ENTREE
rents l'un de l'autre, mais sont identifiés dans la pratique musicale ,• ex. : fa et mi dièse, si et ut bémol, etc. — Les anciens Grecs admettaient à côté des genres diatonique et chromatique un genre enharmonique, dans lequel les deux sons intermédiaires du tétracorde étaient identifiés, au moyen de l'abaissement du son le plus aigu (mi, fa, fa, la); telle était du moins la forme primitive du g. e. (Olympe). Plus tard on différencia ces deux sons identiques, fixant à un demi ton la distance du premier au troisième son du tétracorde enharmonique et attribuant au second une place intermédiaire : mi Ut^Uk fa (v. grecque). La grécomanie qui régna pendant le xvie s., ne pouvait que remettre en honneur le genre enharmonique, et l'on tenta d'en donner diverses interprétations mathématiques. Les différences minimales d'élévation des sons qui furent alors établies, prirent le nom de dièzes enharmoniques (cf. dièse). Le résultat pratique de ces recherches, fort peu fructueuses en elles-mêmes, fut la découverte de ce principe : que notre musique pratique ne donne et ne peutdonnerpour chaque son qu'une moyenne approximative des diverses valeurs mathématiques qui s'adaptent à lui. La théorie admit ainsi peu à peu le tempérament (v. ce mot) auquel la pratique avait depuis longtemps ouvert la voie et qui identifie enharmoniquement les sons approximativement égaux. La table qui se trouve au mot «rapports » donne pour chaque touche de notre piano un grand nombre d'estimations acoustiques diverses, dont la moyenne représente la valeur du son « tempéré », ce qui revient à dire que ces différents sons acoustiques sont pour notre oreille enharmoniquement identiques. — Enfin, on entend par changement enharmonique la transformation de certains sons en d'autres sons de valeur, au fond différente, identifiée par l'e.; ce changement a pour but tantôt de faciliter la lecture (on choisit pour un instant la notation diésée de préférence à la bémolisée, ou vice-versa), tantôt (surtout lorsqu'un son seulement est changé) de transformer réellement la conception harmonique.
Ensemble, c'est ainsi qu'on nomme l'action simultanée de plusieurs personnes sur la scène, surtout dans un opéra, et plus particulièrement lorsque plus de deux personnes sont occupées dans une scène ; les trios, quatuors, quintettes, etc., avec ou sans chœur, sont les morceaux d'ensemble d'un opéra. Dans la musique instrumentale, on entend par morceaux d'ensemble, des compositions pour plusieurs instruments, surtout pour piano et instruments à archet ou à vent.
Entrée, 1. (ital. Entrata; espagn. Entrada). Introduction, prélude; introduction instrumentale par où débutaient pompeusement les anciens spectacles (opéras, pièces de circonstance). Comme danse (et généralement dans une mesure à 4/4), l'E. jouait le rôle de notre polonaise d'aujourd'hui et se trouve fréquemment comme première partie d'une sérénade. — 2. Nom que l'on donne dans le canon (lorsqu'il est noté au moyen d'une seule ligne de notes, cf. canon) aux
EPSTEIN
ERDMANNSDŒRFFER
signes indiquanl l'endroit ou commence chacune des voix imitantes, es. (dans Zarlino) :
tffrÇ ' i Kt— ?-^— — |
Les signes .s. sont les e. et indiquent clairement à quelle distance les voix se suivent; l'exécution sera donc :
La forme de ces signes n'a aucune importance et Ton rencontre aussi bien que |, une croix -j-, un astérisque*, etc. — 3. On donne enfin le nom d'e. au signe que le directeur d'une œuvre d'ensemble fait à l'exécutant, lorsque, après un silence prolongé, celui-ci recommence à avoir sa partie dans l'ensemble polyphonique.
Epstein, Julius, né à Agram, le 14 août 1832, élève de A.-Joh. Rufinatscha et de A. Halm, à Vienne; pianiste, et, depuis 1867, professeur au Conservatoire de cette ville. — Ses deux filles, Rudolfine et Eugénie, se firent avantageusement connaître, depuis 1876, la première comme violoncelliste, la seconde comme violoniste.
Erard, Sébastien, célèbre facteur de pianos, oé à Strasbourg le 5 avr. 1752, m. dans sa villa, à Passy, le 5 août 1831. Originaire d'une famille allemande (Erhard), iils d'un menuisier, E. entra en 1768 comme ouvrier dans l'atelier d'un facteur de pianos parisien; mais il dépassa bientôt son chef. Il fut alors congédié; mais son habileté au travail attira bien vite l'attention de son nouveau patron. Son « clavecin mécanique » lit grande sensation; c'était un instrument compliqué dans lequel, entre autres, le raccourcissement de moitié des cordes (transposition à l'octave supérieure) était obtenu au moyen <l'nn chevalel qu'actionnait une pédale. A l'âge de vingt ans, E. avait déjà une excellente renommée, el La duchesse de Villeroi, protectrice éclairée de l'art, mit à sa disposition, dans son château, des locaux pour l'installation d'un atelier. C'esl là qu'E. fabriqua, en 1777, son premier piano, le tout premier qui ait été construit en France (v. cependanl Silberma^n 5). A la même époque, Bon frère Jean-Baptiste vint à Paris, el les deux frères fondèrent un établissement à eus à la rue de Bourgogne; un procès avec des concurrents qui avaient porté plainte contre lui, parce qu'il ne s'était pas fait recevoir de la corporation des « peintres d'éventails . procès que Le roi trancha en faveur d'E., en lui rendant pleinement justice, attira l'attention de toul Paris (comme les fabricants d'instruments ajoutaient à leurs instruments ornements, des mosaïques de nacre, ils de- \ nient Légalement taire partie de cette corpora-
tion; cf. Confréries). Son premier exploit fut la construction du « Piano organisé » (piano-orgue, combinaison d'un piano avec un petit positif à deux claviers) et de la harpe « à fourchette ». E. fonda en 1786 une succursale à Londres, prit des brevets, et amena ses instruments a une grande célébrité. En 1811, il construisait la harpe à « double mouvement » qui mettait désormais lin à toutes les insuffisances de l'instrument; le succès fut énorme, et E. vendit en une année pour 25,000 livres sterl. de harpes. Il couronna la série de ses inventions, en 1823, par celle du double échappement pour le piano (v. Echappement). Son dernier ouvrage fut l'ingénieuse construction de l'orgue expressif des Tuileries. A la mort de Sébastien Erard, l'établissement passa à son neveu Pierre E. (né en 1796, m. le 18 août 1855). Celui-ci fit paraître deux essais historiques : The harp in its présent improved state compared with the original pedalharp (1821) et Perfectionnements apportés dans le mécanisme du piano par les Erard depuis Vorigine de cet instrument jusqu à V exposition de 1834 (1834). Son successeur à la direction de la maison fut le neveu de sa femme, Pierre Schiffer (m. le. 13 déc. 1878).
Eratosthène, mathématicien d'Alexandrie, né à Cyrène en 276 av. J.-C, m. en 195 comme administrateur de la bibliothèque d'Alexandrie. Il a dans ses Catastérismes (publié en trad. allemande par Schaubach, 1795; dans le texte | original par Bernhardy, 1822), donné des indications sur la musique et les instruments grecs. Sa division des tétracordes nous a été transmise par Ptolémée.
Erbach, Christian, né à Algesheim (Palatî-J nat) en 1560, devint en 1600 organiste et plus! tard conseiller municipal d'Augsbourg. C'élaitJ un des plus remarquables compositeurs allemands de son temps; il a paru de lui, de 1600 à| 1611, de la musique d'église (des motets de 4 à 81 voix, Bibliothèque d'Augsbourg). Quelques-unsl ont été reproduits dans le Florilegium Porteuse^ de Bodenschatz. La bibliothèque de Berlin renferme des motets manuscrits d'Erbach.
Erdmannsdœrffer, Max, né à Nuremberg le!