‹ Dictionnaire de morale et de littératureChapitre 85 sur 137 · NAISSANCE · texte numérisé non relu

NAISSANCE

Qu'avez-vous fait dans le monde pour être gentilhomme? Croyez-vous qu'il suffise d en porter le nom et les armes, et que ce nous soit une gloire d être sortis d'un sang noble, lorsque nous vivons en infâmes? Non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Aussi nous n'avons part à la gloire de nos ancêtres qu'autant que nous nous efforçons de leur ressembler ; et cet éclat de leurs actions qu'ils répandent sur nous, nous impose un engagement de leur faire le même honneur, de suivre les pas qu'ils

nous tracent , et de ne point dégénérer de leur vertu , si nous voulons être estimés leurs véritables descendants. Ainsi vous descendiez en vain des aïeux dont vous êtes né ; ils vous désavouent pour leur sang ; et tout ce qu'ils ont fait d'illustre ne vous donne aucun avantage .- au contraire, l'éclat n'en rejaillit sur vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions. Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature; que la vertu est le premier titre de noblesse ; que je regarde bitn moins au nom qu'on signe qu aux actions qu'on fait; et que je ferais plus d état du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme , que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous.

( Le Festin de Pierre. )

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