‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 22 sur 137 · COCHER (LE · texte numérisé non relu

COCHER (LE

J'ai une tendresse pour mes chevaux , qu'il me semble que c'est moi-même , quand je les vois pâtir ; je m ote tous les jours pour eux les choses de la bouche -, et c'est être d'un naturel trop dur, que de n'avoir nulle pitié de son prochain.

( L'Avare. )

Je me sens pour vous de la tendresse, en dépit que j'en aie -, et, après mes chevaux , vous êtes la personne que j'aime le plus.

( Idem. ) COCU.

Si le sort l'a réglé , vos soins sont superflus, Et l'on ne prendra pas votre avis là- dessus. — Moi je serais cocu ?

— Vous voilà bien malade !

Mille gens le sont bien sans vous faire bravade, Qui de mine , de cœur, de biens et de maison Ne feraient avec vous nulle comparaison.

( L'Ecole des femmes. )

Sganarelle est un nom qu'on ne me dira plus Et l'on va m'appeler seigneur Cornélius.

J'en suis pour mon honneur, mais à toi qui me l'ôtes Je t'en ferai du moins pour un bras ou deux cotes.

( Sganarelle. )

Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens , Et sans aucun respect faire cocus les gens.

( Idem. )

Si n'être point cocu vous semble un si grand bien , Ne vous point marier en est le vrai moyen.

( L'Ecole des femmes. )

A-t-on mieui cru jamais être cocu que moi?

Vous voyez qu'en ce fait la plus forte apparence

Peut jeter dans l'esprit une fausse créance.

De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien,

Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien.

( Sganarelle. ) COCUAGE.

. . . L'on ne doit jamais souffrir, sans dire mot, De semblables affronts à moins qu'être un vrai sot.

( Idem. )

\yant tout compensé ,

Il vaut mieux être encor cocu que trépassé. Quel mal cela fait-il? la jambe en devient-elle Plus tortue après tout, et la taille moins belle ? Peste soit qui premier trouva l'invention De s'affliger l'esprit de cette vision , Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage Aux choses que peut faire une femme volage ! Puisqu'on tient, à bon droit, tout crime personnel, Que fait là notre honneur pour être criminel ? Des actions d'autrui l'on nous donne le blâme ! Si nos femmes sans nous font un commerce infâme, Il faut que tout le mal tombe sur notre dos ! Elles font la sottise , et nous sommes les sots ! C'est un vilain abus , et les gens de police Nous devraient bien régler une telle injustice. JN'avons-nous pas assez des autres accidents Qui nous viennent happer en dépit de nos dents? Les querelles, procès, faim, soif et maladie, Troublent-ils pas assez le repos de la vie , Sans s'aller, de surcroît , aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement? Moquons-nous de cela, méprisons les alarmes, Et mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes. Si ma femme a failli , qu'elle pleure bien fort; Mais pourquoi moi pleurer, puisque je n'ai point tort En tout cas , ce qui peut m'ôter ma fâcherie , C'est que je ne suis pas seul de ma confrérie. / Voir cajoler sa femme , et n'en témoigner rien , I Se pratique aujourd'hui par force gens de bien. /

N'allons donc point chercher à faire une querelle / Pour un affront qui n'est que pure bagatelle.

( Sganarelle. )

Ciel, faites que mon front soit exempt de disgrâce: Ou bien , s'il est écrit qu'il faille que j'y passe , Donnez-moi tout au moins, pour de tels accidents , La constance qu'on voit à de certaines gens!

.( L'Ecole des femmes. )

Etre avare, brutal , fourbe, méchant et lâche , N'est rien , à votre avis , auprès de cette tache , Et , de quelque façon qu'on puisse avoir vécu, h

On est homme d'honneur, quand on n'est point cocu. 7

{Idem.)

Mettez-vous dans l'esprit qu'on peut du cocuage j Se faire en galant homme une plus douce image.

( Idem. )

. . . Tout le mal , quoique le monde glose N'est que dans la façon de recevoir la chose.

( Idem. )

Quoi qu'on en puisse dire enfin, le cocuage Sous des traits moins affreux aisément s'envisage ; Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.

( L'École des femmes. )

C'est-à-dire , dormir et manger toujours bien , Et se persuader que tout cela n'est rien.

( Idem. )

Pensez -vous qu'à choisir de deux choses prescrites Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites, Que de me voir mari de ces femmes de bien Dont la mauvaise humeur fait un procès sur rien ? Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses, Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses, Qui, pour un petit tort qu'elles ne nous font pas, Prennent droit de traiter les gens du haut en bas, Et veulent , sur le pied de nous être fidèles, . Que nous soyons tenus à tout endurer d'elles ? Encore un coup, compère, apprenez qu'en effet Le cocuage n'est que ce que l'on le fait ; Qu'on peut le souhaiter pour de certaines causes , 'Et qu'il a ses plaisirs comme les autres choses.

( Idem. )

Un mal d'opinion ne touche que les sots.

( Ampliytrion. )

A tous événements le sage est préparé.

Guéri par la raison des faiblesses vulgaires , II se met au-dessus de ces sortes d'affaires, Et n'a garde de prendre aucune ombre d'ennui De tout ce qui n'est pas pour dépendre de lui.

( Les Femmes savaDtes. ) COEUR.

Le cœur est du côté gauche , et le foie du côté droit. — Oui ; cela était autrefois ainsi ; mais nous avons changé tout cela , et nous faisons aujourd'hui la médecine d'une méthode toute nouvelle.

( Le Médecin malgré lui. ) COLÈRE.

. . Lorsqu'une aventure en colère nous met, Nous devons , avant tout, dire notre alphabet, Afin que dans ce temps la bile se tempère , Et qu'on ne fasse rien que l'on ne doive faire.

( L'Ecole des femmes. )

Ah! je devais du moins lui jeter son chapeau, Lui ruer quelque pierre , ou crotter son manteau.

( Sganarelle. )

Viens, viens frotter ton nez auprès de ma colère.

( Le Dépit amoureux. )

Y a-t-il rien de plus bas et de plus honteux que cette passion , qui fait d un homme une bête féroce ?

( Le Bourgeois gentilhomme. ) COLLEGE.

Plût à Dieu lavoir tout à l'heure le fouet, et devant tout le monde, et savoir ce qu'on apprend au collège!

( Idem. )

Vivent les collèges d'où l'on sort si habile homme!

( Le Malade imaginaire. )

Vous avez beau raisonner, monsieur est frais émoulu du collège , et il vous donnera toujours votre reste.

( Idem. )

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