‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 109 sur 137 · REPAS · texte numérisé non relu

REPAS

Vous n'avez pas ici un repas fort savant, et vous y trouverez des incongruités de bonne chère et des barbarismes de bon goût. Si Damis s'en était mêlé , tout serait dans les régies ; il y aurait partout de l'élégance et de lérudition : et il ne manquerait pas de vous exagérer luimême toutes les pièces du repas qu'il vous donnerait , et de vous faire tomber d'accord de sa haute capacité dans la science des bons morceaux ; de vous parler du pain de rive à biseau doré , relevé de croûte partout , croquant tendrement sous la dent ; d un vin à sève veloutée , armé d'un vert qui n'est point trop commandant ; d'un carré de mouton gourmande de persil ; d'une longe de veau de rivière , longue comme cela , blanche , délicate , et qui , sous les dents , est une vraie pâte d'amande ; de perdrix relevées d'un fumet surprenant ; et pour son opéra, dune soupe à bouillon perlé, soutenue d un jeune gros dindon cantonné de pigeonneaux , et couronné d'oignons blancs mariés avec la chicorée. Mais pour moi , je vous avoue mon ignorance; et je voudrais que le repas fût plus digne de vous être offert.

( Le Bourgeois gentilhomme.) REPROCHE.

M'oses-tu bien encor parler, femelle inique,

Crocodile trompeur, de qui le cœur félon

Est pire qu'un Satrape , ou bien qu'un Lestrigon !

( Le Di>pit amoureux )

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