‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 131 sur 542 · EGLI · texte numérisé non relu

EGLI

Eddy, Glarence-H., organiste, né à Greenfield (Massachussetts)le30janv. 1851, était en 1871 élève de Haupt à Berlin ; à son retour, il fut nommé organiste d'une église de Chicago (en 1879, à la cathédrale) et, en 1877, directeur de l'Ecole de musique Hershy. E. donne chaque année une série de concerts d'orgue et fait de temps à autre des tournées ; il a aussi traduit le traité de contrepoint et de fugue de Haupt (1876) et a publié un recueil TheChurch and Concert Organist (1882 et 1885).

Edgecumbe, Richard, Earl of Mount-E., né à Londres le 13 sept. 1764, mort dans la même ville le 26 sept. 1839 ; amateur de musique distingué, fit jouer en 1800, au Théâtre royal, un opéra, Zenobia, et publia en 1825 : Musical réminiscences, conlaining an account of the Italian opéra in England frorn i775(4e éd. 1834), un ouvrage qui contient beaucoup d'anecdotes intéressantes sur la Catalani, Grassini, Billington et d'autres cantatrices et chanteurs.

Eeden, Jean-Baptiste van den, né à Gand le 26 déc. 1842; élève des conservatoires de Gand et Bruxelles, il remporta en 1869 le premier prix de composition (avec sa cantate Fausts Laalste nacht). Il succéda à Huberti, en 1878, comme directeur de l'école de musique de Mous. Parmi ses compositions, il faut citer les oratorios : Jacqueline de Bavière, Jacob van Artevelde, Brutus, Le Jugement dernier, une grande scène pour trois voix, Judith {—le siège de Béthulie), des cantates Het Woud, De Wind, pour solis, chœurs et orchestre, un poème symphonique : La lutte au xvie siècle, des œuvres pour orchestre fSuite, Scherzo, Marche des esclaves, etc.), des chœurs, etc.

Egenolff (Egenolph), Christian, un des plus anciens imprimeurs de musique, à Francfort-s/M., mais dont les caractères étaient particulièrement mauvais. Il fut aussi l'un des premiers qui ne vécut que de contrefaçons ,• c'est pourquoi la plupart des compositions de ses recueils de musique sont sans noms d'auteurs. C'est aussi sans nom d'auteur que parurent, en 1532, les Odes d'Horace, de P. Tritonius, que Oglin avait déjà fait paraître en 1507, ce qui a entraîné l'auteur de ce dictionnaire, dans une précédente édition allemande, à considérer ces Odes comme des compositions d' Egenolff lui-même. En 1550, il publia de nouveau ces mêmes odes, mais jointes à d'autres. Ce que son imprimerie nous laisse d( plus précieux, ce sont deux recueils de chants à quatre voix : Gassenhawerlin et Reuterliedlin, de 1535 (complet à Zwickau); il est probablement aussi lui-même le contrefacteur des recueils de chants décrits dans la Bibliographie d'Eitner p. 35 et G. 41, et qui y sont indiqués comme contrefaçon.

Egghard, Jules, pseudonyme du comte IIardegg, né à Vienne le 24 avr. 1834, m. en cette ville le 22 mars 1867; excellent pianiste, élève de Czerny et compositeur de morceaux de salon appréciés.

Egli, .Joiïaxn-IIkixrich, né à Seegrâben, près Wetzikon (Zurich), le 4 mars 1742, m. à Zu-

EGUALE — EICHBORN

rich le 19 déc. 1810; c'était un compositeur hautement apprécié dans sa patrie. Il a écrit surtout de la musique d'église (des chants religieux de Klopstock, Gellert, Lavater, Cramer, douze cantates pour la nouvelle année, etc.), des chants suisses, des marches pour les troupes suisses et allemandes, etc.

Eguale (ital.), égal ; egualmente, également, uniment; voci eguati (lat. voces œquales), voix égales, c.-à-d. voix d'hommes seules, ou bien voix de femmes seules.

Ehlert, Louis, compositeur et musicographe distingué, né à Kœnigsberg le 13 janv. 1825, m. à Wiesbaden le 4 janv. 1884 (d'une attaque d'apoplexie, pendant un concert) ; fut élève en 1845 du Conservatoire de Leipzig, sous Mendelssohn et Schumann, étudia ensuite à Vienne et à Berlin, puis se fixa à Berlin en 1850, comme maître de musique et critique. A différentes reprises il vécut plusieurs années en Italie, dirigea à Florence la société de chant Societa Cherubini, que H. de Bulow reprit plus tard (1869), fut chargé de l'enseignement supérieur du piano, de 1869 à 1871, à l'école Tausig, à Berlin ; il passa aussi quelques années à Meiningen, comme maître de musique des fils du duc, et vécut en dernier lieu à Wiesbaden. Il a surtout paru de lui des morceaux pour piano, des lieder et des chœurs, ainsi qu'une ouverture, Hafis. On a joué à Berlin., aux concerts symphoniques de la chapelle oyale, une Frûhling s symphonie et une ouverture, Wintermârohen, mais elles ne furent pas gravées ; de même pour le Requiem fur ein Kind qui fut donné par le « Stern'scher Gesangverein » et, en 1879, au festival de 1' « Association des musiciens allemands », à Wiesbaden. E. a écrit, outre beaucoup d'articles pour la « Neue Berliner Musikzeitung » et la « Deutsche Rundschau », des Brief'e uber Masik an einer Freundin (3e édition 1879, traduit en français et en anglais), et Ans (1er Tonwelt, une série d'essais (1877-1884, 2 vol.)

Ehnn, (E.-Sand), Bertha, excellente cantarice scénique, née à Pest en 1845, élève de Vtme Andriessen, à Vienne, débuta en 1864, à ■riz, chanta ensuite en représentations à Graz, Hanovre, Nuremberg, Stuttgart, etc., rais fut engagée définitivement à Vienne, en 1867. En 1873, elle a chanté avec un grand succès, à Berlin, les principaux rôles de la Lucca.

Ehrlich, 1. Friedrich-Christian, né à Magdebourg le 7 mai 1706, m. dans la même ville le 31 mai 1887; il était maître de chant au « Klostergymnasium », directeur de musique royal, et naniste (élève de Hummel) ; il a composé les opéras Die Rosenmàdchen et Kœnig Georg. — 2. Heinrich, pianiste et musicographe, né à Vienne le 5 oct. 1822, fit ses études de piano chez Henselt, Bocklet et ïhalberg, et celles de théorie chez S. Sechter, puis fut pendant plusieurs années pianiste de la cour du roi Georges V de Hanovre. Il vécut de 1855 à 1857 à Wiesbaden , puis en Angleterre, à Francfort /M., et à partir de 1862 a Berlin ; de 1864 à 1872 il y était maître de piano, au Conserva-

toire Stern, s'occupant aussi comme maître particulier et écrivain (critique musical pour le « Berliner Tageblatt », la « Gegenwart » et la « Neue Berliner Musikzeitung ») ; en 1875, il recevait le titre de « professeur ». E. a composé un concerto pour piano, Lebensbilder ; il a publié les Tenhcische Studien de Tausig, de plus un certain nombre de brochures : Schlag- Lichter und Schlagschalten (1872), Aus allen Jonarten, Fur den Ring der Niebelungen gegen Bayreuth et Wie ûbt man am Klavier (1879 ; 2e édition 1884) ; il a encore écrit un ouvrage qui, bien que court, est digne de remarque : Musik-Aesthetih von Kant bis auf die Gegenwart (1881), puis 30 Jahre Kunstlerleben (1893), et encore des Musikstudien beim Klavier spiel {Betrachtungenûber Rythmik im Vortrag). En outre, E. est l'auteur de plusieurs romans.

Eichberg, Julius, excellent violoniste, né à Dlisseldorf le 13 juin 1824, y fut élève de J. Rietz; il alla de 1843 à 1845 au Conservatoire de Bruxelles, et fut nommé en 1846 professeur de violon au Conservatoire de Genève. En 1857 il se rendit à New- York, puis en 1859 à Boston, comme directeur des concerts du Musée (1866- 1869); il a fondé en 1867, dans cette ville, un conservatoire qui a pris sous sa direction une heureuse extension. E. a écrit un grand nombre de compositions pour violon (études, duos, morceaux de genre, etc.), ainsi que quatre opérettes anglaises : The doctor of Alcantara, The rose of lyrol, The two cadis et A night in Rome. — 2. Oskar, né à Berlin le 21 janv. 1845, élève de Lôschhorn et de Fr. Kiel; maître de musique à Berlin, a publié de 1879 à 1889 un agenda musical assez pratique, puis rédigea pendant un an et demi la « Neue Berliner Musikzeitung ». Il est, depuis 1888, président de l'Association des maîtres de musique de Berlin. Il a dirigé pendant quinze ans un chœur mixte, et est actuellement critique musical du « Berliner Bôrsen - Kourier ». Comme compositeur, il ne s'est fait remarquer que par des morceaux pour piano, des lieder et des chœurs. Son frère, Richard, né à Berlin le 13 mai 1825, vit également dans cette ville, comme maître de musique.

Eichborn, Hermann-Ludwig, musicographe et compositeur, né à Breslau le 30 oct. 1847, étudia le droit et prit son doctorat, mais quitta la carrière juridique après avoir été assesseur, et se voua tout entier à la musique. Son maître fut E. Bohn (v. ce nom). Outre des morceaux pour piano et des lieder, il écrivit plusieurs opéras-comiques et opérettes (Drei auf einen Schlag, Zopf und Krummstab, Blaue Kinder, etc.). Il a donné de précieuses monographies : Die Trompeté aller und, neuer Zeit; ein Beitrag zur Musikgeschichte und Instrumentationslehre (1881), Zur Geschichte der Inslrumentalmusik; eine produktive Kritik (1885), et Das alte Clarinblasen auf Trompeten (1894). E. est lui-même virtuose sur le cor et la trompette et il a inventé, avec le facteur d'instruments E.-G. Heidrich, ^ne nouvelle sorte de

ETCHHORN — ELEWIJGK

cor qui répond surtoul facilemenl au grave el à l'aigu (le « Oktav-Waldhorn » qui fut introduit en premier lieu dans les musiques militaires de la Silésie). Depuis 1883, E. rédige un journal d'hygiène: Dos ztoanzïgste Jahrhundert,qa\ contient aussi beaucoup d'articles sur l'art, et il collabore avec zèle à la revue de de Witt. « rnstrumentenbau ».

Eichhorn. L<'s frères Johann-Gottfried-Ernkstiii,' le 30 avr. 1822, m. le 16 juin 1844) et Johann-Karl-Edi \i;i.(né le 17 oct. 1823), tils d'un musicien de la cour de Cobourg, Johann- Pàijl-E. (né le 22 févr. 1787, m. après 1835), Qienl grande sensation comme enfants prodig( .. de 6 el 7 ans, et se firent entendre dans de grandes tournées comme violonistes, jusqu'en 1835. Plus tard, ils furent engagés dans l'orchestre de ( lobourg.

Eingestrichen, zweigestmchen, etc. (ail.) dénomination allemande des diverses octaves eingestrichene Oktave = troisième octave, etc. Cf. à ce sujet a et la.

Einklang (ail.) = unisson, prime.

Eïs (ail.) = mi dièze; eisis = mi doubledièze.

Eisfeld, Theodor, né à Wolffenbùttel le 11 avr. 1816, m. à Wiesbaden le 2 sept. 1882; élève, pour le violon, de Karl Mùller à Brunswick et, pour la composition, de K.-G. Reissiger à Dresde, fut de 18:il.> à 1843 chef d'orches- Ire <lu théâtre de la cour de Wiesbaden, et, à partir de 1843, directeur des concerts Vivienne a Paris, OÙ il rendit de grands services par un culte intelligent de la bonne musique; entre temps, il étudiait le chant à Bologne, auprès de Rossini. L'Académie Ste- Cécile de Rome l'a nommé membre d'honneur. Après un court séjour «ai Allemagne, il se rendit à New- York comme directeur de la Société philharmonique. En 1865, rentranl en Allemagne, il lit naufrage avec l'« Austria », incendiée en pleine mer. Il fut bien sauvé, mais depuis lors presque entièrement empêché, par une dangereuse maladie des nerfs, de continuer sa carrière. Il vécut, pendant les dernières années de sa vie, àWiesbaden.

Eitner, Robert, historiographe musical distingué, né a Breslau le 22 oct 1832; fut pendant cinq ans élève de M. Brosig, puis se fixa à Berlin,m 1858; comme maître de musique; il fonda m 1868 une école de musique et a noté ses expériences pédagogiques dans le Hilfsbuchbeim Klavierunlerricht (1871). Quelques composilions de lui ont aussi paru. Mais la principale activité et le \rai mérite d'E. résident dans ses travaux historiques et bibliographiques, qui ipportent spécialement aux œuvres des xvi* el ïvn* s, A un concours organisé par la Société d'Amsterdam pour l'avancement de la musique, en 1867, il eut le prix pour un « Dictionnaire des compositeurs hollandais - (manuscrit): il a aussi préparé pour le compte de cette Bociété une nouvelle édition de quelques compositions pour orgue de Sweelinck, Ce fui but son instigation que fut fondée, en 1868,1a ciété 'h- recherches musicales », donl il

rédige l'organe mensuel, Monatsliefte fur Musikgeschichte, paraissant depuis 1869. E. rédige également la Publication altérer prahtischen und theoretischen Musihwerke, etc. Parmi les autres écrits d'E., nous noterons : Verzeichnis neuer Ausgaben alter Musikwerhe aus der frûhesten Zeit bis zum Jahre 1800 (M. H., fur M. G., 1871); Bibliographie der Musiksammelicerke des 16. und 17. Jahrhunderls (1877, avec Haberl, Lagerberg et Pohl); Verzeichnis der gedruckten Werke von Hans Léo Hassler und Orlandus de Lassus (M. H. fur M. G., 1873-1874) et Seelewig de S. G. Staden (M. H. fur M. G., 1881). Depuis quelques années, il vit à Templin dans la Marche Ukraine. Les éditions récentes de ce dictionnaire lui sont redevables de plusieurs précieuses contributions

Electricité. L'é. est employée de nos jours dans la construction des orgues; des fils vont des touches aux différents tuyaux des registres, et un électro-aimant ouvre la soupape aussitôt que, par l'abaissement de la touche, le courant a été établi. Pour de très grandes orgues, la machinerie électrique est un progrès fort heureux, car, par elle, le danger que les tuyaux éloignés ne répondent pas sûrement ou trop tard est absolument écarté. La machinerie électrique rend superflu l'emploi du levier pneumatique, et le jeu de l'instrument peut même dépasser en facilité celui du piano. C'est à des facteurs d'orgues anglais (Barker, Bryceson) que nous devons l'introduction de l'é. Il y a quelques années, on a aussi cherché à mettre des cordes en vibration, au moyen de courants alternés (piano électrique).

Elers (Elerus), Franz, cantor et directeur de musique à Hambourg, né à Uelzen en 1500 environ, était vers 1530 cantor et maître de la seconde classe au « Johanneum » de Hambourg, où il mourut le 22 févr. 1590, comme directeur de musique du dôme. E. a publié, en 1588, un grand recueil de chants, en deux parties, dont la première contient les « Collectes » et les « Répons » (Cantica sacra, etc.), et la seconde les Chorals (Psalmi Dr. Martini Luther i, etc.), avec indication des modes ecclésiastiques, d'après le système de Glarean.

Elewijck, Xavier- Victor (chevalier) van, musicographe, né à Ixelles-lès-Bruxelles le 24 avr. 1825, m. à l'hospice d'aliénés de Tirlemont le 28 avr. 1888; maître de chapelle de la cathédrale de Louvain (sans traitement, en amateur), organisa à Louvain, tous les dimanches et jours fériés, des concerts d'église avec orchestre. Il a publié aussi des motets et des œuvres pour orchestre de sa composition. E. s'est fait connaître par une quantité de monographies : Discours sur la musique religieuse en Belgique (1861); Mathias van den Gheyn, le plus grand organiste et carillonneur belge du -V Y 111* siècle (1862); De la musique religieuse, les congrès de Malines (1863 et 1864) et de Paris (1860) et la législation de V Eglise en celle matière (1866); enfin, De létal actuel de la musique en Italie (1875). Il a fait paraître en

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