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Dictionnaire de musique de Hugo Riemann

Tous ceux qui s'occupent d'histoire, de science, d'esthétique ou implement de pratique musicale connaissent depuis longtemps le om de M. Hugo Riemann, l'un des musicographes les plus érudits e notre temps. Les musiciens et les savants de tous pays ont lu les uvrages fortement pensés de cet esprit en- quelque sorte universel ; histoire tant générale que spéciale, la notation, la théorie du rythme, 3lle de l'harmonie, l'analyse des formes musicales, l'esthétique, la édagogie du piano lui ont fourni matière à des études d'une valeur icontestable. et ses innovations théoriques sont appelées à jouer un 51e important dans le développement de l'art musical moderne.

Mais l'œuvre de M. Hugo Riemann qui paraît avoir été accueillie vec le plus de faveur soit par la presse, soit par les musiciens amaurs et professionnels du monde entier, est sans aucun doute le ictionnaire de musique.

Lorsque, il y a quelques années, nous apprîmes à connaître cette Imirable encyclopédie musicale, nous eûmes aussitôt l'intention de rendre accessible au public de langue française, tant elle nous parut '-pondre au but d'une publication de ce genre : condenser, en un )lume relativement restreint, le plus grand nombre possible de renignements exacts sur toutes les disciplines de la musique. Notre isir se réalise aujourd'hui seulement ; mais nous espérons que, manié par l'auteur en une série d'éditions successives, traduit, revu,

YI AVANT-PROPOS

augmenté et rigoureusement tenu à jour, le Dictionnaire de ynusiqu comblera d'autant mieux un vide réel dans notre littérature musical française.

Nous nous sommes efforcé de conserver à l'ouvrage son caractèr propre : unité de conception et de tendances, richesse du fond, con cision de la forme. Mais il va de soi que nous n'avons point néglige d'autre part, d'y ajouter soit des renseignements nouveaux de toute sortes, soit d'importantes notices biographiques. Ce travail minutieu et de longue haleine nous a été facilité, du reste, tant par M. Hug Riemann lui-même qui a bien voulu s'intéresser à notre version d son ouvrage, que par un grand nombre de confrères dont les indica tions et les témoignages de sympathie nous ont été infinimeii précieux. Nous leur adressons à tous l'expression de notre vive gre titude.

Puisse cette nouvelle édition éveiller parmi nous l'intérêt que mé rite l'ouvrage assurément unique de M. Hugo Riemann, et faire afflue de toutes parts les renseignements destinés à améliorer ce que 1 présente publication peut avoir encore d'imparfait. Nous recevron avec reconnaissance les communications de tous genres (historique théoriques, techniques et, surtout, biographiques et bibliographiques qu'on voudra bien nous faire parvenir et qu'une édition future nou permettra sans doute d'utiliser, pour le plus grand bien de tous le amis de notre art.

Georges Humrert.

Lausanne, mai 1899.

A est le nom du premier son de l'échelle fondamentale des Allemands et des Anglais (A B [H] G D E F G); il correspond au la des Français, des Italiens et des Espagnols.

Les A des différentes octaves, du grave à l'aigu, sont indiqués, dans la plupart des ouvrages théoriques allemands, de la manière suivante : 2A jA A a a1 a2 a3 a4, les chiffres pouvant être remplacés par des indices ou des traits placés au-dessus ou au-dessous des lettres. Mais, si l'on compare ces indications avec celles que contient l'article la, on verra que le a1 des Allemands, par ex., correspond à notre la3 et ainsi de suite. — La lettre A placée en tête des parties séparées d'anciennes œuvres vocales signifie Altus (c.-à-d. alto). Dans les partitions et parties modernes, les lettres (A-Z, Aa-Zz) sont employées comme points de repère, pour faciliter les reprises pendantles répétitions. Certains théoriciens allemands modernes (Gottfried Weber, M. Haupmann, E.-F. Richter etc.) se servent de lettres pour désigner les accords, ainsi A — accord de la majeur, a ~ accord de la mineur, etc. Dans les anciens antiphonaires ou autres recueils de chant grégorien, et principalement dans ceux qui sont notés en neumes, un A, placé au début de la mélodie, signifie que celleci appartient au 1er ton d'église.

Aaron, 1. abbé des couvents de St-Martin et

de St-Pantaléon à Cologne, m. le 14 déc. 1052;

auteur de deux traités : De utilitate cantus vo-

calis et de modo cantandi atque psallendi

qui se trouve à la bibliothèque St-Martin, et

De regulis tonorum et symphoniarum (d'après

Trithemius). — 2. Pietro, s'écrit aussi Aron,

llustre théoricien, né à Florence vers 1490, m.

3ntre 1545 et 1562; chanoine à Rimini, puis

moine, à partir de 1536, et successivement à Ber-

*ame, à Padoue et enfin à Venise, il édita : / tre

ibri deW istituzione armonica (1516, éd. latine

ie G.-A. Flaminio);// Toscanello inmusica (1523,

L525, 1529, 1539 et 1562); Trattato délia natura

i cognitione di tutti g ii tuoni di canto figurato

1525); Lucidario in musica di alcune opinioni

antiche e moderne (1545) et Compendiolo di molti dubbi segreti et sentenze intorno al canto fermo e figurato (sans date).

Abaco, E varista-Felice dah", natif de Vérone, vers 1725 maître de chapelle du prince électeur de Bavière, à Munich; publia des sonates et des concertos pour instr. à archet avec continuo, qui sont parmi les meilleures œuvres de l'époque.

Abb., abr. de abbassamento (dimano) signifie, dans les compositions pour piano ou pour orgue, lors d'un croisement de mains, que la main en question doit passer sous l'autre. Cf. Alz.

Abbandono (ital.) abandon.

Abbatini, Antonio-Maria, compositeur de l'école de Rome, né à Tiferno ou (d'après Baïni) à Castello, en 1595 ou 1605, m. à Castello, en 1677, fut d'abord maître de chapelle de St- Jean-de-Latran, en 1626, puis successivement dans d'autres églises de Rome (del Gesu, S. Lorenzo in Damaso, S. Maria Maggiore et N. D. di Loreto). A. composa beaucoup de musique d'église, en partie pour un grand nombre de voix; 4 livres de psaumes, 3 livres de Messes, des antiennes à 24 voix (1630-38, 1677) et 5 livres de motets (1635) ont été imprimés. Il fit exécuter à Rome un opéra : Del maie in bene (1654), et aida Ath. Kircher dans la rédaction de sa Musurgia.

Abbé l'aîné, cadet et fils. Cf. Saint-Sevin.

Abbellimento, abbellitura (ital.) ornement (v. ce mot).

Abbey, John, célèbre facteur d'orgues parisien, né à Whilton (Northampton) le 22 déc. 1785, m. à Versailles le 19 févr. 1859. A. construisit entre autres, en 1827, l'orgue pour l'Exposition nationale, de même l'orgue expressif des Tuileries qui fut malheureusement détruit en 1830 (tous deux d'après les projets de S. Erard) et en 1831 l'orgue de l'Opéra, détruit par l'incendie de 1873.

A. B. G. musical, v. Lettres.

Abd-el-Kadir (Abdolkadir), Ben Isa, écrivain musical arabe du xive s., est l'auteur de trois

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