‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 127 sur 542 · ECC LEST ASTIQUE · texte numérisé non relu

ECC LEST ASTIQUE

I Ii m;y .'t Thom \s, devinrent, comme leur père, virtuoses but le violon; le premier entra dans l'orchestre du roi, à Paris (on a de lui douze soli pour violon, dans le style de Corelli), l'autre, que Haendel avail engagé en 1733, fut un ivrogne incorrigible.

Ecclésiastiques, Modes b., nom que l'on donne aux diverses octaves que l'on peut obtenir en fragmentanl L'échelle fondamentale (v. ce mot) Ces divers fragments étaient considérés, soit à l'époque du style homophone, soit même à celle de la lloraison du contrepoint (style polyphone), comme autant de tons ou de modes différents, de façon analogue à nos modes majeur et mineur. Le développement de la musique harmonique, la découverte de l'importance des accords consonants (ace. de trois sons) et de leurs rapports à l'intérieur de la tonalité (tonique, dominantes) devaient infailliblement amen» r la suppression des m. e. (y. le mot terminaison) el La formation de deux modes seulement : majeur et mineur Le nom de m. ecclésiastiques.domiè aux fragments de l'échelle fondamentale, provient du fait que les théoriciens du moyen âge avaient coutume de rapporter à l'un «m à l'autre de ces modes chacune des mélodies Liturgiques, selon son étendue et sa cadence finale. Les premiers musicographes occidentaux qui parlèrent de m. e. (Flaccus Âlkuin, au vin» s.; Aurélien de Réomé, au ixe s.) ignoraient totalement leur analogie avec Les modes adoptés par la musique grecque et se contentaient de les numéroter, soit comme modes 1 à S, soit comme modes authentiques 1 à 'i. el modes plagaux 1 à 4 (v. plus loin). Par contre, les indications des musicographes byzantins, de Bryennius (y. ce nom) en particulier, laissent découvrir des traces de la transformation du système antique en celui du moyen Age. L'ancienne Eglise byzantine distinguait également quatre m. e. (Jfco*), mais les numérotail de l'aigu au grave :

1er mode («) — sol'2 — sol3 •>e mode (#) = fa* — fa3 ■>■ mode !yj — mi- — mi3 If* mode ( à) = ré* — ré3

,:" outre, les modes plagaux de ces quatre m. I . principaux étaient placés, connu.' les anciens modes secondaires (hypo-)t une quinte (non pas une quarte) au dessous ili's modes authentiques :

plagal plagal plaça]

— ut* — = si» -

Si*

plagal = sol* - soii jatriôme im.de plagal de ci ancien sys- 11 »" byzantin reposai! donc sur Le son que les théoriciens occidentaux, à partir d'Odon de Uugny, désignèrent sous Le nom de gamma (T) '" lr considérant comme indispensable au -,:,x' ,lu système tonal: cependant le mode plagal occidental le plus grave (v. plus loin) ne '"' M-'- jusqu'au to' (dans les anciens code*> »▼•*' L'apparition du nom r, ce son

porte le nom de Quintus primo [!]). L'auteur de ce dictionnaire a fourni dans une étude intitulée : Die MocçTvçixt der byzantinischen liturgischen Notation (« Sitzungsberichte der Miïnchener Akademie der Wissenschaften », 1882, II, 1) la preuve presque certaine que l'ancien système musical de l'Eglise byzantine dérive de l'ancien système grec, par la suppression des successions chromatiques et enharmoniques et la création d'une nouvelle échelle fondamentale diatonique, formée au moyen des fondamentales des principaux modes (dorien, phrygien, lydien, mixolydien, hypodorien, hypophrygien,hypolydien). Les initiales des anciens noms ne furent sans doute conservées d'abord que comme indices (Moc§tvçioci). s'adaptant aux nouvelles dénominations des sons par les premières lettres de l'alphabet grec (invention que l'on fait remonter à saint Ambroise); mais elles se perpétuèrent jusque dans la nouvelle notation grecque. En Occident apparaît (au xe s. seulement, pour autant que nous le savons, c.-à-d. longtemps après Ambroise) un système de notation faisant un usage, analogue au précédent, des premières lettres de l'alphabet latin (v. li-ttres), à savoir (Va indique l'intervalle de demi-ton) :

A B G V2 D E F G Va A

correspondant à notre ut* ré* mi* fa* sol* la* si* ut3; l'ancienne notation byzantine était la suivante :

S * K n Vi

ou, avec les syllabes du solfège : tt A, Bov, lé, A;, >îE, Zw, vH. La signification des lettres se transposa plus tard en Occident d'une tierce inférieure (A = la*), à Byzance d'un degré supérieur, c.-à-d. que a devint l'équivalent de notre ré*, autrement dit le son fondamental du 1er m. e. du nouveau système, formé d'après le système occidental. Bryennius a aussi fourni une nomenclature des m. e. byzantins, ancien système, au moyen des noms des anciens modes grecs; dans cette nomenclature chaque m. e. porte le nom correspondant à celui de l'ancienne échelle transposée sur la fondamentale de laquelle il repose (ut*— ut3=~ dorien, ré*— ré3 = phrygien, mi* — mi3 = lydien, fa* — fa3 = mixolydien, etc.). Une fausse interprétation d'un passage de Ptolémée (en premier lieu, dans les écrits de [pseudo-] Notker et de [pseudo-j Hucbald) amena en Occident une transposition semblable, mais plus mal motivée, du sens de ces diverses dénominations; la confusion provint de ce que l'on adapta aux modes tout ce que Ptolomée dit de la différence de hauteur des diverses échelles transposées.

Les modes ecclésiastiques du système occidental sont les suivants: 1. Le premier m. e. ou le premier m. authentique (Authenlus protus) D EF G a t} c d (= ré* mi* fa* sol* la'2 si'2 ut3 ré3), dénommé plus tard m. dorien (doruts). 2. Le deuxième m. e., ou premier m. plagal (Plagius proti, plagis proti, plaga proti ; lateralis, subjugalis proti) ABCDEFGa (= lax si} ut* ré* mi*Ja*sol* la'2), m. hypJ

ECHAPPEMENT — EGK

dorien (hypodorius). 3. Le troisième m. e., ou deuxième m. authentique (Authentus deuterus) EFGaj^cde ( — mi2 fa * sol* la* si* ut3 ré3 mi3), m. phrygien (phrygius). 4. Le quatrièmem. e., ou deuxième m.plagal {Plar/ius, etc. deuteri) B C D E F G a fc| (= si* ut* ré* mi* fa* sol"2 la* si*), m. hypophrygien (hypophryyius). 5. Le cinquième m. e., ou troisième m. authentique (Authentus tritus) FGabcdef (= fa* sol* la* si* ut3 ré3 mi 3 fa3), m. lydien (lydius). 6. Le sixième m. e., ou troisième m. plagal (Plagius triti) CDEFGajjc (=zut* ré* mi* fa* sol* la* si* ut3), m. hypolydien (hypolydius). 7. Le septième m. e., ou quatrième m. authentique {Authentus tetrardus) G a h c d e f g (=z sol* la* si* ut 3 ré3 mi3 fa3 sol3), m. mixolydien (mixolydius). 8. Le huitième m. e., ou quatrième m. plagal (Plagius tetrardi) D E F G a § c d .(= ré* mi* fa* sol* la* si* ut3 ré3), m. hypomixolydien (hypomixolydius, à partir du xie s.). On déduisait les modes plagaux (les 2me, 4me, 6m,,? 8me modes) des authentiques, en transportant à l'octave inférieure la quarte placée au-dessus de la première quinte du m. authentique, ex. : D a + a d = authentique, A D -4- D a = plagal ; le son fondamental (tonique ; flnalis) de ces modes n'était pas le son extrême de l'octave, mais se trouvait au milieu de celle-ci, comme quatrième son de l'échelle ; la « finale » du 1er et du 2me mode est par conséquent D, celle du 3me et du 4mo : E, celle du 5me et du 6me : F, celle du 7me et du 8me : G. Le 1er et le 8me modes ne sont point, comme on pourrait le supposer au premier abord, identiques. On voit d'après ce qui précède qu'aucun des quatre modes authentiques n'a G (ut) ou A (la) comme finale ; il manque donc précisément les deux seuls modes que nous admettions de nos jours : (ut) majeur et (la) mineur. C'est pourquoi le xvie s., qui le premier comprit les principes de l'harmonie (cf. Zarlino) et ouvrit la voie au système des tonalités modernes, établit deux nouveaux modes authentiques avec leurs correspondants plagaux : le cinquième m. authentique (ionien) ut* ré* mi* fa* sol* la* si* ut3, et le sixième m. authentique (éolien), la * si* ut 3 ré 3 mi3 fa 3 sol3 te3 (aussi nommé modus peregrinus), ainsi que le cinquième m. plagal (hypoionien), sol l la1 si1 ut* ré* mi* fa* sol*, et le sixième m. plagal (hypoéolien), mi* fa* sol* la* si* ut3 ré3 mi3. Il exista de la sorte douze m. e. (cf. le Dodekachordon de Glarean).Le septième m. e., le mode locrien (v. ce mot) ne parvint jamais à une réelle importance. Cf. le tableau suivant :

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