‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 14 sur 542 · AMATEUR · texte numérisé non relu

AMATEUR

ou à des castrats, car il n'était point permis aux femmes de chanter à l'église (millier taceat in ecclesia); c'est pour cette raison que les parties de soprano et d'alto de l'époque sont bien plus étendues au grave qu'à l'aigu. L'étendue normale de la vraie voix d'alto va du la2 — celle de contr'alto du fa2 (exceptionnellement du mi'2 ou ré2) — au mi4, fa4 ou plus haut, lorsqu'il s'agit d'une voix très étendue. — Historiquement, la partie d'alto, dans les œuvres chorales, est l'une des deux dernières introduites par les compositeurs ; en effet, on opposa d'abord à la voix d'homme normale qui chantait le cantus firmus (ténor), une voix plus élevée qui prit le nom de discantus (dessus), puis — dans le but de compléter l'harmonie — on ajouta une troisième voix, le contratenor, qui, suivant les exigences du morceau, était tantôt plus élevée, tantôt plus basse que le ténor. Le contratenor représentait donc à la fois les deux parties que nous nommons aujourd'hui alto et basse, cette division des voix s'étant imposée par le fait de l'étendue de voix extraordinaire que nécessitait leur réunion primitive. — 2. Instruments a. Lorsque, au xve et au xvie s., pendant la grande période de la musique polyphonique, l'usage s'établit de renforcer (ou même de remplacer) les voix par des instruments jouant à l'unisson de chaque partie, on eut l'idée de construire, presque pour chaque instrument, trois ou quatre modèles de dimensions différentes et correspondant aux quatre catégories de la voix. C'est ainsi qu'on avait des violes, des trombones, des flûtes, des cromornes, etc., de dessus, hautecontre, taille et basse, c-à-d. soprano, alto, ténor et basse ; parmi les instruments à vent pluieurs espèces se sont conservées jusqu'à nos ours ; quant au quatuor à cordes, la base de îotre orchestre, sa division est analogue, mais B fait de l'échelle sonore extraordinairement tendue que produit cet ensemble d'instrunents, a engagé à assigner la troisième partie l'instrument-alto originel (alto, viola). L'intrument-basse (violoncelle, toujours compris lu reste sous le terme de Bassi) a la seconde partie à partir d'en bas. — 3. (ital. viola alla, ail. iratsche). L'instr. à archet, bien connu, qui joue i troisième partie dans l'orchestre à cordes etuel et dont l'origine remonte au xvie s. De imensions quelque peu supérieures à celles du iolon, l'a. a quatre cordes aussi: ut2, sol2, ré3, on écrit pour lui, à l'orchestre, jusqu'au M ou au la4, et, dans les solos, plus haut enre ; la partie en est principalement notée en ef d'utS™ ligne. La table et le dos de l'a. nt plats, comparativement à la grandeur de nstrument, ce qui en explique le son quelque u nasillard, mais du reste aussi peu désaéable que celui du hautbois. L'essai, déjà té, par divers changements dans les proporns de l'instrument, d'enlever à celui-ci ce nre de sonorité, ne semble pas avoir renconun accueil favorable (v. Vuillaume, Ritter, Violotta).

lvsleben, Melitta, cf. Otto-Alvsleben.

plypius, écrivain musical grec, vers 360 apr.

J.-C, dont Y Introduction à la musique fut publiée d'abord par Meursius (Aristoxène,Nicomaque, A., etc. 1616), puis par Meibom '{Antiques musicœ auctores septem, 1652). Ce traité contient toutes les échelles de transposition des Grecs, en notation grecque vocale et instrumentale; c'est à lui principalement que nous devons la connaissance de la notation grecque.

Alz. (alzamento « élévation »), signifie le contraire de Abb. (v. ce mot).

Amabile, con amabilita (ital.), aimablement, gentiment.

Amadé, Ladislaw, baron d', né à Kaschau (Hongrie) le 12 mars 1703, m. à Felbar le 22 déc. 1764, étant alors Conseiller aulique ; était un poète national très estimé et, de plus, auteur de chansons populaires qui furent publiées en 1836, par Thadd.eus, comte d'A. Celui-ci, né à Pressbourg le 10 janv. 1783, m. à Vienne le 17 mai 1845, fut également au service de l'Etat ; il était excellent pianiste et ce fut lui qui découvrit le génie de Liszt, à l'éducation duquel il contribua du reste largement. Th. d'A. fut nommé « Hofmusikgraf », en 1831.

Amalia (Amalie), nom de trois artistes princières : 1. Anna- A., princesse de Prusse, sœur de Frédéric-le-Grand, née le 9 nov. 1723, m. le 30 mars 1782 ; composa une série d'excellents chorals, ainsi qu'un oratorio, sur le même texte que La mort de Jésus, de Graun. — 2. Anna- A., duchesse de Weimar, mère du grand-duc Ernst- August, née le 24 oct. 1739, m. le 10 avr. 1807 ; composa une opérette Erwin und Elmire (poème de Gœthe). — 3. Marte-A.-Friederike, princesse de Saxe, sœur du roi Jean, née à Dresde le 10 août 1794, m. en cette ville le 18 sept. 1870 ; se fit une certaine réputation comme auteur de comédies, sous le pseudonyme « Amalie Heiter » et composa quelques œuvres de musique d'église, ainsi que plusieurs opéras (Una donna ; Le Ire cinture ; Die Siegesfahne; Der Kanonenschuss, etc.).

Amarevole, con amarezza (ital.), avec amertume, douloureusement.

Amateur (ital.: dilettanti, ail.: Bileltant), lorsqu'il s'agit de musique, contraire de «musicien de profession». Le terme d'à. n'avait point autrefois le sens quelque peu dédaigneux qu'on lui prête aujourd'hui. Boccherini dédia, par ex., en 1768, ses premiers quatuors à cordes « ai veri dilettanti e cognoscitori di musica ». Le goût des a. ne fut pas toujours aussi mauvais, ni aussi généralement porté vers les fadaises musicales que de nos jours: la musique de chambre surtout était bien plus cultivée dans les salons, on s'occupait de musique plus sérieusement et l'on jouait aussi mieux que maintenant. Malheureusement, ce que nous appelons « amateurisme » (néol. syn. de dilettantisme), correspond à l'exercice superficiel, peu consciencieux d'un art, tant au point de vue de l'interprétation que de la composition. Est a., celui qui n'a rien appris de bien, qui ne sait rien à fond ; c'est le devoir des a. de chercher eux-mêmes à donner un nouvel éclat au nom qu'ils portent.

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