggio près de Modène en 14Q4, mort en 1534. On trouve ces marques sur des gravures d'après lui, la première entr’ autres sur une Vierge àmi- corps, embrassée par l’enfant Jésus gravée par David, la seconde aussi sur une Ste Vierge avec l'enfant Jésus, gravée par un anonyme.

Nro- 1328.

Marque de Jean Marie POMEDELLO *), de Villafranca dans le Véronnois , florissoit en 1534, ainsi qu’on apprend par une estampe sur laquelle on voit vingt quatre coqs, poules et canards. On remarque sur le devant à gauche quatre poules et quatre canards , rassemblés autour d’un vase, dans lequel ils mangent.

Cette marque est parlante : elle représente une petite pomme en Italien Pomcllo que, peut être, on appeiloit alors dans le Véronnois Pomedello. La paraphe traversant la pomme, forme les lettres qui composent les noms de baptême Jean Marie. (Voyez Bartsch vol. 15. pag. 494.)

Le chiffre est au milieu d’en bas. Au haut de la planche est écrit. Jounnes Maria pomedellus Villafrancor. Veronensis j. 1534. Celte estampe est assez bien gravée.

Nro' 1329-

Autre marque de David Y1NCKENBQMS, qu’on trouve sur ses peintures. ( Voyez le Dict. de Mr, de TVinckelman et le Catalogue de la Galerie de Mr. de Mechel.)

Nro- 1350.

Marque de George HOEFNAGEL, peintre et graveur né à Munich en 1575, mort à Francfort en IÛ29. Il a gravé un livre de 52 planches représentant des fleurs et des insectes, d’après les dessins de son père, et publia différentes autres planches d'après ses propres dessins ainsi que d’après d’autres maîtres qui portent sa marque et son nom en entier, entr’ autres sur une pièce représentant Vénus acceptant les hommage de Gères , gravée par Gilles Sadeler, d’après B. Spranger,

Nr°- 1331-

Autre marque de NICOLAS ROSEX DA MO- DENA.

Nro- 1332.

Marque de Corneille ENGELBRECHT, peintre de Leyden, où il est mort en 1533, à l’age de 05 ans. Il a étudié Jean van Eyck. On trouve cette marque sur ses peintures qui sont pour la plupart des petits autels. ( Voyez le Dict. de Mr. de TVinckelman et le Catalogue

de la Galerie de Vienne.

Nro- 1333-

Marque de Henri van BLES, appelle en Italie Civetta, peintre de paysages qui florissoit vers 1510. Il marquait ses ouvrages d’une chouette.

Voyez le Dictionnaire de Mr. de TVinckelman et le Catalogue de la Galerie de- Vienne par Mr. de Mechel.

Nr°- 1334.

Autres marques de Lucas CRANACH, sur ses peintures et sur les gravures en hois d'après lui, o n ;

Nro- 1 335-

Marque de Louis FRIG , graveur en hois de Zuric vers 1570, qui a travaillé d'après Christophe Maurer , et autres.

Marque ou Tablette dont s’est servi Marc Antoine RAIMONDI.

Nro- 1337.

Marque ou Tablette dont s’est servi Augustin VENITIEN.

Marque de BRAMANTE , dont le véritable nom étoit Donato Lazari. Célèbre architecte né en 1444 , non à Castel Durante comme quelques uns le prétendent, mais aux environs d’Urbino dans un petit endroit nommé Castello Fermignano, et mort en 1514.

Son habilité comme architecte est généralement connue mais comme peintre il ne l’est que très peu hors des états Milanois. On dit qu’il a appris les principes du dessin d'un peintre d’Utbino nommé Carnavale , et dont même Raphaël a su tirer quelques avantages, avant son entrée dans l’école de Fietro Ferugino. Bramante paroit avoir quitté Urbino dans son jeune âge, et passé nombre d’années en voyages, dans différentes partie de l’Italie, surtout à Rome, où il jouissoit d’une grande considération pendant le Pontificat d'Alexandre VI., Jules II., et Léo X.

Selon Lanzi les tableaux de Bramante appartiennent pour la plupart, quoique pas totalement, dans le 15me siècle, ils ressemblent tout à fait au style de Mantegna ; comme celui-ci, il fut habitué à dessiner d’après des modèles de terre, qu'il drappoit avec peine, soit avec de la toile mouillée, soit avec du papier. ■■ , \* *V

Comme graveur, cet artiste n’est cependant connu que par une grande estampe d’une giande beauté et d’une telle rareté que Zani (Maleriali page 85.) dit: que dans le cours de sa vie, et pendant ses grands et fréquens voyages pour la recherche des anciennes gravures, n’en avoir vu qu'une seule épreuve, appartenante à la famille Perego à Milan.

Strvtt aussi (Dictionaryr of engravers) fait mention d’une épreuve de cette pièce dans la collection de Mr. JMonro.

Mr. Barisch dans son peintre graveur n'en parle point , Heincke croit (sans l’avoir vue) que Bramantino en est l’auteur.

Mr. Ottley (History of engravings) dit : qu'il y en a beaucoup qui ont prétendu, que Bramante s’étoit formé à la peinture chez Mantegna , mais cette opinion se trouve contredite par d’autres. *) 11 n’est cependant pas

improbable qu'il ait appris l’art de graver chez ce maître, avant d’arriver et de s’établir à Milan.

le crois faire plaisir aux amateurs de donner ici l’explication de cette pièce, sur laquelle on trouve la marque indiquée à ce Numéro. Elle représente l'intérieur d'un temple avec figures , enrichi de frises, Basreliefs, et d’autres ornemens de sculpture, le plafond, formé en demi arcs, est soutenu de piliiers de l’ordre composé , le temple est pavé de pierres qua-

•) Voyez. Lanzi storia pittorica Edition 1800. Tom. IV. pag. 177. et seq.

drengulaires. La partie supérieure de ce bâti ment à droite, a l’air de n’avoir jamais été achevée. A gauche se trouve un piédestal, qui représente un trépied, surmonté d'un pillier au bout duquel on voit une croix, suile piédestal est J’inscription , B.ba:vjan.tvs Fegit in Mlo. A quelque distance derrière le piédestal à gauche, sont trois figures en conversation, l’une d’elles, vêtue dans le costume du tems, paroit vouloir ôter son bonnet. Sur le devant du même côté au bord de la pièce, se trouve un vieillard , semblable à un prêtre, accompagné d’un jeune homme portant un long bâton sur lequel il y a un crucifix. Sur le devant à droite il y a une vénérable figure de vieillard à genoux en dévotion; à une petite distance derrière cette figure on voit' deux hommes, dont l’un porte une longue pique, et sur le bord de la planche de ce côté se voient plusieurs hommes à cheval.

Cette pièce intéressante est parfaitement finie dans la manière adoptée de Mantegna, avec des hachures diagonales. La partie de la sculpture est magnifique, et l’effet du perspective (partie dans laquelle Bramante étoit célèbre) frappant. Les figures quoiqu’elles prennent part au goût maigre de ce siècle , sont bien étudiées dans leurs traits, les drapperies cependant sont dures et dans un style roide.

Hauteur 28- p. 3. 1. Largeur 20. p. g. i ■

Autre marque ou Tablette de Jean XJlric PILGRIM , sur différentes gravures en bois et clair obscur.

Ce nom STALBURCH, appartient à un artiste sur lequel on n’a pas de notices. On le trouve entr’ autres sur deux estampes savoir. 1) Junon et Sémelé , Junon persuadant à Séméié,

d'exiger de Jupiter, qui alors lui faisait l’amour, une preuve de sa divinité. Tel est, suivant l’inscription , le sujet de cette estampe , lequel cependant ne s'accorde point avec cette fable. On voit Junon dans des nuages à la gauche d’en haut. Sémélé, retournant sa tête vers la déesse, marche en bas, en se dirigeant vers la droite , et menant un enfant à la main. À droite d’en haut, dans une tablette, on lit: Semelech begoort zynde ivoort van Juno 6etroogen die welck raet Jupiters godtheyt te prouuen. Anno 1555. A la gauche d’en bas est écrit i Stalbvrg. 2) Pièce allégorique. Une jeune femme calmant la colère d’un homme par son humilité et par ses douces paroles. La femme est à genoux à la droite de l’estampe, devant l’homme courroucé qui est sur le point de tirer son épée pour la tuer. Le fond offre une chambre ou l’on remarque une table renversée et plusieurs meubles dispersés à terre, ainsi que deux enfans dont l’un s'enfuit par la porte à gauche. Vers la droite d’en haut on lit: M. Hiemsk (Martin Heemskerk), d’après lequel ce morceau est gravé -, à mi hauteur : Stalhurch, et vers la gauche d’en bas l’année 155Ô. Dans la marge on lit: OJficiosa manus, ciuilis lingua, probumque lumen, sunt tria quae maxima mundus habet, Ista deos, hominesque mouentur , en mitigat iram , vox mollis, quo scit cedere victor abit.

NfOÉ 1341.

Suivant le Catalogue manuscrit par Paul Beham , cité par Murr (Journal T. II. pag. 241.) ce maître étoit de Landshut . On trouve enlr’ autres ce nom suivant Mr. Bartsch (peintre graveur vol. 6. pag. 3Ô2.) sur 13 pièces savoir. 1) David et Goliath. 2) Samson portant la porte de la ville de Gaza. 3) Dalila et Samson. 4) La nativilé de J. C. 5) Les trois rois. 6) Le portement de croix. 7) La Vierge et l'enfant Jésus, 8) S te, Anne à mi -corps ayant

sur ses genoux la Vierge qui tient l’enfant Jésus. La vierge est vue de profil et tournée vers la droite. Ces trois figures sont dans une éspèce de niche , ornée de quatre Anges. On en voit un à chaque côté, au pied d’une colonne, les deux autres sont vers le haut du fond. Au bas de chacune de deux colonnes est gravée la lettre W. *) , et au milieu d’en bas est écrit: 14Q9 Hilf S. Ann. Selb Tritt Mair. **) Q) Le martyre de S. Sebastien. ***) 10) L'heure

de la mort. Au milieu de ce morceau , un seigneur allemand se promène à côté d’une jeune dame. Un autre homme est assis auprès de sa maîtresse, au devant de la gauche, et un troisième marche vers le fond de ce même côté, étant pareillement accompagné d'une dame. C’est sur une de ces trois couples de figures, que lâche une flèche, la mort vue , au

‘•) Selon Mr. Bartsch ces deux lettre* W. portent à croire, que cette estampe a été gravée par W enzeslas d'Olmutz , sur un dessin de DIair. Ce qui semble confirmer cette opinion, c’est quel le burin y est plus fin, et la taille plus serrée que dans les autres estampes de Blair. Il paroit que JVenzeslas d'Olmutz , qui a été orfèvre, et point peintre, n’a jamais gravé d’après ses propre inventions. Une partie de son oeuvre consiste en copies d’après les estampes de Martin Schongauer, d'Israël de BIcçken , et d' Albert Durer. Toutes ses autres pièces montrent par la grande inégalité à l’egard de la composition et du dessin, qu’il les a exécutées d’après plusieurs maîtres très différens entr’ eux. D’après cela il est vraisemblable, qu’il a gravé la pièce en question d’après Blair de Landshut, qui .pourroit bien ne pas être Landshut de Bavière, comme quelques auteurs modernes le prétendent, mais bien le Bourg situé dans le cercle de Brünn en Moravie. Suivant cette conjecture, IYIair auroit été le compatriote de JVenzeslas, et peutêtre alors aussi son cohabitant à Olmutz.

**) Sclbtrit, proprement Sclbdritte, ancien mot allemand qui signifie celle-ci troisième, telle que l’est ici S. Anne.

***) Mr. Bartsch rapporte de cette pièce. Nous ne sommes pas tout à fait certains de l’originalité de cette estampe. Elle pourroit bien n’ètre qu’une production de quelque graveur moderne qui a taché d’imiter le goût de Blair, et qui n’y a pas mal réussi.

delà d’un mur , qui enferme la cour où ces six figures se trouvent, et dont l’entrée est gardée par plusieurs soldats etc. 11) La banderole présentée. On voit intérieur d‘un appartement de trois chambres voûtées , sur le devant à gauche est assis un joueur de cornemuse, et auprès d'un pilier du milieu une jeune dame ayant un petit chien sur ses genoux. Elle tourne sa tète d'un air modeste vers un gentilhomme qui , de l’autre côté du pilier , s’approche d’elle , pour lui présenter une banderole , tandisqu’un homme armé d’une cuirasse et assis à terre au devant de la droite, semble lui faire une déclaration. On voit dans le fond de ce môme côté une jeune femme sortant par une porte et montrant un homme qui sort par une autre porte. 12) Le balcon. Un jeune homme au milieu de trois courtisannes et d’un bouffon qui est couvert d'une marmotte. Ces cinq figures sont débout sur un balcon supporté par deux statues d’hommes assis. On voit un singe au haut d’un des corps du bâtiment qui remplit tout la largeur du fond, et qui offre a droite un escalier ouvert, d'où descend un jeune homme. 13) Une maison d'architecture gothique ornée de statues. On voit à la porte de cette maison une jeune femme recevant un homme qui y entre. Au bas d'une marche, prés de la porte, se repose un chien qui est vu par le dos. Le mot Mair est gravé au bas de la gauche. *)

Marque d’un artiste nommé ALTOBELLO.

Les notices que nous avons des anciennes écoles italiennes font mention d’un artiste de ce nom , qui paroit être l’auteur des pièces, sur lesquelles ont trouve cette tablette. Il fut

*) Selon Mr. Bartsch. Ce morceau ne paroit pas être de Jlair , quoiqu’il soit assez bien gravé dans le goût de cct artiste.

peintre à Crémone *) de renommé, qui peignit vers la fin du 15me siècle, conjointement avec Boccaccio Boccaccini divers sujets de la passion de Jésus Christ dans le dôme de cette ville , dont Vasari parle avec éloge dans la vie de Benvenuto Garofolo. ** ***)) On prétend que le nom de famille de cet artiste fut Melone •**), auquel cependant on ne peut appliquer la lettre V. , qui suivant Mr. Ottley (History of engraving) signifie Inventor .

On trouve la marque sur une de deux pièces qui représentent: 1) Quatre Cupidons dansans se tenant par la main , le cupidon à gauche est nud et vu de face , ses pas se dirigent vers la gauche ; mais il regarde à droite vers le Cupidon le plus près qu’il tient par la main gauche, ce second est vêtu d’une drapperie légère et n’a point d’ailes comme ses trois autres compagnons , il est vu par le dos tenant de sa droite la main droite du troisième couronné de raisins et de feuilles de vignes, et vu presque de face , en dirigeant ses pas vers la gauche, la poitrine de ce troisième Cupidon , est couvert d’une jolie cuirasse formée d’une tête de lion, sous laquelle se développe une drapperie, couvrant un peu plus que le milieu de son corps, il tient la main droite du quatrième Cupidon, vêtu d’une drapperie légère semblable au second et dirigeant ses pas vers la droite en tournant la tête vers la gauche. Le fond de cette pièce est obscure. La tablette se trouve suspendue à un ruban que tient le Cupidon de la gauche.

Hauteur 7. p. iq. lig. Largeur 6. p. 10. lig.

*) Le père Resta (lelterc sulla Pittura vol. 3. page 541.) dit que le peintre Altobello , fut élève de Bramante. Cependant il n’a point donné son autorité sur cette assurance.

"*) Edition de Milan vol. 12. page 229*

***) Altobello da Melonc Croinoncse fiori nel tempo del Boccaccino. Di esso parlano il Lomazzo et Lamo. Yoyez Vasari Nota dell' Ed. di Borna.

2) Quatre Cupidons jouant des instrumens. Ils sont tous débouts et vus de face, celui à gauche porte une petite robe courte, et un bonnet d'un forme particulière , jouant de la Cornemuse, le plus près de lui, repose son pied gauche sur une grosse pierre, et joue de la guittare. Le troisième joue d'une espèce de violon, et le quatrième du côté droit, portant une guirlande, joue du fifre et du tambourin. Les trois dernières figures sont nues. Tous

les quatre ont des ailes. Le fond est obscure comme dans la pièce précédente, de la même grandeur, et paroit être le pendant de l’autre.

Les figures de ces deux pièces sont dessisinées avec intelligence, la manière est d'une exécution légère , d’une pointe délicate avec des hachures qui ne se croissent qu'une fois, le tout désigne un maître de beaucoup de capacité.

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